- il y a 8 heures
Ce mercredi 18 mars, Raphaël Legendre a reçu Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel, Mathieu Plane, directeur adjoint du Département Analyse et Prévision de l'OFCE, et André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente
00:09Les experts, Raphaël Legende
00:12Bonjour à tous, il est 10h, vous êtes en direct sur BFM Business pour les experts.
00:17Emmanuel Macron est à Nantes aujourd'hui sur le site de Naval Group
00:21pour dévoiler le nom du futur porte-avions français.
00:24Un investissement de 10 milliards d'euros qui va mobiliser jusqu'à 14 000 personnes au pic de l'activité.
00:32Un marqueur de plus de la montée en puissance de l'économie de guerre.
00:36Une montée en puissance décrétée il y a trois ans après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
00:43Alors trois ans plus tard, où en sommes-nous ?
00:45Plus largement, l'Europe est-elle en train de se mettre en ordre de bataille pour exister dans le XXIe
00:52siècle ?
00:52Ce sera le premier sujet du jour avec mes experts.
00:55Et puis on connaît désormais les candidats du second tour des municipales.
01:00A Toulouse, Nantes, Limoges ou Clermont-Ferrand,
01:03les candidats partis socialistes n'ont pas tardé à s'allier aux candidats de la France insoumise.
01:09Alors en cas d'élection, existe-t-il un risque pour le tissu industriel local ?
01:14Ce sera le deuxième débat du jour.
01:16Et puis on va aussi parler pouvoir d'achat des Français, inflation et réponse des banques centrales autour de la
01:24crise en Iran.
01:25Et enfin pour terminer cette question, est-ce qu'on a trop subventionné les énergies renouvelables ?
01:33C'est en tout cas l'avis de la Cour des comptes.
01:36On va voir ce qu'en pensent mes experts.
01:38Il est 10 heures passées de une minute.
01:41Voilà pour le menu du jour.
01:42Vous êtes en direct sur BFM Business.
01:44Allez, c'est parti !
01:54Et ils arrivent juste à temps sur le plateau.
01:57Mes trois invités du jour, j'ai le plaisir d'accueillir.
01:59Mathieu Plannes. Bonjour Mathieu.
02:00Bonjour Raphaël.
02:01Directeur adjoint du département Analyse et Prévisions de l'OFCE.
02:05À vos côtés, André Lescou-Pietry. Bonjour André.
02:08Bonjour Raphaël.
02:08Président de Jedi John European Disruptive Initiative.
02:11Et Guillaume d'Arc, qu'on ne présente plus.
02:14Bonjour Guillaume.
02:15Bonjour Raphaël.
02:16Président de Montpensier, Arbrevel.
02:18Bienvenue.
02:19Et vice-président de l'Association française de gestion financière.
02:23Bienvenue à tous les trois sur ce plateau avec un premier sujet léger.
02:29L'économie de guerre, les amis.
02:31Ça fait trois ans que nous sommes aujourd'hui normalement, en tout cas, qu'Emmanuel Macron
02:36a décrété l'économie de guerre, la montée en puissance des dépenses de défense en France.
02:43Trois ans après, quel bilan tirer ?
02:47Je rappelle qu'Emmanuel Macron est à Nantes aujourd'hui sur le site de Naval Group
02:51pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, le successeur du Charles de Gaulle.
02:59C'est évidemment une question économique aussi.
03:03C'est un chantier de plus de 10 milliards d'euros qui va mobiliser jusqu'à 14 000 personnes,
03:09je vous le disais, au pic de l'activité.
03:14Allez, Guillaume d'Arc, je commence avec vous.
03:16Est-ce qu'on est aujourd'hui dans la bonne cadence en termes de dépenses de défense ?
03:22Deux réflexions.
03:23Une donnée, quelques chiffres.
03:24Je l'ai vérifié avant le début de l'émission.
03:27On était à 37 milliards à peu près de budget militaire en 2017.
03:31On devrait être à 57 en 2026.
03:33Il y a eu une accélération assez claire, effectivement, depuis la guerre d'Ukraine.
03:38Donc ça a l'air d'être des chiffres significatifs.
03:41Mais 70% à peu près, c'est de l'équipement.
03:4430% sont des dépenses de personnel.
03:47Alors, en même temps, l'armée de l'air, je crois que c'est 25-30 000 personnes.
03:54Et les fonctionnaires de la mairie de Paris, c'est 50 000 personnes.
03:57Ça met les choses en perspective.
03:59C'est un sujet du jour.
04:00Donc, c'est la première réflexion.
04:02Il y a un effort.
04:03La France est assez pauvre et n'a pas de marge budgétaire.
04:06Donc, on ne peut pas aller beaucoup plus loin.
04:08Et la deuxième réflexion, mais là, je crois qu'André va lancer très bien les sujets
04:12parce qu'il est en train de faire un séminaire.
04:14C'est, est-ce qu'on mène la bonne guerre ?
04:18Il n'y a pas de bonne guerre.
