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Jean-Marc Jancovici, ingénieur, expert énergie-climat, cofondateur de Carbone 4 et président du think tank The Shift Project, intervient dans deux extraits issus de Thinkerview et RTL.
Il analyse les décisions énergétiques d’Emmanuel Macron, le retard pris sur le nucléaire et le retour tardif de cette énergie en Europe. Il explique les enjeux énergie, économie, pouvoir d’achat et décarbonation, ainsi que les limites du nucléaire face à la crise énergétique.
Une analyse claire sur le climat, l’industrie et les choix politiques.

#energie #nucleaire #macron #climat #jancovici

Vidéos complètes disponible ici :
https://www.youtube.com/watch?v=JmByobw2YWA
https://www.youtube.com/watch?v=917PqRyVjWY
Pour s’abonner : https://www.youtube.com/@thinkerview

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Réponses au quiz de fin :
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Combien de fois Jean-Marc Jancovici a-t-il rencontré Emmanuel Macron ?
➡ 2.

Quel pays est devenu plus performant que la France en nucléaire ?
➡ La Chine.

Combien de temps faut-il pour construire un réacteur en Europe ?
➡ 10 ans.

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Transcription
00:00Il n'a pas compris. Il voulait Lulot parce qu'il pensait que c'était plus important d'avoir Lulot
00:05que de faire une politique énergétique pertinente.
00:10Moi, je pense l'exact inverse. Et donc, il a continué à faire prendre du retard dans un domaine où
00:16maintenant les Chinois sont devenus bien meilleurs que nous, c'est-à-dire le nucléaire.
00:20Peut-être que ça va se finir cette histoire avec les Chinois qui vont venir construire les centrales chez nous.
00:23Non, je n'ai rien dit.
00:31Pourquoi Emmanuel Macron ? Pourquoi la cour d'Emmanuel Macron n'est pas bien conseillée ? Est-ce qu'il
00:38est bien conseillé ? Il n'écoute pas ? Il est dans une dynamique où il ne peut plus s
00:41'arrêter ?
00:42Alors, je n'ai pas d'avis sur la question. Macron, je l'ai rencontré...
00:47Quelqu'un d'autre ?
00:48Non, mais Macron, je l'ai rencontré zéro fois dans ma vie en tête-à-tête et deux fois en
00:53groupe. Je l'ai rencontré une fois quand il a installé au Conseil pour le climat.
00:57Vous étiez déguisé ?
00:57Non, non, on n'était pas déguisé. Enfin, pas plus qu'aujourd'hui en tout cas.
01:01Et je l'ai rencontré une autre fois entre sa réélection comme président et les législatives.
01:08Quelle question il vous a posée ?
01:10Il a posé...
01:12Juste la question... Enfin, il n'a posé aucune question. Il a reçu une dizaine de personnes.
01:16Et en fait, chacun a essayé de plaider pour ce qui lui paraissait être le plus intéressant à plaider en
01:21cinq minutes,
01:22puisque quand on est deux heures et qu'on est dix, c'est que lui, il répond à chaque personne.
01:26On peut faire une petite division arithmétique et on voit qu'il y a cinq minutes par personne.
01:30Et en l'occurrence, là, il était intéressé par la sobriété parce qu'il avait découvert que ça avait un
01:34peu fait recette pendant l'élection présidentielle.
01:41Donc, je ne sais pas ce qu'il y a dans sa tête, en direct.
01:44Je ne sais pas.
01:46Parce que ça sentait le vide ?
01:48Non, parce que je n'ai jamais parlé avec lui.
01:51Vous l'avez vu neutraliser Fessenheim ?
01:53Alors, ça, après, j'ai...
01:56La poussière ou le vide ?
01:57J'y viendrai après.
01:58Ça, je pense que c'est une erreur de lecture.
01:59Il n'y a pas compris.
02:02Tout le monde fait des erreurs.
02:04Je ne suis pas en train de le défendre.
02:05J'ai dit juste que c'est une erreur.
02:06Mais j'y reviendrai après.
02:07Parce que je vais finir de répondre à la question sur qui le conseille.
02:10Et par ailleurs, je ne connais aujourd'hui, je ne crois pas avoir vu un seul de ses conseillers récemment.
02:15Donc, je ne sais même pas qui c'est.
02:17Alors, est-ce que c'est grave ?
02:19Pas nécessairement.
02:20Moi, ma philosophie, ce n'est pas tellement de courir des ministères et de me balader dans les couloirs de
02:26l'Elysée tous les quatre matins.
02:29L'action qu'on essaye d'avoir au chiffre project est plutôt de s'adresser à la société civile.
02:32Donc, à Carbon4, on travaille avec des entreprises.
02:34Donc, on essaye de travailler avec des gens de l'intérieur.
