- il y a 9 heures
Ce mercredi 18 mars, l'évaluation de ces trois années d'économie de guerre, les avancées en matière de financement de la défense, ainsi que les risques industriels découlant des accords entre le Parti socialiste et La France Insoumise, ont été abordés par Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel, Mathieu Plane, directeur adjoint du Département Analyse et Prévision de l'OFCE, et André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et ils arrivent juste à temps sur le plateau, mes trois invités du jour, j'ai le plaisir d'accueillir
00:04Mathieu Plannes.
00:05Bonjour Mathieu.
00:05Bonjour Raphaël.
00:06Directeur adjoint du département Analyse et Prévisions de l'OFCE, à vos côtés André Lescoult-Pietry, bonjour André.
00:13Bonjour Raphaël.
00:13Président de Jedi John European Disruptive Initiative et Guillaume D'Arc, on ne présente plus.
00:19Bonjour Guillaume.
00:20Bonjour Raphaël.
00:21Président de Montpensier, Arbrevel, bienvenue, et vice-président de l'Association Française de Gestion Financière.
00:28Bienvenue à tous les trois sur ce plateau avec un premier sujet léger, l'économie de guerre, les amis.
00:36Ça fait trois ans que nous sommes aujourd'hui normalement, en tout cas, qu'Emmanuel Macron a décrété l'économie
00:43de guerre,
00:43la montée en puissance des dépenses de défense en France.
00:49Trois ans après, quel bilan tirer ?
00:52Je rappelle qu'Emmanuel Macron est à Nantes aujourd'hui sur le site de Naval Group
00:56pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, le successeur du Charles de Gaulle.
01:04C'est évidemment une question économique aussi.
01:08C'est un chantier de plus de 10 milliards d'euros qui va mobiliser jusqu'à 14 000 personnes,
01:14je vous le disais, au pic de l'activité.
01:19Allez, Guillaume D'Arc, je commence avec vous.
01:21Est-ce qu'on est aujourd'hui dans la bonne cadence en termes de dépenses de défense ?
01:27De réflexion. Une donnée, quelques chiffres.
01:29Je l'ai vérifié avant le début de l'émission.
01:32On était à 37 milliards à peu près de budget militaire en 2017.
01:36On devrait être à 57 en 2026.
01:38Il y a eu une accélération assez claire, effectivement, depuis la guerre d'Ukraine.
01:43Donc ça a l'air d'être des chiffres significatifs.
01:46Mais 70% à peu près, c'est de l'équipement.
01:4930% sont des dépenses de personnel.
01:52Alors en même temps, l'armée de l'air, je crois que c'est 25-30 000 personnes.
01:59Et les fonctionnaires de la mairie de Paris, c'est 50 000 personnes.
02:02Ça met les choses en perspective.
02:04C'est un sujet du jour.
02:05Donc c'est la première réflexion.
02:07Il y a un effort.
02:07D'abord, la France est assez pauvre et n'a pas de marge budgétaire.
02:11Donc on ne peut pas aller beaucoup plus loin.
02:13Et la deuxième réflexion, mais là, je crois qu'André va lancer très très bien les sujets
02:17parce qu'il est en train de faire un séminaire.
02:19C'est, est-ce qu'on mène la bonne guerre ?
02:23Il n'y a pas de bonne guerre.
02:24Donc c'est plutôt, est-ce qu'on est en train de se préparer à la bonne guerre ?
02:26On ne va pas revenir vers l'armée de métier du général de Gaulle en 1932.
02:30Mais enfin, c'est une constance, malheureusement, de la France
02:33de ne pas adopter le bon dispositif stratégique
02:37pour la nouvelle guerre.
02:40Si on fait Azincourt, ils ont envoyé les archers.
02:43On a gagné la guerre de Cent Ans quand on a fait les gros canons des frères Bureau.
02:48Quand le général de Gaulle réagit, il dit, il faut des chars et des avions
02:52et on fait la ligne Maginot.
02:53Donc je crois, enfin, on va le redire, il y a trois axes.
02:57Il y a le cyber, on est dans une guerre électronique.
02:59Il y a les drones, il y a les robots et il y a l'espace.
03:02Donc est-ce que toutes ces histoires de porte-avions, c'est très très bien, on le voit.
03:07Mais qu'est-ce que sera le porte-avions avec les drones dans 30 ans ?
03:10Je suis un peu inquiet sur notre vision longue.
03:12Avant de vous dire sur la vision long terme avec vous, André Lescouc-Pietry,
03:16je voulais juste un point budgétaire avec vous, Mathieu Plan.
03:19La loi de programmation militaire prévoit un doublement des dépenses d'armée.
03:24Est-ce qu'on peut la maintenir au vu du cadre financier actuel ?
03:31C'est un engagement et l'engagement, enfin déjà, il a été...
03:34J'ai l'impression que pour le coup, c'est plutôt assez transpartisan.
03:38Alors il peut y avoir quelques réticences,
03:40mais il n'y a pas eu de grosse opposition à augmenter ce budget militaire, en tout cas.
03:46Effectivement, déjà avec la loi de programmation militaire de 2024,
03:49on était sur des rythmes de hausse du budget de 3 milliards par an.
03:52Oui, renforcés en 2025 et en 2026.
03:55Et à partir de, surtout, la 2026, en fait, on n'est plus à 3,
03:58on est plutôt à 6, 6,5.
04:00C'est-à-dire qu'on double la hausse,
04:02c'est-à-dire qu'on met 0 à 1 point de PIB par an supplémentaire.
04:05Ce qui est vrai pour 2026, mais aussi 2027.
04:07Donc il y a quand même une montée en charge avec un objectif.
