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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:10Vous êtes bien dans le 18-19, rapide de vous retrouver, mon premier invité c'est Jean-Laurent Garnier, il
00:15est le patron de Generali pour la France. Bonsoir Jean-Laurent Garnier, Garnier pardon.
00:20Bonsoir Edwige.
00:20Merci d'être là. Beaucoup de questions à vous poser, vous êtes très très présent en France, vous pesez lourd
00:26quand même, un petit peu plus de 19 milliards.
00:28Donc c'est dire que c'est important. Et puis vous êtes très présent auprès des entreprises, des petites entreprises
00:36et des particuliers bien sûr.
00:38Ma première question elle sera sur les annonces d'aujourd'hui, sur le coût de la guerre estimée pour la
00:43France, parce qu'on n'en est qu'au début j'imagine.
00:45Et puis les annonces là du Premier ministre à l'instant. Est-ce que pour vous, vous commencez, on sent
00:51que les incertitudes commencent vraiment à provoquer des inquiétudes,
00:56peut-être presque des craintes, plutôt des inquiétudes ?
00:59Vous savez, les inquiétudes d'Edwige Fouillon, elles ne sont pas nouvelles, puisque le plus inquiétant en France, c'est
01:04le poids de la dette,
01:06c'est le poids de l'endettement, et c'est ce qui majoritairement provoque le problème des 6 milliards, dont
01:11part Sébastien Lecornu.
01:13Mais au-delà de ça, la guerre fait que les taux d'intérêt augmentent, et que ce poids de la
01:17dette va augmenter.
01:18Et donc le niveau d'inquiétude pour les chefs d'entreprise, pour l'économie en général,
01:22il ne cesse de croître depuis l'année dernière, depuis toutes les discussions, les palinodies qu'on a eues sur
01:27le budget,
01:28dont la conséquence a été taxée les entreprises, et le nombre de défaillances d'entreprises qui augmente,
01:3260 000 l'année dernière, en 2025, et ça c'est un signal inquiétant.
01:35Oui, et au premier trimestre, on voit bien que c'est encore...
01:3819 000 au premier trimestre.
01:3919 000, c'est vraiment une accélération très inquiétante.
01:43En préparant cette émission, vous m'avez dit, moi ce qui m'inquiète, c'est le fait, c'est l
01:47'enlisement en fait.
01:48Le fait que cette crise, là encore, on voit bien, est-ce qu'il va taper, pas taper, est-ce
01:53qu'il y a un accord ou pas d'accord,
01:54c'est sûr qu'on a un peu de mal à suivre ce que dit Donald Trump.
01:57Demain, normalement, c'est la fin du cessez-le-feu, donc c'est un moment important.
02:03Mais voilà, c'est cet enlisement, c'est le fait qu'il n'y a plus de boussole, on ne
02:06sait plus très bien où on va.
02:08Et on sait que pour l'activité économique, pour la croissance, pour la sérénité,
02:12et du monde, tout simplement, la visibilité, c'est important.
02:16Cette incertitude, elle pèse sur le climat des affaires, elle pèse sur le moral des ménages aussi,
02:20on en parlera certainement, elle se traduit par un supplément d'épargne,
02:24ce qui n'est pas mauvais pour l'économie, mais ce qui est aussi un déficit de consommation.
02:29Et globalement, le sujet, spécialement en France,
02:32c'est que les problèmes de fonds structurels que nous avons dans la société,
02:36le problème du financement des retraites, des déficits publics et des déficits sociaux,
02:41rien n'est enclenché pour les endiguer et pour apporter un début de solution.
02:46Début de solution, est-ce que pour vous, ça aurait pu être peut-être une aide plus massive,
02:52une baisse de la TVA, par exemple, sur les carburants ?
02:55Quelle est votre position, vous, en tant qu'assureur, assureur des Français ?
02:59Quelle est votre position ?
03:01Je pense que le sujet des taxes en France, il est très vaste.
03:05On peut parler de la TVA sur les carburants, on peut parler plus généralement aussi de la taxe sur les
03:09contrats d'assurance.
03:10Vous savez qu'on subit une taxe exceptionnelle sur les contrats santé actuellement.
03:13Bien sûr.
03:14Très généralement, ce qui est inquiétant, c'est le fait d'avoir comme réponse à une situation de crise,
03:21une situation de difficulté, plus de taxes.
