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Après l’annonce d’investissements dans le nucléaire dans le cadre du plan gouvernemental “France 2030”, l’atome s’impose plus que jamais dans les débats entre candidats à la présidentielle.

Dans ce podcast : La France doit-elle continuer à produire de l'électricité avec l'énergie nucléaire et si oui dans quelles proportions ? Deux questions qui agitent la campagne présidentielle depuis le mois de septembre. Tous les candidats se sont positionnés sur l'avenir de l'atome, la principale énergie produite dans le pays, le débat se pose alors que la plupart des centrales nucléaires françaises auront bientôt besoin d'être remplacées et que l'urgence climatique nous pousse à développer les énergies qui polluent le moins, on fait le point aujourd'hui dans Code source.
Le 27 juillet Emmanuel Macron accorde une interview à France Info en pleine visite présidentielle en Polynésie Française. Le chef de l'état est interrogé sur l'urgence climatique et les solutions à apporter pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il se livre à un plaidoyer en faveur du nucléaire et des énergies renouvelables…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala – Présentation : Thibault Lambert - Production : Clara Garnier-Amouroux, Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : France Info, INA, RTL BFMTV.

#élections #énergie #nucléaire

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Thibault Lambert pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La France doit-elle continuer à produire de l'électricité avec l'énergie nucléaire ?
00:17Et si oui, dans quelle proportion ?
00:19Deux questions qui agitent la campagne présidentielle depuis le mois de septembre.
00:24Tous les candidats se sont positionnés sur l'avenir de l'atome,
00:27la principale énergie produite dans le pays.
00:30Le débat se pose alors que la plupart des centrales nucléaires françaises
00:34auront bientôt besoin d'être remplacées
00:36et que l'urgence climatique nous pousse à développer les énergies qui polluent le moins.
00:42On fait le point aujourd'hui dans Codesources avec Marcelo Vesfred,
00:45journaliste au service politique du Parisien,
00:48et Erwan Benezet du service économie.
00:57Le 27 juillet, Emmanuel Macron accorde une interview à France Info
01:02en pleine visite présidentielle en Polynésie française.
01:05Marcelo Vesfred, le chef de l'État, est interrogé sur l'urgence climatique
01:09et les solutions à apporter pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
01:13Oui, et là il se livre à un plaidoyer en faveur du nucléaire et des énergies renouvelables.
01:19Il faut se rappeler du contexte.
01:20Il est sur une petite île, on est en Polynésie,
01:23il y a l'arrière-fond des essais nucléaires
01:25qui là-bas a laissé quand même beaucoup de traces.
01:27Donc il a besoin de porter un message sur le nucléaire qui soit positif.
01:29Nous sommes le pays d'Europe qui a le moins de tonnes de CO2 émises par habitant.
01:34Et pourquoi ? Parce qu'on a le nucléaire historiquement.
01:37Et donc ce qui fait que là où les autres pays ont des mines de charbon
01:40où importent beaucoup de gaz, un bilan carbone qui est mauvais,
01:43nous on a la chance d'avoir le nucléaire historique
01:46et de continuer à développer ce qu'on va accélérer, nos renouvelables.
01:49On est à l'été 2021, c'est pour Emmanuel Macron aussi
01:51l'occasion de lancer un thème qui va monter beaucoup
01:55et on s'en aperçoit chaque jour un peu plus dans cette pré-campagne
01:58et sans doute dans la campagne présidentielle
02:00qui est celui du nucléaire sur lequel quasiment tous les candidats se sont maintenant positionnés.
02:04Erwan Benezel, énergie nucléaire, à quoi est-ce qu'elle nous sert aujourd'hui concrètement ?
02:08Eh bien tout simplement en France, à produire les deux tiers, 67% exactement aujourd'hui de notre électricité.
02:15À titre de comparaison, c'est encore 13% pour l'hydraulique ou 12% pour le renouvelable
02:20et puis il reste une petite part de thermique.
02:24On va voir ensemble comment la question du nucléaire est devenue un thème important de cette campagne présidentielle.
02:30Pour le comprendre, il faut revenir plusieurs décennies en arrière.
02:33Erwan Benezel, au début des années 70, les autorités décident d'investir massivement dans l'atome.
