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  • il y a 37 minutes
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:05Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:10Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité c'est Michel Picon, le président de l'UDP.
00:14Bonsoir Michel Picon.
00:15Bonsoir.
00:16Merci d'être avec nous.
00:17Vous me direz un peu dans quel état d'esprit vous êtes.
00:19Peut-être que vous avez entendu tout à l'heure à l'Assemblée Nationale,
00:22dont c'était le grand retour,
00:24le ministre de l'Économie et des Finances disant
00:26« Nous sommes dans un nouveau choc pétrolier ».
00:30Et puis après il y a la réponse de Marine Le Pen qui a dit
00:32« L'État notamment est un profiteur de guerre ».
00:37Est-ce que vous vous trouvez, vous-même Michel Picon,
00:40vous avez eu des propos assez forts vis-à-vis des distributeurs
00:44en disant « Ils prennent les Français pour des dindons ».
00:47Donc là, qui sont les dindons, qui sont les profiteurs
00:50et surtout comment vous vous considérez défendant quand même des milieux d'entreprise ?
00:55Non mais je crois que le troisième jour de cette crise,
00:58le troisième jour, voir à la pompe des augmentations comme on les a vécues,
01:04effectivement, je confirme, il y a des gens qui ont profité anormalement de la situation.
01:09Aujourd'hui, les choses se sont un peu modifiées.
01:12D'abord, l'État a engagé un certain nombre de contrôles,
01:15sans trop de pouvoir, il faut bien le dire,
01:17mais quand vous voyez arriver chez vous des tas de contrôles,
01:20ça calme un peu les appétits de ceux qui voudraient augmenter et profiter de la situation.
01:27Mais il n'y a pas de doute aujourd'hui que les distributeurs paient le carburant
01:31beaucoup plus cher que ceux qui le payaient avant.
01:34Mais donc, est-ce qu'ils nous prennent toujours pour des dindons ou pas ?
01:37Non mais ça, c'est l'histoire qui va nous le dire.
01:41Moi, ce que je vois, c'est que j'ai beaucoup d'artisans du bâtiment
01:44qui s'inquiètent de voir leur grossiste aujourd'hui sur le prix de matériaux de construction,
01:50dire, ah ben oui, ça augmente, le coût des transports augmente,
01:54mais est-ce que la part du transport dans l'augmentation qui est appliquée,
01:57elle est justifiée ?
01:59Eh bien, on suit tout ça de manière très proche.
02:02Il faut éviter, et ce que je dis là sur le profit anormal
02:07que pourrait faire un certain nombre, ça doit être pareil pour l'État.
02:12L'État ne doit pas bénéficier de recettes supplémentaires par cette affaire.
02:17Je ne dis pas que c'est le cas, mais bien que...
02:19Ah ben là, attendez, là, vous faites peut-être bien que oui, peut-être bien que non,
02:21mais je ne suis pas normand.
02:23Non, je ne suis pas normand, mais je suis assez réaliste tout de même,
02:27parce que nous sommes à 20 jours, simplement, du début de cette crise.
02:31Si quelqu'un peut en tirer des éléments généraux,
02:34moi, je pense que tout le monde s'énerve un petit peu.
02:39Il faut par secteur.
02:40Il y a des secteurs qui sont des gros consommateurs de carburant
02:43et qui ont besoin de cela.
02:45Eh bien, il faut que le gouvernement,
02:46et d'ailleurs, le Premier ministre l'a annoncé aujourd'hui au Parlement,
02:50prenne des mesures sectorielles.
02:52Maintenant, à le faire comme demande Mme Le Pen,
02:54d'arroser avec des mesures générales
02:57pour qu'il y ait un bouclier d'économie,
02:59je pense que ce n'est pas responsable que je demandais ça.
03:01Elle dit qu'il ne faut pas que l'État en profite,
03:03donc elle dit un peu la même chose que vous,
03:04vous dites la même chose qu'elle.
03:06Elle dit que l'État en profite,
03:07parce que forcément, on vend plus,
03:10il y a notamment plus de TVA.
03:14Alors, en même temps, ça compense sur la CIS,
03:15on sait que vous avez l'ancienne TIPP,
03:18qui fait que quand c'est indexé au volume,
03:20du coup, ça baisse.
03:21La question, c'est, l'État, quand même,
03:24ils en profitent un peu, là.
