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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:11Personne ne doit profiter de cette crise, c'est ce qu'a dit tout à l'heure le Premier ministre
00:15Sébastien Lecornu.
00:16La question c'est qui profite de cette crise à part les pétroliers, les raffineurs, en tous les cas pas
00:21les entreprises.
00:22Bonsoir Philippe Dornano.
00:23Bonsoir.
00:23Merci d'être là, vous êtes président de Sisley et vous êtes aussi co-président du métier du mouvement des
00:28entreprises de taille intermédiaire.
00:30Donc vous avez deux casquettes un peu ce soir parce que d'abord je voudrais essayer de comprendre un peu
00:34comment est-ce que vous allez pouvoir retrouver des moteurs de croissance
00:38parce que pour vous, pour le luxe, la beauté, le cosmétique, ce que fait Sisley, vraiment de la cosmétique haut
00:45de gamme,
00:45il est clair que ce soit Dubaï, Doha, c'était des territoires de croissance, de richesse, de luxe.
00:52Or aujourd'hui ça va être quand même assez difficile, où est-ce que vous pouvez vous diriger, regarder de
00:56quel côté, du côté de l'Inde, du côté éventuellement du Brésil, pas sûr.
01:00Et puis ensuite on regardera pour les entreprises de taille intermédiaire parce que vous vous prenez des successions de chocs,
01:05que ça soit sur le plan de l'absence de croissance, inflation, fiscalité.
01:11Donc c'est pour dire que cette situation j'imagine n'est pas simple.
01:13D'abord pour vous, ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient, est-ce que c'est un sacré coup
01:18dur ?
01:19Je pense d'abord surtout à nos équipes, parce qu'on a une filiale, nous, dans les Émirats,
01:24on a des équipes dans tous les pays de la zone, on travaille avec des distributeurs dont on est proche
01:29et qui eux-mêmes emploient des équipes Sisley.
01:33Donc c'est effectivement d'abord à nos équipes que je pense dans cette situation.
01:40Ils voient, comme vous le savez, dans une situation sécuritaire qui est...
01:44Vous les avez évacués ?
01:45On n'évacue pas les gens qui habitent dans les pays.
01:48Mais au contraire, notre directeur de Dubaï qui était en Angleterre s'est débrouillé pour revenir sur zone pour être
01:54avec ses équipes.
01:56Et c'est vrai que ça représente pour eux un danger.
01:59La deuxième chose, c'est que nous sommes une entreprise internationale, on travaille dans 120 pays.
02:03Ça c'est un peu l'avantage que nous pouvons avoir, c'est que nous travaillons dans le monde entier.
02:06Donc bien sûr, c'est une zone qui est très dynamique, qui se développe, qui est une zone formidable, mais
02:11nous travaillons en Amérique, en Asie, en Europe.
02:15Oui, c'est clair, mais c'était vraiment le moteur de croissance, alors qu'aux Etats-Unis c'est un
02:18peu plus difficile, en Europe aussi, même en Chine.
02:21Certes, l'Inde est en train de devenir aussi un hub pour le luxe et la cosmétique,
02:27mais là on était, ça représentait grosso modo, je ne sais pas, entre 8 et 10% de chiffre d
02:32'affaires pour beaucoup d'entreprises comme la vôtre.
02:35C'était le cas pour Sisley ?
02:37Pour nous, on a plusieurs zones qui restent des moteurs de croissance, notamment les Amériques restent à 10 000.
02:40Oui, non mais si on parle de ça, de là.
02:42Le Moyen-Orient, oui, c'est 4 à 5% de notre chiffre d'affaires.
02:45Je dirais que c'est effectivement un impact.
02:47On continue de vendre, il risque d'y avoir à terme des problèmes d'approvisionnement si on a du mal
02:53à livrer les pays,
02:55mais les magasins sont ouverts, nos équipes travaillent et en tout cas dans presque toutes les zones du Moyen-Orient,
03:03mais avec un risque qui nous inquiète et c'est surtout plutôt vis-à-vis de nos équipes pour le
03:08moment que ma préoccupation va.