03:23Alors que ce dont on aurait besoin, c'est plus de confiance et plus de flexibilité
03:28pour mettre la France à bon niveau dans la compétition internationale
03:32et à permettre à la croissance en France de redémarrer.
03:35Aujourd'hui, on est plombé par le déficit public
03:37et on est plombé par le fait que les décisions qui sont prises sont plutôt dans le sens de plus
03:42de fiscalité.
03:43Oui, mais vous êtes un groupe italien, donc Generali, c'est basé à Trieste.
03:47Donc, vous voyez bien la différence de traitement entre le consommateur français et le consommateur italien
03:57parce que là-bas, il y a eu des baisses justement de TVA.
04:01Est-ce que c'est peut-être ce qu'on aurait dû faire ?
04:03Ou au contraire, vous dites, nous, on n'a pas redressé nos finances publiques ?
04:07Je le constate et je me garderai de donner des conseils en matière de politique budgétaire.
04:13Ce que je sais en tout cas, c'est que pour trouver de la flexibilité,
04:16pour pouvoir réduire les taxes et redonner aux ménages des manières de consommer,
04:22il faut arriver à limiter les dépenses de l'État d'une manière ou d'une autre.
04:25Regardez ce qui s'est passé dans le budget précédent et les hypothèses,
04:29d'où la déclaration de cet après-midi et le comité d'alerte des finances publiques,
04:32les hypothèses prises par le budget sont déjà obsolètes,
04:35elles sont percutées par la politique de Trump au Moyen-Orient,
04:39mais elles ne reposaient pas sur aucune politique d'économie que ce soit.
04:43La seule chose qu'on a fait, c'est, je le rappelle,
04:46on a quand même augmenté à 36% le taux d'impôt sur les sociétés,
04:49là où la moyenne européenne est à 21%,
04:51et que ça, ce n'est pas quelque chose qui soit durable.
04:54– Tiens, puisque vous me tendez une paire, je la saisis, Jean-Laurent Granier.
04:59Là, on commence, le Premier ministre, le ministre de l'Économie,
05:02a parlé du budget 2027.
05:04Alors, au point que certains demandent déjà,
05:06avec des économies qui doivent être faites,
05:09et peut-être des recettes supplémentaires,
05:11demandent une loi de finances rectificative pour le budget actuel.
05:15Alors là, c'est la gauche qui le demande,
05:17et puis la majorité et le gouvernement disent non au secours,
05:20parce que sinon, jamais il ne sera voté.
05:23Le budget 2027, certains se disent,
05:26ça va être bis repetitam,
05:28c'est-à-dire qu'on va vraiment avoir le même budget 2026.
05:31Est-ce que vous, ce que vous redoutez par-dessus tout,
05:34c'est qu'on se dise, tiens, les Français, ils épargnent,
05:38l'assurance-vie représente un montant absolument considérable,
05:43et bien taxons un peu l'assurance-vie.
05:45Ça serait logique.
05:46– Alors, non, ça ne serait pas logique,
05:48parce que je pense que tout le monde sera d'accord pour dire
05:51que s'il y a une chose dont on ne manque pas en France,
05:53c'est de taxes.
05:54Et je pense que dans la situation où nous sommes aujourd'hui,
05:58il est important de ne pas dégrader ce qui marche en France,
06:02il faut chercher des solutions aux problèmes qui existent,
06:04mais l'assurance-vie, c'est un des sujets qui marche bien,
06:0742% des ménages en France ont de l'assurance-vie.
06:10– C'est combien le total, là ?
06:12– 2100 milliards, vous rendez compte.
06:14– Et c'est une collecte nette de 50 milliards supplémentaires par an,
06:19dont au passage 4 milliards chez Generali France,
06:21parce que ça veut dire que nous jouons bien notre rôle.
06:23Mais cet argent-là, il sert à financer l'économie.
06:26Les deux tiers des placements des assureurs financent les entreprises.
06:30Et l'assurance-vie, c'est quelque chose qui, en France,
06:32est un instrument de souveraineté,
06:34de souveraineté économique, de souveraineté industrielle.
06:37Et donc, toucher à cet atout, ce serait grave.
06:42Et c'est pour ça que notre message à nous, assureurs,
06:44et je pense accompagné par les entrepreneurs
06:47qui comprennent que l'assurance-vie sert à les financer,
06:49c'est ne touchez pas à l'assurance-vie des Français.
