00:00Il n'a pas compris. Il voulait Lulot parce qu'il pensait que c'était plus important d'avoir Lulot
00:05que de faire une politique énergétique pertinente.
00:10Moi, je pense l'exact inverse. Et donc, il a continué à faire prendre du retard dans un domaine où
00:16maintenant les Chinois sont devenus bien meilleurs que nous, c'est-à-dire le nucléaire.
00:20Peut-être que ça va se finir cette histoire avec les Chinois qui vont venir construire les centrales chez nous.
00:23Non, je n'ai rien dit.
00:31Pourquoi Emmanuel Macron ? Pourquoi la cour d'Emmanuel Macron n'est pas bien conseillée ? Est-ce qu'il
00:38est bien conseillé ? Il n'écoute pas ? Il est dans une dynamique où il ne peut plus s
00:41'arrêter ?
00:42Alors, je n'ai pas d'avis sur la question. Macron, je l'ai rencontré...
00:47Quelqu'un d'autre ?
00:48Non, mais Macron, je l'ai rencontré zéro fois dans ma vie en tête-à-tête et deux fois en
00:53groupe. Je l'ai rencontré une fois quand il a installé au Conseil pour le climat.
00:57Vous étiez déguisé ?
00:57Non, non, on n'était pas déguisé. Enfin, pas plus qu'aujourd'hui en tout cas.
01:01Et je l'ai rencontré une autre fois entre sa réélection comme président et les législatives.
01:08Quelle question il vous a posée ?
01:10Il a posé...
01:12Juste la question... Enfin, il n'a posé aucune question. Il a reçu une dizaine de personnes.
01:16Et en fait, chacun a essayé de plaider pour ce qui lui paraissait être le plus intéressant à plaider en
01:21cinq minutes,
01:22puisque quand on est deux heures et qu'on est dix, c'est que lui, il répond à chaque personne.
01:26On peut faire une petite division arithmétique et on voit qu'il y a cinq minutes par personne.
01:30Et en l'occurrence, là, il était intéressé par la sobriété parce qu'il avait découvert que ça avait un
01:34peu fait recette pendant l'élection présidentielle.
01:41Donc, je ne sais pas ce qu'il y a dans sa tête, en direct.
01:44Je ne sais pas.
01:46Parce que ça sentait le vide ?
01:48Non, parce que je n'ai jamais parlé avec lui.
01:51Vous l'avez vu neutraliser Fessenheim ?
01:53Alors, ça, après, j'ai...
01:56La poussière ou le vide ?
01:57J'y viendrai après.
01:58Ça, je pense que c'est une erreur de lecture.
01:59Il n'y a pas compris.
02:02Tout le monde fait des erreurs.
02:04Je ne suis pas en train de le défendre.
02:05J'ai dit juste que c'est une erreur.
02:06Mais j'y reviendrai après.
02:07Parce que je vais finir de répondre à la question sur qui le conseille.
02:10Et par ailleurs, je ne connais aujourd'hui, je ne crois pas avoir vu un seul de ses conseillers récemment.
02:15Donc, je ne sais même pas qui c'est.
02:17Alors, est-ce que c'est grave ?
02:19Pas nécessairement.
02:20Moi, ma philosophie, ce n'est pas tellement de courir des ministères et de me balader dans les couloirs de
02:26l'Elysée tous les quatre matins.
02:29L'action qu'on essaye d'avoir au chiffre project est plutôt de s'adresser à la société civile.
02:32Donc, à Carbon4, on travaille avec des entreprises.
02:34Donc, on essaye de travailler avec des gens de l'intérieur.
02:37Et au chiffre project, on travaille avec la société civile.
02:39Mais on essaye aussi de travailler avec les gens de l'intérieur.
02:41Le créneau des gens qui disent, c'est n'importe quoi, il faudrait changer le système, il est déjà très
02:46bien fourni.
02:47Je veux dire, des associations qui gueulent en disant, tout ça va de travers, etc.
02:51Donc, ce n'était pas utile d'en faire une de plus pour faire ça.
02:54Quelle valeur ajoutée on aurait eu au chiffre.
02:56Les chefs d'entreprise qui vous consultent depuis des décennies, ils ont bien senti le coup venir que le coût
03:01énergétique est néfaste pour leur production.
03:03Alors, pas nécessairement.
03:05Mais j'y viendrai aussi après.
03:07Donc, je reviens à la...
03:09Est-ce que Macron est bien conseillé ?
03:10Je n'en sais rien parce que je ne connais pas ses conseillers.