03:09Bien sûr, mais en même temps, vous êtes obligé un peu de regarder un peu à moyen terme.
03:14Est-ce que, pour vous, est-ce que ça veut dire que cette zone-là, en tous les cas, elle
03:18est durablement touchée ?
03:21Ça, je pense qu'à ce jour, on n'en sait rien.
03:25C'est une zone qui a très souvent été touchée par des événements géopolitiques et c'est une zone qui
03:30est très résiliente.
03:32On travaille au Liban, on travaille en Irak, on travaille en Israël,
03:37on travaille pas en Iran, mais on travaille dans une grande partie du Moyen-Orient
03:42et c'est une zone qui, comme vous l'avez dit, est très dynamique et qui, on l'espère, est
03:49économiquement résiliente.
03:50Comment les choses vont évoluer ? On n'en sait rien et à ce jour, je ne peux pas vraiment
03:54dire si ça va être un impact durable ou si ça va être un impact momentané.
03:58On espère, bien sûr, que ce soit un impact momentané.
04:00Oui, pour vous, les relais de croissance sont où, justement, quand on est une entreprise comme si ce l'est
04:05?
04:05Nous, on prend chaque pays comme un relais de croissance, petit pays ou grand pays,
04:11et on a, à notre sens, pour la cosmétique haut de gamme, des possibilités de croissance dans tous les pays
04:16du monde,
04:16pour autant qu'on nous laisse commercer librement, qu'on n'ait pas de concurrence déloyale.
04:21Et puis, qui est de l'argent ?
04:22Qui est de l'argent ?
04:35C'est la consommation de plusieurs zones du monde qui sont économiquement dynamiques pour nous.
04:39C'est le risque aussi d'avoir une augmentation des coûts par l'inflation,
04:46une augmentation d'un certain nombre de matières premières qui rentrent dans la fabrication de nos produits.
04:51C'est le risque aussi d'avoir des problèmes de circulation commerciale,
04:54puisque nous vendons dans le monde entier, souvent en livrant par bateau,
04:58parce que c'est plus écologique et que ça peut poser un certain nombre de problèmes
05:02de voir ces routes commerciales impactées.
05:04C'est déjà le cas ou pas ?
05:06C'est le cas, mais ça ne l'est pas encore de manière grave.
05:08Pour le moment, les bateaux qu'on tourne passent par le Cap.
05:12Mais ça peut devenir effectivement un problème.
05:15Et puis, comme vous l'avez dit, surtout, ça peut impacter la croissance mondiale.
05:18Et si ça impacte la croissance mondiale et les consommateurs, ça nous impactera, nous, bien sûr, directement.
05:23Vous, en tant que chef d'entreprise, quel est le scénario le pire ?
05:26Est-ce que c'est cette guerre d'usure dont on nous menace les Iraniens ?
05:30Est-ce que c'est, au contraire, une guerre, non pas éclair, parce que ça fait déjà 11 jours, 12
05:36jours qu'elle dure,
05:37mais une guerre rapide, comme, pour le coup, le dit Donald Trump ?
05:42Je pense que pour l'économie mondiale, c'est une guerre d'usure.
05:45Mais je vous répondrai aussi, ce qui est pour nous, les entreprises, et surtout inquiétant,
05:48c'est l'accumulation de ces crises.
05:51Parce qu'on a, que ce soit des crises commerciales, les droits de douane aux Etats-Unis, la guerre Ukraine
05:56-Russie,
05:58ou des sujets de concurrence commerciale ou de contrôle,
06:02comme l'arrivée de massifs de petits colis non contrôlés dans l'Union européenne.
06:07On est face à toute une série de chocs à répétition.
06:10La crise de l'énergie qu'on a eue pendant la...
06:12On va y revenir, monsieur.