04:10D'ailleurs, le président de la République avait parlé,
04:12d'ici la fin de décennie, un budget de 30 milliards supplémentaires.
04:15Alors, en gros, c'est rajouter un point de PIB à la défense
04:18qui, aujourd'hui, représente à peu près 2.
04:21Donc ça serait une augmentation quand même assez significative.
04:24Et c'est vrai que c'est aussi un engagement européen.
04:27Est-ce que les autres pays européens suivent la même tendance ?
04:30Est-ce que la France est en avance ?
04:31Est-ce que la France est en retard ?
04:32Alors, la France était un peu en avance par rapport à d'autres pays
04:35parce qu'on a aussi...
04:36On a le nucléaire.
04:37On a le nucléaire, on a un gros budget militaire,
04:39beaucoup plus que, par exemple, des pays comme l'Espagne,
04:43notamment, ou même l'Italie.
04:45L'Allemagne a annoncé un gros, gros plan de relance,
04:47je rappelle, de 1 000 milliards,
04:50dont la moitié qui est normalement consacrée à la défense.
04:52Les moitiés infrastructures, moitiés défenses.
04:54Donc c'est pas négligeable.
04:56Donc il se passe quelque chose.
04:57On voit qu'il y a un mouvement européen.
04:59Pour la France, se pose ce que vous avez rappelé,
05:01quand même, c'est la question du financement.
05:02Et puis après,
05:03alors même si je ne suis pas un grand spécialiste
05:05de l'économie de la défense,
05:07le problème, il n'est pas juste de mettre de l'argent.
05:10Le problème, il est d'avoir des capacités de production
05:13qui répondent à cette demande.
05:14Et puis, il y a les enjeux stratégiques.
05:16C'est-à-dire, est-ce qu'on est capable de fournir
05:17les bons matériels,
05:20les drones,
05:21les avions, etc.
05:22Donc il y a toute une filière de production
05:25qui est derrière tout ça,
05:26sur laquelle il faut réfléchir,
05:27sachant que les engagements
05:28ne se font pas du jour au lendemain.
05:29Il y a aussi des dépendances historiques.
05:32Et donc, ça veut dire que c'est quand même
05:33un renversement important.
05:34Donc il se passe quelque chose.
05:36Les budgets sont maintenus,
05:37ils vont certainement être tenus.
05:39On a plutôt un avantage comparatif
05:42vis-à-vis des autres,
05:43parce que dans, j'allais dire,
05:45ce qui fait plutôt le succès français,
05:48la défense,
05:48et en tout cas l'industrie militaire,
05:50on est plutôt...
05:51On est une grande nation qui exporte.
05:53On est le deuxième plus grand.
05:54Les Etats-Unis sont très très très loin.
05:55Pour le rafale,
05:56mais il n'y a pas grand-chose d'autre.
05:57Oui, alors c'est vrai que
05:58quand on regarde juste les schémas macro,
06:01c'est vrai que les Etats-Unis
06:01sont très loin devant les autres,
06:03notamment sur l'exploitation,
06:03mais on reste quand même...
06:05On n'a pas les mêmes budgets.
06:05On est quand même parmi les nations
06:07qui exportent le plus.
06:08Je crois qu'on est deuxième
06:08ou troisième mondial.
06:10Donc ça reste quand même
06:11assez bénéfique pour nous aussi,
06:12le fait que l'Europe se réveille
06:14et relance son industrie de la défense.
06:16André Lescouc-Pétry,
06:17je rappelle que vous êtes
06:18président de JEDI,
06:19la Joint European Disruptive Initiative,
06:21une sorte d'ARPA européenne,
06:25D'ARPA.
06:28Et vous êtes sur le point de justement
06:30publier un rapport,
06:32des documents, un séminaire,
06:33je ne sais pas.
06:34Oui, alors nous on finance
06:35des programmes de recherche,
06:36donc on n'est pas des spécialistes
06:38de faire des rapports,
06:39mais sur ce sujet d'économie de guerre,
06:40effectivement,
06:41on va publier une petite note sur
06:43est-ce que l'Occident,
06:46est-ce que la France,
06:47l'Europe sont prêts ?
06:49En posant la question,
06:50c'est un petit peu une question rhétorique,
06:52la réponse est malheureusement non.
06:53Je vais vous demander,
06:55vous connaissez ce terme Winchester,
06:57entre vous ?
06:58Quand on dit qu'on est Winchester
07:00dans l'armée de l'air,
07:01alors on est quand même 57 000
07:02dans l'armée de l'air,
07:03donc un tout petit peu plus
07:04quand même que l'effectif
07:05de l'Amérique-Paris.
07:07Bon, à peu près équivalent,
07:08on doit mettre à ça.
07:09C'est à peu près un cinquième
07:10des effectifs des armées,
07:11un peu équivalent à la Marine Nationale.
07:14Quand on dit qu'on est Winchester,
07:15c'est-à-dire qu'on n'a plus de munitions.
07:16Et c'est exactement la situation
07:18dans laquelle on est aujourd'hui.
07:19Regardez l'exemple.
07:20Notamment avec les missiles.
07:21Il y a eu une réunion de crise
07:22puisqu'on a tiré apparemment
07:24une grande partie de nos missiles Mika,
07:26un million de pièces,
07:28pour tirer des drones
07:30qui, certains,
07:31coûtent 20 ou 30 000 dollars.
07:32Donc aujourd'hui,
07:35au bout de trois ans,
07:36on n'a toujours pas compris.
07:38Une chose,
07:39c'est que,
07:40c'est trois choses.
07:40Un, c'est que ce n'est pas
07:41un sujet de montant,
07:43c'est un sujet d'abord industriel.
