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  • il y a 20 heures
Dans un monde instable où les tensions au Moyen-Orient menacent l’approvisionnement en pétrole et en gaz, une question devient centrale : la France peut-elle encore être indépendante énergétiquement ? Car pendant que les crises internationales dictent le prix de l’énergie, une réalité reste largement ignorée : la France possède déjà sur son sol de quoi assurer son indépendance pour des millénaires. Au cœur de cette stratégie : les réacteurs nucléaires surgénérateurs, capables d’utiliser les stocks d’uranium appauvri accumulés depuis des décennies. Un potentiel colossal : près de 350 000 tonnes, soit plus de 8 000 ans d’énergie. Alors pourquoi cette solution n’est-elle pas pleinement exploitée ? Les décisions récentes du pouvoir sont-elles à la hauteur des enjeux ?
🎙️ Pour en parler :
Dominique Grenêche, ingénieur, docteur en physique nucléaire, ancien du CEA, expert international, et l'auteur de "Les réacteurs nucléaires surgénérateurs - Plaidoyer pour un avenir énergétique durable et propre".
Jean-Luc Cerdan, ingénieur en génie atomique, chercheur aux Etats-Unis (Argonne, Illinois) ancien de Framatome et d'EDF
Au programme :
🔹 Les réacteurs surgénérateurs : révolution énergétique ou fantasme ?
🔹 La France peut-elle vraiment devenir indépendante ?
🔹 Les risques nucléaires (déchets, accidents) : mythe ou réalité ?
🔹 Le tournant nucléaire d’Emmanuel Macron
🔹 PPE3 : stratégie cohérente ou impasse énergétique ?
🔹 Eolien & photovoltaïque vs nucléaire : un conflit inévitable ?
👉 Une émission essentielle pour comprendre les enjeux réels derrière la crise énergétique.

A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée :"Plus ça va mal, plus les marchés montent".
Philippe Béchade est rédacteur en chef de La Chronique Agora et La Lettre des Affranchis aux @Publications Agora.
Cliquez ici pour télécharger gratuitement le dernier rapport de Philippe Béchade.

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Transcription
00:01Générique
00:14Générique
00:19Bonjour à tous, bienvenue dans Politique et Éco.
00:23Comme d'habitude, ravi de vous retrouver alors dans notre monde sous tension
00:28où le Moyen-Orient redevient un baril de poudre, une question revient au cœur de l'actualité.
00:35La France peut-elle encore garantir sa souveraineté énergétique ?
00:39Où est-elle condamnée à subir les crises venues d'ailleurs ?
00:43Car pendant que le pétrole et le gaz restent otages des conflits et des rapports de forces internationaux,
00:49une autre voie existe plus discrète mais potentiellement décisive,
00:54celle du nucléaire de nouvelle génération.
00:58Surgénérateur, indépendance totale en uranium, relance industrielle.
01:02Et si la France détenait déjà sur son propre sol les clés de son autonomie pour des millénaires
01:10et les décisions récentes du pouvoir sont-elles à la hauteur des enjeux ?
01:14Pour en parler, je reçois deux éminents spécialistes en matière nucléaire.
01:20Dominique Grenèche, bonjour monsieur Jean-Luc Serdant.
01:24Bonjour monsieur.
01:24Bonjour.
01:25Dominique Grenèche, vous êtes ingénieur, docteur en physique nucléaire.
01:30Vous avez été chef du service de la sûreté de la gestion des déchets radioactifs
01:35à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire,
01:40puis conseiller nucléaire au Haut-Cabinet du Haut-Commissariat à l'énergie atomique
01:45et enfin directeur des relations internationales scientifiques et techniques chez Areva.
01:52Vous êtes l'auteur de plusieurs publications et voici la dernière.
01:58Les réacteurs nucléaires surgénérateurs, pourquoi, comment, quand,
02:03plaidoyer pour un avenir énergétique durable.
02:05Et propre, nous avions déjà parlé de cet ouvrage dans un précédent Zoom avec vous,
02:12Dominique Grenèche, et quant à vous, Jean-Luc Serdant, ingénieur en génie atomique.
02:17Vous avez travaillé au début de votre carrière aux États-Unis au Laboratoire National d'Argonne,
02:23dans l'Illinois.
02:24Et puis, vous avez travaillé chez Framato, mais enfin chez EDF.
02:28Et vous avez participé en qualité de relecteur principal à la seconde édition de l'ouvrage que je viens d
02:35'évoquer.
02:36Avant de commencer cet entretien, comme d'habitude, vous pouvez cliquer sur le pouce en l'air en bas de
02:41cet écran.
02:42N'hésitez pas à vous abonner à notre chaîne, à commenter, à partager nos vidéos
02:47pour un meilleur référencement de TV Liberté sur Internet.
02:52Commençons avec vous, messieurs, tout de suite.
02:55Vous militez donc en faveur du développement urgent, dites-vous, de réacteurs nucléaires,
03:02surgénérateurs, donc pour assurer à la France une indépendance énergétique totale.
03:08Je me tourne vers vous, Dominique Grenèche.
03:10Qu'est-ce qu'un réacteur surgénérateur ?
03:12Et qu'a-t-il de plus que nos réacteurs actuellement en fonctionnement sur notre territoire ?
03:20Très bien. Merci de votre introduction. Comment dire ?
03:23Alors, les réacteurs surgénérateurs, ce sont des réacteurs, si vous voulez,
03:26je compare souvent le nucléaire à des réacteurs, et ça mange de l'uranium comme combustible.
03:35Eh bien, les réacteurs surgénérateurs, ça fait plus de combustible que ça en consomme,
03:39c'est-à-dire plus de, non pas de l'uranium, mais ça fabrique un combustible artificiel,
03:43qu'on appelle le plutonium, pendant que ça roule.
03:46C'est comme si on fabriquait de l'essence en même temps que la voiture roule.
03:51C'est quand même formidable.
03:52C'est-à-dire, je prends souvent l'exemple d'une voiture qui mange 10 litres au 100 d'essence
03:57normale,
03:57de l'uranium, pardon, et donc qui roule et qui fait 100 kilomètres.
04:01Et au bout de 100 kilomètres, normalement, si ça fait 10 litres au 100, vous n'avez plus d'essence.
04:05Eh bien là, vous en avez plus que vous en avez mis, c'est-à-dire 11 litres.
04:08– Donc, c'est une machine autonome, ce réacteur surgénérateur.
04:13Est-ce qu'on apprend dans vos travaux, Dominique Grenèche, que j'ignorais évidemment,
04:18parce que je ne suis pas spécialiste, c'est que l'uranium est une matière naturelle,
04:23au contraire du plutonium, qui est une matière synthétique issue de l'activité humaine.
04:28– Oui, alors, oui, c'est ça.
04:31L'uranium, d'abord, c'est le seul combustible possible pour les réacteurs nucléaires.
04:35Autrement dit, le nucléaire ne peut utiliser que l'uranium comme combustible, pas autre chose.
04:42Il n'y a pas d'uranium de schiste, comme on dit.
04:45C'est-à-dire que… Pardon, excusez-moi.
04:48Donc, oui, ce que je voulais dire, pardon, excusez-moi,
04:52c'est effectivement que ces réacteurs surgénérateurs fabriquent à partir d'uranium,
04:58appauvrient cette fois du combustible, c'est-à-dire du plutonium,
05:01qui permet de faire marcher aussi les réacteurs.
05:03C'est une sorte de combustible artificiel, si vous voulez, de synthèse, qui se fabrique.
05:08Alors, on le fabrique dans les réacteurs actuels, mais pas en quantité suffisante.
05:12Dans les réacteurs surgénérateurs, c'est-à-dire un neutron rapide,
05:15pour des raisons physiques, évidemment, que je vous garderai d'expliquer,
05:18mais ils ne sont pas si compliqués que ça.
05:20Eh bien, vous pouvez donc faire des réacteurs pendant des milliers d'années,
05:24tout simplement, encore une fois.
05:25– Et alors, quels sont, comment est-ce qu'on peut appeler les réacteurs,
05:30actuellement, en fonctionnement ?
05:32On nous parle d'EPR, moi, je m'y perds un peu.
05:36Est-ce que vous pouvez nous dire ce qu'est un EPR ?
05:38– Un EPR, ça veut dire, initialement, European Pressurized Water Reactor,
05:42ce qui est compliqué.
05:43Un EPR, c'est tout simplement un réacteur normal, de troisième génération,
05:47parce qu'il est un peu amélioré par rapport aux autres réacteurs.
05:51Mais c'est un réacteur, encore une fois, il y en a des…
05:55Pardon, excusez-moi.
05:57Donc, il y en a des centaines dans le monde, 400 réacteurs.
06:01Tous les réacteurs sont de troisième génération
06:03qui donne l'électricité nucléaire aujourd'hui, y compris en France.
06:06– Et donc, le surgénérateur est un modèle récent
06:13qui a déjà tourné en France.
06:15– Oui, oui, oui.
06:16– On a eu ce qu'on a appelé le Superphénix,
06:20qui a tourné dans les années 90, et puis le projet Astrid.
06:24Donc, ce sont des réalisations françaises, n'est-ce pas ?
06:29C'est réacteurs surgénérateurs, ou il y en a-t-il ailleurs dans le monde ?
06:34– Alors, attendez, parce que là, il y a plusieurs questions dans votre question.
06:37D'abord, ce n'est pas nouveau.
06:39Souvent, on appelle ça des réacteurs de quatrième génération,
06:41parce que leur principe, en fait, est connu depuis 80 ans.
06:45– D'accord.
