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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00M-Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
00:09Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité ce soir c'est Olivier Sichel, directeur général de la Caisse
00:14des dépôts.
00:14Bonsoir Olivier Sichel.
00:17Merci d'être là. Ça fait quoi maintenant ? Un peu plus d'un an que vous êtes patron de
00:20la Caisse des dépôts ?
00:21Un peu plus d'un an. Quand Eric Lombard a été nommé Miss de l'économie et des finances, c
00:25'était en décembre 2024.
00:27Et puis j'ai été nommé officiellement en juin 2025.
00:30Voilà, comme ça vous fêtez presque vous un an.
00:34Beaucoup de questions à vous poser. Évidemment, vous avez publié vos résultats hier soir.
00:38Des bons résultats, on va revenir là-dessus.
00:40Mais en même temps, il y a tellement de questions à vous poser Olivier Sichel.
00:45Étant donné la puissance et la force de la Caisse des dépôts, moi je voudrais commencer quand même par ce
00:49choc économique qu'on approche.
00:51Vous avez entendu les prévisions de l'OCDE qui revoient à la baisse celle de la croissance.
00:57Notamment en France et la question de l'inflation.
00:59Et puis aussi la Banque de France.
01:01Comment est-ce que vous, donc à la tête de la Caisse des dépôts, comment est-ce que vous, vous
01:05voyez 2026 ?
01:08Écoutez, on est clairement en présence d'un choc inflationniste.
01:11C'est les mécanismes classiques qu'on connaît.
01:14Le détroit d'Ormus est bloqué.
01:16À partir de là, il y a moins de pétrole.
01:18Donc, il y a un effet offre-demande, le prix du pétrole augmente.
01:21Et ça, c'est inflationniste.
01:22Et avec l'inflation, ça provoque la hausse des taux.
01:25Avec la hausse des taux, on a un problème sur l'immobilier.
01:27On a un problème sur l'investissement des entreprises.
01:28Et ça provoque la chute du CAC 40 et des actions qu'a montré Antoine Larigauderie juste il y a
01:34quelques minutes.
01:34Alors, face à cela, moi je pense que le pays, la France, est plutôt bien protégée.
01:40On est moins dépendant du pétrole que les autres.
01:43On a la chance d'avoir une énergie qui s'appelle le nucléaire.
01:46On a des finances publiques qui s'appellent catastrophe.
01:48C'est vrai, mais on a aussi une épargne très très longue.
01:51Et puis, la Caisse des dépôts, elle va jouer son rôle contracyclique, comme elle l'a fait dans toutes les
01:56crises.
01:57Vous l'avez souligné, on a la chance d'avoir une institution solide, puissante, je ne sais pas si c
02:01'est beau, mais en tout cas solide.
02:02Si on va essayer de voir concrètement, comment vous pouvez jouer ce rôle contracyclique pour essayer de limiter les effets
02:09sur l'économie française ?
02:10Qu'est-ce que vous pouvez faire ?
02:11En finançant massivement l'économie, cette année, BPI a fait une année record en injectant 72 milliards dans l'économie
02:18auprès des entreprises.
02:20Et nous-mêmes, côté Banque des Territoires, on a fait une année record avec 42 milliards de prêts.
02:24Donc, on soutient l'économie réelle, on soutient le logement, en investissement dans le logement social et dans le logement
02:30intermédiaire.
02:31On soutient les collectivités locales qui ont fait des investissements colossaux, par exemple, dans la rénovation des écoles.
02:36Et ça, ça participe aussi à la rénovation des pensées.
02:38Mais est-ce que vous diriez que vous soutenez l'économie à bout de bras ?
02:40Non, je ne dirais pas qu'on la soutient à bout de bras.
02:43On a un rôle contracyclique.
02:44C'est-à-dire que quand l'économie baisse, le groupe Caisse des dépôts est là pour apporter les financements
02:49quand il y a un peu moins de financements.
02:51Et puis, quand l'économie repart, à ce moment-là, les mécanismes de marché reprennent.
02:55L'argent n'est plus disponible.
02:56Et à ce moment-là, on n'a pas forcément besoin d'investir.
02:58Mais je ne dirais pas du tout qu'on soutient les entreprises à bout de bras.
03:01Elles n'ont pas besoin tout le temps de nous.
03:03Mais on est capable, par exemple, quand il y a une crise immobilière, l'an dernier, je pense qu'on
03:07a financé la construction d'un logement sur deux.
03:09Et c'est important.
03:10On est en crise du logement.
03:11Donc là, on doit être très, très, très présent.
03:14Sur la rénovation thermique et la transformation écologique, c'est des sujets sur lesquels on est présent.
03:18Sur la souveraineté, là aussi, on est présent.
03:20On n'est pas présent sur tout le spectre de l'économie.
03:22Je vous remercie.
03:23Qu'est-ce qui vous inquiète le plus, là, encore une fois ?
03:25Est-ce que c'est l'inflation avec l'impact que ça a, notamment sur le financement de l'immobilier
03:30?
03:30Ou est-ce que c'est au contraire le choc énergétique, même si c'est vrai qu'on a maintenant
03:33des centrales nucléaires qui fonctionnent.