07:46C'est un sujet de vitesse
07:48et c'est un sujet où,
07:49de plus en plus,
07:50la masse,
07:51c'est-à-dire la quantité,
07:53bat la sophistication.
07:55On le voit très clairement
07:56dans les dégouts
07:57qui ne coûtent absolument rien.
07:59Ils sont en train d'en faire
08:00la meilleure expérience également,
08:02puisque eux ont dépensé,
08:03alors l'estimation,
08:04c'est qu'ils sont à 15-20 milliards
08:05aujourd'hui de dollars
08:06sur les coûts
08:07des 18 premiers jours de la guerre.
08:10C'est un milliard par jour.
08:11C'est colossal,
08:12voilà,
08:13c'est donc 15-21.
08:15Et que le vrai risque,
08:17et c'est ce que les Ukrainiens
08:18ont compris aujourd'hui,
08:19c'est que le risque,
08:20c'est qu'on va être
08:22de plus en plus saturés d'attaques.
08:25Et voyez,
08:26cette affaire de porte-avions,
08:27moi,
08:27je ne me prononce pas
08:29sur l'opportunité
08:29ou pas de faire un porte-avions
08:31au moment où,
08:32effectivement,
08:32de plus en plus,
08:33les grandes plateformes
08:34sont quand même
08:34extrêmement vulnérables
08:36à des attaques,
08:37parce que vous pouvez avoir
08:3890% de taux
08:39de détection de drones
08:42ou de destruction de drones.
08:43Quand il y en a un qui passe,
08:44il peut quand même
08:45mettre à mal,
08:46il peut faire mal.
08:47Et sur un porte-avions,
08:48il ne faut pas couler le porte-avions,
08:50il suffit de tirer
08:51l'aide à l'atterrissage
08:54et vous avez quelque chose
08:55qui flotte
08:56ou les contre-mesures électroniques.
08:58Donc,
08:58c'est quand même des objets
08:59qui sont relativement vulnérables
09:01quand ils sont gros,
09:02mais ça ne veut pas dire
09:03qu'il ne faut pas les avoir.
09:04C'est un bel objet de communication.
09:06Et c'est surtout
09:07un sujet de projection
09:08de puissance.
09:09On le voit bien aujourd'hui
09:10avec le porte-avions américain
09:11qui est obligé
09:13piteusement
09:13de revenir
09:16au port,
09:17je crois,
09:18en Crète
09:18ou à Chypre
09:20à cause d'un incendie
09:21qu'il y a eu.
09:22C'est un des deux
09:23projections de puissance,
09:24base avancée.
09:26Pour eux,
09:26c'est quand même
09:27absolument majeur.
09:28La première réaction
09:28qu'on a eue,
09:29c'était d'amener
09:29le Charles de Gaulle.
09:30Tout ça va dans le bon sens
09:31et c'est plus que juste
09:32un objet militaire,
09:33c'est aussi un objet politique.
09:34Donc ça,
09:35ce n'est pas ça le sujet.
09:35Le sujet,
09:36c'est est-ce qu'on a utilisé
09:37ces trois dernières années
09:40à réinventer
09:41la manière
09:41dont on fait
09:42de la production ?
09:43Et là,
09:44c'est presque aussi
09:44une opportunité
09:45pour la France
09:46et pour l'Europe.
09:47On parle beaucoup
09:47de désindustrialisation
09:48d'un côté,
09:49on parle d'efforts militaires
09:50de l'autre.
09:51Ce qui est terrible
09:52dans nos silos organisationnels,
09:54publics ou privés,
09:55c'est qu'on ne voit pas
09:56en fait le lien.
09:57Aujourd'hui,
09:57plus on fait des choses grosses,
09:59des grosses usines,
09:59des gros data centers,
10:01plus en fait aujourd'hui
10:01on est vulnérable.
10:02L'autre chose
10:03qu'on peut apprendre
10:03de la guerre d'Ukraine,
10:04c'est qu'aujourd'hui,
10:05vous avez de plus en plus
10:06de la production décentralisée,
10:07de la production
10:08qui est très proche
10:09des lieux où vous l'utilisez.
10:10Ce qui est une opportunité
10:11dans certains cas aussi
10:13de rapatrier.
10:14On ne va pas tout rapatrier.
10:15C'est pas que le front
10:16soit en France quand même.
10:17Vous savez,
10:18quand vous avez aujourd'hui
10:19une seule usine
10:20qui produit des rafales,
10:22c'est beaucoup,
10:22d'ailleurs ça a été
10:23l'objectif de Dassault
10:24depuis quelques années,
10:25c'est de faire très vite
10:26une deuxième usine
10:27parce que quand on ne nous en a
10:27qu'une seule,
10:28à Mérignac,
10:29en fait vous êtes...
10:29Le bon vieux principe
10:30de ne pas mettre
10:31tous ses oeufs
10:31dans le même panier.
10:32Idem sur les data centers
10:33d'AWS aujourd'hui à Dubaï
10:35qu'on pensait être
10:35extrêmement peu vulnérable.
10:38Finalement,
10:38aujourd'hui,
10:38c'est une vraie remise en question
10:40de ces gros, gros objets.
10:41Ce que vous êtes en train
10:42de nous dire,
10:42André Le Troup-Pietry,
10:44c'est que maintenant
10:45ce mot est beautiful.
10:46Ça va infuser
10:47dans toutes les grandes industries.
10:48Pas toujours,
10:49mais mon point principal,
10:51c'est de dire
10:52qu'aujourd'hui,
10:52le vrai sujet,
10:53la guerre aujourd'hui
10:54se gagne par l'industrie.
10:56Et ce n'est pas nouveau.
