- il y a 9 heures
Ce mercredi 18 mars, le pouvoir d'achat des Français, menacé par la hausse du pétrole et la guerre en Iran, ainsi que le rapport de la Cour des comptes relatif au soutien public aux énergies renouvelables, ont été abordés par Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel, Mathieu Plane, directeur adjoint du Département Analyse et Prévision de l'OFCE, et André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Allez, on est de retour pour la seconde partie de l'émission.
00:03Il est 10h, passé de 31 minutes, vous êtes en direct sur BFM Business.
00:06Avec toujours autour du plateau, Guillaume Dard, Mathieu Plannes et André Lescrouges-Piétri.
00:11On va parler pouvoir d'achat des ménages français aujourd'hui.
00:16C'est la une de nos confrères de la tribune.
00:18Le pouvoir d'achat des français est-il menacé par la hausse des hydrocarbures ?
00:25La hausse du prix du pétrole, évidemment.
00:27Évidemment, Mathieu Plannes, je commence avec vous.
00:31On a vu très clairement les conséquences, la première conséquence de cette crise en Iran,
00:37c'est le pétrole, c'est le gaz, c'est les prix à la pompe, bien sûr, mais pas que.
00:41Mais pas que, ça a des conséquences en cascade en réalité.
00:44Oui, alors pour le moment, c'est quand même essentiellement sur le pétrole.
00:48Même s'il y a des effets sur le gaz, le gaz, en fait, les répercussions sur les prix,
00:53et notamment aux consommateurs, prend du temps,
00:54parce que vous êtes sur des contrats beaucoup plus longue durée,
00:56qui sont des contrats fixes, alors qu'on voit d'ailleurs,
00:59ça a été même des fois décrié,
01:00c'est que les ajustements des prix à la pompe étaient quasiment immédiats.
01:03Ça a été très rapide.
01:04Très rapide, voire même, il y avait presque des anticipations
01:06par rapport au coût d'approvisionnement.
01:08Et donc, ça se répercute très vite,
01:10très vite, et bien sûr que les ménages y sont sensibles,
01:13parce que, voilà,
01:16vous avez,
01:17enfin, voilà, si vous sortez des grosses agglomérations,
01:1980% des gens vont travailler en voiture,
01:23et n'ont pas forcément d'autres possibilités ou d'autres arbitrages.
01:26Donc, en fait, l'impact, il est assez rapide et immédiat sur le portefeuille.
01:30Et c'est vrai que ça va toucher aussi beaucoup des classes moyennes,
01:34plutôt sur des territoires périurbains ou zones rurales.
01:37On se souvient, bien sûr, du mouvement des Gilets jaunes.
01:40Là, la question qui se pose,
01:41c'est, en fait, quel peut être l'impact
01:44de façon un peu durable ou pas ?
01:46Et là, on est dans le flou,
01:47pour tout vous dire, ça dépend vraiment, bien sûr,
01:49de l'intensité
01:51qu'on connaît pour le moment,
01:52mais de la durée possible ou pas
01:54de ce conflit.
01:56Tout le monde est, enfin, je veux dire,
01:57toute personne aujourd'hui qui fait des projections sur l'énergie
01:59est quand même très embêtée pour savoir quel va être le scénario pétrole
02:02pour les prochains mois.
02:03On est capable de voir l'impact sur les quelques semaines,
02:05mais qui reste quand même assez limité.
02:07Alors, je vous donne juste un ordre de grandeur, peut-être.
02:10On parlait de chiffres tout à l'heure.
02:1210 dollars de plus sur un baril,
02:15c'est sur une année.
02:16Donc, si vous êtes plutôt à 75 au lieu de 65, disons,
02:20l'impact sur l'inflation, c'est 0,3 point de plus.
02:23On dit que c'est 0,1 sur la croissance.
02:24C'est 0,1 point sur le PIB.
02:26Mais ce n'est pas négligeable, ça fait 3 milliards.
02:28Donc, ça veut dire que si vous êtes sur un scénario,
02:29imaginons que vous êtes à 100 dollars,
02:32vous êtes à 100 dollars au lieu de 70.
02:34Enfin, on peut le digérer quand même.
02:35Oui, on peut le digérer quand même.
02:38Oui, mais alors là, vous commencez à avoir des impacts
02:39qui sont quand même beaucoup plus significatifs.
02:41Et après, vous avez les effets d'enchaîne,
02:43y compris sur vos partenaires commerciaux.
02:46Si on est dans le scénario actuel où on est à 90 dollars
02:49et que ça ne dure pas longtemps,
02:51ça coûte pour à peu près un couple avec des enfants,
02:55c'est beaucoup, mais enfin, c'est 50 euros.
02:58Si ça dure quelques mois avec un cours du pétrole à 110, 120 dollars,
03:03l'effet sur le prix de l'énergie globale,
03:05et puis que ça s'accompagne d'un effet sur le gaz
03:07et sur les produits alimentaires, parce qu'il y a beaucoup d'engrais,
03:11ça peut aller à 150 euros par mois.
03:14Si on a le scénario catastrophe...
03:16On parle du coût de l'essence, on est d'accord,
03:17le prix à la pompe ou de tout ?
03:19Sur votre budget, d'un ménage, l'effet mensuel,
03:2450 euros dans un scénario actuel,
03:27150 euros...
03:28150 euros, ça commence à piquer pour beaucoup.
03:30Et si on est dans le scénario où le détroit d'Ormuse est fermé
03:34et que le prix du pétrole va à 130, 150 dollars,
03:39c'est 400 euros par mois.
03:42Donc, il faut se rendre compte, je veux dire,
03:44de ce que pourrait être une crise très grave.
03:47On rappelle que le salaire moyen médian en français
03:49est autour de 2200 euros par mois.
03:52400 euros par mois !
