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  • il y a 2 jours
Eric Ducournau, directeur général des Laboratoires Pierre Fabre, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 19 mars. Ils sont revenus sur la présentation du plan stratégique à cinq ans de l'entreprise, malgré les crises et les pénuries potentielles liées aux tensions internationales, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin c'est Eric Ducourneau, bonjour, vous êtes directeur général des laboratoires Pierre Fabre,
00:05deuxième entreprise d'hermo-cosmétiques au monde avec les marques Aven, Ducray, Chlorane.
00:10Vous avez bien sûr évidemment aussi une activité de laboratoire pharmaceutique,
00:14chiffre d'affaires de plus de 3 milliards d'euros.
00:16Vous avez annoncé vos résultats ces derniers jours, une hausse du chiffre d'affaires de 4,6%.
00:20Vous allez présenter votre plan stratégique ce matin à 5 ans dans un contexte international très compliqué.
00:27Est-ce que sur un bout de papier vous changez tout avant de présenter quand vous voyez là que le
00:31baril est à 112 dollars
00:33et que la situation est très tendue sur le gaz ou vous gardez votre plan ?
00:37Vous vous dites c'est ce qu'on a prévu sur 5 ans, on ne bouge pas.
00:40Bonjour, alors c'est vrai que c'est difficile de faire un plan sur 5 ans,
00:43mais de notre côté c'est aussi une façon entre guillemets d'amortir les crises
00:47puisqu'en fait on est sur une longue période, un plan c'est un plan, c'est-à-dire c
00:51'est des objectifs,
00:52c'est pas un budget annuel, après il y aura une calendarisation de ce budget.
00:55Et donc quand on voit les dernières périodes que les entreprises ont vécues,
00:59le Covid, le post-Covid qui a été cette période, cet épisode très inflationniste en fait
01:05que tout le monde a connu, on a quand même depuis ces années-là appris à gérer un certain nombre
01:10de chocs
01:11et donc d'une certaine façon à les amortir.
01:14Comment on les amortit ? On les amortit notamment par nos gains de productivité,
01:18on les amortit aussi quand on est une entreprise européenne
01:21parce qu'on va essayer d'avoir son sourcing qui est majoritairement fait en Europe
01:24parce que dans ce cas-là on évite aussi l'impact de change, on reste en zone euro, etc.
01:29Il y a des trucs si j'ose dire qui permettent quand même d'avoir...
01:31Vous avez changé depuis le Covid, vous n'êtes plus aussi sensible aux crises ?
01:35Alors je pense qu'on a appris les uns et les autres à les amortir
01:39et d'autant plus quand on est des entreprises exposées à l'international.
01:42Pierre Fabre c'est une entreprise qui fait 71% de son chiffre hors de France,
01:46donc on a appris à amortir ça aussi par rapport à des géographies.
01:50Chacun a un peu ses petites recettes, il y en a qui fabriquent plus à l'international.
01:53Pierre Fabre c'est bien connu, fabrique 90% de ses produits en France,
01:58bien qu'il exporte beaucoup.
02:00Donc en fait on a chacun plus, je vais dire, nos spécificités.
02:03Mais globalement on est dans des marchés qui sont en croissance,
02:07donc Pierre Fabre c'est une entreprise dans le médicament et la dermocosmétique,
02:11deux marchés en faute croissance.
02:12Nous sommes en ligne avec la croissance de nos marchés,
02:15donc vous avez raison, ces crises on doit en tenir compte,
02:17mais non je ne déchire pas le plan stratégique pour autant.
02:20Mais quand vous avez ce matin BASF qui est un fournisseur,
02:23enfin un chimiste qui fournit notamment des produits pour la cosmétique,
02:28très important, qui annonce une hausse des prix de 30%,
02:32il va falloir le répercuter, c'est-à-dire que ça va vous coûter à un moment donné ?
02:36Alors on ne va pas forcément le répercuter, ni automatiquement, ni intégralement.
02:41Ni intégralement, parce qu'en fait, ce que fabrique BASF pour l'entreprise,
02:45comme Pierre Fabre, c'est une partie des composants du produit,
02:47et nous travaillons en permanence sur toute notre chaîne de valeur
02:50pour être capables d'amortir ce genre de croissance d'un des composants
02:54par rapport aux autres composants.
