- il y a 2 heures
Ce lundi 2 mars, Jean-François Robin, directeur de la recherche chez Natixis, Hervé Goulletquer, conseiller économique du cabinet de conseil Accuracy, et Benjamin Louvet, directeur des gestions matières premières chez OFI INVEST AM, se sont penchés sur la flambée du cours du pétrole et les perturbations du frêt maritime à cause de l'escalade en Iran dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Et nos experts du club ce soir, il vient de nous rejoindre, Hervé Gouletker, conseiller économique du cabinet Accuracy.
00:08Bonsoir Hervé.
00:09Bonsoir Guillaume.
00:10On retrouvera dans quelques instants au téléphone avec nous Benjamin Louvet, spécialiste des matières premières pour OFIAM.
00:15Il est d'ores et déjà avec nous et on le salue.
00:17Bonsoir Benjamin, vous nous livrerez vos scénarios Benjamin pour le pétrole.
00:20Va-t-on vers les 100 dollars pour le baril de pétrole, que ce soit le Brent ou le brut
00:25léger américain ?
00:25Actuellement, le Brent est à 78 dollars, Hervé, en hausse de 8% le baril de Brent, avec ce qui
00:30est en train de se passer au Moyen-Orient.
00:31On a des cours du gaz aussi sur les contrats à terme qui flambent littéralement en Europe, plus 50%, les
00:37cours du gaz là, rien que cet après-midi,
00:39parce que le Qatar annonce suspendre toute sa production de GNL.
00:42Il y a eu des vols de drones en effet au-dessus des installations de production de GNL là-bas
00:46au Qatar et donc on suspend désormais la production.
00:48Voilà où on en est.
00:50Comment vous regardez ce qui est en train de se passer, les impacts macroéconomiques potentiels de ce qui est en
00:54train de se jouer ?
00:55D'abord, sur les cours des matières premières dont vous avez fait référence, on ne sait pas s'il faut
01:03dire que ce n'est pas trop de hausse
01:04parce qu'on compare à vendredi ou alors on compare au niveau moyen, par exemple, du baril de Brent, donc
01:12la qualité européenne.
01:13On était plutôt entre 60 et 65, avant qu'il y ait des bruits de guerre en Iran, on est
01:20entre 75 et 80 maintenant.
01:22Donc en fait, la hausse est significative, elle est de 20-25%.
01:27Donc en fait, si on zoome, on ne se rend peut-être pas compte de l'intensité de la réaction.
01:34Ça a été une réaction en trois temps, en fait.
01:36Bon, mais on peut se dire, le pétrole de cette région du monde, ça concerne plus les Asiatiques que les
01:43Européens.
01:44Donc on dit, il faut demander aux Chinois ou aux Japonais ce qu'ils en pensent.
01:48Par contre, sur le gaz, le Qatar, donc un formidable producteur de gaz.
01:54Alors, je n'ai pas bien la géographie des exportations du gaz, mais je pense qu'une partie vient vers
01:59chez nous.
02:00Et c'est pour ça que les cours à Amsterdam montent fortement.
02:05Et ça, ce n'est pas une bonne nouvelle.
02:08La question, elle est très simple, c'est quelle ampleur et combien de temps ?
02:14Dans les deux cas, on ne sait pas répondre.
02:16Les deux questions derrière sont plus intéressantes.
02:19Est-ce que, fort de ce choc sur un prix donné, l'intégralité, le niveau général des prix va suivre
02:28avec une accélération des salaires qui servirait un peu de maillon intermédiaire ?
02:34Je dirais qu'à la fois, le taux de chômage n'est pas très élevé, ni en Europe, ni aux
02:41États-Unis, mais la croissance, surtout en Europe, n'est pas très forte.
02:44Donc, on ne va pas croire beaucoup à ça.
02:46Et donc, on a plutôt envie, et j'ai l'impression que le marché le regarde un peu comme ça,
02:51à se dire que c'est une bosse.
02:53La bosse sera peut-être plus ou moins longue, plus ou moins haute, mais on n'a pas le scénario
02:58du pire devant nous.
02:59Et si on dit ça, on a la réponse pour les banques centrales.
03:03Elles devraient, puisqu'on parle de bosse, faire le gros dos en attendant que ça se passe.
03:08C'est ce qu'on a envie de dire aujourd'hui, mais c'est vraiment regarder les choses par le
03:13petit bout de la lorgnette.
03:15Après, il y a tout le contexte géopolitique, politique, aux implications économiques.
03:20Et là, il y a une petite musique qui sonne, c'est celle de l'incertitude.
03:25Alors, on semble un peu vacciné contre l'incertitude, parce que l'année dernière, on a eu tout plein d
03:30'incertitudes.
03:31Beaucoup les droits de douane du président Trump.
03:34Et finalement, l'activité, elle n'a pas été trop secouée par cela.
03:39La fin de l'année a été à peu près comme on le pensait au début de l'année.
03:43Donc, en fait, face à un choc, j'ai l'impression que dans la réaction des marchés aujourd'hui, il
03:46y a un peu de cela.
03:48Oui, il y aura de l'incertitude, mais le regard sur l'incertitude est un regard qui est complaisant un
03:54peu.
03:54Est-ce qu'il l'est de trop ? C'est la question.
03:56Et qui perdra ? Évidemment, la zone du Moyen-Orient est en train de souffrir beaucoup.
04:00On voit que Wall Street, en revanche, qui avait ouvert en baisse d'un pourcent, est en train de s
04:04'équilibrer.