06:52Ce n'est pas en déréglant quelque chose qui marche
06:54qu'on apporterait des solutions à des problèmes qui sont structurels.
06:58– Mais en même temps, vous voyez bien que le taux d'épargne
07:00n'a jamais été aussi élevé.
07:01Il continue encore à progresser.
07:03Vous-même, vous l'avez dit, les dernières statistiques le montrent.
07:06Donc, la tentation, elle est énorme.
07:09– Oui, la tentation est énorme.
07:10Mais quand on parle de financement de l'économie,
07:12quand on parle de marché des capitaux à l'échelle européenne,
07:16on doit comprendre que dans l'économie,
07:18il est important d'apporter des financements
07:20pour que l'économie se développe.
07:22En France, le sujet, en termes d'épargne,
07:24ce n'est pas tellement l'assurance-vie.
07:25C'est que vous avez 950 milliards, près de 1000 milliards,
07:28qui sont en épargne réglementée,
07:30en livréant, livré divers, etc.
07:32– Oui, vous connaissez mieux que moi le taux du livret A.
07:34– Voilà. Et donc, ce sujet-là,
07:37c'est là qu'il y a de l'épargne des Français.
07:39Et que font les Français ? On les comprend.
07:41C'est que par précaution, ils épargnent,
07:43parce qu'ils ont une inquiétude sur l'avenir.
07:45Ils ont une inquiétude sur leur emploi,
07:47sur la santé de leur entreprise,
07:49mais ils ont aussi une inquiétude sur l'inflation,
07:52sur leur future retraite.
07:53Et c'est pour ça qu'ils épargnent,
07:55pour faire face à cette inquiétude.
07:57D'ailleurs, quand les débats publics consistent à dire,
08:00essentiellement, s'il y a des problèmes,
08:01on va taxer de manière supplémentaire,
08:03on accroît cette inquiétude.
08:05C'est ce qui a été fait l'année dernière
08:06sur l'assurance santé,
08:08alors même qu'on constatait, là aussi,
08:10des déficits dans le domaine de la protection sociale.
08:13Et donc, je pense qu'il faut remettre les choses
08:14dans le bon ordre.
08:15Il faut créer de la confiance
08:16et il faut favoriser ce qui est un instrument
08:19de souveraineté économique,
08:20ce qui est un instrument, je dirais,
08:22un atout différentiel de la France,
08:24qui est l'assurance vie.
08:25– Et là, vous avez une petite rumeur qui vous inquiète ?
08:28– Je pense que les rumeurs…
08:31– Vous avez l'habitude.
08:31– Les rumeurs, on a l'habitude.
08:34La manière dont on a vécu,
08:36nous, on a assez mal vécu la phase budgétaire,
08:39le PLFSS, etc.,
08:40où on n'a pas parlé de solutions,
08:42on a parlé de taxes,
08:43plutôt que de résoudre les problèmes
08:45et de repousser les solutions à plus tard.
08:47Je pense qu'aujourd'hui,
08:49il y a un débat qui va s'engager dans le pays
08:50parce qu'on a des échéances l'année prochaine,
08:53qui sont les échéances présidentielles
08:55et probablement législatives.
08:56Ceci veut dire qu'il va falloir,
08:59dans le débat, dire clairement les choses,
09:01dire clairement ce qui, dans le pays,
09:03est un problème
09:03et ce qui doit être résolu
09:05et ce qui est un atout ou un avantage
09:07auquel il ne faut pas porter atteinte.
09:10– Alors, il y a un autre sujet pour vous,
09:12en tous les cas, d'inquiétude,
09:13c'est les risques climatiques,
09:15les dérèglements climatiques
09:17et tout ce que ça entraîne,
09:18puisqu'évidemment, vous êtes assureurs,
09:20notamment dans l'habitation.
09:21Et le coût moyen des risques ouverts
09:23par les assurances,
09:24toutes les assurances, a plus que doublé en France
09:27depuis les années 2000
09:27pour atteindre aujourd'hui 5 milliards d'euros.
09:30– C'est ça, les catastrophes climatiques,
09:32il y a…
09:32– Les 4nats comme on dit !
09:33– Oui, au début des années 2000,
09:35Edwige Chevrillon,
09:36c'était 2 milliards et demi par an.
09:37C'était déjà assez lourd,
09:38on avait un régime pour aider à faire face à ça,
09:40c'est le régime 4nats,
09:42le régime des catastrophes naturelles.