04:19Donc, c'est plutôt, est-ce qu'on est en train de se préparer à la bonne guerre ?
04:21On ne va pas revenir vers l'armée de métier du général de Gaulle en 1932.
04:25Mais enfin, c'est une constance, malheureusement, de la France
04:28de ne pas adopter le bon dispositif stratégique pour la nouvelle guerre.
04:35Si on fait à Zincourt, ils ont envoyé les archers.
04:38On a gagné la guerre de Cent Ans quand on a fait les gros canons des frères Bureau.
04:43Quand le général de Gaulle réagit, il dit qu'il faut des chars et des avions
04:47et on fait la ligne Maginot.
04:48Donc, je crois, enfin, on va le redire, il y a trois axes.
04:52Il y a le cyber, on est dans une guerre électronique.
04:54Il y a les drones, il y a les robots et il y a l'espace.
04:57Donc, est-ce que toutes ces histoires de porte-avions, c'est très, très bien, on le voit.
05:02Mais qu'est-ce que sera le porte-avions avec les drones dans 30 ans ?
05:05Je suis un peu inquiet sur notre vision longue.
05:07Avant de vous dire sur la vision long terme avec vous, André Lescouc-Pietry,
05:11je voulais juste un point budgétaire avec vous, Mathieu Plan.
05:14La loi de programmation militaire prévoit un doublement des dépenses d'armée.
05:19Est-ce qu'on peut la maintenir au vu du cadre financier actuel ?
05:25C'est un engagement.
05:27Et l'engagement, enfin déjà, il a été...
05:29J'ai l'impression que, pour le coup, c'est plutôt assez transpartisan.
05:33Alors, il peut y avoir quelques réticences,
05:35mais il n'y a pas eu de grosse opposition à augmenter ce budget militaire, en tout cas.
05:41Effectivement, déjà avec la loi de programmation militaire de 2024,
05:44on était sur des rythmes de hausse du budget de 3 milliards par an.
05:47Oui, renforcée en 2025 et 2026.
05:50Et à partir de, surtout, la 2026, en fait, on n'est plus à 3, on est plutôt à 6,
05:546,5.
05:55C'est-à-dire qu'on double la hausse, c'est-à-dire qu'on met 0 à 1 point
05:58de PIB par an supplémentaire.
06:00Ce qui est vrai pour 2026, mais aussi 2027.
06:02Donc, il y a quand même une montée en charge avec un objectif.
06:05D'ailleurs, le président de la République avait parlé, d'ici la fin de décennie,
06:08un budget de 30 milliards supplémentaires.
06:10Absolument.
06:10En gros, c'est rajouter un point de PIB à la Défense,
06:13qui aujourd'hui représente à peu près 2.
06:16Donc, ça serait une augmentation quand même assez significative.
06:19Et c'est vrai que c'est aussi un engagement européen.
06:22Est-ce que les autres pays européens suivent la même tendance ?
06:25Est-ce que la France est en avance ? Est-ce que la France est en retard ?
06:27Alors, la France était un peu en avance par rapport à d'autres pays,
06:30parce qu'on a aussi...
06:31On a le nucléaire.
06:32On a le nucléaire, on a un gros budget militaire,
06:34beaucoup plus que, par exemple, des pays comme l'Espagne, notamment, ou même l'Italie.
06:40L'Allemagne a annoncé un gros, gros plan de relance, je rappelle,
06:43de 1 000 milliards, dont la moitié qui est normalement consacrée à la Défense.
06:47C'est moitié infrastructure, moitié Défense.
06:49Donc, c'est pas négligeable.
06:51Donc, il se passe quelque chose.
06:52On voit qu'il y a un mouvement européen.
06:54Pour la France, se pose ce que vous avez rappelé quand même,
06:56c'est la question du financement.
06:57Et puis après, alors même si je ne suis pas un grand spécialiste de l'économie,
07:01de la Défense, le problème, il n'est pas juste de mettre de l'argent.
07:05Le problème, il est de délivrer, d'avoir des capacités de production
07:08qui répondent à cette demande.
07:09Et puis, il y a les enjeux stratégiques.
07:11C'est-à-dire, est-ce qu'on est capable de fournir les bons matériels,
07:15les drones, les avions, etc.
07:17Donc, il y a toute une filière de production qui est derrière tout ça,
07:21sur laquelle il faut réfléchir, sachant que les engagements
07:23ne se font pas du jour au lendemain.
07:24Il y a aussi des dépendances historiques.
07:27Et donc, ça veut dire que c'est quand même un renversement important.
07:29Donc, il se passe quelque chose.
07:31Les budgets sont maintenus.
07:32Ils vont certainement être tenus.
07:34On a plutôt un avantage comparatif vis-à-vis des autres.
07:38Parce que dans, j'allais dire, ce qui fait plutôt le succès français,
07:42la Défense et en tout cas l'industrie militaire,
07:45on est plutôt...
07:46On est une grande nation qui exporte.