04:04On est même en hausse désormais sur Nasdaq.
04:06Le S&P 500, lui, est stable.
04:08C'est l'Europe qui, en bourse, paie le plus lourd tribut en dehors du Moyen-Orient.
04:12On a une bourse de Paris en baisse de 2% aujourd'hui.
04:15L'Eurosoc 50 qui perd, lui, 2,5%.
04:17Avec peut-être, effectivement, une dépendance européenne vis-à-vis du gaz de cette région plus importante.
04:21C'est une question qu'on va poser à Benjamin Louvé.
04:23Il est avec nous, donc, au téléphone depuis les bureaux d'Ophi InvestaM.
04:25Bonsoir, Benjamin.
04:27On a des cours, là, sur le gaz européen, le gaz naturel européen, en hausse de 50% aujourd'hui.
04:32On a appris que le Qatar avait cessé toute production de GNL du fait des menaces d'attaque de la
04:37part de l'Iran.
04:39Oui, bonsoir, Guillaume.
04:40Il y a plusieurs éléments qui viennent nourrir cette hausse des prix du gaz aujourd'hui en Europe.
04:45C'est, effectivement, vous l'avez dit, l'arrêt de cette raffinerie au Qatar, qui est un vrai sujet.
04:50Mais au-delà de ça, il y a beaucoup de questions qui se posent autour de la réduction du trafic
04:55dans le détroit d'Hormuz.
04:56Il faut savoir qu'on parle toujours du détroit d'Hormuz comme un nœud important du transit de pétrole.
05:04Mais c'est également un nœud important du transit de gaz.
05:07Or, vous pouvez réorienter une partie des transits de pétrole via des pipelines et éventuellement même contourner le détroit pour
05:14les Iraniens,
05:16pour une partie de leur production en passant par un port qui donne directement sur la mer d'Arabie.
05:20Mais le gaz ne se réoriente pas comme ça.
05:22Donc, si la fermeture du détroit d'Hormuz devait se prolonger, les productions, effectivement, vous le disiez, du Qatar ou
05:30des Émirats arabes unis,
05:31auraient beaucoup plus de mal à arriver en Europe.
05:35Alors, pour l'instant, le problème est relativement limité.
05:40Il y a encore des stocks de gaz en Europe qui sont de l'ordre de 30% du niveau
05:44maximum.
05:45Mais on arrive en fin d'hiver.
05:47On a une température plutôt clémente.
05:49Donc, ce n'est pas un enjeu à court terme, mais c'est un enjeu à plus long terme pour
05:52re-remplir ces stocks avant le prochain hiver.
05:55Et là, il y a beaucoup d'inquiétudes, effectivement, aujourd'hui, avec cet arrêt de la production au Qatar
06:00et les craintes sur le détroit d'Hormuz, qui, je le rappelle, n'est pas fermé.
06:06Mais il n'a beau ne pas être fermé aujourd'hui, les assureurs, pour beaucoup d'entre eux, ne veulent
06:10plus assurer contre les risques de guerre
06:12les bateaux qui transiteraient dans cette zone, ce qui limite un peu le trafic.
06:16Donc, il va falloir qu'on ait un peu plus de visibilité sur la potentielle réutilisation de ce détroit dans
06:25les jours qui viennent
06:26pour savoir si les cours du gaz vont rester aussi tendus.
06:29Et ça explique un pacte beaucoup plus fort que vous évoquiez sur la bourse européenne.
06:32Effectivement. Alors voilà, c'est très intéressant.
06:34Et vous disiez, le détroit n'est pas fermé, mais opérationnellement, il est impraticable, en quelque sorte.
06:38Est-ce que les Iraniens pourraient choisir même de le fermer ?
06:40Est-ce qu'ils en ont les moyens ? Est-ce qu'ils y auraient intérêt, Benjamin ?
06:44Alors, ça ne s'est jamais fait dans l'histoire. Le détroit d'Hormuz n'a jamais été fermé.
06:47Et fermer le détroit d'Hormuz est quelque chose d'extrêmement complexe, dans la mesure où, pour vous donner une
06:54idée,
06:54le détroit d'Hormuz, dans sa partie la moins large, fait quand même 31 kilomètres de large.
06:59Donc, c'est très difficile d'arriver à totalement fermer.
07:03Simplement, il y a un enjeu d'attaque possible par des drones, par des forces navales également.
07:09C'est pour ça que Donald Trump, hier, se félicitait de la destruction d'un certain nombre de navires iraniens.
07:15Il y a un enjeu de sécurisation de ces voies maritimes.
07:17On pourrait envisager, comme ça a pu se faire par le passé, l'Angleterre l'avait fait, notamment en période
07:22de guerre,
07:23des convois qui soient sécurisés par l'armée au travers de ce détroit,
07:27pour s'assurer que le trafic de pétrole et de gaz puisse continuer à circuler.
07:32Mais il ne faut en tout cas pas que ce détroit reste fermé trop longtemps,
07:36parce que pour l'instant, la fermeture, ou en tout cas l'arrêt du trafic dans le détroit,
07:41ne pose pas trop de problèmes aux producteurs de pétrole de la zone,
07:44parce qu'il y a des zones de stockage qui sont disponibles.
07:47Mais ces zones de stockage, nous disent un certain nombre d'experts,
07:51pourraient tenir une production qui se maintiendrait pendant encore une vingtaine de jours.