02:41Alors il faut se rappeler que dans les années 60 et le début des années 70,
02:44la France est extrêmement dépendante au pétrole
02:47qui est produit majoritairement par les pays de l'OPEP et notamment l'Arabie Saoudite.
02:52Et la France veut absolument gagner, bâtir son indépendance par rapport à cette ressource énergétique
02:57et elle fonde tous ses espoirs sur le nucléaire.
03:0058 réacteurs sont donc construits entre 1971 et 1988.
03:05À partir de là, la France devient un champion mondial du nucléaire.
03:09Alors c'est effectivement dans un mouchoir de poche, une vingtaine d'années,
03:12où on va construire à la chaîne des réacteurs jusqu'à 7 chantiers de réacteurs par an.
03:18Résultat, à partir des années 90, on est effectivement l'un, si ce n'est, le grand champion mondial du
03:23nucléaire.
03:24On produit 400 TWh d'électricité d'origine nucléaire par an
03:30et rapporté au nombre de réacteurs, on est juste derrière les Etats-Unis.
03:34Il faut préciser que pour produire cette électricité,
03:36la France a besoin d'importer une matière première depuis d'autres pays.
03:41Essentiellement une, c'est l'uranium.
03:43Alors il est importé principalement de 4 pays, le Kazakhstan, le Canada, le Niger et l'Australie.
03:52En 2007, la construction d'un nouveau réacteur de dernière génération démarre en France,
03:57un réacteur de type EPR.
03:59Qu'est-ce que c'est qu'un EPR ?
04:01C'est une technologie que les Américains de Westinghouse nous ont vendue à la fin des années 60,
04:05qui se distingue fondamentalement par deux choses.
04:08Sa taille, sa puissance, 1650 MW, bien largement supérieur au réacteur des générations précédentes,
04:15et son niveau de sûreté mis en avant par la filière nucléaire.
04:19Le chantier de cette EPR démarre donc dans la centrale de Flamanville, dans la Manche.
04:23En 2007, effectivement, il doit durer cinq années,
04:26et il représente aussi une tête de pont du renouveau de la filière nucléaire française,
04:31qui veut par là même montrer qu'elle n'a pas perdu son savoir-faire,
04:34qu'elle est encore capable d'innover technologiquement.
04:37Ça doit être le début d'une nouvelle série de réacteurs
04:40qui seront à la fois construits en France pour renouveler ceux qui seront vieillissants,
04:45mais également pouvoir être construits à l'étranger.
04:56Le 11 mars 2011, un séisme suivi d'un tsunami provoque un grave accident nucléaire
05:02à la centrale de Fukushima, au nord-ouest du Japon.
05:05Il était 16h aujourd'hui au Japon, 8h en France,
05:08quand soudain, une explosion dans le premier des bâtiments réacteurs
05:12de la centrale nucléaire numéro 1 de Fukushima.
05:15La fusion de trois réacteurs entraîne d'importants rejets radioactifs
05:19dans l'océan Pacifique et aux alentours.
05:22Erwan Benezet, cette catastrophe, elle ternit durablement l'image du nucléaire.
05:27C'est le paysage nucléaire mondial entier qui va être transformé.
05:33Quelques semaines auparavant, j'ai accompagné celui qui était le ministre de l'Industrie de l'époque,
05:38Éric Besson, pour un voyage en Italie.
05:40Éric Besson y allait pour vendre la filière nucléaire française
05:44et aider l'Italie à reconstruire des centrales.
05:47Et dans l'avion, il me disait qu'il était absolument persuadé qu'il n'y avait aucun problème.
05:51Quelques semaines après, la catastrophe de Fukushima.
05:54Et en fait, de nombreux pays, dont l'Italie, vont finalement fermer la porte,
05:58voire enclencher la fermeture des centrales et en premier lieu l'Allemagne.
06:03Que décide de faire la France après cette catastrophe ?
06:06La France, elle, s'arc-boute un petit peu sur son nucléaire
06:10et pendant quelques semaines, quelques mois, va tenter de montrer
06:14que ce qui s'est passé au Japon ne pourrait pas se passer en France
06:19parce que nous avons une filière et un niveau de sûreté et de sécurité très, très élevé.
06:25Erwann Benezé, on fait un saut dans le temps.
06:27En août 2015, sous la présidence de François Hollande,
06:31une loi de transition énergétique est publiée au journal officiel
06:35et elle fixe un objectif concernant le nucléaire.
