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Daniel Baal, président du Crédit Mutuel et de la Fédération bancaire française, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce lundi 4 mai. Ils sont revenus sur les impacts de la guerre en Iran sur la conjoncture française et les bons résultats de TotalEnergies, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité c'est Daniel Ball. Bonjour, vous êtes le président du Crédit Mutuel et de la Fédération Bancaire Française.
00:05Je commence avec les questions de conjoncture, puisqu'on a eu en fin de semaine dernière des chiffres sur la
00:10croissance française.
00:10On voit que le premier trimestre est totalement à taux, on commence à voir les premiers impacts de la guerre
00:15en errant sur l'activité du pays.
00:17Est-ce que vous êtes inquiet pour la trésorerie des entreprises, pour les particuliers qui ont des prêts ?
00:23Quelle est votre analyse à vous sur l'impact de cette guerre sur la conjoncture ?
00:27Ne rajoutons pas de l'inquiétude à l'inquiétude. Je crois qu'aujourd'hui la situation est effectivement, telle que
00:32vous la décrivez, assez à taux, manque de confiance, manque de confiance qu'on avait déjà avant le déclenchement de
00:37cette guerre.
00:38Et cette guerre évidemment ne favorise pas un climat de confiance. Or le climat de confiance est essentiel dans les
00:43affaires, c'est ce qui permet la croissance.
00:46Alors pour ce qui concerne les entreprises aujourd'hui, leur trésorerie n'a pas encore trop souffert.
00:51Évidemment, sauf certains secteurs d'activité directement impactés par les prix de l'énergie et parfois par les prix des
00:57produits chimiques.
00:58Là, effectivement, il peut y avoir quelques conséquences et c'est pour ça qu'il faut espérer que ce conflit
01:03ne se prolonge pas trop longtemps.
01:06S'agissant des ménages, pareil, c'est les gros rouleurs qui peuvent avoir quelques difficultés.
01:12Vous parlez des prêts, ce n'est pas parce que les taux remontent aujourd'hui que les prêts que nos
01:18clients ont aujourd'hui en portefeuille augmentent.
01:21Puisque en France, notamment, le financement des prêts immobiliers est à tout fixe et ça, c'est un élément de
01:26protection qu'il ne faut pas négler.
01:28Mais aujourd'hui, ça suffit. C'est-à-dire que le gouvernement qui, pour l'instant, ne fait pas grand
01:33-chose par rapport aux autres pays européens,
01:34en n'annonçant pas de mesures, notamment sur les taxes ou des prêts trop importants, ça suffit pour contenir la
01:42crise ?
01:43Pour l'instant, le gouvernement a pris des mesures assez ciblées, y compris pour récemment les petits professionnels qui ont
01:51des charges importantes.
01:53Et d'ailleurs, au Crédit Mutuel, nous avons décidé de relayer, puisque nous avons mis en place un pré-coup
01:57de pouce de 2 000 euros sur 18 mois,
02:00en attendant que l'État ne rembourse ses surcoûts liés au...
02:05Et qui est à quel taux ?
02:06À 0%, justement, pour ne pas en rajouter à la charge, notamment, je pense, aux infirmières libérales en secteur rural
02:15qui font énormément de...
02:16Et vous avez eu beaucoup de demandes ?
02:17Oui, bien sûr, nous avons eu dans les secteurs ruraux immédiatement des demandes et surtout des manifestations de satisfaction, parce
02:24qu'on répond à un vrai besoin.
02:25La semaine dernière, on a eu également les résultats de Total Energy, avec l'annonce d'un bénéfice trimestriel qui
02:30a bondi de 51%.
02:32Total Energy qui considère qu'il fait sa part en bloquant les prix au niveau de la pompe.
02:38Vous, vous êtes un fervent défenseur du dividende sociétal.
02:40Est-ce que quand vous regardez les résultats de Total, c'est ça que vous avez envie de leur dire
02:44?
02:44Écoutez, moi, je n'ai pas à donner de consignes à Total Energy.
02:49Mais je note, comme vous venez de le dire, que sur le plan du prix du carburant en France, ils
02:55ont mis en œuvre un plafonnement.
