- il y a 3 heures
La lutte contre le gaspillage comme levier de performance économique, environnementale et sociale.
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00:00...
00:11Je vais demander à Maël Lemoyel, adhérent et responsable du pôle développement durable chez Leclerc, de me rejoindre.
00:17Brice Denimal, directeur transformation impact positif chez Leroy Merlin.
00:22Simon Balderou, président de Phoenix.
00:25Et Christine Bouge, responsable environnement chez Perifem, que tout le monde connaît ici.
00:30Je redonnerai quelques chiffres.
00:31Le gaspillage alimentaire, c'est 135 euros par an et par français.
00:35C'est 3,8 millions de tonnes de nourriture encore consommables par an qui sont jetées à la poubelle.
00:41C'est beaucoup trop.
00:44135 euros, ça fait quelques pleins d'essence aujourd'hui à économiser pour les Français.
00:49Avec de l'actualité, bien évidemment, la loi Garot et la loi AJEC.
00:54Alors ma première question pour Simon Balderou, donc Phoenix accompagne beaucoup d'enseignes et de magasins dans leur démarche pour
01:03lutter contre le gaspillage alimentaire et non alimentaire.
01:07Quels sont les moteurs que vous constatez pour les acteurs ? Qu'est-ce qu'ils mobilisent aujourd'hui ?
01:12Bonjour à tous et à toutes. Je suis ravi effectivement de pouvoir parler aujourd'hui, parler de la lutte contre
01:18le gaspillage avec la mise en avant de Maël et de Brice,
01:25donc à la fois de l'alimentaire et du non alimentaire.
01:28Et j'étais, pour parler un peu des motivations, j'étais très intéressé de voir ce matin, et je crois
01:34que Christine va en parler un peu après, de la motivation des consommateurs.
01:37D'abord, on voit effectivement que les consommateurs plébiscitent les zones anti-gaspillées, ils plébiscitent les produits en réemploi.
01:43Et donc la première question, c'est pourquoi les consommateurs le plébiscitent ?
01:46Donc il y a une façon optimiste de se dire que de plus en plus, les gens ont envie de
01:51consommation responsable,
01:52que les gens sont sensibles aux sujets environnementaux, que quelque part le gaspillage, c'est un non-sens total.
01:58Mais il y a aussi une raison réelle, pragmatique, qui est que c'est la question du pouvoir d'achat
02:03qui est importante.
02:04Dans le contexte inflationniste dans lequel on est, les consommateurs plébiscitent des produits qui sont un peu moins chers.
02:10Et donc ça, c'est pour dire qu'il y a à la fois un sujet de responsabilité et il
02:15y a un sujet économique.
02:17Et donc, quand on regarde les acteurs de la grande distribution, je pense que le parallèle est vrai.
02:23C'est-à-dire que la grande distribution est de plus en plus sensible au sujet de responsabilité environnementale, de
02:31responsabilité sociale, mais il y a aussi un enjeu économique.
02:34Donc si je prends un peu de recul sur de quoi on parle, d'un point de vue environnemental,
02:41c'est évidemment un gâchis sans nom et des tonnes de CO2 qui sont perdues quand les produits sont gaspillés.
02:48C'est 16 milliards de pertes économiques pour la France, le gaspillage, rien que sur la partie alimentaire.
02:54Pour un patron de magasin, je pense que c'est très important d'avoir cette démarche de lutter contre le
03:01gaspillage aussi,
03:01parce que pour les salariés, c'est un crève-cœur quand on voit un produit qui est jeté à la
03:05poubelle.
03:06Et donc c'est important pour le salarié de savoir que le magasin prend ça à cœur.
03:09Il y a un deuxième sujet qui est le sujet social, ou rien que sur le gaspillage alimentaire encore une
03:14fois.
03:16Ce qui est gâché, c'est qu'il y a un tiers de la production mondiale de nourriture qui est
03:19gâché.
03:20Ça c'est valable dans tous les pays du monde.
03:22Alors ce n'est pas que dans la grande distribution, la grande distribution est plutôt bonne élève,
03:25il y a 8% du gaspillage qui vient de la grande distribution, le reste c'est essentiellement dans les
03:29frigidaires,
03:29ou dans l'assiette, ou chez les producteurs, chez les industriels, ou la restauration collective.