02:56Et puis on ne va pas non plus le faire automatiquement,
02:58parce que par exemple si on parle de la France,
03:00la plupart des accords que nous devons signer avec la distribution,
03:04on les signe légalement avant fin février,
03:06donc les augmentations de tarifs de l'année 2026 sont déjà passées.
03:10Si la crise durait pendant des années, je ne vous dis pas qu'il ne se passerait pas quelque chose.
03:13Mais en tout cas, pour l'instant, il n'y a aucune raison d'augmenter les prix
03:16par rapport à l'année 2026.
03:17Certains parlent de rouvrir les négociations commerciales,
03:20vous dites non, ce n'est pas la peine ?
03:21Non, pour l'instant, ce n'est pas la peine, effectivement.
03:23En tout cas, en ce qui concerne notre secteur, ce n'est pas la peine.
03:25Je rappelle que pour ce qui est du médicament,
03:26les prix sont encadrés, négociés avec les gouvernements,
03:28c'est encore un autre sujet.
03:29Évidemment, on parlait des produits qui sont vendus en GMS.
03:32Vous disiez 71% de produits vendus à l'international.
03:36Sur les États-Unis, quelle est votre exposition ?
03:38Est-ce que vous subissez l'impact des droits de douane ?
03:40Alors, on l'a subi, bien sûr, comme toutes les entreprises.
03:43Alors, avec ces variations, vous l'avez vu ces derniers jours,
03:45avec aujourd'hui la question qui se pose,
03:48qui est du fait de l'arrêt de la Cour suprême,
03:50comment allons-nous être remboursés
03:52de ce qui aurait été perçu par le gouvernement américain ?
03:54Et en fait, indument perçu, d'une certaine façon,
03:57si on regarde le jugement de la Cour suprême.
03:59Donc, effectivement, on a eu des répercussions
04:01sur ces produits.
04:02Vous pensez que vous allez être remboursés ?
04:04Je ne sais pas si on va être remboursés à l'heure actuelle,
04:06mais en tout cas, c'est ainsi que la Cour suprême le pose.
04:08Donc, on va voir comment ça se situe après.
04:11Les négociations, à ma connaissance, n'ont pas commencé
04:13entre les différents groupes industriels.
04:14Donc, oui, ça a eu une répercussion, effectivement,
04:16sur les prix aux États-Unis.
04:18De l'ordre de combien, à peu près ?
04:19À peu près 5-6%.
04:21Mais il faut quand même regarder...
04:23Donc, c'est moins que l'augmentation globale,
04:25j'allais dire, des droits de douane.
04:26Vous avez pris un peu sur vos marges, quand même.
04:27Bien sûr.
04:28Mais, si vous voulez, c'est le jeu normal des distributeurs
04:30et surtout dans les circuits de distribution
04:32dans lesquels on opère.
04:32Je veux juste rappeler que, comme nous,
04:34nous avons beaucoup de produits
04:35qui sont des produits de service,
04:37donc pour des patients qui vont être atteints
04:39d'atopie, d'eczéma, de psoriasis,
04:41de chute de cheveux, etc.
04:43En fait, cette notion de service
04:44qui nous rapproche, d'une certaine façon,
04:45de l'économie de l'OTC ou de médicaments
04:47nous amène, effectivement, à en prendre une partie
04:49sur nos marges.
04:50Ce marché de la dermocosmétique,
04:52vous disiez, il est en croissance.
04:53On voit beaucoup de jeunes acteurs se lancer.
04:56Il y a beaucoup de monde, notamment en parapharmacie.
04:58C'est devenu un magasin
05:00que regardent même de près les influenceuses américaines
05:02qui adorent y aller.
05:04Comment on se place quand on est une marque historique ?
05:06Est-ce que vous arrivez toujours à négocier
05:07une place de choix dans les pharmacies ?
05:09Alors oui, nous y arrivons parce que
05:11on se bat dans ce cas-là sur nos spécificités.