07:48On est le deuxième plus grand.
07:49Les États-Unis sont très, très, très loin.
07:50Pour le Raval, mais il n'y a pas grand-chose d'autre.
07:52Oui, alors c'est vrai que quand on regarde juste les schémas macro,
07:56c'est vrai que les États-Unis sont très loin devant les autres,
07:58notamment sur l'exploitation.
07:58Mais on reste quand même...
08:00On n'est pas les mêmes budgets.
08:00On est quand même parmi les nations qui exportent le plus.
08:03Je crois qu'on est deuxième ou troisième mondial.
08:05Donc, ça reste quand même assez bénéfique pour nous aussi,
08:07le fait que l'Europe se réveille et relance son industrie de la défense.
08:12André Lescouc-Pétry, je rappelle que vous êtes président de JEDI,
08:14la Joint European Disruptive Initiative,
08:16une sorte d'ARPA européenne,
08:20D'ARPA.
08:23Et vous êtes sur le point de, justement,
08:25publier un rapport, des documents, un séminaire, je ne sais pas,
08:29sur...
08:30Oui, alors, nous, on finance des problèmes de recherche,
08:31donc on n'est pas des spécialistes de faire des rapports,
08:34mais sur ce sujet d'économie de guerre, effectivement,
08:36on va publier une petite note sur...
08:39Est-ce que l'Occident, est-ce que la France, l'Europe sont prêts ?
08:43En posant la question, c'est un petit peu une question rhétorique,
08:47la réponse est malheureusement non.
08:48Je vais vous demander, vous connaissez ce terme Winchester,
08:52entre vous ?
08:53Quand on dit qu'on est Winchester dans l'armée de l'air,
08:56alors on est quand même 57 000 dans l'armée de l'air,
08:58donc un tout petit peu plus quand même que l'effectif de l'Amérique-Paris.
09:02Bon, à peu près équivalent, on doit mettre à ça.
09:04C'est à peu près un cinquième des effectifs des armées,
09:06un peu équivalent à la Marine Nationale.
09:08Quand on dit qu'on est Winchester, c'est-à-dire qu'on n'a plus de munitions.
09:11Et c'est exactement la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
09:14Regardez l'exemple.
09:15Notamment avec les missiles.
09:16Il y a eu une réunion de crise,
09:17puisqu'on a tiré apparemment une grande partie de nos missiles Mika,
09:21un million de pièces,
09:23pour tirer des drones qui, certains, coûtent 20 ou 30 000 dollars.
09:27Donc aujourd'hui, au bout de trois ans,
09:31on n'a toujours pas compris.
09:33Une chose, c'est que...
09:35C'est trois choses.
09:35Un, c'est que ce n'est pas un sujet de montant,
09:38c'est un sujet d'abord industriel,
09:41c'est un sujet de vitesse,
09:43et c'est un sujet où, de plus en plus,
09:45la masse, c'est-à-dire la quantité,
09:48bat la sophistication.
09:50On le voit très clairement,
09:52les Américains sont en train d'en faire...
09:54Ils sont en train d'en faire la meilleure expérience également,
09:57puisque eux ont dépensé...
09:58Alors l'estimation, c'est qu'ils sont à 15-20 milliards,
10:00aujourd'hui, de dollars,
10:01sur les coûts des 18 premiers jours de la guerre.
10:05C'est un milliard par jour, du ton.
10:06C'est colossal, voilà, c'est donc 15-21.
10:10Et que le vrai risque,
10:12et c'est ce que les Ukrainiens ont compris aujourd'hui,
10:14c'est que le risque,
10:15c'est qu'on va être de plus en plus saturés d'attaques.
10:20Et voyez, cette affaire de porte-avions,
10:22moi je ne me prononce pas sur l'opportunité
10:24ou pas de faire un porte-avions
10:26au moment où, effectivement,
10:27de plus en plus les grandes plateformes
10:29sont quand même extrêmement vulnérables
10:31à des attaques,
10:32parce que vous pouvez avoir 90% de taux
10:34de détection de drones
10:37ou de destruction de drones.
10:38Quand il y en a un qui passe,
10:39il peut quand même mettre à mal,
10:41il peut faire mal.
10:42Et sur un porte-avions,
10:43il ne faut pas couler le porte-avions,
10:45il suffit de tirer l'aide à l'atterrissage
10:49et vous avez quelque chose qui flotte
10:51ou les contre-mesures électroniques.
10:53Donc c'est quand même des objets
10:54qui sont relativement vulnérables
10:56quand ils sont gros,
10:57mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas les avoir.
10:59C'est un bel objet de communication.
11:01Et surtout un sujet de projection de puissance.
11:04On le voit bien aujourd'hui
11:05avec le porte-avions américain
11:06qui est obligé piteusement
11:08de revenir au port,
11:12je crois, en Crète ou à Chypre
11:15à cause d'un incendie qu'il y a eu.
11:17C'est un des deux projections de puissance,
11:19base avancée.
