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  • il y a 9 minutes
Ce lundi 2 mars, Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, a abordé la flambée du cours du pétrole avec la guerre en Iran, et l'enjeu de cette hausse pour Donald Trump, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Florian Yelpo nous rejoint pour l'embarodier IEM. Bonjour Florian.
00:03Bonjour, bonjour.
00:04Et parallèlement, les cours du pétrole et du gaz, cet après-midi, montrent fortement.
00:07On le disait, en Europe, les cours du gaz sont en train de progresser sur le marché à terre de
00:1250%,
00:12plus 50% parce que le Qatar a annoncé la suspension de sa production de GNL
00:17du fait d'attaques de drones sur certains sites.
00:19Les cours du pétrole, eux, sont en hausse de 7-8%, le baril de Brent à 78 dollars.
00:23Bref, ce qui est en train de se jouer, c'est le retour de l'inflation, d'une certaine façon,
00:29là Florian ?
00:30C'est plutôt une inflation énergétique qui est en train de revenir sur le devant de la scène.
00:35Je pense que le point principal, c'est de tenter de mesurer l'ampleur de ce retour de l'inflation.
00:41Parce que tous les chocs d'inflation énergétique ne se ressemblent pas.
00:46D'après nos analyses, une progression des prix du pétrole de l'ordre de 10%,
00:50c'est à peu près 40-50 points de base d'inflation en plus sur les grands indices d'inflation
00:58de la planète,
00:59sans réelle destruction de demandes.
01:01Par contre, si on va au-delà de ça, si on observe une future progression,
01:05une augmentation de la progression des prix du baril,
01:07alors là, on serait sur une situation plus corsée, plus difficile,
01:10avec de la destruction de demandes et en même temps de l'inflation.
01:14Vous connaissez ça aussi bien que moi, ça s'appelle la spagflation.
01:17Et on a souvent de la peine à piloter ce genre d'environnement.
01:19– Florian, est-ce que ce conflit, les conséquences économiques,
01:22comme la hausse des prix de l'énergie, est de nature à replacer les banques centrales en première ligne ?
01:28Tout à l'heure, on avait un invité qui nous disait que oui,
01:30mais que Fed et BCE n'allaient pas forcément agir de la même façon.
01:34– C'est un bon point. Là encore, c'est une question d'amplitude.
01:38Si on observe une progression des prix du baril de l'ordre de 10%,
01:42on pourrait s'imaginer une Fed qui repousse ses prochaines baisses de taux à un peu plus tard.
01:49C'est pas la même chose que d'augmenter, de voir une progression de l'inflation de plus de 1,
01:53plus de 2%,
01:54qui là pourrait amener Kevin Walsh, à l'arrivée de son mandat,
01:58à prendre des décisions plus drastiques, plus difficiles, et notamment des hausses de taux.
02:02On sait la BCE très réactive à l'inflation globale et à l'inflation énergétique,
02:08parce qu'on sait aussi que la progression de l'euro, c'est notre meilleur bouclier global
02:13contre l'ingestion de cette inflation énergétique.
02:17Donc on a différents types de problématiques,
02:19mais l'important c'est l'ampleur de la progression des prix du pétrole.
02:2310%, 25%, 50%, ça n'est pas du tout la même situation.
02:27– Puis ensuite on sait que le baromètre de Donald Trump, c'est le prix du galon d'essence.
02:34Quelle est la limite de hausse du pétrole encaissable pour le président américain avant les mid-terms ?
02:41– Alors ça c'est une bonne question, et la réponse qu'on a proposée, elle est toute simple.
02:44C'est qu'aussi longtemps que la progression du prix du baril reste en deçà de 20%,
02:50dans l'ensemble ça reste une inflation supportable et une inflation de court terme.
02:54Alors court terme, l'idée c'est, est-ce qu'on va l'avoir dans le prochain trimestre,
02:59dans les deux prochains trimestres, évidemment pour les mid-terms, l'enjeu est conséquent.
03:03Mais en tout cas, à l'échelle de 2026, c'est le type d'inflation qu'on peut ingurgiter.
03:07Vous savez, il y a d'autres composantes de l'inflation qui sont en train de revenir en arrière.
03:10Donc aussi longtemps qu'on est en dessous de 20%, dans l'ensemble ça reste supportable,
03:14au-delà de 20%, on commence à avoir en plus de l'inflation, de la destruction de demandes.
03:19Et ça, ça n'est pas du tout bon pour les mid-terms.
03:21– Oui, mid-terms qui approche dans maintenant un peu plus de 8 mois.
03:26Quand même, ce qui se passe là avec cette hausse des cours du pétrole,
03:28mais surtout le blocage du détroit d'Hormuz,
03:31ce n'est pas que le détroit soit bloqué, interdit de circuler,
03:33c'est que les opérateurs, les majors pétrolières,
03:35elles-mêmes choisissent de ne plus y opérer,
03:37parce que ça devient là trop dangereux dans le contexte de guerre
03:39que cette région est en train de vivre.
03:41Quel impact cela aura, donc ce détroit par lequel on ne peut plus vraiment circuler opérationnellement,
03:45pour la Chine et l'Inde qui sont de gros acheteurs de pétrole iranien ?
03:48– Et pas que, il faut penser aussi que quand on commence à désorganiser
03:52un processus aussi bien rodé, on est typiquement dans une situation
03:55où on va augmenter les coûts de circulation,
03:58les coûts de production globaux, si vous voulez, de ces matières premières.
04:03On le sait, l'Inde, la Chine sont des pays très exposés à ce type de pétrole,
04:11et la sanction du marché aujourd'hui, en fait, elle est particulièrement prononcée
04:15justement pour les émergents.
04:16Donc il faut bien observer quels sont les grands indices qui reculent,
04:20dans quelle ampleur, pour bien comprendre où sont les héritables enjeux,
04:24qui sont les héritables perdants d'un choc pétrolier,
04:27probablement moins les États-Unis que l'Europe,
04:29probablement moins les États-Unis que le monde émergent asiatique.
04:32– Florian Yelpo avec nous aujourd'hui pour Lombard-Rodier-Yem,
04:36régulièrement de nos côtés, merci beaucoup.
04:38Florian, le CAC est toujours en baisse, à moins 2,2%,
04:40avec aussi les acteurs du luxe qui reculent.
04:42C'est vrai que la géopolitique qui mord, c'est compliqué,
04:45et puis cette région du Moyen-Orient, c'est une région, bien sûr, cruciale,
04:48stratégique pour les acteurs du luxe.
04:50On a Kering qui recule de 5%, LVMH qui perd 4%,
04:53beaucoup de clients là-bas, sur place, d'ailleurs forcés de rester sur place
04:57pour un certain nombre d'entre eux, du fait qu'ils ne peuvent plus prendre l'avion.
04:59Air France-KLM a annoncé tout à l'heure la prolongation
05:01de l'arrière-haut de la suspension de ces vols.
05:03– Mais avec des boutiques fermées sur place, il ne faut pas aller.
05:05– Ah, ils sont fermés ?
05:06– Donc ils sont obligés de rester, mais ils ne peuvent pas acheter.
05:08– Non, mais quelle frustration c'était.
05:10On comprend du coup les vidéos des influenceurs qui pleurent en disant
05:13« Ah, c'est terrible, on doit rester. »
05:14Ah oui, c'est plus intéressant quand tout est fermé, c'est sûr.
05:16– Pas que des influences, il ne faut pas généraliser.
05:16– Non, c'est vrai, il y a aussi l'audi gauche.
05:18Le CAC 40 est en plus, moins 2,2% en ce moment à la Bourse de Paris.
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