03:36Donc on a de l'électricité sans problème, sans doute la chance de la France.
03:39Mais enfin, on voit bien, et les Français subissent ce choc pétrolier qui n'est plus un choc, si j
03:44'en crois le ministre de l'Économie.
03:45Alors, je ne dirais pas que c'est ce qui m'inquiète.
03:47Ce à quoi il faut être vigilant, surtout quand on a la responsabilité de la Caisse des dépôts,
03:52un bilan de 1 400 milliards, et puis l'épargne des Françaises et des Français,
03:55là où il faut être très vigilant, c'est l'ampleur du choc inflationniste.
03:59C'est le scénario vraiment d'une explosion de l'inflation, d'une remontée des taux violentes
04:03qui ferait que l'économie serait à risque.
04:07Donc c'est à nous, évidemment, de nous protéger, et puis de protéger l'institution de la Caisse des dépôts
04:12et d'avoir ce rôle contracyclique très très important.
04:15Mais là, on va regarder dans les semaines qui viennent, si la crise devient de plus en plus forte,
04:20avec une explosion du prix du pétrole qui nous mettrait véritablement à risque,
04:24ou si c'est un épisode qui va être finalement d'assez court terme.
04:29Et c'est ça qui est difficile à voir en ce moment, c'est est-ce qu'on a une
04:32succession de petites crises de court terme,
04:33ou est-ce qu'on est dans des véritables chocs structurels qui donnent une nouvelle trajectoire à l'économie ?
04:39Et là, vous êtes prêt à activer justement le poids de la Caisse des dépôts ?
04:44Activer le poids de la Caisse des dépôts.
04:46Vous avez 10 400 milliards d'actifs, donc ça joue quoi ?
04:4911 400 milliards d'actifs, on a surtout des fonds propres qui se sont renforcés,
04:53et les fonds propres, c'est extrêmement important pour un établissement financier,
04:56c'est ce qui lui permet d'agir et de déployer de l'argent au service de l'économie.
04:59Alors justement, ça fait le lien, vous avez publié hier vos résultats pour 2025,
05:03on peut dire que c'est des performances solides,
05:06vous avez un résultat stable, un peu comme l'année dernière, du reste à 5 milliards d'euros,
05:10vous avez dit des bilans et des fonds propres solides,
05:14c'est ce qui fait votre force, est-ce que ça vous inquiète un peu pour 2026 en revanche ?
05:20Alors, vous avez raison, on ne sait pas très bien comment va être 2026,
05:24et ça m'incite extrêmement prudent,
05:29et 5 milliards c'est vraiment un très bon résultat,
05:32il y a 2018, on était plutôt ce résultat à 2 milliards, 2 milliards 5,
05:36donc en l'espace d'une demi-douzaine d'années,
05:39la Caisse a été capable de multiplier son résultat par deux,
05:42mais bon, la Caisse n'a pas d'actionnaire, elle est placée sous la protection du Parlement,
05:45on ne fait pas ça pour dégager du résultat, on fait ça pour servir l'économie.
05:49Et donc nous, sur 2026, on va être très vigilants à savoir comment va tourner l'économie,
05:54quel secteur aura besoin de nous,
05:56on sait que le secteur du logement, ça reste une priorité absolue,
05:59on est encore dans une crise du logement,
06:00la préoccupation numéro 1 des Français, c'est le logement,
06:03la préoccupation numéro 2, c'est tout ce qui tourne autour de la santé,
06:06et puis il y a la transformation écologique,
06:08où on a rehaussé notre engagement sur le financement de la transformation écologique,
06:11ça c'est des choses très concrètes,
06:13c'est la rénovation des écoles, c'est le plan haut,
06:16c'est les énergies nouvelles renouvelables,
06:19et on va continuer à travailler dans ce domaine-là,
06:22et puis il y a la cohésion territoriale,
06:24c'est toujours mon dada, vous le savez,
06:25le programme actif de l'ordre de ville.
06:27On va rappeler que vous étiez justement le patron de la Banque des Territoires.
06:29Absolument, et qu'on sort des élections municipales,
06:31qui ont été un moment très important de démocratie locale,
06:35et dans lequel nous on est là pour accompagner aussi les élus.
06:37C'est très important, on l'a vu aussi dans le résultat des élections municipales.
06:41Juste une question un peu naïve, pardonnez-moi,
06:44mais vous publiez un résultat de 5 milliards d'euros,
06:48est-ce que c'est le rôle de la Caisse des dépôts ?
06:49Je comprends si vous étiez Veolia,
06:51si vous étiez une entreprise privée du CAC 40,
06:55est-ce que c'est finalement,
06:56est-ce que c'est le rôle de la Caisse des dépôts,
06:58de sortir un bénéfice, comme vous dites, de 5 milliards d'euros ?
07:01On se pose toujours la question de savoir,
07:04est-ce qu'on est trop rentable ou pas assez rentable ?
07:06Alors la Caisse des dépôts,
07:07elle a cette particularité qu'elle n'a pas d'actionnaire,
07:10c'est un établissement public,
07:11donc il faut qu'elle reste solide,
07:13parce qu'en cas de problème, il n'y a pas d'avoir.
