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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité c'est Eric Labaye, bonsoir.
00:12Bonsoir.
00:12Merci d'être là lors des différentes casquettes, mais là vous êtes surtout avec la casquette de président du comité
00:18de surveillance des investissements d'avenir.
00:21Bref, c'est vous qui avez regardé, ausculté, si France 2030, qu'on connaît bien ici, si ça servait à
00:27quelque chose.
00:28Vous avez rendu un verdict quand même assez critique, avec des côtés positifs, on va y revenir, mais en même
00:35temps vous mettez en avant, vous dites certes c'est un outil très puissant, mais alors il est beaucoup trop
00:39procédurier.
00:41Et je vais vous dire, c'est un tout petit peu l'écho qu'on a ici, sur ce plateau,
00:45avec des chefs d'entreprise qui voudraient avoir recours à France 2030, mais qui disent, mais c'est tellement lent,
00:52on a un accord, je ne sais pas moi, des mois après, et on est presque déjà passé à autre
00:57chose.
00:58Alors, qu'est-ce qu'il faut faire pour changer ?
01:01Alors, c'est un des axes, comme vous l'avez noté, nous avons parlé avec 600 membres des écosystèmes, ça
01:06a été notre approche, donc vous en avez une partie qui passe sur vos plateaux, mais nous avons parlé pendant
01:11un an et demi à 600 personnes,
01:12et c'est effectivement un des sujets qui remontent. Je remarquerai d'abord que le premier sujet qui remonte, ce
01:18sont les bons sujets, c'est-à-dire que les domaines dans lesquels France 2030 investit,
01:22les domaines sectoriels, la santé, le nucléaire, sont des bons sujets, c'est déjà un premier point à noter.
01:26Non, non, mais j'ai presque envie de dire que c'est le point quand même fondamental, mais, et à
01:31ce mais, je vous propose qu'on commence d'abord par ce côté procédurier,
01:36bureaucratie, parce que tout ça tourne autour de la bureaucratie, en fait, et après on verra les secteurs où il
01:41y a eu un impact très positif,
01:43et d'autres secteurs où peut-être qu'il faut aller, et un impact n'est peut-être pas suffisant
01:48au regard de l'argent dépensé.
01:50Tout à fait, et ça a été l'état d'esprit d'ailleurs du comité, nous sommes 18 membres dans
01:53le comité, dont 8 parlementaires et 10 personnalités qualifiées,
01:56et la lentille que nous avons prise pour justement interviewer les écosystèmes, c'est le retour sur investissement.
02:01Est-ce qu'on voit le retour sur investissement ? Comment est-ce qu'on peut le maximiser ?
02:04Effectivement, le premier levier, on a identifié 5 leviers pour améliorer le retour sur investissement.
02:08On voit que c'est l'ancien patron de Polytechnique qui parle. Il y a 4 leviers, il y a
02:113 points, il y a 2.
02:12Voilà, et donc le premier, effectivement, c'est ce qu'on a appelé lisibilité, rapidité, simplicité.
02:16Et donc, effectivement, on a parlé avec le SGPI en disant, là, il faudrait changer le SGPI, le secrétaire général
02:21pour l'investissement.
02:21Oui, mais attendez, là, on n'est pas à Bercy, pardon, on n'est pas à Bercy.
02:24Donc, le secrétaire général pour l'investissement, qui est l'exécutif justement, qui met en oeuvre,
02:27François Miletand, d'ailleurs, qui l'a mis en oeuvre à un rythme assez élevé,
02:31et qui a justement 10 milliards d'engagements par an pendant 4 ans, ce qui ne s'était jamais fait
02:36jusqu'à maintenant.
02:36Donc ça, je pense qu'il faut le noter.
02:38Maintenant, pour améliorer l'impact, effectivement, il faut être en gros dans le rythme de l'innovation.
02:42L'innovation, dans l'IA, c'est toutes les semaines, ce n'est pas tous les ans. Dans la santé,
02:46c'est peut-être tous les mois.
02:47Et donc, à ce niveau-là, effectivement, et donc on a émis des recommandations sur comment accélérer, comment simplifier,
02:54parce que les deux sont liés. Si vous simplifiez les procédures, généralement, vous accélérez les décisions,
02:58et puis aussi renforcer le pouvoir décisionnaire du centre pour prendre des décisions plus rapidement.
03:03Et ça, c'est la clé, en fait, une des clés du succès.
03:06– Éric Lamay, pourquoi c'est si lent ? Vous dites que c'est parce qu'il y a trop
03:12de procédures ?
