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  • il y a 5 minutes
Ce mardi 24 mars, Étienne Gorgeon, responsable de la Gestion Obligataire chez Sanso Longchamp AM, et Enguerrand Artaz, stratégiste à La Financière de l'Echiquier, ont fait un focus sur le crédit privé et sur le marché obligataire dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:009h40, vous avez l'habitude de ce rendez-vous avec ce matin, un focus sur le crédit privé et également
00:05sur le marché obligataire avec Étienne Gorjon,
00:08responsable de la gestion obligataire chez Sanso Longchamp Asset Management et Anguéran Arthaz, stratégiste à la financière de l'échiquier.
00:15Merci à tous les deux d'être présents en plateau.
00:18Étienne Gorjon, hier matin, juste avant le tweet de Donald Trump, on avait des taux longs qui revenaient sur des
00:23plus hauts historiques ou presque,
00:25avec un 10 ans britannique qui était au-delà des 5% pour la première fois depuis 2008, le 10
00:30ans français à 3,87 quand même.
00:31Bon, ce matin, on est redescendu, nous sommes à 3,70, quand du côté des États-Unis, le 10 ans
00:36américain était à 3,4%.
00:39C'est quand même un revirement majeur là aussi, on aura peut-être l'occasion de parler du marché action
00:43sur cette partie obligataire depuis le conflit en Iran.
00:46Il y a beaucoup de choses à dire, effectivement. Il y a plusieurs choses que j'observe et que j
00:51'aurais envie de dire.
00:52La première, c'est que la réaction des marchés est parfois beaucoup plus violente que ce que l'histoire nous
00:56enseigne.
00:56C'est-à-dire que si on regarde le passé des chocs énergétiques, on s'aperçoit, alors c'est des
01:03moyennes,
01:04c'est des moyennes et l'histoire ne se répète jamais parfaitement, mais on s'aperçoit qu'on est dans
01:09une phase de marché extrêmement normale en réalité.
01:13Les baisses les plus fortes se font au bout de 15 jours et on est en général entre moins 5
01:19et moins 10.
01:20Il se trouve qu'on y est à peu près partout, en termes de plus haut, plus bas, on y
01:25est à peu près partout.
01:27Et que, historiquement, encore une fois, si l'histoire est un bon guide, en termes de jours ouvrés,
01:32ce type de situation a tendance à se résorber autour de un mois et demi.
01:38Donc là, on ne sait pas. Il y a quelques inconnus.
01:41C'est un peu difficile de savoir ce qui se passe dans la tête du président américain.
01:45Également, symétriquement, ce qui se passe du côté des gardiens de la Révolution.
01:49Jusqu'où ils voudront aller ?
01:50Moi, ce que j'observe, c'est que depuis hier, mais même, j'ai envie de dire, depuis vendredi soir,
01:57que Trump, il a envie de la finir, cette guerre.
02:00Ce que je ressens, c'est que lui, il a envie de siffler la fin de partie.
02:03Et que, de fait, c'est ce qui se passera en face qui va déterminer si on se dirige vers
02:11une résolution ou pas.
02:12Et pour finir, encore une fois, si une résolution devait avoir lieu dans les prochains jours,
02:17on serait dans une énorme normalité.
02:19Ce qui est assez incroyable, c'est qu'en retraitant tous les chiffres sur les chocs précédents,
02:25on serait totalement dans les moyennes.
02:28Après, on ne peut pas ignorer non plus le dérapage, la sortie de route, qui peut faire mal.
02:34Mais pour l'instant, voilà.
02:35Moi, j'ai l'impression que Trump a vraiment envie de siffler la fin de partie.
02:37Donc, ce qui va être intéressant, c'est de voir la réaction en face.
02:40La crainte à court terme, c'est notamment que la BCE en guerre en Arthase remonte ses taux.
02:44On est passé d'un scénario de stabilisation, de baisse de taux, voire même en début d'année,
02:49à aujourd'hui un scénario de deux, voire trois hausses de taux.
02:51Forcément, le marché obligataire s'ajuste avec des réactions qui sont quand même très épidermiques, très violentes.
02:57Oui, et puis même, je dirais, en tout cas pour ma part, un peu incohérentes.
