- il y a 2 jours
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19. Guillaume Paul.
00:08Allez, 18h07 sur BFM Business, c'est une des actualités politiques du jour qui va nous ramener à l'économie.
00:13Je vous le promets, à part l'économie et énergie, vous l'avez peut-être entendu, vous avez aujourd'hui
00:17deux motions de censure
00:18qui ont été déposées à l'Assemblée contre le gouvernement, l'une du RN, l'autre de l'AFI, les
00:22deux pour protester
00:24contre la décision du gouvernement de faire passer par décret. C'était il y a une dizaine de jours.
00:28Ce texte dont on a beaucoup parlé, vous savez, c'est la fameuse PPE 3, c'est la programmation pluriannuelle
00:33de l'énergie.
00:34C'est tout simplement la feuille de route énergétique pour les dix prochaines années en France.
00:38On va en parler quelques instants avec notre invité Xavier Barbaro, PDG de Neywen. Bonsoir Xavier Barbaro.
00:43Merci beaucoup d'être avec nous, l'un des principaux fournisseurs.
00:46Alors français d'électricité exclusivement renouvelable, je dis français, mais vous êtes passé sous pavillon canadien
00:51il y a environ un an, racheté par un gestionnaire d'actifs qui s'appelle Brookfield.
00:56Et vous êtes présent aujourd'hui, alors on rappelle, dans combien de pays aujourd'hui en France ?
01:0015 pays.
01:0015 pays.
01:01Et la France est notre deuxième pays, donc on reste un investisseur actif dans ce pays.
01:05Donc vous continuez de suivre de près ce qui se passe au niveau génétique du point de vue français.
01:09Ces motions de censure, comment vous les regardez ?
01:11Est-ce que d'une certaine façon vous réjouissez du fait qu'il y a un intérêt,
01:15il y a une passion autour de ces débats pour la feuille de route énergétique de la France ?
01:19Comment vous avez réagi ce matin ?
01:20Évidemment, l'énergie est un sujet important et c'est bien que ça suscite de l'intérêt.
01:24Il y a évidemment un peu de mise en scène ou d'instrumentalisation de ce sujet
01:27qui reste quand même avant tout un sujet technique.
01:29Peut-être que le grand absent des débats dans les derniers trimestres ou même les dernières années,
01:34puisque ça fait un moment que le sujet est sur la table,
01:36c'est peut-être le fond technique ou la réalité économique derrière tel ou tel choix technologique.
01:42Vous regrettez qu'il n'y ait pas de débat finalement ?
01:45Ça fait trois ans qu'on attendait cette PPE,
01:47on a tranché par décret parce qu'il fallait que les choses avancent,
01:50on parle de la période 2026-2035,
01:52mais c'est aussi ce qui provoque le courroux des extrêmes,
01:55c'est qu'il n'y aura pas de débat à l'Assemblée.
01:56Je regrette qu'il n'y ait pas un débat dépassionné.
01:58Je pense que ça mérite justement un vrai débat,
02:01ça mérite une vraie discussion,
02:02ça mérite surtout beaucoup de pédagogie.
02:04Le débat est faussé parce que la pédagogie en amont n'a pas été faite,
02:07parce qu'à nouveau, comme je le disais,
02:08il y a une certaine instrumentalisation de ce sujet.
02:10Aujourd'hui, il y a des choses qui sont très positives
02:12dans la situation énergétique de la France,
02:14notamment le fait qu'on exporte, on devrait s'en réjouir.
02:16Le paradoxe, c'est que cette situation positive
02:19est retournée par certains sur le thème
02:21« Oulala, mais en fait on a trop d'électricité et donc il y a un problème. »
02:24Alors, si on se résume, dans cette PPE,
02:26il y a donc la relance du nucléaire,
02:28confirmation de six réacteurs supplémentaires.
02:30La décision finale sera prise cette année,
02:33huit de plus potentiellement, la décision sera prise dans l'année.
02:35« Accélération de l'éolien en mer »
02:37et quand même ce qu'on appelle une évolution raisonnée
02:40du photovoltaïque et de l'éolien terrestre.
02:42Déjà, est-ce que vous êtes d'accord avec cette définition pour vous ?
02:45Vous vous dites s'il y a un coup de frein véritablement
02:46sur le photovoltaïque et l'éolien terrestre ?
02:48Il y a un flou artistique.
02:51Et est-ce que c'est un coup de frein ?
02:53L'avenir le dira.
