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  • il y a 2 jours
Pascal Houdayer, directeur général de Boiron, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce lundi 27 avril. Il est revenu sur leur reprise de croissance, soutenue par un repositionnement stratégique à l'international, après une période difficile, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Pascal Oudayé.
00:04Bonjour, vous êtes le directeur général de Boiron. Vous sortez d'une période compliquée.
00:09On se souvient du changement total de modèle sur la sécurité sociale avec l'arrêt du remboursement du côté de
00:17l'homéopathie.
00:18Ça a tout changé chez vous. Vous êtes un laboratoire familial lyonnais.
00:22Vous vous êtes arrivé en pleine crise au moment où il y avait encore une vague de licenciements.
00:26Si vous êtes là ce matin, c'est qu'il y a un changement total. Vous renouez avec la croissance
00:30en 2025 avec un chiffre d'affaires de plus de 500 millions d'euros,
00:34avec un pivot à l'international que vous allez nous raconter.
00:38À quel point vous êtes arrivé vous dans une entreprise qui était meurtrie quand vous êtes arrivé il y a
00:43un an ?
00:45Écoutez, 2024, je suis arrivé en septembre 2024. D'abord merci Lorde pour votre invitation.
00:51En 2024, l'année 2024 était difficile. On avait un chiffre d'affaires en baisse, une baisse de notre profit
00:57à deux chiffres.
00:59Donc en effet, avec l'équipe de direction et nos collaborateurs, on a dû remettre en place des nouvelles stratégies
01:05pour 1. stabiliser la France dans un premier temps et 2. croître à l'international.
01:09Je vais vous en parler plus en détail.
01:10Stabiliser c'est important parce qu'à partir du moment où on a arrêté de rembourser l'homéopathie,
01:13les ventes se sont écroulées, il faut être clair.
01:15En France, les patients achètent les médicaments remboursés et quand on a eu un déremboursement progressif,
01:21évidemment, nous avons perdu du chiffre d'affaires.
01:23Donc il fallait stabiliser depuis 2020 cette décroissance en France.
01:29Donc là c'est le cas, ce qui veut dire que désormais vous avez une clientèle en France
01:32qui vous suit, peu importe le prix qu'elle paye pour l'homéopathie ?
01:36Moi ce que je trouve très intéressant pour le médicament homéopathique,
01:39c'est que les patients payent avec leur porte-monnaie, nous achètent et nous rachètent.
01:43Donc en effet, comme ce n'est pas remboursé, ça veut dire qu'ils les trouvent efficaces
01:48et qu'ils veulent utiliser nos médicaments homéopathiques boirons.
01:51Des médicaments qui désormais ont leur place à l'international,
01:54vous avez largement augmenté vos performances du côté des Etats-Unis avec une croissance de 16%.
02:00Là-bas, ce n'est pas le même canal de vente, ça ne fonctionne pas de la même manière ?
02:06Alors en effet, aux Etats-Unis, on a une approche de go-to-market hybride
02:11avec un tiers de notre business fait dans des pharmacies,
02:14mais c'est des grosses pharmacies comme Walgreens et CVS,
02:17un tiers qui est fait dans des magasins type Walmart
02:20et un tiers qui est fait en e-commerce puisqu'on a la possibilité réglementaire aux Etats-Unis
02:25de parler directement aux patients, ce qu'on n'a pas le droit de faire d'un point de vue
02:28réglementaire en Europe.
02:30Donc je dirais que c'est très hybride et ça nous permet finalement
02:33d'avoir une vraie relation directe avec les personnes.
02:36Et c'est les mêmes produits ? C'est l'oscillococcinum qu'on a connu contre la grippe ?
02:40C'est tout ça ?
02:40Les mêmes médicaments homéopathiques et d'ailleurs oscillococcinum est notre première vente aux Etats-Unis.
02:45Mais on dit médicaments ?
02:47Ah c'est des médicaments bien sûr, dans la pharmacopée française et dans la pharmacopée américaine.
02:52Aux Etats-Unis, vous avez de grandes ambitions, vous voulez faire des acquisitions notamment,
02:56est-ce que vous avez identifié des sites potentiels ?
02:59Alors oui, on a une stratégie dont je vous parlerai plus tard
03:02qui est à côté de nos médicaments homéopathiques, qui sont 93% de notre chiffre d'affaires.
03:07On se rend compte que beaucoup de patients, beaucoup de personnes passent dans l'automédication
03:11avec les compléments alimentaires.
03:13Donc nous sommes en train de regarder les cibles aux Etats-Unis
03:17de sociétés qui font des compléments alimentaires.