03:25Ben oui, je pense, mais c'est à...
03:28Et donc, vous, vous leur dites quoi ?
03:30Si vous profitez, vous voulez qu'ils fassent quoi ?
03:32Nous, nous leur demandons des mesures sectorielles,
03:35et je pense, dans le secteur des petites entreprises
03:38que je représente,
03:39il y a évidemment les infirmières, les taxis,
03:43il y a les entreprises de travaux publics,
03:45il y a des gens qui sont des gros consommateurs de carburant,
03:48et dont l'activité ne leur permet pas
03:50de répercuter le prix immédiatement.
03:53C'est le cas d'une infirmière, par exemple.
03:54Donc, il faut que des mesures sectorielles soient prises.
03:57Ensuite, est-ce que l'État profite de cette augmentation
04:00par les taxes qu'il prend de manière supplémentaire ?
04:04Vous l'avez dit vous-même, ce n'est pas encore documenté.
04:07Ce n'est pas documenté, parce qu'une partie de ces taxes
04:10est sur l'assise, sur le volume de consommation,
04:14et ce volume de consommation, dans cette période, il baisse.
04:18Et donc, on fera le compte.
04:20En tout cas, moi, je remercie le gouvernement
04:23de nous associer toutes les semaines,
04:25voire même deux fois par semaine,
04:27avec le ministre de l'Économie, des Finances,
04:29et l'ensemble de ses ministres,
04:30pour un examen de la situation.
04:33L'État ne peut pas trouver des ressources supplémentaires
04:36dans cette affaire.
04:37Maintenant, l'État de nos...
04:38C'est important.
04:39L'État ne peut pas trouver des ressources supplémentaires
04:41dans cette affaire.
04:42Non, il ne peut pas avoir l'effet de gagne.
04:46Ce serait indécent que l'État ait, à cause de cette crise,
04:50des recettes supplémentaires à ce qu'il avait prévu
04:52dans son budget.
04:54Et tout ce qu'il va dépasser, ça devra être réinjecté
04:57de manière sectorielle, pas générale.
05:00Un bouclier qui protégerait la totalité des Français,
05:04bien sûr, c'est idéal.
05:06Mais ça se fait en Espagne, ça se fait en Italie,
05:09mais derrière l'équilibre...
05:10On a perdu les moyens.
05:12Mais bien sûr, on a perdu les moyens.
05:14Et puis je pourrais dire aujourd'hui qu'en Italie, par exemple,
05:17on met 5 milliards pour faire baisser le coût de l'essence,
05:20mais en même temps, on diminue un certain nombre de budgets,
05:24notamment dans la santé, notamment dans la sécurité,
05:28pour... L'argent magique n'existe pas,
05:31et je pense que toutes les entreprises, on le sait,
05:33nous l'avons compris.
05:34Maintenant, il faut regarder,
05:36il faut défendre ceux qui en ont vraiment besoin,
05:39et puis il faut rompre avec cette hystérie
05:42de toujours plus d'argent public,
05:44toujours plus d'argent public.
05:45Mais en même temps, j'imagine,
05:46vous-même le disiez, c'est que vos alérans,
05:49ils doivent vous demander quand même,
05:51ils doivent dire,
05:51ben attends, il faut quand même y aller, d'accord,
05:53on peut comprendre les finances de l'État,
05:55mais nous, au quotidien,
05:57il faut bien qu'on boucle...
05:59Absolument.
06:00... nos budgets.
06:01Alors, vous dites qu'il faut des aides sectorielles.
06:04Vous les voyez, d'abord,
06:05est-ce que vous avez demandé ça à Roland Lescure ?
06:07Et surtout, vous voyez ça comment ?
06:09Parce qu'entre une infirmière
06:10et un artisan du BTP,
06:13ben, c'est pas la même mesure.
06:14Non, c'est pas la même mesure.
06:15Donc, vous voyez, concrètement,
06:17ça prendrait quelle forme votre proposition ?
06:19Avec le ministre de l'Économie et des Finances,
06:21nous avons envisagé la situation des infirmières,
06:25c'est à la Caisse nationale d'assurance maladie,
06:27qu'il faut demander un effort
06:30sur la réévaluation de leurs indemnités kilométriques.
06:34parce que, depuis des années et des années,
06:37ça n'a pas été réévalu.