02:53Ce qui est un peu paradoxal,
02:55c'est qu'il y a des choses assez précises
02:56qui sont dites sur le nucléaire.
02:58Et en même temps, on nous dit
02:59le solaire, on verra si c'est 50,
03:01si c'est 80 gigawatts.
03:03Et ce n'est quand même pas l'épaisseur du trait.
03:05Et on fait abstraction à nouveau du fait
03:07qu'aujourd'hui, si on veut électrifier la France,
03:10ce qui est un des objectifs annoncés de cette PPE,
03:13le vrai vecteur, le vrai moyen,
03:15le vrai levier pour en arriver là,
03:16c'est le solaire.
03:17Le nucléaire, j'en pense du bien.
03:19Beaucoup de gens en pensent du bien.
03:20Mais on le sait très bien,
03:21il faut 15 ans, il faut 20 ans
03:22pour construire des nouveaux réacteurs.
03:23Donc si on veut répondre aujourd'hui
03:25à la demande électrique qui arrive,
03:28plutôt que de dire
03:28« Ah, mais en 2025,
03:29la demande électrique n'était pas très forte. »
03:31On voit arriver des demandes
03:32de raccordement de data center.
03:33Il faut se demander
03:34quels sont les moyens
03:35dont on dispose à court terme
03:37et dans des conditions économiques efficaces
03:39pour répondre à cette demande
03:40que l'on voit arriver.
03:41Vous faites du solaire et des éoliennes.
03:43On est d'accord.
03:43Néwenn fait du solaire,
03:45de l'éolien terrestre et des batteries.
03:46Je pense que c'est important de le rappeler.
03:48Et des batteries en France aussi.
03:49Vous semblez plus insister sur l'éolien,
03:52sur le solaire, pardon,
03:54alors que beaucoup nous ont expliqué
03:55pendant des années
03:56que le mix idéal à l'avenir pour la France
03:58était le nucléaire couplé
03:59à l'éolien terrestre ou non terrestre.
04:02Voilà.
04:03J'en parle d'autant plus librement
04:05que Néwenn fait de l'éolien terrestre.
04:07On ne fait pas d'éolien en mer
04:08parce que c'est compliqué,
04:09c'est assez cher.
04:10L'éolien terrestre, ça marche bien.
04:11Il y a encore un potentiel aujourd'hui
04:13en France pour du repowering,
04:15ce qui en bon français
04:16veut dire qu'on peut remplacer
04:17des anciennes éoliennes
04:18par des éoliennes plus modernes.
04:19Donc, on va dire,
04:20on peut faire plus d'éoliens
04:21sans faire plus d'éoliennes
04:23puisqu'il n'y en aura pas plus
04:24en nombre d'éoliennes.
04:25Ça, c'est un axe intéressant.
04:27On peut aussi trouver encore
04:28quelques sites qui se prêtent
04:29à du nouvel éolien.
04:30Mais on voit qu'il y a,
04:32à tort ou à raison,
04:33mais peu importe,
04:33la réalité est là,
04:34qu'il y a une forme de ras-le-bol
04:35sur l'éolien.
04:35Donc, nous, on constate chez Néwenn
04:37que le...
04:38Très marqué à droite,
04:38notamment, on l'a vu
04:39lors des débats sur le Sénat.
04:40Oui, peut-être,
04:41mais même en faisant abstraction
04:42des couleurs politiques,
04:44on se dit qu'aujourd'hui,
04:44ce qui est bien accepté
04:45et pour lequel il y a encore
04:46un énorme potentiel de croissance,
04:48c'est le solaire,
04:48où il y a une vraie filière
04:50d'excellence française,
04:51des coûts assez bas
04:52et une rapidité d'installation
04:54qui permet d'en faire,
04:55je pense,
04:56le vrai cheval de bataille
04:57ou qui devrait permettre
04:58ou qui aurait dû permettre
04:59d'en faire le vrai cheval de bataille
05:01de cette PPE 3.
05:02Alors, le vrai débat,
05:03vous l'avez évoqué,
05:04c'est, a-t-on à ce point
05:05vraiment beaucoup besoin
05:06de beaucoup plus d'énergie ?
05:08La France, l'an dernier,
05:09a produit,
05:09pardon d'être un peu technique,
05:10quelques 544 TWh d'électricité
05:14alors qu'elle n'en a consommé
05:15que 450.
05:16Et vous voyez le discours,
05:17effectivement,
05:17qui monte en puissance
05:19du côté de la droite,
05:20du côté de l'extrême droite.