03:34En face de ça, et c'est ça qui a généré la création de Phoenix il y a 12 ans,
03:39il y a 5,6 millions de personnes en France qui sont inscrites au Resto du Coeur,
03:43qui sont inscrites à la Croix-Rouge, aux banques alimentaires, etc., au programme d'aide alimentaire.
03:47Donc il y a une responsabilité sociale extrêmement forte,
03:49et pour les magasins qui sont des acteurs locaux extrêmement présents,
03:54je pense que c'est aussi une responsabilité très forte que prennent les magasins,
03:57d'avoir la possibilité de redistribuer, plutôt que de jeter à la poubelle,
04:02à des personnes qui sont en situation de précarité.
04:04Mais une fois qu'on a dit ça, il y a aussi un sujet économique.
04:07La raison principale aussi peut-être pour les magasins,
04:10c'est qu'un magasin c'est une entreprise,
04:12et bien gérer son gaspillage est un enjeu économique absolument essentiel,
04:18et c'est beaucoup ici que se joue le bénéfice final de l'entreprise.
04:23On y reviendra un peu après, je vous donnerai quelques chiffres,
04:26mais c'est un élément essentiel de rentabilité des magasins.
04:31Et donc de quoi on parle quand on parle d'anti-gaspillage pour un magasin ?
04:34C'est d'abord optimiser les commandes et les stocks,
04:38c'est ensuite savoir gérer les ventes en promo,
04:41notamment pour tout ce qui est date courte,
04:43et enfin c'est de revaloriser les produits qui n'auront pas réussi à être vendus,
04:47même avec des promotions,
04:48et ça, ça passe essentiellement par le don aux associations.
04:51Pour l'alimentaire, ça peut passer par l'alimentation pour les animaux.
04:57Et donc on a tout un panel de solutions pour accompagner la grande distribution,
05:01qui depuis 15 ans, effectivement depuis la loi GARO,
05:04puis la loi AJEC en 2020, ont énormément progressé.
05:07Vous avez dit 16 milliards,
05:08j'ai fait tourner l'IA de LSA qui s'appelle LSA+,
05:11c'était mes 10 secondes de publicité.
05:1420 milliards, c'est le marché de l'épicerie salée.
05:18Donc c'est quasiment l'équivalent de l'épicerie salée.
05:20C'est gigantesque.
05:21Christine, je crois que tu voulais compléter.
05:24Ça fonctionne ?
05:25Ça fonctionne.
05:26Je voulais juste, effectivement, repréciser le chiffre.
05:29Tu as un peu fait mention à l'étude aussi qui a été présentée ce matin.
05:3382% des personnes que nous avons interrogées
05:36dans le cadre de l'étude Perifem Opinion Way
05:39recherchent une offre anti-gaspillage en magasin à 82%,
05:42et 48% une offre de produits issus du réemploi.
05:46Là, plutôt sur les produits, ne pas gaspiller,
05:49les produits non alimentaires, de la seconde main, par exemple.
05:52Donc il y a effectivement une forte attente des consommateurs
05:55pour trouver ce type d'offres dans les magasins.
05:57Alors rentrons dans l'opérationnel,
05:59voir ce qui se passe dans les magasins.
06:01Maël, je vais commencer avec toi.
06:03Comment se matérialise l'engagement dans ton enseigne
06:06et peut-être dans ton magasin ?
06:08Tout d'abord, je suis très content de te retrouver, Yves,
06:10sur ce sujet, et je retire ma casquette vice-président Perifem
06:14et je redeviens adhérent Leclerc, donc patron de magasin.
06:17L'enseigne Leclerc, pour elle, c'est un mouvement qui est historique.
06:21C'est-à-dire qu'on a toujours été engagé dans les enjeux sociétaux.
06:26Michel-Edouard nous le dit tous les jours,
06:28il faut qu'on fasse société.
06:30Et donc le constat est clair, c'est que nos clients,
06:35nos consommateurs se rendent compte qu'ils ont besoin qu'on agisse.
06:38On ne peut plus se permettre d'être simplement dans la logique
06:41prix plein propre des magasins, comme le disait Guillaume Darras.
06:45On doit être prix plein propre, mais on doit avoir cette petite voix
06:49qui nous dit derrière, attention à la gestion des stocks.
06:52Et je sais que l'IA viendra nous aider,
06:54je sais que des prestataires et des partenaires comme Phoenix nous aident.
06:57Au niveau de l'enseigne, on a développé depuis trois ans une stratégie
07:02que l'on a publiée sur l'anti-gaspi en s'adossant sur des outils concrets.