09:43Aujourd'hui, on est en moyenne à 5 milliards par an
09:45et toutes les tendances nous montrent que d'ici 2050,
09:48on sera à 10 milliards par an.
09:50Le problème, c'est qu'aujourd'hui,
09:51on est en train de changer de paradigme.
09:53On atteint les limites de ce qu'on appelle la mutualisation.
09:56Et donc, il est impératif,
09:58et c'est pourquoi nous plaidons en tant qu'assureurs,
10:01et tout particulièrement chez Generali,
10:03d'avoir une politique résolue de prévention.
10:06Nous, nous faisons de la recherche sur…
10:08– Pardonnez-moi, pardonnez-moi,
10:10même si vous n'êtes pas une mutuelle,
10:11parce que vous êtes privée, on est clair.
10:12– Vous faites de la mutualisation des risques.
10:15C'est votre job.
10:16– C'est notre job.
10:17– Donc, bon, alors moi,
10:18je veux bien qu'on supprime votre job,
10:20mais ça serait quand même embêtant.
10:23– Ce qu'on constate, c'est que…
10:24– Et pour nous, et pour vous.
10:25Non, plus sérieusement,
10:26c'est qu'on voit qu'il y a déjà…
10:27La question, elle se pose.
10:28Il y a des municipalités qui ne sont plus assurées.
10:30Il y a des maisons qui ne sont plus assurées.
10:32– Alors, il y a, heureusement en France,
10:34très peu de zones non assurables.
10:36On peut regarder à l'étranger
10:37et voir, lorsque se posent des cas de non-assurabilité,
10:41regardez en Californie,
10:42il y a 500 000 maisons qui ne trouvent plus à s'assurer.
10:45En France, heureusement,
10:46et grâce notamment au régime des catastrophes naturelles,
10:49on est encore loin de ça.
10:50Il y a des cas exceptionnels,
10:51le trait de côte,
10:52lorsque les falaises vont s'effondrer, etc.,
10:54où les gens doivent quitter leur maison.
10:55Il y a eu en Espagne, d'ailleurs,
10:56des cas similaires et beaucoup d'habitations
10:59qui ont dû être abandonnées.
11:01Aujourd'hui, notre credo à nous
11:02consiste à dire la prévention.
11:05La prévention, c'est quoi ?
11:06C'est l'anticipation,
11:07la compréhension des phénomènes.
11:08C'est une des conditions de l'assurabilité.
11:11Nous, on fait chez Générali France
11:12depuis dix ans des recherches là-dessus,
11:14sur les tendances sur le climat, etc.
11:16On a créé un Climate Lab
11:18avec des météorologues, des hydrologues,
11:20des gens qui sont spécialistes
11:22de la data et des phénomènes météorologiques,
11:25de manière à anticiper
11:26sur ce qui peut se passer.
11:28Aujourd'hui, on sait qu'on a en France
11:2917 millions de maisons
11:31qui sont exposées au rythme d'inondation.
11:33On sait qu'à terme,
11:37une maison sur deux
11:38pourrait souffrir de la sécheresse.
11:40Vous savez, le fameux
11:42retrait-gonflement des argiles
11:43qui fait se fissurer les maisons.
11:44Et là, c'est trop tard.
11:46Et il y a des mesures à prendre en amont
11:48pour anticiper,
11:50pour adapter un certain nombre de choses.
11:53Par exemple, le travail sur la végétation.
11:55Éviter que la végétation
11:56ne vienne détériorer les fondations des maisons.
11:58Et là, ça veut dire quoi concrètement ?
11:59Parce que là, c'est très intéressant.
12:01Donc, on voit tout ce que vous essayez
12:03de mettre en termes de prévention
12:06pour vous assurer.
12:08Ça veut dire que si moi,
12:09je prends un contrat générali,
12:11donc l'assuré revient,
12:12il va venir regarder
12:14où est-ce que la végétation
12:15s'arrête ou ne s'arrête pas.
12:17Est-ce que je suis dans une zone inondable ?
12:20Est-ce que la qualité de l'argile de mon sol ?
12:23Vous voyez ce que je veux dire ?
12:24Jusqu'où ça va aller ?
12:25Alors, jusqu'où ça va aller ?
12:26Nous, on a concentré
12:27toutes les données que l'on a,
12:29toutes les recherches qu'on a faites
12:30dans un site qui s'appelle
12:31EFAR, Ensemble Face au Risque,
12:33auquel vous pouvez accéder librement,
12:36sans même être client chez nous.