07:16Et ces 5 milliards,
07:17ils servent chaque fois à renforcer les fonds propres,
07:19pour nous permettre d'en faire plus.
07:21En faire plus, c'est quoi ?
07:22C'est prêter plus pour le logement social,
07:24pour les collectivités locales,
07:26et puis c'est nous permettre de déployer de l'argent
07:28sur des nouveaux projets qui sont clés pour le pays.
07:30Par exemple, le nucléaire,
07:32par exemple, la soinsité numérique.
07:34Et donc là, ces 5 milliards,
07:36c'est une vraie fierté.
07:37Moi, je veux remercier tous les personnels de la Caisse des dépôts,
07:39qui sont très engagés,
07:40ça ne se fait pas tout seul,
07:41et ce n'est pas que moi,
07:42mais chaque fois, on essaye d'avoir
07:44une rentabilité d'intérêt général
07:46par rapport à l'argent qu'on nous confie.
07:49Alors à propos d'argent,
07:50je disais, 5 milliards,
07:51c'est la question qu'on peut se poser,
07:53donc vous avez des résultats très solides pour 2025,
07:57mais il y a un mais quand même,
07:58Olivier Sichel,
07:59c'est que vous versez,
08:00je crois que ça va être la contribution,
08:03une contribution historique la plus élevée,
08:05la plus forte depuis 20 ans,
08:07vous allez verser un petit chèque
08:09de 3,3 milliards,
08:12300 millions à l'État.
08:16On a envie de dire,
08:17je sais bien que les finances publiques
08:18sont dans un État catastrophique,
08:20mais bon,
08:21est-ce que ces 3 milliards, 300 millions,
08:23est-ce qu'il ne faudrait pas les investir
08:25justement dans des HLM,
08:26dans la rénovation, etc.
08:27Alors l'un n'empêche pas l'autre.
08:29D'abord, on est très content de payer 3,3 milliards
08:33d'impôts à l'État.
08:34Ça fait partie de notre contribution
08:36au redressement des finances publiques.
08:38Et ces 3,3 milliards, en fait,
08:40ils répondent à des règles extrêmement précises
08:42qui ont été fixées par la commission de surveillance
08:46avec l'État.
08:46C'est 50% de notre résultat net.
08:49Et puis, il y a une partie d'impôt.
08:50Et comme toutes les sociétés,
08:52alors nous, on est un établissement public,
08:53c'est un peu particulier,
08:54mais on est assujettis aussi à l'impôt.
08:56Il y a la surtaxe qu'on a payée,
08:58comme les grandes entreprises,
08:59qui fait qu'on fait un chèque
09:01assez exceptionnel à l'État.
09:04– Oui, mais on vous a forcé la main ?
09:08– Absolument pas, absolument pas.
09:10C'est lié, c'est 50% de notre résultat net.
09:12Donc, notre résultat net est élevé,
09:14on le paye.
09:15Et sur l'impôt sur les sociétés,
09:17on applique exactement les mêmes règles
09:19que si on était sur une société.
09:22Donc, ça, on a la chance, vous savez,
09:24les cheveillants, et c'est très important
09:26pour la Caisse des dépôts,
09:27d'être placés sous cette protection du Parlement.
09:29Donc, il y a une certaine autonomie
09:30qui fait qu'effectivement,
09:33on paye une contribution,
09:35mais qu'on veille à garder des fonds propres
09:36pour notre mission principale.
09:39– Développement économique.
09:40– Développement économique,
09:41souveraineté économique,
09:42quand même, c'est un point important.
09:43En tous les cas, pour vous,
09:44vous dites que c'est vraiment
09:45un des objectifs de la Caisse des dépôts,
09:47qui est actionnaire des principales sociétés.
09:50Ça se traduit comment, en fait,
09:52la souveraineté économique ?
09:53Pour vous, en ce moment, vous vous dites,
09:54parce qu'on vous suit depuis longtemps,
09:56aujourd'hui, c'est plus les industries de défense.
09:59Elle est où, c'est la souveraineté économique ?
10:00Ne me dites pas, elle est partout, s'il vous plaît.
10:02Mais par contre, j'aimerais bien que vous me disiez
10:04les trois priorités, mes trois priorités.
10:06– Alors, en souveraineté,
10:07on va commencer par le cœur de la souveraineté,
10:09il y a la défense.
10:10L'an dernier, on a publié une doctrine
10:12qui est très claire en disant
10:13la Caisse des dépôts en matière de défense,
10:15pour tout le groupe,
10:16de la Banque Postale à la CNP,
10:17en partant par les pays,
10:18en défense, on finance tout,
10:20tout, sauf ce qui est interdit par les traités,
10:23donc les mines antipersonnelles,
10:24le nucléaire, le bactériologique,
10:25mais le reste, il n'y a pas de distinction, l'État.
10:27Et donc, on a investi dans des fonds.
10:29Premier sujet, souveraineté,
10:30c'est le financement de l'industrie de défense.
10:32Deuxième élément, la souveraineté énergétique.
10:33– Combien ?