03:13C'est parce que la prise de décision est insuffisante ?
03:17– Il y a deux éléments. Un premier élément, c'est qu'on a beaucoup de ministères autour de la
03:20table.
03:21Et donc, à ce niveau-là, vous avez à coordonner beaucoup.
03:25Et donc ça, c'est un des axes.
03:27Un deuxième, simplement aussi, des procédures de l'État qui pourraient être accélérées.
03:30On voit que l'État sait accélérer quand il faut.
03:32Là, il faut passer au journal officiel, il faut passer pas mal de temps sur ces sujets.
03:36Et puis ensuite, il y a un temps politique.
03:39– Attendez-vous, je disais, vous avez beaucoup de casquettes.
03:41Ça fait combien de temps qu'on dit ça, qu'on entend ça ?
03:44Pourquoi on n'y arrive pas ?
03:46On voit encore là ce que le gouvernement a décidé d'essayer de mettre en place
03:51des marges, de bloquer les marges des distributeurs.
03:54C'est des systèmes tellement compliqués qu'eux-mêmes, ils comprennent pas.
03:57Pourquoi on en est encore là, à votre avis ?
03:59– Ça, c'est une question à la fois d'ambition, de volonté,
04:02et de mettre en œuvre le système.
04:05C'est-à-dire que si on a comme ambition de pouvoir réduire ces marges de manœuvre,
04:08en tout cas, ou étendre ces marges de manœuvre et réduire les temps,
04:11on doit pouvoir y arriver.
04:12Ce qu'on propose, d'ailleurs, c'est que ça soit un objectif important de ce type de programme.
04:15– Comment ? Vous proposez quoi ?
04:16– Il y a aussi le comment.
04:17– Qu'est-ce que vous proposez ?
04:18– Le comment, c'est que ceux qui sont en charge trouvent des moyens différents.
04:22Vous savez, j'étais à Polytechnique, établissement public.
04:25On peut changer beaucoup de choses dans un établissement public.
04:27Il faut, de temps en temps, remettre en question certains a priori.
04:31On dit « Ah non, on ne peut pas le faire ».
04:32Et en fait, quand vous mettez tout le monde autour de la table, on trouve des solutions.
04:35Donc là, je pense que si on met comme objectif de le faire plus rapidement,
04:38et pour moi, l'objectif, c'est d'être au rythme de l'innovation.
04:40L'innovation avance rapidement dans le monde entier.
04:43On est en compétition internationale.
04:44Il faut que la France, justement, retrouve dans certains secteurs un leadership.
04:48Elle l'a dans certains, elle ne l'a pas dans d'autres.
04:50Eh bien, à ce niveau-là, il faut simplement se dire
04:52« Voilà, quel est le temps de cycle que l'on va avoir ? »
04:54Et on met en place les processus.
04:56Donc pour moi, c'est un élément très opérationnel.
04:58– Est-ce qu'il faut changer la gouvernance de 2030 ?
05:00– Sûrement un peu également, sur au moins deux axes.
05:04Un premier axe, là, je vais étendre,
05:05il faut associer plus les scientifiques et les industriels.
05:07Parce que pour faire les bons choix,
05:09il faut avoir tout le monde autour de la table.
05:10Il faut avoir l'écosystème.
05:11On doit avoir une approche constamment écosystémique.
05:13– L'écosystème, c'est qui ?
05:14– L'écosystème, c'est ça.
05:15C'est les scientifiques, parce que les innovations de rupture,
05:17je rappelle, France 2030, c'est beaucoup sur l'innovation de rupture.
05:20Généralement, ça vient de la recherche publique.
05:23C'est là où elles sont le plus en avance.
05:24Et ensuite, le lien avec la recherche privée,
05:26les industriels, les utilisateurs,
05:28et puis, évidemment, les grandes directions centrales de l'État.
05:31Et donc, c'est tout le monde autour de la table
05:32pour se dire, finalement, où est-ce qu'on voit l'opportunité ?
05:35Où est-ce qu'on va être compétitif ?
05:37Et donc, s'assurer que quand on prend une décision,
05:39tout le monde dit, on y va ensemble,
05:40et pas uniquement, l'État y va,
05:41les industriels n'y vont pas, par exemple, ou l'inverse.
05:43Donc ça, c'est un alignement de l'écosystème.
05:45Et puis, le deuxième, c'est sûrement de recentrer la gouvernance
05:49sur moins de gens.