03:53Par l'effet...
03:54Enfin, on change son mode de consommation à 400 euros par mois.
03:57Non mais, c'est vous dire l'ampleur de la crise potentielle.
04:01L'économie, c'est de l'énergie transformée.
04:04Le prix de l'énergie, s'il monte,
04:06au fond, s'il a grosso modo triplé,
04:08enfin pas triplé, s'il a multiplié par deux fois et demi,
04:10si on est à 150 dollars,
04:12par rapport à 60 dollars avant,
04:15le prix de l'énergie aura été multiplié par deux et demi.
04:18Et donc, l'effet, sans parler de l'effet récessif,
04:22est extrêmement important,
04:23qui fait en plus qu'on aura un problème budgétaire
04:25et qu'on a un budget absolument pas capable de résister à ça.
04:29Donc, c'est pour ça que, d'ailleurs,
04:31personne n'ose imaginer un scénario
04:33où le détroit d'Ormuse est bloqué,
04:35parce que, bien sûr, c'est la queue de la distribution,
04:37c'est la crise.
04:37Mais l'ampleur de la crise qui serait provoquée
04:40par ce blocage long
04:42est absolument inconcevable et dantesque.
04:46Bon.
04:47Je rajouterai deux choses.
04:48Alors, comme toujours,
04:50quand on se regarde, on se désole,
04:51mais quand on regarde les autres,
04:52on se console.
04:54Les Allemands, à nouveau,
04:55totalement à contre-courant,
04:57qui, il y a un mois,
05:00ont fait quasiment,
05:01ils ont doublé la mise sur le gaz naturel,
05:03en coupant leur effort massif sur le renouvelable,
05:07mais enfin, là, dans la rubrique
05:08anticipation catastrophique,
05:10l'autre chose,
05:11c'est, je rappelle quand même,
05:12ceux qui arrivent aujourd'hui à passer,
05:14apparemment, avec une tacite complicité
05:16des gardiens de la Révolution,
05:18c'est les tanqueurs chinois,
05:19qui, eux, continuent,
05:21gardiens de la Révolution,
05:22qui continuent à être approvisionnés.
05:25Moi, je rajouterai une chose
05:27au sujet purement énergie et électricité,
05:29c'est le sujet industriel.
05:31C'est-à-dire que, très rapidement,
05:33on va voir, par exemple,
05:35l'hélium, dont on a besoin
05:36pour faire des semi-conducteurs,
05:38ou pour plein de choses,
05:39aujourd'hui, vient essentiellement
05:41de cette région du monde,
05:42et il n'y a pas les fameux gazoducs
05:44ou oléoducs qui permettent
05:45de contourner pour ce produit-là.
05:47On ne peut pas stocker,
05:48parce que c'est un des gaz les plus légers,
05:50donc, par définition,
05:51il s'évapore assez vite.
05:53Sans ça, pas de semi-conducteurs.
05:55Le doliprane,
05:56dont on a souvent parlé en France,
05:58est quasiment entièrement
05:59à base de composants pétroliers.
06:03Enfin, tous les...
06:04L'urée, qui est aujourd'hui utilisé
06:06par le Vaccine Institute of India,
06:08qui est l'endroit où, en fait,
06:09beaucoup de précurseurs médicamenteux
06:11sont faits,
06:12est également...
06:13commence à être en rupture de stock.
06:15Donc, déjà, un message probable...
06:17Comme, de toute façon,
06:18sur les...
06:19Sur les...
06:20Sur les...
06:21D'abord, ouais.
06:21Alors, l'effet prix
06:23quand on utilise nos stocks stratégiques,
06:26il est quand même assez réduit,
06:28parce qu'on en a très peu.
06:30Gardons-les précieusement
06:32pour ces sujets-là
06:33qui sont à beaucoup plus valeur ajoutée
06:35que les quelques centimes
06:36qu'on pourra peut-être réduire
06:38purement politiquement.
06:39Donc, là aussi,
06:40il faut absolument qu'on soit stratégique.
06:41De l'anticipation,
06:43ce qu'on manque terriblement.
06:44Un effet industriel majeur
06:45à un ou deux mois.
06:46Il y a deux choses aussi,
06:47sur les aspects économiques.
06:49Il y a l'effet prix
06:49et il y a l'effet volume, en fait.
06:52Oui.
06:52Pour le moment,
06:52ce qu'on mesure,
06:53c'est surtout des effets prix.
06:54Oui.
06:55C'est-à-dire que...
06:55C'est les marchés qui s'enflamment,
06:57mais on n'a pas de pénurie.
06:58Mais voilà, la question,
06:59c'est est-ce qu'on peut se retrouver
07:00face à des pénuries ?
07:01Qui est quelque chose
07:03qu'on a connu
07:04au moment du déclenchement
07:06de l'attaque de la Russie
07:07sur la guerre en Ukraine,
07:08avec l'approvisionnement en gaz.
07:10Ce n'est pas juste un effet prix.
07:11C'est-à-dire que
07:11s'il vous manque
07:12certains composants industriels
07:13ou des matières énergétiques,
07:15votre production s'arrête.
07:16C'est-à-dire que c'est plutôt binaire.
07:18Pour le moment,
07:19ce qu'on valorise,
07:19c'est plutôt l'effet sur l'inflation,
07:21le pouvoir d'achat,
07:22sur le PIB.
07:23Pour vous donner
07:23des ordres de grandeur,
07:24parce qu'on parlait de chiffres,
07:25au moment du déclenchement
07:26de la guerre en Ukraine,
07:28le choc énergie,
07:29alors qu'il était couplé
07:30avec un choc gaz très fort,
07:32pour le coup,
07:32qu'on a beaucoup moins quand même ici.