06:45– Ça a été inventé par un monsieur qui s'appelait Enrico Fermi,
06:50en avril 1944 exactement.
06:53Donc, il y a eu une réunion sur…
06:56Excusez-moi, comme je suis enrhumé, je suis un peu essoufflé,
06:58ce n'est pas grave.
07:00Donc, je vais reprendre.
07:01Ces réacteurs ne sont pas des rêves de savants fous.
07:03On connaît, ça a marché.
07:05Ça marche dans le monde.
07:07Il y en a en Russie, il y en a en Chine, il y en a en Inde,
07:10qui vient de diverger d'ailleurs pas plus tard qu'à l'entière.
07:13Et il y en a eu en France beaucoup.
07:16Donc, ce n'est pas des nouveaux, si vous voulez.
07:18Par contre, alors, vous allez me dire pourquoi on les a différés ?
07:22Alors, c'est vraiment des voitures formidables.
07:24Eh bien, parce que, pour des raisons politiques, si vous voulez.
07:27Donc, il y a une super phénix.
07:30Il y avait des anti-nucléaires à l'époque, dont Dominique Voynet,
07:33dont surtout… enfin, Dominique Voynet, mais ce n'est pas la seule.
07:36Il y avait Corinne Lepage, etc.
07:38qui ont dit, c'est fou de nucléaire, nous ont inventé une machine
07:42qui nous promet du nucléaire pour des milliers d'années,
07:44ce qui est vrai, physiquement.
07:46– De l'énergie abondante et pas chère.
07:49– Autonome.
07:50– Oui.
07:50– Entièrement autonome.
07:51– Mais comment est-ce qu'on peut s'opposer politiquement
07:53à quelque chose qui fonctionne aussi bien ?
07:56Et vous nous l'expliquerez, pour lequel la France a un savoir-faire unique au monde.
08:02– Alors, c'est ça, tout à fait.
08:03Donc, on est parti très tôt dans cette aventure, au début des années 60,
08:07enfin, à la fin des années 50, on a dit, c'est formidable.
08:09Donc, on a fait un premier réacteur qui s'appelait Rhapsody,
08:12qui a été inauguré, pour vous dire, par le général de Gaulle,
08:15dans les années 60, 66 exactement.
08:18Ensuite, on a fait un deuxième qui s'appelait Fénix,
08:21et on a un troisième qui s'appelle Super Fénix.
08:23Bon.
08:25Ils sont arrivés, malheureusement, au pouvoir, des gens, des antinucléaires, encore une fois.
08:29Alors, je reviendrai si ça ne vous ennuie pas un peu plus tard.
08:31– Oui.
08:32– Mais, en gros, c'est ça qui a fait stopper net le développement du surgenateur en France,
08:38parce que, encore une fois, on était…
08:41Ça promettait du…
08:42C'est tout bêtement, je répète.
08:44Vous imaginez, vous êtes contre quelque chose,
08:46et on voit là que ces savants fous,
08:48ils vous proposent cette chose-là pour des milliers d'années,
08:51donc on n'en veut pas.
08:52Donc, ils ont tiré, c'est le cas de le dire, à Boulé Rouge,
08:55et bombardé carrément, si bien qu'on était obligés d'arrêter Super Fénix.
08:58Ce qui a été un crève-cœur, y compris pour moi,
09:01mais pour des milliers d'ingénieurs qui ont travaillé,
09:03et qui croyaient à cette affaire.
09:05Bon, il faut dire qu'il y a quand même un truc,
09:08c'est que l'uranium, encore une fois,
09:10à l'époque, il était, comment dirais-je,
09:13non pas abondant, mais si vous voulez, pas cher.
09:15Donc, ce n'était pas absolument indispensable
09:18de développer ça tout de suite.
09:19– Jean-Luc Sardin, cette matière, je le disais tout à l'heure,
09:23synthétique, issue de l'activité humaine, le plutonium,
09:27on peut avoir certaines réticences quand on entend ce mot,
09:31dans le cinéma, l'usage que cela en a,
09:34on peut croire que c'est une matière dangereuse pour l'activité, pour l'homme.
09:39– Alors, le plutonium est effectivement dangereux pour l'homme,
09:43il ne s'agit pas de s'approcher du plutonium ou même d'en consommer.
09:47Ce que peu de gens savent, c'est qu'aujourd'hui,
09:5040% de nos réacteurs dits à uranium produisent à l'intérieur,
09:55in situ, du plutonium, qui constitue une source d'énergie,
10:00qui produit de l'énergie et qui, en gros, donne,
10:06sur 10 ampoules d'allumés, il y en a 40.
10:08– Il y en a 40, pardon, excuse-moi.
10:11– Il y en a 40, oui, 4, effectivement, 4 allumés par le plutonium.
10:17Donc, pourquoi cette dichotomie entre l'uranium qui produit de la fission
10:24et qui fait de l'énergie et le plutonium ?
10:26Tout simplement parce que l'uranium a deux constituants.
10:29Un uranium qui est l'uranium 235, qui est rare dans la nature,
10:34il faut donc enrichir, d'accord ?
10:36Et donc, si on l'enrichit, ça génère à côté de l'uranium 238,
10:42qui est un isotope de l'uranium, on va dire un frère ou sœur,
10:47et c'est lui qui ne peut pas produire de la fission,
10:52mais par contre, quand il absorbe des neutrons,
10:54il se transforme en plutonium qui, lui, va fissionner.
10:57Donc ça, le phénomène, déjà, existe in situ dans nos réacteurs.
11:01Là, on va juste forcer les choses, on va prendre cet uranium 238,
11:04et c'est lui, cet uranium 238, qui sera la matière première,
11:08qui va permettre de produire de manière gigantesque du plutonium,
11:14qui nous permettrait donc d'avoir 10 milliers d'années d'autonomie,
11:18du fait qu'on a un stock, aujourd'hui, d'uranium 238,
11:20qui est de l'ordre de 350 000 tonnes.
11:23– Oui, alors justement, l'uranium appauvri,
11:26corrigez-moi si je me trompe,
11:28et donc bien, on va dire, le carburant de ce réacteur surgénérateur
11:36pour lequel vous militez.
11:37– Et alors, revenez un petit peu, expliquez-nous,
11:40quels sont les stocks dont la France dispose
11:43pour faire tourner ces réacteurs surgénérateurs ?
11:46– Alors, comme vient de le dire M. Cerdon,
11:48quand vous enrichissez l'uranium d'un côté,
11:50pour nos réacteurs actuels, vous l'appauvrissez de l'autre côté,
11:53c'est-à-dire que si vous avez une tonne d'uranium normal, naturel,
11:56il faut l'enrichir d'un côté, et vous allez laisser de l'autre côté.
11:59Alors, donc vous en laissez beaucoup.
12:01Donc, seuls les pays qui ont des usines d'enrichissement
12:03possèdent cet uranium appauvri, qui servira à très bien.
12:06Bon, et les pays qui enrichissent sont, bien sûr,
12:10il y en a cinq, en fait, dans le monde,
12:12il y a, enfin, de façon massive, il y a les États-Unis,
12:15enfin, encore que, la France surtout,
12:18les consortiums européens, et puis les Russes,
12:21et puis un peu, enfin bon, bref.
12:24Bref, on sait enrichir l'uranium depuis longtemps.
12:27Et donc, on accumule des stocks, si vous voulez,
12:29d'uranium appauvri, encore une fois,
12:31qui vont servir de carburant, enfin, de carburant,
12:34de générateur de plutonium.
12:35Je ne sais pas si je m'explique bien,
12:37mais c'est ça le secret.
12:39C'était votre question, non ?
12:40– Oui, exactement.
12:41Mais alors, donc, est-ce qu'on pourra se passer
12:45d'uranium naturel un jour ?
12:49– Alors, j'allais dire, brutalement, oui.
12:51La réponse est oui, clairement.
12:53C'est même le but principal,
12:55puisque vous avez une réserve qu'on appelle
12:57l'uranium appauvri, donc ça, c'est sur notre territoire.
13:00Je sais, je l'ai visité.
13:02Donc, c'est dans des hangars, c'est ça.
13:04– 350 000 tonnes, c'est ce que vous disiez tout à l'heure.
13:06On dispose du carburant.
13:08– Il faut savoir, une tonne d'uranium appauvri,
13:11si c'est transformé entièrement en plutonium,
13:13ça fait du combustible pour un réacteur de 1 000 MW
13:15pendant un an.
13:16Ça, c'est ce que j'ai écrit, je ne sais pas si on y reviendra,
13:19mais à M. Macron, pas plus tard qu'il y a un mois.
13:23– Oui, on va évoquer le conseil de politique nucléaire
13:26qu'il a animé le 12 mars dernier.
13:30– Oui, je vais l'insister, mais c'est ça qu'il faut retenir.
13:32C'est une tonne d'uranium appauvri, c'est un réacteur,
13:35vous fournissez du combustible, vous fabriquez du combustible,
13:37donc du plutonium, pour un réacteur.
13:39Excusez-moi, un réacteur pendant un an.
13:42– D'accord.
13:44– On peut dire que pour une année de fonctionnement,
13:47cela correspond à peu près à 40 tonnes de fission du plutonium.
13:51– D'accord.
13:52– Voilà, donc 40 tonnes, ce n'est pas grand-chose.
13:54Rapporté à la population, ça représente 0,7 g par an
13:58et par français pour avoir de l'électricité.
14:00Donc, je répète, 0,7 g par an et par français pour avoir de l'électricité.
14:06C'est vous dire, donc, l'énergie que ça contient
14:09et ce dont on ne peut pas se passer aujourd'hui,
14:13si véritablement on se projette sur l'avenir.
