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  • il y a 2 semaines
Ce vendredi 13 mars, Olivier Lévy, président de Levy Capital Partners, et François Monnier, directeur de la rédaction d'Investir, ont échangé leur point de vue concernant le prix du baril de pétrole à 100 dollars dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:02Avec le très impatient Olivier Lévy, président de Lévy Capital Partners. Bonjour Olivier, merci d'être avec nous ce matin
00:08avec François Monnier, le directeur de la rédaction d'Investir.
00:11On a besoin de vos éclairages ce matin car vous avez un marché obligataire qui continue de grimper.
00:15Le 10 ans français est à 3,67, il frôle ses plus hauts de 2011.
00:19Le boon, donc le 10 ans allemand, est quasiment à 3% sur des plus hauts de 2023-2024.
00:26Et pour cause, le marché qui voyait en début d'année des baisses de taux se met désormais à anticiper
00:31des hausses de taux.
00:32Avec donc ce baril de pétrole qui est à nouveau à 100 dollars ce matin Olivier.
00:36Oui, je crois qu'on a tous assisté à un krach pétrolier.
00:39On ne sait pas combien de temps il va durer.
00:41Mais le pétrole, le Brent est à 101 dollars le baril.
00:44L'euro dollar était à 1,18, il est à 1,1450.
00:49Les taux longs explosent à la hausse.
00:51Donc le 10 ans français était installé à 3,20, 3,30, on est à 3,66 au moment où
00:57on se parle.
00:58Les Etats-Unis c'est pareil.
01:00Donc si vous voulez, c'est toute la chaîne d'approvisionnement derrière qui va être impactée.
01:04Quelle que soit, je dirais, la durée du conflit, le mal est fait.
01:07Donc le problème c'est la manière dont les uns et les autres vont pouvoir, là aussi, réanticiper une stagflation
01:17ou pas.
01:17Parce que, vous le dites, est-ce qu'il va y avoir possiblement une hausse des taux ?
01:21Mais ce que les marchés anticipent maintenant avec ce choc qui pourrait durer, c'est une stagflation.
01:27Donc la stagflation, très clairement, c'est un mauvais mixte d'une croissance très molle ou d'une absence de
01:33croissance avec une inflation qui n'était pas morte.
01:37Je le rappelais ici, mais d'autres aussi, avec les tarifs douaniers de Donald, c'était inflationniste aux Etats-Unis.
01:44Là, c'est un choc externe. Effectivement, ça vient de l'extérieur, c'est le pétrole que beaucoup ont sous
01:50-estimé depuis 50 ans.
01:52Puisque le dernier choc, grand choc pétrolier, date d'il y a effectivement une cinquantaine d'années, les deux derniers
01:57chocs.
01:58Donc là, on a une paralysie du détroit d'Hormuz.
02:01On a une incapacité, effectivement, de beaucoup d'entrepreneurs de se projeter.
02:06Et puis bon, le choc sur les devises est là aussi.
02:09Donc, qu'est-ce qu'on fait ? On revient à une sécurité.
02:13Qu'est-ce qu'on fait ? On achète de l'or, on achète du franc suisse, on achète des
02:16obligations plus courtes que longues,
02:18parce qu'on n'a pas de visibilité, que le Bund est toujours là pour rassurer versus l'OAT ou
02:22effectivement,
02:23que les gens redécouvrent certains produits qui protègent de l'inflation.
02:29Comme, par exemple, des exemples pour vous ?
02:31L'OATI, évidemment, le Bundy, donc tout ce qui est avec un I, ce sont des sous-jacents avec de
02:38l'inflation qui répliquent l'évolution de l'inflation.
02:41Après, ceux qui veulent se protéger de l'inflation ont encore d'autres façons de le faire, de manière décorrélée.
02:47L'or est une bonne protection et il y en a d'autres.
02:52L'immobilier moins quand il y a hausse des taux, mais l'immobilier quand même.
02:56Parce que là aussi, ça rassure, c'est compliqué de déprécier massivement.