03:19Et si en effet on arrive à faire l'acquisition, ce que j'espère, dans les 12 à 18 mois
03:25qui viennent
03:25d'une grosse société de compléments alimentaires, ça nous permettra finalement
03:29de servir les patients de manière plus large et de manière plus holistique.
03:33Parce que là, on le voit nous dans les start-up qu'on reçoit tous les matins sur ce plateau,
03:37dans les compléments alimentaires, il se passe clairement quelque chose avec un marché
03:40qui est en pleine expansion.
03:42Pour vous, c'est une sorte de secteur un peu complémentaire avec le vôtre ?
03:47Ça fonctionne bien en fait ?
03:49Le marché du complément alimentaire, c'est 200 milliards d'euros au niveau mondial
03:53qui croît à deux chiffres.
03:54On le voit doubler dans les 5 à 10 ans qui viennent.
03:58En fait, pour un patient qui a des insuffisances en vitamines ou en minéraux,
04:03ils vont prendre des compléments alimentaires, je dirais, en unitaires.
04:07Et dans la tête du patient, la limite entre le bien-être et la santé, elle n'existe pas.
04:12C'est dans nos têtes d'industriel.
04:14Donc, en effet, on voit une automédication, notamment avec des gens
04:18qui vont regarder l'intelligence artificielle pour répondre à leurs besoins
04:21de bien-être et de santé.
04:22Avec une activité qui n'est pas saisonnalisée, parce que vous avez aussi ce sujet,
04:26vous, avec l'homéopathie, je parlais de l'océlo-coxynome
04:28que vous prenez contre l'état grippal.
04:31Il y a un sujet de saison dans vos médicaments.
04:34C'est très important.
04:35On a eu de très bons résultats en 2025 parce que la pathologie grippale mondiale
04:39était importante.
04:40Donc, une des stratégies qu'on est en train de mettre en place,
04:43c'est en effet de se désaisonnaliser.
04:45Ce n'est pas de la diversification.
04:46Et c'est pour ça que le complément alimentaire, on en prend toute l'année.
04:49Donc, ça nous intéresse.
04:51E-commerce aux États-Unis.
04:52E-commerce aussi en Chine.
04:54Là aussi, les ventes ont augmenté.
04:57Vous êtes implanté à quel niveau en Chine ?
04:59Alors, elles n'ont pas augmenté.
05:00Nous nous sommes lancés en 2025 en Chine.
05:02Nous avons décidé de lancer une filiale dans la ville de Anzhou en Chine,
05:07qui est la ville de la tech chinoise où Jacques Ma a créé Alibaba.
05:11Nous avons recruté 70 personnes, 70 collaborateurs de Boiron.
05:15Et nous sommes lancés uniquement en e-commerce, dans aucun magasin physique.
05:20Et au bout d'un an, nous avons un chiffre d'affaires qui est équivalent au Canada,
05:24que nous avons lancé en 87.
05:27Mais là-bas, ça se vend sur Alibaba ou sur n'importe quelle plateforme ?
05:32En effet, on est principalement sur Timo, l'Alibaba, et sur Douyin.
05:37Douyin, c'est le TikTok chinois.
05:38Et nous ne faisons pas du B2C, mais nous faisons du C2C.
05:42C'est-à-dire qu'on a des consommateurs en face d'une caméra
05:44qui partagent leur expérience et qui vendent nos produits.
05:47Donc, c'est un peu la réunion du Perware, quoi.
05:50Un petit peu plus moderne, mais oui.
05:51Mais c'est ça, ce sont des consommateurs qui vendent vos produits.
05:54Alors, nous vendons nos produits et on a également des consommateurs
05:57qui ont la possibilité de vendre nos produits.
05:59C'est d'une capacité réglementaire qui n'existe pas.
06:02Et là-bas, pas d'objectif de boutique ?
06:04Ça restera pour l'instant comme ça ?
06:05C'est le bon canal de distribution pour vous ?
06:07D'une manière moderne, je pense que l'évolution de l'OTC
06:12ira de plus en plus vers une relation directe avec le patient.
06:16Donc, c'est le cas aux États-Unis, c'est le cas en Asie.
06:19Ça va être le cas en Europe quand la législation européenne changera.
06:22Donc, nous, on n'est pas du tout dans le même cadre réglementaire.
06:24Aujourd'hui, tout ça est interdit en Europe.
06:26On ne peut pas vous acheter sur un réseau social ou sur Amazon.
06:29Ça ne fonctionne pas comme ça.
06:30Vous attendez aussi beaucoup du développement du cannabis thérapeutique.
06:34Là, il y a eu des annonces sur des évolutions réglementaires.
06:37C'est repoussé, repoussé.
06:39Est-ce que vous êtes optimiste sur cette question ?
06:41Et qu'est-ce que vous comptez proposer ?