05:49Quand vous regardez les analogies internationales,
05:53quand vous regardez la DARPA, quand vous regardez…
05:54– Parce que la DARPA, c'est très efficace.
05:56– C'est très efficace, parce qu'il y a une autonomie.
05:58– La DARPA, on va expliquer,
06:00on va rappeler du moins à nos auditeurs.
06:01– La DARPA, c'est en gros l'innovation de rupture américaine.
06:03C'est l'agence qui s'occupe des innovations de rupture américaine.
06:07Et donc là, il y a une autonomie de la DARPA
06:09qui est beaucoup plus forte que l'autonomie du SGP aujourd'hui.
06:13Donc moi, c'est les deux éléments, l'écosystème et l'autonomie,
06:15qui permet justement d'être à la fois sur des bonnes décisions
06:18et de les prendre plus rapidement.
06:20– D'accord, donc ça, ok.
06:22Juste avant de passer dans le cœur du sujet,
06:25donc effectivement, quels sont les secteurs qui ont été impactés ?
06:27Est-ce qu'il n'y a pas eu peut-être un peu trop d'argent dépensé ?
06:30On va voir ça tout de suite.
06:32Ça, ça va être mis en place quand ?
06:34Est-ce que votre rapport va être suivi ?
06:37– On l'a transmis au gouvernement,
06:39on en a parlé avec le cabinet du Premier ministre,
06:41on voit le ministère de l'Économie et de l'Industrie,
06:44donc les différents acteurs,
06:46pour une mise en œuvre, évidemment,
06:48on espère, le plus rapidement possible.
06:49Mais c'est à eux, après, c'est donc les politiques
06:51qui vont décider au gouvernement
06:53la vitesse à laquelle ils veulent avancer.
06:55– Alors, vous disiez, effectivement,
06:57France 2030, c'est pour les innovations de rupture.
06:59Quels sont les secteurs qui ont été vraiment impactés positivement
07:04par France 2030 ?
07:05Et là où a été l'argent dépensé ?
07:07Au total, il y a eu combien d'argent ?
07:09– Probablement, il y a 40 milliards qui sont engagés,
07:11vous savez, c'est des projets pluriannuels.
07:15Mais là, par contre, l'État s'est engagé en 4 ans
07:17à dépenser sur les années à venir aussi 40 milliards.
07:19Il y en a plus d'une dizaine qui a déjà été dépensé ou décaissé,
07:23donc qui est vraiment dans l'économie française.
07:25– 10 milliards, pardon, sur combien de projets ?
07:30– C'est ça, il y a plus de 7000 projets,
07:33mais il y a un mix.
07:34Le niveau moyen du projet de France 2030
07:35a monté versus le PIA1, le PIA2 et le PIA3.
07:38On a à peu près doublé la taille moyenne.
07:40On a des très gros projets, on en a des plus petits.
07:43Le point important pour moi n'est pas l'analyse
07:45de la taille du projet, c'est de se dire par secteur,
07:47est-ce qu'on a vraiment un écosystème
07:49qui est en train de se mettre en place,
07:50sur lequel on sait qu'on va être leader technologique.
07:53Parce que je rappelle, les objectifs, quand même,
07:54c'est un leadership technologique,
07:55c'est un développement de valeur ajoutée,
07:57et puis surtout, c'est des bénéfices aussi pour les citoyens.
07:59N'oublions pas qu'à la fin, les citoyens doivent avoir
08:01des bénéfices dans la santé, dans le numérique,
08:03dans l'alimentation, et donc c'est ça qu'il faut monitorer.
08:06Il faut s'assurer qu'on est clair sur l'impact.
08:08C'est d'ailleurs une autre recommandation,
08:09être toujours très clair sur c'est quoi l'impact
08:11et le retour sur l'investissement qu'on attend.
08:13Alors, justement, donnez-nous quelques exemples.
08:16Je vais vous donner deux ou trois exemples.
08:20Le premier, prenons la santé comme une préoccupation des Français.
08:23Une vingtaine de biothérapies maintenant sont en développement.
08:26La France est redevenue deuxième Européenne
08:28dans le domaine des biothérapies.
08:30Et donc là, logiquement, au fur et à mesure
08:32du développement de ces produits,
08:34les Français verront des médicaments français en biothérapie.
08:38Donc ça, un premier exemple.
08:39Même exemple dans la santé.
08:39La première entreprise en est créée, on en profite pas.
08:41Là, il y a une vingtaine.