07:55Au-delà, si le trafic n'a pas repris,
07:58les producteurs de pétrole seront obligés d'arrêter leur production,
08:01parce qu'ils n'auront plus d'endroits où stocker ce pétrole.
08:03Oui, Benjamin, qui nous accompagne régulièrement,
08:05Benjamin Boulouvet pour Offi Invest AM,
08:07ce sont ces questions qui se posent aujourd'hui au marché,
08:09auxquelles le marché tente de donner un prix.
08:11Alors en face, on peut se rassurer en se disant que,
08:13non mais attendez, par rapport au passé,
08:14il y a quand même la production américaine de pétrole,
08:16désormais, qui pourra abreuver le monde.
08:18Jean-François Robin nous rejoint pour Natixis.
08:20Bonsoir Jean-François.
08:21Bonsoir à tous.
08:21En ce grand club, avec Aude aussi, qui nous accompagne toujours,
08:24et Hervé Goulet de Caire.
08:25Jean-François, qu'est-ce que vous vous dites là ?
08:27Est-ce qu'on va vers un retour de flamme sur l'inflation,
08:30parce qu'il y a des questions pétrolières, gazières,
08:31le cours du gaz aujourd'hui rebondit de 50% ici en Europe,
08:34et puis le fret maritime.
08:35Plein d'acteurs du fret maritime nous disent,
08:37maintenant on va contourner la zone,
08:39on va essayer de, on ne va pas essayer d'ailleurs,
08:40on va le faire, on va contourner l'Afrique,
08:42on va passer par le cap de Bonne Espérance,
08:43plutôt que le canal de Suez pour rejoindre l'Europe,
08:46la Méditerranée éventuellement.
08:47Voilà, parce qu'il y a des enjeux de sécurité aussi pour ces acteurs-là.
08:49Le fret maritime, donc, il coûtera lui aussi plus cher.
08:52Oui, tout à fait.
08:53La question, c'est combien de temps ça dure ?
08:54Alors nous, dans notre scénario de mon expert sur le pétrole,
08:58on est un petit peu plus prudent et un peu plus optimiste
09:01sur la capacité à bloquer durablement le détroit d'Ormouz.
09:05Encore une fois, là, on a une prime de 15-16 dollars
09:07sur le pétri du pétrole.
09:09Pour que ça reste là, il faut que ça dure longtemps,
09:11qu'il soit en capacité des iraniens de bloquer le détroit.
09:13Il y a beaucoup de raisons qui font penser que ce ne sera pas le cas,
09:16qu'il y a une coalition des volontaires pour ne pas que ça arrive.
09:19Et ça me serait assez étonnant que les Iraniens aient l'intérêt
09:22ni les moyens de le faire, donc nous, on n'y croit pas trop.
09:24Mais si c'était le cas, effectivement, ce serait quelque chose
09:27qui était stagflationniste plutôt.
09:29C'est-à-dire que c'est plutôt quelque chose qui ralentirait les économies,
09:33il ferait un peu d'inflation.
09:34Après, les effets de second tour ne sont pas forcément très inflationnistes.
09:37Si on prend le modèle de la Fed, par exemple,
09:39vous avez une hausse de 10 dollars du baril,
09:41c'est 0,3-0,4 d'inflation de plus sur le CPI,
09:45mais sur le core CPI, sur l'effet de second tour.
09:49C'est la conso qui baisse, et donc, à la fin, c'est de la désinflation.
09:52Donc, ce n'est pas du tout évident qu'on ait un truc
09:54très inflationniste durablement.
09:55Quand on regarde les précédents, alors là, évidemment,
09:57on est sur un truc qui est beaucoup plus violent
09:58que ce qui s'est passé dans le Midnight Hammer,
10:01le marteau de minuit de juin dernier.
10:04On est sur un truc qui va durer un peu plus...
10:05On est plutôt là dans Mad Max, Fury Road,
10:09mais on est quelque chose quand même qui va durer plus longtemps.
10:11Et donc, on va avoir un impact peut-être sur cette prime du pétrole
10:14et surtout du gaz qui va être plus durable.
10:17En fait, c'est plus que pour les banquiers centraux,
10:20parce que vous avez l'air de dire l'un et l'autre, Hervé et vous-même,
10:22Jean-François, que pour les banques centrales,
10:24ce ne sera pas un vrai sujet,
10:25parce que l'inflation core ne sera pas sous tension
10:27avec ce qui est en train de se passer.
10:28En revanche, c'est un sujet peut-être pour Donald Trump.
10:30Le galon d'essence, on est à 8-9 mois des élections de mi-terme.
10:33Pour lui, ça va être un sujet pour Donald Trump.
10:34Et donc, ce sont peut-être les cours du pétrole,
10:37les cours du gaz, etc.,
10:38qui conditionneront la durée de ce conflit ?
10:41Oui, probablement.
10:42Et puis, c'est des chocs quand même très, très idiosyncratiques.
10:45Je pense que les chocs sont très différents.
10:47Il n'y a que des perdants, sans doute.
10:50Alors, peut-être pas les Iraniens, on verra.
10:52Mais en tout cas, on a quand même des perdants,
10:54et notamment l'Asie.
10:55Il faut bien penser que ce qui se passe dans les trois normaux,
10:57c'est 80% qui va en Asie.
10:59Le grand perdant de tout ça, c'est la Chine.
11:01Le deuxième, c'est l'Inde.
11:02Et puis, évidemment, vous avez la Corée du Sud,
11:03vous avez un certain nombre de pays asiatiques.