02:37Et au chiffre project, on travaille avec la société civile.
02:39Mais on essaye aussi de travailler avec les gens de l'intérieur.
02:41Le créneau des gens qui disent, c'est n'importe quoi, il faudrait changer le système, il est déjà très
02:46bien fourni.
02:47Je veux dire, des associations qui gueulent en disant, tout ça va de travers, etc.
02:51Donc, ce n'était pas utile d'en faire une de plus pour faire ça.
02:54Quelle valeur ajoutée on aurait eu au chiffre.
02:56Les chefs d'entreprise qui vous consultent depuis des décennies, ils ont bien senti le coup venir que le coût
03:01énergétique est néfaste pour leur production.
03:03Alors, pas nécessairement.
03:05Mais j'y viendrai aussi après.
03:07Donc, je reviens à la...
03:09Est-ce que Macron est bien conseillé ?
03:10Je n'en sais rien parce que je ne connais pas ses conseillers.
03:14Voilà.
03:15C'est quand même beauté en touche.
03:17Surfait Sennheim.
03:18Non, ce n'est pas beauté en touche, je ne les connais pas.
03:20Le résultat, vous le constatez.
03:21Ah non, mais ça, c'est une autre question.
03:22C'est est-ce qu'il prend des bonnes décisions ?
03:24Ça, c'est un autre sujet.
03:25Donc là, je peux répondre à ça.
03:26Surfait Sennheim, est-ce qu'il a pris une bonne décision ?
03:28Non.
03:28Moi, je pense que le coup politique pour lui, quand il a été élu juste après Hollande, de dire, je
03:32ne souscris pas à la baisse de 50% du nucléaire de Hollande et moi, je vais faire autre chose.
03:36Le coup politique était nul.
03:38Je pense qu'il n'y avait aucun coup politique pour lui.
03:40Il y aurait eu une tempête dans un verre d'eau pendant trois semaines.
03:43Et ensuite, on serait passé au sujet suivant.
03:45Fin de l'histoire.
03:46Pourquoi est-ce qu'il n'a pas fait ça ?
03:47Juste parce qu'il n'a pas compris.
03:50Il voulait l'eau parce qu'il pensait que c'était plus important d'avoir eu l'eau que de
03:53faire une politique énergétique pertinente.
03:58Moi, je pense l'exact inverse.
04:00Et donc, il a continué à faire prendre du retard dans un domaine où maintenant, les Chinois sont devenus bien
04:05meilleurs que nous, c'est-à-dire le nucléaire.
04:08Peut-être que ça va se finir, cette histoire, avec les Chinois qui vont venir construire les centrales chez nous.
04:11Non, je n'ai rien dit.
04:13Il y a dix ans, j'avais fait une conférence pour l'Institut national des sciences et techniques nucléaires.
04:18Un peu plus de dix ans.
04:19Et je leur avais dit, c'est évident que si l'humanité n'a pas disparu en 2050, il y
04:22aura toujours du nucléaire.
04:24La seule question, c'est de savoir s'il sera français en France, chinois en France ou chinois en Chine.
04:29C'est la seule question.
04:31Sinon, je suis sûr qu'il y aura encore quelques réacteurs sur Terre, quelque part.
04:36Alors, ce qu'il n'a pas compris, Macron, c'est exactement ce que je disais tout à l'heure.
04:40Il n'a pas compris que l'énergie, c'est la base du pouvoir d'achat, de l'industrie, de
04:44l'économie.
04:44Il n'a pas compris ça à l'époque.
04:46Donc, il s'est dit, bon, on ferme des centrales, ce n'est pas grave, on a le temps de
04:49faire autre chose.
04:51Non, c'est ça qu'il n'a pas compris.
04:52Et si on ne fait pas ça, on fera autre chose à la place et ça sera aussi facile.
04:55Non.
04:56Donc, il n'a pas compris ça.
04:59Je ne sais pas si aujourd'hui, il l'a compris.
05:01Je n'en sais rien.
05:02De toute façon, maintenant, ce n'est plus tellement lui qui décide.
05:04C'est lui qui décide ?
05:05Maintenant, c'est le Parlement.
05:07Je veux dire, quand il arrive à en sortir quelque chose.
05:10Oui, on peut rire.
05:12Ou jaune.
05:12Mais bon.
05:13Ou pas du tout.
05:14Ou pas du tout.
05:15C'est le Parlement.
05:16Et c'est quand même quelques ministères, quand ils arrivent à pondre un décret,
05:21qui va dans le bon sens.
05:22De temps en temps, ils le font.
05:25Ils chantent après ou pas ?
05:26Il ne faut pas jeter la pierre à l'administration.
05:29Là, pour le coup, il y a quand même un certain nombre de gens
05:31qui continuent d'essayer d'avancer dans la bonne direction.
05:34On assiste depuis quelques jours, depuis quelques semaines maintenant,
05:37à une sorte de retour en grâce du nucléaire,
05:40avec plusieurs déclarations qui vont dans ce sens,
05:44notamment du président de la République, Emmanuel Macron.