10:34– On a une exposition de 50 milliards.
10:36– 50 milliards, mais quoi ?
10:37C'est dans les Thalès ?
10:38– Alors, non, les Thalès,
10:41les grands groupes de défense,
10:44c'est l'APE qui est actionnaire.
10:46– L'agence de participation de l'État.
10:47– Donc, nous, on va être dans
10:48ce qu'on appelle la base industrielle
10:50et technologique de défense,
10:51tout un tissu de PME, de start-up,
10:53dans lequel BPI investit.
10:54– Donc, vous avez investi 50 milliards
10:56dans l'industrie de défense ?
10:57– Non, ce n'est pas de l'investissement,
10:58il y a aussi du financement.
10:59Le financement de l'export.
11:01Donc, on a une société qui s'appelle la SFIL,
11:04qui est une filiale à 100% de la Caisse des dépôts,
11:07qui fait du refinancement de l'export de défense.
11:10Et puis, on a la garantie export de défense
11:13que fait BPI France.
11:14Et aujourd'hui, tous les pays se réarment
11:17et on a la chance d'avoir une industrie de défense,
11:19mais il y a un financement de l'export à assurer.
11:21Et ça, c'est une grosse partie de l'exposition de BPI.
11:24– Les fonds défense, parce que Nicolas Dufour,
11:26qui était le patron de la BPI,
11:27était venu ici le lancer en disant
11:29« Voilà, il faut que les Français investissent dedans. »
11:31Est-ce qu'ils ont répondu à l'appel ?
11:32Parce que pour l'instant, je crois que c'est à peu près
11:3340 millions, 50 millions.
11:35– Ça marche, on est en campagne de communication.
11:37– C'est petit quand même, non ?
11:38– Oui, mais d'un autre côté,
11:40là, on est en phase de communication.
11:42Et puis ça, c'est un fonds qui était très spécifique.
11:44C'est un fonds à l'appel aux citoyens.
11:46Mais en réalité, nous, on a investi dans d'autres fonds,
11:49par exemple le fonds de Serge Wimberg
11:50ou le fonds de dette de Siena et Faïstos.
11:53Et donc là, c'est des levées de plusieurs centaines de millions
11:54qui ont été faites.
11:56– Tiens, puisqu'on parlait de la BPI à l'instant,
12:00la BPI, et ce qui impacte sur vos résultats,
12:03elle a des résultats qui sont bien moins bons
12:05parce qu'elle est très très exposée
12:08aux sémiconducteurs et à l'automobile
12:10avec sa participation dans Stellantis.
12:14Est-ce que ça vous inquiète, vous,
12:15parce que vous avez 50% de la BPI quand même ?
12:17Est-ce que vous dites, là, sur Stellantis,
12:19on n'a pas bien joué, quoi ?
12:21On n'a pas bien anticipé sur rester ?
12:23– Vous avez raison, il y avait eu de très très bonnes années
12:25avec un dividende de 300 millions
12:27qu'on allait toucher de la part de Stellantis.
12:29Et aujourd'hui, Stellantis est en difficulté
12:30à passer 22 milliards de provisions.
12:33Alors, ça ne nous inquiète pas sur BPI France, parce que…
12:36– Vous étiez au courant ?
12:37– Ah ben oui, oui, on est au conseil d'administration
12:39de BPI France, donc on était au courant.
12:41– Oui, mais…
12:41– C'est ce qui a provoqué le départ de Carlos Tavares, quand même.
12:44Donc oui, on était absolument au courant,
12:47comme on est au courant des difficultés de STMicro ou de Soltech.
12:50– Dans le président Nicolas Dufour qui est président de STMicro.
12:53– Absolument, absolument.
12:54Et donc, alors après, pour revenir à BPI France,
12:57ça ne l'empêche pas d'être en soutien de l'économie,
13:00parce qu'il y a des aspects comptables,
13:02mais il y a une grosse création de valeur dans tout le reste du portefeuille de BPI France.
13:05– Qu'est-ce que vous en tirez comme leçon, Olivier Sichel,
13:09je vais dire Nicolas Sichel,
13:10qu'est-ce que vous en retenez comme leçon par rapport à BPI ?
13:13Est-ce qu'il faut qu'elle soit moins engagée dans des dossiers comme Stellantis,
13:18dans les microprocesseurs ou les semi-conducteurs ?
13:21Est-ce qu'il faut qu'il y ait une autre stratégie ?
13:23Je veux dire, il y a quand même de quoi être interpellé, non ?
13:26– Exactement.
13:27La leçon que j'en tire, c'est que quand on soutient l'industrie,
13:30il faut avoir la capacité d'encaisser des risques et des chocs.
13:34L'industrie, c'est risqué, donc on ne peut pas gagner à tous les coups.
13:38Si on veut le faire, et moi je soutiens pleinement Nicolas Dufourque
13:41et je soutiens pleinement BPI France dans le soutien à la réindustrialisation,
13:44il faut accepter à un moment d'avoir des crises.
13:47C'est un milieu extrêmement concurrentiel,
13:49et donc à un moment, il peut y avoir de très bonnes années,
13:52et on a eu de très bonnes années avec Stellantis.