06:13En 21-22, qui a été une crise très grave, puisque les entreprises, je le rappelle,
06:17pendant 2 à 3 ans, elles ont payé entre 4 et 10 fois le prix de leur énergie,
06:22sans justification réelle, puisqu'en réalité, à la production,
06:26pour l'électricité, l'énergie coûtait le même prix.
06:29Et cette accumulation de crises, elle commence à vraiment fragiliser le tissu européen,
06:34et plus encore le tissu français, puisque nous sommes, malheureusement,
06:37nous avons fait jusqu'à présent le choix d'un environnement en France
06:40qui est moins compétitif pour les entreprises que l'environnement européen.
06:44Mais c'est les entreprises encore plus en situation, en France, en situation de fragilité.
06:48Oui. Alors là, vous êtes patron de Sisley, aussi patron,
06:51parce que vous représentez, vous êtes la quintessence, si j'ose dire,
06:55des entreprises de taille intermédiaire, des entreprises familiales.
06:58Donc vous êtes co-président du métier, Philippe Dordano.
07:01Donc là, en fait, j'ai envie de dire,
07:03je ne sais pas que vous tirez la sonnette d'alarme,
07:04parce que ça ne sert pas à grand-chose, parce que c'est comme ça.
07:07En revanche, vous êtes quand même assez inquiet,
07:09et on sent presque un peu une lassitude chez vous,
07:12ce qui est assez rare, parce que vous êtes plutôt quelqu'un de très dynamique.
07:15Mais là, on sent que c'est vraiment un coup dur, ce qui se passe.
07:19Oui. Alors, il y a des événements sur lesquels on n'a pas prise,
07:22et vous l'avez dit, qu'est-ce qui va se passer ?
07:25Mais il y a des événements où il y a une situation
07:28sur laquelle on pourrait avoir une prise.
07:30Et la lassitude, non pas la mienne, mais celle des dirigeants d'entreprises
07:35de taille intermédiaire, et plus largement des entrepreneurs français,
07:38parce que que ce soit les grandes entreprises,
07:40les dirigeants de grandes entreprises, ou d'ETI ou de PME,
07:43on entend...
07:44Je n'ai jamais vu, moi, en 30 ans d'engagement pour défendre les entreprises,
07:49un tel climat d'inquiétude, pour certains de colère,
07:53pour certains de découragement, voire d'abandon.
07:56Et je pense que, face à ça, il faut agir, en tout cas,
08:01sur ce sur quoi on peut agir, c'est-à-dire notre environnement économique européen
08:06et notre environnement économique en France.
08:08Et c'est pas ce qui est...
08:10On commence à avoir un premier redressement au niveau européen,
08:12mais ce n'est pas encore le cas en France.
08:14Oui, mais enfin, quand vous dites, je n'ai jamais vu, en 30 ans,
08:18un tel climat d'inquiétude, quand même des paroles assez fortes,
08:22c'est quoi ? C'est l'accumulation ?
08:25C'est le fait que vous ne voyez pas très bien où est la sortie ?
08:28C'est quoi ?
08:29C'est très simple pour une entreprise.
08:31Vous êtes en économie ouverte.
08:32Si vous voulez produire, vous développer,
08:34et nous pensons, parce que je ne suis pas du tout pessimiste,
08:36je pense qu'on a les moyens, assez rapidement, en France,
08:40de redresser notre économie.
08:41Et ça, ce serait au bénéfice, non pas des chefs d'entreprise
08:44ou des investisseurs, mais de tous les Français,
08:47parce que c'est l'emploi.
08:48Les entreprises, c'est l'emploi.
08:50Les entreprises, c'est la création de richesses
08:52et donc la recette fiscale.
08:53Mais pour ça, il faut faire une chose qui est très simple
08:56et comprendre un mécanisme économique très simple.
08:59Si on est en économie ouverte,
09:01il faut être raisonnablement aligné sur son environnement.
09:04Notre environnement, c'est l'Europe.
09:0560% de nos échanges sont avec l'Europe.