06:43Déjà, le cannabis thérapeutique en France,
06:46on est dans l'expérimentation depuis près de 4 ans
06:50avec une prorogation et quelque chose qui est repoussé.
06:54On a aujourd'hui en France 300 000 patients qui souffrent.
06:57Le cannabis thérapeutique, c'est pour des mâles extrêmes, neurologiques, oncologiques.
07:03Et donc, ils ne peuvent pas avoir accès au cannabis thérapeutique.
07:07Nous avons eu des annonces du gouvernement qui prévoyaient de signer le décret fin mars.
07:12On est en avril et n'est toujours pas signé.
07:14Donc, on espère que ces décrets vont être signés d'ici le mois de juin
07:18pour que nous ayons la possibilité, à la fin de l'année,
07:21en effet, de proposer ce cannabis thérapeutique
07:23qui est principalement en clinique et en hôpitaux.
07:26Donc, ce n'est pas quelque chose...
07:27Mais ce n'est pas quelque chose que vous achetez potentiellement dans un magasin ?
07:29C'est-à-dire que c'est prescrit dans un cadre particulier ?
07:31Ce ne sont que des médicaments et risques.
07:33Ils ne sont que sur prescription dans des cas extrêmes de douleur.
07:36Donc, vous les utilisez en général en clinique et en hôpitaux
07:38et votre prescription peut être prorogée après en pharmacie de ville.
07:42Et c'est sous quelle forme ?
07:44Alors, nous, nous travaillons sur des huiles
07:46que vous prenez 2-3 gouttes pour enlever la douleur
07:50pendant une période de 3-4 heures.
07:52Mais c'est-à-dire que clairement, votre métier, quand on vous entend,
07:54vous avez vraiment des stratégies en fonction des réglementations extrêmement différentes
07:58avec des marchés qui n'ont rien à voir,
08:00des manières de vendre qui n'ont rien à voir
08:02et des vitesses complètement opposées.
08:05C'est-à-dire que vous pensez à plusieurs niveaux quasiment en silo.
08:10En fait, nos stratégies sont par piliers.
08:12On a des stratégies de piliers de catégorie,
08:14les médicaments hémo-hépatiques, les compléments alimentaires,
08:17le cannabis médical.
08:18On a des stratégies géographiques avec une stabilisation de la France,
08:22une accélération internationale des nouveaux pays qu'on va ouvrir
08:25et des stratégies d'acquisition
08:27et évidemment accélération de l'intelligence artificielle.
08:30Et des pays que vous pourriez fermer, du coup,
08:32qui, en termes de réglementation, ça ne marche pas
08:34et un marché qui ne va pas, je crois que c'est...
08:36Au Royaume-Uni, vous réfléchissez.
08:38Nous avons décidé, avec la famille Boiron,
08:41de sortir de l'Angleterre.
08:43C'est une décision importante,
08:44parce que je vous rappelle que le médecin de sa majesté
08:47est un médecin homéopathe.
08:48Mais en effet, nous avons estimé que nous n'avions pas un potentiel,
08:52à la fois patient et business.
08:54Donc nous avons décidé de sortir.
08:55Ça veut dire que nous ne renouvelons pas nos AMM.
08:58Et si un jour, dans 10 ans, nous voulons rentrer à nouveau en Angleterre,
09:03nous devrons réenregistrer nos médicaments homéopathiques.
09:06Donc c'est une décision lourde,
09:08mais je pense que c'était la bonne décision.
09:10Et c'est pour ça qu'on a été sur la Chine, d'autres pays,
09:12comme la Colombie, qui marche très très bien.
09:14Il nous reste quelques secondes.
09:15Vous parlez de l'intelligence artificielle.
09:17Vous voyez ça justement comme un outil pour vendre.
09:19C'est-à-dire que j'ai des questions sur moi,
09:21je pose à ChatGPT, il me répond,
09:23et vous êtes une des parties des solutions.
09:24Ou vous l'utilisez, vous, au quotidien,
09:27dans la manière dont vous fabriquez des médicaments,
09:29dont vous travaillez ?
09:30Les deux, mon capitaine.
09:31En fait, d'un côté, on l'utilise au service des patients,
09:35au service de l'humain.
09:36Et nous, en tant qu'entreprise, par exemple,
09:38quand on fait des études précliniques au niveau cellulaire
09:40ou cliniques au niveau des organes,
09:42pour préparer nos dossiers pour l'ANSM en France
09:45ou l'AFDI aux Etats-Unis,
09:46on va utiliser l'intelligence artificielle
09:48pour être plus efficace et faire moins d'erreurs.
09:50Merci beaucoup d'être venu ce matin,
09:52Pascal Oudoyer, pour parler des laboratoires Boiron.
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