13:54– Mais là, il n'y a pas d'inquiétude sur BPI, c'est ça que vous nous dites ?
13:57– Je n'ai aucune inquiétude sur BPI,
13:58c'est une banque qui est régulée par la BCE,
14:01et je pense que ne regarder juste son résultat
14:04est une façon limitée de voir son action.
14:07– Oui, mais c'est basique, excusez-moi, c'est normal.
14:09– Oui, mais c'est normal, il y a les comptes d'exploitation.
14:12– On soutient 72 milliards d'injectés dans l'économie, c'est important.
14:15La création de valeur, c'est aussi important.
14:18BPI est en train de faire un tour énorme de toutes les entreprises
14:21et toutes les PME pour l'intelligence artificielle,
14:23ça a beaucoup de valeur pour nous.
14:24Vous voyez, ça revient exactement à la question que vous posez,
14:27est-ce que ça vaut la peine de faire 5 milliards ?
14:28Moi, je ne regarde pas le résultat des années de 5 milliards.
14:30– Non, la question, pardonnez-moi, c'est plutôt,
14:31est-ce que ça vaut le coup de continuer à investir autant dans l'industrie
14:34et peut-être qu'il faut aller plus vers les nouvelles industries,
14:38l'IA numérique, etc.
14:39– On le fait aussi, et BPI est vraiment à la pointe de l'innovation.
14:43BPI est actionnaire de Mistral, qu'on soutient,
14:45et donc ça, si ce n'est pas vraiment de la nouvelle industrie…
14:48– Bien sûr, il y a Mistral, mais il y a les semi-conducteurs aussi.
14:52– Semi-conducteurs, et donc on est présent au Stémicro,
14:55qui est l'un des joyaux de notre industrie de semi-conducteurs.
14:58– Oui, bon, d'accord, pas vraiment convaincu, mais bon.
15:00On va parler du livret A, quand même,
15:02parce que là, c'est intéressant de voir ce qui s'est passé,
15:04c'est-à-dire qu'il y a eu, comme l'inflation a été moins élevée,
15:08donc le côté, alors, c'est très bien,
15:11mais c'est moins bon pour le taux du livret A,
15:12qui dépend justement du niveau d'inflation.
15:14Donc il y a une décollecte historique au mois de janvier,
15:17même encore une décollecte au mois de février,
15:20donc je crois que c'était 1,3 milliard, 1,9 milliard,
15:22et puis là, c'est un peu plus de 740 millions.
15:25– Oui. – Est-ce que ça va continuer, à votre avis, cette décollecte ?
15:28– Je pense que ça va continuer,
15:30alors ça dépend de ce qui se passe de nouveau dans le détroit d'Hormuz,
15:32parce que, comme vous l'avez souligné,
15:33le taux du livret A, il est lié à l'inflation.
15:35Si l'inflation augmente, le taux du livret A va augmenter,
15:38et vraisemblablement, les Français vont revenir.
15:41Aujourd'hui, les Françaises et les Français, ils sont assez rationnels,
15:43ils voient un taux à 1,5%, qui est assez bas,
15:46ils voient de l'assurance-vie au-delà de 3,5%, et ils arbitrent.
15:50Alors, ils arbitrent quand même de façon différente,
15:53parce que le livret A, c'est sûr, c'est garanti,
15:56c'est mon rôle en tant que directeur général de la Caisse des dépôts,
15:59de s'assurer véritablement que cette épargne est en sécurité,
16:02c'est défiscalisé, et puis c'est totalement liquide.
16:05La fur et à 1,5%, c'est insuffisant, non ?
16:12Est-ce qu'il ne faudrait pas un seuil minimal, en fait ?
16:15Écoutez, on a une formule qui correspond à la moitié de l'inflation,
16:20la moitié des taux courts, et puis ça bouge.
16:23Il y a deux ans, c'était à 3,5%.
16:25Alors, ce qui faisait le bonheur des épargnants,
16:27faisait le problème des emprunteurs,
16:29parce qu'il faut voir que le livret A, c'est un pivot.
16:31Vous, en tant qu'épargnante, et je vais même vous dire que ce n'est pas assez,
16:34mais moi, je prête aux bailleurs sociaux et aux collectivités locales qui me disent...
16:37– Les dizaines de Français qui ont retiré l'argent de leur livret A,
16:41c'est que vous pourriez dire qu'il faudrait quand même qu'il y ait un taux plancher, non ?
16:45– Non, vraiment, je trouve que la formule fonctionne bien,
16:47et puis il ne faut pas oublier que ce livret A,
16:49il permet de prêter à bon marché pour des emplois importants,
16:53pour notamment les bailleurs sociaux qui construisent des logements sociaux,
16:56et on en a besoin, pour les collectivités locales qui financent l'investissement public,
17:00et pour des emplois comme le nucléaire.
17:02Donc on va financer une partie des nouveaux EPR,
17:06et là, plus le taux est bas, plus c'est intéressant pour l'électricité future qu'on aura.
17:11– Alors justement, sur le nucléaire, moi j'ai besoin de quelques précisements
17:14sur le financement du nucléaire.