07:34Pour rappeler quand même
07:35les ordres de grandeur,
07:36je crois qu'autour du gaz,
07:37on est à 50 euros le mégawatt-heure,
07:39on est monté à 350 euros
07:41le mégawatt-heure
07:42pendant la crise en Ukraine.
07:44Et c'est vrai que
07:44sur les livraisons
07:45du détroit d'Hormuz,
07:46elles vont beaucoup plus
07:46sur l'Asie que sur l'Europe.
07:47Ça ne veut pas dire qu'on a des...
07:48Mais juste pour donner
07:50des ordres de grandeur,
07:51et on n'est pas dans cet ordre
07:52de grandeur pour le moment,
07:52et j'espère qu'on ne le saura pas,
07:53mais au moment
07:54du déclenchement
07:55de la guerre en Ukraine,
07:56les visions,
07:56c'était qu'on avait un choc
07:57de l'ordre,
07:57si ça durait,
07:58de 3 points de...
07:59Enfin, si on était
08:00sur ces niveaux d'énergie,
08:00de l'ordre de 3 points de PIB.
08:02C'est-à-dire à peu près
08:03équivalent au choc pétrolier de 73.
08:04C'est majeur.
08:05Et 3 points de PIB sur une année,
08:06effectivement,
08:06c'est 90 milliards.
08:07Si vous amenez au nombre de ménages,
08:08si vous avez 30 millions de ménages,
08:09ça fait en gros
08:103 000 euros par ménage
08:11dans ce cas-là.
08:12Mais ça veut dire
08:12que c'est un choc
08:13qui serait équivalent
08:14pour le moment,
08:14heureusement,
08:15c'est pas ce qu'on simule
08:16comme modèle.
08:17Sinon, d'ailleurs,
08:18on n'aurait pas ça.
08:19Donc c'est vrai que
08:19pour le moment,
08:20dans les ajustements
08:21Goldman Sachs à Fossi,
08:22effectivement,
08:23on a des pertes
08:24entre 0,1 et 0,2 points de PIB.
08:27Parce que le scénario
08:28qui est dans les tablettes,
08:29c'est que ça ne dure pas.
08:30La réalité, c'est ça.
08:31C'est pour ça que vous pouvez faire
08:32des fourchettes qui sont plus...
08:33Le scénario, pour l'instant...
08:34On tape toujours
08:34sur une guerre courte.
08:35Heureusement,
08:36et moi, je le souhaite
08:37et j'espère bien
08:38et c'est ce que je ressens,
08:44c'est-à-dire que vraiment...
08:46D'ailleurs,
08:47dans tout scénario
08:48de catastrophe,
08:49on imaginait blocage
08:50du Détroit-Dormuz.
08:51C'est-à-dire qu'on voulait
08:52se faire des frissons
08:53quand on faisait ses prévisions
08:54pour l'année suivante.
08:55C'était le pire des scénarios.
08:56C'était le pire des scénarios.
08:58Et on y est.
08:59Et on y est.
09:01Et c'est incroyable,
09:02d'ailleurs,
09:02parce qu'on y est.
09:02Et on n'est pas
09:03complètement inquiets.
09:05Mais les marchés
09:05n'ont pas flanché, Guillaume.
09:07Mais justement,
09:07parce que le marché,
09:09comme l'a dit très bien Mathieu,
09:10pour l'instant,
09:11les sites de prédictifs
09:13où on vote,
09:14effectivement,
09:15la majorité,
09:16on est à peu près
09:17à 50%
09:18qui pensent
09:19que ça sera fini
09:20fin avril.
09:21Voir fin mai.
09:2250%,
09:23c'est pire
09:23que la roulette russe.
09:24Mais c'est la roulette russe.
09:26S'il y a l'OCC
09:26fin d'année
09:27et aggravation,
09:30c'est terrifiant.
09:31Et on parlait
09:31de l'imbalance
09:33entre le coût.
09:34Aujourd'hui,
09:35on estime
09:36qu'il faut 300 mines
09:37qui coûtent chacune
09:38entre 1 000 et 5 000 euros
09:41pour fermer
09:41entièrement
09:43le détroit.
09:44Et les Iraniens,
09:45apparemment...
09:46Il suffit de lancer
09:46la menace
09:47pour que ça bloque tout.
09:48A priori,
09:49c'est ça qui est dingue.
09:50Après,
09:51c'est de la géopolitique
09:52et j'en suis pas expert,
09:53mais on imagine mal
09:54quand même
09:54les États-Unis
09:55rester durablement
09:56dans ce conflit
09:57avec ces prix de l'énergie
09:58et l'impact que ça a,
09:59y compris sur les...
10:00Avec les midterms
10:00qui arrivent.
10:01Les midterms qui arrivent.
10:02C'est nous
10:03qui souffrirons plus.
10:05Quand vous parlez
10:05des marchés,
10:06ce qui souffre,
10:06c'est le marché européen.
10:07C'est le marché européen.
10:08Mais c'est vrai que du coup,
10:09c'est pareil,
10:09on parlait de visibilité,
10:10c'est qu'on comprend pas bien
10:11la stratégie américaine.
10:13On comprend bien
10:13la stratégie israélienne,
10:15mais américaine,
10:16c'est beaucoup plus conflit.
10:17On n'a pas les objectifs
10:17très clairs
10:18et on voit que c'est un peu compliqué.
10:19On dit, je peux arrêter
10:19quand je veux cette guerre.
10:21Bon, on comprend pas rien.
10:22Mais donc,
10:23à un moment donné,
10:23ça dépend aussi
10:24de la stratégie américaine
10:26et des choix
10:27qui peuvent être faits
10:28sur le détroitement.
10:29Il faut rappeler aussi
10:30que les pertes
10:31pour les pays du Golfe,
10:31elles sont gigantesques.
10:33Gigantesques,
10:33y compris pour l'Iran.
