00:00Florian Yelpo nous rejoint pour l'embarodier IEM. Bonjour Florian.
00:03Bonjour, bonjour.
00:04Et parallèlement, les cours du pétrole et du gaz, cet après-midi, montrent fortement.
00:07On le disait, en Europe, les cours du gaz sont en train de progresser sur le marché à terre de
00:1250%,
00:12plus 50% parce que le Qatar a annoncé la suspension de sa production de GNL
00:17du fait d'attaques de drones sur certains sites.
00:19Les cours du pétrole, eux, sont en hausse de 7-8%, le baril de Brent à 78 dollars.
00:23Bref, ce qui est en train de se jouer, c'est le retour de l'inflation, d'une certaine façon,
00:29là Florian ?
00:30C'est plutôt une inflation énergétique qui est en train de revenir sur le devant de la scène.
00:35Je pense que le point principal, c'est de tenter de mesurer l'ampleur de ce retour de l'inflation.
00:41Parce que tous les chocs d'inflation énergétique ne se ressemblent pas.
00:46D'après nos analyses, une progression des prix du pétrole de l'ordre de 10%,
00:50c'est à peu près 40-50 points de base d'inflation en plus sur les grands indices d'inflation
00:58de la planète,
00:59sans réelle destruction de demandes.
01:01Par contre, si on va au-delà de ça, si on observe une future progression,
01:05une augmentation de la progression des prix du baril,
01:07alors là, on serait sur une situation plus corsée, plus difficile,
01:10avec de la destruction de demandes et en même temps de l'inflation.
01:14Vous connaissez ça aussi bien que moi, ça s'appelle la spagflation.
01:17Et on a souvent de la peine à piloter ce genre d'environnement.
01:19– Florian, est-ce que ce conflit, les conséquences économiques,
01:22comme la hausse des prix de l'énergie, est de nature à replacer les banques centrales en première ligne ?
01:28Tout à l'heure, on avait un invité qui nous disait que oui,
01:30mais que Fed et BCE n'allaient pas forcément agir de la même façon.
01:34– C'est un bon point. Là encore, c'est une question d'amplitude.
01:38Si on observe une progression des prix du baril de l'ordre de 10%,
01:42on pourrait s'imaginer une Fed qui repousse ses prochaines baisses de taux à un peu plus tard.
01:49C'est pas la même chose que d'augmenter, de voir une progression de l'inflation de plus de 1,
01:53plus de 2%,
01:54qui là pourrait amener Kevin Walsh, à l'arrivée de son mandat,
01:58à prendre des décisions plus drastiques, plus difficiles, et notamment des hausses de taux.
02:02On sait la BCE très réactive à l'inflation globale et à l'inflation énergétique,
02:08parce qu'on sait aussi que la progression de l'euro, c'est notre meilleur bouclier global
02:13contre l'ingestion de cette inflation énergétique.
02:17Donc on a différents types de problématiques,
02:19mais l'important c'est l'ampleur de la progression des prix du pétrole.
02:2310%, 25%, 50%, ça n'est pas du tout la même situation.
02:27– Puis ensuite on sait que le baromètre de Donald Trump, c'est le prix du galon d'essence.
02:34Quelle est la limite de hausse du pétrole encaissable pour le président américain avant les mid-terms ?
02:41– Alors ça c'est une bonne question, et la réponse qu'on a proposée, elle est toute simple.
02:44C'est qu'aussi longtemps que la progression du prix du baril reste en deçà de 20%,
02:50dans l'ensemble ça reste une inflation supportable et une inflation de court terme.
02:54Alors court terme, l'idée c'est, est-ce qu'on va l'avoir dans le prochain trimestre,
02:59dans les deux prochains trimestres, évidemment pour les mid-terms, l'enjeu est conséquent.
03:03Mais en tout cas, à l'échelle de 2026, c'est le type d'inflation qu'on peut ingurgiter.
03:07Vous savez, il y a d'autres composantes de l'inflation qui sont en train de revenir en arrière.
03:10Donc aussi longtemps qu'on est en dessous de 20%, dans l'ensemble ça reste supportable,
03:14au-delà de 20%, on commence à avoir en plus de l'inflation, de la destruction de demandes.
03:19Et ça, ça n'est pas du tout bon pour les mid-terms.
03:21– Oui, mid-terms qui approche dans maintenant un peu plus de 8 mois.
03:26Quand même, ce qui se passe là avec cette hausse des cours du pétrole,
03:28mais surtout le blocage du détroit d'Hormuz,
03:31ce n'est pas que le détroit soit bloqué, interdit de circuler,
03:33c'est que les opérateurs, les majors pétrolières,
03:35elles-mêmes choisissent de ne plus y opérer,
03:37parce que ça devient là trop dangereux dans le contexte de guerre
03:39que cette région est en train de vivre.
03:41Quel impact cela aura, donc ce détroit par lequel on ne peut plus vraiment circuler opérationnellement,
03:45pour la Chine et l'Inde qui sont de gros acheteurs de pétrole iranien ?
03:48– Et pas que, il faut penser aussi que quand on commence à désorganiser
03:52un processus aussi bien rodé, on est typiquement dans une situation
03:55où on va augmenter les coûts de circulation,
03:58les coûts de production globaux, si vous voulez, de ces matières premières.
04:03On le sait, l'Inde, la Chine sont des pays très exposés à ce type de pétrole,
04:11et la sanction du marché aujourd'hui, en fait, elle est particulièrement prononcée
04:15justement pour les émergents.
04:16Donc il faut bien observer quels sont les grands indices qui reculent,
04:20dans quelle ampleur, pour bien comprendre où sont les héritables enjeux,
04:24qui sont les héritables perdants d'un choc pétrolier,
04:27probablement moins les États-Unis que l'Europe,
04:29probablement moins les États-Unis que le monde émergent asiatique.
04:32– Florian Yelpo avec nous aujourd'hui pour Lombard-Rodier-Yem,
04:36régulièrement de nos côtés, merci beaucoup.
04:38Florian, le CAC est toujours en baisse, à moins 2,2%,
04:40avec aussi les acteurs du luxe qui reculent.
04:42C'est vrai que la géopolitique qui mord, c'est compliqué,
04:45et puis cette région du Moyen-Orient, c'est une région, bien sûr, cruciale,
04:48stratégique pour les acteurs du luxe.
04:50On a Kering qui recule de 5%, LVMH qui perd 4%,
04:53beaucoup de clients là-bas, sur place, d'ailleurs forcés de rester sur place
04:57pour un certain nombre d'entre eux, du fait qu'ils ne peuvent plus prendre l'avion.
04:59Air France-KLM a annoncé tout à l'heure la prolongation
05:01de l'arrière-haut de la suspension de ces vols.
05:03– Mais avec des boutiques fermées sur place, il ne faut pas aller.
05:05– Ah, ils sont fermés ?
05:06– Donc ils sont obligés de rester, mais ils ne peuvent pas acheter.
05:08– Non, mais quelle frustration c'était.
05:10On comprend du coup les vidéos des influenceurs qui pleurent en disant
05:13« Ah, c'est terrible, on doit rester. »
05:14Ah oui, c'est plus intéressant quand tout est fermé, c'est sûr.
05:16– Pas que des influences, il ne faut pas généraliser.
05:16– Non, c'est vrai, il y a aussi l'audi gauche.
05:18Le CAC 40 est en plus, moins 2,2% en ce moment à la Bourse de Paris.
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