05:21Ça veut dire, voilà,
05:21le surplus provient
05:22d'une électricité,
05:24d'une énergie produite
05:24à partir de renouvelables
05:26qui est subventionnée
05:27à des niveaux
05:27qui ne se justifient plus aujourd'hui
05:29compte tenu de la maturité
05:30de ce secteur.
05:30Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
05:31Cette énergie n'est pas subventionnée.
05:33Elle a été subventionnée
05:34il y a 15 ans.
05:34Et il y a encore un reliquat
05:36de contrats subventionnés
05:37qui sont en train
05:37de s'éteindre graduellement.
05:39Depuis déjà de nombreuses années,
05:41le renouvelable,
05:41que ce soit solaire ou éolien,
05:43n'est pas subventionné.
05:43Il fait l'objet
05:44de contrats de vente à l'État,
05:46mais des contrats
05:46qui ne sont pas particulièrement
05:47subventionnés.
05:48Aujourd'hui,
05:49je vais vous donner
05:50quelques repères.
05:51Le nouveau nucléaire
05:52dont on parle,
05:53et je pense qu'il y a évidemment
05:53sa place dans le mix,
06:00le nouveau nucléaire
06:00coûte entre une fois et demie
06:02et deux fois plus cher
06:02que le nouvel éolien
06:04ou que le nouveau solaire.
06:05Et d'ailleurs,
06:06il ne faut pas se priver d'en faire.
06:07Mais aujourd'hui,
06:08la vraie question de la subvention
06:09devrait se porter sur le nucléaire.
06:10Et je pense qu'on a raison
06:11de subventionner le nucléaire.
06:13Il a sa part dans le mix.
06:14Mais aujourd'hui,
06:14la seule énergie subventionnée,
06:16c'est le nucléaire.
06:16Et pourquoi pas ?
06:17Je suis le premier
06:18à soutenir ce principe.
06:20En tout cas,
06:21quand on regarde
06:22la question de l'export,
06:23on a exporté à peu près 15%
06:25de l'énergie qu'on a produite.
06:26On en a gardé 85%.
06:29Mais ça a rapporté
06:30à la balance du commerce extérieur
06:31plus de 5 milliards d'euros.
06:32On devrait s'en réjouir.
06:33C'est comme si on disait aujourd'hui
06:34« Ah, mais finalement,
06:35Airbus produit plus d'avions
06:37que ceux dont la France a besoin. »
06:38Évidemment, on les exporte.
06:39Et c'est très bien.
06:40De la même manière
06:41qu'il y a 15 ans...
06:42Mais est-ce qu'on vend à perte ?
06:44Pas du tout.
06:45On vend cette électricité,
06:46on la vend très bien.
06:47On la vend même plus cher
06:49que ce qu'on vendait
06:50la même électricité
06:51il y a 10 ou 15 ans
06:52quand la France exportait.
06:53Entre les deux,
06:54il y a eu un creux de vague
06:54où la France exportait plus grand-chose.
06:56Parfois même importait.
06:57On se remet à exporter de l'électricité
06:59et à bon prix.
07:00Donc, on peut s'en réjouir.
07:01Et c'est pour ça
07:02que ce serait paradoxal
07:03de dimensionner
07:05la capacité électrique de la France
07:07en fonction de ses seuls besoins.
07:08Si ça devient une de nos forces,
07:10si la France redevient
07:11parce qu'elle l'a été dans le passé
07:13le château d'eau électrique de l'Europe
07:14et que ça devient
07:15une source de revenus pour notre pays,
07:17on ne peut que s'en féliciter.
07:18Donc, il ne faut pas avoir peur des objectifs.
07:20Je vois ce que prévoit cette PP.
07:22Donc, on disait
07:22quelques 450 TWh d'électricité
07:25consommées l'an dernier.
07:26La PPE anticipe à terme
07:27une consommation qui passerait
07:29de 550 à 670 TWh
07:32avec l'apport des nouvelles capacités nucléaires
07:34et renouvelables.
07:35Et en face de ça,
07:38il y a une électrification des usages,
07:40que ce soit dans l'industrie,
07:41que ce soit dans les transports.
07:42Est-ce qu'elle sera aussi rapide que ça ?
07:43Voilà, le débat est là aujourd'hui.
07:44Alors, on s'inscrit de toute façon
07:46sur des cycles assez longs.
07:47Et l'énergie, ça se prépare longtemps à l'avance,
07:50que ce soit dans les réseaux de transport
07:51ou dans la production.