14:16– Alors, on va sortir un petit peu de la technique pure et simple,
14:19parce que ça peut… c'est assez lourd à comprendre parfois.
14:24En tout cas, vous nous expliquez bien, tous les deux,
14:28Jean-Luc Cerdon et Dominique Greneche,
14:30que la France bénéficie des meilleurs atouts au monde
14:34pour lancer au plus vite un programme de réacteur sur générateur.
14:39– Oui.
14:40Alors, d'abord, encore une fois,
14:42parce qu'on a le stock d'uranium appauvri qu'il faut,
14:44pour générer le plutonium, ça, on n'est pas les seuls.
14:47Par contre, une fois que le combustible,
14:50enfin, ce qui est dans le réacteur sort du réacteur,
14:52il faut aller le retraiter, c'est-à-dire pour extraire le plutonium,
14:55pour le recycler.
14:56Bon, et ça, on est les seuls, quasiment tout le monde,
14:58à avoir une usine de cette taille industrielle,
15:02qui est à l'âge, qui permet de recycler le plutonium,
15:06parce qu'évidemment, vous en fabriquez,
15:07mais il faut pouvoir, une fois qu'il est fabriqué,
15:09votre réservoir d'essence à l'arrivée,
15:11s'il contient 11 litres, il faut le recycler
15:13pour pouvoir recycler le plutonium.
15:16– C'est ce qu'on appelle la fermeture partielle
15:18du cycle de combustible nucléaire, si je comprends bien.
15:21– Voilà, aujourd'hui, on le fait,
15:23mais partiellement par cause du fait
15:25de ce qui a été dit tout à l'heure,
15:26c'est-à-dire que seulement,
15:28ces réacteurs ne fournissent pas assez de plutonium
15:30pour pouvoir être autonomes, si vous voulez.
15:33Il faut toujours les alimenter avec de l'uranium.
15:35Maintenant, c'est la même technique,
15:37c'est retraiter le combustible,
15:38et donc on a ce qu'il faut pour,
15:40enfin, à peu près, pour, comment dirais-je,
15:43pour retraiter le combustible des réacteurs futurs.
15:45– Et l'avantage immédiat que l'on voit,
15:47c'est qu'il n'y a plus d'extraction dans les mines à faire,
15:51donc ça veut dire qu'on est indépendant de la géostratégie.
15:56Donc aujourd'hui, il y a en gros 16 gros producteurs
16:00à des échelles différentes,
16:02mais il y a les six principaux qui fournissent
16:06plus des trois quarts de l'uranium dans les mines.
16:10Et aussi, on se passera donc de l'enrichissement.
16:14Il n'y aura plus de phase d'enrichissement.
16:15Donc on gagne sur ces deux tableaux,
16:17et donc on gagne aussi en gaz à effet de serre,
16:20puisque c'est producteur de gaz à effet de serre,
16:23même si c'est mineur, d'apporter au service rendu.
16:26– Alors les adversaires du nucléaire,
16:29vous en donniez deux tout à l'heure,
16:31Corinne Lepage, Dominique Voinet,
16:33mais elles pourront vous dire
16:36qu'il y a des dangers liés à l'activité nucléaire.
16:42Ça a été le cas déjà dans l'histoire,
16:44on l'a vu à Tchernobyl dans les années 80,
16:47ou plus récemment à Fukushima au Japon,
16:51cette centrale qui s'était pris un tsunami.
16:55– Qui vainquait un qui…
16:55– Qu'est-ce que vous répondez aux risques inhérents
16:59à une centrale nucléaire ?
17:01– Alors il y a plusieurs réponses qui sont faciles
17:05à comprendre par vos auditeurs,
17:07c'est le fait de, lorsque vous prenez l'avion,
17:09d'accord, qui est donc une chose la plus dangereuse,
17:12enfin potentiellement la plus dangereuse,
17:14mettre 500 personnes dans un sillard d'acier,
17:17ou plutôt d'aluminium, à 10 000 mètres d'altitude,
17:20qui fonctionnent, qui vont à 1 000 km heure,
17:22d'accord, et qui fait moins 50 degrés dehors,
17:25je m'autant vous dire, on aurait dit ça il y a un siècle,
17:27les gens, ils n'auraient dit jamais.
17:29Aujourd'hui, il y a 5 milliards de passagers kilomètres par an dans le monde,
17:35combien de morts ?
17:37Pratiquement zéro, c'est pareil pour les centrales si vous voulez.
17:40D'abord, vous avez parlé de Fukushima et de Tchernobyl,
17:45alors ça va peut-être surprendre vos auditeurs,
17:47mais il n'y a jamais eu de mort d'un accident nucléaire,
17:50sauf à Tchernobyl, dans le monde.
17:52Fukushima, zéro mort,
17:54vous en connaissez, vous, en France, des gens qui sont morts du nucléaire,
17:57la réponse est d'un accident nucléaire, la réponse est non,
17:59et il n'y en aura pas.
18:00– Oui, mais monsieur, on va vous dire, par exemple,
18:03que dans les alentours de Fukushima,
18:06les radiations ont pu causer des cancers,
18:09qu'on donne des pilules diodes aux gens qui…
18:13il y a quand même des arguments, je ne les connais pas tous.
18:15– C'est tout à fait vrai, c'est tout à fait vrai, monsieur,
18:17ce que vous dites est tout à fait vrai.
18:19Le problème, c'est que dans le cas de Fukushima,
18:21il y a de la radioactivité qui est sortie,
18:23et donc qui a contaminé les sols.
18:25Il y a des niveaux…
18:26Alors, donc il y a des objets d'évacuer les gens,
18:28enfin bon, un peu de façon excessive d'ailleurs,
18:30parce qu'il y en a qui sont morts, enfin bon, ils ont été…
18:32bref, tout simplement parce qu'ils ont été évacués, quoi,
18:35les gens qui voulaient rester.
18:36Bon, c'est ça le problème,
18:38c'est que ça peut contaminer l'environnement.
18:41Et donc à ce moment-là, bon, le problème,
18:43c'est d'essayer de décontaminer, de mettre des précautions, etc.
18:48Mais il y a eu une étude, évidemment, très sérieuse,
18:50faite par l'ONU, qui est une…
18:53enfin bon, je ne me souviens plus du nom,
18:55c'est l'UNSCA, United Nations, enfin c'est un nom, un rallonge.
18:58United Nations Scientific Committee for Radiation Evaluation,
19:02ou un truc comme ça.
19:03Bon, cette étude a été faite, donc, de façon internationale,
19:06évidemment, par des spécialistes,
19:07qui ont montré que même les conséquences que vous exprimez,
19:10évidemment, avec juste raison,
19:11des gens qui ont été un peu irradiés dans les environs,
19:14ça n'a fait aucun mort.
19:15D'accord ?
19:16Aucun mort.
19:16D'accord.
19:17Voilà.
19:18Par contre, à Tchernobyl, c'est différent.
19:21Mais je ne sais pas si je l'ai dit,
19:22mais enfin, je le dis souvent, et c'est vrai,
19:24Tchernobyl n'est pas un accident nucléaire,
19:27c'est un accident soviétique.
19:29Oui.
19:30Avec ça…
19:31Oui, c'était lié au fait que l'Union soviétique était en train de se casser la figure,
19:36pour le dire gentiment,
19:37et qu'il n'avait pas tout à fait les moyens d'assurer la sécurité de ce site.
19:42Est-ce que je me trompe ?
19:43Non, non, mais tout à fait…
19:44Attendez, juste un truc, après je laisse la parole.
19:48Comment dirais-je ?
19:48Oui, ces réacteurs, on savait qu'ils étaient dangereux.
19:50Moi, j'avais fait une mission, enfin, on avait fait une mission,
19:53au début des années 70, 72, 73, sur ces réacteurs,
19:58on était revenus, on l'avait écrit,
19:59ces réacteurs sont dangereux, ça pètera un jour.
20:03Puis en plus, comme vous le dites,
20:04le système soviétique était tel que les autorités de sûreté
20:07étaient ce qu'elles sont dans un pays comme ça,
20:10c'est-à-dire relativement, comment dirais-je,
20:12j'ose pas dire corrompu, mais c'est parce que je ne sais pas ça.
20:15En fin de cycle.
20:16En fin de cycle.
20:19– Oui, ce que je voulais dire,
20:20et c'est pour rebondir sur le propos de Dominique Grenèche,
20:23quand il dit que c'est un accident soviétique,
20:26oui, effectivement, pourquoi ?
20:27Parce qu'en fait, ce réacteur-là avait deux ans d'existence,
20:30et les soviétiques voulaient montrer, à la face du monde,
20:34que leur réacteur, le RBMK,
20:36était capable de toutes les sollicitations dans plein de configurations.
20:40Donc, ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont inhibé les organes de sécurité,
20:45et ils se sont amusés à titiller le réacteur,
20:47sauf que dans un certain domaine de fonctionnement,
20:49il y a ce qui s'appelle un effet positif de la température,
20:54c'est-à-dire qu'en fait, quand la température augmente,
20:56la puissance augmente encore plus,
20:58et ça fait augmenter la température à nouveau,
21:00et ça part ainsi en cascade,
21:02comme un effet de résonance, on va dire.
21:04– Oui, tout à fait.
21:04– Et là, arrive l'accident.
21:07– Je compare ça encore à une voiture, excusez-moi.
21:09– Oui.
21:09– Mais c'est une voiture qui est dans un état,
21:11que si vous appuyez sur le frein, ça accélère d'un certain nombre de kilomètres.
21:13– Exactement, voilà.
21:14– D'accord.
21:15Bon, on a bien compris.