06:39Donc, profession par profession,
06:41quand je dis qu'il faut soutenir secteur par secteur,
06:44parce qu'on n'a pas les moyens d'arroser aussi large,
06:47il faut rentrer dans le détail,
06:49probablement sur le travail public,
06:50il faut qu'il y ait une baisse de la taxe de la TN,
06:54de l'assise sur le volume,
06:57ça me paraît indispensable.
06:58Et ça fera partie, je pense, des compensations.
07:02Si l'État a plus de recettes,
07:04ce qui n'est pas certain,
07:05mais il en aura quand même un petit peu, me semble-t-il,
07:08eh bien, il faut qu'elles soient fléchées
07:09là où c'est véritablement utile.
07:11Après, les comportements des uns et des autres
07:14vont devoir aussi modifier un chef d'entreprise,
07:17ça s'adapte.
07:18Et il faudra qu'il y ait un certain nombre
07:19de nos entreprises qui répercutent sur leur prix.
07:22Alors, il y a aussi une autre solution
07:24qui est proposée notamment par le Rassemblement national
07:27et par Jean-Philippe Tanguy,
07:28qui a eu un échange assez musclé
07:30à l'Assemblée nationale avec Roland Lescure,
07:32sur les certificats d'économie d'énergie,
07:36vous savez, qui pèsent à peu près pour 15 centimes
07:40dans un litre d'essence.
07:42Et il a dit, ben voilà, il faut les suçant,
07:44de manière à ne pas où ça va,
07:45ce n'est pas dans les caisses de l'État,
07:47mais enfin, c'est 4 milliards,
07:48il faut les supprimer,
07:50on n'a plus les moyens,
07:51puis en plus, ce n'est pas du tout bien fléché.
07:53Vous vous dites quoi ?
07:54Roland Lescure a répondu,
07:55que ça sert à électrifier le pays,
07:57donc on sait très bien où ça va.
07:59La position de Michel Picon,
08:01c'est quoi ?
08:01Toujours entre le marteau et l'ambule ?
08:03– Sur le certificat d'énergie,
08:05je n'ai pas une religion bien précise.
08:07Ce sont des recettes dont l'État,
08:10certainement, a besoin dans l'équilibre de son budget.
08:12125 milliards de déficit,
08:14et ces recettes-là,
08:16elles sont compensées,
08:18elles sont utilisées.
08:19Bon, moi j'entends que le certificat d'énergie,
08:23de toute façon, si on le supprimait,
08:24c'est un arrosage pour tous les Français.
08:27Pour tous les Français.
08:28– Oui, c'est vrai.
08:28– Alors…
08:29– Oui, mais pour tous les Français bénéficient d'un franc-médépris.
08:30– Oui, mais c'est bien, y compris celui qui fait 5000 km dans l'année,
08:34pour qui l'impact est très faible,
08:37il bénéficiera aussi,
08:39et ils sont nombreux.
08:40Donc moi, je pense que c'est une mesure
08:42qui est une mesure d'arrosoir très large,
08:45qui, bien évidemment,
08:48ne changera pas la vie de beaucoup de nos concitoyens,
08:51et qui va priver l'État d'une recette
08:54et qui permettrait d'intervenir sectoriellement
08:57à ceux qui en ont besoin.
08:58– J'ai envie de dire,
08:59Michel Picon,
09:00vous ne passez pas trop de temps à Bercy,
09:01là, j'ai l'impression d'entendre un peu…
09:02– De vous ?
09:03– Oui, j'ai un peu l'impression d'entendre,
09:05non pas un représentant des artisans
09:08et des petites entreprises,
09:09mais presque le bras droit de Roland Lescure.
09:11– Que voulez-vous que je vous dise ?
09:13– Que nous devons,
09:14dans la situation qui est celle de notre pays,
09:17avec 3,5 milliards de déficit,
09:21avec 125 milliards rajoutés,
09:23vous voulez que le responsable que je suis
09:25vous dise,
09:27nous devons supprimer la TVA complète,
09:30surtout le carburant,
09:31priver l'État de toutes ces recettes ?
09:33– Bien sûr que non,
09:35mais vous voyez, entre les deux,
09:36il y a peut-être…
09:37– Entre les deux,
09:38c'est de flécher les soutiens de l'État,
09:41et il n'y a pas de grande latitude
09:44vers ceux qui en ont véritablement besoin.
