- il y a 3 heures
Ce lundi 9 mars, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, s'est penché sur l'éventualité du retour de l'inflation US suite à la flambée du prix du pétrole, la supervision du Trésor américain pour calmer le cours du pétrole, ainsi que le grand "reset" des marchés boursiers à cause de la guerre en Iran, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00Il vient nous en parler, les cours du pétrole, toujours plus de 100 dollars cet après-midi sur WTI, 101
00:04dollars et le Brent à 103 dollars.
00:06Alexandre Baradez, bonjour Alexandre.
00:07Bonjour Guillaume.
00:08Chef analyse d'IG, vous allez rendre votre verdict face au marché, ce verdict que vous allez rendre cet instant
00:12qu'on va vivre.
00:13Est-ce que vous l'assumez ?
00:14Oui Guillaume.
00:15On vous écoute.
00:17La flambée des cours du pétrole pourrait bien apporter le coup de grâce aux consommateurs américains et aux républicains en
00:25vue des midterms.
00:26Oh !
00:28Avec un pétrole, un WTI qui la nuit dernière a signé sa plus forte hausse intraday de l'histoire, plus
00:32de 30% de hausse, vous dites que ça va faire mal aux consommateurs et aux républicains pendant les midterms
00:36?
00:37On rappelle déjà les cours du pétrole qui ont flotté avec les 120 dollars cette nuit.
00:40Les deux seules fois dans l'histoire moderne des Etats-Unis, on a eu ces prix-là.
00:44C'est post-invasion de l'Ukraine en 2022 et avant cela, il faut remonter en 2008, juste avant le
00:49début de l'accès suprême, où on était monté quasiment à 140-150 dollars le baril.
00:53Donc, c'est des niveaux de prix qui sont très rares et sachant qu'il y a quelques semaines encore,
00:58début d'année, on évoluait quelques mois, deux mois, deux mois et demi, on évoluait à 55 dollars le baril,
01:03qui était un prix plus que raisonnable pour les consommateurs et pour les entreprises.
01:06Donc, en l'espace de quelques semaines, on se trouve avec une situation de prix d'énergie qui grimpe très
01:11fortement, moins sur le gaz, heureusement, aux Etats-Unis, mais fortement sur le pétrole.
01:15Et pourquoi on parle des consommateurs ? Parce qu'on a eu vendredi dernier, c'est vrai qu'avec l
01:19'Iran, le pétrole, on est focalisé sur la partie géopolitique,
01:22mais les stats macro-américaines nous ont montré quoi ? Que vendredi, les ventes au détail, donc pour le mois
01:25de janvier, se sont repliées de 0,2% après un mois de décembre où elles n'ont pas progressé.
01:30Donc, ça fait deux mois d'affilée qu'il n'y a pas de progression des ventes au détail aux
01:33Etats-Unis, donc c'est un petit signe sur la consommation, même si il y a des événements climatiques, ce
01:36genre de choses.
01:37Et puis, les enquêtes de consommateurs nous le montrent que, et c'est ce que l'administration américaine avait aussi
01:41vu ces derniers mois,
01:42c'est les questions d'affordability, d'accessibilité financière, de coût de la vie aux Etats-Unis, voilà.
01:47Et ça, c'est quelque chose, je pense, que le consommateur américain va avoir du mal à digérer, sachant qu
01:54'en plus dans les sondages,
01:55on voit bien que pour les mi-termes, les républicains sont mal embarqués.
01:57Donc, c'est vrai que la décision, ou plutôt le fait que les Etats-Unis, et on va en parler
02:02dans quelques instants probablement,
02:03et laisser faire, et c'est ça qui a catalysé ces prix ce week-end, entre vendredi et aujourd'hui,
02:08et laisser faire ces frappes sur les dépôts de pétrole en Iran,
02:11c'est qu'ils acceptent, et Trump l'a dit sur son réseau social, le fait que pendant quelques temps,
02:15il faudra vivre avec, donc ils assument le fait qu'il faudra vivre pendant quelques temps,
02:18avec des prix d'énergie plus élevés aux Etats-Unis.