07:08On parle beaucoup de concrets aujourd'hui,
07:11notamment le label anti-gaspi.
07:13Notre objectif, c'est que 50% des magasins Leclerc soient labellisés.
07:18On sait qu'actuellement, 51% des magasins qui le sont en France
07:22sont des magasins Leclerc.
07:23Donc on est plutôt bien placés.
07:26Et j'adore ce petit challenge entre collègues et entre confrères,
07:29parce que, qu'on soit U, je voyais les collègues de chez U,
07:33je voyais les collègues de chez Carrefour,
07:34mais aussi Intermarché et Lidl, bien évidemment, il y en a d'autres.
07:37On est toujours en train de se challenger là-dessus, donc on avance.
07:40Ça doit être sympa, le bureau de toi avec Bertrand.
07:44Franchement, j'en profite.
07:46C'est un vrai clin d'œil, c'est un vrai plaisir de travailler avec Bertrand.
07:48Et on essaie de faire avancer les choses, donc c'est formidable.
07:53On travaille aussi sur le développement.
07:56On ne voit pas Bertrand, mais je dirais aussi,
08:00on a cette volonté d'avoir des...
08:02Si on n'est pas labellisé, c'est d'avoir 100% de nos magasins
08:05qui proposent une offre anti-gaspi,
08:07que ce soit du stickage,
08:09que ce soit des lieux, des rayons ADDM dépassés.
08:13Et là, actuellement, on a 99% de nos magasins
08:17qui agissent en ce sens.
08:18On pilote aussi notre stratégie d'anti-gaspi
08:22avec des outils informatiques.
08:24On a notre prestataire interne qui se développe,
08:27qui nous propose des modules d'anti-gaspi
08:30pour gérer au mieux cette offre en magasin
08:32et que nos collaborateurs puissent travailler dessus.
08:35Et puis, on met en place aussi des actions concrètes
08:38comme des paniers anti-gaspi,
08:40que ce soit avec Phoenix ou d'autres.
08:42Et un chiffre, l'année dernière,
08:45c'est 1,8 million de paniers anti-gaspi
08:48qui ont été vendus.
08:49Je rejoins ce qui a été dit.
08:51Le consommateur est sensible,
08:53mais c'est aussi une question de pouvoir d'achat.
08:56Quand on voit...
08:57Moi, je le vois tous les matins dans mon magasin.
08:59J'ai des gens qui foncent au rayon anti-gaspi
09:01parce que c'est là qu'ils vont trouver des bonnes promos.
09:04C'est leur donner du pouvoir d'achat.
09:06J'aimerais qu'ils viennent que pour l'engagement,
09:08mais il ne faut pas se leurrer.
09:09Ils viennent là pour économiser aussi de l'argent.
09:11Et quand vous pouvez acheter de la viande à moins 30%,
09:14alors qu'elle a connu une inflation importante,
09:16voilà, c'est pour ça qu'ils viennent.
09:18Tu connais le vieux dicton du commerce ?
09:20Faites des prix bas, les pauvres en ont besoin
09:21et les riches adorent ça.
09:24Alors, j'ai envie de pousser...
09:26Alors, soit de pousser un coup de gueule,
09:29soit d'avouer mon ignorance.
09:32L'anti-gaspillage,
09:33on en entend beaucoup parler dans l'alimentaire.
09:35Je trouve trop peu,
09:37alors qu'il y a des choses qui se font,
09:38dans le non-alimentaire.
09:39Alors, Brice, pour Leroy Merlin,
09:42expliquez-nous un petit peu
09:43comment ça se matérialise,
09:45cet engagement dans votre enseigne.
09:47Tout à fait.
09:48Bonjour à toutes, bonjour à tous.
09:49On n'a forcément pas la même histoire
09:51et pas la même problématique
09:52que dans l'alimentaire.
09:54Et je vous avoue qu'à l'arrivée de la loi AJEC,
09:56en 2020,
09:57nos commerçants,
09:58nos logisticiens
09:59étaient plus occupés
10:00à sortir les commandes clients
10:02et passer vraiment cette vague
10:03de commerce qui était hyper forte pour nous
10:05plutôt que de trier les déchets.
10:07Mais on a laissé passer la vague
10:08et on s'est vraiment engagé
10:09dans cette démarche,
10:10même chez nous,
10:11dans le non-alimentaire.