02:56Ensuite, le reste de leurs résultats, on sait très bien qu'ils sont bien plus largement réalisés hors de France
03:01qu'en France.
03:02Mais vous voyez ce débat monter autour de Total Energy.
03:05Vous, vous avez mis en place cette récupération d'une partie des bénéfices, justement, pour faire autre chose.
03:10Est-ce que vous leur conseillez de regarder ce que vous faites, vous, comme d'autres entreprises ?
03:15Nous le conseillons à toutes les entreprises. D'ailleurs, la semaine dernière, avec 15 autres chefs d'entreprise, nous avons
03:20lancé un appel.
03:22Un appel, justement, pour que ce dividende sociétal que Crédit Mutuel Alliance fédérale a mis en place aille au-delà.
03:27Je ne dis pas que tout le monde doit mettre 15% de son résultat net consolidé dans des actions
03:32de solidarité, de financement de la transition énergétique.
03:35Mais évidemment, c'est le sens dans lequel chacune et chacun devrait aller.
03:40J'espère que cet appel que nous avons renouvelé la semaine dernière finira par produire ses fruits.
03:46D'autres entreprises que Crédit Mutuel Alliance fédérale, et je m'en réjouis, sont aujourd'hui engagées dans cette démarche.
03:52Parce que finalement, une entreprise, comment peut-elle bien aller dans un monde qui ne va pas bien ?
03:57C'est-à-dire que ça apaise, en fait ?
03:58Ce n'est pas seulement apaiser, c'est construire.
04:01C'est construire pour un monde plus juste et plus durable.
04:03Et c'est la responsabilité d'une entreprise d'aller en ce sens.
04:07On a eu les résultats des banques françaises la semaine dernière.
04:10Alors, vous, vous n'êtes pas coté, donc vous ne publiez pas comme les autres, avec cette salve jeudi dernier.
04:16Des résultats qui étaient au-dessus des attentes, donc des banques qui sont solides, mais des inquiétudes, là aussi pour
04:21la suite,
04:22notamment à cause du dollar.
04:24Il y a beaucoup d'activités aux États-Unis qui, du coup, sont impactées.
04:27Oui, bien sûr.
04:28Les résultats ont en tout cas montré, une fois de plus, la grande solidité des banques françaises.
04:34Et ça, c'est quand même, en soi, une bonne nouvelle.
04:35Avoir un secteur bancaire solide permet, effectivement, d'avoir de belles perspectives pour l'économie,
04:40parce qu'on va continuer à essayer de bien soutenir cette économie.
04:45On est aujourd'hui dans une situation, effectivement, d'incertitude liée au dollar,
04:48liée au coût également du risque, le risque de crédit,
04:52que ce soit pour ce qui se passe en dehors de la France,
04:55ou également pour ce qui concerne les entreprises françaises.
05:00S'il y avait aujourd'hui davantage de croissance, ça serait bien plus sécurisant.
05:04Mais on a la chance d'avoir des banques françaises qui sont solides.
05:08Est-ce que vous êtes inquiet, en tant que président de la Fédération bancaire française,
05:13sur la question du crédit privé ?
05:14On a sur ce plateau parfois des sons de cloche un peu différents.
05:16Alain Bocopza disait la semaine dernière, non, finalement, ce n'est pas un risque systémique.
05:20Thomas Bouberle, chez AXA, était plus inquiet.
05:22Quel est-vous, votre point de vue ?
05:23Il ne faut jamais négliger les risques.
05:24Et donc, je pense que chacune des banques a fait des études,
05:27les assureurs d'ailleurs également, pour voir ce qu'elles ont dans leur portefeuille.
05:32Pour ce que je sais, au sein des banques françaises, ça reste quand même très maîtrisé.
05:37Et donc, je ne suis pas particulièrement inquiet sur ce sujet.
05:40Mais évidemment, c'est un point sur lequel il va falloir rester vigilant.
05:44Et est-ce qu'une hausse des taux à venir de la BCE, ça, ça vous inquiète plus ?
05:47La hausse des taux de la BCE, ce ne serait pas une bonne nouvelle.