03:01C'est-à-dire que quand on regarde même les prévisions de la BCE dans les divers scénarios
03:05qu'elle a présentés à l'issue de sa dernière réunion,
03:08on voit que dans le scénario où elle a le plus d'inflation, on tombe aussi à 0,4 de
03:12croissance.
03:13Je ne pense pas que dans un environnement comme ça, on puisse réellement se permettre,
03:17même en ayant un focus plus particulier sur la stabilité des prix,
03:21comme c'est le cas de la BCE par rapport à la Fed,
03:23je ne pense pas qu'on puisse se permettre de faire autant de hausses des taux.
03:26Peut-être que si l'économie résiste un peu mieux, qu'il y a un peu plus de transmission, de
03:31la hausse des prix du pétrole,
03:32peut-être qu'une hausse additionnelle, à un moment donné, peut se justifier.
03:36Mais un marché qui est allé jusqu'à anticiper, on est allé jusqu'à quasiment 4 hausses de taux anticipées
03:41hier matin.
03:42Je pense que ça, c'est complètement incohérent.
03:44Alors certes, la BCE, par le passé, nous a habitués à des erreurs de politique monétaire
03:48au moment des hausses des prix du pétrole en 2008 et en 2011.
03:52Je pense quand même qu'elle a appris de ses erreurs et qu'elle ne réitérera pas ce mouvement-là,
03:58en tout cas pas dans cette ampleur.
03:59Le 30 ans américain a touché les 5% hier, là aussi, Etienne Gorgeon, ce n'est pas négligeable,
04:05c'est une base de référence, notamment pour les prêts hypothécaires.
04:08Non mais ça, c'est un point intéressant, on sent quand même la tolérance à la douleur de Bessent,
04:13de l'administration américaine, de Trump, à certains seuils,
04:16que ce soit sur les marchés d'action ou sur le marché des taux.
04:20Moi, ma conclusion est faite depuis un petit bout de temps,
04:23c'est qu'on est dans un environnement où il y a tellement de leviers dans le système financier
04:26mais également dans le système économique au travers de déficits budgétaires
04:29qu'on accumule depuis des années et des années,
04:32qu'on voit très bien qu'il y a très peu de marge de manœuvre,
04:36ils sont obligés de négocier.
04:38Je rappellerai pour illustrer ce propos qu'il y avait une certaine volatilité
04:43sur les taux courts, c'était en octobre-novembre aux États-Unis
04:47et qu'à cause de cette volatilité sur les taux courts,
04:49la réserve fédérale s'est dit qu'elle se sentait obligée
04:51de faire un quantitative easing sur la partie courbe de la courbe.
04:54Ça donne une idée du fait qu'on n'a pas tant de marge de manœuvre
04:58et donc, de fait, moi je ne suis pas tellement surpris
05:00de l'initiative de Trump.
05:02On arrive un peu à ces moments où on prend le risque
05:05de faire basculer les marchés dans une inconnue
05:08que personne n'a envie de voir parce qu'il y a beaucoup trop de dettes partout.
05:13Et pour peut-être revenir sur le propos,
05:15les marchés, moi je les trouve relativement calmes
05:18par rapport aux événements.
05:20Si on regarde bien, plus bas, plus haut en termes de rendement,
05:23on est 50 points de base.
05:24Ce qui ne paraît pas totalement incohérent avec une incertitude,
05:28c'est qu'est-ce qui va se passer au niveau du détroit d'Ormous ?
05:32Est-ce que l'inflation va augmenter ?
05:36Je trouve ça pas totalement incohérent, 50 points de base.
05:38La vraie question, c'est est-ce qu'on est vraiment vers une fin de partie
05:41et on devrait voir les taux revenir ?
05:44Et moi, je souscrirais pas mal à cette idée,
05:46donc je rejoindrai Anguéran.
05:48Soit il n'y a pas de fin de partie, ça va être très dur
05:50parce qu'en face, on a des gens extrêmement endoctrinés.
05:54Et là, on va rentrer dans quelque chose
05:56qui pourrait être beaucoup plus sévère.
05:58Je pense que les prochaines heures, les prochains jours
06:01vont être extrêmement intéressants d'un point de vue marché.
06:02Mais ce n'est pas le scénario central.
06:04On le voit notamment sur les cours du pétrole,
06:06sur les différentes échéances mensuelles.