10:13Notre premier plan anti-gaspillage
10:14date de 2022
10:15et on a démarré avec quelque chose
10:17de très simple,
10:18par trier nos déchets.
10:19On s'est vraiment mis en route
10:21pour travailler notre taux de tri des déchets
10:23et outre l'engagement
10:24dans chacun de nos magasins,
10:26dans nos entrepôts,
10:26on l'a aussi mis dans l'incentive
10:28de nos collaborateurs,
10:29on l'a directement inscrit
10:30dans le partage de la performance
10:32qu'on partage tous dans l'entreprise.
10:34Et on a vraiment démarré en 2022
10:36sur ce geste simple.
10:38Et au local,
10:39d'autres initiatives sont nées
10:40autour du don,
10:41autour du réemploi
10:41qui nous ont permis en 2025
10:43de lancer notre deuxième plan anti-gaspillage
10:46de façon beaucoup plus intensif.
10:48On a aussi profité,
10:49il faut le dire,
10:50de ce besoin de rentabilité,
10:51d'efficience
10:52qu'on a tous sur notre marché
10:54en ce moment.
10:55Et le fait que ce soit
10:56un vrai levier d'efficience,
10:57ça parle vraiment
10:58à tous les commerçants
10:59de notre réseau.
11:01Ce deuxième plan anti-gaspillage,
11:03on l'actionne autour de trois leviers,
11:05c'est très simple,
11:06c'est très naturel.
11:07Nos motivations sont
11:08le réemploi
11:10et aussi la rentabilité
11:12de nos activités
11:13et de nos sites.
11:15Les trois étapes
11:16sont les suivantes.
11:17Première étape,
11:18tous nos invendus,
11:18on va essayer de les réemployer
11:20et de les revendre
11:20en seconde vie.
11:22Deuxième étape,
11:23si on ne trouve pas preneur
11:24pour ces produits-là,
11:26autant les donner.
11:27Ça nous fait économiser des stocks,
11:28ça nous fait économiser
11:29des coûts de traitement de déchets,
11:31ça nous permet aussi
11:32de défiscaliser
11:33et si vraiment
11:34nos produits
11:35n'ont pas trouvé preneur,
11:36on va s'atteler
11:37à bien les trier.
11:38Donc c'est la démarche
11:40de notre dernier plan anti-gaspillage
11:41et je peux vous dire
11:42que ces dernières années,
11:43avec peut-être le retard
11:44qu'on avait accumulé,
11:45on gagne entre 2 et 3 millions
11:47de résultats opérationnels
11:48à l'échelle de l'entreprise
11:49ces dernières années,
11:50tous les ans.
11:51Alors Brice,
11:51maintenant parlez-moi carrelage,
11:53comment ça se concrétise
11:54dans un magasin ?
11:56Alors magasin par magasin,
11:57on utilise chez Laurent Merlin
11:59notre formule magique
12:00qui est de partager le sens
12:02et de partager vraiment
12:04partager la performance,
12:05les gains de performance
12:06qu'on a
12:07et aujourd'hui,
12:08c'est une démarche
12:08qui est implantée
12:10sur tous nos sites,
12:11que ce soit les entrepôts,
12:12le siège,
12:13les magasins.
12:14Le siège est aussi
12:15un grand devoir
12:15d'exemplarité là-dessus
12:18et on anime au quotidien
12:20dans les KPI,
12:21nos logisticiens,
12:22le taux de tri de nos déchets,
12:23ça fait vraiment partie
12:24de leur performance,
12:25c'est plus un sujet
12:25environnemental,
12:26c'est un sujet métier
12:28de gestion de nos flux,
12:29gestion de nos stocks,
12:30de qualité de nos stocks,
12:32donc c'est vraiment
12:33le sujet qui est
12:33le plus avancé chez nous,
12:34on a un taux de tri
12:35à 82% aujourd'hui
12:37et on veut monter
12:37à 85% l'année prochaine,
12:40c'est la ratio
12:41de nos produits triés
12:43sur l'ensemble
12:44de nos produits jetés
12:46et grâce à Phoenix notamment,
12:48notre deuxième levier de dons,
12:49on est en train
12:49de l'industrialiser,
12:50on a formé tous nos magasins
12:51là sur ce mois de mars,
12:53donc on aura 140 magasins
12:55d'honneur dès le printemps,
12:57on travaille avec un tissu
12:59de 150 associations
13:00autour de nous
13:02et en fin d'année,
13:05cette première étape
13:06qui est celle
13:06qu'on cherche le plus,
13:07vendre et revendre,
13:09c'est vraiment notre métier
13:10et ce qu'on aime,
13:11on aura également,
13:13on a investi beaucoup
13:14dans le digital
13:15pour trouver des solutions
13:17pour avoir 140 magasins
13:19qui pratiquent
13:20la seconde vie,
13:20déjà à partir de nos produits
13:22et demain à partir
13:23des produits
13:23qu'on pourra aussi
13:24récupérer, racheter
13:25sur d'autres gisements.