10:35Parce que l'Iran,
10:36je veux dire,
10:37repose quand même...
10:38Le grand gagnant,
10:38c'est la Russie, paradoxalement.
10:39C'est quand même la Russie.
10:41Mais sur le pays en guerre,
10:44sur la Russie,
10:45on disait il y a 4 ans,
10:47la Russie ne tiendra pas
10:48sur Caliver.
10:49Et oui,
10:50ça a pas été le cas.
10:51Et ça tient.
10:51Ça a pas été le cas.
10:53Effectivement,
10:53le Golfe,
10:54qui était un des moteurs
10:55d'accélération du monde,
10:56plus l'effet sur l'Inde,
10:58toute cette zone
10:58dont on pensait
10:59qu'elle allait être
11:00un des grands facteurs
11:01de croissance mondiale,
11:02est à l'arrêt.
11:03Ce que je trouve spectaculaire,
11:05moi, c'est qu'une armée
11:05avec un budget
11:06de 1 000 milliards de dollars,
11:08les États-Unis
11:08n'arrivent pas
11:09à sortir d'un conflit.
11:11Alors, vous me direz,
11:11on n'en est qu'au 19ème jour.
11:13Le budget de la défense aérienne,
11:15c'est 10 milliards.
11:16Voilà, 10 milliards,
11:161 000 milliards.
11:17Et finalement,
11:18on voit que dans ces guerres
11:18asymétriques,
11:19on ne peut pas forcément
11:20la masse qui compte.
11:22Je veux qu'on revienne
11:23au pouvoir d'achat
11:24des Français.
11:25Avec vous, Mathieu Plannes,
11:26vous avez été auditionné
11:27il y a quelques semaines,
11:27il me semble,
11:28à l'Assemblée nationale
11:29sur le sujet.
11:33en 2025
11:34et quelles étaient
11:35avant la crise
11:36les perspectives
11:38sur le pouvoir d'achat
11:39des ménages français
11:40pour 2026 ?
11:43Enfin, 2025
11:44est une année
11:45un peu de transition.
11:46En fait, ce qu'il faut savoir,
11:46c'est que 2024
11:47avait été plutôt
11:48une bonne année
11:49et que 2025,
11:50on a...
11:51Alors, c'est toujours
11:51la difficulté
11:52quand on parle de pouvoir d'achat,
11:53c'est qu'on parle
11:53de chiffres macro
11:54qui ne dépendent pas forcément
11:55l'ensemble de la population,
11:57sachant que le pouvoir d'achat,
11:59il est composé
11:59des revenus du travail,
12:00des revenus du capital financier,
12:02des prestations sociales.
12:02Et en face,
12:03vous avez les impôts.
12:05Le pouvoir d'achat
12:06en 2025
12:06a légèrement augmenté.
12:08La question,
12:08c'est que 2026,
12:09par contre,
12:10on serait sur un scénario
12:11plutôt de légère contraction
12:12de ce pouvoir d'achat
12:14avec à la fois
12:15le retour de l'inflation,
12:16des salaires
12:16qui sont peu dynamiques.
12:18Ce qu'il faut noter,
12:19c'est que d'ailleurs,
12:21alors qu'il est aujourd'hui
12:21vu comme presque
12:22un argument de compétitivité,
12:23c'est-à-dire qu'on a
12:24un niveau des prix d'inflation
12:26qui est plus faible
12:26que nos voisins européens,
12:27ce qui est quand même
12:28un peu nouveau,
12:30ça n'a pas été toujours le cas
12:30et d'ailleurs par rapport
12:31notamment aux Allemands.
12:32Mais par contre,
12:33ça se traduit par des dénamiques
12:34de pouvoir d'achat
12:34qui sont faibles.
12:36On a eu des revenus financiers
12:38qui étaient très forts
12:39pendant les années précédentes.
12:40C'est beaucoup moins le cas aussi.
12:42Et puis,
12:42on rentre dans une période
12:43d'ajustement budgétaire,
12:45y compris sur laquelle
12:46on augmente la CAG,
12:47la fiscalité.
12:47Donc,
12:482026 va être une année délicate
12:50sur le pouvoir d'achat
12:51d'un point de vue macroéconomique,
12:52mais aussi micro.
12:53Parce que quand on dit
12:53voilà,
12:54il y a des effets aussi
12:55d'hétérogénéité
12:56qui peuvent être très forts,
12:57liés que ce soit
12:58sur la fiscalité,
12:59mais aussi au retour de l'inflation
13:00et notamment,
13:00tout le monde n'est pas impacté
13:01de la même façon
13:02par la hausse des prix du baril
13:03ou de l'énergie.
13:04Donc,
13:04ça va être un sujet sensible,
13:06surtout une année préélectorale.
13:07Il n'y a pas de doute.
13:09La question,
13:09c'est qu'aujourd'hui,
13:11l'État a déjà fait beaucoup
13:12sur les années passées
13:13cojouis de boucliers tarifaires,
13:15etc.
13:15Et qu'aujourd'hui,
13:16les caisses,
13:17entre guillemets,
13:18sont vides.
13:19Et que du coup,
13:20il y a très peu
13:20de leviers d'action.
13:22Effectivement,
13:22les Français attendent beaucoup
13:24de l'État,
13:24mais aujourd'hui,
13:25l'État ne peut pas faire grand-chose
13:27pour vraiment dynamiser
13:28ce point de l'achat.
13:29Donc,
13:29c'est une vraie problématique.
13:30Juste un point tout bête,
13:31il va falloir revoir le budget ou pas ?
13:33C'est Bertil Bayard,
13:34Figaro aujourd'hui,
13:35qui a cette chronique
13:35avec un titre génial.
13:36Vous allez rire,
13:37on va devoir revoir le budget,
13:39mais avec des perspectives d'inflation
13:40qui changent complètement,
13:41des croissances revues à la baisse.