03:02Alors qu'aujourd'hui, on en parlera tout à l'heure, le non-liquide, la dette privée, le private equity
03:07est en proie aux doutes et a de très très fortes dépréciations d'actifs.
03:11Avec Morgan Stanley qui a perdu 4% hier soir à la clôture, car d'après Bloomberg, la banque doit
03:16à son tour limiter les retraits sur l'un de ses fonds de dette privée.
03:20En tout cas, aujourd'hui, à chaud, cette réaction, François Monnier, c'est vrai que la situation est quand même
03:24très mouvante.
03:25Toute l'équation, bien sûr, dépend de la durée de ce conflit.
03:28C'est un peu le pire scénario pour l'Europe, notamment pour l'Allemagne, cette remontée des taux, un euro
03:32faible, remontée des matières premières.
03:34Bref, les marchés sont portés depuis un an par le plan de relance.
03:37Si la situation se prolonge, ça sera quand même compliqué aujourd'hui pour l'Europe, mais aussi pour d'autres
03:42industries européennes.
03:44Oui, bien sûr, c'est une nouvelle donne qui se dessine.
03:47Ce qu'il faut d'abord, ce n'est pas surréagir.
03:50Ce qu'il faut essayer de voir, c'est qu'il y a des réactions à chaud, il y a
03:54des effets immédiats et il y a des effets à moyen terme.
03:59Réaction à chaud, effets immédiats, évidemment, les portefeuilles actions sont chahutées, les prix à la pompe montent.
04:08Donc ça, c'est ce qu'on appelle les réactions immédiats.
04:11Après, ce qui est intéressant et ce qui a véritablement un impact sur les placements, c'est les conséquences à
04:18moyen terme.
04:19Autrement dit, concrètement, on en saura plus sur est-ce qu'il y aura un impact sur l'inflation ou
04:25pas,
04:27si on a toujours des prix de l'énergie extrêmement élevés, un mois et demi ou deux mois après le
04:34début du conflit.
04:35Et là, aujourd'hui, dire qu'il y aura un choc inflationniste, on n'en sait strictement rien.
04:41Et d'ailleurs, toutes les banques d'affaires nous font trois scénarios.
04:44Le scénario central, un conflit qui dure quatre à cinq semaines.
04:48Vous avez le scénario rose où tout de suite, Donald Trump va renverser le régime et va instaurer un ami
04:56à lui
04:57qui fera que l'Iran va pouvoir travailler en étroite collaboration avec les États-Unis.
05:01Et un scénario noir qui est le fait que ce conflit, c'est l'escalade et il y aura un
05:08enlisement.
05:09Donc, tout le monde fait des scénarios, les trois scénarios, toutes les banques,
05:12que ce soit les banques françaises, européennes, asiatiques, américaines, travaillent là-dessus.
05:17Et on ajuste plus ou moins les probabilités.
05:20Ah, il y a un tir de missile. Ah, on va augmenter le scénario noir.
05:24Ah, il me semble que Trump a dit qu'il allait, c'était fini.
05:27Hop, on remet une pièce dans le scénario rose.
05:29Il va sortir demain dans les kiosques. C'est quoi votre message ?
05:32Le message, c'est qu'il faut éviter au maximum de multiplier les opérations.
05:39Parce qu'attention aux portes de saloon.
05:41Ce qu'on sait, d'abord, il y a plusieurs messages.
05:44Ce qu'on sait, c'est que lorsqu'il y a un choc géopolitique,
05:49et des chocs géopolitiques, on en a eu des dizaines et des dizaines depuis 1939,
05:53lorsqu'il y a un choc de cette ampleur, les marchés perdent en moyenne 7,5%, 8%, on y est.
06:02Et la baisse, le point bas, est touchée en moyenne 16 jours après le début du conflit.
06:08Ça, c'est ce qui se passe depuis ce qu'on a pu observer sur les marchés boursiers,
06:13depuis l'annexion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne en 1939.
06:16Donc aujourd'hui, c'est trop tôt ?
06:19On a quasiment touché le point bas techniquement.
06:23Il y a encore quelques jours à attendre.
06:26Ça, c'est une moyenne.