11:21Pour eux, c'est quand même absolument majeur.
11:23La première réaction qu'on a eue,
11:24c'était d'amener le char de Gaulle.
11:25Tout ça va dans le bon sens
11:26et c'est plus que juste un objet militaire,
11:28c'est aussi un objet politique.
11:29Donc ça, ce n'est pas ça le sujet.
11:30Le sujet, c'est est-ce qu'on a utilisé
11:32ces trois dernières années
11:35à réinventer la manière
11:36dont on fait de la production ?
11:38Et là, c'est presque aussi une opportunité
11:40pour la France et pour l'Europe.
11:42On parle beaucoup
11:42de désindustrialisation d'un côté,
11:44on parle d'efforts militaires de l'autre.
11:46Ce qui est terrible
11:47dans nos silos organisationnels,
11:49publics ou privés,
11:50c'est qu'on ne voit pas en fait le lien.
11:52Aujourd'hui, plus on fait des choses grosses,
11:54des grosses usines, des gros data centers,
11:56plus en fait aujourd'hui,
11:56on est vulnérable.
11:57L'autre chose qu'on peut apprendre
11:58de la guerre d'Ukraine,
11:59c'est qu'aujourd'hui,
12:00vous avez de plus en plus
12:01de la production décentralisée,
12:02de la production qui est très proche
12:04des lieux où vous l'utilisez.
12:05Ce qui est une opportunité,
12:07dans certains cas aussi,
12:08de rapatrier.
12:08On ne va pas tout rapatrier.
12:10C'est pas que le front soit en France, quand même.
12:12Vous savez,
12:13quand vous avez aujourd'hui
12:14une seule usine
12:15qui produit des rafales,
12:17c'est beaucoup...
12:17D'ailleurs, ça a été l'objectif de Dassault
12:19depuis quelques années,
12:20c'est de faire très vite
12:24Le bon vieux principe
12:25de ne pas mettre tous ses oeufs
12:26dans le même panier.
12:27Idem sur les data centers
12:28d'AWS aujourd'hui à Dubaï,
12:29qu'on pensait être extrêmement
12:32peu vulnérable.
12:33Finalement, aujourd'hui,
12:33c'est une vraie remise en question
12:35de ces gros, gros objets.
12:36Ce que vous êtes en train de nous dire,
12:37André Le Stroup-Pietry,
12:39c'est que maintenant,
12:40ce mot les beautiful.
12:41Ça va infuser dans toutes
12:42les grandes industries.
12:43Pas toujours,
12:44mais mon point principal,
12:46c'est de dire qu'aujourd'hui,
12:47le vrai sujet,
12:48la guerre aujourd'hui,
12:49se gagne par l'industrie.
12:51Et c'est pas nouveau.
12:52La raison pour laquelle
12:53la Deuxième Guerre mondiale
12:54a vraiment connu un tournant.
12:55C'est qu'en 1942,
12:57la machine de guerre industrielle
12:59américaine s'est mise en branle.
13:00Et je rappelle aussi,
13:01et c'est peut-être une leçon aussi
13:03pour les grands de la défense classiques,
13:05c'est que c'est pas
13:06les grands de la défense
13:07de 1941 qui ont gagné,
13:08c'est General Motors et Ford
13:11qui, à l'époque,
13:11ont commencé à faire des bateaux
13:13parce qu'ils savaient industrialiser.
13:15Ils passaient des avions.
13:16Et il y a des Liberty Ships,
13:17etc., à la chaîne.
13:18Donc c'est ça qu'il faut
13:19qu'on sache.
13:20Et évidemment,
13:21le sujet des drones
13:22est caractéristique.
13:23Quand on annonce fièrement
13:24qu'on a commandé 1 000 drones,
13:26il ne vaudrait mieux pas
13:26faire cette annonce.
13:27Les Ukrainiens,
13:28par an,
13:30les Ukrainiens en produisent
13:32entre 5 000 et 10 000
13:34aujourd'hui par jour.
13:35Ils visent 10 millions de drones
13:38cette année.
13:39Donc ils produisent
13:395 à 10 000 drones par jour.
13:41Oui.
13:41Et nous avons, en France,
13:43commandé 1 000 drones.
13:44Non, on n'a pas commandé 1 000 drones.
13:45Mais il y a eu une grande annonce
13:46il y a 2 ou 3 semaines
13:48en disant qu'on a, ça y est,
13:49un premier badge de 1 000 drones.
13:50Enfin, on n'est pas du tout
13:52à l'échelle.
13:52On n'est pas à l'échelle.
13:53Aujourd'hui, c'est ce qui est consommé
13:54en quelques heures
13:55sur le champ de bataille.
13:56C'était le domaine de la prévision.
13:58Effectivement, il y avait
13:59cette déclaration du CEMA
14:00du chef d'état-major des armées
14:02et qui disait,
14:05alors on lui disait,
14:06mais les drones,
14:07alors on en a combien ?