05:50On a quand même eu une bonne nouvelle le 30 avril, puisque les taux n'ont pas augmenté.
05:54Pourquoi ce n'est pas une bonne nouvelle, la hausse des taux ?
05:56Pour une raison très simple, c'est que ça a les hausses des taux de la BCE,
06:00parce que ça amène tous les taux à augmenter.
06:02Quand les taux augmentent, c'est moins d'incitation à l'investissement.
06:06Et moins d'incitation à l'investissement, ce n'est évidemment pas une bonne nouvelle pour la croissance.
06:12La campagne présidentielle a été lancée en France.
06:14Il n'y a aucune banque qui accepte aujourd'hui de prêter au Rassemblement National.
06:17La semaine dernière, sur RTL, vous avez dit que c'est normal,
06:19prêter au Rassemblement National ou à d'autres parties, c'est trop risqué pour une banque.
06:23Donc vous considérez que ça n'est pas de votre ressort, de votre métier ?
06:28Marine Le Pen a répondu sur Twitter, sur X.
06:31Et du coup, comment on fait ? Du coup, je vous pose la question, comment on fait si les banques
06:34ne veulent pas prêter ?
06:34Il faut juste recadrer les choses. Effectivement, les banques, nous savons prendre nos risques.
06:38Cependant, financer une campagne politique et notamment une campagne présidentielle, c'est un risque d'une toute autre nature.
06:45Que faisons-nous lorsque nous faisons un prêt à un candidat à l'élection présidentielle ?
06:50Nous faisons seulement un prêt relais sur le remboursement de ces frais de campagne par l'État.
06:54Donc l'État, in fine, va rembourser à deux conditions. Premièrement, obtenir 5% des voix.
07:01On a bien vu que lors de la dernière élection présidentielle, une candidate et un candidat, dont deux candidates de
07:07parti majeur, n'ont pas obtenu les 5%.
07:10Et puis ensuite, c'est avoir la validation des comptes de campagne.
07:14N'oublions pas que Nicolas Sarkozy a eu une non-validation, ce qui a voulu dire aucun remboursement.
07:20Donc c'est un sujet qui est évidemment d'intérêt public, il est de la responsabilité, c'est normal, de
07:26l'État de permettre une bonne vie démocratique.
07:29Et par conséquent, nous, la question que nous posons et la proposition que nous faisons, c'est que pourquoi il
07:35n'y aurait-il pas une intervention publique dès le départ,
07:38soit par une avance faite par l'État ?
07:41Une sorte de fond ?
07:41Voilà. Soit au moins une garantie donnée à première demande à la banque qui prêterait.
07:48Et cela libérerait clairement le sujet.
07:52Je rappelle également que pour les élections municipales, législatives, départementales, régionales, il n'y a quasiment pas de problème,
07:59parce que les montants ne sont pas les mêmes, parce que la grande majorité des banques françaises acceptent,
08:04après étude du dossier bien entendu, parce qu'il faut toujours le regarder, c'est toujours un dossier de crédit,
08:09de suivre les candidats qui sont déjà préalablement leurs clients.
08:13Là, sur le Rassemblement National, on n'est pas sur une question de faire moins 5%, a priori, il faut
08:16faire plus.
08:17Je répète, il y a deux conditions, il y a les 5% et la non-validation.
08:22Qui aurait pu penser que le président sortant Nicolas Sarkozy ne se fasse invalider ses comptes de campagne ?
08:28Oui, mais du coup, vous ne pourriez financer personne avec cet argument-là ?
08:31Mais c'est pour cette raison, comme je le disais, puisque in fine, de toute manière,
08:35ça se termine par une intervention publique, puisque l'État rembourse,
08:38que l'État apporte totalement sa contribution.
08:41Pour voir le système entier pour vous.
08:42Oui, ce n'est pas un risque normal pour une banque.
08:45La banque, elle s'est prêtée à un ménage, elle s'est prêtée aux entreprises,
08:48elle s'est accompagnée des projets, elle s'est traitée des difficultés.
08:52Mais là, on est tout simplement tenu à la réalisation des 5%
08:56et surtout la validation ou non des comptes de campagne.
08:59Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas,
08:59je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas...
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