09:08Et aujourd'hui, je dois dire que ce processus budgétaire
09:12de l'année dernière, il a été absolument mortifère
09:16et dramatique sur la confiance,
09:18sur l'état d'esprit des chefs d'entreprise en France
09:21et d'une partie d'ailleurs de leurs salariés
09:22qui ne comprennent pas comment, dans notre pays,
09:25qui est un pays magnifique,
09:27qui est un pays plein de potentiel, plein d'inventivité,
09:29avec des jeunes et des moins jeunes travailleurs.
09:31Vous en êtes toujours par en haut de ces discussions
09:32budgétaires sans fin.
09:33Oui, mais qui reviendront, qui vont revenir.
09:35Et c'est un peu une confiance qui est rompue
09:38et qui est rompue alors même,
09:39et c'est là où les chefs d'entreprise
09:40se sentent d'une certaine manière abandonnés,
09:43alors même qu'on voit un environnement géopolitique
09:46qui se dégrade de plus en plus
09:47et avec des crises qui s'accumulent.
09:50On n'a pas cité le Covid,
09:51on n'a pas cité l'impact aussi
09:53qu'avaient eu sur l'économie à l'époque les Gilets jaunes.
09:56On a ensuite la crise de l'énergie,
09:58on a les droits de douane américains.
10:00Alors là, on voudrait justement
10:01à propos de crise de l'énergie,
10:02on voit bien que les mouvements
10:04très erratiques du pétrole,
10:06un peu comme des montagnes russes,
10:08la question qu'on voit,
10:10donc ça augmente à la pompe,
10:11parce que certains se sont précipités
10:13tout de suite pour faire augmenter
10:15le prix à la pompe.
10:17Est-ce que pour vous,
10:18en tant que chef d'entreprise
10:20et puis chef encore,
10:21chef des entreprises familiales,
10:24des entreprises de taille intermédiaire,
10:25est-ce que vous dites au gouvernement
10:26il faut faire quelque chose,
10:28il faut baisser la fiscalité ou pas,
10:29sur l'énergie, notamment sur le pétrole,
10:32sur l'étoile, sur le gaz d'oil ?
10:34Nous, ce que nous souhaitons,
10:36c'est notre moto,
10:38c'est le raisonnement qu'il faut avoir
10:40pour permettre à la France
10:41de développer des savoir-faire,
10:42développer des entreprises
10:43et développer de la recette fiscale,
10:45c'est d'avoir une énergie
10:45qui soit raisonnablement alignée
10:47sur son environnement.
10:47Si ça augmente dans l'ensemble de l'Europe,
10:52pour le particulier,
10:52c'est un autre sujet
10:53dont on peut discuter aussi,
10:54mais pour les entreprises,
10:55le sujet, c'est la compétitivité.
10:57Donc nous, ce que nous avons besoin,
10:59c'est d'avoir une énergie
11:00par rapport au bloc américain
11:01et par rapport au bloc asiatique
11:04qui soit alignée.
11:05Là, quand vous avez une crise comme celle-là,
11:06c'est une crise qui touche tous les pays.
11:08Donc ça peut avoir un impact sur vos coûts,
11:10mais ça n'a pas un impact
11:12sur votre compétitivité.
11:13Ce qui a par contre un impact
11:14sur votre compétitivité,
11:15c'est la hausse des taxes de production,
11:17parce qu'il faut le dire,
11:18les taxes de production
11:19ont recommencé à augmenter
11:20ou la hausse du coût du travail qualifié.
11:23Juste, Philippe Bernardo,
11:24restons juste un instant
11:25sur ce qui se passe là.
11:27Vous, vous ne demandez pas
11:28un allégement de la fiscalité,
11:30un allégement de la fiscalité
11:32sur le pétrole
11:33et sur l'électricité,
11:36comme l'ont demandé
11:37notamment le commissaire européen
11:42en charge justement de l'énergie
11:43qui hier a dit
11:44qu'il faut baisser les taxes
11:45pour que les pays qui le peuvent
11:47baissent les taxes
11:47sur l'électricité.