06:26Ce qui montre que les chocs géopolitiques ne sont pas des chocs très graves.
06:33Médiatiquement, c'est une catastrophe.
06:35Il y a des morts.
06:36Mais les véritables chocs, ce sont des chocs financiers, des chocs immobiliers.
06:40Donc ça, c'est ce qu'on sait.
06:41Il faut voir qu'il ne faut pas non plus paniquer.
06:44Ça, c'est le premier point.
06:45Le deuxième point, dans cet environnement qui est compliqué, géopolitiquement,
06:52s'ajoute quelque chose quand même qui est plutôt inquiétant.
06:56Donc il ne faut pas rajouter du risque au risque.
06:57Et là, le risque au risque, Olivier n'a dit un mot,
07:00c'est ce qui se passe dans le private equity, ce qui se passe sur les dettes privées.
07:04Là, quand vous êtes dans un contexte géopolitique qui apporte de l'incertitude,
07:08trois scénarios mis sur la table,
07:11plus vous avez un vrai problème de crédit privé,
07:15il faut voir que le marché du crédit privé,
07:17c'est quelque chose quand même qui s'est fortement développé
07:19depuis la faillite de Lehman Brothers.
07:21Donc les montants sont colossaux.
07:23On a vendu à des particuliers le fait qu'avec de la dette privée,
07:27la dette des entreprises, vous allez gagner à deux chiffres plus de 12% de rendement par an.
07:32Et sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'il peut y avoir des faillites.
07:35Parce que ces gérants de dettes privées ont prêté de l'argent à des entreprises
07:41qui étaient en difficulté, puisque les banques,
07:43depuis la faillite de Lehman Brothers,
07:44on leur met des tonnes de contraintes, des tonnes d'obligations
07:48que finalement ces acteurs de ces banques prêtent
07:50qu'à des entreprises saines qui sont extrêmement rentables.
07:53Et donc les entreprises fragiles,
07:55elles se tournent vers les gestionnaires.
07:58Les gestionnaires prennent l'argent des particuliers
08:00et prêtent à ces entreprises en difficulté.
08:02Et là, on commence à avoir des taux de défaillance.
08:05Des taux de défaillance depuis cet automne.
08:07Ça augmente de jour en jour.
08:10Le patron de J.P. Morgan parle de cafards.
08:12Et quand on voit un cafard, il y en aura plusieurs.
08:14Et ça, c'est quelque chose qui est inquiétant.
08:15Donc il faut être là pour le coup plutôt radical, j'ai envie de dire.
08:19Il faut ne pas détenir aujourd'hui dans son placement
08:22aucun fonds de dette privée.
08:24Ah oui, mais on ne peut pas le vendre, François.
08:26Le problème, c'est que là, vous ne pouvez pas le vendre, votre fonds.
08:28Ah ben, nous, on n'en a jamais recommandé.
08:30Mais je pense qu'on peut encore.
08:33Si, si.
08:34Là, ce qui se passe, ce que proposent les Black Rock et autres,
08:37c'est de dire, si vous jamais voulez retirer votre argent,
08:39en gros, aujourd'hui, on vous en rend la moitié.
08:42Et tout le monde est en train d'échelonner le fait
08:45que les rachats puissent se faire plus progressivement.
08:48Mais on est peut-être à l'aube d'un mouvement de panique
08:51sur la dette privée.
08:53Si le fonds est ouvert, parce qu'il y a des fonds qui sont fermés,
08:55dans ce cas-là, il n'y a pas de fenêtre de tir.
08:56Oui, je reconnais là, François, toujours très optimiste,
09:01mais qui met en lumière, effectivement, les principaux risques,
09:03qui sont très, très nombreux actuellement.
09:06Donc, évidemment, les risques géopolitiques,
09:09les guerres militaires, Ukraine, Iran,
09:13les guerres commerciales,
09:15et effectivement, le fait qu'on ait été peut-être
09:19dans un monde où il y avait beaucoup de liquidités,
09:21peu soucié du leverage.
09:23Là, à nouveau, les banques, les grands fonds de private equity,
09:26de dettes privées ont commis à nouveau les mêmes erreurs.