11:05Mais c'est quand même les grands perdants,
11:06ça va plutôt être l'Asie.
11:07Ce qu'on voit dans les chiffres du gaz aujourd'hui,
11:10là aussi, quand j'interroge mon géologue,
11:12il me dit, c'est pareil, vous avez des grandes...
11:14Je suis un des rares à avoir un analyse de pétrole
11:16qui est un géologue.
11:17Moi, j'ai un voisin, une voisine,
11:18mais je n'ai pas de géologue.
11:19C'est aussi pour ça qu'on est dans le top des classements.
11:22Justement, nous, on est un petit peu plus prudents
11:24et on va écouter mon Joël Hancock,
11:25qui a eu raison en juin, qui a eu raison en octobre dernier.
11:28Bref, qu'est-ce qu'il dit ?
11:29C'est que les prix du gaz aujourd'hui,
11:31il n'y a pas d'énormes raisons.
11:32Ça reste très élevé.
11:33On voit, évidemment, une grosse prime de risque sur le gaz
11:35puisque le Qatar a été attaqué, notamment par des drones.
11:39Il y a quand même plus de 400 drones
11:40qui sont arrivés dans les pays émiratifs.
11:42Vous avez 65 sur le Qatar.
11:44Donc, il y a vraiment un ciblage là-dessus.
11:46Mais pour que ce soit durable,
11:47il y a des conjonctions de facteurs qui ne sont pas réunies.
11:49Notamment, aujourd'hui, on est en train de sortir de l'hiver
11:52en Europe avec des températures beaucoup plus clémentes.
11:54Et aujourd'hui, ce qui fait le marché du TTF,
11:56du gaz en Europe, c'est beaucoup plus ça.
11:59Et donc, je crois que la prime qu'on a aujourd'hui,
12:01je ne suis pas sûr qu'elle soit très durable,
12:02qu'elle aura besoin.
12:03Je crois que ça ne changera pas grand-chose
12:05la fonction de réaction des banques centrales.
12:07D'ailleurs, le Nasdaq vient de repasser dans le vert,
12:10comme quoi le rouge qu'on a vu à Wall Street tout à l'heure
12:12était quand même assez temporaire.
12:15Et dans les propos de Donald Trump,
12:17alors ce n'est pas encore son adresse en live
12:19qu'on attend d'ici quelques minutes,
12:21mais le président américain qui a parlé à des reporters de CNN
12:24et qui dit toujours qu'on ne sait pas
12:27ce que va être le plan de succession en Iran
12:29ni qui va être le nouveau leader,
12:32qu'il y a toujours une grosse vague militaire à venir.
12:35Donc, le gros n'a peut-être pas encore été frappé
12:38et que la plus grosse surprise pour lui,
12:40c'est peut-être la réplique iranienne
12:42justement sur les pays arabes
12:44à laquelle il ne s'attendait pas.
12:45Et c'est peut-être ce qui fait la prime de risque aujourd'hui.
12:47– Y compris sur des pays qui, à peu près alliés de l'Iran,
12:50Oman quand même.
12:50Oman a reçu quelques déflagrations aussi,
12:53l'un des ports d'Oman.
12:54– Oui, et puis ils visent aussi des complexes hôteliers.
12:56Dubaï, ils n'ont pas de ressources naturelles.
12:57Donc, si on vise des hôtels de luxe,
13:00c'est aussi…
13:01– Mais Dubaï a signé les accords d'Abraham.
13:03– Bien sûr.
13:04Non, mais moi je pense que c'est une…
13:05– Moi, je n'attendais pas.
13:06– C'est que je pense que l'Iran est en train de targeter
13:08pour essayer d'internationaliser le conflit,
13:10mais parce qu'il n'arrive pas à cibler plus directement
13:13les Etats-Unis ou Israël.
13:14– Ça peut se retourner contre lui,
13:15parce qu'effectivement il y a des accords de défense aussi
13:17avec les Européens.
13:17– Je ne vois pas trop l'intérêt stratégiquement
13:19de se mettre à dos tout le monde là.
13:20– On est en train de parler du court terme là,
13:21on est un peu myope, si on regarde à long terme.
13:23Imaginons l'Iran demain.
13:25Personne ne sait si ce régime, le régime islamiste,
13:28des mollas perdurera, si on ira vers le chaos,
13:30ou pourquoi pas le retour de l'Iran sur le marché mondial.
13:33Si on est investisseur de long terme aujourd'hui,
13:35ce sont ces trois scénarios qu'on doit chacun
13:37essayer de mesurer, calculer Hervé ?
13:38– Oui, je dirais qu'on peut les évoquer
13:42plus que les calculer,
13:44parce qu'en fait on n'en sait fichent rien.
13:48– L'Iran trouvera stril son Gorbatchev,
13:51l'homme qui venant du régime parviendra
13:53à blanchir le régime et à le faire revenir
13:55dans la communauté internationale.
13:56– En fait, l'histoire de Gorbatchev,
14:00c'est quand même le parti communiste de l'URSS
14:04qui en son sein s'est dit on doit bouger.
14:07si l'Iran avait voulu faire cela,
14:11elle l'aurait fait il y a déjà un certain temps.
14:14Donc en fait, cette configuration à l'URSS,
14:17à la perestroïka,
14:19c'est quelque chose qu'on n'a pas connu, hélas, en Iran.
14:22Moi je pense que si on voit la réaction
14:24des Iraniens vis-à-vis du monde arabe,
14:28alors on peut avoir la réaction,
14:31je choque les pays du monde arabe
14:33pour qu'ils fassent pression sur les Américains,
14:36pour que tout ça cesse assez vite.