06:08Le scénario central pense que cette guerre va s'arrêter au pire
06:12au début de l'été.
06:13Et en fonction des informations qu'on a en ce moment,
06:16le marché a plutôt raison de pricer cela.
06:19Encore une fois, on sent bien à travers les derniers tweets
06:22que l'administration américaine veut finir.
06:25Donc moi, je comprends ça très bien.
06:28Mais la réalité de la chose,
06:30c'est que cette guerre s'arrêtera d'un point de vue financier,
06:33d'un point de vue marché, d'un point de vue risque,
06:34le jour où le Détroit sera réouvert.
06:37Et ça, bien sûr, c'est l'espoir
06:38qui fait tenir notamment la partie action,
06:41la partie américaine qui résiste très bien
06:43depuis le début du mois de mars.
06:45Quels sont les premiers enseignements
06:46que vous tirez en guérant Arthaz ?
06:49Ce qu'on constate d'un point de vue marché,
06:51c'est qu'on a eu globalement une réallocation.
06:55On est sorti de tout ce qui avait bien fonctionné
06:58depuis le début de l'année.
06:59L'Europe, les émergents, au sein de l'Europe,
07:01les bancaires, même les métaux précieux, etc.,
07:04pour rapatrier finalement du cash sur les États-Unis,
07:09sur le dollar, qui ont retrouvé, en tout cas le dollar,
07:12un peu plus un statut de valeur refuge,
07:15au moins au début du conflit,
07:17alors que ces derniers mois,
07:19on parlait surtout de dédollarisation,
07:21de faiblesse du dollar, etc.
07:22Donc c'est ça, en fait,
07:23le gros mouvement qu'on a eu dans un premier temps.
07:25Et c'est même vrai, si on regarde titre à titre,
07:27on a vendu tout ce qui avait bien marché
07:29et on a réalloué sur des choses
07:31qui paraissaient, en théorie, un peu plus défensives.
07:34C'est ce mouvement-là qu'on a eu.
07:36La question maintenant, c'est
07:37est-ce qu'on réinverse complètement ce mouvement-là
07:40si on a une désescalade rapide,
07:42une réouverture rapide d'Hormuz ou pas ?
07:44Je pense qu'on réinversera certaines choses en partie,
07:47peut-être pas tout,
07:48parce que même si on a une résolution,
07:50si on a des prix du baril
07:51qui restent autour de 90, 95, 100 dollars,
07:54qui ne rebaisse pas trop,
07:56l'impact pour des économies
07:57très dépendantes à l'énergie,
07:58comme les émergents ou l'Europe,
08:00il est peut-être un peu plus fort
08:01que ce qu'on avait dans le scénario économique
08:03avant le début du conflit.
08:06Donc peut-être que ça va rebattre
08:07un peu plus durablement
08:08l'écart de l'allocation
08:09entre zone géographique et secteur.
08:11Oui, justement, dans un instant,
08:12on va parler du crédit privé,
08:14mais que faites-vous aujourd'hui
08:14à la financière de l'échiquier
08:16autour de ces mouvements
08:18sur la partie action
08:19qui peuvent être parfois assez violentes
08:21et sur la partie obligataire ?
08:23Alors sur la partie action,
08:25je dirais qu'on évite toujours
08:27de mettre des grands coups de barre
08:28dans ces moments-là
08:29parce qu'on le voit encore
08:30sur le début de semaine,
08:33entre le contexte de marché
08:34que vous aviez lundi matin
08:36et celui que vous aviez lundi après-midi,
08:38ça changeait du tout en tout.
08:39Donc si vous faites des grands coups de barre
08:41dans ces environnements-là,
08:42le risque, comme on dit,
08:42de porte de saloon est très important.
08:44Donc nous, ce qu'on a fait,
08:45c'est plutôt prendre un peu de profit
08:47sur des titres
08:47qui avaient très bien marché
08:48depuis le début de l'année
08:49où là, du coup,
08:50on voyait que c'était un peu attaqué,
08:52on a préféré prendre un peu de profit
08:54et renforcé sur des thématiques
08:56un peu plus de long terme
08:58où, pareil, soit ça avait très bien fonctionné,
09:00on avait du mal à trouver
09:01des bons points d'entrée
09:02ou alors simplement,
09:03on n'était pas positionné,
09:04on attendait de pouvoir rentrer.