09:28Et donc, on va se retrouver dans, possiblement, à nouveau,
09:32une volonté de sortir massivement de ces produits d'illiquide.
09:35Donc, nous, qui sommes des fervents descenseurs de la liquidité,
09:39de la prime qu'on doit donner à la liquidité,
09:41on est très à l'aise avec ça.
09:42On attend de voir, là aussi, si c'est une petite séquence
09:46ou si ça s'accélère.
09:48En général, quand les plus grands de la planète,
09:50comme le patron de JP Morgan,
09:52vous dit qu'effectivement, le système est complètement contaminé,
09:55ça veut dire qu'on va, par ricochet,
09:58effectivement, également en Europe, être contaminé.
10:01Donc, pour l'auditeur qui nous écoute,
10:05c'est faire preuve de lucidité,
10:07d'à nouveau, d'auditer son patrimoine, son portefeuille,
10:09de regarder ce qu'il a de liquide et de moins liquide
10:12dans son contrat d'assurance-vie, dans son PER,
10:16qui lui a vendu du private equity récemment,
10:19est-ce qu'il a eu fait du crowdfunding,
10:21quelle est son exposition au marché très risqué,
10:24aux sociétés endettées versus pas endettées,
10:26et quelle est son épargne de précaution,
10:29son argent qu'il a immédiatement disponible,
10:32à tout moment, sur des six caves monétaires
10:34ou des comptes à terme, voire des comptes courants.
10:36Dans le doute, le marché a vendu les banques.
10:38Hier, Dodgy Bank a notamment perdu 5%,
10:40car dans le rapport annuel, ils ont annoncé avoir une exposition
10:42à 26 milliards sur le crédit privé.
10:43Alors, ils estiment que pour l'instant,
10:45ce n'est pas un risque significatif,
10:47que c'est un risque qui est gérable.
10:48En tout cas, dans le doute, le secteur bancaire reflue, François.
10:51Est-ce que là, il faut faire un peu du buy the dip sur les banques,
10:53ou au contraire, non, être prudent,
10:55après une année qui aura été extraordinaire ?
10:57L'Eurostox Bank a pris 80% l'année dernière, quelque chose comme ça.
11:00Bien sûr, on a eu un formidable rallye sur les banques
11:03depuis plusieurs trimestres.
11:04Là, vous avez deux effets,
11:06et c'est pour ça qu'en bonne gestion,
11:08il ne faut pas rajouter du risque au risque.
11:10On a un risque géopolitique.
11:12Si à cela, vous rajoutez un risque
11:14lié au fait que le marché de la dette privée
11:19va connaître des turpitudes,
11:23à cela s'ajoute le risque du marché du private equity.
11:26Je rappellerai juste un chiffre sur le private equity.
11:28On a plus de 32 000 entreprises à vendre.
11:30C'est près de 4 000 milliards de dollars.
11:32Ce que dit François est très pertinent,
11:34c'est très important.
11:35Il ne trouve pas de preneur.
11:36On a des fenêtres, effectivement, pour le high yield,
11:39notamment de refinancement d'ici 2-3 ans,
11:41qui vont être très complexes.
11:43Très, très complexes.
11:44Donc, quand vous avez le risque géopolitique,
11:47on n'a pas d'échéance.
11:49Et on a un risque financier qui semble plutôt bien défini,
11:52même si, en termes de chiffres,
11:54quand on parle de crise potentiellement très grave
11:58sur le marché de la dette privée,
12:00ce n'est pas les chiffres qu'on avait sur les subprimes.
12:03Ça ressemble aux subprimes,
12:04mais les subprimes, c'était des montants encore beaucoup plus importants.
12:07Donc là, on n'est pas dans un risque systémique.
12:08Là, c'est environ 2 000 milliards.
12:10Voilà, on a un peu plus du crédit privé.
12:12C'est surtout aux États-Unis.
12:13C'est surtout aux États-Unis.
12:14C'est assez pré-exposé.
12:15Mais il y a deux phénomènes.