17:16Le premier en avoir parlé, il veut dire que le livret A pouvait servir à ça,
17:19on avait des réactions un peu violentes, on va dire,
17:23de la peur de teteurs et de téléspectateurs, c'était Éric Lombard, votre prédécesseur,
17:27ici même.
17:29Il disait que la Caisse des dépôts allait financer un tiers du total de ces fameuses EPR,
17:36dont on dit que c'est à peu près 70 milliards, l'addition à la facture.
17:41Ursula von der Leyen, la Commission européenne, a dit,
17:43l'État peut financer à hauteur de 60%, pas plus.
17:47Donc ça veut dire qu'il faudrait un financement privé,
17:49mais la Caisse des dépôts, elle va financer combien sur ces 60% ?
17:54– Alors on a dit 60% et ça représenterait à peu près,
17:56dis-je, 4 milliards par an sur une douzaine d'années,
18:00parce que ça ne va pas se faire…
18:02– Donc vous allez financer 50 milliards ?
18:04– À peu près, oui, à peu près, c'est l'ordre de grandeur,
18:06selon qu'on compte en euros.
18:08Alors vous allez me dire, combien ça représente ?
18:10L'an dernier, la Banque des Territoires, sans commencer le nucléaire,
18:12elle a prêté 40 milliards.
18:14Donc vous voyez, ça passe.
18:15Ce qui est important, c'est qu'il y aura toujours, toujours de l'argent en priorité
18:19pour le logement social et pour les projets des collectivités locales.
18:22Vous avez souligné qu'il y avait une décollecte de l'ordre de 1,3 milliard et puis 700 millions.
18:28Je rappelle, le total bilan du fonds d'épargne, c'est 450 milliards.
18:32Dans les années 22, 23, 24, c'était en moyenne 20 milliards de surcollectes qu'on avait fait,
18:37parce que dans la période Covid, les Français épargnaient beaucoup.
18:41Donc on a tout à fait la capacité à financer ces EPR, cette énergie nucléaire.
18:46Et j'ai envie de vous dire, c'est véritablement un sac que sert, la Caisse des dépôts.
18:50C'est du financement long d'infrastructures qui vont durer 40-50 ans
18:54et qui vont nous permettre d'avoir une énergie décarbonée.
18:57Vous allez quasiment payer la facture de...
19:00Quand on dit que l'État va payer à hauteur de 60%,
19:03si vous allez financer 50 milliards,
19:05c'est vous qui allez financer l'ensemble de la part de l'État sur l'addition du nucléaire.
19:10Alors le montage est un peu plus compliqué.
19:11On va prêter une ESPV.
19:14C'est quoi une ESPV ?
19:15Société publique ?
19:16Une special purpose véhicule qui va être en charge de la construction.
19:20Et pour voir quelle est la partie de l'aide d'État,
19:23il y a encore quand même deux étapes importantes à franchir,
19:26qui sont un peu techniques, c'est BFA, on peut le dire.
19:28Il y a l'autorisation de la Commission européenne.
19:30Les DUR, c'est la main de la ligne, pose des Crétons.
19:32Pose des conditions qui sont, quelle est la part de l'aide d'État acceptable ?
19:3660%.
19:36Il y a des précédents, oui, mais à quelles conditions ?
19:39C'est regardé un petit peu plus de façon approfondie.
19:42On fait confiance à la Commission européenne.
19:45Il y a des précédents qu'ont lieu en République tchèque.
19:47Et puis, il y a la garantie que l'État doit nous donner.
19:51Ça, ça passe par une loi de finances sur ses prêts.
19:53En aucun cas, l'argent des Françaises et des Français devra être mis à risque.
19:57On sait que c'est des projets quand même risqués.
19:58Il y aura une garantie de l'État.
20:00Sur le financement du livret A sur le nucléaire.
20:04Absolument.
20:05Ça, c'est quand même un point important.
20:07Sur les logements sociaux, ça n'aura pas d'impact ?
20:10Ah non, ça n'aura aucun impact.
20:12Alors, posez la question, on a fait une très bonne année sur les logements sociaux.
20:14Plus de 100 000 logements sociaux.
20:16On a financé aussi les logements intermédiaires.
20:18Là aussi, les équipes de la Caisse des dépôts se sont données véritablement à fond.
20:21C'est notre première mission.
20:23On fait à la fois de la construction, et il n'y en a pas assez.
20:25Il y a encore toujours une liste d'attentes qui s'accumulent.
20:29Il y a une pression très, très forte sur le logement.
20:31On a vu aux élections municipales, c'est un enjeu très important.
20:34Dans les métropoles, il y a une grosse pression.
20:36Donc nous, on ne lâche rien sur le logement social.
20:39On est allé sur le logement intermédiaire.
20:40Et puis, vous vous souvenez, j'étais venu vous annoncer, Edwige Chevrillon,
20:43qu'on lançait un grand plan sur le logement étudiant.
20:45Avec 75 000 logements étudiants en 5 ans,
20:48l'an dernier, on a fait 26 000 logements étudiants.
20:50Donc, on va très, très vite sur le logement étudiant.
20:52C'est aussi une grosse demande de la part de nos concitoyens.