14:08Pourquoi est-ce qu'on n'en a pas commandé
14:10il y a 3-4 ans ?
14:11Il disait, on ne savait pas
14:11que ça allait servir autant.
14:13Je caricature et je prie de m'excuser.
14:15Mais effectivement,
14:16et je reviens moi sur ma remarque,
14:18c'est-à-dire qu'il faut vraiment
14:21avoir une vision projective
14:22qui est extrêmement difficile.
14:23Mais enfin, on a quand même deux guerres
14:25où on comprend qu'il y a une dialectique
14:27du faible au fort,
14:28que quand on voit la production
14:30de drones iraniens très importante,
14:33quand on voit ce qui se passe en Ukraine,
14:34c'est vrai qu'on a le plus bel avion du monde
14:36qui est le Rafale.
14:38En tout cas, c'est ce qu'on pense.
14:39Mais c'est guerre asymétrique.
14:40On espère que c'est vrai.
14:41Mais qu'on sait bien
14:42qu'il va y avoir des esseins de drones
14:44commandés par IA.
14:45On sait très bien
14:46qu'il va y avoir sur le terrain
14:48des robots humanoïdes.
14:51On sait que tout ça va décaler.
14:53et c'est extrêmement difficile
14:54de le prévoir.
14:56Mais je pense qu'il faut
14:56qu'on soit beaucoup plus souple
14:57dans les approches.
14:58Ce que j'entends autour de la table,
14:59c'est que les politiques
15:00n'ont pas eu la bonne vision
15:02de développement
15:02de notre système de dépense.
15:03Disons que les trois sujets
15:05sont liés.
15:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
15:07vous parliez du fait
15:07est-ce qu'on publie un rapport ou pas.
15:10Aujourd'hui,
15:10le rôle du politique
15:12est de plus en plus
15:14un rôle d'anticipation.
15:16Un, parce que ça,
15:17ça permet effectivement
15:18de prévoir ça.
15:19Et très franchement,
15:19les esseins de rôle.
15:20Nous, on a été les tout premiers
15:21à en parler
15:21il y a maintenant trois ans.
15:23Il ne fallait pas être
15:24expert nucléaire
15:25ou en rocket science,
15:26comme on dit en anglais,
15:28pour comprendre
15:29que ça deviendrait un sujet.
15:31En tout cas,
15:32il faut l'anticiper.
15:33Et c'est aussi un sujet politique
15:34parce que ça donne
15:35la perception
15:36à nos concitoyens
15:37qu'on est en contrôle des choses.
15:40Aujourd'hui,
15:41on a un sentiment
15:42effectivement de subir.
15:44Et quand on subit,
15:46il faut réagir.
15:47Ça coûte plus cher.
15:47Et c'est terrible
15:48parce qu'on subit aujourd'hui
15:49sur l'IA,
15:50on subit sur les drones.
15:52Le sujet de l'espace,
15:53aujourd'hui,
15:53ce qui se passe
15:54sur les constellations,
15:55c'est également quelque chose
15:56qui est relativement écrit
15:57depuis cinq ou six ans.
15:59Est-ce qu'on a les moyens
15:59de réagir
16:00et de rattraper ce retard ?
16:02C'est très important
16:02parce qu'aujourd'hui,
16:04on voit
16:05chez les forces spéciales,
16:06dans les armées,
16:07dans les trois armées,
16:08on a aujourd'hui
16:09énormément d'opérateurs
16:10qui veulent faire des choses.
16:11Aujourd'hui,
16:12il y a un vrai sujet
16:13plus au niveau
16:14effectivement
16:14de la décision politique.
16:16Je donne un exemple.
16:16Puisqu'on parlait
16:16de l'armée de l'espace,
16:17aujourd'hui,
16:18l'armée de l'espace
16:19n'a pas la capacité propre
16:21de faire des commandes.
16:22Elle n'a pas ce qu'on appelle
16:23le droit d'adjudication.
16:24C'est incroyable.
16:26Ça,
16:26c'est quelque chose
16:27que le politique
16:28pourrait quelque part
16:28d'un trait de plume
16:30décider
16:30de donner
16:31beaucoup plus de liberté
16:32et de discrétionnaire
16:34aux commandants de base.
16:35Mais c'est quoi ?
16:36C'est le verreux de Bercy ?
16:37C'est tout à la DGA ?
16:39C'est une approche
16:40qui est en fait
16:41à l'antithèse.
16:41C'est un peu la différence
16:42entre le management,
16:43je ne veux pas faire
16:43de grandes leçons ici,
16:44et le leadership.
16:45Le leadership,
16:45vous fixez une mission
16:47qui est effectivement
16:48de projeter,
16:49de te protéger
16:50et d'anticiper.
16:51Et le management
16:52qui veut tout réglementer
16:54aujourd'hui
16:54dans un monde
16:55extrêmement incertain.
16:56Je rappelle qu'on n'est
16:57qu'au troisième mois
16:58de l'année 2026
16:58et on a l'impression
16:59que c'est déjà
16:59extrêmement long.
