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  • il y a 9 heures
Ce lundi 30 mars, Guillaume Paul a reçu Gustav Sondén, cofondateur de Colbr, et Vincent Grard, directeur France Trade Republic, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Ils sont avec nous à 11h19, ils ont écouté le ministre avec beaucoup d'attention, nos déchiffreurs,
00:05Gustave Sondan, bonjour Gustave, ça va ?
00:07Co-fondateur de Colbert, Vincent Gras, bonjour Vincent, directeur France de Trade Republic.
00:12Bon, le choc n'est gratuit pour personne, disait le ministre, c'est vrai pour les matières premières.
00:16C'est vrai pour les marchés, on est à un mois de conflit, on voit les marchés américains, on fait
00:19du moins 8, moins 7,
00:21ça va peut-être être de trop pour Donald Trump, c'est peut-être le momentum que les marchés vont
00:24relever, quoi, 1%.
00:27Ce sont eux qui vont siffler la fin de la partie, ne finis ou pas Gustave ?
00:31C'est à la fois un vrai repli, moins 9% pour l'indice MSCI World depuis le début du
00:36conflit,
00:37et à la fois, c'est pas tant que ça.
00:38Je rappelle, il y a 12 mois à peine, on a eu un drawdown, une baisse de plus de 20
00:43% sur les marchés, sans conflit.
00:47Donc 20%, c'est un peu le seuil académique pour dire, c'est un crack.
00:50Donc c'était un micro-crack, puisqu'il était très court.
00:53Là, on voit qu'on est qu'à moins 9, donc à la fois, c'est effectivement,
00:55jamais très agréable, quand on est investisseur, de voir son portefeuille reculer de 9%,
01:00et en même temps, ça reste assez mesuré.
01:03Là où je m'inquièterais un peu plus, c'est de voir qu'effectivement,
01:07il n'y a pas grand endroit où se cacher, en fait.
01:11C'est-à-dire que les obligations, on parlait de 2022 tout à l'heure,
01:14tout ça est évidemment lié.
01:16Quand les obligations et les actions baissent en même temps,
01:19là, c'est pas très agréable.
01:20Donc c'est arrivé effectivement, il n'y a pas si longtemps, en 2022,
01:22mais ça reste des faits assez rares, et ça, c'est un petit peu plus inquiétant,
01:26et on voit qu'effectivement, il n'y a pas grand-chose qui résiste,
01:28même la valeur refuge par excellence.
01:30L'or, moins 15% depuis le début du conflit.
01:34Donc en fait, si vous n'êtes pas investi sur le pétrole,
01:36ou sur quelques matières premières énergétiques,
01:39ça a été très compliqué quand même ces dernières semaines.
01:41Il y a un chiffre qui nous avait glissé ce matin, Vincent, avant de venir,
01:44c'est le chiffre de la réserve fédérale de Dallas,
01:46sur les conséquences du retrait des approvisionnements de pétrole depuis Hormuz.
01:51Ça peut faire mal sur...
01:52Eh bien oui, 20% de la production mondiale qui serait bloquée
01:56à cause de la fermeture du Détroit,
01:58ça aurait un impact de 2,9 points de pourcentage sur la croissance mondiale.
02:03Et encore, c'est assez conservateur comme chiffre,
02:06ça ne tient pas du tout compte du blocage sur les autres matières premières
02:09qui passent par le Détroit, notamment le gaz naturel liquéfié.
02:14Ce qu'on sait aussi, déjà depuis maintenant plusieurs semaines,
02:17c'est que c'est surtout l'Asie et la Chine
02:19qui sont impactées par la fermeture de ce Détroit.
02:22Donc au-delà du fait que le pétrole monte
02:25et que Trump se retrouvait en position assez délicate,
02:29notamment vis-à-vis des élections de mi-mandat
02:32qui vont arriver à la fin de l'année,
02:34c'est exactement le sujet que Gustave vient d'évoquer,
02:36qui est même un portefeuille diversifié,
02:39d'un particulier ou d'un professionnel, actuellement subi.
02:42On peut avoir une très très bonne diversification.
02:44On ne sait plus où se planquer, pardon de le dire comme ça,
02:45on ne sait plus où se réfugier.