21:16Il faut enchaîner et passer de la technique à la politique.
21:22Le président Macron a donc tenu un conseil de politique nucléaire.
21:29C'était le 12 mars dernier.
21:32Est-ce qu'il y a une évolution dans la politique du président vis-à-vis du nucléaire
21:38par rapport au conseil qu'il a tenu l'an dernier, à peu près à la même date ?
21:43– Bien, alors, en fait, il y a une évolution,
21:45plus qu'une évolution, un tournant majeur fait par Macron,
21:49Emmanuel Macron, qu'on soit pour ou contre, peu importe,
21:52en 2022, qui d'un seul coup a fait un discours,
21:56le discours de Belfort, qui a fait redémarrer le nucléaire.
21:59Il n'a pas dit on a fait des bêtises, mais enfin, on avait plus ou moins…
22:02Enfin, le nucléaire était quand même en mauvaise forme.
22:05Bon, d'un seul coup, ça, c'est la première étape.
22:07– D'ailleurs, pour illustrer ce que vous dites, Dominique Grenèche,
22:12il n'est pas le seul à avoir fait une volte-face,
22:15puisqu'Ursula von der Leyen a récemment déclaré
22:19que le renoncement au nucléaire était une erreur stratégique.
22:24– Absolument.
22:24– Et j'interrogeais d'ailleurs Philippe Béchade il y a peu,
22:28et il nous a expliqué que l'erreur, elle avait coûté des centaines
22:32de milliers de milliards aux Européens sur leur facture d'énergie.
22:36– Alors, je ne sais pas si c'est centaines de milliards,
22:39mais en tout cas, beaucoup d'argent, si vous voulez.
22:41C'est une erreur majeure, mais…
22:42– Et un retard pris.
22:44– Oui, un retard.
22:45– Un retard pris, mais, excusez-moi, j'ai vraiment un problème de voix,
22:49parce que j'étais très enrhumé, je suis désolé.
22:52Bon, bref, donc, pour aller dans le prolongement de ce que vous dites,
22:54donc, ça, c'était le deuxième revirement, si vous voulez,
22:58c'est quand ils ont… Il y a un an,
22:59donc, il a été un conseil de politique nucléaire, le deuxième,
23:04parce que c'est ce conseil de politique nucléaire auquel participent
23:07le premier ministre, trois ministres, le haut commissaire énergie atomique,
23:10que je connais bien, puisque je suis son conseiller,
23:12mais pas plus tard que ce matin…
23:13– Vincent Berger.
23:14– Vincent Berger.
23:15Bon, ils ont donc déjà dit, on va faire…
23:20Donnez-moi une copie, si vous voulez, dans un an,
23:22donc, c'était un an, pour vous organiser, vous les industriels,
23:26pour me faire un programme de redémarrage,
23:30de… Non, pas de redémarrage,
23:32enfin, pour reconsidérer ce qu'ils ont fait.
23:35– Oui.
23:36– Des réacteurs de quatrième génération, mais sans préciser plus.
23:39– C'était déjà un réacteur à neutrons rapides,
23:42mais bon, enfin, bref, peu importe.
23:43Enfin, ces réacteurs-là.
23:44Donc, il y a un an.
23:46Donc, ça, c'était…
23:47Et puis, donc, les industriels, évidemment,
23:49puisque c'était un ordre, je dirais,
23:51du gouvernement et du président de la République,
23:54ils se sont réunis à une fois,
23:57et… Pardon, excusez-moi.
23:58Donc, il y a un an, c'était ça,
24:00et ils ont dit, ils me présentaient une copie dans un an,
24:01c'est-à-dire le 12 mars.
24:03– Passons à présent à l'aspect politique
24:06de la question nucléaire avec vous, messieurs.
24:09Le président Macron a tenu, c'était le 12 mars dernier,
24:13conseil de politique nucléaire.
24:15Est-ce qu'il y a une évolution par rapport
24:17au conseil qu'il avait tenu il y a un an ?
24:19– Alors, l'évolution principale,
24:21c'est qu'il a confirmé, en fait, ce qui était passé il y a un an.
24:23C'est-à-dire qu'il va relancer, il a demandé aux industriels
24:28de construire un réacteur en 2030.
24:30Comment ça ?
24:31Donc, ça va vite, c'est même plus rapide que je pensais.
24:33Et puis, deuxièmement…
24:34– Un réacteur de cas, donc un réacteur sur générateur ?
24:37– Sur générateur, oui.
24:37– D'accord.
24:38– Voilà.
24:39Pardon.
24:39Et puis, le deuxième truc qu'il a dit, enfin, il n'a fait que confirmer,
24:42si vous voulez, la relance du nucléaire.
24:44C'est-à-dire qu'il a demandé à construire six EPR de 1600 mégawatts.
24:48– Oui.
24:48– Donc, ça fait presque 10 réacteurs de 1000 mégawatts équivalents.
24:52Donc, voilà.
24:53Ça, c'est les deux choses du conseil.
24:55Vous me demandez qu'est-ce qui est nouveau.
24:57Donc, simplement, c'est une confirmation,
24:59mais vraiment fermée définitive en disant, on va construire.
25:02Vous avez le feu vert.
25:04Les travaux ont commencé.
25:05– Donc, six réacteurs EPR 2 pour ce programme.
25:10Et puis, le lancement d'un seul réacteur sur générateur d'ici 2030.
25:16– C'est ça.
25:16C'est tout à fait ça.
25:17Mais un seul, c'est déjà pas mal.
25:19– Oui.
25:19– Parce qu'il faut démarrer comme ça avec un prototype.
25:22J'ai appelé ça un démonstrateur, dans ma lettre à Macron,
25:25j'ai appelé ça un démonstrateur industriel.
25:26– Alors, quand est-ce que ça va commencer,
25:28tous ces travaux-là pour des réacteurs,
25:31six réacteurs plus un sur générateur ?
25:32– Alors, les six réacteurs, je peux vous dire,
25:34parce que moi, j'ai visité une usine
25:36où j'ai commencé à voir les cuves qui vont être écupées,
25:39les gros composants sont en train d'être fabriqués pour les six EPR.
25:42Voilà.
25:42Et puis, les travaux sont commencés sur Panly.
25:46C'est le plus grand chantier européen.
25:47C'est absolument spectaculaire.
25:49Macron y est allé, d'ailleurs.
25:50D'ailleurs, il y a quand même une chose importante,
25:53c'est que le CPN, le Conseil de l'Ontario,
25:56s'est tenu sur le site du réacteur de Panly.
25:59– D'accord.
26:00– D'accord.
26:00Donc, c'est quand même symbolique.
26:02C'est-à-dire, il a visité d'abord Macron et son équipe.
26:05Ils ont visité ce réacteur, un chantier tout à fait extraordinaire.
26:07Donc, c'est les six EPR.
26:09Donc, ça, c'est parti, si vous voulez.
26:11Donc, c'est la confirmation.
26:12Et puis, la deuxième, encore une fois, c'est dire non seulement ça,
26:15mais en plus, on va faire un programme de réacteurs sur générateurs.
26:18Et vous allez me construire un démonstrateur industriel.
26:21C'est pas comme ça que c'est mis, ce que j'ai appelé.
26:24Pardon.
26:25Ça, c'est le deuxième point.
26:26D'ici 2030, disons.
26:27– Alors, Jean-Luc Cerdan, est-ce que ce n'est pas un peu court,
26:30ce délai, d'ici 2030, de construire une technologie,
26:36ce réacteur sur générateur ?
26:37– Alors, effectivement, ça peut paraître court,
26:41compte tenu des délais.
26:42C'est quasiment demain.
26:43Mais ce qu'il faut voir, et peut-être Dominique Grenache
26:45va développer ce point-là,
26:46on a quand même pris de l'avance depuis un moment,
26:50avec notamment le programme Astrid, qui a été arrêté.
26:53– Oui, en 2019 par Emmanuel Macron.
26:55– Donc, je vais faire simple pour les téléspectateurs,
26:59c'est qu'il suffit de réouvrir les cartons,
27:02de remettre au goût du jour, alors, le référentiel,
27:06surtout le référentiel de sûreté,
27:08parce que c'est peut-être ça aussi qui va certainement bouger.
27:13Et donc, les trois ans qui nous séparent
27:16de ce début de construction
27:19semblent quand même relativement raisonnables.
27:21Je ne sais pas ce qu'en pense Dominique Grenache.
27:22– Oui, tout à fait, c'est tout à fait ça.
27:24Je vous rappelle ce qui a été dit tout à l'heure,
27:26à savoir qu'on a une expérience considérable.
27:28On a construit trois… enfin, super…
27:30Tout ça, c'est la même chose.
27:32– Superphénix et Astrid, c'était déjà des sous-générateurs.
27:35– Bien sûr, excusez-moi.
27:36Oui, tout à fait.
27:38– Donc ça, c'est encore dans la tête, tout ça,
27:40de nos ingénieurs français, quoi.
27:42– J'espère.
27:43Il y a eu aussi un programme considérable quand même
27:45de maintien des connaissances,
27:47notamment sur la technologie du sodium,
27:49qui fait qu'on a gardé quand même des gens.
27:50Alors, des gens comme moi,
27:52évidemment, ça commence à prendre de l'âge.
27:53Ce n'est pas moi qui le verrai, malheureusement.
27:57Mais enfin, on a conservé quand même
27:58quelques centaines d'ingénieurs,
28:00voire même des milliers, qui sont capables.
28:03Donc, le délai, moi-même, m'a surpris.
28:05Ça paraît court quand même, demi-temps.