09:47Et je me méfie de toute cette espèce…
09:51On a vécu déjà ça,
09:53on a vécu cette crise,
09:54et je me méfie des mesures
09:56qui coûtent un pognon de dingue,
09:59comme disait quelqu'un de célèbre,
10:01et qui n'ont pas l'efficacité
10:02que l'on attend sur ceux
10:04qui en ont vraiment besoin.
10:05– Les mesures, d'abord,
10:07la réponse, elle était quoi
10:08par rapport à vos mesures sectorielles ?
10:09On vous a dit, on regarde,
10:11on peut passer à la prochaine réunion,
10:13où il se passe des choses ?
10:14– Non, non, non,
10:15on essaie de quantifier les sujets,
10:17on essaie de regarder avec…
10:20– Et pour quand ?
10:21Parce que la guerre serait finie,
10:23et elle sera finie ?
10:24– Si la guerre est terminée,
10:25je pense qu'il n'y a pas besoin
10:26de mesures pour personne.
10:28– Non, mais le temps que vous arriviez
10:29à vous mettre d'accord
10:30sur vos mesures sectorielles.
10:31– Si les sujets,
10:33si cette pénurie,
10:35et ces difficultés
10:37devaient durer dans le temps,
10:39oui, il faudra peut-être
10:41qu'on envisage un plan
10:42plus général que ce qui a été présenté
10:45ce matin pour le transport,
10:47c'est-à-dire report des échéances,
10:49mise en place de prêts spécifiques
10:51par la BPI
10:51pour le transport,
10:53la pêche et l'agriculture.
10:55Et puis, on pourra peut-être
10:56étendre ça à d'autres professions.
11:00Je le demande.
11:01– Ah, vous demandez ?
11:02– D'accord, on commence
11:03à rentrer dans le concret,
11:04Michel Picoult, là, vous demandez ça.
11:05– Bien sûr que je le demande,
11:07mais tout ça a un coût,
11:08et si demain,
11:10on le fait systématiquement
11:11pour tout le monde,
11:12eh bien, personne ne pourrait
11:13être aidé significativement.
11:15– Vous demandez spécifiquement,
11:16donc les infirmières,
11:17on met ça de côté, d'accord,
11:18vous demandez ça pour les taxis,
11:22les artisans du bâtiment.
11:24– Oui, bien sûr,
11:25particulièrement le travail public,
11:26parce qu'ils utilisent des engins
11:28qui sont très consommateurs
11:29de carburant.
11:30– Avec le gazole,
11:30en plus, on sait que ça a explosé.
11:32– Absolument.
11:33Pour l'instant,
11:34les aides qui ont été mises en place
11:35sur le transport,
11:36l'agriculture,
11:38– La pêche.
11:39– La pêche,
11:40ce ne sont pas des aides,
11:42ce sont des reports de charges.
11:44– Oui, c'est pour ça
11:45que certains disent
11:45que ça ne sert pas à grand-chose.
11:47– Oui, mais ça permet
11:49de passer le cap
11:50pour ceux pour qui c'est difficile.
11:52Et puis ensuite,
11:53bien évidemment,
11:54si les choses devaient durer
11:56et si elles étaient sérieusement
11:59impactantes pour une profession,
12:01l'État devra soutenir,
12:03évidemment,
12:04le temps que ça dure.
12:05Mais il faut y aller
12:06avec beaucoup de précautions.
12:07Et moi, je ne suis pas
12:08de ceux qui crient au feu
12:10avant que la maison ne brûle.
12:12– Juste la proposition
12:14qu'il y a à la hausse de production
12:15demandée aux raffinaires,
12:16est-ce que ça peut,
12:17est-ce que ça a un impact véritable
12:20lorsqu'on voit,
12:21bon, finalement,
12:22ça va avoir un tout petit impact.
12:23– Oui, j'ai cru qu'en plus,
12:25on n'a plus tellement
12:25de raffinerie en France
12:26parce que ce n'est pas un métier
12:28qui dégage beaucoup de marge,
12:29il faut le reconnaître.
12:29– Oui, j'ai cru comprendre
12:31que la plus grosse,
12:32qui est près du Havre,
12:33c'est 12 millions de productions.
12:38– Productions, oui.
12:39– Et l'augmentation
12:41qu'elle pourrait faire,
12:42c'est 0,1%.