06:38Lorsque François Hollande a été élu, il a promis de ramener la part de l'énergie nucléaire
06:43dans la production d'électricité de 75 à 50% d'ici 2025.
06:48En 2015, c'est donc acté, il y a 10 ans, pour fermer suffisamment de réacteurs
06:53et éventuellement compenser avec du renouvelable
06:56et rapporter cette part effectivement à 50%, la moitié, d'énergie nucléaire
07:00dans le mix électrique français.
07:01En clair, il faut donc laisser plus de place aux énergies renouvelables
07:05dans la production d'électricité française.
07:07Erwann Benezé, à ce stade, il faut faire une rapide mise au point.
07:10Est-ce que l'énergie nucléaire est une énergie propre ?
07:13Il n'y a aucune énergie qui est propre.
07:16Toute énergie rejette des déchets.
07:18Après, la question pour le nucléaire notamment, c'est de savoir ce qu'on appelle par propre.
07:22En termes d'émissions de CO2, ce qui aujourd'hui provoque le réchauffement climatique,
07:26c'est une énergie très propre.
07:29Mais il y a un problème majeur mis en avant par les opposants au nucléaire,
07:34c'est celui des déchets radioactifs.
07:37De quoi est-ce qu'il s'agit ?
07:38En fait, l'uranium qu'on place au cœur des réacteurs nucléaires
07:41pour provoquer la réaction de fission, c'est du combustible usé.
07:45Il est stocké, entreposé dans des piscines pour être refroidi,
07:48à la fois en température mais aussi en émissions radioactives.
07:53Les piscines débordent, on ne sait plus comment stocker ces déchets.
07:56Ils émettent de la radioactivité, donc c'est une vraie pollution.
08:00La seule solution, ce serait sans doute de les enfouir sous terre, c'est ça ?
08:04C'est la solution effectivement aujourd'hui préconisée par la France.
08:08Il y a un projet à Bure, dans la Meuse, le projet CIGEO,
08:12d'enfouir en couches géologiques profondes à 500 mètres sous la terre
08:16une partie de ces déchets qui, il faut le rappeler pour partie,
08:21émettent de la radioactivité pendant encore des milliers, voire des dizaines de milliers d'années.
08:24Le 27 novembre 2018, dans une déclaration très attendue,
08:28Emmanuel Macron dévoile sa feuille de route des prochaines années concernant l'énergie.
08:33Le président maintient l'objectif de François Hollande sur le nucléaire,
08:37mais il change le calendrier.
08:39Ramener la part de la production nucléaire d'électricité de 75% à 50%
08:44s'est reportée à 10 ans plus tard, d'ici à 2035.
08:49Pour une raison relativement simple, pas grand-chose n'a été fait depuis
08:53pour justement permettre à cette part de baisser.
08:56Et il confirme une autre décision qui avait été prise par son prédécesseur.
09:00Il annonce la fermeture de la plus vieille centrale de France,
09:04dotée de deux réacteurs, Fessenheim, dans l'Est de la France,
09:07après 42 ans de bons et loyaux services, puisqu'elle avait été connectée au réseau en 1978.
09:13Et c'est la toute première centrale des 19 centrales à être arrêtée.
09:18Alors c'est une décision politique, il a passé un deal avec les écologistes
09:23et donc il ferme les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim.
09:25Le président annonce également l'arrêt de 12 autres réacteurs vieillissants d'ici 2035.
09:31Entre temps, Erwann Benezet, le chantier du nouvel EPR de Flamanville,
09:36dont on parlait plus tôt, a pris énormément de retard.
09:39Ça fait 6 ans que ce chantier aurait dû être terminé
09:42et que l'EPR aurait dû être connecté au réseau électrique national.
09:46Et pourtant, il ne cesse d'accumuler des problèmes d'organisation,
09:50de construction du daume en béton.
09:52Bref, nous sommes en 2018 et le coût a explosé.
09:56On est déjà passé de 3,3 milliards d'euros à 12,5 milliards d'euros.
10:01C'est surtout un coup dur pour la filière nucléaire française
10:03qui voulait vraiment se refaire avec ce nucléaire
10:06et pouvoir à nouveau exporter dans le monde.
10:09Et ça n'est malheureusement pas terminé.
10:11On en revient au début de cet épisode de Codesources.