08:42C'est une vingtaine de start-up ou d'entreprises
08:45qui sont dans ces domaines.
08:47Donc là, bénéfice sociétal, bénéfice économique,
08:49ça nous semble un élément important.
08:51Un deuxième exemple, c'est le quantique.
08:52Alors là, on est un peu plus en amont.
08:54En amont, donc, vraiment à la frontière de la physique.
08:58La France est leader mondial, un des leaders mondiaux.
09:00Mais là, c'est des très grosses investissements.
09:02Voilà.
09:02Et là, j'aimerais pointer aussi du doigt
09:05qu'a été mis en place une approche, je dirais, à la DARPA.
09:07C'est-à-dire qu'on sait faire des choses qui sont beaucoup plus efficaces.
09:11À savoir, on est en train, on a cinq start-up dans le quantique
09:14qui sont avec les meilleurs qui sont issus des grandes écoles,
09:18l'université française,
09:19et qui sont actuellement en train de développer des jalons de produits
09:23qu'ils justement vont remettre à la DGA, à l'État français,
09:27qui va payer sur des résultats.
09:29Pas uniquement sur un projet de recherche qui serait monitoré par l'État,
09:32mais plutôt sur des jalons comme la DARPA.
09:34Et ça, justement, ça marche.
09:36Et actuellement, on est dans le leadership mondial,
09:38dans la course au leadership mondial.
09:39La France est là dans le quantique.
09:41L'aéronautique, on continue.
09:42On l'est déjà et on continue.
09:44Et là, par exemple, il a investi dans quelle entreprise ?
09:46Alors, c'est des soutiens sur cinq.
09:48Les cinq entreprises, Candela, Pascal, Alice et Maud.
09:51Donc, ce n'est pas un investissement au sens capitalistique,
09:53c'est un projet qui s'appelle Proxima,
09:56qui est un programme, comme je disais, à la DARPA,
09:58qui justement...
09:59Et c'est là aussi une autre recommandation qu'on a,
10:02parce que là, ce projet est intéressant,
10:03puisqu'en fait, l'État achète des résultats.
10:05C'est un peu la commande publique.
10:07C'est aussi la commande publique, je suis sûr qu'on en...
10:09On va en parler.
10:10On va en parler.
10:11Parce que c'est forcément un des leviers qui ne fonctionnent pas.
10:13Voilà, et aujourd'hui...
10:14Là, ça fonctionne.
10:15Exactement.
10:15Et là, il y a un exemple.
10:16Et donc, comme partout en France, ce qui est intéressant,
10:18c'est que toutes les idées que l'on a,
10:19vous trouvez un endroit où ça marche.
10:21Et la question, c'est comment est-ce qu'on passe
10:22d'un endroit où ça marche à 80% des endroits,
10:25on va le mettre en place.
10:26Vous avez la réponse.
10:27Là, après, c'est une question de leadership,
10:28une question de leadership opérationnel,
10:30de se dire, finalement, si là, ça a marché dans un domaine,
10:32comment est-ce qu'on le fait ?
10:33Il faut que ça soit aussi un objectif.
10:34C'est comme la réduction du temps de cycle de tout à l'heure.
10:37Si c'est vraiment des objectifs des équipes,
10:39c'est comme dans n'importe quelle organisation,
10:41si vous n'avez pas d'objectif opérationnel,
10:43c'est difficile de les mettre en place.
10:44Par contre, si vous les avez,
10:45vous trouvez des solutions avec vos équipes.
10:47Oui.
10:47Donc ça, la santé, le quantique...
10:49Voilà.
10:49Parce que l'objectif, quand même,
10:51au départ de France 2030,
10:53on en parle beaucoup en ce moment,
10:54c'est la décarbonation.
10:56Alors, c'est aussi la décarbonation.
10:57Ce n'est pas le seul.
10:58C'est un des quatre objectifs.
11:00Un des quatre objectifs.
11:01C'était un objectif à l'époque où on parlait beaucoup
11:03encore de transition écologique.
11:05On en parle un petit peu moins maintenant.
11:06Mais c'était qu'en tous les cas,
11:08un point très important qui a été mis en avant.
11:10Où est-ce qu'on en est ?
11:11Alors, là, il y a deux éléments.
11:13Il y a un premier élément qui est que 40% des projets
11:15ont un élément de décarbonation.
11:17C'est-à-dire que dans l'analyse de chacun des projets,
11:19et toujours regarder est-ce que c'est ce projet,
11:21ou qu'il soit dans les différents secteurs,
11:23dans la santé ou autre,
11:24est-ce qu'il va aider à la décarbonation ?
