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  • il y a 3 minutes
Ce mardi 24 mars, la réaction très forte du marché obligataire sur les taux longs a été abordée par Valentin Bissat, chef économiste et stratège au sein de Mirabaud AM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Juste avant, on va se poser un petit peu sur cette réaction très forte du marché obligataire,
00:06que ce soit aux Etats-Unis, mais aussi en Europe, notamment sur les taux longs,
00:09avec Valentin Bissa, chef économiste et stratège chez Mirabeau Asset Management.
00:12Bonjour Valentin.
00:13Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous ce matin en plateau.
00:16Alors ce matin, on a une petite détente sur le disant britannique.
00:20Néanmoins, on est toujours à la porte des 5%.
00:22Hier, cette barre symbolique a été touchée pour la première fois depuis 2008.
00:26Le disant américain est toujours proche des 4,4%.
00:29Quand le disant français est proche des 3,7%.
00:32Ce sont des signaux faibles à suivre de près quand même, aujourd'hui,
00:36cette remontée des taux longs, Valentin Bissa.
00:39Oui, tout à fait. C'est un sujet vraiment important.
00:41On a des déficits américains, des déficits européens qui sont extrêmement élevés.
00:45Donc dans un environnement de ralentissement de la croissance économique,
00:48la Banque centrale européenne, la semaine dernière,
00:50encore réduit ses prévisions de croissance pour 2026.
00:53Je le disais, d'endettement élevé, ça va être un coût important supplémentaire pour les Etats.
00:58La grande crainte aujourd'hui, c'est que les banques centrales remonquent leurs taux.
01:02On est quand même passé d'un extrême à l'autre, dans le sens où, en début d'année,
01:05le marché pensait que les banques centrales allaient baisser leurs taux,
01:08notamment en Europe.
01:09Et là, maintenant, on est sur des scénarios de hausse de taux.
01:11Pourquoi pas avoir parfois deux, voire trois hausses de taux, notamment pour la BCE ?
01:15Bien sûr, tout dépend des prix du pétrole qui, là aussi, comme le marché obligataire,
01:19sont très volatiles.
01:20Oui, alors évidemment, pour une banque centrale en choc énergétique,
01:23un choc sur l'os, c'est vraiment le scénario du pire.
01:26Les banques centrales font face, finalement, à un choc énergétique
01:29sur lequel elles ont très peu d'impact.
01:30Resserrer une politique monétaire n'a relativement peu d'impact sur les prêts de l'énergie.
01:34Mais en même temps, leur mandat est principalement basé sur l'inflation.
01:38Donc, elles sont, d'une certaine manière, presque obligées de réagir à cette situation.
01:41Néanmoins, la situation peut être vulnérable, inquiétante pour certains États,
01:46dans le sens où cette remontée des matières premières peut peser sur la croissance.
01:50Et dans le même temps, si vous avez des États qui s'endettent à des coûts plus élevés,
01:53l'impact ne sera pas négligeable, quand même, pour l'expérience publique.
01:57Oui, je crois qu'il y a une vraie différence entre les États-Unis et l'Europe.
01:59Aux États-Unis, la Banque centrale américaine a un double mandat, inflation-croissance.
02:03Donc, ça va lui permettre, finalement, selon nous, en tout cas,
02:06d'éviter les hausses de taux pour 2026.
02:08Aussi, les taux d'intérêt aux États-Unis sont déjà relativement élevés, 3,5%,
02:13supérieurs à ce qu'on appelle les taux d'intérêt d'équilibre pour l'économie américaine.
02:17Donc, on reste relativement confiant sur le fait que la Banque centrale américaine
02:20pourra ne pas resserrer sa politique monétaire cette année.
02:23En Europe, la situation est contraire et à l'opposé.
02:26On a un objectif unique sur l'inflation.
02:29Les taux d'intérêt en Europe sont déjà à leur niveau neutre.
02:32Donc, effectivement, la flexibilité est plus faible pour la Banque centrale européenne.
02:36Elle pourrait être obligée, dans le cadre de son mandat, de resserrer assez vite sa politique monétaire.
02:40D'après JP Morgan, ces derniers chocs pétroliers ont entraîné des récessions dans 4 cas sur 5.
02:46Alors, j'ai compris que les États-Unis étaient moins dépendants des prix de l'énergie,
02:50qui résistaient mieux dans ces phases troubles.
02:52Quand vous regardez la situation européenne, vous pensez qu'une récession est possible ?
02:57Elle est possible parce qu'effectivement, pour 2026, la croissance attendue était de 1,2%.