13:27Eh bien bravo,
13:28Maël, petit tour à Grandville.
13:31Grandville concrètement,
13:33engagé historiquement
13:34comme le mouvement,
13:36labellisé depuis 2023
13:383 étoiles la mention,
13:40on avait fait partie
13:41des magasins test
13:41à l'époque
13:42pour les déploiements
13:43du label
13:45et concrètement,
13:46moi ce que je voudrais
13:46vraiment m'arrêter,
13:48c'est l'intérêt du label.
13:49Le label qui a été développé,
13:51il faut saluer le travail
13:52qui a été fait
13:53et qui est toujours
13:54en train de s'améliorer,
13:55qui est en amélioration continue,
13:57il permet d'embarquer
13:58les équipes,
13:59il permet de donner
14:00de la visibilité
14:01sur ce qu'on fait,
14:02c'est vraiment un outil
14:04qui s'inscrit
14:05dans une démarche
14:05d'amélioration continue.
14:07Nous, depuis qu'on est
14:08labellisé anti-gaspi,
14:10concrètement,
14:10c'est environ 250 000 euros
14:12économisés tous les ans
14:13du fait,
14:15un,
14:15de la gestion
14:16des invendus,
14:17ça c'est une chose
14:18qu'on a tous en commun
14:19mais au lieu
14:21de les mettre
14:21à la poubelle,
14:22vous pouvez faire
14:22du don aux associations
14:23et je sais que la France
14:25est avancée
14:26et on peut saluer
14:27quand même
14:27ces lois qui sont venues,
14:29les lois ont du bon
14:29et celle-là
14:31en avait,
14:32c'est-à-dire
14:32qu'on a concrétisé
14:33avec les associations.
14:35Grâce à Phoenix,
14:36on a développé
14:36des exutoires,
14:37on a développé,
14:38par exemple,
14:39pour nos fruits et légumes,
14:40ils partent dans un zoo.
14:42Donc,
14:43au lieu d'aller
14:43à la poubelle,
14:44on a pu concrétiser
14:45avec eux.
14:46Tout le reste
14:47des produits alimentaires
14:49partent notamment
14:49dans des chenilles
14:50et ça,
14:51c'est des exemples concrets.
14:53On a aussi développé
14:53la ramasse,
14:55elle est beaucoup plus importante
14:56que ce qu'elle n'a été avant.
14:58En amont,
14:59bien sûr,
14:59on a le stickage
15:00des produits,
15:01des produits à date,
15:02pardon,
15:03des rayons
15:05avec des dates dépassées
15:06ou des DDM,
15:07bien évidemment.
15:09On a aussi développé
15:10les systèmes
15:11de mise sous atmosphère
15:13de produits frais
15:13où là,
15:14vous gagnez
15:14jusqu'à 10 jours de date.
15:16Donc,
15:17concrètement,
15:19cette labellisation
15:20nous a permis
15:20d'accélérer
15:21et grâce à Phoenix,
15:23on est vraiment passé
15:24à un niveau au-dessus.
15:25Tu as le roi de Joker,
15:26je ne voudrais pas dire ça
15:27en tant que journaliste,
15:27mais tu penses quoi
15:28de l'initiative
15:29de Serge Papin
15:32sur le gaspillage alimentaire ?
15:33Je ne sais pas pourquoi,
15:34je sais que tu allais
15:35me poser cette question.
15:36mais tu me connais trop.
15:37Donc,
15:38concrètement,
15:40cette démarche
15:41est bien évidemment louable.
15:44Nous,
15:46on souhaite vraiment
15:47essayer de réduire
15:48le gaspillage alimentaire.
15:50Néanmoins,
15:50il y a énormément de freins
15:51qui existent en magasin.
15:53On l'avait dit,
15:54mais quand il y a 10 kilos
15:56de viande,
15:56à qui on va les donner ?
15:57Donc,
15:58c'est un sujet
15:59qui doit être travaillé.