10:14Marcel Oves-Fred, à la fin de l'été, le 3 septembre,
10:17Yannick Jadot est l'invité d'RTL.
10:19En tant que candidat à la primaire écologiste,
10:22il est interrogé sur la sortie du nucléaire.
10:24Mais on peut se passer du nucléaire ?
10:26À quelle échéance, Yannick Jadot ?
10:2920 ans, je vous ai dit.
10:2920 ans. En 20 ans.
10:30En 20 ans, c'est terminé.
10:32Il prône une sortie sur 20 ans du nucléaire.
10:35Ce qui est intéressant, c'est qu'on est dans une position intermédiaire.
10:39Ce n'est pas du jusqu'au boutisme qu'on peut avoir chez les écolos,
10:42on sort tout de suite.
10:44Mais il est sur une position relativement rapide quand même,
10:47parce que le démantèlement des centrales en 20 ans, c'est très rapide.
10:50Il va essayer de trouver une sorte de compromis,
10:52de lancer en tout cas une position médiane entre,
10:54d'un côté, ce qui peut parler à son électorat le plus radicalisé,
10:58le militant d'Europe Écologie-Les Verts,
11:01et ce qui peut quand même parler à un électorat, on va dire urbain,
11:06moins extrême sur ses positions,
11:08et qui veut une écologie plus réaliste.
11:10Du côté de la France insoumise,
11:12quelle est la position de son candidat, Jean-Luc Mélenchon ?
11:14Lui, il veut être plus écologiste que les écologistes,
11:17il propose de sortir tout de suite du nucléaire.
11:20Il ne veut plus une centrale avant 2030,
11:22et encore précise-t-il 2030, c'est trop long.
11:24Il veut envoyer un signal volontariste,
11:26en disant que toutes les aides qui sont aujourd'hui consacrées au nucléaire,
11:30doivent passer dans un plan d'investissement massif dans le renouvelable,
11:34et c'est comme ça qu'on trouvera, en marchant, les solutions alternatives.
11:37La sobriété, la sortie du nucléaire, l'installation d'autres moyens,
11:42c'est un grand plan.
11:43Ça va mettre au travail des dizaines de milliers de gens pour faire tout ça.
11:48Erwan Benezet, est-ce que la France est en capacité
11:51d'abandonner l'énergie nucléaire aussi rapidement ?
11:53Clairement, non.
11:55Et il y a un pays qui nous donne l'exemple,
11:57c'est l'Allemagne.
11:58En quelques années, donc normalement, si tout se passe bien,
12:01l'année prochaine, il n'y aura plus de centrales nucléaires
12:03qui tourneront en Allemagne.
12:04Est-ce que vous savez combien ça aura coûté au pays ?
12:07Près de 300 milliards d'euros,
12:09à la fois pour fermer ces centrales
12:11et pour réinvestir dans le renouvelable.
12:15C'est un investissement considérable
12:17qui doit se faire au fil du temps.
12:19Et on ne peut pas fermer comme ça la filière nucléaire française
12:23sans risquer des blackouts, notamment l'hiver.
12:28Marcel Oves-Fred à gauche,
12:30tout le monde n'est pas forcément pour la sortie du nucléaire.
12:32À gauche, c'est vraiment un sujet qui divise.
12:34C'est un clivage entre partis, entre candidats.
12:38Fabien Roussel, le communiste, il est à fond pour le nucléaire.
12:41Il y a une tradition au Parti communiste, très liée à la CGT,
12:44qui est d'appuyer cette technologie et cette industrie
12:47où il y a plus de 200 000 salariés.
12:49Le Parti socialiste, il est beaucoup plus ambigu.
12:51Anne Hidalgo, elle dit, le nucléaire doit se poursuivre
12:55jusqu'à ce qu'on trouve des solutions alternatives
12:57en termes d'énergie renouvelable.
12:59C'est-à-dire qu'elle ne s'engage pas sur un calendrier.
13:01De son côté, Arnaud Montebourg a été ministre de l'économie.
13:05Je me souviens l'avoir suivi dans des déplacements
13:07en Arabie Saoudite à l'époque de François Hollande.
13:10Il faisait le VRP de cette industrie.
13:11Il n'a pas changé.
13:13Il préconise toujours le développement de la filière nucléaire.
13:16À la fin du mois de septembre, l'Europe fait face à une flambée des prix de l'énergie.