11:26Donc ça, 40%.
11:27L'objectif est d'être 50%.
11:28On n'est pas très loin.
11:29On est un peu dans le rythme avec 40%.
11:31Et par exemple, c'est un type de projet.
11:33Il y a des projets sur la digitalisation de la santé.
11:35Comment amener, justement, auprès des Français,
11:38la capacité de faire des téléconsultations, etc.
11:40Là, ça aide aussi.
11:41Ça aide dans la santé.
11:42Ça aide dans la décarbonation.
11:43Le deuxième élément, par contre, là, c'est un peu en retard.
11:45D'ailleurs, c'est marqué dans notre rapport.
11:46C'est tout ce qui est l'aide à la décarbonation des grands sites industriels.
11:50Alors là, il y a une question de réglementation européenne.
11:53Surtout en question de coût.
11:54Parce que justement, j'allais y venir.
11:55Je connais un exemple.
11:56Je ne vais pas citer le nom de l'entreprise.
11:58Mais j'en recevais son dirigeant qui me disait
12:00« Voilà, nous, on a besoin d'avoir des aides pour mettre un four électrique.
12:06Mais c'est quand même des dizaines de millions. »
12:08Pour l'instant, on nous dit « C'est trop cher.
12:10On n'a pas les moyens. »
12:12C'est là aussi qu'on a vu, peut-être un élément que je peux mentionner sur la décarbonation,
12:15c'est le temps long.
12:16Une autre de nos recommandations, c'est de prendre toutes ces transformations d'industrie,
12:20de secteur, ces 10 à 15 ans.
12:22En particulier, les industriels, quand ils investissent,
12:23ils veulent avoir une visibilité sur 15 à 20 ans.
12:25Le prix de l'énergie est un des sujets.
12:27C'est un sujet clé dans la décarbonation.
12:30Donc, comment est-ce qu'on a une stratégie qui donne une visibilité sur le prix de l'énergie sur
12:3420 ans ?
12:34Il nous semble un élément important, en tout cas, qui va conduire à soutenir la décarbonation.
12:40– Oui.
12:40À propos de décarbonation, on voit qu'il y a un retard à l'allumage,
12:44si vous me permettez cette expression, dans l'aviation bas carbone.
12:47À un moment, même ici-même, Guillaume Florin nous avait présenté son nouvel avion,
12:53soi-disant à hydrogène, l'avion décarboné, un avion vert.
12:59On voit bien que ça ne se met pas du tout en place.
13:02– Non, alors, là, vous pointez un élément qui est autour, d'ailleurs, de l'hydrogène au sens large.
13:06Ce qu'on a mentionné, d'ailleurs, c'est aussi un des points importants.
13:09C'est toujours de se dire quelle est ce qu'on appelle la courbe de mérite de la technologie.
13:13On voit la courbe de mérite, c'est-à-dire c'est quoi le bénéfice de la technologie et son
13:16coût.
13:16Et est-ce qu'on est compétitif ?
13:18On voit bien que dans l'hydrogène, il y a eu des hypothèses au départ,
13:20un peu une volonté politique, il faut y aller à fond.
13:23Par contre, en termes de l'état de l'art,
13:25c'est là où les scientifiques le disaient déjà et le disent encore,
13:28on n'était pas exactement sur une courbe qui rendait tout de suite l'hydrogène décarboné compétitif.
13:33Donc, un des points importants, c'est qu'à chaque fois sur ces projets,
13:36d'avoir les gens autour de la table qui disent,
13:38finalement, où est-ce qu'est la science, où est-ce qu'est la partie économique ?
13:41Et là, l'état ensuite, lui, peut aider à dérisquer une partie des projets,
13:44mais il faut s'assurer qu'on est tous clairs sur est-ce qu'il y a une équation économico
13:48-scientifique qui marche.
13:48Oui, mais on voit quand vous discutez avec des déchets d'entreprise qui, notamment, sont aux Etats-Unis,
13:53ils vous disent, j'ai un projet décarboné, hop, vous êtes défiscalisé à hauteur de temps, etc.
14:00Là, plutôt en aval, parce que là, je parle plutôt de l'amont,
14:03quand vous êtes en amont sur des technologies de rupture...
14:06On est d'accord, c'est que chez nous, on vous demande quelle est la couleur de l'hydrogène,
14:10parce qu'il y a plusieurs, évidemment, il y a l'hydrogène vert, il y a l'hydrogène grise, il
14:13y a l'hydrogène...