13:43Je vais vous dire
13:43une bonne nouvelle quand même.
13:45C'est qu'il est possible
13:46que le déficit en 2025
13:48soit plus bas
13:49que ce qui était prévu.
13:50Les recettes ont été bonnes.
13:52Voilà,
13:52on a un PIB de recettes
13:53Les surprofits sont surtout
13:54du côté de Bercy
13:55plus que des entreprises.
13:57On serait peut-être
13:57en dessous des 5,4
13:58qui étaient prévus.
13:59Donc,
13:59ça,
13:59c'est pour une fois
14:00peut-être une bonne nouvelle.
14:02Est-ce que vous pouvez
14:03nous en dire un peu plus ?
14:05Non.
14:05Est-ce qu'on serait plutôt
14:06vers 5 ou plutôt
14:07vers 5,2, 5,3 ?
14:08Ce qui ne changerait pas grand-chose.
14:09Moi,
14:09je ne suis pas dans les tablettes
14:11de Bercy,
14:12mais voilà,
14:12on récolte de temps.
14:13On aura les chiffres
14:13dans quelques jours.
14:15Si vous faites
14:16des petits calculs de coin de table,
14:17il pourrait y avoir 5,2.
14:18Mais ces 0,2 points de PIB
14:20aujourd'hui ont de l'importance.
14:21Surtout,
14:22si vous voulez passer
14:22en dessous des 5,
14:23alors c'est l'objectif
14:24est à 5 pour 2026.
14:25La question de la révision
14:26du budget va se poser.
14:28Si,
14:28effectivement,
14:29on a un nouveau
14:29scénario d'inflation.
14:30L'inflation en soi
14:31n'est pas vraiment problématique
14:32pour un budget.
14:33Ce qui est problématique,
14:34c'est que c'est une inflation importée
14:35qui est liée à l'énergie
14:36et qui va taper sur la croissance.
14:38L'inflation,
14:39c'est un sujet
14:39de banque centrale
14:40et les banques centrales
14:41vont beaucoup parler
14:42cette semaine, Guillaume.
14:47Combien de régions françaises
14:49vivent davantage
14:50de transferts sociaux
14:51que de revenus primaires
14:52d'activité, Mathieu ?
14:53Je l'avais lu,
14:56mais grosso modo,
14:57j'avais cru comprendre
14:58que seule la région parisienne
15:00et une partie
15:03de la région Rhône-Alpes
15:04avaient davantage de revenus,
15:06c'est-à-dire de salaires.
15:07Contributeurs nets.
15:08Non, non, non.
15:09Les gens vivaient,
15:11vous preniez la population,
15:14plus de leur salaire
15:15que des redistributions sociales.
15:1750% des gens
15:18ont davantage
15:19de redistribution sociale
15:20que d'autres revenus.
15:21Dans la redistribution sociale,
15:22on met les retraites.
15:23Oui.
15:23Oui, mais enfin bon.
15:25C'est 17 millions de personnes déjà.
15:27Ça veut dire que notre système,
15:28la moitié des gens
15:30vivent davantage
15:31de ce qu'il aurait redistribué
15:32par l'État,
15:33qu'ils ont payé
15:35préalablement, etc.,
15:35mais davantage
15:36que de revenus primaires.
15:37C'est la définition
15:38d'un pays socialiste, ça, non ?
15:40Non, mais il y a 17 millions
15:40de retraités.
15:41Alors, les banques centrales,
15:44c'est la grande semaine
15:45des banques centrales,
15:45donc on a ce soir
15:46à la Fed.
15:47Alors, la Fed,
15:48on ne peut pas dire
15:49que Trump n'avait pas essayé
15:50de leur faire baisser
15:50les taux d'intérêt.
15:51Il lui a fait un procès
15:52au projet Powell.
15:54On lui a annoncé
15:55son successeur.
15:56On a commencé
15:57à introduire,
15:59donc dans la composition
16:00du Board of Governance,
16:02des gens qui étaient
16:02pour la baisse des taux.
16:03et il y a la montée
16:04de l'inflation.
16:05Donc, personne ne pense
16:07que ce soir,
16:08on va baisser les taux.
16:08Pour l'instant,
16:09il n'y a pas encore
16:10les marchés prévoient,
16:12ce n'est pas les économistes,
16:13c'est les marchés,
16:14par la construction
16:15des prix à terme,
16:18estiment la hausse
16:19des taux potentiels
16:20sur une année.
16:21Aux États-Unis,
16:22pour l'instant,
16:23c'est flat.
16:23C'est-à-dire qu'avant,
16:24on pensait qu'il y aurait
16:25deux à trois baisses
16:26des taux d'intérêt.
16:27après, à hier,
16:28on pensait qu'il n'y aurait
16:29plus de variation
16:30des taux d'intérêt.
16:31Ce qui est beaucoup plus grave,
16:33c'est l'Europe,
16:34où alors qu'on pensait
16:35qu'il n'y aurait pas
16:36de hausse des taux
16:38ni de baisse des taux,
16:39maintenant, on imagine
16:40qu'il y ait une,
16:41voire deux hausses
16:42des taux d'intérêt
16:43cette année.
16:44Donc, si ça se rajoute
16:45à tous les soucis
16:46qu'on vient d'évoquer,
16:47c'est très, très mauvais,
16:50parce que ça ressemble.
16:51La crise de 2008,
16:53il y avait les scandales
16:54américains sur les Sunprimes,
16:56mais enfin, il y a eu surtout
16:57le pétrole qui est passé
16:57à 150 dollars
16:58et la hausse des taux
17:00simultanée par la Banque Centrale
17:01Européenne,
17:02qui avait raison
17:03d'essayer de lutter
17:03contre l'inflation,
17:04mais on a eu
17:05un double choc terrible.