28:07Mais encore une fois, comme le vient de dire M. Cerdan,
28:10Jean-Luc, pardon, que je connais bien.
28:13OK.
28:14Donc, les connaissances, on les a.
28:16Donc, 3-4 ans, ça doit pouvoir se faire.
28:18C'est comme si tout était prêt, quoi, les plans.
28:20Alors, on va, comment dire,
28:22je modifie un certain nombre de choses,
28:24mais enfin, ce n'est pas un problème.
28:25– Alors, la direction du programme
28:27de ce réacteur surgénérateur,
28:31expliquez-nous comment ça s'organise.
28:33Parce qu'on a plusieurs acteurs
28:36pour gérer ceci.
28:39Le Conseil à l'énergie atomique,
28:41on a EDF, on a Framatome,
28:44et puis Orano, qui est l'ex-Areva.
28:47Expliquez-nous un petit peu
28:48comment ils se mettent d'accord, tous ces gens.
28:50– Alors, l'organisation est en place.
28:53Encore une fois, j'ai téléphoné ce matin
28:55au commissaire pour lui demander.
28:57Je dis, on va avoir cette…
28:58J'ai une interview, donc j'ai demandé ça.
29:00Et donc, l'organisation est en place, pratiquement.
29:03Elle est en place, alors c'est un espèce…
29:05Enfin, une espèce, excusez-moi, du terme.
29:07Enfin, c'est une organisation
29:08qui va dépendre du Premier ministre
29:10et dont la direction va être confiée
29:13à une direction spécifique,
29:14la réalisation du projet, du CEA.
29:17Une direction qui va dépendre directement
29:19de l'administrateur général,
29:21en l'occurrence l'administrateur,
29:22c'est une dame, du CEA.
29:25Au même titre qu'il y a deux autres directions.
29:27Ça ne va pas être au sein…
29:30Au sein de la…
29:32Déjà, au CEA, il y a déjà des directions.
29:34Donc, il y a déjà une direction
29:35des réacteurs nucléaires,
29:36mais ce n'est pas là-dedans.
29:37Il va y avoir une direction spécifique
29:39qui va être créée.
29:41Donc, pour étudier, pour faire les dessins,
29:45pour faire la conception et pour préparer ça.
29:47Et ensuite…
29:48Bon, mais tout ça se fait évidemment
29:49en coordination avec Orano, avec EDF, etc.
29:52Donc, il y a une répartition des rôles
29:54qui a été définie
29:56et qui est en train de se mettre en place.
29:58– Alors, il y a dans ce programme de surgénérateur,
30:02je me tourne vers vous, Jean-Luc Serdant,
30:05ce que vous appelez l'effet falaise.
30:07Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est ?
30:10– Oui, l'effet falaise,
30:13c'est un terme qui circule dans nos milieux.
30:17Aujourd'hui, le parc nucléaire a une puissance installée
30:20de l'ordre de 62 gigawatts.
30:22Bon, très bien.
30:25La chose va se produire jusqu'à l'aube des années 2040.
30:30À partir de là, les réacteurs les plus anciens
30:33vont devoir commencer à s'arrêter.
30:35Et rappelez-vous, dans les années 70-80,
30:38il y a eu le plan Mesmer,
30:39où on construisait entre 3 et 4 réacteurs par an,
30:43voire même certaines années, jusqu'à 6 réacteurs.
30:45– C'est très bien.
30:46– Et cela en 15 ans de temps à peu près,
30:4912-15 ans de temps.
30:51Donc, c'est naturel que ces naissances de réacteurs
30:54aboutissent à un moment donné à la mort,
30:56on va dire, la retraite de ces réacteurs.
30:59Et pour illustrer ça,
31:00alors vous le montrerez peut-être dans un...
31:02– Oui, au post-production, oui.
31:05– Voilà, donc l'effet falaise, il est là.
31:07On est à la puissance constante jusqu'en 2040 à peu près,
31:11et les réacteurs vont commencer à s'arrêter
31:14les uns après les autres.
31:16Et on finit avec Flamanville,
31:17qui sera le singleton qui va traîner.
31:19Bon, donc la question maintenant,
31:21c'est remplir ce vide par de nouveaux réacteurs.
31:24Et donc c'est là l'optimisation à laquelle il faudra penser.
31:28C'est un choix certainement hybride au début
31:31entre EPR et réacteurs nucléaires sur générateurs.
31:34Et donc il est temps maintenant peut-être de tracer une route
31:39comme l'avait fait un Messmer 2, si vous voulez,
31:43applicable pour les années à venir.
31:45– Est-ce que vous pensez que le président,
31:47qui est un adepte de l'en même temps,
31:49est capable de se lancer alors que l'alternance politique
31:54est possible d'ici un an et quelques ?
31:56– Alors Pierre, l'ennui, c'est que vous l'aurez remarqué,
31:58vous avez fait un petit résumé de ce qui s'est passé
32:00au CPN de l'année dernière, le CPN de cette année,
32:03et on a l'impression à chaque fois,
32:05je pense que Dominique Grenèche est d'accord avec moi,
32:06qu'il y a des avancées, mais c'est à chaque fois
32:08qu'il y a un goût de pas assez.
32:10C'est-à-dire qu'en fait, on avance à petits pas.
32:12Et donc là, le pas qu'on aurait aimé voir franchir,
32:17c'est celui d'un programme sur les années à venir
32:19pour justement pallier cet effet falaise.
32:21Parce qu'à un moment donné, si on veut garder le nucléaire,
32:24ce qui est donc apparemment prévu,
32:26même dans la PPE 3, le nucléaire,
32:28est toujours présent dans le schéma énergétique de la France.
32:34Parce que tout ça, ça va engager des investissements,
32:37c'est des écoles d'ingénieurs qui vont devoir
32:40surmettre au travail.
32:42Voilà.
32:43– Alors, est-ce que le trou, il ne va pas être bouché
32:46par ce que le président avait lancé, évoqué,
32:50à savoir les SMR, c'est ce mot, le modula réacteur ?
32:54– Alors, bon, si vous permettez, je finis,
32:57j'ai bien compris votre question sur les SMR,
32:59les SMR modulaires.
33:00Moi, j'appelle ça les PMR, le petit réacteur, tout simplement.
33:03– Oui.
33:03– Les petits réacteurs, voilà.
33:05Parce qu'on dit small, small is...
33:07Bon, ça veut dire...
33:08– Oui, c'est en anglais.
33:09– Non, non, non, mais vous avez raison,
33:11tout le monde appelle ça, ça m'énerve,
33:12parce que, en fait, c'est les petits réacteurs nucléaires.
33:13– Oui, parlons français, bon sang.
33:15– Parlons français.
33:16Bon, donc, je vais faire un article là-dessus.
33:19Demain, on a discuté avec, d'ailleurs, Vincent Berger,
33:21et je propose d'appeler ça des PMR, des petits réacteurs nucléaires.
33:25– D'accord.
33:25– Voilà, bon, ça, c'est un détail sémantique.
33:28Bon, je reviens quand même à votre question
33:30qui est, donc, le rôle des PMR,
33:33mais avant, je reviens un tout petit peu sur ce qu'a dit Jean-Luc,
33:35qui est tout à fait vrai.
33:36Il faut savoir que 80% des réacteurs nucléaires,
33:41aujourd'hui, ont été construits en l'espace de 12 ans.
33:44D'accord ?
33:44– De 1980 à 1992, on a construit pratiquement tous les réacteurs qu'il y a.
33:52On l'a construit, simplement, je voudrais répéter ce qu'il y a dit,
33:55parce qu'on l'a construit jusqu'à un par tous les deux mois,
33:58comme des petits pains.
34:00Alors maintenant, donc, je rejoins, c'est tout à fait vrai,
34:03donc tout ça, ça va arriver en fin de vie, quoi.
34:06Comme ça, c'était entre 80 et 82.
34:09Donc, voilà.
34:10Alors, il y en a un seul qu'on a arrêté, quand même.
34:14– Fessenheim.
34:15– Oui, on l'a poussé, on était au bas.
34:17C'est Dominique Wannet qui l'a poussé dans le précipice.
34:20– Fessenheim ?
34:21– Oui, Fessenheim.
34:22– Qui venait juste d'être révisé, on l'a fermé,
34:27alors qu'il marchait impeccable.
34:29– Alors là, oui, bien sûr, bien sûr.
34:31Donc, c'était le premier de la série, quoi.
34:34Il a commencé en 1979, c'était le premier de la série.
34:36Donc, celui-là, on n'a pas attendu qu'il ait…
34:38Enfin, si, il avait d'ailleurs commencé à avoir 40 ans.
34:40Et puis, on a dit, celui-là, il est malade, il est plus ancien.
34:44Donc, on va…
34:45Mais c'est ça qu'on a fait.
34:46On l'a poussé dans le précipice.
34:47Donc, il est tombé, il est mort.
34:49Qu'est-ce qui l'a poussé dans le précipice ?
34:51C'est Dominique Wannet.
34:52Enfin, plutôt, Dominique Wannet.
34:55Et puis, au début, c'était sous François, sous Hollande.
34:59Donc, en 2011 ou 2012, je ne sais plus, il était élu.
35:02– 2002.
35:03– Donc, les gens Wannet, tout ça, ils sont réunis avec Hollande.
35:06Ils ont dit, tu me donnes telles circonscriptions,
35:09puis en échange, tu m'arrêtes 15 réacteurs, dont Fessanaïm.
35:14Ça, ça a été signé.
35:16Donc, quand Hollande est arrivée au pouvoir, enfin, en tant que président,
35:19il a dit, voilà.
35:20Donc, ça a été marqué dans une loi qui s'appelle la programmation plurianienne.