07:52Nous, on sait en tout cas répondre
07:54à court terme,
07:55parce que c'est un des enjeux,
07:56à une demande qu'on voit arriver,
07:58qui est réelle, qui est forte,
07:59qui est celle des data centers.
08:01Aujourd'hui, il y a énormément
08:02de demandes de connexion
08:03pour des data centers en France.
08:06S'il n'y a pas, en face de ça,
08:07la capacité à livrer
08:09de la nouvelle électricité,
08:10et si possible,
08:11parce que c'est souvent une demande
08:12qui est faite par les acteurs
08:14du monde de la data,
08:16de l'électricité verte,
08:18et ce qu'on appelle de l'additionnalité,
08:19donc en plus des parcs nouveaux,
08:21on va se priver
08:23de ces investissements massifs
08:25pour la France.
08:26Aujourd'hui, vous avez,
08:26rien qu'en région parisienne,
08:28par exemple, 10 gigawatts,
08:29donc l'équivalent de 10 réacteurs nucléaires
08:31de demandes de connexion
08:32pour des data centers.
08:33Aujourd'hui,
08:34Néon s'est livré
08:35de l'électricité solaire,
08:36de l'électricité peu intermittente
08:39du fait des batteries
08:39qu'on s'est rajoutées
08:40pour répondre à cette demande.
08:41On voit arriver cette vague,
08:43et la bonne approche,
08:45ça serait de la surfer,
08:46et la mauvaise approche,
08:47ça serait de s'en écarter
08:48en se disant,
08:49oulala, non, c'est un problème,
08:50c'est pas pour nous,
08:51restons comme avant.
08:53Vous me parlez de l'apport
08:54des data centers,
08:54vous ne parlez pas
08:55de l'usage du véhicule électrique
08:57sur lequel on misait beaucoup
08:59il y a quelques années,
09:00peut-être un petit peu moins finalement
09:01pour forcer,
09:02accélérer l'électrification
09:03des usages en France.
09:04Il ne faut pas toujours
09:05vouloir forcer le destin,
09:06mais en même temps,
09:07il faut constater
09:08qu'il y a aujourd'hui,
09:10malgré tout,
09:11même si c'est un peu plus long
09:12prévu, mais il y a un vrai essor
09:13de l'électrification
09:15pour les transports,
09:16y compris pour les véhicules
09:18particuliers en France,
09:19et peut-être que c'est
09:20un peu plus long,
09:20mais ça existe,
09:21c'est réel, c'est mesuré,
09:23et ça fait partie justement
09:24des raisons d'investir
09:26pour nous,
09:26puisqu'on ne demande pas
09:27de subvention,
09:28on demande juste
09:28qu'on nous laisse investir
09:30dans des nouvelles capacités
09:31électriques.
09:32Aujourd'hui,
09:33je le rappelle,
09:34on importe quand même
09:3560 milliards d'euros par an
09:37de pétrole et de gaz.
09:3860 milliards d'euros,
09:40c'est le budget
09:41de l'éducation nationale,
09:41donc il est temps
09:42de substituer
09:44ces importations
09:45par de la production locale
09:46et qui peut même devenir,
09:47on l'a dit,
09:48une source elle-même
09:48d'exportation.
09:49Donc est-ce que vous dites
09:50que toutes les conditions
09:50ne sont pas réunies en France
09:52pour investir
09:53de manière significative ?
09:55En juin dernier,
09:56vous aviez eu des propos
09:56assez forts,
09:57vous aviez dit en France,
09:58on a une approche
09:59castratrice
10:01du photovoltaïque,
10:01on ne force que le développement
10:02de petits projets
10:03et on s'auto-censure
10:04sur les gros projets.
10:05C'était quoi ?
10:05Ça reste vrai,
10:06ça reste vrai
10:07sur tous les grands projets
10:08d'infrastructure,
10:09on a pour plein de bonnes raisons
10:11un principe de précaution,
10:13beaucoup de consultations,
10:14mais à la fin,
10:15ça devient dommageable
10:16puisque si on veut mettre
10:18tout le monde d'accord,
10:19en réalité,
10:19on n'y arrivera jamais.
10:20Donc parfois,
10:21il faut savoir avancer un peu
10:22et que l'État
10:24prenne ses responsabilités.
10:26L'avantage de cette PPE,
10:27c'est qu'elle donne le ton
10:28et elle dit quand même
10:29qu'il faut aller vers
10:30plus de production électrique,
10:31même si après,
10:33le chemin n'est pas très clair.