13:20Le tarif réglementé du gaz augmente de près de 13% le 1er octobre.
13:25Marcel Ovest-Fred, à ce moment-là, on reparle plus que jamais
13:29de la part du nucléaire en France. Pourquoi ?
13:31Oui, parce qu'à ce moment-là, on se retrouve face à un problème de pouvoir d'achat
13:34qui s'invite et qui devient l'un des thèmes centraux de la pré-campagne électorale.
13:39Donc tout le monde se positionne.
13:40Et au-delà de la question de pouvoir d'achat,
13:42c'est une façon d'affirmer, de réaffirmer des questions d'indépendance énergétique.
13:48De dire, voilà, le nucléaire, c'est nous qui le pilotons.
13:51Les prix du gaz montent, mais nous ne sommes pas responsables, nous Français.
13:56C'est exogène avec le nucléaire.
13:58On aura la main là-dessus.
13:59Un argument que les écologistes ne veulent pas entendre,
14:02car ils rappellent que l'industrie nucléaire, elle a besoin de combustible.
14:06Et ce combustible, il vient d'où ?
14:07Il vient du Kazakhstan.
14:08Il vient du Niger.
14:09Bref, la question de l'indépendance énergétique, elle est un peu plus complexe que cela.
14:13Bonjour, Xavier Bertrand.
14:14Bonjour.
14:15Le 4 octobre, Xavier Bertrand est l'invité de France Info
14:18et il réaffirme son attachement au nucléaire.
14:21Vous êtes favorable au nucléaire.
14:23Est-ce que vous allez, vous souhaitez la construction de nouveaux réacteurs en France ?
14:27Et très vite, on a perdu trop de temps.
14:29Jamais on aurait dû fermer Fessalheim, c'est une folie.
14:32Vous souhaitez construire des EPR, donc des réacteurs de dernière génération ?
14:36Et même de la nouvelle génération d'après, parce qu'il y a aussi de nouveaux réacteurs nucléaires, plus petits,
14:41qui doivent être relancés.
14:43Si les Français me font confiance, à l'été 2022, je prendrai la décision de lancer ce nouveau programme.
14:49Et je vais plus loin.
14:50Je reviendrai également sur les textes qui font qu'on va amener la part du nucléaire à 50%.
14:56En parallèle, d'autres candidats à droite et à l'extrême droite prennent position et défendent la même ligne.
15:01Oui, il y a même un bouteillage pour ne pas dire course à l'échalote.
15:04C'est à qui proposera le plus d'EPR.
15:07Par exemple, Marine Le Pen, si elle est élue, elle propose 3 EPR immédiatement.
15:12Xavier Bertrand, il dit, j'en veux deux, moi, rien que dans ma région des Hauts-de-France.
15:17Valérie Pécresse, si elle est élue, 6 EPR immédiatement.
15:20Et quant à Éric Zemmour, possible candidat, il veut 10 EPR et rien de moins de deuxième génération.
15:28Tous ces candidats à droite, ils sont aussi généralement opposés aux éoliennes.
15:32C'est un thème qui est monté de façon spectaculaire à l'occasion des régionales.
15:36C'est une énergie renouvelable, mais, disent ces détracteurs, c'est pas beau et c'est intermittent.
15:42Quand il y a du vent, ça fonctionne.
15:43Quand il n'y a pas de vent, plus d'électricité.
15:45Et donc, on doit s'appuyer sur des énergies type l'énergie nucléaire.
15:49Je ne veux pas d'éolien, nulle part, nulle part, nulle part.
15:53Marine Le Pen, la candidate issue du Rassemblement national, veut carrément démonter les éoliennes.
16:00Alors, elle ne précise pas si c'est les projets d'éoliennes en cours ou si c'est les éoliennes
16:04existantes.
16:05En tout cas, elle va encore plus loin dans la détestation de ces éoliennes.
16:09Marcel Oves-Fred, le 12 octobre, le Parisien fait sa une sur le thème du nucléaire
16:14qui enflamme la campagne présidentielle.
16:16Et le même jour, Emmanuel Macron donne une grande conférence pour annoncer un plan d'investissement,
16:22notamment dans le secteur de l'énergie, baptisé France 2030.
16:27D'abord, décrivez-nous cet événement.
