00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03François Cabot nous rejoint pour Group AXA. Bonjour François.
00:06Le blocus se poursuit au Moyen-Orient, il coûte très cher ce blocus à l'économie iranienne.
00:10Est-ce qu'on sait combien de temps l'Iran peut tenir ?
00:14Non, je crois que c'est effectivement compliqué de dire, d'être conclusif aujourd'hui.
00:18Ce qui est sûr par contre, c'est que plus ce blocus et ses trêves à répétition dure,
00:22plus effectivement le choc va être persistant et donc du coup va être plus important,
00:26tout à la fois pour l'économie iranienne et pour l'ensemble de l'économie mondiale.
00:28Et je pense qu'il faut avoir en tête l'idée qu'on a pour l'instant un choc quasiment
00:33uniquement sur les prix.
00:35Et plus ce choc va durer, plus on peut avoir des risques de disruption, d'offres tout simplement,
00:38de produits qui ne sont plus disponibles du tout.
00:41Et donc dès lors, effectivement, impliquer des chocs non linéaires et qui peuvent démultiplier les effets prix
00:45et donc du coup avoir des répercussions à tout à la fois pour l'Iran et pour l'ensemble de
00:49l'économie mondiale.
00:49Oui, il semble que les capacités de stockage de pétrole de l'Iran soient saturées dans 2-3 semaines,
00:55dans 12 à 16 jours.
00:57Les capacités de stockage, donc trop de pétrole, l'Iran du coup au bout de 12 à 16 jours de
01:01blocus supplémentaires
01:02devra probablement réduire sa production, voire fermer certains champs,
01:06ce qui sera assez catastrophique parce que derrière c'est très compliqué à rouvrir,
01:09ça crée des dégâts quand on ferme des lignes de production de pétrole.
01:12Donc voilà, sans doute 12 à 16 jours devant l'Iran pour tenir dans ce blocus.
01:16Au bout des 12 à 16 jours, ça risque d'être beaucoup plus difficile, nous disent un certain nombre d
01:19'experts.
01:20Les impacts qui sont économiques à l'échelle mondiale également, on voit ici en Europe d'ailleurs des révisions à
01:24la baisse des prévisions de croissance.
01:25En Allemagne, l'Allemagne aujourd'hui divise par deux sa prévision de croissance pour cette année.
01:31Oui, c'est ce qu'on a fait nous-mêmes il y a quelques semaines déjà, on était à 0
01:34,8 de croissance,
01:35donc un peu en dessous du gouvernement qui était à 1%, on est descendu à 0,4, donc eux eux
01:39-mêmes seront à 0,5.
01:41Donc effectivement, une croissance qui est sensiblement la même, a priori, que celle qu'ils ont eue l'année dernière
01:46déjà.
01:46Et il faut se dire que là-dessus, on a quand même une vague positive avec le plan de relance
01:52budgétaire qui est en marche,
01:54qui va doucement, mais qui ne va pas être suffisant malheureusement pour effectivement rebousser la croissance alimentaire.
02:00Dès cette année, avec une croissance qui va être en fait finalement proche, assez proche d'une stagnation.
02:04Mais ce qui est important derrière, c'est que c'est un pont, il faut se le rappeler, à 12
02:07ans au moins.
02:08Et dès lors, et donc du coup, si la croissance n'arrive pas cette année, il y a quand même
02:11de bonnes chances que, in fine,
02:12le choc inflationniste n'étant pour l'an a priori que, pour le court terme, on puisse retrouver une croissance
02:16allemande en 2027.
02:18Oui, oui, peut-être des bonnes surprises pour l'an prochain.
02:20Les Russes voient bien que l'économie allemande est très pressurée, très exposée à ce qui se passe dans le
02:25conflit au Moyen-Orient,
02:25parce que l'Allemagne dépend beaucoup du gaz.
02:27Et en matière pétrolière, du coup, Moscou en profite et renforce la pression sur l'approvisionnement énergétique de l'Allemagne,
02:33qui souffre en pleine crise énergétique mondiale, l'Allemagne.
02:35Mais alors, Moscou en rajoute une couche, puisque désormais, la Russie va cesser de fournir l'Allemagne en pétrole kazakh.
02:43En fait, le pétrole kazakh passe par le territoire russe.
02:45Eh bien, la Russie a décidé de couper ce robinet vers l'Allemagne.
02:49Alors oui, effectivement. Alors là, en l'occurrence, c'est une contrainte, on va dire, plus locale.
02:53C'est vraiment une raffinerie qui est nord-est de Berlin et qui, effectivement, approvisionne 90% du kérosène, du
03:01pétrole et autres dérivés,
03:03mais qui reste globalement locale pour l'Allemagne.
03:05Mais effectivement, ça renvoie et ça corrobore ce qu'on évoquait à l'instant sur non seulement l'effet prix,
03:10qui est déjà bien dans les cours et qui impacte les prix de la consommation tels qu'on les a
03:15vus pour le mois de mars déjà,
03:16mais également les questions de rationnement.
03:18Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir des disruptions sur l'offre tout simplement de ce nombre de produits
03:22?
03:22Et pas que l'énergie d'ailleurs, tous ces dérivés plastiques et autres, et métaux,
03:26qui pour l'instant, ça reste de l'hypothétique, mais qui, plus ce conflit dure,
03:31plus effectivement, ça risque d'être prégnant et disrupter l'économie à la fois allemande, européenne et mondiale.
03:37François Cabot avec nous, économiste senior groupe AXA. Merci beaucoup François.
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