03:14Voilà.
03:15C'est quand même beauté en touche.
03:17Surfait Sennheim.
03:18Non, ce n'est pas beauté en touche, je ne les connais pas.
03:20Le résultat, vous le constatez.
03:21Ah non, mais ça, c'est une autre question.
03:22C'est est-ce qu'il prend des bonnes décisions ?
03:24Ça, c'est un autre sujet.
03:25Donc là, je peux répondre à ça.
03:26Surfait Sennheim, est-ce qu'il a pris une bonne décision ?
03:28Non.
03:28Moi, je pense que le coup politique pour lui, quand il a été élu juste après Hollande, de dire, je
03:32ne souscris pas à la baisse de 50% du nucléaire de Hollande et moi, je vais faire autre chose.
03:36Le coup politique était nul.
03:38Je pense qu'il n'y avait aucun coup politique pour lui.
03:40Il y aurait eu une tempête dans un verre d'eau pendant trois semaines.
03:43Et ensuite, on serait passé au sujet suivant.
03:45Fin de l'histoire.
03:46Pourquoi est-ce qu'il n'a pas fait ça ?
03:47Juste parce qu'il n'a pas compris.
03:50Il voulait l'eau parce qu'il pensait que c'était plus important d'avoir eu l'eau que de
03:53faire une politique énergétique pertinente.
03:58Moi, je pense l'exact inverse.
04:00Et donc, il a continué à faire prendre du retard dans un domaine où maintenant, les Chinois sont devenus bien
04:05meilleurs que nous, c'est-à-dire le nucléaire.
04:08Peut-être que ça va se finir, cette histoire, avec les Chinois qui vont venir construire les centrales chez nous.
04:11Non, je n'ai rien dit.
04:13Il y a dix ans, j'avais fait une conférence pour l'Institut national des sciences et techniques nucléaires.
04:18Un peu plus de dix ans.
04:19Et je leur avais dit, c'est évident que si l'humanité n'a pas disparu en 2050, il y
04:22aura toujours du nucléaire.
04:24La seule question, c'est de savoir s'il sera français en France, chinois en France ou chinois en Chine.
04:29C'est la seule question.
04:31Sinon, je suis sûr qu'il y aura encore quelques réacteurs sur Terre, quelque part.
04:36Alors, ce qu'il n'a pas compris, Macron, c'est exactement ce que je disais tout à l'heure.
04:40Il n'a pas compris que l'énergie, c'est la base du pouvoir d'achat, de l'industrie, de
04:44l'économie.
04:44Il n'a pas compris ça à l'époque.
04:46Donc, il s'est dit, bon, on ferme des centrales, ce n'est pas grave, on a le temps de
04:49faire autre chose.
04:51Non, c'est ça qu'il n'a pas compris.
04:52Et si on ne fait pas ça, on fera autre chose à la place et ça sera aussi facile.
04:55Non.
04:56Donc, il n'a pas compris ça.
04:59Je ne sais pas si aujourd'hui, il l'a compris.
05:01Je n'en sais rien.
05:02De toute façon, maintenant, ce n'est plus tellement lui qui décide.
05:04C'est lui qui décide ?
05:05Maintenant, c'est le Parlement.
05:07Je veux dire, quand il arrive à en sortir quelque chose.
05:10Oui, on peut rire.
05:12Ou jaune.
05:12Mais bon.
05:13Ou pas du tout.
05:14Ou pas du tout.
05:15C'est le Parlement.
05:16Et c'est quand même quelques ministères, quand ils arrivent à pondre un décret,
05:21qui va dans le bon sens.
05:22De temps en temps, ils le font.
05:25Ils chantent après ou pas ?
05:26Il ne faut pas jeter la pierre à l'administration.
05:29Là, pour le coup, il y a quand même un certain nombre de gens
05:31qui continuent d'essayer d'avancer dans la bonne direction.
05:34On assiste depuis quelques jours, depuis quelques semaines maintenant,
05:37à une sorte de retour en grâce du nucléaire,
05:40avec plusieurs déclarations qui vont dans ce sens,
05:44notamment du président de la République, Emmanuel Macron.
05:46Jean-Marc, qu'est-ce que ça va changer à l'avenir, ce genre de déclaration ?
05:51Déjà, il faut remarquer que ce retour en grâce, entre guillemets,
05:54il suit un revirement de l'opinion
05:56qui, lui, a démarré au moment de la guerre en Ukraine.
05:59Donc, le meilleur allié qu'on a eu pour que le nucléaire retrouve la faveur de l'opinion,
06:03ça a été notre ami Poutine.