05:46Jean-Marc, qu'est-ce que ça va changer à l'avenir, ce genre de déclaration ?
05:51Déjà, il faut remarquer que ce retour en grâce, entre guillemets,
05:54il suit un revirement de l'opinion
05:56qui, lui, a démarré au moment de la guerre en Ukraine.
05:59Donc, le meilleur allié qu'on a eu pour que le nucléaire retrouve la faveur de l'opinion,
06:03ça a été notre ami Poutine.
06:05Parce qu'au moment où le prix du gaz a atteint des sommets,
06:07le nucléaire a instantanément gagné entre 10 et 20 points d'opinion favorable supplémentaire
06:12dans à peu près tous les pays d'Europe.
06:13Tous les pays d'Europe.
06:16Et maintenant, qu'est-ce que cette histoire va changer ?
06:20Eh bien, à très court terme, absolument rien.
06:23Parce que, pour construire un réacteur,
06:25il faut 5 ans chez les Chinois qui sont efficaces,
06:2710 ans en Europe où on l'est moins,
06:29tout simplement parce qu'on a perdu la main.
06:31Et donc, entre le moment où on décide de faire des choses
06:34et le moment où il va effectivement se passer des choses,
06:36eh bien, il y a au moins 10 ans qui s'écoulent,
06:39voire plus.
06:39Parce que 10 ans, c'est pour commencer à construire les premiers réacteurs.
06:44Ce qui veut dire que ce retour en grâce pour le nucléaire,
06:46c'est un peu toute proportion gardée,
06:48un peu comme si, alors je suis désolé si ça rappelle quelques mauvais souvenirs
06:51à quelques personnes qui écoutent,
06:52mais si vous avez fait n'importe quoi avec l'éducation d'un gamin pendant 20 ans,
06:55et puis à un moment, vous dites, ça y est, là maintenant j'ai compris,
06:57je vais faire ce qu'il faut,
06:58les résultats ne sont pas instantanés,
07:00il faut quand même attendre un certain temps avant d'en voir les effets.
07:04Donc ce retour en grâce, pour qu'il produise ses effets,
07:06il va aussi falloir qu'il soit continu,
07:09pas qu'il dure une semaine,
07:10et puis que dans 6 mois, à la faveur de je ne sais pas quoi,
07:13on décide que finalement on repart dans l'autre sens.
07:17Il ne faut pas que ça zigzague.
07:19Jean-Marc, est-ce qu'on a les moyens industriels,
07:23humains, pour accompagner ce retour du nucléaire,
07:27et qu'est-ce qu'on peut espérer ?
07:30Alors, une fois qu'on a dit qu'on y allait,
07:32la question c'est qu'est-ce qu'on peut effectivement en espérer ?
07:34Aujourd'hui, le nucléaire représente un petit quart de l'électricité européenne,
07:38et l'électricité européenne représente à peu près 20%
07:42de toute l'énergie qui alimente toutes les machines qu'on a en Europe,
07:45et qui nous rendent la vie si douce.
07:47Les machines qui nous habillent, qui nous nourrissent,
07:49qui nous transportent, qui nous logent, etc.
07:52Qui nous fabriquent tous les objets de la vie courante.
07:55Donc on voit bien qu'un quart de 20%,
07:57si on sait compter, ça fait 5%.
08:01Donc, admettons qu'on arrive à doubler le nucléaire,
08:04ça représenterait 10% d'une quantité totale d'énergie qui resterait identique,
08:09et même si on arrive à faire de la sobriété,
08:11donc on voit que c'est quelque chose qu'il faut faire,
08:13c'est bien, c'est une bonne idée,
08:15mais compter juste là-dessus,
08:17en disant, on va faire ça,
08:18et ça va suffire à régler tous nos problèmes de décarbonation,
08:21et à se contrefiche à l'avenir du détroit d'Hormuz,
08:25malheureusement, ce n'est pas suffisant,
08:26il va aussi falloir faire d'autres choses.
08:28Dernier point,
08:29quand on veut relancer une filière industrielle comme ça à fond,
08:32alors qu'on avait été plutôt très hésitant,
08:36voire négatif,
08:37ça prend du temps,
08:38parce qu'il faut retrouver les compétences,
08:40il faut retrouver les savoir-faire,
08:41il faut retrouver la gestion de projets,
08:43il faut retrouver les modes de financement,
08:44etc.
08:45Et tout ça ne va pas se faire en une nuit,
08:48surtout que le nucléaire porte sur des cycles tellement longs,
08:51c'est un siècle le nucléaire,
08:52entre le moment où on décide de construire un réacteur
08:53et le moment où on va finir de le décommissionner,
08:55c'est un siècle.
08:55Donc ça ne peut être qu'une activité pilotée par l'État,
09:00et il faut être sûr que l'État sera constant sur la période
09:04et qu'il va avoir les bons réflexes.
09:27Abonnez-vous !
09:41Abonnez-vous !
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