10:34Vous avez vu qu'il y a
10:35une clause de revoyure
10:36en 2027 autour de cette PPE,
10:37on a l'impression
10:38qu'il s'agissait plus
10:39de sortir avec un texte
10:40avant l'élection présidentielle
10:41qu'autre chose.
10:42Oui, mais on nous a opposé
10:42beaucoup en 2025,
10:44parfois dans les administrations
10:45régionales, en préfecture,
10:46en disant,
10:46ah, on ne sait pas
10:47si on doit vous donner
10:47vos permis parce qu'il n'y a
10:48pas de PPE.
10:49Au moins,
10:49au moins,
10:50et je m'en réjouis,
10:51cette PPE dit,
10:52il faut plus d'électricité,
10:54plus d'électrification.
10:56Il faudrait qu'on dise
10:56un mot du stockage aussi
10:57parce que ça aussi,
10:58c'est un grand enjeu.
10:59D'ailleurs,
10:59quand vous voyez le communiqué
11:00du rassolument national,
11:01c'est, voilà,
11:02on accélère sur le nucléaire
11:03mais on continue
11:04de donner sa chance aussi
11:05à des énergies intermittentes.
11:06Il faut expliquer
11:07à quel point aujourd'hui
11:07on réalise de gros progrès
11:09sur le stockage.
11:10Neowen a investi
11:11dans les dernières années
11:12plus de 3 milliards d'euros
11:14dans des batteries.
11:14On ne fait évidemment pas ça
11:16pour rire
11:17ou juste de manière incantatoire.
11:19On fait ça
11:19parce qu'il y a des cas
11:20économiques réels.
11:22Je vous le disais,
11:23Neowen est actif
11:23dans un certain nombre de pays.
11:25Par exemple,
11:26en Australie.
11:26Aujourd'hui, en Australie,
11:27il y a 50% d'énergie renouvelable
11:29dans la production
11:30et les coûts d'électricité
11:31ont baissé.
11:32Le renouvelable coûte moins cher
11:34que d'autres sources d'énergie
11:35et il n'est pas en train
11:36de faire tout disjoncter,
11:38de faire tout sauter
11:38parce que quand il est marié
11:40à des batteries,
11:41ce que Neowen sait faire
11:41à l'étranger,
11:42on a à la fois quelque chose
11:44qui marche,
11:45qu'on peut accélérer
11:47en termes de déploiement
11:48et qui n'est pas cher.
11:49On a l'ambition,
11:50évidemment,
11:50chez Neowen
11:51de faire ça
11:52dans le pays
11:52qui a vu la naissance
11:53de notre société.
11:54On peut le reproduire
11:55ça en France,
11:56vous parlez de l'Australie
11:56où vous faites, je crois,
11:57quasiment la moitié
11:58de votre chiffre d'affaires
11:59aujourd'hui.
12:00C'est un labo l'Australie
12:01mais est-ce que tout ça
12:01est potentiellement...
12:03L'Australie,
12:04quand Neowen a commencé
12:05il y a 12 ans,
12:05il y avait 80% de charbon
12:07et aujourd'hui,
12:07il y a 50% de renouvelables
12:09donc des changements massifs
12:10justement permis
12:11à la fois par du solaire
12:12et par des batteries
12:14et au bénéfice du consommateur,
12:16c'est possible,
12:16l'Australie l'a montré.
12:17En France,
12:18on peut faire plus de renouvelables
12:20en mettant plus de batteries,
12:21c'est exactement
12:21le savoir-faire qu'on a
12:23et c'est d'ailleurs
12:24une des absences
12:26ou un des grands manques
12:28de cette PPE,
12:29c'est de ne pas parler des batteries.
12:30On vous parle de modulation
12:31où il est assez compliqué
12:32si les centrales nucléaires
12:33doivent elles-mêmes
12:34moduler leur production
12:35mais aujourd'hui,
12:35il y a des solutions techniques
12:36pour absorber le surplus de nucléaire,
12:38pour le restituer au bon moment.
12:40Tout ça, on sait le faire.
12:41C'est un débat
12:42qui est peut-être un peu technique
12:43mais dans lequel,
12:44en tout cas, nous,
12:45on a vocation à rentrer.