11:49Moi, je demande
11:50d'avoir une politique,
11:51un prix de l'énergie
11:53qui permette
11:54à la production en Europe
11:55et à la production en France
11:56d'être compétitif.
11:57Je note que la France
11:58a a priori,
12:00grâce à l'investissement
12:01et aux impôts des Français,
12:03devrait avoir une position
12:05qui devrait même lui donner
12:05un avantage compétitif.
12:07Je note aussi
12:08que sur l'électricité,
12:09on est un des pays
12:10qui taxent le plus.
12:11Et la question est
12:13si les prix augmentent
12:14et que vous êtes taxés
12:15en pourcentage,
12:15bien évidemment,
12:17à ce moment-là,
12:17l'État ne va pas taxer autant,
12:19il va taxer plus en valeur.
12:20Et là,
12:21sur la question du gaz d'oil
12:23qui aujourd'hui nous préoccupe ?
12:25On est moins impactés,
12:26nous,
12:26par les sujets
12:27pour le chéachat des entreprises,
12:28ben si,
12:29pour les entreprises,
12:29ça peut être quand vous devez
12:30justement en livrer...
12:31On est impactés sur le gaz,
12:32mais souvent,
12:32les entreprises ont des contrats,
12:34vous savez,
12:34donc elles sont protégées,
12:36en tout cas,
12:36sur un temps court,
12:37sur les prix.
12:39On est aussi,
12:40nous,
12:40en cosmétique,
12:40pour le coup,
12:41je reprends ma casquette ciselée,
12:43des entreprises
12:43qui sont assez décarbonées.
12:45Donc,
12:46on est plutôt électriques
12:47que gaz.
12:48Et sur le gaz,
12:48en général,
12:49vous avez des contrats.
12:49Je dirais que ce n'est pas ça
12:50qui va immédiatement être la chose
12:52qui va le plus nous impacter.
12:53Bien sûr,
12:54par contre,
12:54si la crise dure,
12:56ça aura un impact
12:57de plus en plus grave
12:57sur l'économie.
12:59Et si ça n'a un impact
13:00que sur l'économie européenne,
13:02ce sera un problème
13:03par rapport aux autres zones du monde
13:04qui ne rencontrent pas
13:05ces difficultés.
13:06En impact sur la croissance,
13:07vous, par exemple,
13:08on est au début 2026,
13:09vous avez fait,
13:09évidemment,
13:10un plan stratégique.
13:11Je ne sais pas comment
13:11vous avez réussi à le faire
13:12si vous l'avez fait.
13:13C'est sûr que c'est très compliqué
13:14dans cet environnement.
13:16Mais est-ce que,
13:17là,
13:17vous êtes en train de vous dire
13:18tiens,
13:18je vais modifier peut-être
13:19mon plan stratégique
13:20avec ce qui s'est passé
13:21parce qu'évidemment,
13:22vous ne pouviez pas l'anticiper ?
13:23Alors,
13:24d'une manière générale,
13:25et ça ne date pas
13:26de la crise iranienne,
13:27c'est la succession des crises.
13:28On constate qu'il y a
13:30un report
13:30de toute une série
13:31d'investissements.
13:33L'épisode budgétaire
13:34aussi joué
13:35à une grande part
13:35dans ce sujet.
13:37Il y a à peu près
13:39un projet sur trois
13:40qui est reporté.
13:42C'est lié
13:43à la fois
13:43à une perte de confiance
13:44et à la fois aussi
13:45au baisse de chiffre d'affaires
13:46ou au baisse de rentabilité
13:48des ETI françaises.
13:49Mais on voit
13:50qu'il y a un ralentissement.
13:51Les ETI qui étaient
13:52très dynamiques
13:54en termes de recrutement,
13:55même en période de crise,
13:56pour la première fois,
13:57sont quasiment à l'arrêt.
13:58Ajoutez à ça
13:59qu'on a,
14:00moi je le dirais,
14:01un peu durement
14:02saboté
14:03le mécanisme
14:04d'apprentissage
14:05et que c'est en train
14:06d'impacter énormément
14:07le chômage,
14:07l'emploi des jeunes,
14:09ce qui est dramatique.
