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  • il y a 17 minutes
Matthieu Quyollet, directeur financier, de la stratégie et de la transformation d'Eurostar, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 7 avril. Ils sont revenus sur le développement de la compagnie ferroviaire, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin c'est Mathieu Quillolet, bonjour, vous êtes directeur financier de la stratégie et de la transformation
00:05d'Eurostar.
00:07On va parler évidemment de votre développement, mais avant quand on voit les cours du baril de pétrole,
00:13quand on voit le prix à la pompe, quand on voit ce matin qu'on raconte les difficultés dans les
00:16aéroports,
00:17avec Israup notamment, qui pourraient avoir des difficultés d'approvisionnement en carburant,
00:22est-ce que c'est pour vous la meilleure publicité ?
00:24En tout cas c'est une nouvelle raison de prendre le train, de prendre Eurostar.
00:29Au cours de l'année passée, on a déjà eu une formidable croissance.
00:32Pour la première fois, on passe le seuil stratégique des 20 millions de passagers par an.
00:37On a d'ailleurs fêté en janvier dernier le 400 millionième passager à bord de l'Eurostar depuis la création
00:43de l'entreprise ferroviaire.
00:44Et c'est une croissance qui se poursuit et qui s'accélère et qu'on compte accélérer dans les années
00:49qui viennent.
00:49Mais en termes de prix, quand on regarde le Paris-Londres face à l'avion, juste le prix, vous n
00:53'êtes pas toujours compétitif quand même ?
00:55Alors d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est que les prix d'appel d'entrée d'Eurostar, ils
00:58n'ont pas bougé depuis 7 ans.
00:59C'est toujours 44 euros pour Paris-Londres, c'est 35 euros pour un Paris-Amsterdam, c'est 29 euros
01:04pour un Paris-Bruxelles.
01:05Alors pour trouver ces tarifs, justement, totale transparence, on a créé un onglet.
01:10Vous pouvez y aller, je vous invite à y aller dès à présent.
01:13Et sur votre application également, qui s'appelle nos tarifs les plus bas.
01:16Et vous voyez, avec le calendrier, ces billets s'affichaient.
01:18Et ces billets, ils existent, vous allez les voir dans les prochaines semaines, les prochains jours.
01:22Alors ce qui est vrai, c'est que les jours les plus demandés sur les trains les plus demandés, c
01:25'est extrêmement dur de les avoir.
01:26Pourquoi ? Parce que, simplement, nous ouvrons nos réservations 12 mois à l'avance.
01:31Et donc, ces prix sont pris dès l'ouverture des ventes.
01:35Alors qu'est-ce qu'on fait concrètement à Eurostar ?
01:36On essaye aussi de créer des nouveaux produits.
01:38Et c'est pour ça qu'on a lancé un produit, notamment, qui s'appelle Snap,
01:41qui vous permet d'avoir 50% de réduction par rapport au prix du billet normal.
01:47Il faut juste être un peu flexible.
01:48On vous donne un créneau horaire.
01:50On ne vous donne pas le départ exact du train.
01:52Et 48 heures avant, vous recevez l'horaire exact.
01:55Et c'est un produit qui a eu un formidable succès au cours de l'année passée.
01:58Ce qui est sûr, c'est que prix de l'essence ou pas, toutes les destinations sont en croissance.
02:03Londres a enregistré une croissance de 5%.
02:04Sur Londres-Amsterdam, c'est une hausse de 18%.
02:07Une augmentation partout.
02:0920 millions de passagers, vous le disiez, votre objectif, c'est 30 millions.
02:12Oui, mais il ne va y avoir pas que vous sur les lignes,
02:14puisque l'ouverture à la concurrence arrive.
02:17Qu'est-ce que ça change concrètement aujourd'hui dans votre vision stratégique ?
02:21Ce qu'il faut savoir, c'est que la concurrence,
02:23elle est ouverte sur nos lignes depuis 15 ans.
02:25Donc depuis 15 ans, n'importe quelle entreprise ferroviaire
02:28peut venir concurrencer Eurostar.
02:30Ce n'est pas simple d'arriver à une compagnie ferroviaire.
02:32Ce n'est pas simple.
02:34qui est unique, Eurostar est l'entreprise de grande vitesse au monde
02:38capable de connecter 5 pays à traverser le plus grand nombre de frontières.
02:41Donc ça, c'est une expertise qui a été construite au fil des ans.
02:45Et c'est quelque chose sur lequel on veut évidemment capitaliser.
02:49Nous, notre enjeu, ce n'est pas la concurrence, c'est le développement.
02:51C'est d'arriver de passer de 20 millions à 30 millions.
02:54Et pour ça, ça veut dire qu'il faut avoir plus de trains,
02:56plus de capacités, mais aussi plus de capacités sur les infrastructures,
03:00c'est-à-dire dans les gares et sur les rails.
03:03S'agissant des trains, on va dire que c'est quasiment fait,
03:06puisque nous avons annoncé cette année un annoncement historique.
03:10Absolument.
03:10Avec des doubles trains commandés à Alstom, c'est ça ?