12:38Et vous donnez votre adresse,
12:39elle est géolocalisée,
12:41et on vous indique très précisément
12:43dans quelle mesure vous êtes
12:44soumis au risque d'inondation,
12:46dans quelle mesure vous êtes soumis
12:47au risque de sécheresse
12:48et de retrait-gonflement des agirs,
12:50dans quelle mesure vous êtes soumis
12:51au risque d'incendie, par exemple,
12:53en cas de méga-feu.
12:54Et on vous donne des conseils,
12:56et ensuite, nous avons 800 agents généraux
12:58et leurs équipes sur le terrain,
12:59qui sont des véritables conseillers
13:01en prévention,
13:02qui, lorsque l'on est dans des zones
13:04à risque,
13:05viennent donner les conseils de base,
13:07les conseils qui permettent
13:09de limiter le risque.
13:10Parce que si le comportement des gens
13:12permet de limiter le risque,
13:13alors on préserve l'assurabilité.
13:15Mais si jamais je n'applique pas
13:17les recommandations sur votre site,
13:20à ce moment-là,
13:21je ne pourrais pas m'assurer chez vous ?
13:22Alors, pour l'instant,
13:24il n'y a pas de lien direct.
13:25Mais soyons très clairs,
13:27et ce n'est pas ce que je dis,
13:28ce n'est pas une menace,
13:29c'est un constat lié
13:30à ce changement climatique
13:32qui est irréversible.
13:34C'est-à-dire que,
13:34faisant notre métier,
13:36nous arrivons à dire
13:37que la prévention est nécessaire,
13:39c'est une condition,
13:40aujourd'hui,
13:41pour garder,
13:42pour que tout le monde
13:43reste assurable.
13:44Et dans le futur,
13:45bien sûr,
13:46il faudra peut-être imaginer
13:47que les garanties
13:49et les couvertures,
13:50elles soient conditionnées
13:51au fait que
13:52les comportements de prévention
13:53ont bien été adoptés
13:55de manière à limiter le risque,
13:57de manière à ce que tout le monde
13:58soit solidaire
13:59dans l'idée de dire
14:00qu'il faut s'adapter
14:01au changement climatique,
14:02il faut s'adapter
14:03au mouvement de fond
14:04que sont les inondations,
14:06les accouts climatiques,
14:07la sécheresse
14:07à des endroits
14:08où auparavant
14:09il y avait de l'humidité
14:10et à tous les dégâts
14:11que cela peut causer.
14:12Est-ce qu'en France,
14:12on est en avance ?
14:14C'est intéressant
14:14avec Generali
14:15qui est un groupe
14:16très puissant.
14:17C'est quoi
14:18le chiffre d'affaires total
14:19de Generali ?
14:2098 milliards.
14:21C'est presque 100 milliards,
14:22c'est ce que j'avais vraiment.
14:23Et fait massivement en Europe,
14:24donc on a une vision
14:25de tous les marchés européens.
14:26Justement,
14:26ma question,
14:27c'est est-ce qu'on a
14:28une approche différente
14:28en Italie
14:29par rapport à ces risques climatiques ?
14:31En Allemagne,
14:32j'imagine peut-être
14:33qu'ils sont en avance
14:33sur nous
14:34ou en France ?
14:35Alors en France,
14:36on a un avantage
14:37qui est ce régime
14:38des catastrophes naturelles
14:39qui consiste à dire
14:40que, bien sûr,
14:41chacun dans sa prime
14:42d'assurance d'hommage
14:43paye quelque chose.
14:45Aujourd'hui,
14:45c'est...
14:45Certains disent un peu trop,
14:47d'autres disent qu'au contraire
14:47qu'il faut augmenter
14:49la contribution.
14:50Mais c'est une surprime
14:51qu'on paye
14:51pour justement
14:52avoir le bénéfice
14:53d'être assuré.
14:54L'exemple de la sécheresse,
14:56l'exemple des fissures
14:57dans les maisons,
14:58ce n'est pas un incendie,
14:59ce n'est pas un risque
15:00qui se traduit
15:01par un événement.
15:02C'est quelque chose
15:03d'insidieux
15:03et de progressif.