12:16D'abord, il faut voir que ces entreprises
12:18à qui on a prêté de l'argent,
12:20avec l'argent des particuliers,
12:22ce sont des entreprises fragiles,
12:23et le taux de défaillance va faire que d'augmenter,
12:25parce qu'on a aussi une révolution avec l'IA.
12:29L'IA va faire qu'il y aura des entreprises
12:31qui vont être disruptées,
12:34déstabilisées par des nouveaux services,
12:35et donc le taux de défaillance va augmenter.
12:38Et donc le nombre de paumes va se multiplier.
12:41Et donc ces gens qui pensaient qu'avec de la dette,
12:44on pouvait faire des gains à deux chiffres comme en bourse,
12:46vont se rendre compte que non seulement on peut
12:48ne pas gagner à deux chiffres,
12:50ne pas gagner plus de 10%,
12:52mais en plus, on va avoir des pertes réelles
12:54et on va perdre son argent.
12:55Donc tout cela doit insister à la prudence sur les banques
12:58et les assureurs également,
12:59parce que les assureurs sont explosés dans leur bilan.
13:01Absolument, ça conduit dans les portefeuilles
13:02à réduire tout doucement le poids des acteurs financiers,
13:08banques et assureurs.
13:10Vous avez raison,
13:10il faut aussi mettre les assureurs dans le panier.
13:14Olivier Lévy, vous aimez bien les foncières cotées.
13:16Aujourd'hui, avec un 10 ans français à 3,6,
13:18à voir comment ça évolue, bien sûr, dans les prochaines semaines,
13:21est-ce que ça change la donne ?
13:22On voit quand même que ce secteur des foncières,
13:24alors qu'il y avait fait une belle reprise en bourse ces derniers mois,
13:27depuis le début du conflit, sous-performe.
13:30Oui, elles avaient surperformé.
13:32Oui.
13:33Donc il faut rallonger la séquence.
13:34Non, non, non, mais sur ce sujet,
13:35la boussole, c'est les taux.
13:38Il y a ceux qui suragissent aux taux.
13:39Il y a les foncières endettées,
13:41celles qui le sont beaucoup moins.
13:42Donc évidemment, il faut être sur celles
13:43qui ont effectivement une structure bilancielle solide.
13:47Ça vaut pour toute société,
13:48parce qu'à un moment donné, ça peut dégénérer.
13:50Je pense que dans le paysage qu'on dresse,
13:52l'auditeur doit toujours faire attention.
13:55Voilà, il n'y a pas à surréagir,
13:57mais à être protégé,
13:59à se poser les bonnes questions, thématiques, etc.
14:01Et il y a un point qu'on oublie,
14:02qu'on a oublié, qu'on n'a pas évoqué ici.
14:04On a parlé des risques géopolitiques,
14:05on a parlé des risques militaires,
14:07on a parlé effectivement du craquement
14:09de la dette privée,
14:10de toute la contamination à la sphère privée.
14:13Mais la sphère publique,
14:14c'est-à-dire que l'Angleterre, la France,
14:17le Japon, les États-Unis
14:19sont des pays massivement endettés,
14:22pour lesquels il va y avoir des problématiques
14:23aussi de refinancement.
14:25Avec des élections,
14:26mais de termes aux États-Unis,
14:28France, on rentre dans la séquence.
14:31Donc là aussi,
14:31je pense que ça va rajouter
14:34un phénomène externe
14:36dans cette nouvelle équation,
14:37et je ne l'espère pas un emballement,
14:40puisqu'il faut que là aussi,
14:42les banques centrales jouent leur jeu
14:44et une posture qui soit plus radicale.
14:48Si elles n'augmentent pas les taux,
14:50qu'elles le disent,
14:51vous voyez, par anticipation,
14:52parce que là,
14:52on est qu'au début de la hausse du pétrole.
14:55Mais elles ne peuvent pas tout de suite
14:57prendre une décision,
14:59enfin une banque centrale.
14:59Parce que l'inflation n'a pas encore,
15:00effectivement,
15:01vous avez parfaitement raison.
15:03Il y a la réaction à chaud,
15:04et il y a la réaction des gens
15:05qui construisent le monde.