02:47Exactement, l'or a effacé tous les gains du début d'année,
02:50les obligations, les actions, ça baisse en même temps,
02:53donc même un portefeuille 60-40 est en train de subir,
02:56mais en même temps, cette baisse n'est pas dramatique,
03:00elle n'est pas énorme, on est sur une correction,
03:03donc à peine au-delà de 10% par rapport au pic qu'on a eu,
03:08on parle d'une simple correction, mais on ne parle pas d'un crash.
03:14La situation est un peu floue dans le sens où ça n'a pas forcément suffisamment baissé
03:19pour se permettre de réinvestir, pour ceux qui ont la stratégie du buy the deep,
03:24mais en même temps, l'issue du conflit actuel est tellement floue,
03:29entre Trump qui fait du taco, mais maintenant qui est plutôt pro-baisse des prix du pétrole,
03:34donc il fait des marches arrière.
03:35La visibilité est tellement nulle qu'au final, je pense que la bonne idée du moment,
03:39c'est d'avoir soit un peu de cash, soit un peu d'obligataire court terme.
03:43On voit les obligations par exemple, l'OAT, deux ans,
03:46celle de février 2028, c'est du 2,87,
03:50voilà, ça rémunère le cash, le risque est maîtrisé,
03:53ou sur les taux sans risque, aux environs de 2%.
03:55Qu'est-ce qu'on fait Gustave, même question, est-ce qu'on attend effectivement ?
03:58Il y a beaucoup de nervosité encore aujourd'hui des marchés,
04:00qui semblent considérer que peut-être l'entrée des outils dans le conflit,
04:04je ne dirais pas un game changer, mais enfin,
04:06plaid atteste plus l'idée d'un conflit long, effectivement, au contour indécis.
04:10Ce qui est très difficile dans ces moments, c'est de parler...
04:11Les propos contradictoires de Trump, enfin voilà, ça peut constituer un facteur aggravant aujourd'hui.
04:15Ce qui est très difficile selon moi dans ces moments, c'est de parler d'autre chose,
04:18et d'avoir un autre news flow, d'ailleurs j'imagine que vous ressentez la même chose en tant que
04:22journaliste,
04:23et donc on oublie presque tous les autres sujets qu'on aurait abordés normalement.
04:27Typiquement, il y en a un qui est un petit peu passé au travers,
04:29qui moi m'a beaucoup interpellé, c'est la réévaluation à la hausse
04:34des attentes, des analyses pour Wall Street.
04:37C'est-à-dire qu'à la hausse, donc des résultats qui sont attendus plus haut que prévu dans ce
04:42marasme.
04:42Donc en fait...
04:43Sur l'année 2026 ?
04:44Sur l'année 2026.
04:45Donc on a une revue à la hausse des earnings, des revenus, sur tous les trimestres.
04:50Les revues à la hausse, donc Q1, Q2, Q3, Q4, parce que même Q1 n'est pas encore sorti.
04:54Il y a eu une revue à la hausse, typiquement sur Q1, je crois qu'on est passé de 10
04:58,9 à 11,9% de croissance des revenus.
05:01Non seulement il y a 10,9% de croissance des revenus qui était attendu,
05:04je le dis puisque c'est peut-être pas naturel pour tout le monde de le penser,
05:07et ils ont été réévalués encore une fois à la hausse à 11,9%.
05:11Ça c'est les fondamentaux.
05:13Ça ne vous paraît pas prématuré de revoir à la hausse maintenant, aujourd'hui, à ce stade ?
05:16Je pense que c'est des gens qui sont quand même qualifiés pour le faire, et ils ont une data
05:20que moi je n'ai pas.
05:21Ça peut paraître contre-intuitif, évidemment.
05:23Ça peut paraître contre-intuitif, mais en fait ce que je veux dire par là, c'est que ce conflit,
05:26il a évidemment des incidences mondiales,
05:28et il a notamment des incidences manifestes sur l'inflation au travers de la crise énergétique qu'il produit,
05:34mais il y a tout un tas d'autres industries d'économie qui aujourd'hui continuent à performer.
05:40Et la grande inquiétude quand même, excusez-moi, du coup je reviens à notre haute grande thématique qu'il y
05:44a,
05:44c'est de se dire finalement, est-ce qu'on est capable de faire de la croissance économique sans créer
05:48d'emploi ?