14:14Vous voyez, c'est là où, de nouveau, c'est compliqué, quoi.
14:17C'est compliqué, ils vous disent tous, il faut remplir des formulaires,
14:21il faut savoir quel est l'hydrogène, comment ça se passe, et tout.
14:24Mais c'est là où on est... Je reprenais l'exemple de Proxima, l'exemple de Hadarpa,
14:27et c'est important que l'État, d'une certaine mesure, demande un résultat.
14:31C'est-à-dire, si vous dites, finalement, j'ai tel niveau de décarbonation,
14:33après, vous laissez les industriels trouver, et les scientifiques, trouver les méthodes pour y arriver.
14:38Donc, c'est aussi un des axes qui nous semblent importants de continuer.
14:41C'est fait dans certains cas, il faut l'appliquer un petit peu partout.
14:44Et parce que, de nouveau, entre la recherche publique, la recherche privée, les industriels, les utilisateurs,
14:48quand tout le monde travaille ensemble, on trouve des solutions,
14:50on a des compétences incroyables dans le pays.
14:52Ah non, mais ça, c'est sûr, on a des compétences, vous êtes bien placés,
14:55c'est vous qui les avez formés pendant très longtemps.
14:58Mais, comment ça s'articule avec l'Europe ?
15:01Parce que, là aussi, on voit que ça soit dans la défense, dans les différents secteurs,
15:05il faut presque avoir...
15:07quelqu'un me disait ça, mais c'est impossible pour une ETI,
15:09il faudrait presque avoir une équipe qui est consacrée
15:12à obtenir des subventions de France 2030 et au niveau européen.
15:16Oui.
15:17Alors, là-dessus, on a un peu deux suggestions,
15:20parce qu'évidemment, la coordination aujourd'hui est faible.
15:24Il y a eu des pièques, qui étaient des projets communs.
15:27Donc là, qui ont été compliqués, d'ailleurs.
15:29Alors, pourtant, c'est une bonne idée.
15:30Au début, c'est quelques pays, pas forcément les 27, qui se mettent ensemble.
15:33Mais on a vu, on en a eu quelques-uns dans l'hydrogène, dans le cloud.
15:36C'est deux, trois ans pour y arriver.
15:37De nouveau, on n'est pas dans le rythme, et donc, il faut trouver une autre façon de travailler.
15:41Et donc, parmi les suggestions que nous avons, c'est de se dire,
15:43quand des entreprises ou des chercheurs français ont des succès au niveau européen
15:48qui demandent un financement français, le rendre automatique.
15:51Ne pas leur faire passer un appel à projets en France,
15:53en disant, ah, on va revérifier si vous êtes OK ou pas.
15:56Voilà, c'est une simplification, et faire confiance au fait qu'au niveau européen,
16:00on a aussi, la France est partie prenante,
16:02on a des systèmes de qualité, les ERC, l'EIC, qui ont un peu la même ambition,
16:08mais qui, pour le moment, n'ont pas autant de coordination, peut-être, qu'on pourrait avoir.
16:12Au regard, après, on basculera sur Telsat, parce que vous êtes aussi président de Telsat.
16:16C'est intéressant, parce que là, on parle du niveau européen,
16:18là, il y a aussi de la concurrence.
16:21Il y a 40 milliards engagés, 10 milliards qui ont été dépensés.
16:26Quand vous regardez...
16:27Entre 10 et 15, mais...
16:28Je ne sais pas, c'est vous qui...
16:29Oui, c'est ça, c'est entre 10 et 15.
16:30Oui, c'est ça, oui, absolument.
16:32Je reprenais vos chiffres.
16:33Est-ce que vous diriez que l'impact est à la hauteur des montants dépensés ?
16:39C'est une question directe.
16:42Oui.
16:42Je pense qu'on peut l'accentuer, en fait.
16:47On peut accentuer là.
16:48On a encore des moyens...
16:48Non ?
16:48Non, non, non.
16:49Attendez, on est sur du temps long.
16:51On est sur 10 à 15 ans pour avoir l'impact réel de France 2030.
16:55Donc, je pense qu'on ne peut pas, déjà, après 4 ans, juste dire,
16:58on est clair sur l'impact.
16:58Je pense qu'aujourd'hui, la courbe peut être améliorée
17:01avec 3 ou 4 domaines d'organisation, façon de travailler,
17:05implication de compétences.
17:07Donc, oui.