17:01Il faut donner
17:01une perspective
17:03et ensuite donner
17:04le maximum de liberté
17:06et de responsabilité
17:08aux opérateurs
17:09qui sont sur place.
17:10Et c'est comme ça
17:11qu'on gagne les batailles.
17:12Sinon, effectivement,
17:13on est toujours en train,
17:14on est en retard
17:15quand on centralise
17:16à l'extrême
17:18cette capacité
17:18d'anticipation.
17:20Mais c'est industriel
17:21et technologique.
17:22Parce que, André...
17:23On parle de base,
17:25industrielle,
17:26armement,
17:26technologique et défense.
17:27elle est technologique
17:28et donc notre retard,
17:29le retard de l'Europe
17:30dans la révolution numérique,
17:32il se constate.
17:33Ça va être le sujet.
17:35Mais Guillaume,
17:35les deux sont liés.
17:36Rappelez-vous
17:36la fameuse phrase
17:37de Pierre Suard,
17:38c'est on va faire
17:38de la technologie
17:41sans usine.
17:42Aujourd'hui,
17:42les deux sont liés.
17:43C'est-à-dire,
17:44si vous n'avez pas
17:45les usines
17:46où très vite
17:46vous pouvez tester
17:47les choses,
17:48vous n'avez pas
17:49des cycles d'innovation.
17:50Donc vous avez
17:50complètement raison,
17:51les deux sont intimement liés.
17:52C'est ce qu'on a.
17:53Aujourd'hui,
17:53c'est pour ça
17:54qu'il nous faut
17:56impérativement
17:57rapatrier
17:57les capacités industrielles.
17:59Mathieu Plan.
17:59Oui,
18:00d'ailleurs,
18:00c'est un point intéressant.
18:01L'industrie représente
18:03en France
18:03à peu près 10% du PIB.
18:06Oui.
18:06Et même un peu moins maintenant.
18:07Elle concentre
18:0870% de l'ARD.
18:09Donc l'ARD reste
18:10quand même industrielle
18:11et là,
18:12je ne parle même pas
18:12de l'industrie de la défense
18:13qui est encore,
18:14je veux dire,
18:15le ratio est encore plus élevé.
18:16Ça, c'est le premier point.
18:17Deuxième point,
18:18on ne peut pas dire
18:18qu'on est dans une économie de guerre.
18:20Enfin, je veux dire,
18:21est-ce que vous voyez
18:22vraiment une réorientation
18:23des chaînes de production ?
18:24Est-ce que vous pouvez rappeler
18:25succinctement pour ceux
18:26qui nous écoutent d'ailleurs
18:27ce qu'est l'économie de guerre ?
18:2970% de son PIB
18:31est consacré
18:32à la défense,
18:32à son budget de la guerre.
18:34Et heureusement,
18:36on n'y est pas.
18:36Je veux dire,
18:37le terme d'économie de guerre,
18:39on en est quand même assez loin.
18:40D'ailleurs,
18:41regardez les échanges budgétaires.
18:43Quand on va lâcher
18:43sur le GL des retraites,
18:46par exemple,
18:46les 1%,
18:47c'est les 3 milliards.
18:48Voilà.
18:49On fait des choix
18:50qui ne sont quand même pas orientés
18:51sur une économie de guerre.
18:52Enfin, je veux dire,
18:53les périodes,
18:53ou en tout cas,
18:54les pays qui sont en guerre
18:55le savent très bien.
18:56Donc, c'est vrai que c'est plutôt
18:57du vocabulaire des mots.
18:58C'est vrai que c'est important
18:58d'avoir une conception stratégique,
19:02industrielle,
19:02d'innovation,
19:03sur comment on répond
19:04à tout ça dans le temps.
19:05Mais c'est quand même
19:05un peu galvaudé
19:06de dire qu'on est
19:07en économie de guerre.
19:08Et peut-être un point,
19:08quand même,
19:09je pense qu'il y a un effort.
19:11Il y a une phase intermédiaire,
19:13effectivement.
19:13Le monde change.
19:14Soit consacrer tout
19:15à l'effort de guerre,
19:16ça c'est ce qui se passe
19:16en Ukraine,
19:17c'est ce qui se passe
19:17dans les pays
19:17comme la Corée du Nord
19:18ou évidemment la Russie.
19:20Il y a soit l'économie de paix,
19:21mais je pense qu'aujourd'hui,
19:22on est dans une phase
19:23où en fait,
19:24en liant le sujet
19:25de réindustrialisation,
19:26en fait,
19:27on a une capacité
19:28de réinventer l'industrie
19:29et peut-être
19:30de rapatrier
19:30une partie de l'industrie
19:31si on réinvente,
19:33si on fait des chaînes
19:33de montage,
19:34des usines
19:35qui sont beaucoup plus flexibles,
19:36qui sont capables
19:37de faire du x10.
19:38Aujourd'hui,
19:39dans notre effort de défense,
19:40on a fait du plus 20,
19:41plus 30%.
