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  • il y a 22 heures
Ce mercredi 25 mars, l'envolée spectaculaire des taux longs depuis le début du conflit en Iran, a été abordée par Adam Kurpiel, responsable de la Recherche Taux chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Quand le marché obligataire, lui, essaye de se stabiliser, avec ce matin un 10 ans britannique qui est toujours proche
00:07des 5%,
00:08du côté du 10 ans français, nous sommes ce matin à 3,66, 3,83 pour le 10 ans italien,
00:14quand le 10 ans aux Etats-Unis est toujours proche des 4,3%.
00:18Pour parler de ce marché obligataire, c'est Adam Curpiel qui nous accompagne ce matin, le responsable de la recherche
00:23taux de Société Générale CIB.
00:25Bonjour Adam Curpiel, un petit mot quand même sur les taux longs notamment, c'est vrai que les 10 ans
00:31ce sont les taux de référence qui se sont envolés d'une façon spectaculaire depuis le début de ce conflit.
00:38Oui, bonjour, effectivement on a eu un replacing très significatif de marché obligataire, si on regarde les taux longs, il
00:47faut quand même regarder les taux courts,
00:48parce que les attentes des politiques monétaires sont en fait les plus importants déterminants des niveaux de taux obligataires, y
00:55compris sur une martillité longue.
00:57Donc cette violence de retournement s'explique par le positionnement de marché avant le début de la guerre,
01:03qui reflétait leurs attentes excessivement biaisées à cette période-là en faveur des baisses de taux des banques centrales.
01:09Or, la guerre en Iran a complètement renversé ces projections.
01:14Donc dès le début de l'année, on avait en fait le marché d'action qui montrait des signes de
01:17fragilité,
01:18ce qui rendait l'obligataire attractif et poussait les taux obligataires à la baisse.
01:22Et par conséquent, on a fini fin février avec une situation où les attentes de baisse des taux qui étaient
01:27implicites dans les prix obligataires
01:29étaient devenues en fort contraste avec les économies plutôt résilientes, avec les discours de banque centrale,
01:35qui n'évalidaient pas un besoin d'assouplissement monétaire aussi significatif.
01:39Donc fin février, on avait les marchés qui s'attendaient à trois baisses des taux de la Fed cette année.
01:44Les marchés s'attendaient à une forte chance pour une baisse des taux de la part de la BCE.
01:48Maintenant, avec la guerre en Iran, on l'envole des prix d'énergie.
01:51Ces changements d'attente des banques centrales ont été drastiquement modifiés.
01:55Le marché n'attend plus aucune baisse des taux de la part de la Fed.
01:58Et le marché s'attend à deux voire même trois hausses des taux de la part de la BCE.
02:03Avec une hausse, que ce soit sur les taux courts, mais également les taux longs,
02:06de l'ordre de 50 points de base, voire même plus lundi,
02:09puisque pour rappel, juste avant les tweets de Donald Trump,
02:11on a un disant français qui était quand même au-delà des 3,8%.
02:15On est sur un stress important.
02:17Est-ce qu'on est sur des mouvements de panique ?
02:19Est-ce qu'on peut parler de panique sur ce marché obligataire, Adam Curpiel ?
02:23Donc effectivement, l'ajustement a été très fort aussi du point de vue historique
02:28de ce genre de choc dans le passé.
02:30Mais on ne peut pas encore parler d'une dynamique de panique.
02:33Donc si on regarde trois segments, taux courts, taux longs et spread,
02:36taux courts, donc on vient de les voir,
02:39anticiper aucune hausse des taux de la Fed, aucune baisse cette année.
02:44Et finalement, ensuite, peut-être une reprise de baisse l'année prochaine
02:46n'est pas une configuration de panique.
02:48Pareil pour la BCE, anticiper deux hausses des taux
02:51nous mainteneraient toujours dans une zone que l'on pourrait qualifier de nette.
02:54Ce n'est pas encore excessif.
02:55Si on regarde les taux longs, effectivement, on frôle les zones potentiellement dangereuses.
03:00La France, disons, à 3,70, avec des déficits primaires,
03:03une croissance potentielle réelle inférieure à 1%, probablement.
03:08Ce n'est clairement pas très bon pour la trajectoire de la dette publique anticipée,
03:12sauf si le marché sous-estime peut-être fortement l'inflation à venir.
03:16Finalement, si on regarde les spreads payés en Europe,
03:18que ce soit la France ou l'Italie contre l'Allemagne,
03:21les mouvements sont restés jusqu'à présent parfaitement en ligne
03:24avec les sentiments généraux du marché envers les risques.
03:28Il n'y a pas eu aucun effet, si vous voulez, amplificateur,
03:32lié à une perception accrue du risque souverain en tant que tel.
03:35Les primes de termes également sont restées relativement stables globalement sur l'obligataire.
03:41Adam Curpiel, vous êtes responsable de la recherche taux chez Société Générale CIB.
03:45Depuis trois semaines, il s'est remonté du marché obligataire.
03:49Quelle est votre stratégie ?
03:50Comment aujourd'hui vous arbitrez un petit peu vos portefeuilles ?
03:54Dans ce contexte de très forte volatilité,
03:57nous restons prudents, défensifs et tactiques.
04:01Trois observations.
04:02Nous restons quand même toujours baissiers sur l'obligataire dans le mois à venir.
04:07Nous anticipons que les rendements vont continuer à monter.
04:11Ce qui, in fine, permettra de meyer à un niveau d'entrée.
04:14Sur les taux longs, on observe généralement un pic aux alentours de la première hausse de taux de la BCE.
04:18Donc si effectivement la BCE devait s'orienter vers une hausse de taux plus tôt que prévu,
04:22donc peut-être déjà au mois de juin,
04:23on devrait avoir de bons niveaux d'achat à ce moment-là.
04:27Sur les courbes de taux, on devrait rester plat.
04:30Peut-être même des courbes pourraient s'inverser,
04:32tout cela en fonction des attentes de hausse de taux effectivement.
04:34Et cela rendra les obligations à taux variable indexées aux taux longs attractives
04:40parce qu'elles vont bénéficier de ces niveaux plats
04:42ou peut-être même inverser des courbes de taux.
04:45Et sur les spreads, avec les spreads pays plus larges,
04:48on pense qu'ils offriront de bonnes opportunités d'achat.
04:51Une fois les calmes revenus, ce n'est pas encore le cas.
04:54Merci beaucoup Adam Curpiel pour cet éclairage.
04:56Rappel que vous êtes responsable de la recherche taux chez Société Générale CIB
04:59pour ce focus donc sur les souverains européens.
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