09:05C'est le cas sur certaines valeurs coréennes,
09:07c'est le cas sur les minières,
09:08sur ce genre de segments,
09:10on a plutôt essayé
09:11d'être un peu opportuniste
09:12dans cet environnement-là
09:14en profitant de la baisse des cours
09:15pour se réexposer.
09:17Etienne Bourgeon,
09:18sans sous asset management,
09:19comment aujourd'hui
09:20vous vivez cette phase de stress ?
09:22Oui, on n'est pas dans une phase de panique
09:23mais de stress quand même.
09:25Non, on est dans une phase de stress,
09:26ce n'est pas des marchés
09:27qui offrent encore
09:28des opportunités majeures
09:29d'un point de vue indice,
09:30par contre,
09:31d'un point de vue spécifique,
09:32c'est-à-dire de boîte
09:33ou d'émissions obligataires,
09:34il y a des choses
09:35vraiment intéressantes à saisir.
09:36Ça, c'est la première chose.
09:37La deuxième chose,
09:38c'est soit on pense
09:39au scénario du pire
09:40et le scénario du pire,
09:41donc plus d'inflation,
09:42des banques centrales bloquées,
09:44une crise qui se prolonge
09:46au-delà des 3 à 6 mois
09:47et ce scénario du pire,
09:49il est vraiment catastrophique
09:50parce que là,
09:50on va parler de la soutenabilité
09:51de la dette aux Etats-Unis
09:52et en Europe.
09:53Nous, on l'écarte pour le moment
09:54parce qu'il y a trop d'enjeux
09:57et il y a trop peu d'intérêt
09:59à ce qu'on aille vraiment
10:00dans cette direction.
10:01Donc nous, on regarde
10:02les opportunités à saisir
10:03et on les saisit au fur et à mesure.
10:05Et on y va effectivement
10:07tranquillement au fur et à mesure.
10:08Dès qu'il y a des points bas,
10:09on essaye d'aller chercher
10:11des émissions obligataires.
10:12Et ce qui est assez intéressant,
10:14c'est qu'on était il y a un mois,
10:15un mois et demi,
10:16dans une situation
10:17où on se disait
10:17à ce rythme-là
10:18où les rendements
10:19se compressaient tellement fortement
10:21que ce soit sur le crédit
10:22ou les taux souverains,
10:23on se disait
10:23« Mais mon Dieu,
10:24qu'est-ce qu'on va offrir
10:25à nos clients ? »
10:25Et là, la bonne nouvelle,
10:27c'est qu'on a des choses intéressantes.
10:29On a du rendement.
10:30C'est-à-dire que,
10:31pour vous l'illustrer,
10:32sur de l'investment grade,
10:33sur un portefeuille
10:34investment grade
10:34pas très agressif,
10:35de l'ordre de deux ans
10:36de maturité moyenne,
10:37on retrouve du 4-7,
10:394-8.
10:40C'est sur des maturités
10:42un tout petit peu plus longues,
10:43sur des portefeuilles
10:44où on met un tout petit peu
10:45plus de risques,
10:45un peu plus de risques crédits
10:47de type high yield,
10:48on a des portefeuilles
10:49qui désormais repassent
10:50au-dessus du 6.
10:51Et ça, c'est quand même
10:52une nouvelle...
10:53Sur du 2-3 ans, 6% ?
10:55Pas sur du 2-3 ans.
10:56Sur du 2-3 ans,
10:57on se balade
10:58entre du 4-5,
11:00enfin du 4-7
11:00pour de l'investment grade
11:02jusqu'à du 5-5
11:03pour du high yield.
11:04Et si vous allez au-delà
11:05de maturité 3 ans,
11:06on va plus vers des maturités
11:07de 5 ans,
11:08on peut repasser au-dessus du 6
11:09en allant chercher
11:10quelques opportunités
11:11à droite à gauche.
11:12Et ça, c'est quand même
11:13une très bonne nouvelle.
11:14On peut réoffrir du rendement
11:16et nous, on observe
11:18chez Sanso Longchamp
11:19qu'il y a vraiment
11:19une soif de rendement
11:20de la part de nos clients.