35:23On va arrêter 15 réacteurs en 2020.
35:26– La première PPE.
35:27– Oui, on va parler de la PPE 3.
35:30– Oui, mais la première PPE, c'est marqué.
35:32C'est-à-dire qu'on devrait avoir aujourd'hui, normalement, 15 réacteurs d'arrêtés.
35:36– Alors, justement, pour revenir sur le sujet de Dominique Wannet,
35:39vous insistez sur certains points pour maintenir le cap
35:43que le président semble avoir tracé lors de ce dernier conseil de politique nucléaire.
35:49Alors, ces points sur lesquels vous insistez pour maintenir le cap, c'est quoi ?
35:54– Donc, l'engagement, ça, c'est sûr, c'est de construction de nouveaux EPR,
35:596 EPR, et peut-être 8 qui vont suivre.
36:02Je crois que ça va être…
36:04– Oui, en optionnel.
36:06– En optionnel.
36:07Mais ça, ça se confirme de plus en plus.
36:08Si c'est 8, ça va faire 14, sauf erreur de ma part.
36:11– Donc, un surgénérateur, 6 réacteurs actés, et optionnellement, 8 autres.
36:17– 8 autres.
36:17Alors, 8 autres EPR, je parle de la puissance, c'est-à-dire, c'est 1 600, c'est-à
36:21-dire 1,5 fois.
36:22Alors, disons, ça fait l'équivalent de 20 réacteurs.
36:26– 20 réacteurs, l'équivalent d'aujourd'hui, quoi.
36:28– 20 réacteurs, équivalent.
36:2920 réacteurs, tout ça, ça va prendre jusqu'à, disons, 2050.
36:33La deuxième chose qui est actée, encore une fois,
36:36c'est la construction du premier prototype industriel en 2030,
36:40et puis après, on va en construire d'autres, comme il est.
36:42– Oui, donc pour fermer le cycle.
36:44– Mais, ce que me faisait remarquer Jean-Luc Serdant,
36:48c'est que le terme surgénérateur n'apparaît pas
36:52dans le communiqué officiel de l'Élysée, rédigé à la suite de ce conseil.
36:57– Effectivement, effectivement.
36:58Ça s'appelle neutron rapide.
37:00Enfin, je crois, non, non, non, mais…
37:01– Ils sont sérieux là-dessus.
37:03– Ils sont sérieux, non, non, non, c'est sérieux.
37:04Là, c'est pas de l'entourloupe.
37:06C'est que ces réacteurs, surgénérateurs,
37:08ce sont des réacteurs forcément qui sont à neutrons rapides.
37:11Je ne vais pas expliquer techniquement pourquoi,
37:13mais ce qu'il dit neutrons rapides, il dit aussi surgénérateurs.
37:16Bon, ils ne veulent pas, parce que peut-être que le mot surgénérateur, peut-être…
37:20– Rappel peut-être Superphénix,
37:22et peut-être que ça peut soulever de nouvelles oppositions.
37:24– Oui, oui, en plus, si vous voulez.
37:26– Mais c'est un peu dommage, parce qu'on sent ce en même temps,
37:29c'est-à-dire que je donne une carotte de communication,
37:31mais je ne dis pas tout.
37:32– Jean-Luc Serdant, il faut rappeler à nos téléspectateurs
37:34que c'est bien Dominique Voinet,
37:37ministre de l'Environnement sous Lionel Jospin,
37:40qui, en négociant son arrivée au gouvernement avec Lionel Jospin,
37:45a eu la peau de Superphénix.
37:47– Voilà, voilà.
37:48– Et cette même…
37:49– Et avec quand même le page, quand même, Michel.
37:50– Vous allez pouvoir nous dire ce que vous pensez de cette dame,
37:53Dominique Gronèche,
37:55et qui a été nommée, je le rappelle, le 19 mars,
38:01au Haut Comité pour la transparence et l'information
38:04sur la sécurité nucléaire.
38:06Donc est-ce qu'elle n'est pas capable, Dominique Voinet,
38:09de mettre des bâtons dans les roues
38:11de ce nouveau programme de surgénérateur
38:14qu'elle a déjà foutu en air il y a quelques années ?
38:18– Quand on me parle de Dominique Gronèche,
38:20c'est souvent… ça dépend de mon état, si vous voulez.
38:22– Oui.
38:23– Donc ça dépend.
38:23Et puis ça dépend aussi du lieu.
38:25Dans une télévision, je ne vais pas dire effectivement
38:26ce que j'en pense vraiment.
38:28Mais enfin, vous devinez que j'en pense pas du bien.
38:30Elle a vraiment… non, non, mais attendez, elle a bombardé.
38:33Il n'y a pas d'autre… et en plus, avec des armes à munitions
38:36qui sont interdites par les conventions internationales,
38:38elle a bombardé le nucléaire français.
38:40Elle n'a pas arrêté.
38:41– Oui, il y a des gens qui parlent de trahison
38:43à l'égard de l'énergie française.
38:46– Au niveau européen, au niveau de l'enseignement,
38:49au niveau des placements de gens.
38:51Elle a vraiment, excusez-moi du terme, la vérolée,
38:54il n'y a pas d'autre mot, tout le nucléaire français.
38:56Pendant dix ans.
38:58– Et puis alors, on sait, Jean-Luc Cerdan,
39:00je parle encore sous votre contrôle,
39:01que la fermeture de Fessenheim,
39:04les ministres concernés de l'époque nous ont expliqué
39:08que c'était pour faire plaisir aux Allemands
39:10parce que cette centrale est à la frontière avec l'Allemagne.
39:15Alors, tout ça, ça relève un petit peu aussi
39:18de ce qui se passe au-dessus, à savoir Bruxelles.
39:22Le Conseil de politique nucléaire a demandé
39:25au service de l'État et à EDF de prendre toutes les mesures
39:29pour finaliser les discussions en cours
39:32avec la Commission européenne.
39:33Alors, la Commission européenne,
39:35est-ce qu'elle est aussi dans la même attitude
39:40et tournure d'esprit que le président Macron
39:42avec l'œil Ursula von der Leyen,
39:44qui nous a dit que c'était une erreur stratégique
39:46de renoncer au nucléaire ?
39:47– Oui, exactement.
39:48Donc, la Commission européenne a su été,
39:50on dirait presque aux ordres de Dominique Boinet,
39:52enfin, j'exagère évidemment pas ça,
39:54était profondément antinucléaire, d'accord ?
39:56Comme les Allemands,
39:57puisque, il ne faut pas oublier,
39:58sa présidente est allemande.
39:59– Oui.
40:00– Deuxièmement, sa vice-présidente,
40:01elle est espagnole, c'est aussi une antinucléaire.
40:04Et le président, le commissaire, pardon, européen,
40:07qui s'appelle, enfin, c'est un…
40:09bon, peu importe, c'est un antinucléaire,
40:11mais farouche.
40:12– Donc, il faut espérer que tout ce personnel à Bruxelles
40:15ne s'oppose pas à ce que le président Macron…
40:17– Moi, je dirais, mais vous ne pouvez pas le faire,
40:19moi non plus, mais il faudrait les direr, c'est genre.
40:23– Vraiment, vraiment, vraiment, c'est pas possible.
40:25– Pour apporter de l'objectivité,
40:27alors, en dehors de l'aspect idéologique,
40:30parce qu'il est clair, dans le fond de cette histoire,
40:33il y a quand même une idéologie,
40:36la Commission européenne est habilité, en fait,
40:39à contrôler les financements, en fait.
40:42C'est ça, c'est en fait le sujet.
40:44Le sujet là, c'est-à-dire que s'il y a un blocage,
40:46il pourrait venir…
40:47Alors là, c'est très pratique, si vous voulez,
40:49c'est… on n'est pas dans l'idéologie,
40:51mais on est simplement dans les comptes.
40:52Donc voilà, comment c'est financé,
40:54quelles sont les subventions qui sont données ?
40:56C'est là où il pourrait peut-être y avoir…
40:58– Vous n'imaginez pas que Emmanuel Macron
41:00fasse semblant de prendre la voie du nucléaire
41:04pour finalement dire, ah ben vous voyez,
41:06c'est Bruxelles qui est contre,
41:07moi je suis de bonne volonté.
41:09– Votre question est très pertinente.
41:11– Je ne crois pas,
41:12mais là franchement, encore une fois,
41:14c'est pas la politique…
41:15Bon, il a fait une grosse bêtise,
41:17je lui en veux énormément,
41:18parce que, il ne faut pas oublier,
41:19il fait ce nage,
41:20c'est sous Macron que ça s'est arrêté.
41:21Ça avait été décidé sous Macron,
41:23mais Macron, il a dit,
41:24ben non, pardon,
41:26il a dit, je suis obligé,
41:27parce que mon prédécesseur l'avait demandé.
41:29Ça, je lui en veux maximum.
41:32Alors, pour vos auditeurs,
41:33ils peuvent aller sur le site internet,
41:35ils tapent Dominique Grenèche,
41:37Fissenheim,
41:37et ils tapent le 2 février 2020, je crois.
41:41– Sur Youtube, il y a une…
41:42– Sur Youtube, il y a une…
41:43– Où j'ai pris le micro et j'ai dit,
41:44voilà, Macron, il a vraiment été dégueulasse,
41:48il n'y a pas d'autre mot,
41:49c'est ce que j'ai dit.
41:50Il a pris, voilà.
41:52C'est pas un homme d'État, quoi.
41:54C'est pas un homme d'État.
41:55– On va terminer, messieurs,
41:56messieurs, en évoquant cette PPE 3,
42:02programmation pluriannuelle de l'énergie,
42:04la nouvelle feuille de route énergétique de la France
42:08qui a été décidée le 13 février dernier.