14:38C'est l'approche rationnelle.
14:40Mais il y a une approche plus irrationnelle
14:42qui est de dire qu'en fait,
14:44on a décapité une partie,
14:47une partie du pouvoir politique en Iran
14:49et que ce pouvoir très centralisé
14:52est aujourd'hui décentralisé
14:54avec des réactions plus émotionnelles,
14:57plus sauf qui peut des uns et des autres.
14:59Et dans ce cas-là,
15:00le regard que vous jetez sur le moyen terme
15:03n'est pas le même du tout.
15:05Et ça je crois qu'on n'en a aucune idée.
15:07Moi je trouve que ce qui est intéressant
15:09dans ce qui est en train de se passer,
15:11c'est plutôt la géopolitique
15:13entre nos deux géants,
15:14les Etats-Unis et la Chine.
15:17L'année dernière,
15:18les maladresses autour des droits de douane
15:20avaient donné la main forte aux Chinois.
15:23Et les Chinois ont quand même été capables
15:24de tordre le bras des Américains
15:27qui avaient essayé de trop tordre le bras des Chinois.
15:30Mais dans cette histoire-là,
15:32finalement,
15:32c'est les Chinois qui se sentent mal.
15:35Parce que soit directement,
15:37soit intermédiés par les Russes,
15:39ils sont en train de perdre
15:40un certain nombre de leurs appuis.
15:42Il faut bien se rendre compte
15:43qu'avec l'Iran,
15:44les Chinois avaient de vrais accords.
15:47Les Chinois avaient fait entrer l'Iran
15:48dans le groupe de Shanghai,
15:49dans les BRICS,
15:51et donc étaient prêts à financer
15:54des investissements d'une modernisation de l'Iran.
15:57C'était un peu dans leur zone d'influence à eux.
16:00Si on en croit le document
16:02de stratégie de sécurité nationale des Américains,
16:07finalement, le Moyen-Orient,
16:09ça n'appartenait à personne.
16:10Et donc, les Chinois pouvaient se dire
16:12« Bon, moi, j'ai mis des pions jusqu'en Iran,
16:14ça me va bien. »
16:15Puis je fais câlin, câlin aussi
16:17avec un certain nombre de pays arabes.
16:18Là, il se prend en pleine figure
16:20le fait que tout le Moyen-Orient
16:23est peut-être dans la zone d'influence.
16:24Ça fait quand même beaucoup d'éléments
16:26de faiblesse pour la Chine.
16:28Alors, la Chine accepte,
16:29la Chine n'acceptera pas.
16:31Et donc, il faut essayer de se rendre compte
16:33de ce qui va se passer en Asie.
16:35Est-ce qu'on va avoir un durcissement
16:37de la position des Chinois en Asie ?
16:40Alors, ça peut être le Japon,
16:41parce qu'ils n'aiment pas beaucoup
16:43la première ministre japonaise.
16:45Je pense qu'au niveau de Taïwan,
16:47c'est trop gros et ce n'est pas le moment.
16:49Mais on peut avoir un durcissement
16:51de la position chinoise.
16:53Trump arrive à la fin du mois,
16:55dans 29 jours, à Pékin.
17:00exactement quel...
17:01Ou pas, peut-être, ou pas.
17:03Et on va bien voir ce qu'il se passe.
17:04Il arrivera sur un porte-avions, vous allez voir.
17:06Mais je pense que là, on a un rééquilibrage
17:10ou un déséquilibre de la relation.
17:12Et les Chinois ne vont pas rester indifférents à cela.
17:16Et donc, notre panorama géopolitique,
17:20il peut connaître un peu de tensions
17:22au-delà de ce qu'on dit,
17:24du focus sur l'Iran.
17:27Moi, je trouve qu'on parle beaucoup d'un moment Gorbatchev.
17:29Je pense que la bonne référence,
17:31c'est un moment...
17:31C'est l'hypothèse optimiste.
17:32C'est un moment Rodriguez.
17:34En fait, ce que disait la stratégie
17:37de la défense américaine,
17:38c'est de dire qu'il se contentait,
17:40qu'il pouvait tout à fait gérer des régimes,
17:43quels qu'ils soient au Moyen-Orient,
17:44qu'ils n'étaient pas là pour les changer.
17:45Ce qu'ils ont fait,
17:46ils auraient pu tout à fait choisir Machado,
17:47un prix Nobel de la paix pour le Venezuela.
17:49Ils ont choisi Rodriguez,
17:50qui tenait les rênes du pays.
17:52Aujourd'hui, c'est plutôt de trouver
17:53quelqu'un au sein des guides
17:56qui soit américano-compatible
17:58pour un peu tenir le régime.
18:01Je pense que les États-Unis
18:02n'ont pas vraiment...
18:03Ils sont en train de demander un soulèvement.
18:04C'est ce qu'ils commencent à dire,
18:05parce que Donald Trump,
18:06il a dit qu'il y avait des militaires
18:08qui voulaient se rendre.
18:09Donc, peut-être...
18:09De toute façon,
18:10il y a des négociations qui se passent en sous-main.
18:12Il appelle la population à se soulever.
18:15Mais Israël fait de même,
18:16mais ils n'ont pas cet objectif.
18:17Ce qui veut sans doute dire
18:18que les États-Unis n'ont pas du tout l'intention
18:20de mettre des troupes au sol.