17:08Moi, je suis toujours optimiste au sens,
17:10si on a envie, on peut faire.
17:12Et si là, je pense que tout le monde a envie d'avoir le maximum d'impact,
17:16en appliquant, je pense, une partie des propositions du comité,
17:19eh bien, on peut avoir l'impact attendu sur les domaines
17:22dans lesquels on voudrait que la France soit leader technologique mondiale.
17:24– Encore deux questions très rapidement là-dessus.
17:26Ça a été lancé en 2021, si mes souvenirs sont...
17:29– Oui, fin 2021, donc comment c'est...
17:30– Ça fait donc 5 ans ?
17:32– On va dire 4 ans plein.
17:34– 4 ans et demi.
17:34– 4 ans plein, oui, c'était fin 2021.
17:36– Vous voyez, c'est long aussi, 4 ans, c'est beaucoup.
17:39Peut-être qu'il faut faire peut-être un ajustement annuel, mensuel, je ne sais pas.
17:43– Alors, 4 ans, c'est long dans le sens où c'est quand même 54 milliards.
17:47Donc, moi, je trouve déjà 10 milliards par an, c'était déjà une étape importante.
17:52– Oui, c'est ce que vous avez dit sur les lenteurs, sur les procédures.
17:54– Mais par contre, ce qu'il faut faire, c'est le revoir régulièrement.
17:56C'est-à-dire, de façon régulière, se dire, finalement, là, il y a eu un changement technologique,
18:00là, il y a eu un changement de marché.
18:01Et donc, dans un domaine donné, de nouveau, les domaines sont les bons domaines.
18:04Dans ces domaines-là, adapter tous les ans, soit les appels à projets,
18:08soit les façons de travailler en écosystème.
18:09– Alors, dernière question, mais néanmoins très, très importante.
18:13Là, je m'adresse au président de Telsat, président du conseil d'administration de Telsat.
18:17On voit bien qu'il y a un enjeu énorme, parce qu'il y a une guerre spatiale,
18:20enfin, une guerre, oui, une concurrence spatiale, une guerre spatiale, je crois qu'on peut le dire,
18:24notamment avec Starlink, qui est, mais alors que lui, il s'adresse,
18:28ou elle s'adresse, une constellation qui s'adresse au grand public.
18:32Telsat, vous avez en commande, je crois, 450…
18:36– 440 satellites.
18:37– 440 satellites, je me tromperais.
18:39– Non, non, mais…
18:39– C'est l'ordre de grandeur.
18:42– C'est l'ordre de grandeur, comme vous dites, qui ont été commandés à Airbus.
18:45La question, c'est, un, comment les envoyer,
18:47et deux, est-ce qu'il n'y a pas une concurrence cachée, la part des Allemands ?
18:55Vous voyez, ça fait beaucoup de questions en…
18:57– Oui, alors, je rappelle que Telsat est la seule constellation actuellement opérationnelle,
19:04à part Starlink, avec 660 satellites, qui offrent des services dans le monde entier de connexions satellitaires.
19:12Donc ça, je pense qu'il faut le rappeler, parce qu'il n'y en a pas beaucoup, il y
19:14a beaucoup de projets,
19:15il y a effectivement les Chinois sûrement qui avancent, d'autres projets européens ou canadiens,
19:19mais pour le moment, on est la seule constellation qui est une alternative à Starlink.
19:22D'où l'importance, et c'était tous les travaux des derniers mois,
19:25de l'évolution, du renforcement de la base financière,
19:28pour justement assurer la pérennité,
19:30puisque un satellite, vous savez, tous les 7 ans,
19:32il faut le remplacer, il faut passer à la génération suivante.
19:35Donc là, avec les 440 satellites, on va pouvoir justement continuer,
19:38pour 3, 4, 5 ans de plus, la performance, même l'amélioration,
19:41la performance de la constellation.
19:43Donc ça, c'est…
19:44Alors effectivement, actuellement, l'équipe travaille sur la sécurisation de…
19:48– Mais un, il faut des lanceurs ?
19:49– Des lanceurs, absolument.
19:50– On dit que vous regardez, parce qu'évidemment, il y a un spécifique,
19:53surtout parce qu'Ariane, c'est quand même un peu plus épisodique.
19:56– Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
19:57– Et puis, il y a les Indiens, c'est vrai que vous allez travailler avec les Indiens ?
20:00– On discute avec les…
20:01– Oui, avec les Indiens, bien sûr, on regarde tous les lanceurs.