16:00On doit avancer,
16:01participer
16:01et c'est ce que l'on fait.
16:04Alors,
16:05Simon,
16:05finalement,
16:06quels sont les besoins
16:07d'accompagnement
16:07des enseignes ?
16:09Qu'est-ce qu'ils vous demandent
16:10aujourd'hui ?
16:10Alors,
16:11les besoins sont très différents
16:12selon qu'on parle
16:13d'alimentaire
16:14ou de non-alimentaire.
16:14Si je parle d'abord
16:16de l'alimentaire,
16:17il y a un panel
16:18de services
16:19effectivement extrêmement varié
16:20et de besoins
16:20extrêmement variés.
16:21Nous,
16:21on travaille avec
16:22plusieurs milliers
16:22de magasins en France
16:24dans l'alimentaire,
16:25à la fois des hypermarchés
16:25de type Leclerc,
16:27Intermarché U,
16:27à la fois des magasins
16:28de proximité
16:29avec notamment
16:30tout le groupe Casino.
16:31Donc,
16:31les besoins
16:32ne sont pas forcément
16:33les mêmes.
16:34Juste pour bien
16:35vous compreniez tous
16:35l'équation économique
16:36de l'anti-gaspillage,
16:38si on prend un hypermarché
16:39par exemple
16:40qui fait 100 millions
16:40de chiffre d'affaires,
16:42selon le baromètre
16:43qu'on a publié l'année dernière,
16:43il y a 1,1%
16:45de moyenne
16:45de taux de casse.
16:46C'est-à-dire qu'il y a
16:471 million d'euros,
16:48plus d'un million d'euros
16:48de produits
16:49qui n'arrivent pas
16:49à être vendus
16:50à taux plein
16:50parce qu'au bout d'un moment,
16:51les gens n'achètent plus
16:52les produits
16:53à date courte.
16:54Il y a à peu près
16:55la moitié,
16:55une bonne moitié
16:56que les magasins
16:57peuvent réussir
16:58à revendre
16:58avec des promotions
16:59de date courte,
17:00que ce soit en magasin
17:01avec des zones anti-gaspillage
17:02ou que ce soit
17:03via les paniers
17:04par exemple
17:04qu'on peut mettre
17:05à disposition
17:05avec une application.
17:07Il en reste quand même
17:08beaucoup.
17:08Il reste 1,5 million
17:09potentiellement
17:10à écouler.
17:11Les associations
17:12caritatives,
17:13elles peuvent effectivement
17:14réussir à écouler
17:16la majorité
17:17de ces 500 000.
17:18Donc on parle de beaucoup
17:18de sous
17:19qui peuvent être économisés
17:20notamment,
17:20et Gaël l'a dit,
17:21parce que l'État français
17:23met en place
17:24la réduction fiscale
17:25qui fait que 60%
17:26du prix de revient
17:27des produits
17:27qui sont donnés
17:28sont récupérés
17:29en réduction fiscale
17:30par le magasin.
17:31Ça, c'est effectivement
17:32assez unique
17:33et on peut souligner ça.
17:35C'est aussi la façon
17:36dont l'aide alimentaire
17:37est gérée en France.
17:37C'est-à-dire que l'État
17:38ne donne pas des subventions
17:39directement aux associations.
17:40En revanche,
17:41c'est via la défiscalisation
17:42que les industriels
17:43et la grande distribution
17:44peuvent donner aux associations
17:46qui derrière redistribuent.
17:47Donc cette mécanique-là,
17:48elle marche finalement
17:49assez bien.
17:50Effectivement,
17:50dans l'économie,
17:51il faut ajouter le fait
17:52que quand il y a
17:54des récepteurs
17:54pour l'alimentation animale
17:55qui viennent,
17:57ça fait ensuite
17:57une réduction
17:58du coût de déchet
17:59au-delà de tout
17:59ce qui est donné
18:00et vendu en date courte.
18:02Donc économiquement,
18:02il y a un gain essentiel.
18:04Ce qui est important
18:04pour les magasins
18:05et ce dont ils ont besoin,
18:06c'est un accompagnement
18:08très fort
18:09parce que déjà,
18:10une des premières problématiques
18:12dans la grande distribution,
18:13c'est que le personnel
18:13change beaucoup.
18:14Donc les process
18:15doivent être en permanence
18:16entretenus.