18:21Encore une fois, je me suis complètement planté.
18:23Moi, je pensais que Trump serait un isolationniste.
18:25Ça ne l'est pas.
18:25On est dans le retour de la République impériale,
18:27de Raymond Aron, etc.
18:28Bon, voilà.
18:29Mais en tout cas,
18:30je suis persuadé que Trump n'a pas envie
18:32de mettre des troupes
18:32avec tous les risques que ça donnerait.
18:34Il ne veut pas son Afghanistan.
18:35Il ne veut pas son Irak.
18:36Ça fait toute sa vie politique
18:37qu'il a créé là-dessus.
18:39Maintenant, il y a un truc...
18:39Vous êtes bien dans BFM Bourse.
18:41Je vous rappelle quand même.
18:41Non, mais c'est la géopolitique
18:43autocorre des marchés.
18:44Mais non, mais aujourd'hui,
18:44c'est ce qu'il va faire les marchés.
18:46L'allocation d'actifs
18:47est très intéressant dans ces contextes-là.
18:49Il y a un truc qu'on a un petit peu oublié
18:50justement dans les investissements.
18:51Aujourd'hui, le gros thème
18:52de l'investissement dans le monde entier,
18:54c'est le retour des émergents, etc.
18:55On voit bien la surperformance des bourses.
18:57Eh bien, on oublie un tout petit peu
18:59que l'Iran, c'est un pays
19:00de 90 millions d'habitants,
19:01qui est un pays ultra moderne.
19:02À Téhéran, vous avez encore
19:03des restes de stations de ski.
19:05Vous pouvez aller skier
19:05en partant de la ville.
19:07C'est quand même un pays hyper intéressant.
19:09Si jamais c'est un pays
19:10qui devenait investissable,
19:12on a quelque chose
19:12d'absolument fondamental
19:14qui se changerait dans la région.
19:15Et c'est même peut-être un risque
19:16pour Dubaï.
19:18Hervé n'a pas l'air du tout
19:19comme ce que vous dites.
19:21Que l'Iran soit un pays
19:24avec une vraie culture,
19:25une vraie civilisation,
19:26une vraie histoire,
19:28des gens bien formés
19:29et qu'il y a tout
19:30pour que l'Iran réussisse,
19:32ça, c'est archi vrai.
19:33Jean-François, tu parles d'or.
19:35Mais en fait, moi, ce que je dis,
19:37c'est qu'un semi,
19:40un simili changement de régime
19:42simplement suite à des bombardements
19:45face aux gens
19:47qui sont au pouvoir à Téhéran
19:49que, ça fait 47 ans maintenant
19:52que le chat est parti,
19:54à ce moment-là,
19:55les Iraniens étaient très occidentalophiles,
19:59américanophiles.
20:00Aujourd'hui, les gens qui sont au pouvoir,
20:02ils ne le sont pas du tout.
20:04Et donc, croire que simplement
20:06en discutant avec eux,
20:08ils vont mettre quelqu'un d'américanophile,
20:12moi, je doute un peu.
20:13– L'homme qui est chargé
20:14de mener la transition
20:15jusqu'à la désignation
20:17d'un successeur à Ali Rabenei,
20:18cet homme-là n'est pas religieux.
20:20Il s'appelle Larry Jarry.
20:20Alors, ça peut être justement
20:21l'homme avec qui Washington discute déjà
20:23parce que Washington dit d'ores et déjà
20:25discuter avec des instances iranières.
20:26C'est peut-être lui.
20:27On va suivre ça.
20:28Évidemment, les cours du pétrole,
20:29aujourd'hui en tout cas,
20:30sont en hausse.
20:31Le Brent, plus 7%,
20:3377, 70 dollars.
20:34Et les cours du gaz, surtout,
20:35qui flambent puisque désormais,
20:37jusqu'à nouvel ordre,
20:38le Qatar ne produit plus de GNL
20:40du fait des menaces militaires iraniennes.
20:42Le CAC 40, dans tout cela,
20:43on est à 10 minutes de la clôture.
20:44Et il recule d'un peu plus de 2%.
20:46On rentre dans la dernière ligne droite
20:47de cette séance
20:48et on est toujours en forte baisse.
20:498 391 points le CAC
20:51avec les valeurs exposées
20:52à cette situation iranienne
20:53qui souffre le plus.
20:54Accord, notamment,
20:55perd 8,3%.
20:56Accord recule plus
20:57que les autres chaînes hôtelières.
20:58Pourquoi ?
20:59Eh bien, parce que c'est celle
21:01dont les ventes dépendent
21:02le plus des réservations
21:04au Moyen-Orient,
21:05figurez-vous, Accord.
21:0610% des ventes d'accords,
21:08c'est au Moyen-Orient.
21:09C'est des chaînes hôtelières,
21:10celui, donc, le groupe
21:11qui dépend le plus
21:12de cette région.
21:13Également en repli,
21:14aujourd'hui, sur le marché,
21:15les acteurs des compagnies aériennes,
21:17notamment la France-KLM,
21:18qui prolonge la suspension
21:19de ses vols vers Dubaï
21:20jusqu'à jeudi.
21:20À France, perd 8%.
21:21Puis à la hausse
21:22avec les cours du pétrole,
21:23Total Energy, plus 3,9%.
21:24Les acteurs de la défense aussi
21:25sont en hausse
21:26et notamment Exocence
21:27qui annonce un joli contrat.
21:29350 millions d'euros,
21:30quand même gigantesques
21:30à l'échelle d'Exocence.