11:21Une alternative peut-être
11:22au crédit privé
11:23qui s'est très largement
11:25démocratisé aux Etats-Unis,
11:26beaucoup moins en Europe.
11:27Alors, si vous n'êtes
11:27pas encore abonné
11:28au feeling digne
11:30de Anguéran Arta,
11:30je vous invite à le faire.
11:31Anguéran, vous avez posté
11:32un article sur ce crédit privé,
11:34les enjeux, la taille.
11:36C'est vrai qu'en fait,
11:37il y a pas mal de questions
11:38sans réponses aujourd'hui
11:39sur ce crédit privé
11:40avec une exposition
11:42aux Etats-Unis
11:42qui était assez importante
11:43au secteur des softwares.
11:44Et là, depuis le début de l'année
11:45avec l'IA,
11:46la grande question,
11:47c'est est-ce qu'il n'y a pas
11:48certaines boîtes
11:48qui vont disparaître avec l'IA
11:49et donc des retraits massifs ?
11:51En fait, c'est ça.
11:53Il y a deux sujets aujourd'hui
11:55sur le crédit privé
11:55qui en fait sont interconnectés.
11:57Le premier, c'est un doute
11:58en fait sur la qualité
11:59des crédits
12:01qui ont été originés,
12:03qui ont été distribués.
12:03Donc, ça a commencé
12:05en fait à l'automne dernier
12:06avec les faillites
12:07rappelez-vous
12:08de First Brand,
12:10de Tricolor Holding, etc.
12:11Et puis, ça a continué.
12:12On a eu quelques autres cas
12:13ces derniers mois.
12:14Et puis, on a eu tout le secteur
12:15justement des softwares
12:16auxquels le crédit privé
12:17est très exposé.
12:18C'est 20%,
12:19parfois 30%
12:20d'exposition
12:21à ce seul secteur-là.
12:23Et donc, si on imagine
12:24que ce secteur
12:24est totalement disrupté
12:26par l'IA,
12:26forcément, ça fait craindre
12:28qu'on n'arrive pas
12:30à honorer les crédits
12:32sur ce segment-là.
12:33Ça, c'est le premier problème.
12:34Donc, doute sur la qualité
12:35des crédits sous-jacents.
12:36Le deuxième problème,
12:37c'est des demandes de rachat
12:39dans ces fonds de crédit privés
12:41qui, pour beaucoup de fonds,
12:42dépassent les limites
12:44entre guillemets autorisées.
12:45Ce qui force
12:46les gérants
12:47de ces fonds-là
12:48à mettre en place
12:49des limitations de rachat,
12:50ce qu'on appelle
12:50des gates,
12:51qui est en fait
12:52un mécanisme sain
12:52puisque ça protège
12:53un peu les porteurs restants.
12:56Et en fait,
12:57ces deux sujets
12:57sont interconnectés
12:58puisque c'est la défiance
12:59un peu sur la qualité
13:00des crédits
13:00qui entraîne
13:02un peu cette volonté
13:03de rachat
13:04dans les fonds,
13:05notamment de la part
13:06d'investisseurs particuliers
13:07qui sont arrivés
13:08il n'y a pas très longtemps
13:09sur les classes d'actifs
13:10et qui sont peut-être
13:11moins formés
13:12aux caractéristiques
13:14de cette classe d'actifs.
13:16Et il y a évidemment
13:17un risque après
13:18de cercle vicieux
13:19puisque plus vous avez
13:20de demandes de rachat,
13:21plus pour les honorer,
13:22vous avez le risque
13:23de devoir vendre
13:24les actifs les plus liquides,
13:25donc les plus qualitatifs
13:26de votre portefeuille,
13:27donc vous dégradez
13:29la valeur
13:30de votre portefeuille,
13:31donc ça engendre
13:32davantage de défiance,
13:33donc davantage
13:33de rachat,
13:34etc.
13:35Alors en soi,
13:36ce risque-là,
13:38ces deux phénomènes-là,
13:39si on prend en global,
13:41c'est très désagréable
13:42pour les investisseurs
13:43exposés,
13:44mais ce n'est pas
13:44forcément systémique.