12:44Bon, c'est-à-dire
12:45que ça ne sera pas significatif
12:47pour faire baisser les cours.
12:49– Vous avez quand même
12:50– C'est toujours un petit peu plus,
12:51mais…
12:52– L'État a pris la mesure
12:55de ce qui se passe ou pas.
12:57– Oui, moi, j'ai le sentiment
12:58que l'État a pris…
12:59– D'accord, non, mais c'est important
13:00venant de part.
13:01– Oui, moi, je pense
13:02que l'État a pris la mesure
13:03de ce qui se passe.
13:04Je pense aussi que l'État sait
13:05qu'il est à la tête d'un pays
13:06qui est au bord de la faillite,
13:08qui a des dettes de partout
13:09et qu'il faudra aider
13:11pour éviter que des secteurs
13:12de notre économie s'effondrent,
13:14mais qu'il faut le faire
13:15avec discernement.
13:17Pas comme on l'a déjà fait
13:18avec un chèque énergie
13:19qui touchait tout le monde
13:20et qui permettait au fond…
13:23– On n'a plus les moyens
13:24du quoi qu'il en coûte
13:25pour reprendre l'expression
13:26ce matin de la ministre de l'Énergie
13:29et qui était aussi porte-parole
13:30du gouvernement,
13:31Maud Bréjean.
13:32Vous avez peut-être eu le temps
13:33de voir l'INSEE
13:34qui revoit à la baisse
13:36ses prévisions de croissance,
13:38légèrement à la baisse,
13:39on ne va pas faire de l'alarmisme,
13:41une économie percutée
13:42par les désordres mondiaux.
13:43La croissance française
13:44devrait être moins bonne
13:45que prévue au premier
13:46et deuxième trimestre
13:47en raison d'une inflation
13:48l'est à la hausse des prix
13:49des hydrocarbures.
13:52Vous n'êtes pas économiste,
13:53M. Bicot,
13:54mais en revanche,
13:54vous, vous avez un spectre
13:55assez large d'entreprises
13:58qui sont au contact
13:59et qui font cette croissance.
14:00Qu'est-ce que vous observez ?
14:01– Ce que j'observe,
14:03c'est que la situation
14:03que l'on a connue en 2025
14:05de défaillance d'entreprise
14:06continue.
14:08Sur janvier, février,
14:10en termes de défaillance
14:12d'entreprise
14:13qui ont fait appel à l'AGS,
14:15à l'Association de garantie
14:17des salaires,
14:18c'est un record
14:19au mois de février
14:20que nous avons connu.
14:22– Combien ?
14:22Vous avez le chiffre ?
14:23– Je ne l'ai pas,
14:24je ne l'ai pas.
14:25– Oui, je l'ai quelque part,
14:27mais le nombre de…
14:32– 68 916 ?
14:34– Oui, c'est 199 millions
14:38d'euros
14:39que nous avons avancés
14:40pour payer les salaires
14:42des entreprises
14:43qui ont été défaillées.
14:44Et donc, l'année dernière,
14:47pour le mois de février,
14:48c'était 173 millions.
14:50Donc, c'est vraiment
14:50une augmentation très forte.
14:52Alors, après,
14:53on a eu beaucoup
14:54d'entreprises,
14:56dont vous avez parlé ici,
14:57Brandt,
14:58et des tas d'entreprises
14:59qui, malheureusement,
15:01n'ont pas pu faire face
15:02au paiement de leurs salaires.
15:04Voilà, donc la situation,
15:06hors cette crise
15:07qui vient se rajouter,
15:09elle n'était pas facile
15:10et pas brillante.
15:11Donc, les années qui viennent,
15:13les mois qui viennent,
15:15oui, sont inquiétants.
15:16Nos entreprises,
15:16elles sont inquiètes
15:17et elles ont une trésorerie
15:19qui est basse.
15:20Elles sont inquiètes aussi
15:21dans des secteurs
15:22dont on se dit
15:23que ce n'est pas trop grave
15:24pour elles.
15:24Je pense à l'hôtellerie,
15:26à la restauration.
15:26Mais il faut savoir
15:27qu'une grande partie
15:29des touristes
15:30qui venaient en France
15:31aujourd'hui,
15:31d'étrangers,
15:32eh bien,
15:33sont en train
15:33de se replier
15:35sur leur marché intérieur.