03:12Avec des doubles étages, absolument.
03:14Des trains à deux étages.
03:15On sait la première fois qu'au Royaume-Uni, par exemple,
03:17un train à grande vitesse à deux étages va circuler.
03:20Même chose côté Belgique ou Pays-Bas.
03:23Et c'est des trains qui sont beaucoup plus capacitaires.
03:25On a plus de 20% de places, donc 540 places par rapport à des trains,
03:29par exemple, aujourd'hui de 200 mètres qui font 400 places.
03:32Donc, c'est une formidable croissance.
03:35Et donc, ça nous permet d'offrir plus de places,
03:37donc aussi plus de petits prix pour nos clients.
03:39Il y a beaucoup de monde qui commande des trains.
03:41Là, vous en avez commandé 50.
03:42La livraison, c'est pour quand ?
03:44C'est pour 2031.
03:45Avec une particularité, c'est que nos trains,
03:47c'est une véritable prouesse technologique,
03:49puisque ce sera le premier train dans l'histoire de la grande vitesse
03:53qui sera capable d'aller dans cinq pays et de connecter six réseaux.
03:57On le sait peu, mais en fait,
03:59les réseaux ferroviaires ont été construits sur une base très nationale.
04:02Et en réalité, un Eurostar, c'est un laboratoire sur rail.
04:06C'est plus de quatre systèmes d'électrification,
04:08parce qu'à chaque fois que vous changez de pays,
04:10le système d'électrification est différent.
04:11Donc, la hauteur du train change quelque chose sur le système d'électrification ?
04:15Ce n'est pas tant la hauteur du train qui change,
04:17c'est vraiment le système et le type de courant
04:19qui va alimenter le train via la caténaire.
04:21Vous savez, ce câble qui passe au-dessus du train,
04:25ça, ça change en fonction des pays.
04:27Et donc, un Eurostar, ça va être capable de parler toutes les langues du ferroviaire.
04:32Et c'est la raison pour laquelle nous avons commandé ce train unique.
04:36Parce que l'enjeu n'est pas dans la capacité du tunnel sous la Manche.
04:39Il est utilisé aujourd'hui à 40 %, donc il y a de la place.
04:42L'enjeu, vous l'avez dit, c'est la connexion, c'est aussi les gares.
04:45Là, il y a un problème de place.
04:46Il faut faire de la place pour des nouveaux passagers et des nouvelles lignes.
04:50Oui, le tunnel sous la Manche, c'est 15% du temps de parcours.
04:54C'est 20 minutes sur 2h20.
04:56Il faut donc s'assurer à la fois pour grossir et croître
04:59que nous avons suffisamment de place dans les gares,
05:02notamment dans la partie internationale des gares.
05:05Et donc ça, c'est un travail que nous menons avec les différents régulateurs
05:10et les différents gestionnaires de l'infrastructure,
05:11donc les gestionnaires des gares, mais aussi les autorités nationales,
05:14puisque vous avez le contrôle aux frontières dans ces gares.
05:16Et donc là aussi, c'est un enjeu d'arriver à travailler tous ensemble
05:19pour avoir le parcours le plus fluide et d'avoir de plus en plus de passagers
05:23qui peuvent passer par heure dans chacune des gares.
05:25Avec des enjeux technologiques importants, avec des mouvements.
05:27On l'a vu notamment à la gare du Nord, où on a changé la manière
05:30dont on présente son passeport, ça a beaucoup plus vite aujourd'hui.
05:32Absolument.
05:33On a des nouveaux systèmes qui ont été mis en place.
05:35On a aussi des nouvelles règles de contrôle qui ont été mises en place.
05:39Et donc, avec Eurostar et avec nos partenaires,
05:42nous essayons de développer un parcours qui soit le plus fluide possible.
05:46Je vous donnais un chiffre, par exemple.
05:48Notre but, aujourd'hui, on a 1 600 passagers qui passent par heure
05:51dans la partie internationale.
05:53Sur la gare de Paris-Nord, notre but, c'est de le passer à 30 000
05:57avec nos différents partenaires à horizon 2030.
06:00Et sur la gare de Saint-Pancras, là, on passerait de 2 000
06:03à près de 5 000 passagers par heure.
06:06Donc, un formidable saut et un formidable défi pour nous.
06:09Mais en termes de capacité, on peut faire plus à la gare du Nord.
06:11On peut la réaménager de manière à avoir plus de passagers.
06:14C'est possible encore ?
06:15Absolument.
06:16Gare et Connexion travaillent d'ailleurs sur un grand projet
06:19d'expansion et de reconfiguration de la partie internationale de la gare.
06:24C'est la même chose côté Saint-Pancras international
06:27où le gestionnaire de l'infrastructure travaille également avec nous
06:30à une expansion de la gare.
06:32Donc, oui, c'est possible.
06:33Et puis, avec la digitalisation, on peut aussi rendre le parcours
06:36beaucoup plus fluide et donc beaucoup plus rapide.
06:38Sur la question des prix, je reviens là-dessus
06:40parce que vos concourants, eux, ils annoncent que quand ils vont arriver
06:43sur le marché, ça sera beaucoup moins cher.