02:20– Donald Trump a réagi en effet en disant que ces prix du pétrole qui montent,
02:22ce n'est pas un prix si important à payer pour la liberté et la sécurité dans le monde, voilà.
02:27Bon, toujours est-il qu'il sera mis au pied du mur, effectivement, à l'occasion des militaires.
02:31– C'est une drôle de stratégie, après on peut la comprendre,
02:34il y a des hommes d'Etat parfois qui vont au-delà de leur intérêt électoral,
02:36alors est-ce que c'est le cas là, sachant que lui c'est quand même un populiste à la
02:39base,
02:40donc a priori il suit seulement le cap électoral, mais là pour le coup ce n'est pas l'électoraliste
02:43qu'il est en train de faire.
02:43– Non, effectivement, la question que je pense qu'il faut vraiment se poser aujourd'hui,
02:45qui est souvent la plus importante pour le point de vue économique,
02:47c'est combien de temps cette hausse va durer ?
02:49Si effectivement c'est un pétard, on part de 55, on monte à 120,
02:52et on redescend en deux semaines à 60, 60, 70, les effets sont très limités.
02:56Quand on regarde en fait, on compare à l'instant 2022 et 2008,
03:00c'est deux dernières phases où le pétrole est vraiment flambé.
03:02Si on regardait l'épisode de 2008, le rallye du pétrole a démarré début 2007,
03:06c'est un rallye qui avait duré donc à peu près 15 mois, jusqu'à l'été 2008,
03:10et là l'inflation aux Etats-Unis durant ce laps de temps était passée de 2,5% à peu
03:14près,
03:14à plus de 5%, parce que pendant un an et demi, vous aviez des prix d'énergie qui grimpaient,
03:18donc là il y a une transmission des prix d'énergie au prix à l'inflation.
03:22Deuxième vague qu'on a connue où le pétrole est monté à 120 et quelques,
03:25post-invasion de l'Ukraine, là aussi vous aviez eu quasiment 2 ans de rallye sur le pétrole.
03:29Donc là il y avait aussi eu un phénomène d'inflation qui s'était mis en place.
03:32Donc la vraie question aujourd'hui c'est ça, c'est combien de temps ces prix élevés vont persister ?
03:37Si c'est 6 mois, 8 mois, bien sûr qu'il y aura un effet sur l'inflation.
03:39Si c'est 1 mois, 2 mois, ça tombe assez vite,
03:42parce qu'effectivement une espèce de pragmatisme électoral américain
03:45qui s'exerce avec une détente de la situation,
03:48dans ce cas-là l'effet sur les prix sera plus limité.
03:49Mais alors l'effet sur les prix, donc plus de 100 dollars aujourd'hui le baril,
03:52de Brent ou du groupe brut léger américain,
03:54quelle est la part de spéculation quand même ?
03:56Parce qu'il y a beaucoup de pétrole dans le monde.
03:58Autant les années 90, le monde entier dépendait quasiment uniquement du pétrole du Golfe,
04:02autant aujourd'hui il en dépend encore en grande partie,
04:04mais il y a d'autres sources d'approvisionnement.
04:06Quelle est la part de spéculation dans la hausse des cours ?
04:07Je ne sais pas quand même que c'est la gigantesque,
04:09parce que ce qu'on disait, encore une fois, début d'année, début janvier, début février,
04:13c'est ce qui était vrai, le marché mondial du pétrole est très liquide,
04:16très bien approvisionné, des pétroliers dans tous les sens, il y a même la flotte fantôme,
04:20donc le pétrole circule et livré, et les prix sont bas.
04:23C'est une stratégie de Trump, souvenez-vous, de faire baisser au maximum les prix de l'énergie
04:26pour ses propres visites domestiques, mais aussi pour faire pression sur la Russie.
04:30Et donc on passe en l'espace de quelques semaines,
04:32d'un pétrole, on l'a dit, à 55, à 120.