42:12Jean-Luc Serdant, je me tourne vers vous.
42:13Qu'est-ce qui est sorti de cette programmation ?
42:18– Alors, ce qu'il en est sorti, c'est…
42:23Alors déjà pour l'éolien,
42:25un doublement du parc terrestre des éoliennes
42:29d'ici à 2035,
42:33une multiplication par 20,
42:34alors c'est normal, il n'y en avait peut-être pas beaucoup,
42:36d'éoliennes en mer.
42:38– Oui, par 15, vous m'aviez…
42:41– Oui, entre 15 et 20.
42:42– Voilà, entre 15 et 20.
42:46Alors, quelles sont les conséquences ?
42:48– Oui, pour la facture du français.
42:51– Alors, pour la facture du français,
42:53quels vont être les impacts ?
42:54Alors, il y en a deux principalement.
42:56Le premier impact, ça va être celui sur la garantie du prix,
43:00c'est-à-dire que les promoteurs,
43:04les producteurs de l'éolien disent
43:07« Nous, on veut bien construire des éoliennes,
43:10mais on veut un prix de vente du mégawatt-heure
43:13de, par exemple, 100 euros le mégawatt-heure. »
43:16Très bien.
43:16Sauf que quand le marché est, par exemple,
43:19à 60 euros le mégawatt-heure,
43:23c'est l'État qui va devoir mettre le complément,
43:26c'est-à-dire 40 euros à chaque fois le mégawatt-heure,
43:28et c'est ce qu'on va retrouver dans une partie
43:30de la facture des Français qui consomment.
43:32– Et alors, c'est…
43:33– Et deuxièmement, et l'autre point,
43:35c'est comme c'est une énergie qui est décentralisée,
43:39d'accord, contrairement à l'énergie nucléaire
43:41ou aux centrales nucléaires,
43:42eh bien, il faut des raccordements.
43:44Il faut bien comprendre que toutes ces milliers d'éoliennes
43:47que l'on va installer doivent se raccorder.
43:49Et donc là, il y aura un coût supplémentaire
43:52pour accroître l'étendue du réseau.
43:55Et donc là, il va y avoir une facturation importante,
43:57et certains prédisent même un doublement des factures
44:00d'ici à 10 ans.
44:01– Avec cette PPE 3.
44:03– Avec cette PPE 3.
44:04– Alors, il y a les éoliennes terrestres et offshore,
44:07et puis il y a aussi toutes les autres énergies renouvelables,
44:11dites renouvelables, avec le photovoltaïque,
44:14tout cela va monter en gamme, va monter en puissance, en nombre.
44:18– Non, non, c'est prévu, mais enfin, justement,
44:20c'est là où il y a le bas blesse,
44:22parce que c'est venu au Parlement, cette discussion du PPE 3.
44:26Et ça, bon, c'était une PPE militante,
44:29militante en faveur des…
44:31comme l'était là au Bruxelles.
44:32C'est-à-dire, on va développer l'éolien,
44:34et puis le nucléaire.
44:36Bon, ça a quand même beaucoup évolué favorablement,
44:38je veux dire.
44:39– Mais c'est fabriqué où, toutes ces éoliennes,
44:41ces panneaux photovoltaïques ?
44:43– Les panneaux photovoltaïques, c'est bien connu,
44:46c'est fabriqué en Chine.
44:47– Oui, donc ce n'est pas très écologique de ramener tout ça,
44:50et je ne sais pas si c'est fabriqué non plus
44:52dans des conditions très écologiques.
44:53– Non, et puis les éoliennes, c'est pareil,
44:54et puis comment…
44:56Non, non, franchement, alors il y a eu un lobbying,
45:01extraordinaire, des pro-éoliens,
45:03parce qu'ils étaient subventionnés.
45:04– Du lobbying en France, ça existe ?
45:07– Ah, ça existe, monsieur, oui, mais ça dépend.
45:09Lobbying, ça peut être très bien,
45:11mais là, en l'occurrence, y compris,
45:14on peut la citer, Engie, la patronne,
45:16c'est quand même une grosse boîte.
45:17En plus, bon, ils ont fait un lobby absolument incroyable
45:22au part du Premier ministre pour dire,
45:23il faut publier cette PPE 3.
45:25Et donc, c'est arrivé au moment où il y avait des problèmes
45:27avec le Premier ministre,
45:28donc ils n'ont pas signé tout de suite.
45:32Et puis, ils ont quand même modifié pour tenir compte du fait
45:34que, attendez, c'est quand même…
45:36Mais ils ont continué, en gros, à faire de l'éolien,
45:39qu'on va faire de l'éolien.
45:41Et on va faire encore du nucléaire, enfin.
45:43Donc, ça a évolué dans le bon sens, si vous voulez.
45:46Mais n'empêche que…
45:47Bon, j'espère que ça va tenir quand même.
45:50Alors, Jean-Luc Serdant, peut-être qu'on peut terminer cet entretien
45:54avec cette question.
45:56Donc, on voit avec cette PPE 3 une montée en puissance
46:00des énergies renouvelables.
46:02Comment cette montée en puissance des énergies renouvelables
46:06va-t-elle être couplée au nucléaire ?
46:09Eh bien, en fait, comme il faudra…
46:11Puisque l'énergie ne se stockera pas,
46:13il faudra bien évacuer cette énergie.
46:15Et donc, les centrales nucléaires, les réacteurs nucléaires
46:19vont être vassalisés.
46:20C'est-à-dire, laisser suivre la perte, en fait, de charge
46:26quand il n'y a pas de vent.
46:27Et pareil, quand il n'y a pas de lumière, quand il n'y a pas de soleil.
46:30Et donc, ces réacteurs nucléaires qui ont été prévus
46:33et conçus pour des variations de charge, certes,
46:35qui sont, je dirais, journaliers avec des temporalités connues.
46:42Le jour où une activité est plus importante que la nuit,
46:45c'est très bien.
46:46Là, on va solliciter, mais 10 à 20 fois plus,
46:49l'ensemble de ces réacteurs.
46:50Ce qui va créer des contraintes,
46:54surtout des contraintes au niveau des tuyauteries.
46:57C'est des milliers de tuyaux qu'il y a dans une centrale nucléaire.
46:59– Vous expliquez qu'une centrale nucléaire
47:01doit fonctionner à puissance à peu près constante.
47:04Or, là, on leur demandait de faire des pics.
47:08– C'est comme toute machine, si vous voulez.
47:11Si vous commencez à le faire comme ça,
47:12ça va fatiguer les tuyaux et tout.
47:14Qu'est-ce que vous voulez ?
47:14– En fait, c'est contradictoire avec ce projet de dire,
47:17écoutez, le nucléaire, on va essayer d'attendre un petit peu.
47:20On ne va peut-être pas construire de PR2 ou plus de PR.
47:24Et on va tâcher plutôt de rallonger la durée de vie
47:28des réacteurs d'aujourd'hui.
47:29Sauf que c'est contradictoire, puisque, au contraire,
47:34cette modulation excessive va générer de l'usure,
47:38donc du vieillissement.
47:39Donc, ça va être très difficile, en fait,
47:41de revendiquer un allongement de la durée de vie.
47:44– Oui, alors, heureusement, ce que tu dis est tout à fait vrai,
47:46mais ça a été quand même, heureusement, modifié.
47:49Parce que l'Académie des sciences,
47:52l'Autorité de sécurité nucléaire, tout ça,
47:54qui sont les vendebous contre ce fait
47:55d'un développement immodéré des éoliens.
48:00Donc, on va quand même le développer, malheureusement,
48:02mais bon, ça va quand même, on va en tenir compte, j'espère.
48:05– Je vais juste vous donner un dernier ordre de grandeur
48:08pour vous donner une idée, Pierre Bergerot.
48:12Si le programme est tel qu'il est affiché avec 90 TWh en 2035,
48:17eh bien, les surfaces terrestres qui seront interdites de construction
48:24représenteraient à peu près, j'ai fait le calcul ce matin,
48:261,3 million d'hectares.
48:29Ça représente à peu près la surface de 10 départements français
48:35qui ont le moins de surface possible.
48:37Donc, c'est pratiquement toute l'île de France.
48:39Voilà, imaginez ça rempli d'éoliennes, voilà.
48:45– Et en plus, il n'y a pas d'inertie, quoi.
48:47– Et alors, rappelons peut-être,
48:50pour réellement terminer cet entretien avec vous deux, messieurs,
48:53que c'est l'urgence, expliquez-nous pourquoi il est urgent
48:58de lancer ce programme de réacteurs sur générateurs.
49:02Vous insistez, Dominique Grenache, là-dessus.
49:03– Oui, monsieur, tout à fait.
49:04J'insiste parce qu'il faut, quand on développe comme ça
49:08une nouvelle filière, quand même, malgré tout,
49:09même si on a beaucoup d'expérience, il faut des dizaines d'années, quoi,
49:12pour que ces réacteurs sur générateur remplacent le parc actuel.
49:15Disons, jusqu'à… Allez, on a fait des scénarios,
49:18jusqu'à la fin du siècle, il faudra construire,
49:20on a raison de 1, 2 ou 3 ans.
49:23On ne peut pas le faire plus vite, si vous voulez,
49:25à cause du fait, justement, qu'il faut faire tourner le plutonier,
49:27on a des raisons techniques.
49:28Bref, on ne peut pas construire très rapidement des réacteurs
49:31à notre temps rapide.
49:32On le voit tous les 2 ans.