17:06Donc, on est dans un moment...
17:07On a peut-être tiré
17:08les leçons de ce double choc,
17:09non ?
17:09La BCE doit parler demain,
17:10on verra ce qu'elle nous dit.
17:11En plus, c'est un peu une folie
17:12d'augmenter les taux
17:13quand vous avez un choc pétrolier,
17:14mais bon, ça c'est notre...
17:15Enfin, ce que je veux dire,
17:16c'est la double peine.
17:16C'est compréhensible,
17:18mais en même temps...
17:19C'est des anticipations,
17:19la mission c'est l'inflation.
17:21Et là, pour casser,
17:22on va réduire la demande
17:23face à l'offre.
17:23Quand vous avez un choc
17:24d'offre négatif,
17:25c'est quand même assez particulier
17:26d'augmenter les taux.
17:26Mais je sais que la Banque Centrale
17:28ne résonne pas forcément comme ça.
17:29Et il n'y a pas que les Français
17:30à la Banque Centrale.
17:31Oui, bien sûr.
17:31Alors, les Allemands sont assez prudents.
17:33Elle n'a pas fait pour l'instant
17:34une déclaration terrible
17:35parce que généralement,
17:36elle dit
17:36« Ah, on va monter les taux
17:38assez vite. »
17:38Elle, c'est Isabelle Schnabel.
17:40Alors, peut-être pour compléter
17:41ce que dit Guillaume,
17:43juste, c'est que aussi,
17:43la France n'est pas
17:44dans la moyenne de la zone euro
17:45sur l'inflation.
17:45On est plutôt autour de 1
17:46quand la moyenne...
17:47On n'est plus en France, oui.
17:48Et la zone euro est à 2.
17:49Donc, c'est vrai que si vous mettez
17:50le choc énergie en plus,
17:52vous pouvez avoir une inflation
17:53qui va vers 3.
17:55Enfin, tout le monde...
17:55Ce qui n'est pas dingue non plus
17:56quand on voit la inflation
17:57Oui, mais la peur de la boucle
17:58prix s'allait.
17:59C'est la spirale inflationniste, mais...
18:00La dernière fois,
18:01la BCE a été en retard.
18:03Du coup, elle y est allée fort
18:04et tout le monde
18:07serrait, priait
18:08pour qu'il n'y ait pas
18:09la boucle prix salaire
18:10qui s'est un peu enclenchée
18:11et qui s'est assez vite arrêtée.
18:13Mais la BCE doit se dire
18:14que c'est parce qu'on a monté les taux.
18:16Donc, elle est obsédée
18:18par l'idée que la boucle prix salaire
18:19ne se mette pas en marche.
18:20Et d'envoyer des anticipations
18:21comme quoi elle va être crédible
18:22sur son mandat
18:23et qu'elle fera tout
18:24pour lutter contre cette inflation
18:25pour casser cette possible
18:27prix salaire.
18:28Mais pour le moment...
18:29Où est la priorité aujourd'hui ?
18:30Le discours de Christine Lagarde
18:31va être quand même...
18:32Très scruté, ce sera demain
18:34et on le suivra évidemment
18:35en direct sur BFM Business.
18:37Vous aurez tous les décryptages
18:39possibles et imaginables
18:40sur la BCE
18:42et puis surveillez
18:43la Banque du Japon aussi
18:44en fin de semaine.
18:44Ce sera important.
18:46Allez, il est 10 heures passées
18:47de 50 minutes.
18:48Vous êtes toujours en direct
18:48sur BFM Business.
18:49C'est les experts.
18:50La dernière question
18:51pour clôturer cette émission.
18:54Est-ce qu'on a trop subventionné
18:56les énergies renouvelables ?
18:58C'est en tout cas l'avis
18:59de la Cour des comptes
19:01qui a rendu un rapport
19:02au vitriol
19:03comme à chaque fois
19:05sur le sujet.
19:07Allez, André Le Scopiétri,
19:09je commence avec vous.
19:11On est juste après
19:11la PPE 3,
19:13la présentation
19:13de la programmation
19:15pluriannuelle
19:16de l'énergie
19:17qui justement pose
19:18le niveau de subvention
19:19de part des énergies
19:21renouvelables
19:22dans notre mix énergétique.
19:24qu'est-ce que vous pensez
19:25de ce rapport
19:26de la Cour des comptes ?
19:27A-t-elle raison
19:27de ne pas tirer
19:28la sonnette d'alarme ?
19:28Je n'ai pas lu le rapport
19:30sur les énergies renouvelables
19:32en général.
19:33On se focalise beaucoup
19:34aujourd'hui
19:35sur leurs coûts unitaires.
19:37Et effectivement,
19:37aujourd'hui,
19:38quelqu'un qui voit
19:39les coûts unitaires
19:40de production énergétique,
19:42du solaire,
19:42de l'éolien,
19:43pourrait dire
19:44« Mais attendez,
19:44aujourd'hui,
19:44on est même en dessous
19:45des autres énergies,
19:46donc ça ne sert
19:47à rien de subventionner. »
19:49Sauf que,
19:50comme ce n'est pas
19:50du pilotable
19:51et comme ce sont
19:52des énergies
19:54qui sont intermittentes,
19:56donc en fait,
19:57on n'a pas la capacité
19:58de les avoir
19:59au moment où on en a besoin
20:00et souvent,
20:01c'est même relativement inversé,
20:03le coût de les piloter
20:05est plus élevé encore
20:06que la plupart
20:07des énergies pilotables,
20:09nucléaires ou fossiles.
20:11Et en fait,
20:12donc un,
20:13je ne pense pas
20:14que ce soit le moment
20:14où il faut réduire
20:16massivement le budget
20:17parce qu'il faut,
20:18je veux dire,
20:19aujourd'hui,
20:19la crise énergétique
20:20est une opportunité
20:21de dire
20:22« Là,
20:22il faut véritablement
20:25aller sur
20:26l'indépendance énergétique. »
20:28Ça,
20:28c'est un point.