04:35Les deux grosses cartouches haussières qu'on a eues, ça s'est fait en deux temps.
04:39Première phase, c'est le début des frappes en Iran,
04:42et les premières craintes qu'on a eues, c'est parce que l'Iran disait,
04:46on va, on peut bloquer l'étroit d'Ormouz.
04:49Donc le premier segment où on est passé de 65 à 90 dollars, la semaine dernière,
04:53c'est sur les craintes de la fermeture de l'étroit d'Ormouz.
04:56Et la deuxième cartouche qu'on a aujourd'hui, c'est parce qu'il y a eu des frappes israéliennes,
05:00probablement avec l'aval, évidemment, américain,
05:01où là, le baril est monté de 90 à quasiment 120.
05:04Donc, c'est une escalade assez phénoménale quand on y pense.
05:08Donc, quelques jours avant, personne ne parlait de fermer l'étroit d'Ormouz,
05:11on en parle quelques jours après, et la fois d'après, la semaine suivante,
05:14des cibles de dépôts de pétrole sont visées.
05:17Ce qui veut donc dire que le marché, lui, réagit en temps réel.
05:20Il se dit, mais si donc les États-Unis donnent l'aval de frapper des cibles de dépôts de pétrole,
05:26et que l'Iran réplique en ciblant aussi le dépôt de pétrole des pays voisins.
05:31Mais il avait déjà ciblé les jours d'avant, le dépôt de pétrole dans pas mal de pays.
05:34Voilà, mais le marché, que peut-il se dire d'autre que cette escalade,
05:38tant qu'on n'en voit pas le bout, et le bout, on peut peut-être le voir très vite,
05:41mais tant qu'on n'en voit pas le bout, il est où le bout ?
05:43Ça veut dire que s'il y a d'autres frappes, d'autres infrastructures,
05:46pourquoi ces craintes seraient infondées ?
05:48On rappelle, alors effectivement, c'est des flux autres,
05:50mais le détroit d'Ormouz, vous avez 20% du pétrole mondial
05:53qui circule tous les jours par ce détroit.
05:56Et le pétrole de grande qualité, un pétrole de très grande qualité,
05:59c'est aussi sa particularité.
06:01C'est ça, c'est 20 millions de barils, donc 20 millions de barils le jour,
06:03la consommation mondiale de pétrole, c'est 100 millions de barils.
06:05Donc on se dit, bon, effectivement, soit une désescalade géopolitique,
06:08c'est la meilleure des solutions pour que les prix retombent,
06:10soit on se dit, il va falloir augmenter un petit peu les capacités de production,
06:13alors effectivement, les pétroles de même qualité ou de qualité,
06:15c'est pas tout à fait la même, mais qui se rapproche le plus,
06:17vous avez le pétrole le schiste américain,
06:19vous avez aussi des productions d'Afrique de l'Ouest qui s'en rapprochent un petit peu,
06:22d'Amérique du Sud également, donc on peut, dans le temps,
06:27compenser en partie ces 20 millions qui ne circuleraient plus.
06:31Sachant aussi, ne pas oublier que certains pays, comme le Koweït ou l'Irak,
06:33ont réduit leur niveau de production d'à peu près 4 millions de barils le jour.
06:37Donc, les Etats-Unis, rappelons quelques chiffres,
06:39c'est 13,5, 13,6 millions leur production de barils le jour.
06:43Si vous deviez compenser ces 20 millions qui sont bloqués,
06:46c'est pas qu'ils ne circulent pas complètement, mais qu'ils sont bloqués,
06:48vous voyez bien les ratios, 20 millions de barils le jour,
06:51les Etats-Unis en produisent 13 millions de barils le jour.
06:54Donc, même si on montait avec des efforts de 14 millions,
06:57sachant qu'on ne redémarre pas, on n'accélère pas les productions du jour au lendemain,
07:00on voit bien que ce n'est pas compensable tout de suite.