15:04Grâce au régime
15:05des catastrophes naturelles
15:06en France,
15:07dès lors que l'état
15:07de catastrophe naturelle
15:08est décrété,
15:10c'est pris en charge
15:10pour l'assurer.
15:11Et ensuite,
15:12il y a un phénomène
15:12de péréquation,
15:13si vous voulez,
15:14entre les assureurs
15:15qui se fait à travers
15:16la caisse centrale
15:16de réassurance
15:17pour permettre
15:18que tout ça soit assurable.
15:19En Italie,
15:20ils sont en train
15:20d'essayer de copier
15:22le régime français
15:23pour pousser
15:23les professionnels
15:25et les particuliers
15:25à s'assurer
15:26de manière systématique
15:28contre les dommages
15:29aux biens.
15:29Il n'y a qu'en France,
15:30en Europe,
15:31où on est à ce point
15:32assuré contre
15:32les dommages aux biens,
15:34c'est-à-dire avec
15:34les multirisques
15:35habitations,
15:35c'est beaucoup plus répandu
15:36à plus de 95%
15:38en France
15:38qu'à l'étranger.
15:39D'accord,
15:40intéressant comme comparaison.
15:41Puisque vous parlez
15:41de la caisse
15:43de réassurance,
15:44une question,
15:45alors vous,
15:45évidemment,
15:46Générali,
15:46vous êtes auto-habitation,
15:49santé,
15:49on en dira un mot,
15:50vous n'êtes pas
15:51en train d'assurer
15:52des tanqueurs
15:53dans le détroit d'Ormose.
15:54Mais on peut imaginer,
15:56on voit bien
15:56qu'il y a des primes
15:57d'assurance
15:57qui sont en train
15:58d'exploser.
15:59Ça aura sans doute
16:00un impact, non,
16:01pour les assureurs,
16:02même pour ceux
16:02qui ne sont pas
16:03dans ce secteur-là.
16:05Alors,
16:06les grands risques mondiaux,
16:07effectivement,
16:08ils ont toujours
16:08un impact finalement
16:09sur les assureurs
16:10parce que c'est le coût
16:10de la réassurance.
16:13Les grands assureurs
16:15sont obligés
16:15de s'assurer
16:16contre les risques
16:16absolument exceptionnels
16:17pour éviter d'être mis
16:19en danger
16:19par une accumulation
16:20de sinistres.
16:21Et donc,
16:22lorsque les grands réassurance,
16:23mon Dieu,
16:24sont confrontés
16:25à des phénomènes
16:26comme la crise
16:26au Moyen-Orient
16:27qui peut avoir
16:28des conséquences,
16:29ça peut se retransmettre
16:30après au coût
16:31de l'assurance
16:32parce que si nous,
16:32nous payons plus cher
16:33notre réassurance,
16:34nous allons devoir
16:35d'une manière ou d'une autre
16:36en répercuter le coût.
16:38Aujourd'hui,
16:39c'est localisé
16:40sur le Moyen-Orient
16:41et c'est localisé
16:42sur le transport maritime.
16:43Mais on voit bien
16:43que si le coût
16:44du transport maritime
16:45de l'assurance augmente,
16:46il n'y a pas que le pétrole
16:47qu'on transporte
16:48par des cargos,
16:49on transporte
16:50des biens de consommation,
16:52il y a des échanges
16:52entre l'Asie,
16:53l'Europe
16:53et les Amériques
16:55et tout ça
16:56peut avoir
16:56une conséquence,
16:57bien sûr.
16:57Et ça,
16:58ça sera plus combien ?
17:00Ça dépend évidemment
17:02de la durée de la crise.
17:03Voilà,
17:04et là,
17:04c'est ce que j'allais vous dire
17:05et c'est ce que tout le monde
17:05vous dira,
17:06tout le monde espère,
17:07tout le monde suppose
17:09que cette crise
17:10va s'arrêter.
17:10Non mais c'est une hausse
17:11qui est en 1%,
17:13en 5%,
17:15en 10%,
17:16vous voyez,
17:16c'est-à-dire...
17:17Honnêtement,
17:17ce ne serait pas honnête
17:19de donner un chiffre aujourd'hui,
17:20mais ce serait de la spéculation.
17:22La boule de cristal.
17:22Ce serait de la boule de cristal,
17:24oui.
17:24Aujourd'hui,
17:25je pense que c'est
17:26très difficile à dire.
