00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Florian Yelpau nous accompagne pour l'embarodier IM.
00:05Bonjour Florian.
00:07Bonjour.
00:08Bon, Florian, donc, c'est la surprise du chef aujourd'hui.
00:11Voilà, Donald Trump déclare que les Etats-Unis et l'Iran ont eu des discussions productives,
00:15là, au cours du week-end, productives, et il annonce donc son ultimatum,
00:18qui devait s'achever et expirer la nuit prochaine, il l'allonge de 5 jours.
00:22Pour vous, là, comme ça, qu'est-ce qui lui a fait le plus peur à Donald Trump ?
00:26Les menaces de riposte iranienne, et pourquoi pas, ou la hausse des taux ?
00:30Je pense que, autant, vous savez, vous vous souvenez, au moment des tarifs douaniers
00:36qui étaient imposés, le chénon le plus faible de la chaîne de la croissance américaine
00:41étaient les effets richesses, le fait que beaucoup de ménages étaient très exposés
00:45aux marchés financiers, et la baisse des marchés financiers avait fini par tordre le bras
00:49à l'administration de Trump, qui finalement avait revu sa copie de façon, disons, plus parcimonieuse.
00:56Là, on a un peu l'impression que l'élément clé, c'est le coût du capital.
00:59C'est-à-dire, c'est le niveau des taux d'intérêt qui s'appliquent aujourd'hui aux emprunts.
01:04Et ça, c'est un élément particulièrement saisissant quand on pense aux programmes d'investissement
01:09qui ont été annoncés par les grands noms de l'IA, notamment, et par le fait que ces grands noms
01:14de l'IA
01:14vont devoir se tourner vers le marché de la dette pour pouvoir financer ces projets-là.
01:17Donc aujourd'hui, on a un effet particulièrement pervers qui est, à la fois, les entreprises américaines
01:23et les ménages, au travers de leurs prêts hypothécaires, sont très exposés au niveau des taux.
01:29Les niveaux des taux sont élevés, et a priori, à 4,4% aux Etats-Unis, c'est la panique
01:33à bord.
01:34Et on ressent suffisamment de pression du marché pour faire marche une arrière
01:39et commencer à temporiser la situation pour alléger la facture pétrolière.
01:43– Oui, l'Iran, les pays du Golfe vivent de pétrole, les Etats-Unis vivent de dette.
01:48Et les taux qui montent, c'est une forme de strangulation pour l'économie américaine.
01:51Alors là, une légère détente cet après-midi, elle n'est pas énorme non plus sur les taux obligataires.
01:55Depuis que Donald Trump a annoncé offrir quelques jours de plus à l'Iran,
01:59le 10 ans américain qui est flirté avec les 4,5 est à 4,32.
02:02C'est une détente, bien sûr, mais une détente qui reste assez limitée.
02:05Le 10 ans français est à 3,66, le 10 ans allemand reste à 3%, 2,99 le 10 ans
02:11allemand.
02:11Pour vous, qui souffre, qui est en train de souffrir le plus ou risque de souffrir le plus de cette
02:16remontée des taux ?
02:17L'Allemagne, la France, pourquoi pas ?
02:18Le Royaume-Uni, on est au-dessus de 5% sur le 10 ans britannique ou les Etats-Unis ?
02:23– Alors, avant de quitter le territoire américain, il faut aussi regarder ce qui explique la baisse des taux.
02:29Ce qui explique la baisse des taux, vous savez qu'on peut décomposer la progression des taux en deux facteurs.
02:33La première, c'est ce qu'on appelle les taux réels, et l'autre, c'est la compensation pour l
02:37'inflation.
02:37Donc, vos taux d'intérêt, c'est une compensation contre l'inflation et un rendement qui reste,
02:42le rendement qui est net de l'inflation.
02:43Ce qui se détend aujourd'hui, c'est juste la prime inflation.
02:47Le taux réel lui-même, il reste autour de 1,9% à des niveaux qui restent aujourd'hui très
02:52élevés.
02:52C'est ça le coût du capital et c'est ça qui met la pression sur les marchés aujourd'hui.
02:56Donc, cette pression, elle demeure.
02:57Ça, c'est le premier point.
02:58Le deuxième point, c'est quand on regarde les pays européens qui ont le plus souffert,
03:03généralement, on pouvait les classer, on pouvait les ordonner en fonction du niveau de dette sur PIB
03:07qui les caractérise, c'est-à-dire l'Italie a le plus souffert, la France n'est pas loin derrière,
03:13et ensuite l'Espagne un peu mieux, et enfin l'Allemagne un peu moins.
03:18Dans le renversement de cette tendance, on a exactement la même ordination.
03:23Donc, les plus vulnérables aujourd'hui, ce sont les plus endettés,
03:25ou les plus isolés, et bien sûr, je pense à la Grande-Bretagne qui particulièrement est sous pression.
03:31Et là aussi, on a ce mélange taux réel-inflation.
03:34On ne parle pas que d'un risque d'inflation qui s'impose au marché obligataire,
03:38on parle aussi d'un risque que les banques centrales redeviennent agressives
03:42et que le prochain mouvement de banque centrale ne soit pas une baisse de taux,
03:45mais une montée de taux.
03:47Et ça, c'est quelque chose qu'il faut garder en tête dans un monde qui est très endetté,
03:51et dans un monde où l'investissement en infrastructures est devenu notre espoir de croissance
03:57pour 2026-2027.
03:59Merci beaucoup.
04:00Florian Yelpau, avec nous, Lombard Odier, IM, le CAC gagne 2,3% en ce moment.
04:04Et Wall Street, pas en reste.
04:05Wall Street, après 4 semaines de baisse d'affilée quand même,
04:07le S&P récupère 2%, le Nasdaq, plus 2,4%,
04:10on replongera au cœur du marché américain dans quelques minutes.
04:12Et puis, on va voir le CAC, plus 2,4% en ce moment.
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