07:02Donc, la solution, on voit qu'on se rient un peu là-dessus
07:04dans la déclaration qu'on a entendue il y a quelques instants du président de la République,
07:06qui appelle le G7 à aller chercher du côté des stocks stratégiques.
07:09C'est vrai que la réponse la plus immédiate qu'on avait vue au moment de la guerre en Ukraine,
07:13c'est le recours aux stocks stratégiques.
07:15Alors, on donne quelques chiffres très rapides.
07:16Côté Etats-Unis et côté Europe, c'est à peu près le même niveau de stocks stratégiques,
07:20environ 415-420 millions de barils.
07:23Si vous débloquez 4 millions de barils le jour de ces stocks stratégiques,
07:27vous tenez à peu près 3 mois.
07:28Donc, on peut tenir 3 mois uniquement sur les stocks stratégiques,
07:31aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis.
07:33Donc, ça, c'est la solution qui avait été utilisée
07:35quand les prix avaient vraiment flambé de l'énergie post-invasion de l'Ukraine.
07:38Ça avait été le recours aux stocks stratégiques.
07:40Et il semble que ce soit la voie vers laquelle on se dirige.
07:43Même si les pays du G7 n'ont pas encore réussi à s'accorder sur ces 400 millions de barils,
07:47mais enfin, les discussions vont sans doute effectivement se poursuivre.
07:50On entend aussi parler d'une possible intervention américaine
07:54sur le marché du trading de pétrole.
07:56Ça, c'était en fin de semaine dernière.
07:57Ça n'a pas été démenti.
07:58Bon, alors, c'est vrai, le bénéfice du doute, quelque part.
08:01Les Américains pourraient comme ça intervenir le trésor américain
08:03sur le marché du trading pour, on va dire,
08:05éviter que les spéculateurs ne fassent monter les cours trop haut face à lui, face au trésor ?
08:10Alors, s'il y a un peu de spéculation qui s'empare de ce marché,
08:12ce qui est aussi possible dans toutes les phases,
08:13la spéculation vient un petit peu ajouter de l'huile sur le feu,
08:15même si la spéculation est rarement à l'origine de 100% des mouvements.
08:18Généralement, il vient se greffer sur un mouvement qui part
08:19parce qu'il y a beaucoup d'inertie, beaucoup de force.
08:21C'est un peu comme quand le marché baisse,
08:23vous avez les vendeurs à découvert qui viennent chercher la tendance à ce moment-là,
08:25mais ce n'est pas eux qui initient généralement la tendance.
08:28Donc, ce qu'on peut faire dans ces cas-là,
08:30on le voit quand il y a des prix de métaux qui ont flambé,
08:33vous pouvez demander à accroître les marges, par exemple.
08:35Les marges requises, les contrats à terme, il y a un niveau de marge qui est requise,
08:38c'est-à-dire qu'on ne mobilise pas 100% des capitaux
08:39pour acheter des contrats à terme sur le pétrole,
08:41on va immobiliser peut-être 20% des capitaux.
08:43Mais on peut dire, voilà, maintenant, pour trader des contrats à terme sur le pétrole,
08:46augmentons les marges, par exemple, doublons, triplons les marges requises.
08:48Ça, c'est le genre d'éléments, si on veut attaquer la spéculation,
08:52qui font effectivement baisser l'aspect spéculatif.
08:55Mais est-ce que c'est totalement suffisant ?
08:57Prenons des cas un peu autres que l'énergie,
08:59quand les marchés baissaient fortement lors de la crise des subprimes,
09:02la crise de la dette en zone euro à l'époque,
09:04on avait interdit, c'est un pays qui avait interdit la vente à découvert,
09:06on disait, voilà, on ne peut plus vendre des actions à découvert, etc.
09:09Ce n'est pas des éléments qui avaient coupé le feu,
09:11c'est-à-dire qu'on se rend bien compte que c'est des éléments qu'on donne
09:13pour au grand public, dire, voilà, on va éteindre la spéculation,
09:17mais la spéculation, comme on le voit dans l'histoire,
09:19généralement, elle est là dans les mouvements,
09:20elle participe aux mouvements de manière mineure,
09:23mais c'est rarement elle qui initie les mouvements.