15:36Alors, en contrepartie,
15:38on aura, j'espère,
15:39beaucoup de Français
15:40qui prendront leurs vacances
15:42en France.
15:43Mais nous avons convenu
15:44ce matin avec le ministre...
15:45Oui, c'est ce que disait
15:45hier Jean-François Rial
15:46qui était dans le tourisme.
15:48Oui, nous avons convenu
15:48ce matin.
15:49Il disait, du coup,
15:50l'Europe et la France,
15:51ça redevient une vraie destination.
15:52Absolument.
15:53Parce qu'il y a une...
15:54Voyager,
15:55c'est devenu anxiogène,
15:57pas forcément rationnel,
15:59mais...
16:00Oui, c'est...
16:00Et puis, Dubaï,
16:02par exemple,
16:03qui avait imaginé
16:05que la paralysie
16:06de l'aéroport de Dubaï
16:07allait paralyser
16:08l'ensemble des activités
16:10touristiques du monde
16:11parce que c'est un hub
16:12aujourd'hui
16:13où tout le monde passe,
16:14y compris pour aller
16:15en Avis.
16:17Nous avons convenu
16:18ce matin avec le ministre
16:19du Travail
16:20de mettre en œuvre
16:21les dispositifs,
16:22là où ça sera nécessaire,
16:24d'arrêt partiel d'activité.
16:25Il y a des établissements,
16:27notamment à Paris,
16:28des établissements
16:29avec 600,
16:30700 salariés
16:31qui ont une chute brutale
16:33parce qu'ils travaillaient
16:34avec le Moyen-Orient,
16:36avec des qataris,
16:37avec...
16:37Bon, et les chambres
16:39d'hôtels sont vides,
16:40les restaurants sont vides.
16:42Voilà.
16:43Et donc,
16:43il y aura des impacts
16:44qui ne vont pas
16:45concerner que le carburant.
16:47Et c'est pour ça
16:48qu'il ne faut pas
16:48que l'État se démunisse
16:50complètement de tout
16:51ce qu'il pourrait faire
16:52en arrosant partout.
16:54Et franchement,
16:55moi,
16:56quand je vous disais
16:57tout à l'heure
16:57avec un peu d'humour,
16:58je suis entre le marteau
16:59et l'enclume,
16:59oui, bien sûr,
17:00j'ai sans arrêt
17:01mes fédérations
17:02qui me harcèlent
17:02en me disant
17:03il faut se battre,
17:04il faut qu'on ait des aides,
17:05il faut que tu nous soutiennes.
17:06Je ne fais que ça
17:07de les soutenir.
17:08Mais je leur dis
17:08dans le même temps,
17:09l'État pourrait s'effondrer
17:12si on n'y prend pas garde.
17:13La folie politique
17:15de ceux qui veulent distribuer
17:16pour faire plaisir
17:17à tout le monde,
17:18eh bien,
17:19je pense que nous devons,
17:20nous,
17:20chefs d'entreprise,
17:21avoir la responsabilité
17:23d'aider les secteurs
17:24pour qui ça serait indispensable,
17:27mais de mesurer
17:29nos revendications.
17:30Juste un point,
17:31parce que quand même
17:32c'est assez fort,
17:32ce que vous dites là,
17:34Michel Picon,
17:35est-ce qu'il y a eu
17:35les élections municipales ?
17:38On a dit,
17:39mais tiens,
17:39il faudrait peut-être
17:40que l'échelle d'entreprise
17:41s'engage plus,
17:42justement,
17:42face à entendre
17:43la voix de la raison,
17:44face à entendre
17:44ce que vous venez de dire
17:45et que les Français
17:46n'ont pas très envie d'entendre,
17:47c'est-à-dire qu'on est
17:48à la tête d'un État,
17:49enfin, notre État
17:50est en faillite
17:51et eux,
17:51ils sont à la tête
17:51d'un État en faillite.
17:53Est-ce que vous répondez
17:55à cette critique
17:56qu'on peut vous faire ?
17:57Non, mais bien sûr,
17:59c'est tellement plus facile
18:01que de dire,
18:02bon,
18:04allez dans le sens du poil,
18:05quand vous voulez
18:06vous faire élire,
18:07c'est tellement plus facile aussi.
18:08Et on l'a vu
18:09dans ces élections municipales,
18:10parfois,
18:11des maires qui avaient géré
18:12avec beaucoup de rigueur
18:15se sont fait balayer
18:16parce qu'on a promis
18:19mon émerveille.