10:57La raison pour laquelle
10:58la Deuxième Guerre mondiale
10:59a vraiment connu un tournant,
11:00c'est qu'en 1942,
11:02la machine de guerre
11:03industrielle américaine
11:04s'est mise en branle.
11:05Et je rappelle aussi,
11:06et c'est peut-être
11:07une leçon aussi
11:08pour les grands
11:08de la défense classiques,
11:10c'est que ce n'est pas
11:11les grands de la défense
11:12de 1941 qui ont gagné,
11:13c'est General Motors
11:14et Ford,
11:16qui à l'époque
11:16ont commencé à faire
11:17des bateaux
11:18parce qu'ils savaient
11:19industrialiser.
11:20Ils passaient des avions
11:21et des libertés ships,
11:22etc. à la chaîne.
11:23Donc c'est ça
11:24qu'il faut qu'on sache.
11:25Et évidemment,
11:26le sujet des drones
11:27est caractéristique.
11:28Quand on annonce
11:28fièrement qu'on a commandé
11:291000 drones,
11:30il ne vaudrait mieux
11:31pas faire cette annonce.
11:32Les Ukrainiens,
11:33par an,
11:35les Ukrainiens
11:36en produisent
11:37entre 5000 et 10 000
11:39aujourd'hui par jour.
11:40Ils visent
11:4110 millions de drones
11:43cette année.
11:44Donc ils produisent
11:445 à 10 000 drones
11:45par jour
11:46et nous avons en France
11:48commandé 1000 drones
11:49dans l'année.
11:49Non, on n'a pas commandé
11:501000 drones,
11:50mais il y a eu
11:51une grande annonce
11:51il y a deux ou trois semaines
11:53en disant qu'on a,
11:54ça y est,
11:54un premier badge de 1000 drones.
11:55Enfin, on n'est pas du tout
11:57à l'échelle.
11:57On n'est pas à l'échelle.
11:58Aujourd'hui,
11:59c'est ce qui est consommé
11:59en quelques heures
12:00sur le champ de bataille.
12:01C'était le domaine
12:02de la prévision.
12:03Guillaume Dard.
12:03Effectivement,
12:04il y avait cette déclaration
12:04du CEMA
12:05du chef d'état-major
12:07des armées
12:10qui disait,
12:10alors on lui disait,
12:11mais les drones,
12:12alors on en a combien ?
12:13Pourquoi est-ce qu'on n'en a pas
12:14commandé il y a 3-4 ans ?
12:16Il disait,
12:16on ne savait pas
12:16que ça allait servir autant.
12:18Je caricature
12:19et je le prie de m'excuser.
12:20Mais effectivement,
12:21et je reviens moi
12:22sur ma remarque,
12:23c'est-à-dire qu'il faut vraiment
12:26avoir une vision projective
12:27qui est extrêmement difficile,
12:28mais enfin,
12:29on a quand même deux guerres
12:30où on comprend
12:30qu'il y a une dialectique
12:32du faible au fort,
12:33que quand on voit
12:35la production
12:35de drones iraniens
12:37très importante,
12:38quand on voit
12:38ce qui se passe en Ukraine,
12:39c'est vrai qu'on a
12:40le plus bel avion du monde
12:41qui est le Rafale.
12:43En tout cas,
12:43c'est ce qu'on pense.
12:44Mais c'est guère asymétrique.
12:45C'est vrai,
12:46mais qu'on sait bien
12:47qu'il va y avoir
12:48des esseins de drones
12:49commandés par IA.
12:50On sait très bien
12:51qu'il va y avoir
12:51sur le terrain
12:53des robots humanoïdes.
12:56On sait que tout ça
12:57va décaler
12:58et c'est extrêmement difficile
12:59de le prévoir,
13:01mais je pense qu'il faut
13:01qu'on soit beaucoup plus souple
13:02dans les approches.
13:03Ce que j'entends
13:04au temps de la table,
13:04c'est que les politiques
13:05n'ont pas eu
13:06la bonne vision
13:07de développement
13:07de notre système
13:08de défense.
13:09Disons que les trois sujets
13:10sont liés,
13:11c'est-à-dire qu'aujourd'hui
13:12vous parliez du fait
13:12est-ce qu'on publie
13:14un rapport ou pas.
13:15Aujourd'hui,
13:15le rôle du politique
13:17est de plus en plus
13:19un rôle d'anticipation.
13:21Un,
13:21parce que ça,
13:22ça permet effectivement
13:23de prévoir ça
13:23et très franchement
13:24les esseins de rôles.
13:25Nous,
13:25on a été les tout premiers
13:26à en parler
13:26il y a maintenant
13:27trois ans.
13:28Il ne fallait pas
13:28être expert nucléaire
13:30ou en rocket science
13:31comme on dit en anglais
13:33pour comprendre
13:34que ça deviendrait
13:35un sujet.
13:36En tout cas,
13:37il faut l'anticiper.
13:38Et c'est aussi
13:38un sujet politique
13:39parce que ça donne
13:40la perception
13:41à nos concitoyens
13:42qu'on est en contrôle
13:45des choses.
13:45Aujourd'hui,
13:46on a un sentiment
13:47effectivement de subir
13:49et quand on subit,
13:51il faut réagir,
13:52ça coûte plus cher
13:52et c'est terrible
13:53parce qu'on subit
13:54aujourd'hui sur l'IA,
13:55on subit sur les drones.
13:57Le sujet de l'espace,
13:58aujourd'hui,
13:58ce qui se passe
13:59sur les constellations,
14:00c'est également
14:00quelque chose
14:01qui est relativement écrit
14:02depuis cinq ou six ans.