09:25– Oh, un mini événement, c'est purement symbolique,
09:27mais le WTI vient repasser sous les 100 dollars.
09:29Ah, 99,70, Antoine.
09:31– Bon, on la sent venir, la vague de,
09:34voilà, il faut intensifier nos investissements sur l'électrique,
09:38les énergies renouvelables, comme on a pu le voir
09:40juste après l'ouverture des hostilités en Ukraine
09:43et le précédent choc pétrolier-gazier.
09:47– Certains réclament ça, certains le réclament,
09:50mais on voit bien qu'au niveau européen, il y a quelques mois encore,
09:53on parlait de cette décision de repousser un petit peu
09:55la fin des moteurs thermiques, parce que face aux Etats-Unis
09:58et leur dérégulation, qui voulait justement couper un peu
10:02cette élan du 100% renouvelable pour ne pas impacter
10:04tous les constructeurs américains ou autres,
10:06on voit mal aujourd'hui, alors qu'il y a quelques semaines encore,
10:09les efforts portaient plutôt sur l'étalement
10:12de la fin des moteurs thermiques sur des échanges plus longues,
10:14pour donner aussi un peu d'oxygène à certains constructeurs européens.
10:19Je ne vois pas le discours politique à l'échelle européenne,
10:21je dis bien, de manière partisane, oui, il y aura des déclarations
10:24dans ce sens-là, à l'échelle européenne, je ne vois pas
10:27les politiques changer drastiquement dans ce contexte-là.
10:30Encore une fois, il y a plein d'étapes avant cela.
10:32Encore une fois, ça peut être la désescalade,
10:33ça peut être les stocks stratégiques, ça peut être accroître un peu
10:35la production, donc ce n'est pas parce qu'on clamera
10:38qu'il faut du jour au lendemain du tout électrique
10:40que d'un seul coup, les cours du pétrole retomberont.
10:42– On en parlera tout à l'heure avec Frédéric Rosier,
10:43mais quand même, la France aujourd'hui, pour fabriquer 1 euro de PIB,
10:47pour produire 1 euro de PIB, a besoin de deux fois moins de pétrole
10:50qu'en 2000. Un pays comme la France, par exemple,
10:52dépend beaucoup moins par le passé du pétrole,
10:54donc il y a eu des avancées. Quand on regarde les marchés,
10:56aujourd'hui encore, l'Europe recule assez nettement,
10:58même si on est en train de limiter nos pertes.
11:00Le CAC 40 perd 1,5, en ce moment, ça reste une forte baisse.
11:03Mais à Wall Street, comme la semaine dernière,
11:04on surperforme une toute petite baisse,
11:06le Nasdaq perd 0,3, le S&P moins 0,7.
11:08C'est vraiment business as usual en ce moment sur Wall Street.
11:10Comment est-ce que vous expliquez cette divergence ?
11:11C'est vrai qu'autant avant l'intervention militaire en Iran,
11:17nous avons eu une plus forte performance,
11:18une meilleure performance des marchés européens
11:20par rapport aux marchés américains qui stagnaient.
11:22Et quand la volatilité est arrivée,
11:23là on a vu que les prises de gains étaient plus rapides
11:25sur la partie européenne. Vous avez des indices européens,
11:27la plupart ont lâché une dizaine de pourcents depuis leur sommet,
11:29certains vont voir un peu plus, alors que si vous regardez le S&P 500,
11:32on est à moins 5,5, moins 6% du sommet historique,
11:35ce qui est effectivement, avec un VIX,
11:37une volatilité qui montait à 35,
11:39donc effectivement c'est très peu, c'est quasiment rien on peut dire,
11:42c'est une quasi-insensibilité à ça.
11:44Il me semble, comme on le voit un peu sur le dollar,
11:46qu'il y a un peu ce côté valeur-refuge,
11:48ce qui peut être un peu paradoxal,
11:49parce que l'intervention militaire, elle est conjointe avec Israël.