20:04– Et vous en êtes où avec les Indiens ?
20:05– Les Indiens, la direction générale discute avec eux,
20:08on va revoir, on a un conseil d'administration dans quelques jours.
20:11Donc là, la question est un…
20:13c'est une des questions opérationnelles,
20:15qui est de sécuriser effectivement les lancements.
20:17– C'est la difficulté, vous voulez dire, c'est la difficulté ?
20:20– C'est la difficulté, vous savez, c'est quand même le métier…
20:21– De trouver des lanceurs.
20:22– Le métier, c'est lancer, opérer, enfin, trouver des lanceurs
20:26pour ensuite opérer des satellites.
20:27Donc pour moi, ça fait partie simplement des questions
20:29sur lesquelles travaille le management de Telsat aujourd'hui.
20:32Et donc voilà, c'est en cours.
20:34Pour moi, c'est simplement en cours.
20:36– En fait, on voit que normalement, il y a un projet,
20:37je crois qu'il s'appelle Iris Carré,
20:39où il y a aussi les Allemands qui sont…
20:42enfin, qui devraient être partie prenante.
20:45On voit bien que les Allemands, eux aussi, ils ont compris deux choses.
20:47Un, l'industrie de la défense,
20:49c'est là où c'est l'industrie de demain,
20:50puisque ce n'est plus l'industrie automobile.
20:52Eux, leur industrie, qui représente quand même 19% de leur PIB,
20:57ça fait beaucoup, donc ils ont besoin et en grande difficulté.
21:00Donc voilà, ils se lancent dans l'industrie de la défense,
21:02quitte à concurrencer les Français.
21:04Donc l'Europe de la défense, il faut faire une croix dessus.
21:06Et le deuxième point, il y a aussi le spatial.
21:09Et que là, eux, en fait, ils veulent développer
21:11leur propre constellation,
21:13quitte à utiliser de la technologie allemande.
21:17Vous approuvez ?
21:18Oui, non, mais c'est fou en soi.
21:19Non, non, la question…
21:20On a une guerre non plus franco-européenne,
21:22Europe-États-Unis,
21:23là, on a une guerre intra-européenne.
21:25Oui, et donc aujourd'hui, évidemment,
21:27on travaille sur Iris Carré,
21:28je vous rappelle que dans le consortium SpaceRise,
21:30avec SES et Ispasat,
21:33pour fournir justement cette constellation demandée par l'Europe,
21:36à la fois avec sécurité et souveraineté,
21:40pour les gouvernements,
21:41mais sur lesquels aussi,
21:42d'où on voit la prochaine génération
21:44de services aux entreprises,
21:45qui est le cœur de métier également de Telsa.
21:48Mais donc, il y a bien cette concurrence des Allemands ?
21:50Les Allemands ont annoncé,
21:51vouloir lancer sur la partie gouvernementale,
21:53sur la partie en fait militaire,
21:55une constellation.
21:56Question, eh bien,
21:57tout le monde actuellement est en discussion.
21:59Avec l'Europe, actuellement,
22:00on continue à travailler,
22:01on a des rendez-vous sur le développement d'Iris Carré,
22:03avec tous les pays européens.
22:04On voit bien que c'est…
22:05Voilà, donc,
22:06je pense que tout le monde regarde aussi,
22:07vous savez, une constellation,
22:08c'est beaucoup de capital à engager.
22:10Donc, on le voit bien,
22:11l'Europe est en train d'engager aussi
22:12pas mal de capital,
22:13nous, pas mal de capital également
22:14dans la partie des hauts,
22:15SES sur la partie méo,
22:17qui se passade sur les stations.
22:18Et donc, là, oui,
22:19aujourd'hui,
22:20je dirais que ce n'est pas forcément
22:21une bonne nouvelle,
22:23mais tout le monde parle,
22:24et en tout cas,
22:24tout le monde parle
22:26avec les Allemands et les Européens.
22:27C'est comme les rapports, je veux dire.
22:28Non, parler avant de décider,
22:29avant de décider,
22:30parce que le point va être,
22:31un des points importants va être de dire
22:32qui finance Iris Carré.
22:34Le temps de l'attence,
22:34je reprends votre description aussi.
22:35Oui, le temps de l'attence
22:36qui est très court pour Hôtelsat.
22:37Merci beaucoup, Éric.
22:39Labaï d'avoir été avec nous,
22:41donc président du comité de surveillance
22:42des investissements d'avenir
22:44et donc président de Hôtelsat.
22:45Merci beaucoup.
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