21:32Pas avec n'importe qui,
21:33avec l'armée américaine.
21:34Ce contrat avec l'armée US,
21:35il est salué en bourse,
21:37Exocence gagne 5% aujourd'hui.
21:38On en parle avec
21:39Jean-François Robin,
21:40ce soir,
21:41et Hervé Gouletker.
21:42On a cette question
21:42d'un auditeur.
21:43Alors, on n'avait pas forcément
21:44vu venir cette idée,
21:45mais après tout,
21:46pourquoi pas ?
21:46Je vous livre sa question.
21:47Il s'appelle Max,
21:48il nous a écrit
21:48sur le fil XBFM Bourse.
21:50Veolia.
21:51Veolia et les acteurs de l'eau
21:52dans la région au Moyen-Orient
21:53pourraient-ils être impactés
21:55par ce conflit
21:55compte tenu de la dépendance
21:57des pays Moyen-Orientaux
21:58aux usines de dessalement
21:59d'eau de mer ?
22:00Ces usines sont-elles exposées
22:01à des attaques iraniennes ?
22:03Et dans ce cas,
22:04quel impact pour des groupes
22:05comme Veolia dans la région ?
22:06C'est vrai que 90%
22:09de l'eau consommée
22:10en Arabie Saoudite,
22:11dans les Émirats Arabes Unis,
22:1290% de cette eau
22:14vient d'usines
22:14de dessalement d'eau de mer.
22:15C'est les champions mondiaux
22:16en cela.
22:17Sa question,
22:17elle est intéressante
22:18à cet auditeur Hervé.
22:19Alors, moi,
22:20je pense que ça,
22:21ça a été observé
22:23par les locaux
22:25en fait,
22:26s'ils craignent
22:27pour leurs installations
22:28pétrolières ou gazières,
22:30ils craignent aussi
22:31pour leurs installations
22:32de dessalement
22:33de l'eau de mer
22:33parce que c'est la vie
22:34de chacun
22:35qui serait remise en cause.
22:38Donc, en fait,
22:38je pense que oui,
22:39il y a une vraie inquiétude
22:40et donc,
22:42l'idée
22:43qu'ils pourraient
22:45être un facilitateur
22:46et évidemment,
22:47c'est une idée
22:48qui les intéresse
22:50parce que c'est leur vie,
22:52leur survie
22:52qui est en jeu.
22:53Donc, je pense que
22:54c'est une très bonne question.
22:56Est-ce que,
22:57c'est peut-être encore pire
22:59de toucher
23:00les installations
23:00de dessalement
23:01que les installations
23:02de production
23:04de pétrole ou de gaz ?
23:05Oui, dans une région
23:06comme celle-là,
23:06ultra désertique,
23:07effectivement,
23:08ils parviennent même
23:08à faire pètre des vaches
23:09dans la région
23:10grâce à toute cette eau
23:11désalinisée.
23:12Jean-François,
23:13c'est un manjeu aussi.
23:13On ne mesure pas ça
23:14en France
23:15et en Europe en général.
23:16C'est l'avance
23:17de ces pays-là
23:18sur la désalinisation
23:20puisque,
23:21vous l'avez dit,
23:21c'est plus de 80%
23:22de l'euro
23:22qui viennent là-dedans,
23:23mais à des coûts
23:24désormais
23:25qui sont hyper compétitifs.
23:26Il y a des pays
23:27de la région
23:28que je connais bien
23:28qui ont des factures
23:30d'eau inférieures
23:30à la nôtre.
23:31Donc, on a de l'eau
23:31qui sort de ces usines.
23:33C'est fou.
23:34Alors, au départ,
23:35c'était très polluant.
23:36C'était fait avec du gaz,
23:37c'était avec du charbon,
23:38du pétrole.
23:39On pouvait dire,
23:40mais ce n'est pas du tout
23:40vert ce truc-là.
23:41En plus,
23:41il y avait beaucoup
23:42de rejets salins
23:43avec des saumurs
23:43qui avaient des problèmes
23:45sur la biodiversité.
23:46Il y a eu des progrès
23:47phénoménaux
23:52qui sont très intéressantes.
23:55Ça peut être une fragilité,
23:56mais il faut savoir
23:56que les dernières usines
23:57sont faites avec du solaire,
23:59notamment.
24:00Et donc, ça,
24:01ça se remplace facilement.
24:02C'est l'avantage du solaire
24:02par rapport à beaucoup
24:03de ces énergies-là.
24:04Vous les faites sur votre sol
24:05et vous les remplacez facilement.
24:07Et donc, oui,
24:08c'est une très bonne question
24:09parce que c'est évidemment,
24:10encore une fois,
24:11le corps humain,
24:12on peut vivre sans pétrole,
24:13on ne peut pas tenir
24:14plus de trois jours sans eau.
24:15Bravo à Max
24:16pour sa question.
24:17Effectivement,
24:17les usines de dessalement
24:18sont-elles exposées
24:19à des attaques iraniennes
24:20et est-ce un enjeu stratégique
24:21pour ces TPI ?
24:22La réponse est oui
24:23et des groupes comme Veolia,
24:25etc.
24:25pourraient-ils être positivement
24:26ou négativement impactés ?
24:27Voilà, ces questions,
24:28on continue de les faire vivre,
24:29bien sûr, sur BFM.