18:17Il y a un besoin aussi
18:19d'avoir des process
18:20extrêmement carrés
18:20et une charte
18:21pour savoir rayon par rayon
18:23ce qui doit être fait
18:23à J-4, à J-3, à J-2, à J-1.
18:25Est-ce qu'on fait 30% de réduction ?
18:27Est-ce qu'on fait 20%
18:27les derniers jours ?
18:28Donc le fait
18:29qu'on travaille
18:29avec des milliers de magasins
18:30nous permet d'accompagner
18:31les magasins
18:31qui ne sont du coup
18:32pas forcément seuls
18:33à prendre ces décisions-là.
18:35Et ensuite,
18:36sur le sujet spécifique
18:37des associations,
18:39là, on parle
18:40de ramasse quotidienne.
18:41Donc tous les jours,
18:42il y a des ramasses
18:42qui sont effectuées
18:43dans tous les magasins
18:43de la grande distribution.
18:45Et donc,
18:45faire le pont
18:46entre le monde associatif
18:48qui est avec des bénévoles
18:49de la grande distribution
18:50qui a aussi
18:51beaucoup de choses à faire
18:53en permanence,
18:53c'est intéressant
18:55d'avoir un intermédiaire
18:56qui permet aussi
18:57d'être un peu
18:57le juge de paix
18:58sur est-ce que les produits
18:59qui sont donnés aux associations
19:00sont de bonne qualité,
19:01est-ce que l'association,
19:02elle, est bien certifiée,
19:04fait bien le travail,
19:05peut bien redistribuer
19:05dans les temps
19:06pour que les produits
19:06soient bien utilisés.
19:08Si une association
19:08ne peut pas venir
19:09parce qu'elle est en vacances
19:10et elle est fermée,
19:10et bien on fait
19:11tous les remplacements,
19:12etc.
19:13Donc, pour l'alimentaire,
19:14c'est un sujet
19:14du quotidien,
19:15permanence,
19:16tous les matins
19:16et ça se joue
19:17tous les jours.
19:17Pour le non-alimentaire,
19:18et je finis là-dessus,
19:19c'est un peu différent
19:20puisque là,
19:20le déstockage,
19:21il est exceptionnel,
19:22il peut y avoir
19:22des gros stocks
19:23qui arrivent
19:23et donc là,
19:24il faut être absolument réactif
19:26et avoir le réseau associatif
19:28pertinent
19:28pour trouver la bonne association
19:29au bon moment
19:30qui a le vrai besoin
19:31d'écouler les produits
19:32avec les bénéficiaires
19:33qui en ont besoin.
19:34Et pour ceux
19:34qui sont fâchés
19:35avec les chiffres,
19:36si vous avez besoin
19:36d'idée de grandeur,
19:37500 000 euros,
19:38c'est pour un magasin
19:40de 100 millions,
19:40les plus gros hyper,
19:42c'est plus de 200 millions,
19:43donc ça veut dire
19:44que c'est 1 million.
19:45Et pour les plus petits magasins,
19:46le taux de casse
19:47en général est supérieur
19:48parce que les process
19:49sont moins optimisés
19:50donc les montants
19:50sont aussi importants
19:51pour les petits magasins.
19:52Oui,
19:52il y a des choses à faire.
19:54Alors,
19:54petit tour de table encore,
19:56rapidement,
19:56si vous avez une idée,
19:58un levier d'action
19:59pour aller encore plus loin.
20:01On va commencer avec Brice.
20:03Moi,
20:03j'en aurais deux
20:03plutôt qu'un.
20:04On aime bien désobéir
20:05on aime bien désobéir
20:06chez nous.
20:07Le premier,
20:09c'est que travailler
20:09sur l'anti-gaspi,
20:10ça nous pousse encore plus
20:11à réfléchir
20:12comment ne pas rentrer
20:13dans ce tunnel
20:13de réemploi.
20:16Et donc,
20:16deux leviers pour ça,
20:17l'éco-conception
20:18de nos produits.
20:18Plus nos produits
20:19sont réparables facilement,
20:21soit par le client,
20:22soit par nos équipes,
20:24et bien,
20:24moins on devra
20:25les jeter
20:27ou les réemployer.
20:28Et donc,
20:29on travaille
20:29avec nos marques propres
20:30beaucoup sur la conception,
20:31sur les pièces détachées.
20:34Et on développe aussi
20:35beaucoup d'ateliers
20:36de réparation
20:37dans nos magasins.
20:38On va investir
20:39sur ce levier
20:39de performance économique
20:40également.