16:29Le chef de l'État s'exprime depuis l'Élysée dans la salle des fêtes,
16:32mais une salle des fêtes qui est méconnaissable.
16:33Les services de l'Élysée ont posé d'énormes décors.
16:38Il y a des écrans géants, il y a même un jingle qui a été créé pour l'occasion.
16:43Il y a du public des deux côtés.
16:44C'est véritablement une sorte de meeting au sein même du palais présidentiel.
16:49Quelles sont les annonces du chef de l'État ?
16:50Le point le plus saillant, c'est une véritable déclaration d'amour au nucléaire,
16:55comme énergie permettant de s'adapter aux défis climatiques
17:00et aux défis d'indépendance et de souveraineté énergétique du futur.
17:03Donc il annonce à cette occasion des investissements très importants
17:07pour relancer la filière nucléaire, pour moderniser l'équipement actuel
17:13et pour investir dans des technologies dans lesquelles la France est un peu en retard,
17:16comme celle des petits réacteurs nucléaires.
17:18Un plan de 30 milliards d'euros sur 10 ans au total,
17:22dont un milliard est donc consacré au nucléaire et au développement de ces mini-réacteurs.
17:28Erwan Benezé, à quoi est-ce qu'il devrait servir ?
17:30Aujourd'hui, on produit de l'énergie nucléaire de façon très centralisée,
17:35je vous l'ai dit, 19 centrales en France.
17:37Puis ensuite, il faut déployer de gigantesques réseaux
17:40pour pouvoir les amener parfois à des endroits reculés.
17:43Et là, en construisant des réacteurs qui sont 10 fois moins puissants,
17:47ça permettrait de les amener au plus près des besoins,
17:51parfois sur près de grosses usines très consommatrices en électricité
17:55ou dans des endroits reculés.
17:57Ces small modular reactors, comme on les appelle dans le jargon,
18:00des SMR, apporteraient plus de flexibilité dans la ressource en énergie nucléaire.
18:06Marcel Oves-Fred, au fond, Emmanuel Macron, il a toujours défendu l'énergie nucléaire.
18:11Le président de la République s'est montré intéressé par l'énergie nucléaire assez tôt.
18:16Cet intérêt est devenu une sorte de conviction qui s'est renforcée au fur et à mesure de son quinquennat
18:25parce qu'il y a eu l'enjeu climatique et parce que le prix de l'énergie,
18:28notamment le gaz, a flambé ces derniers mois.
18:31Comment réagissent les oppositions à ces annonces ?
18:33Sur le fond, il n'y a pas tellement d'opposition.
18:36C'est d'ailleurs difficile de dire qu'on est contre des investissements massifs d'avenir.
18:40Et surtout, le nucléaire est aujourd'hui une conviction partagée par l'essentiel de la classe politique.
18:46Aujourd'hui, tous les candidats pratiquement qui se présentent à cette élection présidentielle
18:51sont des défenseurs plus ou moins ardents de la filière nucléaire.
18:56Le lundi 25 octobre, le gestionnaire du réseau électrique français dévoile,
19:00dans un rapport très attendu, six scénarios sur la production d'électricité en 2050.
19:06Dans ce rapport, RTE estime qu'il est pertinent du point de vue économique
19:10de construire de nouveaux réacteurs nucléaires
19:13à condition d'accélérer le développement des énergies renouvelables.
19:17Erwann Benezel, énergie nucléaire, fait débat partout en Europe.
19:21La France attend prochainement que la Commission européenne tranche cette question.
19:25Ça fait des mois, effectivement, qu'à Bruxelles,
19:27on réfléchit pour savoir si le nucléaire peut être considéré comme une énergie verte ou pas.
19:33Et en fait, si jamais ils décident que oui,
19:37ça va permettre à des financements qui se veulent aujourd'hui de plus en plus durables
19:41de soutenir le nucléaire et donc de donner un avenir à cette filière.
19:46Dans le cas inverse, si Bruxelles finalement rejetait ce label vert pour le nucléaire,
19:51eh bien cela pourrait mettre fin à notre filière nucléaire française.
20:01Merci à Marcelo Vesfred et Erwann Benezel.
20:04Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible sur toutes les plateformes audio.
20:09Cet épisode a été produit par Clara Garnier-Amourou, Raphaël Pueyo et Sarah Amny.
20:14Réalisation Julien Moukoukiol.
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