19:42Alors,
19:42il y a quelques exceptions
19:43sur les canons César
19:44qui ont doublé,
19:45voire triplé.
19:45On a triplé
19:46le rythme de production
19:47des canons César.
19:49On est pas seulement
19:49des obus de 50.
19:50De 23 à 27 rafales par an.
19:52Donc,
19:52on n'est pas du tout encore
19:54dans une...
19:54D'ailleurs,
19:55et dès qu'on fait de l'exportation,
19:56en fait,
19:56ça repousse d'autant
19:57les livraisons de rafales
19:59à nos propres armées.
20:00Donc,
20:00l'exportation,
20:00c'est bien
20:01parce que ça réduit
20:02les coûts d'ensemble
20:03et ça amortit
20:04les frais de R&D.
20:05Donc,
20:06c'est ce sujet
20:06qui prend une opportunité immense
20:08mais qu'on n'a pas saisie
20:09depuis trois ans.
20:10On le comprend,
20:11l'industrie est un élément majeur
20:13de notre capacité
20:14de réarmement
20:16et ça a un lien direct
20:18avec les municipales.
20:19On ne dirait pas comme ça,
20:20mais,
20:20mais,
20:20mais,
20:21je vous propose
20:22de réécouter
20:22le directeur général
20:24de Safran
20:25qui s'est exprimé
20:26il y a moins d'un an
20:27devant l'Assemblée nationale.
20:29Safran,
20:29qui fait évidemment
20:30acteur majeur
20:31de l'industrie de l'armement.
20:32On l'écoute.
20:34Quand on crée
20:35500 emplois
20:36dans une région,
20:37si c'est pour se faire
20:38accueillir
20:39par des tomates,
20:40ce n'est pas la peine,
20:41je ne le ferai pas.
20:43Donc,
20:44chaque fois
20:45que l'on aura
20:46un choix
20:48de localisation,
20:49je bannirai,
20:50je dirais,
20:53une offre
20:54faite par une ville
20:56détenue
20:56par une majorité
20:57écologiste.
20:59Olivier Andriès
21:00faisait alors
21:01référence
21:02à l'accueil
21:03qu'il avait reçu
21:03à Rennes
21:04alors qu'il venait
21:05présenter
21:05un projet
21:06d'investissement
21:06majeur
21:07avec 500 emplois
21:08à la clé
21:09et il s'était fait
21:10accueillir
21:11à coup de jet de tomate
21:12dans la figure.
21:13Donc,
21:14les écolos
21:14terminaient.
21:15Aujourd'hui,
21:16à Toulouse,
21:17on a un accord
21:18entre
21:19le candidat
21:20socialiste
21:21et le candidat
21:22LFI
21:23qui propose
21:23la mairie
21:24au candidat
21:26LFI
21:27et la métropole
21:28au candidat
21:29socialiste.
21:30Ces accords,
21:31on les trouve
21:31à Toulouse
21:32mais aussi
21:32à Clermont-Ferrand
21:33où on a
21:34Michelin,
21:35à Nantes
21:35où aujourd'hui
21:36se rend le président
21:37de la République
21:37où il y a évidemment
21:38toute l'industrie
21:39navale
21:40et notamment
21:40Naval Group.
21:41On pourrait
21:41multiplier
21:42les exemples.
21:44Guillaume Dard,
21:45est-ce que
21:46ces accords
21:48peuvent éventuellement
21:51porter préjudice
21:52à un moment
21:53au tissu industriel
21:54local ?
21:55Je ne pense pas
21:56que le maire
21:57de Toulouse,
21:57il est LFI,
21:58il ira directement
21:58démonter
21:59les usines Airbus.
22:00Non, mais un Guillaume
22:01Faury qui se recouvrait
22:02face à un maire
22:03Mais ça mesure
22:04en fait
22:05le problème français
22:06global.
22:07C'est-à-dire
22:07qu'on vient
22:08d'avoir
22:09cette décision,
22:09cette discussion
22:11budgétaire
22:11sans fin
22:12où on a préféré
22:15raccourcir
22:15l'âge
22:16de la retraite
22:18plutôt que
22:18de se mettre
22:19en ordre
22:20de bataille
22:20pour la guerre
22:22économique.
22:23Je n'ai pas envie
22:24qu'on soit en économie
22:24de guerre,
22:25mais déjà la guerre
22:25économique qui est là
22:26pour maintenir
22:27la compétitivité.
22:29Donc, il est clair
22:30que ce message
22:31de partis extrémistes
22:34qui prennent le pouvoir
22:36dans des grandes métropoles
22:37n'est certainement
22:38pas favorable
22:39à l'industrie française
22:41qui, on le sait,
22:42c'est pour les usines
22:44mais c'est aussi
22:44pour l'immobilier,
22:45etc.
22:46On est dans un système
22:47de blocage économique
22:49avec des luttes
22:51contre des autorisations
22:52de construction.