15:08À partir du moment où
15:09vous n'avez pas encore tout à fait
15:10la transmission du choc pétrolier
15:14sur l'ensemble des prix,
15:17eh bien il faut raison garder
15:18et ne pas se dire tout de suite
15:20voilà ce que je vais faire.
15:21Alors c'est sûr que tous les investisseurs
15:22voudraient que chaque banquier,
15:26Christine Lagarde,
15:28Jérôme Powell encore pendant quelques jours,
15:30vienne leur dire
15:30voilà ce qu'on va faire.
15:32Mais ça ne marche pas comme ça.
15:32Évidemment.
15:33Il faut voir
15:34quand la fumée va retomber
15:36si vraiment on a un choc inflationniste.
15:38Et attention aux remèdes
15:40parce que si vous augmentez les taux
15:42comme certains l'appellent,
15:43eh bien vous allez avoir moins de croissance.
15:44Et si vous avez moins de croissance,
15:46eh bien ça veut dire moins de consommation
15:47et vos centres commerciaux,
15:49il n'y aura personne dedans.
15:50Évidemment.
15:50Donc attention aux remèdes
15:52de dire la hausse des taux,
15:53ça va calmer l'inflation.
15:55Mais parfois,
15:56le remède tue le malade.
15:57Tout à fait.
15:58Sauf que personne ne peut dire
15:59qu'il n'y a pas de choc d'inflation.
16:01La question c'est combien de temps il va durer
16:03et quelles seront les répercussions.
16:04Chaque jour qui passe,
16:06chaque jour où le détroit d'Hormuz est paralysé,
16:08ça assiste à huit semaines de conséquences
16:11sur tous les approvisionnements
16:12pour tout ce qui concerne l'acide sulfurique,
16:15l'azote, l'engrais, la pétrochimie,
16:18la santé, les médicaments.
16:20Donc vous regardez ce que vous allez payer
16:21dans huit jours à la pompe
16:23et on en reparle.
16:24Ce qui est intéressant,
16:25c'est de voir à quel point
16:26on change de musique.
16:30Il y a encore une semaine,
16:32on dit qu'on va avoir un effondrement des prix
16:34parce que la Chine est en train
16:36de nous inonder de produits,
16:38qui casse les prix
16:38et donc finalement,
16:39on a 1,3% d'inflation en France.
16:42Peut-être qu'on va tomber à zéro
16:43et attention,
16:44on va peut-être être en territoire négatif.
16:46Et là, on est basculé,
16:47on ne parle plus du tout
16:47du déferlement de produits chinois
16:49qui cassent les prix.
16:50On est toujours dans une situation
16:52où attention,
16:53les prix vont...
16:55On est à 1,3%,
16:56tout de suite,
16:56on va passer à 4, 5, 6,
16:57peut-être qu'on aura 10%.
16:59Donc, il faut se méfier.
17:01En fait, la vérité,
17:02c'est que ce n'est jamais tout blanc
17:03ou tout noir
17:04et souvent,
17:05c'est le gris qui l'emporte.
17:06Qu'est-ce que vous avez fait
17:07dans les portefeuilles
17:07depuis 10 jours, Olivier Lévy ?
17:09Comment arbitrer son portefeuille
17:10face à toutes ces incertitudes
17:12que nous citons
17:12depuis un quart d'heure maintenant ?
17:14Alors, il y a 10 jours,
17:15et là, sans donner de conseils
17:16en investissement,
17:17nous, ce qu'on a fait
17:19en humble gestionnaire,
17:20on a augmenté nos positions
17:22sur le franc suisse,
17:23l'or,
17:24le pétrole,
17:25les utilities,
17:26les tankers.
17:27On a réduit
17:29tous les secteurs
17:31en proie à la grande consommation,
17:32le tourisme,
17:33le transport,
17:34la restauration,
17:36la chimie également,
17:38et on est très à l'aise
17:39avec des obligations
17:40plus court terme
17:41que long terme,
17:43momentanément,
17:44en attendant de voir
17:45ce qui va se passer.