14:04Est-ce qu'on a les voyages
14:04et moyens de réagir
14:05et de rattraper ce retard ?
14:06C'est très important
14:07parce qu'aujourd'hui,
14:09on voit chez les forces spéciales,
14:11dans les armées,
14:12dans les trois armées,
14:13on a aujourd'hui
14:14énormément d'opérateurs
14:15qui veulent faire des choses.
14:16Aujourd'hui,
14:17il y a un vrai sujet
14:18plus au niveau
14:19effectivement de la décision politique.
14:21Je donne un exemple
14:21puisqu'on parlait
14:21de l'armée de l'air et de l'espace.
14:23Aujourd'hui,
14:23l'armée de l'espace
14:24n'a pas la capacité propre
14:26de faire des commandes.
14:27Elle n'a pas ce qu'on appelle
14:28le droit d'adjudication.
14:29C'est incroyable !
14:31Ça, c'est quelque chose
14:32que le politique
14:33pourrait quelque part
14:33d'un trait de plume
14:35décider de donner
14:36beaucoup plus de liberté
14:37et de discrétionnaire
14:39aux commandants de base.
14:40Mais c'est quoi ?
14:41C'est le verreux de Bercy ?
14:42C'est tout à l'ADGA ?
14:44C'est une approche
14:45qui est en fait à l'antithèse.
14:47C'est un peu la différence
14:47entre le management,
14:48je ne veux pas faire
14:48de grandes leçons ici,
14:49et le leadership.
14:50Le leadership,
14:50vous fixez une mission
14:52qui est effectivement
14:53de protéger
14:55et d'anticiper
14:56et le management
14:57qui veut tout réglementer.
14:59Aujourd'hui,
14:59dans un monde
15:00extrêmement incertain,
15:01je rappelle qu'on n'est que
15:02au troisième mois
15:03de l'année 2026,
15:03on a l'impression
15:04que c'est déjà extrêmement long,
15:06il faut donner
15:06une perspective
15:08et ensuite donner
15:09le maximum de liberté
15:11et de responsabilité
15:13aux opérateurs
15:14qui sont sur place.
15:15Et c'est comme ça
15:16qu'on gagne les batailles.
15:17Sinon, effectivement,
15:18on est toujours en train,
15:19on est en retard
15:20quand on centralise
15:21à l'extrême
15:23cette capacité
15:24d'anticipation.
15:25Mais c'est industriel
15:26et technologique.
15:27Parce que, André...
15:28On parle de base
15:30industrielle,
15:30d'armement,
15:31technologique et de défense.
15:33Mais en fait,
15:33le retard de l'Europe
15:35dans la révolution numérique,
15:37il se constate.
15:38Ça va être le sujet.
15:40Mais Guillaume,
15:40les deux sont liés.
15:41Rappelez-vous
15:41la fameuse phrase
15:42de Pierre Suard,
15:43c'est on va faire
15:43de la technologie
15:46sans usine.
15:47Aujourd'hui,
15:48les deux sont liés.
15:48C'est-à-dire,
15:49si vous n'avez pas
15:50les usines
15:51où très vite
15:51vous pouvez tester
15:52les choses,
15:53vous n'avez pas
15:54des cycles d'innovation.
15:55Donc, vous avez
15:55complètement raison.
15:56Les deux sont intimement liés.
15:57C'est ce qu'on a aujourd'hui.
15:58C'est pour ça
15:59qu'il nous faut
16:01impérativement
16:02rapatrier
16:02les capacités industrielles.
16:04Mathieu Plannes.
16:05Oui, d'ailleurs,
16:05c'est un point intéressant.
16:06L'industrie représente
16:08en France
16:08à peu près 10%
16:10du PIB.
16:11Oui.
16:11Et même un peu moins maintenant.
16:12Elle consente 70%
16:13de la R&D.
16:14Donc, la R&D
16:15reste quand même
16:16industrielle.
16:17Et là,
16:17je ne parle même pas
16:17de l'industrie de la défense
16:18qui est encore,
16:19je veux dire,
16:20le ratio est encore plus élevé.
16:21Ça, c'est le premier point.
16:22Deuxième point,
16:25enfin, je veux dire,
16:26est-ce que vous voyez
16:27vraiment une réorientation
16:28des chaînes de production ?
16:29Est-ce que vous pouvez rappeler
16:30succinctement
16:31pour ceux qui nous écoutent
16:31d'ailleurs,
16:32ce qu'est l'économie de guerre ?
16:34Regardez l'Ukraine.
16:34L'Ukraine, 70%
16:35de son PIB
16:36est consacré
16:37à la défense,
16:37à son budget de la guerre.
16:39Et heureusement,
16:41on n'y est pas.
16:41Je veux dire,
16:42le terme d'économie de guerre,
16:44on en est quand même
16:44assez loin.
16:45D'ailleurs,
16:45regardez les échanges budgétaires.
16:48Quand on va lâcher
16:48sur le GL des retraites,
16:51par exemple,
16:51les 1%,
16:52c'est les 3 milliards.
16:54On fait des choix
16:55qui ne sont quand même
16:55pas orientés
16:56sur une économie de guerre.
16:57Enfin, je veux dire,
16:58les périodes,
16:58ou en tout cas,
16:59les pays qui sont en guerre
17:00le savent très bien.
17:01Donc, c'est vrai que c'est
17:02plutôt du vocabulaire des mots.
17:03C'est vrai que c'est important
17:03d'avoir une conception stratégique,
17:07industrielle,
17:07d'innovation,
17:08sur comment on répond
17:09à tout ça dans le temps.
17:10Mais c'est quand même
17:10un peu galvaudé
17:11de dire qu'on est
17:12en économie de guerre.