06:05Parce qu'au moment où le prix du gaz a atteint des sommets,
06:07le nucléaire a instantanément gagné entre 10 et 20 points d'opinion favorable supplémentaire
06:12dans à peu près tous les pays d'Europe.
06:13Tous les pays d'Europe.
06:16Et maintenant, qu'est-ce que cette histoire va changer ?
06:20Eh bien, à très court terme, absolument rien.
06:23Parce que, pour construire un réacteur,
06:25il faut 5 ans chez les Chinois qui sont efficaces,
06:2710 ans en Europe où on l'est moins,
06:29tout simplement parce qu'on a perdu la main.
06:31Et donc, entre le moment où on décide de faire des choses
06:34et le moment où il va effectivement se passer des choses,
06:36eh bien, il y a au moins 10 ans qui s'écoulent,
06:39voire plus.
06:39Parce que 10 ans, c'est pour commencer à construire les premiers réacteurs.
06:44Ce qui veut dire que ce retour en grâce pour le nucléaire,
06:46c'est un peu toute proportion gardée,
06:48un peu comme si, alors je suis désolé si ça rappelle quelques mauvais souvenirs
06:51à quelques personnes qui écoutent,
06:52mais si vous avez fait n'importe quoi avec l'éducation d'un gamin pendant 20 ans,
06:55et puis à un moment, vous dites, ça y est, là maintenant j'ai compris,
06:57je vais faire ce qu'il faut,
06:58les résultats ne sont pas instantanés,
07:00il faut quand même attendre un certain temps avant d'en voir les effets.
07:04Donc ce retour en grâce, pour qu'il produise ses effets,
07:06il va aussi falloir qu'il soit continu,
07:09pas qu'il dure une semaine,
07:10et puis que dans 6 mois, à la faveur de je ne sais pas quoi,
07:13on décide que finalement on repart dans l'autre sens.
07:17Il ne faut pas que ça zigzague.
07:19Jean-Marc, est-ce qu'on a les moyens industriels,
07:23humains, pour accompagner ce retour du nucléaire,
07:27et qu'est-ce qu'on peut espérer ?
07:30Alors, une fois qu'on a dit qu'on y allait,
07:32la question c'est qu'est-ce qu'on peut effectivement en espérer ?
07:34Aujourd'hui, le nucléaire représente un petit quart de l'électricité européenne,
07:38et l'électricité européenne représente à peu près 20%
07:42de toute l'énergie qui alimente toutes les machines qu'on a en Europe,
07:45et qui nous rendent la vie si douce.
07:47Les machines qui nous habillent, qui nous nourrissent,
07:49qui nous transportent, qui nous logent, etc.
07:52Qui nous fabriquent tous les objets de la vie courante.
07:55Donc on voit bien qu'un quart de 20%,
07:57si on sait compter, ça fait 5%.
08:01Donc, admettons qu'on arrive à doubler le nucléaire,
08:04ça représenterait 10% d'une quantité totale d'énergie qui resterait identique,
08:09et même si on arrive à faire de la sobriété,
08:11donc on voit que c'est quelque chose qu'il faut faire,
08:13c'est bien, c'est une bonne idée,
08:15mais compter juste là-dessus,
08:17en disant, on va faire ça,
08:18et ça va suffire à régler tous nos problèmes de décarbonation,
08:21et à se contrefiche à l'avenir du détroit d'Hormuz,
08:25malheureusement, ce n'est pas suffisant,
08:26il va aussi falloir faire d'autres choses.
08:28Dernier point,
08:29quand on veut relancer une filière industrielle comme ça à fond,
08:32alors qu'on avait été plutôt très hésitant,
08:36voire négatif,
08:37ça prend du temps,
08:38parce qu'il faut retrouver les compétences,
08:40il faut retrouver les savoir-faire,
08:41il faut retrouver la gestion de projets,
08:43il faut retrouver les modes de financement,
08:44etc.
08:45Et tout ça ne va pas se faire en une nuit,
08:48surtout que le nucléaire porte sur des cycles tellement longs,
08:51c'est un siècle le nucléaire,
08:52entre le moment où on décide de construire un réacteur
08:53et le moment où on va finir de le décommissionner,
08:55c'est un siècle.
08:55Donc ça ne peut être qu'une activité pilotée par l'État,
09:00et il faut être sûr que l'État sera constant sur la période
09:04et qu'il va avoir les bons réflexes.
09:27Abonnez-vous !
09:41Abonnez-vous !
Commentaires