20:56On a beaucoup d'étudiants en France.
20:58Il faut les loger.
20:59Ils sont souvent très, très mal logés.
21:01Donc là, on a fait un gros effort qui est très, très payant aujourd'hui.
21:03Ça me fait penser à Collectivité locale.
21:05Ça me fait penser à Suez.
21:06Pardonnez-moi, c'est le cheminement de mon esprit.
21:11Est-ce que Suez, vous avez 20% dans Suez.
21:14Est-ce que je recevais le patron de Transdev,
21:16dont l'actionnaire est maintenant allemand ?
21:18Enfin, vous êtes toujours actionnaire de Transdev.
21:20Mais maintenant, l'actionnaire Majoritev, c'est le groupe allemand Reitmann.
21:23Il disait, oui, ça a une logique que Suez passe aussi sous le contrôle de Reitmann
21:29parce que c'est des services de Collectivité locale.
21:32Vous dites quoi, vous ?
21:34Pour l'instant, il n'y a pas de discussion sur l'évolution du capital de Suez.
21:37Donc, on a 20% aux côtés de nos co-actionnaires Meridiam et puis le fonds JLT.
21:42Mais ça peut rester seul comme ça, Suez, vous pensez ?
21:44Ah oui, franchement, Suez a une belle taille critique.
21:47C'est quand même une très, très belle entreprise qui se développe à l'international.
21:51On travaille très, très bien en France avec la Banque des Territoires.
21:54Maintenant, comme vous l'avez dit, on a fait évoluer le capital de Transdev
21:58parce que Transdev, 100 000 personnes, 75 000 à l'étranger,
22:0210 milliards de dollars parce que vous savez que le deuxième pays après la France,
22:07c'est les États-Unis.
22:08Et donc, c'est maintenant Reitman qui est l'actionnaire majoritaire.
22:11Mais nous restons au capital à 34%.
22:13Et Transdev se développe en France, par exemple,
22:17et ouvre la voie à la concurrence.
22:19Le train Marseille-Nice, c'est un train...
22:21Il y en a d'autres, le Grand Paris, il est dans les starting blocks, en tous les cas.
22:26Encore deux questions à vous poser.
22:28D'abord, parce qu'on va rappeler que la Poste,
22:30on n'a pas le temps de parler de tout pour la Caisse des dépôts,
22:33mais c'est aussi la Poste maintenant, c'est la CNP.
22:36Enfin, vous avez...
22:38C'est tentaculaire, le groupe Caisse des dépôts.
22:41Sur la Poste, il y a une nouvelle présidente qui s'appelle Marie-Ange Debon,
22:43qu'on connaît bien ici,
22:45qui a donné une interview notamment à nos amis Les Échos,
22:48qui a eu cette phrase en disant
22:50« Il y a 25% des boîtes aux lettres jaunes, qu'on connaît tous,
22:54qu'on voit dans les rues,
22:56qui ne servent à rien.
22:57En fait, il n'y a plus de courrier dedans. »
22:59Donc, moi, je réfléchis, je me dis
23:00« S'il y a 20 à 25% qui ne servent à rien,
23:03ça veut dire qu'il y a 20 à 25% des postiers qui ne servent à rien. »
23:08Est-ce qu'il faut s'attendre ?
23:09Non, c'est un peu logique.
23:11Est-ce qu'il faut s'attendre,
23:13parce que c'est vrai que les meurs s'évolient,
23:15est-ce qu'il faut s'attendre à un plan social du côté de la Poste ?
23:18Alors, certainement pas.
23:20Donc, d'abord, moi, je veux vraiment redire
23:22combien je suis heureux que Marie-Ange Debon ait pris cette fonction.
23:25Ça dépote, hein.
23:26Remonner toute ma confiance en tant qu'actionnaire d'un 66%.
23:30Saluer les postières et les postiers qui font un travail de transformation importante.
23:33Mais ils ont envie de savoir si vous consommez leur job, c'est surtout ça.
23:36Mais bien sûr.
23:36Et le problème, c'est de savoir lesquels, ces boîtes aux lettres.
23:39C'est une statistique.
23:40Mais alors, quelles boîtes aux lettres on enlève ?
23:43Parce que ce n'est pas toujours la même.
23:45De la même façon, Marie-Ange Debon a souligné
23:47qu'il y avait, je crois, 17% des bureaux de Poste
23:50qui voyaient deux personnes par jour.
23:52Oui, mais lesquelles, à quel moment ?
23:53Donc, la Poste, elle est en permanence en transformation.
23:56Pourquoi ?
23:57Mais parce que le courrier baisse.
23:58Chaque année, la Poste part avec 500 millions en moins.
24:00Donc, vous la soutenez dans ce plan de réduction, je dirais, de l'emprise postière.
24:05De transformation.
24:07La Poste est une entreprise qui est en pleine transformation,
24:10qui n'a pas cessé de transformer, déjà à l'époque du président Val,
24:13en se développant sur la logistique,
24:15en se développant sur les services financiers.
24:17C'est pour ça qu'on leur a apporté la CNP.