17:13Et peut-être un point,
17:14quand même,
17:14je pense qu'il y a une phase
17:18intermédiaire,
17:18effectivement.
17:19Soit consacré tout
17:20à l'effort de guerre.
17:21Ça, c'est ce qui se passe
17:21en Ukraine,
17:22c'est ce qui se passe
17:22dans les pays
17:22comme la Corée du Nord
17:23ou évidemment la Russie.
17:25Il y a soit l'économie de paix,
17:26mais je pense qu'aujourd'hui,
17:27on est dans une phase
17:28où en fait,
17:29en liant le sujet
17:30de réindustrialisation,
17:31en fait,
17:32on a une capacité
17:33de réinventer l'industrie
17:34et peut-être de rapatrier
17:35une partie de l'industrie
17:36si on réinvente,
17:38si on fait des chaînes
17:38de montage,
17:39des usines
17:40qui sont beaucoup plus flexibles,
17:41qui sont capables
17:42de faire du x10.
17:43Aujourd'hui,
17:44dans notre effort de défense,
17:45on a fait du plus 20,
17:46plus 30%.
17:47Alors,
17:47il y a quelques exceptions
17:48sur les canons César
17:49qui ont doublé,
17:50voire triplé.
17:50On a triplé le rythme
17:52de production
17:53des canons César.
17:53On est passé au jugement
17:54des obus de 50.
17:55De 23 à 27 rafales par an.
17:57Donc,
17:57on n'est pas du tout encore
17:59dans une...
17:59D'ailleurs,
18:00et dès qu'on fait
18:00de l'exportation,
18:01en fait,
18:01ça repousse d'autant
18:02les livraisons de rafales
18:04à nos propres armées.
18:05Donc,
18:05l'exportation,
18:05c'est bien
18:06parce que ça réduit
18:07les coûts d'ensemble
18:08et ça amortit
18:09les frais de R&D,
18:10mais voilà.
18:10Donc,
18:11c'est ce sujet
18:11qui prend une opportunité immense
18:13mais qu'on n'a pas saisie
18:14depuis trois ans.
18:15On le comprend,
18:16l'industrie est un élément majeur
18:18de notre capacité
18:19de réarmement
18:21et ça a un lien direct
18:23avec les municipales.
18:24On ne dirait pas comme ça,
18:25mais,
18:25mais,
18:25mais,
18:26mais,
18:26je vous propose
18:27de réécouter
18:27le directeur général
18:29de Safran
18:30qui s'exprimait
18:31il y a moins d'un an
18:32devant l'Assemblée nationale.
18:34Safran,
18:34qui fait évidemment
18:35acteur majeur
18:36de l'industrie de l'armement.
18:37On l'écoute.
18:39Quand on crée
18:40500 emplois
18:41dans une région,
18:42si c'est pour se faire
18:43accueillir par des tomates,
18:45ce n'est pas la peine,
18:46je ne le ferai pas.
18:48Donc,
18:49chaque fois
18:50que l'on aura
18:51un choix
18:53de localisation,
18:54je bannirai,
18:55je dirais,
18:58une offre
18:59faite par une
19:00ville
19:01détenue
19:01par une majorité
19:02écologiste.
19:04Olivier Andriès
19:05faisait alors
19:06référence
19:07à l'accueil
19:08qu'il avait reçu
19:08à Rennes
19:09alors qu'il venait
19:10présenter un projet
19:11d'investissement
19:11majeur
19:12avec 500 emplois
19:13à la clé
19:14et il s'était fait
19:15accueillir
19:16à coup de jet de tomate
19:17dans la figure.
19:18Donc,
19:19les écolos
19:19terminaient.
19:20Aujourd'hui,
19:21à Toulouse,
19:22on a un accord
19:23entre
19:24le candidat
19:25socialiste
19:26et le candidat
19:27LFI
19:28qui propose
19:28la mairie
19:29au candidat
19:31LFI
19:32et la métropole
19:33au candidat
19:34socialiste.
19:35Ces accords,
19:35on les trouve
19:36à Toulouse
19:37mais aussi
19:37à Clermont-Ferrand
19:38où on a
19:39Michelin
19:39à Nantes
19:40où aujourd'hui
19:41se rend le président
19:42de la République
19:42où il y a évidemment
19:43toute l'industrie
19:44navale
19:45et notamment
19:45Naval Group.
19:46On pourrait
19:46multiplier
19:47les exemples.
19:49Guillaume Dard,
19:51est-ce que
19:51ces accords
19:53peuvent éventuellement
19:56porter préjudice
19:57à un moment
19:58au tissu
19:58industriel
19:59local ?
20:00Je ne pense pas
20:01que le maire
20:02de Toulouse
20:02ira directement
20:03démonter
20:04les usines
20:05Airbus.