17:28On a une affaire
17:29qui est certaine
17:30parce que ça,
17:30c'est les marchés
17:31qui en donnent tout de suite
17:32le reflet,
17:33c'est les taux d'intérêt,
17:34c'est d'où l'intervention
17:36du gouvernement
17:37cet après-midi.
17:38Ensuite,
17:39il y a les coûts
17:40des assurances.
17:41Aujourd'hui,
17:41c'est assez localisé.
17:43Nous, par exemple,
17:44nous ne constatons pas
17:45aujourd'hui de problèmes
17:46liés au détroit d'Ormouz,
17:47etc. dans nos comptes,
17:48mais nous ne sommes pas
17:49un assureur maritime
17:51dans le Golfe,
17:52même si nous avons
17:53des activités mondiales.
17:54Et on ne peut pas
17:56aujourd'hui articuler
17:57une conséquence.
17:58Ce qui est certain,
17:58c'est que plus une crise dure,
18:00plus les conséquences sont importées.
18:01C'est sûr,
18:01mais articuler les conséquences,
18:03Jean-Laurent Gragné,
18:04la question,
18:05au bout de cette articulation,
18:07est-ce qu'il y a une hausse
18:08de nos cotisations ?
18:10Alors,
18:10c'est ce que je disais,
18:11s'il y a une hausse
18:12du coup de la réassurance,
18:13ça pourrait arriver.
18:14Aujourd'hui,
18:15ce n'est pas,
18:15je dirais,
18:17ce n'est pas ce point spécifique
18:19qui est le plus menaçant.
18:20Vous voyez,
18:20on vient de parler
18:22des changements climatiques.
18:23Là, pour le coup,
18:23on voit des choses
18:24qui sont à l'œuvre
18:25et qui sont inexorables.
18:27Et on sait que,
18:28sur le long terme,
18:28c'est de là que viendront
18:29les augmentations de cotisations.
18:30Juste un mot,
18:31un mot important pour vous.
18:32Vous avez fait un très bon exercice
18:33en 2025.
18:34Il reposait sur quoi ?
18:36Le très bon exercice en 2025,
18:38il reposait sur,
18:39essentiellement,
18:40deux aspects.
18:41D'une part,
18:41nous avons fait une très,
18:42très bonne collecte
18:44en assurance-vie.
18:45Oui,
18:45on en a parlé,
18:46la 4 000.
18:4611 milliards de chiffres d'affaires
18:47et 4 milliards de collecte net
18:49en assurance-vie.
18:50Ça, c'est vraiment un très bon résultat
18:52parce que nous avons
18:53la confiance de nos clients,
18:54nous avons la confiance
18:55des conseillers
18:56en gestion de patrimoine
18:57et nous utilisons
18:58le magnifique outil
18:59qu'est l'assurance-vie
19:00pour offrir quelque chose
19:01de diversifié.
19:03Et par ailleurs,
19:04nous avons fait aussi
19:05un bon exercice
19:06en assurance d'hommage
19:07parce que la politique
19:08de prévention
19:08que nous essayons
19:09de déployer
19:10auprès de nos clients,
19:11elle paye
19:12et elle montre
19:13que lorsqu'on prend
19:14des dispositions,
19:15on réduit
19:15l'exposition au risque.
19:16Pourquoi vous avez abandonné
19:17l'accord avec BPCE
19:18justement à propos
19:19de gestion de patrimoine ?
19:20Alors ça,
19:21c'est une discussion
19:22plus politique.
19:23Il y avait un accord
19:23mais qui devait,
19:25comment dirais-je,
19:26rencontrer un certain nombre
19:27de conditions politiques
19:28qui dépendaient
19:28des autorités italiennes
19:29et françaises.
19:30L'accord politique
19:31n'a pas été trouvé
19:32et donc c'est pas que...
19:33Pourquoi il fallait
19:33un accord politique ?
19:34J'ai envie de dire
19:34un accord réglementaire,
19:35je veux bien,
19:35mais pourquoi politique ?
19:35Parce que nous sommes
19:35un secteur régulier
19:36et que pour faire
19:37des fusions,
19:38pour mettre en commun
19:40des moyens,
19:41notamment là,
19:42ça c'était
19:42de l'asset management,
19:43et bien il faut avoir
19:44ni l'obstate
19:46des autorités
19:47de supervision
19:48des marchés
19:48et là,
19:49les conditions politiques
19:50visiblement
19:51n'étaient pas réunies.