20:42Et la deuxième idée,
20:43c'est que tous nos déchets
20:45ont de la valeur
20:45et ils vont en avoir
20:46de plus en plus
20:47dans les années à venir.
20:49L'anuminium,
20:50le cuivre,
20:51c'est des matières
20:51qui vont être
20:52de plus en plus
20:53difficiles à s'approvisionner.
20:55Et donc,
20:55ces déchets,
20:56on va les revendre,
20:57on va les réemployer.
21:00On a déjà
21:00beaucoup de fournisseurs
21:01qui nous demandent
21:02à récupérer
21:02certaines matières.
21:04Donc,
21:04le démantèlement
21:04et la revente
21:05de ces matières,
21:06ça va être vraiment
21:07un levier d'avenir.
21:08Maël,
21:08une idée ?
21:09Moi,
21:10j'en ai trois.
21:11Là,
21:12moi,
21:12j'ai un timer
21:13et j'en ai qu'un.
21:14C'est allonger les dates,
21:16allonger les dates
21:16et allonger les dates.
21:18L'allongement
21:18des dates produits,
21:19c'est fondamental,
21:20c'est le cœur
21:21du business,
21:22c'est du confort client,
21:24c'est du pouvoir d'achat
21:25parce que ça évite
21:25de mettre les produits
21:26à la poubelle
21:27quand il est arrivé
21:27dans le frigo.
21:28Et c'est vraiment
21:29le sujet qui doit
21:30nous alimenter.
21:31Je pense qu'on a passé
21:33une étape
21:34vraiment importante
21:34en magasin.
21:35Il faut qu'en amont,
21:37on arrive auprès
21:38de nos partenaires
21:39industriels
21:39à faire allonger
21:40les dates.
21:41Fondamental.
21:41Un vrai débat,
21:42un vrai sujet,
21:43je suis d'accord.
21:43Simon,
21:44une idée ?
21:45Je rebondirai
21:47sur ce qu'a dit
21:47Emel tout à l'heure
21:47sur le label
21:48Antigaspi
21:49qui est effectivement
21:49une formidable démarche
21:50d'entreprise
21:51et j'invite tous les magasins
21:52à se l'approprier
21:53parce que je pense
21:54que c'est une grande fierté
21:55pour les collaborateurs
21:55de l'obtenir.
21:56C'est très chronophage.
21:57On a accompagné
21:57la majorité
21:58des magasins
21:59qui l'ont obtenu
22:00aujourd'hui.
22:01Je dirais que
22:02ça serait bien
22:02que l'État en donne
22:03une visibilité
22:04encore plus forte.
22:05Et puis la deuxième chose,
22:07c'est que je suis très curieux
22:09aussi de savoir
22:09ce que donnera
22:10l'initiative de Serge Papin
22:11sur le don aux salariés.
22:13En tout cas,
22:13nous,
22:13on est prêts
22:14à étudier le sujet
22:15notamment avec notre application
22:16qui permet de tracer
22:17tout ce qui peut être donné.
22:18Je ne suis pas sûr
22:19que ce soit facile
22:19en pratique
22:20pour les magasins
22:21mais en tout cas,
22:22je pense que c'est intéressant
22:23de regarder le sujet.
22:24Et Christine,
22:25pour terminer.
22:26Hyper rapidement,
22:27le CNAGA.
22:27Le CNAGA,
22:28c'est le Conseil National
22:30d'Action
22:30contre le Gaspillage Alimentaire.
22:32C'est une idée
22:33qui a émergé
22:34des États généraux
22:36du Gaspillage Alimentaire
22:37qui a été
22:38à l'initiative
22:40de Guillaume Garou
22:40cette année
22:41qui a donné lieu
22:42à un agenda 2030.
22:43Et en fait,
22:44le CNAGA,
22:44l'idée,
22:45c'est d'organiser
22:46une instance
22:47où toutes les parties
22:48prenantes du Gaspillage
22:50en France
22:51pourront se concerter
22:52pour ensemble
22:53trouver
22:54les leviers
22:54et mettre en place
22:55les leviers nécessaires
22:57pour améliorer
22:57la lutte contre le Gaspillage.
22:59Je continue à penser
23:00qu'on est sur l'optimisme
23:01aujourd'hui.
23:02Christine,
23:02merci.
23:03Messieurs,
23:03merci.
23:04Merci.
23:05Merci.
23:06Merci.
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