20:29Mais la deuxième chose,
20:29c'est un peu comme
20:30dans l'industrie,
20:31on ne met pas assez
20:32l'accent sur
20:33tout ce qui permet
20:35quelque part
20:36de rendre
20:36ces énergies intermittentes
20:37beaucoup moins chères,
20:38le stockage
20:39et surtout
20:40les interconnexions européennes.
20:42Et c'est assez révélateur
20:43ce qui se passe
20:43en ce moment en Suède
20:44qui est quand même
20:45le bon élève
20:46qui a beaucoup investi,
20:48dans sa production,
20:49dans le renouvelable,
20:50etc.
20:50Et qui aujourd'hui,
20:51à cause d'une politique
20:52européenne
20:53qui est quand même
20:53très focalisée
20:54sur la production primaire
20:55et non pas sur
20:57ce qu'on appelle
20:57les réseaux intelligents,
20:58le stockage,
20:59etc.
21:00Aujourd'hui,
21:00vous installez
21:01une installation chez vous,
21:02vous êtes subventionné
21:03sur les panneaux,
21:04mais pas du tout
21:05sur le stockage.
21:06Alors que c'est ça,
21:07la subtilité
21:08qu'il faudrait rentrer.
21:09à nouveau,
21:09un état stratège,
21:11je le cherche toujours,
21:12j'ai encore l'espoir.
21:13Ce qui manque
21:13traditionnellement,
21:14mais c'est bien,
21:14l'optimisme de la volonté.
21:16Moi, je crois qu'André
21:17a bien résumé
21:19le problème précis,
21:20mais chez Montpensier-Arbevel,
21:23nous, on est très attachés
21:24aux énergies renouvelables
21:25et donc,
21:26au-delà,
21:26je ne connais pas assez
21:27le détail,
21:27des problèmes franco-français
21:29mais qui m'ont l'air
21:29comme toujours
21:30très administratifs,
21:31production,
21:32etc.
21:33L'énergie solaire,
21:35c'est la seule solution
21:36pour le monde.
21:37Le nucléaire,
21:38c'est une solution
21:40temporaire.
21:40Vous savez quelle partie
21:42de l'énergie solaire
21:43on utilise ?
21:44Sûrement très peu.
21:45Un demi-milliardier.
21:47Disponible.
21:48Et vous regardez
21:49ce que c'est
21:50que l'échelle de Gershach,
21:51une civilisation développée,
21:52c'est une civilisation
21:53qui arrive à utiliser
21:55l'énergie de son étoile.
21:56C'est ceux, d'ailleurs,
21:58qui guident
21:58la pensée de Musk.
21:59C'est pour ça qu'il dit
22:00on va monter.
22:01Qui veut envoyer
22:01les data centers
22:02dans l'espace ?
22:02Là, on parle moins
22:03d'intelligence artificielle
22:04mais on sait que
22:05les besoins électriques
22:05vont être absolument colossaux.
22:07D'ailleurs,
22:07ce serait un avantage
22:09compétitif pour la France.
22:10Si on dit qu'on ne sait pas
22:11quoi faire de notre énergie,
22:14de notre électricité,
22:15faisons plus de data centers.
22:17La demande stagne.
22:17Et lui,
22:18il faut les monter
22:18dans l'espace
22:19parce que là-haut,
22:20vous n'avez pas de problème
22:20de refroidissement,
22:21pas de problème de pollution,
22:23en tout cas différente
22:24que celle de la pollution terrestre
22:25et que l'énergie solaire
22:28se transforme de façon
22:29cinq fois plus efficiente.
22:30Donc, le solaire,
22:32c'est quand même
22:33l'énergie du 21e
22:34et du 22e siècle.
22:35Donc, il ne faut
22:36en tout cas pas
22:37se repartir en arrière
22:38comme à chaque fois.
22:39Et je reviens
22:40sur mon aspect
22:41interdisciplinarité
22:42que dit Guillaume.
22:43C'est-à-dire,
22:43aujourd'hui,
22:44on se lamente
22:45du fait qu'on a du mal
22:46à monter nos gigas
22:47de factories
22:48dans le stockage
22:49pour notre industrie automobile.
22:50et on ne fait pas
22:51le lien entre le fait
22:53qu'on a besoin
22:54de ce solaire,
22:54mais pour ça,
22:55il faut recréer absolument
22:57une industrie massive
22:59du stockage.
23:00Aujourd'hui,
23:00essayez d'installer
23:03chez vous,
23:04enfin, moi,
23:04je vois chez moi en Corse,
23:06impossible de trouver
23:07autre chose
23:07qu'un producteur
23:09de batteries chinois.
23:10C'est quand même
23:11inconcevable.
23:11alors que c'est
23:12l'essentiel aujourd'hui
23:13du coup que les panneaux
23:14aujourd'hui sont relativement
23:15peu marchés.
23:16Mais sur Chinois aussi.
23:17Mathieu Plath.
23:18C'est intéressant
23:18parce qu'il y a la boucle
23:19un peu avec le sujet défense.
23:21On voit que sur les sujets,
23:23y compris les transitions écologiques,
23:25c'est des enjeux aussi industriels.
23:26Totalement industriels.
23:26Donc, on retrouve à chaque fois
23:27le besoin de créer
23:29des filières industrielles,
23:30d'être compétitifs.
23:31Mais ce qui est vrai,
23:32et moi, je trouve que
23:33c'est important de le dire,
23:34c'est que cette question
23:34de la transition écologique,
23:35elle a un coût.
23:37Elle a forcément un coût.
23:39Le VR, ça coûte cher.