11:52Donc c'est les États-Unis qui ont initié le mouvement avec Israël,
11:54qui sont à l'origine du mouvement militaire,
11:56et pour autant, mais ça c'est classique,
11:58les investisseurs recherchent le dollar comme valeur-refuge.
12:00Parce que c'est le plus liquide, on vient chercher la liquidité.
12:02Parce que c'est une grosse puissance,
12:03parce qu'elle est censée être plus stable dans ces phases d'instabilité,
12:06même s'ils sont eux qui sont à l'origine de cette phase d'instabilité.
12:09Je rappelle aussi à titre d'exemple que lors de la crise des Suprême,
12:11si vous regardez le déclenchement de la crise des Suprême en 2008,
12:14il y a eu initialement, juste après la faillite de Lehman Brothers,
12:17alors que c'était bien aux États-Unis,
12:18que c'était une crise des Suprême, surtout américaine,
12:20eh bien le dollar était recherché.
12:22Donc parfois ça paraît paradoxal,
12:23mais même si la crise émane des États-Unis,
12:25eh bien le dollar est un peu recherché.
12:27Mais par contre, pour finir sur votre question...
12:28Ils produisent du pétrole, les Américains,
12:30ils ne dépendent pas trop de ce qui se passe dans le corps.
12:31Pour finir sur les indices, par contre, je pense que la résilience,
12:34à un moment donné, elle est tant mieux pour ceux qui sont sur ces actifs-là,
12:37mais quand vous regardez bien le rallye que vous avez eu depuis avril 2025
12:41jusqu'en fin d'année, début d'année 2026.
12:44Corriger seulement 5% ce rallye,
12:46quand vous avez des signaux sur la consommation américaine,
12:48qu'il faut commencer à regarder,
12:49quand vous avez des signaux sur l'emploi,
12:50on a vu le rapport sur l'emploi assez moyen vendredi dernier,
12:52et vous ajoutez à cela un stress lié à l'énergie,
12:56moi je trouve que c'est très peu cher payé,
12:57et je pense que décemment,
12:59on pourrait corriger d'une dizaine, d'une quinzaine de pourcents,
13:02sans que ce soit dramatique,
13:03donc pour moi, on n'a pas fini cette correction sur la partie américaine,
13:06la tech a déjà pas mal avancé en sa correction,
13:08mais pour moi, globalement, le SP500,
13:09qui ne lâche que 6% depuis son record historique,
13:11ça me paraît trop peu,
13:12au vu des événements qu'on traverse aujourd'hui.
13:14Voilà, le dollar qui redevient en ce moment une valeur refuge,
13:17le franc suisse aussi, il est au plus historique face à l'euro, le franc suisse,
13:19alors ça c'est incroyable.
13:20Il faut surveiller la BNS d'ailleurs, la Banque Centrale Suisse,
13:22parce que là, eux, ça devient vraiment un problème,
13:23parce qu'il n'y a quasiment plus d'inflation,
13:25et ils ont un franc suisse qui reste très élevé,
13:27recherché quand même leur refuge,
13:28donc d'ici, est-ce que nous ayons peut-être dans quelque temps
13:30une intervention de la BNS sur le marché,
13:32elle le fait la BNS,
13:33comme la Banque du Japon parfois au spot,
13:34elle intervient dans le marché.
13:35Elle pourrait même passer ses taux en négatif,
13:37on parlait de ça il y a quelques semaines.
13:38Oui, c'est une possibilité,
13:39et c'est vrai, là on voit les choses très vite,
13:41on parlait encore quelques temps de l'inflation des taux,
13:43et maintenant on parle de taux négatif,
13:44donc c'est vrai que c'est une situation toujours un peu à part,
13:46quand même, la situation en Suisse.
13:47Alexandre Baradez pour IG avec nous,
13:49Claire comme de l'eau de roche,
13:50comme à chaque fois,
13:50merci beaucoup Alexandre de nous avoir rejoint et accompagné.
13:52le cas de la BNS,
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