19:52Ça ne veut pas dire
19:53que c'est une mauvaise idée
19:54de faire des champions européens.
19:55On a besoin de champions européens.
19:56Mais ça peut revenir ?
19:58Là non plus,
19:59je n'ai pas de boule de cristal.
20:00Mais en tout cas,
20:00je suis certain
20:00que tout ce qui est positif
20:02à l'échelle européenne
20:02est bon pour l'Europe
20:03et est bon pour les citoyens européens
20:05et non français.
20:05Oui, parce qu'on parle beaucoup
20:05de la fusion
20:08des marchés des capitaux.
20:09On voit bien
20:10que ça fait partie
20:11un peu des gens
20:13qui reviennent régulièrement.
20:15Un mot sur la santé
20:15puisqu'il en a parlé
20:16ce matin,
20:17Roland Lescure,
20:18en disant qu'il y a peut-être
20:192 milliards d'économies
20:20à faire sur la santé.
20:22Pour vous,
20:22la santé en France,
20:23c'est peut-être
20:24ce qu'il y a de plus inquiétant ?
20:25Alors,
20:26la santé en France,
20:27pour nous,
20:28La manière dont c'est traité.
20:29Voilà.
20:30Il y a deux manières
20:31de considérer les choses.
20:32Aujourd'hui,
20:32on a un système en France
20:33qui repose sur le partenariat
20:35public-privé.
20:35Il y a des choses
20:36qui dépendent de la sécurité sociale.
20:37Il y a des choses
20:38qui dépendent
20:38de l'assurance maladie
20:39complémentaire.
20:40Important de savoir
20:41que quand même,
20:4251% des soins
20:44qui concernent l'optique,
20:45les lunettes,
20:46qui concernent le dentaire,
20:47qui concernent l'audition,
20:48sont pris en charge
20:49par les assureurs privés,
20:50par les assureurs complémentaires.
20:51Alors,
20:52il y a parfois
20:52une guéguerre idéologique.
20:53En France,
20:54là encore,
20:55il y a,
20:56il y a,
20:56qui consiste à dire
20:58quelque chose
20:58qui fonctionne,
20:59est-ce que par hasard,
21:00on ne voudrait pas
21:01le remettre en cause ?
21:02Alors,
21:02on entend parler
21:02de fantasmes,
21:03de la grande sécu,
21:04etc.
21:05Aujourd'hui,
21:05les problèmes de déficit,
21:06ils sont dans la sécurité sociale.
21:08Je ne sais pas
21:08si l'étendre à la 100%
21:09du secteur
21:10réglerait le problème
21:11de déficit,
21:11au contraire,
21:12l'aggraverait.
21:13Quoi qu'il en soit,
21:14ce que je sais,
21:14moi,
21:15c'est que dans les entreprises,
21:16nous discutons
21:17de la couverture santé
21:18et prévoyance
21:19de nos salariés
21:20avec les partenaires sociaux.
21:22Nous sommes,
21:23chez Générali France,
21:23le deuxième assureur
21:24en alliance avec Clésia
21:26sur le marché
21:26en prévoyance collective,
21:28en prévoyance
21:29des employés
21:30des entreprises.
21:31Et nous constatons
21:31que le dialogue social
21:33qui permet de décider
21:34dans les entreprises
21:35de la couverture santé
21:36et prévoyance
21:37fonctionne bien.
21:38Il fonctionne bien
21:39parce qu'il y a
21:40cette complémentarité,
21:41parce qu'il y a
21:41ce partenariat public-privé
21:43et donc nous,
21:44ce que nous appelons
21:44de nos voeux,
21:45c'est qu'il soit renforcé
21:46et non pas rendu
21:47plus difficile
21:47par des évolutions politiques.
21:49Oui.
21:49Et idéologique,
21:50parfois,
21:51il faut le reconnaître.
21:52Merci beaucoup,
21:53Jean-Laurent Angrani
21:53qui est devenu ici
21:54dans le 18-19,
21:55donc le patron de Générali France
21:56était notre invité
21:57et allez voir,
21:58rappelez votre site,
21:59votre laboratoire,
22:00il s'appelle ?
22:01Effar,
22:01ensemble face aux risques
22:02pour avoir avec son adresse
22:05les risques auxquels
22:05on est exposé.
22:06Effar,
22:07ensemble face aux risques.
22:08Merci beaucoup,
22:08merci d'avoir été avec nous.
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