05:14Alors, je ne vais pas vous dire qu'effectivement,
05:16quand on est la deuxième marque mondiale
05:18de ce marché, c'est le cas d'Aven,
05:19évidemment, on a une place de choix
05:21parce qu'on est la deuxième marque,
05:22parce que nous avons des marques
05:23qui sont plus petites dans notre catalogue.
05:25Je pense à Ducré, Chlorane, Aderma
05:28ou René Furtoir,
05:29et que ces marques-là aussi ont leur existence
05:31dans les pharmacies.
05:32Ce qui est, je pense, le plus important
05:34et ce qui est vu par les consommateurs,
05:35d'ailleurs, ça ressort aussi un peu
05:37de l'étude Rexécode,
05:38dont vous avez parlé ces derniers jours,
05:40c'est en fait la qualité des produits
05:41et le service qu'ils rendent aux patients.
05:43C'est-à-dire, il ne faut pas oublier
05:44que la plupart de ces produits
05:46sont d'une certaine façon
05:48proposés par les médecins.
05:49C'est-à-dire que les dermatologues
05:50ont un rôle en fait de proposition
05:53vis-à-vis de leurs patients
05:54et donc le produit qui ne serait pas efficace,
05:56qui ne rendrait pas le service médical
05:58nécessaire aux patients,
06:00finalement, ils ne le rachètent pas.
06:01Vous avez raison de souligner
06:02que les influenceuses américaines,
06:03ce n'est pas les seules,
06:04adorent ce secteur de distribution,
06:06d'abord parce qu'elles y trouvent
06:07un conseil de grande qualité
06:08de la part des pharmaciens
06:09et un assortiment qui est fait
06:11par les pharmaciens
06:11qui les engage.
06:12Le pharmacien va prendre des marques
06:14dont il sait qu'ils vont pouvoir être utiles
06:16à ses patients et à ses consommateurs.
06:17Donc pour vous, c'est un super canal ?
06:18C'est un très bon canal, effectivement,
06:20parce que c'est un canal professionnel.
06:21Et le canal professionnel
06:22pour des produits professionnels
06:24qui, une fois de plus,
06:25rendent un service de soins,
06:27c'est essentiel.
06:27Du côté de l'industrie pharmaceutique,
06:30il y a eu un petit big bang
06:31du côté du lobbying
06:33avec un nouveau syndicat
06:36qui va vous représenter,
06:37notamment vous,
06:38qui sera concurrent du LEM.
06:39Est-ce que c'est la bonne stratégie
06:41de multiplier les acteurs
06:42face au gouvernement ?
06:43Alors, ce n'est pas forcément
06:44une concurrence.
06:45Disons qu'à un moment,
06:46il est arrivé qu'un problème
06:48se mette sur la table,
06:49si j'ose dire,
06:50qui est l'indépendance sanitaire.
06:51Et dans le cadre
06:52de cette indépendance sanitaire,
06:54il est apparu à certains acteurs,
06:56dont les laboratoires français,
06:57comme vous le rappelez,
06:58que la France avait une carte à jouer
06:59et que certains
07:01qui étaient membres du syndicat
07:02ou qui regroupaient tout le monde,
07:04j'allais dire,
07:04n'avaient pas forcément envie
07:05de le jouer comme ça.
07:06Donc, c'est-à-dire
07:06de parler d'une certaine
07:08primauté française.
07:10Cette primauté,
07:10elle s'exprime en fait
07:11dans deux domaines essentiels,
07:13la recherche et le développement
07:14et la fabrication.
07:16C'est-à-dire qu'on demande
07:17aux gens qui viennent
07:18dans ce nouveau syndicat
07:19qui a été créé
07:20par ces huit entreprises
07:21et bientôt rejointes
07:22par d'autres européennes d'ailleurs,
07:24eh bien en fait,
07:25de pouvoir...
07:26Il faut que vous donniez
07:27des garanties sur le fait
07:28que vous fabriquez en France
07:29où vous cherchez en France
07:30et vous comprenez
07:32qu'un pays puisse affirmer
07:33une volonté d'indépendance sanitaire.
07:35C'est ça que dit en fait
07:36ce syndicat.