20:05Non,
20:06mais un Guillaume
20:06Faury
20:07qui se retrouvait
20:07face à un maire
20:08mais ça mesure
20:09en fait
20:10le problème
20:11français global
20:11c'est-à-dire
20:12qu'on vient
20:13d'avoir
20:14cette décision
20:14cette discussion
20:16budgétaire
20:16sans fin
20:17où on a
20:18préféré
20:20raccourcir
20:20l'âge
20:21de la retraite
20:23plutôt que
20:23de se mettre
20:24en ordre
20:25de bataille
20:25pour
20:26la guerre
20:27économique
20:27je n'ai pas envie
20:29qu'on soit
20:29en économie de guerre
20:30mais déjà
20:30la guerre
20:30économique
20:31qui est là
20:31pour maintenir
20:32la compétitivité
20:33donc il est clair
20:35que ce message
20:36de partis
20:38extrémistes
20:39qui prennent
20:40le pouvoir
20:41dans des grandes
20:41métropoles
20:42n'est certainement
20:43pas favorable
20:44à l'industrie
20:45française
20:46qui on le sait
20:47c'est pour les usines
20:49mais c'est aussi
20:49pour l'immobilier
20:50etc
20:50on est dans un système
20:52de blocage
20:54économique
20:54avec des luttes
20:56contre des autorisations
20:57de construction
20:57donc oui
20:58c'est un très mauvais
20:59message
21:00c'est à dire
21:00qu'on est dans
21:01une schizophrénie
21:02française
21:02il y a une partie
21:03de la population
21:04qui ne veut pas
21:05comprendre
21:05qu'on est
21:06dans une guerre
21:06économique
21:07voire dans
21:08quelque chose
21:08de plus grave
21:09Mathieu Plan
21:09est-ce que vous pouvez
21:10nous rappeler
21:10les prérogatives
21:11des maires
21:12en matière
21:13de développement
21:14économique
21:15elles sont assez
21:17limitées
21:17quand même
21:18sur la partie
21:19économique
21:19c'est beaucoup
21:20de l'urbanisme
21:23en réalité
21:23le PLU
21:24il y a la possibilité
21:27d'agir
21:27sur la taxe foncière
21:28mais bon
21:29on ne pouvait pas
21:29tellement désynchroniser
21:30entreprise et ménage
21:32les projets industriels
21:33est-ce qu'on peut
21:34freiner
21:34accélérer des projets
21:36après je pense
21:36qu'effectivement
21:37c'est plutôt le message
21:38dans le PLU
21:38oui le PLU
21:39mais le message
21:39c'est plutôt le message
21:40qui est renvoyé
21:41je ne pense pas
21:42que même
21:43des maires et les filles
21:44soient contre l'emploi local
21:45donc il y a quand même
21:46je veux dire
21:47quand vous voyez Toulouse
21:48quand vous parlez
21:48de Clermont-Ferrand
21:49et de Michelin
21:49ça serait tirer une balle
21:51dans le pied
21:51donc c'est évident que non
21:52après c'est plutôt
21:53au niveau national
21:54c'est-à-dire les enjeux
21:55que ça peut renvoyer
21:57en termes d'attractivité
21:59de vision du business
22:01de certains secteurs industriels
22:04vous parliez de Safran
22:05oui
22:05qui sont mal vus
22:06par une partie politique
22:09bon mais je crois
22:10que localement
22:11malgré tout
22:12le pouvoir des maires
22:13reste assez limité
22:14sur la partie économique
22:15c'est plutôt
22:15les messages envoyés
22:16qui peuvent
22:17enfin c'est ce qu'il racontait
22:18c'est plutôt
22:19qu'il serait fait accueillir
22:20avec des tomates
22:20c'est pas tellement
22:21qu'on lui a coupé
22:22quand on est mal accueilli
22:22en général
22:23c'est plutôt
22:24quand vous êtes mal accueilli
22:24vous n'avez pas envie de venir
22:26bon
22:26oui moi je mettrais
22:27aussi plutôt sur l'aspect
22:29de l'huile dans les rouages
22:30c'est-à-dire
22:30les bons projets industriels
22:32et surtout ceux qui vont vite
22:33j'insiste à nouveau
22:34sur la vitesse
22:35trois de coordination
22:36entre l'échelon local
22:37les maires
22:38les préfets
22:39l'attractivité nationale
22:41et effectivement là
22:41quand il y a une équipe
22:42qui travaille bien ensemble
22:44et qui n'est pas dans les postures
22:45ça marche
22:45si effectivement
22:47il y a des postures
22:47ce qu'on dit de la région Normandie
22:49d'ailleurs
22:49où le monde est aligné
22:50où ça fonctionne bien
22:51absolument
22:51et surtout dans cette compétition mondiale
22:53dont parle Guillaume
22:54aujourd'hui
22:56c'est plutôt
22:56les territoires
22:57qui ont à se vendre
23:00à vendre leur capacité
23:03aussi l'aspect
23:04l'aspect formation
23:05qui est absolument sociale
23:06quand évidemment
23:07l'équipe sur place
23:08est désynchronisée
23:10ou politiquement opposée
23:12à l'échelon régional
23:14ou national
23:16on peut rappeler
23:16que c'est l'échelon régional
23:17effectivement
23:17qui normalement
23:18pilote la politique
23:20d'attractivité économique
23:21d'un territoire
23:22s'il y a cette montée
23:24des extrêmes en France
23:25pourquoi est-ce qu'elle a lieu
23:26elle a lieu
23:26dans d'autres pays du monde
23:28c'est parce qu'il y a
23:28un appauvrissement général
23:29la France
23:30c'est combien
23:31en classement du PIB
23:32par habitant
23:33maintenant
23:34on est en dessous
23:34de la moyenne européenne
23:35depuis 3 ans
23:37donc
23:38il y a un appauvrissement
23:39quand il y a un appauvrissement
23:41les gens ont envie
23:42d'aller voter
23:42pour ceux qui leur promettent
23:44c'est un vote de colère
23:45donc de défiance
23:45il y a un vote de colère
23:46bon
23:46et qu'est-ce que réclament
23:48les gens ?