05:50Et si on est moins dépendant de l'emploi et de la consommation pour créer de la croissance économique,
05:58alors tout est possible, et c'est probablement ce que sont en train de pricer ces analystes.
06:03Je le rappelle, l'IA s'est un peu propagé dans les marchés et dans l'économie en tout leur
06:07temps,
06:07et là c'est un peu le temps de l'agentique, c'est-à-dire vraiment des gains de productivité
06:11industrielle pour tous.
06:13Et c'est peut-être ça qui est en train d'être pricé.
06:15– Vincent, est-ce que ça va être le moment des banques centrales qui vont apparaître encore comme les grandes
06:20arbitres ?
06:21– Disons qu'on peut s'attendre évidemment à une inflation…
06:24– Les banqués centraux, les grands sauveurs du moment, une fois de plus, ça va encore se terminer comme ça.
06:27– Oui, enfin l'augmentation des taux n'a jamais fait baisser le prix du pétrole.
06:30– Non.
06:30– Donc en effet, on peut s'attendre à une inflation notamment sur le côté énergétique,
06:35du coup on peut s'attendre à une augmentation également des taux des banques centrales,
06:39pour venir un petit peu ralentir tout ça.
06:41– Dès le mois d'avril là ?
06:42– À voir.
06:44– Les anticipations sont fortes en Europe notamment sur nos hausses.
06:47– En Europe surtout, parce qu'on était déjà à 2,6 en février.
06:50Voilà, ça arrive d'augmenter.
06:51Ça, surtout, ça ne va pas aider le gouvernement.
06:56En effet, ça va faire augmenter le poids de la charge de la dette d'une façon mensuelle,
07:01ce qui va venir un peu plus compliquer le budget de notre gouvernement.
07:06Je rappelle que la France actuellement est à 3,83 sur le taux à 10 ans,
07:10ça fait un spread à plus de 0,70 avec l'Allemagne.
07:13C'est assez historique d'avoir un spread aussi écarté.
07:17Donc voilà, quand on entend notre ministre parler de baisser les dépenses
07:21et baisser les impôts en même temps,
07:24le contexte global et mondial ne va pas leur faciliter la tâche.
07:28– Bon, moment des banques centrales pour vous aussi, Gustave.
07:30Même question, on termine là-dessus, mais c'est évidemment…
07:32– Il faudra le suivre. En tout cas, l'Europe a voulu un peu s'émanciper.
07:35Je le rappelle dans ce cycle de baisse de taux, puisqu'on avait pris les devants
07:37par rapport à nos chers amis américains, alors qu'on a plutôt la réputation de suivre.
07:42C'est eux qui donnent le là.
07:43Attention, du coup, on a peut-être moins de marge de manœuvre pour justement maintenir nos taux.
07:48Et ce serait dommage d'être pris de court.
07:51Donc, est-ce que cette émancipation nous sera coûteuse ?
07:53J'espère pas.
07:54Mais effectivement, il y a ce décalage.
07:56– C'est ultra important, parce que lors du dernier choc,
08:00notamment du début de la guerre en Ukraine,
08:02quand la BCE a augmenté les taux, on partait d'une base en territoire négatif.
08:06– Ah, c'est pas la même, oui, ça je suis d'accord.
08:07– Là, on part d'une base quand même à 2% déjà.
08:09Donc, la marge de manœuvre est complètement limitée.
08:12– Oui, le 10 ans français, là, qui remonte aux alentours de 3,86,
08:16niveau qu'on a atteint il y a quelques jours,
08:17on est au centre du plus haut depuis juin 2009.
08:21Donc là où vous êtes à cheval entre la crise des subprimes
08:23et la crise de la dette souveraine en zone euro.
08:25Donc, période pas très heureuse.
08:27À surveiller.
08:28Malheureusement, c'est déjà terminé.
08:29Merci messieurs, merci d'avoir été avec tous ce matin.
08:31Gustave Sandon, cofondateur de Colbert et Vincent Grard,
08:33directeur France de Trade République.
08:34Merci messieurs, à très vite.
08:35– Merci.
08:35– Au revoir.
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