24:19Et c'est une magnifique opération qu'on a faite
24:21de rapprocher la CNP, la banque postale.
24:22Et on va continuer de la soutenir en tant que principal actionnaire.
24:26C'est sportif, quand même, en tous les cas.
24:28Les nominations, la gouvernance,
24:30soit tombe à la banque postale ou alors à la Poste.
24:34Une dernière question.
24:35Je voulais finir par ça, parce que c'est important,
24:36surtout ici, on en parle beaucoup sur BFM Business,
24:38la souveraineté numérique.
24:40On sait que, vous, c'est votre dadar.
24:42Ça a toujours été, même dans vos anciens postes.
24:45C'est aussi pour ça qu'Éric Lombard, vous avez fait venir à la Caisse des dépôts.
24:48C'est que le numérique, le digital, c'est quelque chose que vous connaissez bien.
24:51Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous, la Caisse des dépôts,
24:53sur la souveraineté numérique ?
24:54Qu'est-ce qu'il y a à faire ?
24:55Alors, c'est évidemment...
24:57Et vous avez deux minutes.
24:58Comme dans l'agenda, on a lancé un grand plan Horizon Numérique 2030,
25:02qui couvre tout le groupe.
25:04Et je voudrais juste, en deux minutes,
25:06vous parler du lancement de l'indice de résilience numérique.
25:09Vous connaissez l'indice d'égalité homme-femme ?
25:12Vous connaissez l'indice d'égalité homme-femme ?
25:15Ça vous parle.
25:16Le bilan carbone, c'est des choses qui sont rentrées dans les mœurs.
25:19Je veux faire rentrer dans les mœurs cet indice de résilience numérique
25:23qui permet à chaque entreprise de calculer sa dépendance numérique,
25:27sa vulnérabilité technologique.
25:29En réalité, aujourd'hui, la plupart des patrons que je côtoie,
25:31ils sentent bien qu'ils sont en dépendance technologique
25:34et qu'ils sont fragiles vis-à-vis de ce qu'on appelle le kill switch,
25:37c'est-à-dire que Trump...
25:39Eh bien, on va déployer cet indice de résilience numérique
25:41qui permettra à chacun d'avoir un indice
25:43et de se dire « je suis à 54, je vais aller à 74 »
25:46en enlevant les parties sur lesquelles je suis dépendant
25:49et on a un plein soutien vraiment de toute l'industrie
25:51qui dise « ah, ça c'est une initiative intéressante
25:53qui permet de mesurer ma vulnérabilité technologique et de la réduire ».
25:56Et comment ? C'est compliqué à mesurer, hein ?
25:58Oui, c'est très compliqué.
26:00Très compliqué, en fait.
26:01Vous rentrez dans les grands processus de l'entreprise.
26:02Parce que si vous prenez votre téléphone, là vous avez une dépendance énorme.
26:05Oui, et vous êtes sur Microsoft, vous avez une dépendance énorme.
26:07Mais moi je l'ai calculé par exemple pour la caisse.
26:09Pour la caisse, le système bancaire, c'est du Soprasteria.
26:13Le système de la place de marché, de toutes les opérations de marché,
26:16c'est du Murex.
26:17Et après, on a pas mal d'open source.
26:18On n'est pas trop sur le cloud, on est on-premises.
26:21Je rentre un peu dans la technique pour vous dire
26:22« eh bien finalement, je ne m'en tire pas si mal ».
26:25Sauf peut-être sur la partie paiement,
26:27ce qui explique qu'on est soutenu Worldline,
26:28si vous avez vu cette opération-là.
26:30Oui, on a vu, c'est difficile de passer à côté.
26:32Quand je disais juste l'indice d'égalité, ça ne sert pas à grand-chose.
26:36Non, c'est juste qu'il y a toujours un problème d'égalité homme-femme.
26:39C'était pour ça que je disais ça.
26:40Mais c'est important.
26:41Nous, on est en un peu au ratio d'indégalité homme-femme.
26:42Absolument.
26:43Si vous regardez le comité exécutif de la caisse,
26:46je le salue, il y a quatre hommes et sept femmes.
26:48Absolument.
26:49Oui, c'est dans l'autre sens.
26:50Et Marie-Ange Debon a été la première PDG de La Poste.
26:54Oui, donc c'est un point.
26:55Juste comment éviter que des sociétés type Ledger ou autre
26:59aillent se faire côté à New York plutôt qu'à Paris ?
27:02Alors, vous savez, je suis administrateur d'Euronext.
27:05La caisse est accélérale d'Euronext.
27:07Et dans le plan Horizon Numérique,
27:09on a pris l'engagement de permettre à des champions numériques
27:12de lever 5 à 10 milliards sur la bourse à Horizon 2030
27:15en étant ce qu'il s'appelle Cornerstone Investor
27:17avec la caisse pour favoriser l'introduction en bourse.
27:20Mais espérons que ça marche.
27:21Merci beaucoup, en tous les cas, d'être venu ici.
27:24C'est vrai qu'il y a fait un tour d'horizon assez complet avec vous.
27:26C'est normal, vous êtes le bâton de la caisse des dépôts.
27:28Merci beaucoup, Olivier Sichel.
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