23:48davantage d'État-providence
23:51et puis
23:51on a cet État-providence
23:53qui gonfle
23:54qui gonfle
23:54qui gonfle
23:55qui d'une certaine façon
23:57asphyxie l'économie
23:58et la productivité
23:59et donc on rentre
24:00dans ce cercle vicieux
24:01et qui est sans cesse
24:03c'est ça qui est très très grave
24:04c'est que cette image
24:05de colère
24:06entre guillemets
24:07et de volonté
24:10de distribution
24:11sans fin
24:12d'aide sociale
24:13à des gens
24:14qui en ont besoin
24:14c'est-à-dire qu'il n'y a pas de doute
24:15que les gens ont besoin
24:16d'aide sociale
24:17mais qu'en même temps
24:18on est en train d'asphyxier
24:19complètement l'appareil
24:20de production française
24:21sa compétition
24:22et donc on va être
24:23encore plus pauvres
24:23au classement
24:24et donc il faudra
24:24encore davantage
24:26accorder des dettes sociales
24:27et c'est le message global
24:29et c'est le message
24:30qui est donné
24:30à tous les industriels
24:32par le secteur de la défense
24:34mais aussi
24:34on parle globalement
24:35c'est qu'on se dit
24:36mais ça va être
24:37de moins en moins
24:38un site de production
24:39la France
24:40on va parler justement
24:41oui
24:41Mathieu Plas
24:42un dernier mot
24:43et puis on fait une peu plus
24:44non non
24:44c'est important
24:45de rappeler
24:45cette fragmentation politique
24:47qu'on retrouve
24:48avec des impacts
24:48on retrouve au niveau local
24:49on retrouve au niveau local
24:51et qui pose la question nationale
24:52et on sait bien que
24:53voilà
24:53dans un an
24:54on a une élection
24:55extrêmement importante
24:56où les programmes
24:57enfin en tout cas
24:58on n'est pas à l'abri
24:59d'un second tour
24:59avec des programmes radicaux
25:00et donc c'est quoi
25:02la stratégie économique
25:02c'est quoi la stratégie industrielle
25:04c'est quoi la stratégie budgétaire
25:06voilà
25:06tout ce qui construit
25:07en fait
25:07une nation
25:08et sa puissance économique
25:10et donc aujourd'hui
25:11c'est vrai
25:11quand vous êtes investisseur
25:12il y a de quoi
25:13un peu s'inquiéter
25:14parce que vous n'avez aucune visibilité
25:16et on a vraiment une radicalité
25:17qui s'est développée
25:18dans le pays
25:20et voilà
25:21et ce problème de visibilité
25:22me semble
25:23assez crucial
25:24et on n'est pas prêt
25:25de le résoudre
25:26d'ici un an
25:27et on pourrait montrer
25:28je pensais à autre chose
25:29en préparant l'émission
25:31c'est que
25:32au fond
25:32on pourrait montrer
25:33les chiffres
25:34en France
25:35il y a un problème
25:35c'est qu'on a très fort
25:36sur le débat d'idées
25:37et on ne regarde jamais
25:38les chiffres
25:39ce qu'on essaye de faire
25:40dans les experts
25:41chaque jour
25:42merci de le rappeler
25:43je trouve que
25:44comme électeur
25:44ce serait intéressant
25:45qu'on nous remette
25:46le budget
25:47de la commune
25:48dans laquelle
25:50on élit
25:51et les propositions budgétaires
25:52des autres candidats
25:54peut-être tous
25:55ne peuvent pas le faire
25:56ni dans toutes les villes
25:57encore que ça doit être
25:58plus simple
25:58on pourrait le faire
25:59quand même assez simplement
26:00aujourd'hui
26:00je trouve qu'avec le bulletin
26:02de vote
26:02et si un maire se représente
26:04il devrait montrer son bilan
26:05il ne faut pas confondre tout
26:06ce n'est pas une assemblée générale
26:07des actionnaires
26:08mais quand même
26:09donnons les chiffres
26:10personne ne donne les chiffres
26:12je ne suis incapable
26:12de dire
26:13quel est exactement
26:14le budget de la ville de Paris
26:15quelle est la dépense
26:16des fonctionnaires
26:17quelle est la dépense
26:18des investissements
26:19quel est le montant
26:20des erreurs
26:20pour le coup
26:21tout est disponible
26:21publiquement
26:25au début de l'émission
26:26on avait l'impression
26:26que tout allait bien
26:27sur le budget de la défense
26:28je rappelle quand même
26:29que oui la LPM
26:30selon les fameux mots
26:32est tenue à l'euro près
26:34mais il y a eu
26:36en estimation
26:368 milliards d'euros
26:38de report de charge
26:39c'est-à-dire
26:39on a commandé des choses
26:40en 2025
26:41mais on ne va les payer
26:42qu'en 2026
26:43donc ce n'est pas ça
26:44qui va donner
26:45également beaucoup
26:46beaucoup de confiance
26:47aux industriels de la défense
26:48qui attendent des commandes
26:49les commandes n'arrivent pas
26:50on avait promis
26:52pourtant la délégation
26:53à l'armement
26:54avait promis
26:54d'allonger
26:55les carnets de commandes
26:56et c'est vrai
26:56que les industriels
26:57n'ont pas le droit
26:58on a nationalisé
27:00l'aéronautique française
27:01en 1936
27:03la production
27:04s'est effondrée
27:04on a été obligé
27:05de commander
27:05à la dernière minute
27:06des avions américains
27:07qui sont arrivés
27:09en mi-40
27:10et d'ailleurs
27:10qu'on a stocké
27:11au Canada
27:12parfois l'histoire
27:13se répète
27:13on se retrouve
27:14après une très courte
27:16pause publicitaire
27:17pour parler
27:17pouvoir d'achat
27:18des ménages
27:20le pouvoir d'achat
27:21des français
27:22est-il menacé
27:23avec la flambée du pétrole
27:25avec la guerre en Iran
27:26ne quittez pas
27:27on revient tout de suite
27:28Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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