23:40Le rapport Pizani-Ferri-Mafouz,
23:42le délai à 66 milliards par an
23:44d'investissement supplémentaire.
23:46Le besoin de financement.
23:46Le moitié public,
23:47le moitié privé,
23:48là, on parle de...
23:48C'est la SPE, je crois,
23:50qui fait...
23:51C'est la compensation, en fait,
23:52qui coûte assez cher
23:53parce que vous garantissez
23:55un prix de l'énergie,
23:56certains prix par rapport
23:57à son coût.
23:57Un prix fixe, voilà.
23:58D'ailleurs, ça a rapporté...
23:59Quand il est au-dessus,
24:00on subventionne.
24:00Quand il est au-dessous,
24:01ça nous avait rapporté de l'argent
24:03en 2022
24:04quand on avait des problèmes.
24:05Mais ce qu'il veut dire,
24:06c'est que, premièrement,
24:07il y a un coût.
24:08Deuxième chose,
24:09et on est en plein dedans,
24:10c'est que les énergies carbonées,
24:11pour nous, nous coûtent cher.
24:12Rappelons que les Etats-Unis
24:13n'ont pas du tout
24:13les mêmes enjeux.
24:14Les Etats-Unis sont le premier,
24:16de loin, de loin,
24:17le premier producteur
24:18d'hydrocarbures de pétrole
24:19et de gaz,
24:20deux fois plus que la Russie.
24:22C'est du gaz de schiste.
24:23C'est du gaz de schiste,
24:24mais c'est du gaz quand même.
24:26Oui, et que nous importons
24:28massivement
24:28alors qu'on l'interdit chez nous.
24:29Enfin, on est dans la contradiction totale.
24:31Et je veux rappeler ça,
24:31c'est qu'au moment,
24:32parce qu'on parle des chocs énergie,
24:33au moment du choc énergie de 2022,
24:35la facture énergétique de la France,
24:36vous savez combien c'est ?
24:37En 2022, on paye à l'extérieur ?
24:39115 milliards.
24:39On est, oui.
24:40115 milliards.
24:41Donc, ce que je veux dire,
24:42c'est que décarboner
24:44notre économie,
24:45notre industrie,
24:45notre production
24:47et avoir une autonomie
24:48aussi stratégique,
24:49ça devient,
24:49mais primordial aujourd'hui.
24:51C'est une évidence.
24:52Décarbonation,
24:53plus autonomie,
24:55plus ne pas dépend
24:56d'une catastrophe potentielle,
24:58on a encore pour 30-40 ans
24:59pour le pétrole,
25:00mais enfin,
25:01il faut se dépêcher.
25:02Oui,
25:02ce n'est peut-être pas très bien fait,
25:03le bouclage,
25:04André l'a bien expliqué,
25:05mais dire qu'on ne veut plus
25:07de renouvelables,
25:07c'est le danger,
25:08c'est le danger de ce rapport.
25:10C'est une myopie bien française.
25:13Ce rapport pourrait être lu
25:14comme il faut arrêter.
25:15Non, au contraire,
25:16c'est là où il faut renforcer,
25:17mais il faut être
25:18beaucoup plus stratégique.
25:19Et je dirais que par rapport
25:20aux 115 milliards,
25:20il faudrait presque
25:21un retour sur investissement.
25:22Plus efficace.
25:22Qu'est-ce qu'on met
25:23qui permet de réduire
25:24cette facture ?
25:24Il faut regarder les deux.
25:26C'est-à-dire qu'on ne peut pas
25:27juste faire le rapport
25:27en disant que ça coûte,
25:28sans voir ce que ça peut rapporter
25:29par rapport à l'indépendance sacrée.
25:31Le renouvelable,
25:32sur la production d'électricité,
25:33est quand même passé
25:33de 18% à 27%,
25:35ce qui n'est quand même
25:35pas négligeable
25:36entre 2016 et 2024.
25:37Donc, il se passe quand même
25:38des choses.
25:39Peut-être qu'il faut mieux
25:40recalibrer les dispositifs,
25:41etc.
25:42Mais surtout,
25:42effectivement,
25:43il ne faut pas aller
25:43à contre...
25:44Le seul sujet,
25:45en tout cas,
25:45à long terme,
25:46c'est la seule solution.
25:47Et la Chine,
25:48grand pays industriel,
25:50aujourd'hui,
25:50a installé plus de renouvelables
25:52que tout le reste du monde.
25:54Absolument.
25:55C'est bien de le rappeler.
25:55Merci à Laurence,
25:56David Diaz,
25:57ou Alternance,
25:58de réagir sur Internet.
26:00Ça fait 20 ans
26:01que j'entends
26:02que l'on cherche des solutions
26:03de stockage énergétique,
26:04nous dit Laurence.
26:05Le problème des énergies renouvelables,
26:07c'est qu'elles ne sont pas
26:09vraiment renouvelables
26:09puisqu'elles utilisent
26:10des terres rares.
26:11C'est vrai aussi.
26:11C'est un sujet industriel,
26:13nous dit David Diaz.
26:14Beaucoup de réactions.
26:16Continuez.
26:20En développement,
26:21il faut davantage d'énergie
26:22et qu'elle ne soit pas
26:23le moins carbonée possible.
26:25Ce sera le mot de la fin.
26:26Merci à tous les trois,
26:28Guillaume Dard,
26:28Mathieu Plannes,
26:29André Lescrou,
26:30Piétri,
26:30d'avoir participé
26:31à cette émission passionnante.
26:32Tout de suite,
26:33c'est Antoine-Laric Vaudry
26:33pour Tout pour investir.
26:35Quant à nous,
26:35on se retrouve demain,
26:36même en même endroit,
26:37à 10h en direct
26:38sur BFM Business.
26:39Très bonne journée à tous.
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