13:46C'est ce qu'on a connu
13:47sur les CPI,
13:48par exemple,
13:48en France,
13:49il y a 2-3 ans,
13:50c'est très désagréable
13:51pour les investisseurs,
13:52mais l'immobilier
13:54en France n'est pas effondré,
13:56il n'y a pas eu
13:56de récession en Europe
13:58causée par ça,
13:59donc ça,
14:00ça peut passer.
14:01Il y a deux risques
14:02un peu plus sérieux
14:03associés au crédit privé,
14:05le premier,
14:06c'est le refinancement
14:07des entreprises
14:07qui n'ont été financées
14:08que par le crédit privé,
14:09et qui,
14:10si les fonds de crédit privé
14:11doivent avoir
14:12comme priorité
14:13de rendre la liquidité
14:15aux investisseurs,
14:16ils n'auront plus
14:17forcément la liquidité
14:18pour faire des nouveaux prêts
14:19et refinancer
14:20ces entreprises-là,
14:22et ça,
14:23ça peut causer
14:23des problèmes,
14:24notamment,
14:24entre autres,
14:25dans le secteur de l'IA,
14:26on ne peut pas oublier
14:26qu'en plus des softwares,
14:28le crédit privé
14:29a été un très gros
14:30financeur de l'IA,
14:31notamment Bluehall,
14:32qui est un des principaux acteurs
14:34qui a financé
14:34beaucoup de data centers
14:36aux Etats-Unis,
14:37donc il y a quand même
14:38un risque de ce côté-là,
14:39qui est un risque macro
14:40un peu plus important,
14:41mais qui,
14:42là encore,
14:42je pense,
14:43n'est pas systémique,
14:44et il y a un dernier risque
14:45qui est,
14:46là,
14:46à mon avis,
14:46un peu plus sérieux,
14:47est-ce qu'il est systémique
14:48ou pas,
14:48ça reste à voir,
14:49mais qui est un peu plus sérieux,
14:50c'est le lien entre
14:51le crédit privé
14:51et les assureurs,
14:52notamment les assureurs-vie
14:53aux Etats-Unis.
14:55Pourquoi ?
14:55Parce que les assureurs-vie
14:57sont très exposés
14:58aux crédits privés
14:59et qu'en plus,
15:00il y a une sorte
15:02d'interconnexion
15:02puisque beaucoup
15:04d'entreprises
15:04de crédit privé
15:05ou de private equity
15:06ont racheté des assureurs
15:08dernièrement aux Etats-Unis.
15:09C'est un marché,
15:10aujourd'hui,
15:10qui est estimé
15:11à 2 000 milliards de dollars,
15:13Étienne Gorgeon,
15:13mais là aussi,
15:14en fait,
15:14les chiffres,
15:15on est dans des fourchettes,
15:16dans le sens où
15:17il y a assez peu de données.
15:19Ce n'est pas très bien
15:19documenté, parfois.
15:20Non, ce n'est pas très bien
15:21documenté.
15:22Par contre,
15:22on a des chiffres
15:23sur les véhicules cotés,
15:24on a des chiffres
15:25sur les levées de fonds
15:26des grands gérants,
15:27donc on arrive
15:28à s'y retrouver
15:28à peu près.
15:29Moi, ce que je trouve
15:30intéressant par rapport
15:31à ce qu'Anguerran
15:32vient de mentionner,
15:33c'est que c'est un gros marché
15:35qui donne plein de signaux
15:37d'un problème
15:38qui peut être
15:38beaucoup plus large
15:40potentiellement
15:40parce que vous avez
15:41des agences de rating
15:42plus ou moins
15:44respectées ou connues
15:45qui donnent des ratings
15:46à des structures
15:48qui sont plutôt favorables,
15:50qui permettent
15:50à des assureurs
15:51de pouvoir les rentrer
15:52sur leur bilan
15:53sans être obligés
15:54de mettre le niveau
15:55requis de fonds propres.
15:57Et donc là,
15:57je rejoins totalement
15:58ce qui a été dit.
15:59Il y a potentiellement
16:00un problème
16:00que je ne qualifierais
16:01également pas de systémique
16:02mais qui pourrait
16:04potentiellement générer
16:05quelques problèmes.
16:062 000 milliards de dollars,
16:07c'est beaucoup
16:07et à la fois,
16:08si on compare aux subprimes,
16:09c'est beaucoup moins.