18:20Après,
18:21les chiffres sont têtus
18:22et les réalités
18:23s'imposent à tous.
18:25Effectivement,
18:26il faudrait qu'on s'engage
18:26plus, nous, patrons.
18:27Oui.
18:28Une réflexion à avoir
18:29avec Patrick Martin
18:30ou avec d'autres.
18:31Mais vous savez,
18:33pendant toute cette période
18:35pré-élection municipale,
18:36moi,
18:36j'ai encouragé
18:37tous mes adhérents
18:39à s'engager
18:40dans les listes.
18:40Nous avons 2500 maires
18:43artisans,
18:44commerçants
18:44aux professions libérales.
18:452500 maires
18:46qui ont été élus.
18:46Et vous en avez encore
18:472500 maires
18:48après les...
18:49Oui,
18:5025 000 conseillers municipaux.
18:52Il faut qu'ils y aillent
18:53encore plus.
18:54Il faut inculquer
18:55cette rigueur
18:57qu'à l'entreprise...
18:58En fait,
18:59c'est assez simple
19:00l'économie d'une entreprise
19:01de ne pas dépenser
19:02plus que ce que l'on gagne.
19:04Sinon,
19:04on finit au tribunal de commerce.
19:06Eh bien,
19:06il faut qu'on arrive
19:07à faire rentrer
19:09dans la tête
19:09des pouvoirs publics
19:10cette rigueur
19:13de ne pas dépenser
19:14plus que ce que l'on gagne.
19:15Juste un petit point
19:16un peu plus technique,
19:18je m'en excuse
19:18pour nos téléspectateurs
19:20et nos auditeurs,
19:22mais en même temps,
19:22très important,
19:23c'est la mise en œuvre
19:25de l'obligation
19:26de la facturation électronique.
19:30Très compliqué.
19:31Est-ce que c'est le moment
19:33de le faire ?
19:34Justement,
19:35vous ne dites pas
19:35« Attendez,
19:36là,
19:36moi,
19:37mes adhérents,
19:37ils sont déjà confrontés
19:38à un choc pétrolier,
19:40à un choc de croissance.
19:41Est-ce qu'on ne peut pas
19:42attendre un peu ? »
19:43Alors, ça fait un moment
19:45qu'on se prépare tout de même
19:47et que nous sommes…
19:48Je sais.
19:48Pour les petites entreprises,
19:50ça va être étalé sur deux ans
19:51puisqu'on doit choisir
19:54notre plateforme.
19:55L'État devait nous en fournir une.
19:57Bon, il a été défaillant,
19:58certainement pour des raisons financières aussi.
20:00Donc, il y a 120 opérateurs agréés
20:04qui aujourd'hui proposent
20:06à toutes les entreprises
20:07d'utiliser leurs services
20:09de plateforme électronique.
20:11À la fin,
20:12ça va être un gain formidable
20:14pour tout le monde.
20:14Pour les entreprises
20:15qui vont gagner beaucoup de temps,
20:18ça va aussi régulariser
20:19ceux qui, de temps en temps,
20:21ne déclaraient pas tout.
20:22Et chaque fois que c'est le cas,
20:23c'est au détriment
20:24de ceux qui sont réglo.
20:26Et puis, ça va être aussi
20:27un gain de temps pour l'État.
20:29Tout le monde a gagné ça.
20:30Alors, est-ce qu'il faut
20:32reporter la mesure ?
20:33Moi, je crois qu'on est
20:34dans le tuyau, là, maintenant.
20:35On forme nos collaborateurs.
20:37On a choisi nos trucs.
20:38Il faut y aller.
20:38Il faut le faire.
20:39Il faut y aller.
20:39Merci beaucoup, Michel Picon,
20:40d'être venu ici,
20:41président de l'UDP.
20:42Donc, on a compris
20:43entre le marteau et l'enclume
20:45qui est le dadon.
20:46Et en même temps,
20:47on vous pousse,
20:47on vous pousse
20:48en disant quelque chose.
20:49Et vous dites, voilà,
20:50mais il faut des mesures
20:50ciblées sectorielles.
20:52Tout à fait.
20:53Merci beaucoup
20:54d'avoir été avec nous,
20:55Michel Picon.
20:56Merci.
20:56Merci.
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