00:00Quand le marché obligataire, lui, essaye de se stabiliser, avec ce matin un 10 ans britannique qui est toujours proche
00:07des 5%,
00:08du côté du 10 ans français, nous sommes ce matin à 3,66, 3,83 pour le 10 ans italien,
00:14quand le 10 ans aux Etats-Unis est toujours proche des 4,3%.
00:18Pour parler de ce marché obligataire, c'est Adam Curpiel qui nous accompagne ce matin, le responsable de la recherche
00:23taux de Société Générale CIB.
00:25Bonjour Adam Curpiel, un petit mot quand même sur les taux longs notamment, c'est vrai que les 10 ans
00:31ce sont les taux de référence qui se sont envolés d'une façon spectaculaire depuis le début de ce conflit.
00:38Oui, bonjour, effectivement on a eu un replacing très significatif de marché obligataire, si on regarde les taux longs, il
00:47faut quand même regarder les taux courts,
00:48parce que les attentes des politiques monétaires sont en fait les plus importants déterminants des niveaux de taux obligataires, y
00:55compris sur une martillité longue.
00:57Donc cette violence de retournement s'explique par le positionnement de marché avant le début de la guerre,
01:03qui reflétait leurs attentes excessivement biaisées à cette période-là en faveur des baisses de taux des banques centrales.
01:09Or, la guerre en Iran a complètement renversé ces projections.
01:14Donc dès le début de l'année, on avait en fait le marché d'action qui montrait des signes de
01:17fragilité,
01:18ce qui rendait l'obligataire attractif et poussait les taux obligataires à la baisse.
01:22Et par conséquent, on a fini fin février avec une situation où les attentes de baisse des taux qui étaient
01:27implicites dans les prix obligataires
01:29étaient devenues en fort contraste avec les économies plutôt résilientes, avec les discours de banque centrale,
01:35qui n'évalidaient pas un besoin d'assouplissement monétaire aussi significatif.
01:39Donc fin février, on avait les marchés qui s'attendaient à trois baisses des taux de la Fed cette année.
01:44Les marchés s'attendaient à une forte chance pour une baisse des taux de la part de la BCE.
01:48Maintenant, avec la guerre en Iran, on l'envole des prix d'énergie.
01:51Ces changements d'attente des banques centrales ont été drastiquement modifiés.
01:55Le marché n'attend plus aucune baisse des taux de la part de la Fed.
01:58Et le marché s'attend à deux voire même trois hausses des taux de la part de la BCE.
02:03Avec une hausse, que ce soit sur les taux courts, mais également les taux longs,
02:06de l'ordre de 50 points de base, voire même plus lundi,
02:09puisque pour rappel, juste avant les tweets de Donald Trump,
02:11on a un disant français qui était quand même au-delà des 3,8%.
02:15On est sur un stress important.
02:17Est-ce qu'on est sur des mouvements de panique ?
02:19Est-ce qu'on peut parler de panique sur ce marché obligataire, Adam Curpiel ?
02:23Donc effectivement, l'ajustement a été très fort aussi du point de vue historique
02:28de ce genre de choc dans le passé.
02:30Mais on ne peut pas encore parler d'une dynamique de panique.
02:33Donc si on regarde trois segments, taux courts, taux longs et spread,
02:36taux courts, donc on vient de les voir,
02:39anticiper aucune hausse des taux de la Fed, aucune baisse cette année.
02:44Et finalement, ensuite, peut-être une reprise de baisse l'année prochaine
02:46n'est pas une configuration de panique.
02:48Pareil pour la BCE, anticiper deux hausses des taux
02:51nous mainteneraient toujours dans une zone que l'on pourrait qualifier de nette.
02:54Ce n'est pas encore excessif.
02:55Si on regarde les taux longs, effectivement, on frôle les zones potentiellement dangereuses.
03:00La France, disons, à 3,70, avec des déficits primaires,
03:03une croissance potentielle réelle inférieure à 1%, probablement.
03:08Ce n'est clairement pas très bon pour la trajectoire de la dette publique anticipée,
03:12sauf si le marché sous-estime peut-être fortement l'inflation à venir.
03:16Finalement, si on regarde les spreads payés en Europe,
03:18que ce soit la France ou l'Italie contre l'Allemagne,
03:21les mouvements sont restés jusqu'à présent parfaitement en ligne
03:24avec les sentiments généraux du marché envers les risques.
03:28Il n'y a pas eu aucun effet, si vous voulez, amplificateur,
03:32lié à une perception accrue du risque souverain en tant que tel.
03:35Les primes de termes également sont restées relativement stables globalement sur l'obligataire.
03:41Adam Curpiel, vous êtes responsable de la recherche taux chez Société Générale CIB.
03:45Depuis trois semaines, il s'est remonté du marché obligataire.
03:49Quelle est votre stratégie ?
03:50Comment aujourd'hui vous arbitrez un petit peu vos portefeuilles ?
03:54Dans ce contexte de très forte volatilité,
03:57nous restons prudents, défensifs et tactiques.
04:01Trois observations.
04:02Nous restons quand même toujours baissiers sur l'obligataire dans le mois à venir.
04:07Nous anticipons que les rendements vont continuer à monter.
04:11Ce qui, in fine, permettra de meyer à un niveau d'entrée.
04:14Sur les taux longs, on observe généralement un pic aux alentours de la première hausse de taux de la BCE.
04:18Donc si effectivement la BCE devait s'orienter vers une hausse de taux plus tôt que prévu,
04:22donc peut-être déjà au mois de juin,
04:23on devrait avoir de bons niveaux d'achat à ce moment-là.
04:27Sur les courbes de taux, on devrait rester plat.
04:30Peut-être même des courbes pourraient s'inverser,
04:32tout cela en fonction des attentes de hausse de taux effectivement.
04:34Et cela rendra les obligations à taux variable indexées aux taux longs attractives
04:40parce qu'elles vont bénéficier de ces niveaux plats
04:42ou peut-être même inverser des courbes de taux.
04:45Et sur les spreads, avec les spreads pays plus larges,
04:48on pense qu'ils offriront de bonnes opportunités d'achat.
04:51Une fois les calmes revenus, ce n'est pas encore le cas.
04:54Merci beaucoup Adam Curpiel pour cet éclairage.
04:56Rappel que vous êtes responsable de la recherche taux chez Société Générale CIB
04:59pour ce focus donc sur les souverains européens.
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