16:11On est 15,
16:1220 fois en dessous
16:12des niveaux
16:13d'il y a 20 ans
16:14ou presque ?
16:15Oui, c'est vrai.
16:17Simplement,
16:18il y a beaucoup
16:18de leviers.
16:20C'est totalement circulaire.
16:21C'est qu'une partie
16:21de la dette privée
16:22a permis
16:23au private equity
16:24de se financer,
16:25de faire des retours
16:26de dividendes.
16:28Toute la production
16:29de crédits
16:29de banques bancaires
16:30aux Etats-Unis
16:31l'année dernière
16:32a financé
16:32le shadow banking.
16:34La moitié,
16:34c'était du PE
16:35et de la dette privée.
16:37Donc le chiffre
16:37de 2 000 milliards,
16:38pour moi,
16:39il est optiquement...
16:41Déjà, je le trouve
16:42très large
16:42mais surtout,
16:43pour moi,
16:43c'est un peu
16:44l'arbre qui cache
16:44la forêt.
16:44Derrière,
16:45il y a énormément
16:45de leviers
16:46et le problème
16:46est un peu là.
16:47Après,
16:48encore une fois,
16:48c'est un peu
16:48comme les marchés
16:49en ce moment.
16:49Si on regarde
16:50ce qui se passe,
16:51on peut effectivement
16:52se faire peur.
16:53La bonne nouvelle,
16:56ce que je trouve intéressant,
16:57c'est que c'est dans la presse.
16:58Tous les jours,
16:59vous l'avez dans le FT,
17:00tous les jours,
17:00vous l'avez sur BFM.
17:01C'est très bien labellisé.
17:02Le problème
17:03est très bien labellisé.
17:04Vous avez des sorties,
17:05ce que je trouve
17:05plutôt sains.
17:08et la réalité,
17:09c'est que pour l'instant,
17:11j'ai envie de dire,
17:12on est plutôt
17:13dans du damage control.
17:14Ce n'est pas une sortie
17:15de piste
17:16totalement incontrôlée.
17:18Avec pour l'instant
17:18un taux de défaut
17:19et ce sera le mot de la fin
17:20en guérant Arthaz
17:21qui reste relativement faible
17:22mais là aussi,
17:23ça dépend des véhicules,
17:24ça dépend du niveau de risque
17:25comme sur un fonds obligataire
17:26à une finie.
17:27Oui,
17:27et puis ça dépend surtout
17:28de qu'est-ce qu'on a
17:30matérialisé
17:30comme réévaluation
17:32dans les portefeuilles.
17:33C'est la différence
17:34avec l'obligataire côté,
17:35on a le mark to market
17:36qui permet d'ajuster
17:37en permanence
17:38les estimations
17:39du taux de défaut.
17:39Ce n'est pas le cas
17:40forcément dans le crédit privé.
17:41Le risque,
17:42c'est qu'on matérialise
17:43des taux de défaut
17:43plus importants
17:45et qu'il y a potentiellement
17:47beaucoup de leviers cachés
17:48et qu'à ce moment-là,
17:49le levier caché rejaillisse
17:51si on a une accumulation
17:52de défauts.
17:53Donc,
17:53il faut vraiment surveiller
17:54le secteur des assureurs
17:55de vie aux Etats-Unis.
17:56C'est de là
17:56que viendra le signal.
17:58S'il y a un vrai signal
17:59problématique,
18:00toutes les annonces
18:01sur les demandes
18:01de rachats,
18:02etc.
18:03Il faut les considérer
18:04mais il ne faut pas mettre
18:04beaucoup de passion dessus.
18:06Effectivement,
18:06c'est plutôt du damage control.
18:08Ce n'est pas de là
18:09que viendra le problème.
18:09En tout cas,
18:10c'est quand même un sujet
18:11à suivre de près
18:12et qui sera sûrement
18:13challengé à l'occasion
18:13des résultats trimestriels
18:15qui vont maintenant arriver
18:16dans quelques semaines.
18:17Anguéran Arthas,
18:17stratégiste à la financière
18:18de l'échiquier
18:19et Étienne Gorgeon,
18:20responsable de la gestion
18:21obligataire
18:21chez Sanso L'Enchant
18:23Asset Management.
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