14:10En France,
14:10quand on a un système
14:11qui marche,
14:11on le détruit.
14:12Il a été finalement
14:12un peu moins impacté,
14:13mais ça coûtait très cher.
14:14On n'a plus d'argent
14:15pour reprendre l'expression
14:16ce matin
14:17du gouvernement
14:17de la Banque de France.
14:18Je ne pense pas
14:19que ça coûtait très cher.
14:19Je pense que c'est
14:20une profonde erreur.
14:21D'abord,
14:21les entreprises,
14:22je pense que tout le monde
14:23ne le sait pas,
14:23mais les entreprises
14:24payent 10 milliards et demi
14:25de taxes d'apprentissage.
14:26Oui, aussi.
14:26La deuxième chose,
14:30c'est que quand vous employez
14:31des apprentis
14:31que vous formez,
14:32pour lesquels vous remplissez
14:33une mission de formation,
14:34pendant ce temps-là,
14:35les apprentis ne sont pas
14:36au chômage.
14:36Et on ne chiffre pas du tout
14:38le coût qu'ils ont
14:39quand ils sont au chômage.
14:40On n'a pas du tout
14:40supprimé l'apprentissage,
14:42c'est juste
14:42à partir d'un certain niveau.
14:44Il est en train
14:45de baisser fortement.
14:46On est en train
14:47de le retirer
14:48pour les jeunes qualifiés.
14:50Les jeunes diplômés.
14:50Les jeunes diplômés.
14:51C'est-à-dire que
14:54tous les jeunes diplômés
14:55d'un milieu modeste
14:56qui se servaient
14:56de l'apprentissage
14:57pour financer leurs études
14:58ne peuvent plus le faire.
14:59Moi, j'ai eu des témoignages
15:00directs et c'est une honte.
15:01Il faut le dire
15:01très franchement.
15:03C'est une honte
15:03de ne pas comprendre
15:04à quel point
15:05ce dispositif était vertueux.
15:07Et alors qu'on a
15:07un dispositif qui marche,
15:09qu'on a fait baisser
15:09le chômage des jeunes
15:10en post-Covid,
15:11alors que c'était
15:11une période assez difficile
15:13pour les jeunes
15:13de manière très nette
15:14et pour la première fois.
15:15Oui, mais vous n'avez pas besoin
15:15d'aide de l'État
15:16pour embaucher
15:17un jeune qualifié,
15:18Philippe Dornanon.
15:18Je n'embauche pas
15:19un jeune qualifié.
15:19L'apprentissage,
15:20ce n'est pas une embauche.
15:21L'apprentissage,
15:21c'est une formation.
15:22C'est un début.
15:23Oui, c'est un début.
15:23C'est une formation.
15:24Non, mais il est à l'école.
15:26On le forme.
15:27On l'intègre dans l'entreprise.
15:28On lui apprend
15:29un certain nombre de choses.
15:29Et il peut ne pas travailler
15:30pour vous après.
15:31Il peut repartir.
15:32D'ailleurs,
15:33deux tiers des jeunes
15:34partent travailler
15:35soit dans d'autres entreprises.
15:36Mais par contre,
15:37c'est un système
15:37de formation très vertueux
15:38qui améliore
15:39la qualité de la formation.
15:41Et surtout,
15:41ça marchait.
15:42C'est en train
15:42de se développer.
15:43Pour la première fois,
15:44la France,
15:44elle arrivait à mettre en place
15:46un système d'apprentissage
15:47un peu équivalent
15:48à l'Allemagne.
15:49Et 4-5 ans,
15:50et on arrête.
15:51C'est typique,
15:51malheureusement,
15:52de l'approche française.
15:53Est-ce qu'il y a
15:54beaucoup d'entreprises ?
15:55On arrive à un moment clé.
15:56Je vous pose régulièrement
15:57la question,
15:57mais puisque vous êtes
15:58à nouveau sur ce plateau,
16:00Philippe Dornano,
16:01c'est l'occasion
16:02de faire un point.