12:47On veut contribuer
12:48à cette réflexion,
12:49on veut montrer
12:49que ça marche à l'étranger,
12:50on peut le faire en France
12:51et c'est ça, je pense,
12:53qui peut ensuite
12:53nous ramener non seulement
12:55à une trajectoire
12:56de décarbonation
12:57plus ambitieuse
12:58mais évidemment aussi
12:59à des prix plus bas
13:01d'électricité
13:01et à l'animation
13:03d'une filière française
13:04d'excellence qui existe.
13:05Je vous donne un exemple.
13:06Il y a des batteries Nidec,
13:08un de nos fournisseurs
13:09produit ses batteries
13:10à Clermont-Ferrand.
13:11Enfin, on nous dit
13:12« Ah oui, mais le nucléaire,
13:13c'est une filière
13:13d'excellence française. »
13:14C'est vrai.
13:15Le renouvelable l'est aussi
13:16à travers des assembleurs
13:18de composants,
13:19à travers des intégrateurs
13:20comme Bouygues
13:21ou FH ou Vinci,
13:22à travers évidemment
13:23des clients
13:24et des développeurs
13:24de projets comme Néohen,
13:26il y a une vraie filière
13:27d'excellence française
13:28et c'est dommage
13:28de ne pas en parler.
13:30Alors en conclusion,
13:31ce sera notre dernière question
13:32parce que le temps file évidemment
13:33mais vous l'avez évoqué,
13:34la question des prix bas.
13:35Vous savez bien
13:36qu'on va reparler évidemment
13:37d'énergie pendant toute
13:38la campagne présidentielle
13:39et que la question des prix,
13:40la question de l'évolution
13:41de la facture d'électricité
13:42va se poser.
13:44les politiques eux-mêmes
13:45ne cachent plus le fait
13:46que même si l'on mise
13:47de plus en plus
13:48sur le nucléaire,
13:49la facture risque d'augmenter.
13:50Est-ce que la facture
13:51d'électricité est amenée
13:52irrémédiablement à augmenter
13:53dans les 10, 20, 20...
13:54Elle va augmenter non pas
13:55même si on mise sur le nucléaire,
13:56elle va augmenter
13:57parce qu'on mise sur le nucléaire
13:58et pourquoi pas,
13:59il y a des bonnes raisons
14:00de faire le nucléaire
14:01mais EDF a annoncé ce matin
14:02que Inclay Point,
14:03son réacteur,
14:04son EPR,
14:06l'équivalent de Flamandville
14:07en Angleterre,
14:08que le coût final
14:08ramené en euros d'aujourd'hui
14:10parce qu'on peut toujours parler
14:11en livre Sterling de 2015
14:12est à peu près 55 milliards d'euros
14:14pour un réacteur,
14:151,6 gigawatt.
14:17Donc on est dans des prix
14:18qui sont 5 fois,
14:1910 fois plus élevés
14:20que ceux du renouvelable
14:22à capacité équivalente
14:23et même en rajoutant des batteries.
14:24On peut se dire
14:25qu'il y aura un effet de série
14:26si on fait 6 EPR
14:27ou 14 EPR,
14:28ça sera moins cher
14:29mais ça ne sera pas non plus
14:303 ou 5 fois moins cher.
14:31Donc on a aujourd'hui
14:32un renchérissement
14:33du coût de l'électricité
14:34du fait du nucléaire
14:35et pourquoi pas,
14:37il y a des enjeux de souveraineté
14:38qui vont avec.
14:39Justement,
14:39il faut pondérer ça
14:40en laissant le renouvelable
14:42prendre sa place,
14:43en lui permettant
14:44de faire baisser
14:45le coût moyen de l'électricité.
14:46Le renouvelable en France
14:47aujourd'hui
14:48est la source d'énergie
14:49la moins chère
14:50et a vocation à le rester
14:51et même d'une certaine manière
14:52à creuser encore l'écart.
14:54Et c'est pour ça
14:54que la PPE,
14:55plutôt que d'avoir une trajectoire
14:57un peu timide
14:57et d'envoyer un signal
14:59peut-être un peu ambigu
15:00sur est-ce qu'on veut
15:01vraiment du renouvelable,
15:01au contraire,
15:02devra en faire une force
15:03non seulement pour notre
15:04économie domestique
15:05mais même pour nos exportations.
15:06Ça sera un des grands enjeux
15:08de la prochaine élection présidentielle.
15:11Merci beaucoup
15:11Xavier Barbaro.
15:12Merci de passer nous voir
15:13ce soir le PDG de Neywen
15:15avec nous sur BFM Business.
15:16Merci beaucoup
15:17de passer nous voir
15:17très vite avec eux.
15:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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