03:01Maintenant, on a des anticipations inférieures à 1%.
03:04Donc, si cette situation sur les prix de l'énergie se poursuit,
03:07ça pourrait effectivement peser encore plus sur la croissance européenne.
03:11On parle déjà éventuellement d'une récession technique sur le troisième trimestre.
03:14Donc, pas une récession définie par les économistes,
03:18mais un trimestre durant lequel la croissance européenne serait inférieure à 0%.
03:22Donc, c'est évidemment un risque qu'on observe.
03:25Et si on fait la comparaison avec 2021-2022,
03:28qu'on a eu la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine,
03:32le PIB européen a perdu 2,5% de croissance.
03:36Donc, on voit bien que si cette crise se poursuit,
03:39si cette guerre se poursuit et le choc énergétique se poursuit,
03:42la croissance européenne sera à risque.
03:44Avec ce matin un baril de pétrole qui est à 102 dollars quand le WTI,
03:48est repassé sous les 90 dollars, 89 dollars à l'instant pour le baril américain.
03:53En ce moment, les marchés, si je résume un petit peu la situation,
03:55on regarde trois choses.
03:56Les tweets de Donald Trump, la séance d'hier l'a bien montré.
03:59Le marché obligataire, les taux, et puis également le pétrole.
04:03Chez Mirabeau, Asset Management, quels sont les signaux faibles,
04:05les points d'attention en ce moment que vous suivez ?
04:07Alors, évidemment, comme tous les investisseurs,
04:09on regarde ce qui se passe dans le détroit d'Hormeau.
04:11Ça va être quand même un des signal importants pour savoir
04:13si on passe d'une phase de prolongation du conflit à plutôt une résolution.
04:18Mais ce qui est vraiment important à nos yeux,
04:19c'est que maintenant la guerre dure depuis au moins plus de quatre semaines.
04:23Donc les effets vont être persistants sur le marché de l'énergie.
04:25Et c'est pour ça que nous avons assez rapidement
04:27et nous continuons de réduire le risque dans les portefeuilles.
04:30Avec une exposition moindre à l'Europe ?
04:32Moindre à l'Europe, moindre sur les pays émergents également,
04:36qui souffrent d'autant plus de ce choc énergétique
04:39et également sur la partie obligataire.
04:41Et le retour du cash, c'est vrai que quand on regarde les statistiques
04:45des différents brokers, visiblement, c'est le retour du cash en portefeuille
04:47depuis le début du mois.
04:49Vous mentionnez l'or, l'or qui est considéré souvent
04:51comme un actif refuge à fortement baisser.
04:54Actuellement, si on regarde la totalité des classes d'actifs,
04:56à part le secteur énergétique, il n'y a à peu près rien qui a augmenté.
05:00Tous les actifs ont recorrélé à la baisse.
05:02Donc effectivement, on construit une poche importante de cash,
05:05de liquidités dans les portefeuilles pour la réinvestir
05:08lorsque les incertitudes se relèveront.
05:10Et in fine, les États-Unis résistent plutôt bien.
05:13Wall Street baisse beaucoup moins depuis le début du mois
05:15que les marchés émergents et que les marchés européens,
05:19avec peut-être d'autres allocataires qui, comme vous,
05:21préservent un petit peu cette poche américaine.
05:23C'est vrai que la tech américaine est pour l'instant un petit peu immunisée
05:26à cette guerre au Moyen-Orient.
05:28Avant le début de cette guerre, c'était vraiment le sujet pour 2026.
05:31Est-ce que l'on est dans une bulle de l'IA ?
05:33Est-ce que les hyperscalers investissent trop dans les centres de données notamment ?
05:38C'est vrai que ce sujet maintenant est passé au deuxième plan.
05:41On se focalise beaucoup plus maintenant sur les fondamentaux de l'économie américaine
05:44qui sont moins touchés que ceux en Europe ou dans les pays émergents.
05:47Et en termes sectoriels, ça donne quoi sur cette poche américaine Action ?
05:50Sectoriel, on est toujours positif sur le secteur communication services,
05:53services aux communications.
05:55Au niveau de la tech, on est un peu moins positif évidemment sur les softwares.
05:58On a vu les logiciels baisser fortement en début d'année sur les craintes liées à Anthropik
06:03et tout ce qui pouvait mettre sous pression finalement le secteur des logiciels.
06:07Mais toujours positif sur le hardware, également sur les semi-conducteurs.
06:10Merci beaucoup Valentin Vissat nous a raccompagné ce matin en plateau.
06:13Je rappelle que vous êtes chef économiste et stratège chez Mirabo Asset Management.
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