16:03Est-ce qu'on est
16:04à un passage de témoin
16:06au niveau
16:06à la tête des entreprises ?
16:07En ce moment,
16:09est-ce qu'il y a pas mal
16:10de...
16:10Je ne sais pas
16:11combien d'entreprises
16:12dans les derniers mois
16:12sont passées
16:13sous pavillons étrangers ?
16:14C'est une très bonne question.
16:16Il y a un certain nombre
16:16d'entreprises qui se vendent.
16:18Il y a un certain nombre
16:18d'entreprises qui passent
16:19sous pavillons étrangers.
16:20Combien ?
16:20Vous avez une idée,
16:21une estimation
16:21au niveau du métier ?
16:22Je n'ai pas de chiffre en tête.
16:23On a des chiffres métiers
16:24qu'on peut communiquer
16:26et surtout,
16:26il va y avoir
16:26un énorme enjeu,
16:27c'est que dans les 7 prochaines années,
16:29une ETI sur deux
16:29va se transmettre.
16:31Donc,
16:31de notre capacité
16:33et face à ça,
16:35que voit-on ?
16:36Les dispositifs
16:37qui permettaient
16:37de faciliter la transfusion
16:38d'entreprises
16:39sont remis en cause.
16:40Avouez que...
16:41Non, vous ne pouvez pas dire ça.
16:43Vous pensez
16:43au dispositif du trail ?
16:46Oui, mais il n'est pas
16:46remis en cause.
16:47C'est juste que...
16:47Mise en cause ?
16:48Non, mais attendez,
16:49c'est quand il y avait
16:50l'immobilier d'entreprise
16:51qui allait jusqu'à un chalet
16:52à la montagne.
16:53C'est quand il y avait
16:53des excès
16:54qui s'est remis en cause.
16:55Remis en cause,
16:56c'est-à-dire qu'un certain
16:57nombre de forces politiques
16:59disent
16:59que le pacte
17:01des pactes
17:01de transmission
17:02d'entreprises
17:02ne sont pas souhaitables,
17:04que ce sujet,
17:05il est maintenant
17:06à intervalles réguliers
17:07alors qu'il y avait
17:07consensus politique
17:08entre la droite et la gauche
17:09pour soutenir ce dispositif
17:10qui était très vertueux
17:11et qui permettait
17:12les transmissions d'entreprises.
17:12Mais parce qu'il y a eu
17:13des avis que finalement
17:14ça coûte plus cher que prévu,
17:16même s'il est essentiel.
17:17Là aussi,
17:17ce n'est pas tout à fait exact.
17:19En réalité,
17:20les chiffres qui ont été donnés
17:20sont des chiffres
17:21qui sont tronqués
17:23puisque la Cour des comptes
17:24a pris une seule année
17:25de valorisation
17:27des pactes
17:28qui était une année
17:29où il y avait eu
17:29deux transmissions
17:30de très grandes entreprises
17:31et ensuite a extrapolé
17:33ce fait générateur
17:34qui était anormal
17:35sur plusieurs années.
17:36En réalité,
17:38on a pris l'année
17:39où il y avait eu
17:39des très fortes
17:40transmissions d'entreprises
17:40et on devrait s'en féliciter
17:41d'ailleurs
17:42parce que quand on paye
17:44une année,
17:45quand le pacte du travail
17:45fonctionne,
17:46c'est des grandes entreprises
17:48françaises
17:48qui sont transmises,
17:49qui restent françaises,
17:50qui continuent à payer
17:50des impôts en France,
17:51qui continuent à avoir
17:52des dirigeants français,
17:53qui continuent à avoir
17:54des centres de décision
17:55en France,
17:56ce dispositif
17:56il est extrêmement vertueux.