06:45Vous allez baisser vos prix en ayant plus de passagers
06:48en faisant des économies d'échelle
06:50ou vous resterez sur ce segment un peu premium ?
06:53Non, le sujet pour nous, c'est d'avoir plus de capacités
06:56parce que ces petits prix, ils existent,
06:59mais effectivement, ils sont pris d'assaut.
07:01Et donc, pour en avoir plus, il faut avoir plus de capacités.
07:04C'est pour ça que, par exemple, la classe standard,
07:07dans laquelle vous trouvez souvent ces petits prix,
07:09il y aura plus de 20% de sièges en plus dans cette classe.
07:13Ça va forcément faire une grande différence pour nos clients.
07:16Mais j'ai l'impression que quand vous regardez la concurrence aujourd'hui,
07:18vous vous dites un peu, venez, vous allez voir,
07:20ce n'est pas si simple que ça d'être une compagnie.
07:23Il y a un enjeu.
07:25On a l'impression que c'est facile, qu'il suffit juste de lancer des trains,
07:28mais vous dites que c'est compliqué quand même d'être une compagnie ferroviaire.
07:30C'est compliqué d'être une entreprise ferroviaire,
07:32et c'est encore plus compliqué d'être une entreprise ferroviaire internationale
07:36pour la raison que je vous ai indiquée tout à l'heure,
07:39c'est-à-dire que rien n'a été pensé pour le ferroviaire international.
07:42On doit avoir un train qui parle plusieurs langues,
07:44on doit avoir aussi des conducteurs qui parlent plusieurs langues
07:45parce que quand ils vont parler aux différents postes de signalisation,
07:49ils vont passer d'une langue à l'autre.
07:50On doit avoir toute cette connaissance,
07:52et ça, c'est une connaissance que Eurostar a réussi à acquérir
07:55au fur et à mesure des années,
07:57et c'est quelque chose d'absolument unique.
07:59Nouvelle liaison pour 2030,
08:02Amsterdam-Bruxelles-Genève, Londres-Genève et Londres-Francfort,
08:05c'est les trois qui sont prévus ?
08:07Alors, effectivement, aujourd'hui,
08:09il n'y a pas de ligne directe entre Londres et Francfort,
08:13ni entre Londres et Cologne, ni entre Londres et Genève,
08:16et ce sont des destinations que nous sommes actuellement en train d'étudier
08:20et que nous aurions lancées au moment de l'arrivée de la nouvelle flotte.
08:24Et Londres-Genève, vous mettez combien de temps ?
08:26Alors, Londres-Genève, c'est long, c'est un trajet de plus de cinq heures.
08:30Ce qui est très intéressant, c'est que pendant longtemps,
08:32on disait qu'au bout de trois heures, les passagers changeaient de mode de transport.
08:36Ils passaient du train à l'avion.
08:38Et puis, on voit qu'aujourd'hui, quatre heures,
08:41en réalité, c'est quelque chose de parfaitement acceptable.
08:43Londres-Amsterdam, c'est quatre heures,
08:44et vous avez rappelé la formidable croissance qu'on a,
08:47y compris d'ailleurs pour des voyageurs business,
08:49donc pas uniquement pour le loisir.
08:51Ce qui veut dire qu'en fait, on peut bosser dans le train,
08:53donc ça change tout, quoi.
08:54Ça change tout, ça change tout.
08:55Je pense aussi que les entreprises sont de plus en plus
08:58inclines à faire voyager leurs salariés en train.
09:03Parfois, jusqu'à quatre heures, vous devez désormais prendre le train et non l'avion.
09:06Et puis, simplement, la facilité.
09:09Vous passez d'un centre-ville à centre-ville,
09:11et même parfois, vous n'avez pas le temps de terminer votre note ou de votre dossier.
09:16Mais il vous faut un Wi-Fi qui marche, quand même.
09:17Donc là, ça devient un enjeu très important.
09:20C'est un enjeu extrêmement important.
09:22Alors, le Wi-Fi...
09:22Donc, Starlink ou pas Starlink ?
09:24Alors, l'enjeu du Wi-Fi, là où il est particulièrement compliqué aujourd'hui,
09:27c'est sur la ligne Londres-Paris, lorsque vous passez sur le côté Royaume-Uni.
09:31Pourquoi ? Parce que l'infrastructure est moins développée qu'elle n'est côté français.
09:37Et donc, on a un enjeu, et on travaille en étudiant toutes les possibilités,
09:42y compris les options par satellite.
09:46Alors, il ne vous a pas échappé qu'on a beaucoup de tunnels,
09:48mais actuellement, on a notamment deux tests avec deux partenaires différents
09:54pour essayer de voir qu'est-ce qui va nous permettre d'avoir une plus grande capacité
09:58et un Wi-Fi beaucoup plus puissant à bord de nos trains,
10:02en particulier sur les routes vers Londres.
10:03Merci beaucoup d'être venu ce matin à Mathieu Kiyolet,
10:05directeur financier de la stratégie de la transformation d'Eurostar.
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