24:30Et puis, il y a la question
24:31du rôle de l'IA
24:32dans ce qui est en train de se passer
24:33parce que d'après
24:33le Wall Street Journal,
24:35les frappes américaines
24:35contre l'Iran,
24:36ces frappes,
24:37ont utilisé l'IA d'Enthropique,
24:39l'IA-Claude.
24:40En fait,
24:40Claude a été utilisé
24:41par l'Amé américaine
24:42d'après le Wall Street Journal
24:43pour des évaluations
24:43de renseignements,
24:44l'identification des cibles
24:46et la simulation
24:47des scénarios de combat.
24:48Voilà.
24:49L'IA est au cœur
24:50de ce qu'on est en train de vivre.
24:51Oui, puis il y a toute l'histoire
24:52d'Enthropique là-dedans
24:53de Claude,
24:53pas Claude.
24:54C'est fou.
24:54C'est très intéressant,
24:56mais effectivement,
24:56c'est ce que déjà
24:57on avait vu
24:58avec les frappes israéliennes,
25:00c'est qu'il y a beaucoup d'IA
25:01désormais dans tous les systèmes
25:02d'armement
25:02et dans le choix des cibles.
25:03C'est pour ça,
25:04je reviens à la question d'avant,
25:05mais bonne chance
25:06à celui qui va être
25:07le successeur de Kameni
25:08qui va se dire anti-américain,
25:09je ne lui donne pas
25:10une espérance de vie
25:11très très longue quand même.
25:12Oui.
25:14Même s'il se dote d'IA,
25:15ça n'empêchera pas.
25:16Oui, il peut avoir
25:17de l'IA chinoise,
25:19des psys qui existent.
25:20Oui, mais d'ailleurs,
25:21les Iraniens dépendent maintenant
25:22de Baidu.
25:23Vous parliez de la Chine tout à l'heure,
25:24effectivement,
25:24on a intercepté quand même
25:25des cargos chinois
25:26plein de composants
25:28de munitions,
25:28notamment pour les missiles iraniens
25:30et c'est Baidu
25:31qui a remplacé
25:32les systèmes de GPS américains.
25:35Donc oui,
25:35il y a quand même
25:35une lutte d'influence
25:36de la Chine
25:37et je pense que c'est...
25:38Je reviens au point de tout à l'heure
25:40et là, excusez-moi,
25:40on est encore un peu
25:41dans la géopolitique
25:42mais je pense quand même aussi
25:43qu'il y a un sujet
25:44pour l'Ukraine dans tout ça,
25:46c'est que la Chine
25:46a quand même perdu l'Iran,
25:47est en train de perdre le Venezuela
25:49et elle est en train
25:49de montrer qu'elle n'est pas...
25:51qu'elle est capable
25:52de défendre ce qu'elle a dit
25:53très bien précédemment,
25:55c'est qu'on rentre
25:56dans les BRICS,
25:56on a essayé d'intégrer
25:58un petit peu ça
25:59dans la sphère d'influence chinoise
26:00les Iraniens
26:00sans absolument aucune réaction
26:02de la Chine
26:03de la même façon
26:03pour le Venezuela
26:04donc la Chine,
26:05ils ne peuvent plus se permettre
26:06de laisser la Russie perdre.
26:08Voilà, c'est la question
26:09que j'allais vous poser,
26:10qui la Chine
26:10ne peut-elle pas
26:11se permettre de perdre ?
26:12Ils sont en train
26:13de perdre l'Iran,
26:13ils ont perdu le Venezuela
26:14ou ils sont en train
26:14de perdre le Venezuela ?
26:15On a une main mise
26:16sur le Moyen-Orient
26:18parce qu'on a
26:18ce proxy des Etats-Unis
26:19qui est un peu Israël,
26:20on a quand même
26:21cette main mise je trouve
26:22aujourd'hui
26:22où il y a quand même
26:23un acteur régional
26:24hyper fort désormais
26:25c'est Israël,
26:26soutenu par les Américains,
26:28s'il n'y a plus l'Iran,
26:30effectivement la Chine
26:31se retrouve un petit peu
26:31en première ligne.
26:32Mais dans le rapport
26:33entre Chine et Russie,
26:35en fait c'est ambivalent
26:37parce que évidemment
26:38la Russie est affaiblie
26:40plus que la Chine
26:42et donc dans le rapport
26:43le partenaire junior
26:45c'est de plus en plus
26:46évidemment la Russie
26:49qui peut donc imposer
26:50mais d'un autre côté
26:52avec les difficultés
26:53d'accès au pétrole,
26:55finalement la Russie
26:57a une carte très importante
26:58à jouer vis-à-vis de la Chine
27:00donc en fait
27:01il y a un rééquilibrage
27:02entre les deux
27:03mais dans tous les cas
27:04c'est vrai que
27:05je ne sais pas
27:06lequel tient l'autre
27:07mais ils ont intérêt
27:08à faire cause commune.
27:09Oui et si un jour
27:11le pétrole iranien
27:11revient sur le marché mondial
27:13on imagine que ça ferait
27:13fortement baisser les cours
27:14ce qui n'aiderait pas
27:15les Russes
27:15parce qu'ils ont besoin
27:16de cours assez élevés
27:17pour financer leur économie de guerre
27:19et fonder sur les cours
27:20du pétrole assez élevés
27:21donc en fait
27:22c'est tout ça qui se noue
27:23à travers les cours du pétrole
27:24les prix
27:24tous nos échanges
27:25partent des prix là en l'occurrence
27:27Voilà
27:28C'est les prix qui parlent
27:29à travers vous là les amis.
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