17:58Et de nouveau,
17:59un peu comme pour l'apprentissage,
18:01on ne calcule pas
18:01les retours sur investissement,
18:03on fait un procès
18:04à charge des dispositifs,
18:05le résultat de ça,
18:06c'est qu'on risque
18:07d'avoir ce qu'on a connu
18:08entre 1981 et 2000,
18:11c'est-à-dire la disparition
18:12entre 80 et 2000,
18:13la moitié des ETI françaises
18:15ont disparu,
18:15elles ont été vendues.
18:16Elles ont été vendues
18:17à des capitaux étrangers.
18:18Et ça,
18:19notre pays met encore,
18:20mais maintenant,
18:21énormément de temps
18:22à se remettre.
18:23Et à partir du moment
18:23où les packs d'utreil
18:24sont apparus en France,
18:26le nombre d'ETI
18:27a réaugmenté de 50%.
18:28Donc quand la Cour des comptes
18:29dit qu'elle ne voit pas
18:30le retour sur investissement,
18:31avouez que c'est quand même
18:33assez étrange
18:34et que ça nous paraît
18:34être un procès à charge.
18:36Aujourd'hui,
18:36on a en France 7 000 ETI,
18:39donc je rappelle que les ETI,
18:40c'est 50 millions
18:40et demi de chiffre d'affaires.
18:43En 2008,
18:44il y avait 4 600 ETI.
18:46Et en Allemagne,
18:47il y en a 12 500.
18:48Si on avait en France
18:50autant d'ETI
18:51qu'on a en Allemagne,
18:53ce qui était tout à fait
18:53à notre portée,
18:54notre économie n'aurait
18:55aucun des problèmes
18:56qu'elle a aujourd'hui.
18:57Elle serait exportatrice,
18:58elle serait dynamique,
18:59elle maîtriserait
18:59beaucoup plus de savoir-faire.
19:01On a fait une profonde erreur
19:02et on s'apprête
19:03alors qu'on l'a déjà faite.
19:04On revient sur ces sujets
19:07et ça,
19:08ça crée une vraie incompréhension
19:10parmi les chefs d'entreprise
19:11qui se disent
19:12mais ça n'a pas marché,
19:13on l'a vu,
19:13on a essayé de le corriger
19:15et maintenant,
19:15on va recommencer.
19:16Et ça,
19:17au pire moment,
19:17c'est-à-dire un moment,
19:18comme on l'a dit,
19:20qui est un moment géopolitique
19:21très difficile.
19:22Oui,
19:22juste une dernière question
19:23parce que ça revient
19:24un peu comme une retournelle
19:25à chaque fois qu'il y a
19:27un changement de ministre,
19:28il faut réindustrialiser la France,
19:30etc.
19:30Vous y croyez ?
19:32Vous qui êtes un chef
19:33d'entreprise industrielle,
19:34est-ce que c'est possible ?
19:35Absolument.
19:36Oui,
19:37on pourrait atteindre 12%,
19:3813%
19:39face à l'objectif européen ?
19:40on y croit absolument.
19:42C'est encore possible.
19:44Non seulement c'est possible,
19:45mais ça a commencé à être fait
19:47à la fin du mandat de François Hollande
19:49et pendant le premier mandat
19:49d'Emmanuel Macron,
19:51c'est en réalignant compétitivement
19:53la France sur son environnement européen,
19:55c'est-à-dire en ayant la même fiscalité
19:56que l'environnement européen,
19:57on avait fait 20% de l'écart,
19:59on peut,
19:59dans une période très brève,
20:01réindustrialiser notre pays.
20:02Et réindustrialiser notre pays,
20:03ça ne veut pas juste dire
20:04avoir des industries,
20:05ça veut dire des emplois,
20:07ça veut dire de l'activité,
20:08ça veut dire de la recette fiscale.
20:10Merci beaucoup,
20:11j'ai envie de vous souhaiter le courage,
20:12merci beaucoup Philippe Dordano
20:13d'avoir été avec nous,
20:14donc le patron de Sisley
20:15et coprésident du métier,
20:17on a bien compris
20:17que ça commence à faire beaucoup
20:19en tous les cas sur votre tête.
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