17:47Et on a des positions,
17:50parce qu'on avait beaucoup
17:51écrété les Mac 7,
17:52qu'on avait beaucoup vendu
17:53les Alphabet,
17:54Microsoft,
17:54etc.
17:55Donc, on a des poches
17:56de cash
17:57qui nous permettent
17:58possiblement,
17:59on l'espère,
18:00de profiter
18:01et en étant plus audacieux,
18:03de ramasser
18:04des sociétés
18:05qui ont été survendues,
18:06comme vous l'avez mentionné,
18:07les foncières,
18:08parce que les taux montent
18:09momentanément,
18:10parce que des SS2i
18:11se font disrupter
18:12par l'IA,
18:12parce que des secteurs
18:14comme les automotives
18:15ou liés à l'IA
18:17vont souffrir.
18:18Donc, là aussi,
18:19on se réserve
18:20des grosses positions
18:21de cash
18:22dans un monde
18:23qui est très mouvant
18:24et où, je le rappelle,
18:25les valorisations
18:26jusqu'à il y a encore
18:27six semaines
18:28étaient au sommet.
18:29Total Énergie
18:30sur un plus haut historique
18:31au-delà des 71 euros,
18:32c'est la seule valeur
18:33à être sur un plus haut
18:34avec peut-être Orange
18:35qui est également
18:35dans le vert ce matin.
18:37Quels sont les secteurs
18:37que vous aimez bien
18:38en ce moment
18:38chez Investir, François ?
18:39Oui, c'est sûr
18:40qu'il faut essayer
18:41de protéger un peu
18:42son portefeuille.
18:43Donc, si vous n'avez pas d'or,
18:45même si l'or
18:46a déjà réalisé
18:47un parcours exceptionnel,
18:48c'est jamais trop tard
18:49d'avoir de l'or, par exemple.
18:50Surtout que depuis
18:50le début du conflit,
18:52l'or a baissé.
18:53Oui, parce que d'abord,
18:54il y a eu deux phénomènes.
18:55Au moment du conflit,
18:56ce qui s'est passé,
18:57c'est qu'il y a
18:58un rapatriement d'argent
18:59vers les Etats-Unis.
19:01Ça a fait monter le dollar
19:02et l'or,
19:03ça ne vous a pas échappé,
19:04est en dollar.
19:04Donc, il y a eu
19:05un petit arbitrage technique
19:07et tout le monde s'est dit
19:08qu'il y aura peut-être
19:08un choc aussi inflationniste.
19:10Et donc, l'or,
19:11généralement,
19:11ça n'aime pas trop l'inflation
19:12parce que qui dit inflation
19:13dit une meilleure rentabilité
19:15sur le marché obligataire
19:16et il peut y avoir
19:17quelques arbitrages techniques.
19:18Mais pour moi,
19:18c'est un phénomène
19:19de très court terme
19:20et que la tendance haussière
19:22sur l'or,
19:23elle est durable.
19:24Parce que le contexte géopolitique,
19:26ça va peut-être s'arranger
19:28dans quelques jours
19:28en Iran,
19:29mais après,
19:30on aura Taïwan,
19:30après,
19:30on aura d'autres phénomènes.
19:31Donc, on est sur
19:32un environnement géopolitique
19:35dégradé
19:35et durablement dégradé.
19:36Donc, oui,
19:37il faut avoir de l'or.
19:37Il faut réduire un petit peu
19:39la poche des financières
19:40où on en a parlé.
19:40Il faut avoir de la santé,
19:42un secteur qui est acyclique,
19:43qui protège votre portefeuille.
19:45Il faut continuer
19:45à être bien diversifié
19:46et il faut avoir
19:47des producteurs
19:48d'énergie électrique
19:49comme Iberdrola,
19:50des acteurs comme ça
19:50qui permettent
19:51de bien traverser
19:52cette période.
19:53Merci beaucoup,
19:54François Monnier,
19:55qui est en plein bouclage
19:55à retrouver Investir
19:56ce week-end dans vos kiosques,
19:57directeur de la rédaction
19:58d'Investir et Olivier Lévy
19:59de Lévy Capital Partner.
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