07:37Voilà, donc c'est pour ça
07:38qu'il a été...
07:38Mais le LEM ne disait pas ça ?
07:39Le LEM ne disait pas exactement ça
07:41parce que le LEM représente
07:42en fait des...
07:43Des acteurs internationaux.
07:44internationaux.
07:45Donc il ne valait que des Français ?
07:46Alors il ne faut pas que des Français
07:47puisqu'il y a des Européens
07:48qui rejoignent.
07:49Parce que quand je parle
07:50effectivement de primauté française,
07:51c'est ce que vous faites
07:51en investissement
07:52sur le soin national.
07:53Il est quand même assez normal
07:54qu'un gouvernement en responsabilité,
07:56le gouvernement français,
07:57quel qu'il soit,
07:58veuille demander aux acteurs
08:00qui servent la santé
08:01de ses citoyens
08:01en travers la fabrication
08:02de ses médicaments
08:04comment ils s'engagent
08:05en fait pour approvisionner
08:07le marché français.
08:08On l'a bien vu
08:08pendant la période du Covid
08:09ou des périodes troublées
08:10et peut-être celle
08:11qu'on va vivre maintenant,
08:11c'est qu'il y a des choix
08:12d'approvisionnement
08:13qui peuvent être faits
08:13par certains acteurs
08:14et que forcément
08:15un gouvernement
08:15qui doit garantir
08:16la santé de sa population,
08:17il a besoin que ces choix
08:18soient garantis
08:19en approvisionnement en France.
08:20C'est ça que veut dire
08:21en fait ce nouveau groupement.
08:23Question politique.
08:24On a vu le MEDEF à Toulouse
08:26s'inquiéter des résultats
08:27des municipales
08:28en disant que si LFI gagne,
08:30l'attractivité économique
08:32de la région sera atténuée.
08:34On a vu le patron
08:34de sa France inquiéter
08:35si des mairies écologistes
08:38arrivent au pouvoir,
08:38que lui,
08:39il réfléchirait à s'implanter.
08:41Vous êtes très implanté
08:42autour de Castres
08:43depuis toujours.
08:45Est-ce que vous avez peur
08:46de la montée
08:47de certains extrêmes ?
08:48Je ne sais pas comment
08:48ça s'est passé exactement
08:49autour de Castres,
08:51mais est-ce que vous regardez
08:52ce sujet politique de près ?
08:53Bien sûr, on le regarde
08:54parce que je vais revenir
08:55à ce que vous dites
08:56sur la situation de Toulousaine.
08:58Les engagements
08:59qui sont pris
08:59au niveau local
09:01ou au niveau national
09:03sont importants
09:04par les partis.
09:05Quand on voit que,
09:07par exemple,
09:08on parle de remettre en cause
09:09la dessert aérienne,
09:11qu'on parle de remettre en cause
09:13la LGV
09:14qui desservirait
09:16entre Toulouse et Bordeaux,
09:17qui permettrait
09:18de rallier Paris
09:20plus vite.
09:20Forcément,
09:21ce sont des investissements
09:22qui auront des impacts
09:23sur le tissu économique.
09:24Donc, nous,
09:24quand on a
09:25un centre de recherche
09:26et développement
09:26qui emploie
09:27800 collaborateurs
09:29et qui dirige
09:30l'intégralité
09:31de nos 300 millions d'euros
09:33d'investissements annuels
09:34en recherche et développement
09:34en pharma
09:35et en dermocosmétiques
09:37depuis Toulouse,
09:37on est obligé
09:38de le regarder,
09:39bien sûr.
09:39Et puis après,
09:40il y a les conditions d'accueil
09:41aussi des collaborateurs
09:42que l'on recrute.
09:43On recrute beaucoup
09:44de collaborateurs internationaux
09:46et ce qui est dit
09:46dans le domaine
09:47de l'éducation
09:48ou de la sécurité publique,
09:49on doit le regarder aussi.
09:51Merci beaucoup
09:51d'être venu ce matin,
09:52Éric Ducourneau,
09:54le directeur général
09:54des laboratoires.
09:55Pierre Favre.
09:56Merci.
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