49:34Donc, compte tenu de ça, et compte tenu des prévisions sur les scénarios,
49:38ça fait 2100.
49:40Alors, 2100, il n'y aura plus d'uranium, enfin, ou très peu,
49:42ou alors, voilà, on le sait.
49:44Et donc, c'est pour ça qu'il faut démarrer vite,
49:46parce que si on démarre trop tard,
49:49souvent, je me souviens, Vincent Berger,
49:51ou plutôt son prédécesseur avait dit aux très hauts gouvernants,
49:54qu'est-ce que vous voulez, qu'est-ce qu'on va faire ?
49:57Alors, on a dit, on achètera chinois, ils avaient répondu.
50:00Sinon, c'est-à-dire, on achètera chinois.
50:02Vous vous rendez compte, un peu, la responsabilité de ces gens.
50:04– Oui, acheter des surgénérateurs aux ingénieurs chinois.
50:07– Oui, parce que les Chinois, ils sont en train de bosser, évidemment.
50:09Ils en ont déjà 2, 2, et là, ils n'ont pas beaucoup d'uranium.
50:13– Donc, c'est l'urgence que, sur l'urgence que vous insistez, messieurs,
50:19de développer ce programme de réacteurs surgénérateurs.
50:22Je rappelle que vous êtes, Dominique Grenèche,
50:26donc docteur en physique nucléaire.
50:28Jean-Luc Serdant, vous êtes ingénieur en génie atomique.
50:32Dominique Grenèche, voici votre dernier ouvrage,
50:34Les réacteurs nucléaires surgénérateurs.
50:37– Petite, petite, juste, vous l'avez peut-être oublié,
50:39c'est que j'ai écrit à Macron, juste avant, qui dit…
50:41– Oui, vous avez fait un courrier avant la tenue de ce conseil de politique nucléaire.
50:47Et d'ailleurs, je crois qu'il vous avait répondu au premier, je ne sais pas s'il a répondu
50:50au deuxième.
50:50– Si, si, le deuxième, c'est même son chef de cabinet.
50:52Le jour du CPM, le jour du CPM de 12 mars, j'ai une lettre du chef de cabinet qui
50:57m'a dit
50:57« Le président a bien tenu compte ». Je ne dirais pas que c'est moi qui, grâce à moi,
51:01mais enfin, j'ai contribué quand même.
51:02– Bon, alors, si ça peut lui rentrer dans le ciboulot, ça serait bien.
51:04Merci à vous deux d'avoir accepté notre invitation, messieurs.
51:10Quant à nous, on se retrouve la semaine prochaine,
51:13et tout de suite après, c'est Philippe Béchade.
51:15Merci à tous pour votre fidélité.
51:17À bientôt, salut.
51:38Bonjour et bienvenue pour cette synthèse hebdomadaire de l'actualité économique et géopolitique en mode affranchi.
51:45Et je salue tous les abonnés de TV Liberté pour cet épisode que je vais intituler
51:51« Les marchés financiers sont-ils le plus gros mensonge ou la plus grosse fraude de l'histoire ? »
52:00Eh oui, jeudi dernier, le S&P, le Nasdaq ont battu de nouveaux records absolus.
52:09Le S&P qui s'est avancé au-delà des 7000, le Nasdaq 100 au-delà des 2200.
52:16Donc bien au-delà de leur meilleur niveau de fin janvier ou de la mi-février,
52:22c'est-à-dire de meilleur niveau qu'avant la guerre du Golfe,
52:26de meilleur niveau qu'avant une hausse de 30 à 40 points des taux en Europe aux États-Unis.
52:34Les marchés nous disent que tout va mieux après une hausse de 60 ou 70% du prix du baril.
52:42Et encore, on a rebaissé, heureusement.
52:44Ça va donc mieux aujourd'hui que ça n'allait le 28 janvier dernier.
52:50Et enfin, les prévisions d'inflation sont revues à la hausse.
52:55Elles sont doublées.
52:57Et encore, on va dire que là, ce sont les plus optimistes qui disent que ça pourrait passer de 2
53:01à 4.
53:02Beaucoup pensent qu'on va plutôt passer de 2 à 5, tandis que la croissance retomberait 1.
53:07La réalité, c'est qu'aujourd'hui, la croissance est déjà de 0.
53:11Bref, en retenant même l'hypothèse la plus optimiste, qui est qu'une inflation repart au-delà de 4,
53:20tandis que la croissance tombe à 0,
53:22comment peut-on justifier que les marchés soient plus hauts qu'avant la guerre
53:28et le basculement de toutes les perspectives macroéconomiques ?
53:32Évidemment, quelque chose ne colle pas et qui tient probablement au mécanisme du marché.
53:40Alors c'est vrai que la guerre du Golfe, on est très nombreux à l'avoir vu venir.
53:46La hausse des taux, elle était déjà là avant la guerre.
53:50Les ferments inflationnistes, on les avait déjà détectés et bien identifiés.
53:56Et puis la dégradation de la conjoncture, ça ne peut pas avoir échappé à personne,
54:01puisqu'aux États-Unis, le nombre de jobs auxquels on peut accéder a fortement baissé
54:11au cours des 4 derniers trimestres.
54:13Et ça continue encore au mois de février 2026.
54:17On a en France un nombre de faillites record d'entreprises.
54:22On était à 68 000 en 2024, 70 000 ou quasiment en 2025.
54:28On est maintenant sur un rythme de plus de 70 000 en 2026.
54:33Et on va nous faire croire qu'avec ce taux de mortalité des entreprises,
54:40on peut aller plus haut.
54:43Et on ne parle même pas des perspectives de chômage.
54:47Oui, le chômage, c'est la variable qui, en théorie, termine, si j'ose dire,
54:54qui met le dernier clou dans le cercueil de la croissance,
54:58car quand vous êtes au chômage, vous cessez de consommer.
55:02Or, prenez par exemple, Renault annonce le licenciement de 15 à 20 % de ses ingénieurs.
55:11C'est du jamais vu.
55:12Même 2008-2009, on n'a pas vu Renault liquider 20 % de ses ingénieurs.
55:19L'usine Peugeot de Poissy, il y avait encore 2 000 salariés.
55:26Eh bien, un millier va disparaître.
55:29Peugeot va cesser de fabriquer des...
55:32Enfin, le groupe Stellantis va arrêter de fabriquer des véhicules à Poissy
55:36et ne fabriquera plus que des pièces détachées.
55:39Résultat, la moitié des emplois vont disparaître.
55:43Si je vous faisais la liste de tous les plans de licenciement qui sont déjà annoncés,
55:49il faudrait 6 pages.
55:51Et on nous explique que finalement, c'est tout à fait normal que la bourse aille bien,
55:56aille mieux que bien, puisque les entreprises font de magnifiques résultats.
56:02En réalité, ces entreprises se comptent, on va dire, sur les 10 doigts de la main.
56:08Elles sont toutes américaines et elles sont toutes totalement survalorisées.
56:14Eh bien pourtant, figurez-vous, ce sont ces valeurs qui étaient déjà les plus chères
56:19avant le début de la guerre du Golfe,
56:22qui aujourd'hui tirent littéralement les indices US vers de nouveaux records.
56:28Si vous prenez par exemple l'indice SOX des semi-conducteurs,
56:31il a pris plus de 30% depuis le 31 mars, allez, on va dire depuis le 1er avril.
56:38Il n'y a que des séances de hausse depuis que le mois d'avril a commencé.
56:43Et on a une progression de 30% de cet indice sectoriel,
56:48qui est la plus forte de l'histoire.
56:51Alors que depuis, on va dire, le 1er février,
56:56tout, mais absolument tout s'est dégradé,
57:00et notamment dans les perspectives qui concernent l'intelligence artificielle.
57:05Alors d'abord parce que beaucoup d'entreprises qui ont emprunté pour se lancer dans ce secteur
57:11ne voient pas arriver la rentabilité
57:13et aujourd'hui se retrouvent dans l'impossibilité de rembourser leurs prêts.
57:18C'est de là que vient d'ailleurs la crise du secteur privé.
57:22Vous avez le coût de l'énergie qui flambe.
57:25Or, une fois que vous avez acheté tout l'appareillage électronique
57:30qui équipe un data center,
57:32ensuite le coût principal, c'est évidemment l'énergie.
57:36Cette énergie va flamber en Europe,
57:38va donc élever fortement le seuil de rentabilité,
57:44de la puissance de calcul.
57:46Et vous allez avoir du chômage, beaucoup plus de chômage,
57:50beaucoup moins de gens prêts à s'abonner pour de l'intelligence artificielle
57:55ou tout autre service du même acabit.
57:59Et ça va donc retarder la possibilité d'amortir le matériel
58:05et le coût énergétique de l'intelligence artificielle.
58:09Je ne vous parle même pas des entreprises qui aujourd'hui sont au bord de la faillite
58:12et cesseront donc d'être clients des géants de l'intelligence artificielle.
58:19Donc des marchés revenus au sommet,
58:22face à une conjoncture qui est probablement la pire
58:25qu'on ait observé depuis l'été 2008,
58:29il s'agit forcément d'une manipulation,
58:33voire d'une fraude,
58:35comme le supposent ceux qui mettent en relief
58:39les délits d'initiés à répétition
58:42quelques minutes ou, allez, on va dire quelques heures
58:46avant les tweets de Donald Trump.
58:49Donc oui, c'est un marché qui enrichit les initiés
58:52et qui passe son temps à plumer
58:56ceux qui n'ont pas d'autre choix
58:59que de concevoir une stratégie basée sur des faits réels.
59:07La hausse, si elle est aussi irréelle,
59:10évidemment, c'est qu'elle est factice.
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