22:52Donc, oui,
22:53c'est un très mauvais
22:54message,
22:55c'est-à-dire qu'on est
22:56dans une schizophrénie
22:57française,
22:58il y a une partie
22:58de la population
22:59qui ne veut pas
23:00comprendre qu'on est
23:01dans une guerre économique
23:02voire dans quelque chose
23:03de plus grave.
23:04Mathieu Plannes,
23:05est-ce que vous pouvez
23:05nous rappeler
23:05les prérogatives
23:06des maires
23:07en matière
23:08de développement
23:10économique ?
23:11Elles sont assez limitées
23:12quand même
23:13sur la partie économique.
23:15C'est beaucoup
23:15de l'urbanisme
23:18en réalité.
23:19Le PLU.
23:19Le PLU.
23:20Il y a la possibilité
23:22d'agir sur la taxe foncière.
23:23Oui.
23:24Mais bon,
23:24on ne pouvait pas
23:24tellement désynchroniser
23:25entreprise et ménage.
23:27Le projet industriel,
23:29est-ce qu'on peut
23:29freiner,
23:30accélérer des projets ?
23:31Après,
23:31je pense que,
23:32effectivement,
23:32c'est plutôt le message
23:35qui est renvoyé.
23:36Je ne pense pas
23:37que même des maires
23:38et des filles
23:39soient contre l'emploi local.
23:41Donc, il y a quand même,
23:42je veux dire,
23:42quand vous voyez Toulouse,
23:43quand vous parlez
23:43de Clermont-Ferrand
23:44et de Michelin,
23:45ça serait tirer une balle
23:46dans le pied.
23:46Donc, c'est évident que non.
23:47Après, c'est plutôt
23:48au niveau national,
23:49c'est-à-dire les enjeux
23:50que ça peut renvoyer
23:52en termes d'attractivité,
23:54de vision du business,
23:57de certains secteurs industriels,
23:59vous parliez de Safran,
24:00qui sont mal vus
24:01par une partie politique.
24:04Bon, mais je crois
24:05que localement,
24:06malgré tout,
24:07le pouvoir des maires
24:08reste assez limité
24:09sur la partie économique.
24:10C'est plutôt
24:10les messages envoyés
24:12qui peuvent,
24:12enfin, c'est ce qu'il racontait,
24:13c'est plutôt qu'il serait fait
24:14accueillir avec des tomates.
24:15Ce n'est pas tellement
24:16qu'on lui a coupé ses rêves.
24:17Quand on est mal accueilli,
24:17en général, on parle.
24:18Voilà, c'est plutôt
24:19quand vous êtes mal accueilli,
24:20vous n'avez pas envie de venir.
24:21Bon.
24:22Oui, moi, je mettrais
24:22plutôt sur l'aspect
24:24de l'huile dans les rouages,
24:25c'est-à-dire les bons
24:26projets industriels
24:26et surtout ceux
24:27qui vont vite,
24:28j'insiste à nouveau
24:29sur la vitesse,
24:29c'est une étroite coordination
24:31entre l'échelon local,
24:33les maires,
24:33les préfets,
24:35l'attractivité nationale.
24:36Et effectivement,
24:36là, quand il y a une équipe
24:38qui travaille bien ensemble
24:39et qui n'est pas
24:39dans les postures,
24:40ça marche.
24:41Si, effectivement,
24:42il y a des postures...
24:42C'est ce qu'on dit
24:43de la région Normandie,
24:48dont parle Guillaume.
24:49Aujourd'hui,
24:50c'est plutôt les territoires
24:52qui ont à se vendre,
24:55à vendre leur capacité
24:57de...
24:58Aussi l'aspect formation
25:00qui est absolument social.
25:01Quand, évidemment,
25:02l'équipe sur place
25:03est désynchronisée
25:05ou politiquement opposée
25:07à l'échelon régional
25:09ou national...
25:11On peut rappeler
25:11que c'est l'échelon régional,
25:12effectivement,
25:13qui, normalement,
25:14pilote la politique
25:15d'attractivité économique
25:16d'un territoire.
25:18S'il y a cette montée
25:19des extrêmes en France,
25:20pourquoi est-ce qu'elle a lieu ?
25:21Elle a lieu dans d'autres
25:22pays du monde.
25:23C'est parce qu'il y a
25:23un appauvrissement général.
25:25La France,
25:25c'est combien en classement
25:26du PIB par habitant,
25:28maintenant,
25:28ou à l'intérieur de...
25:29On est en dessous
25:29de la moyenne européenne,
25:30maintenant.
25:30On est en dessous
25:31de la moyenne européenne.
25:31Depuis trois ans.
25:33Donc, il y a un appauvrissement.
25:34Quand il y a un appauvrissement,
25:36les gens ont envie
25:37d'aller voter
25:37pour ceux qui leur promettent...
25:39C'est un vote de colère,
25:40donc de défiance.
25:40Il y a un vote de colère.
25:42Et qu'est-ce que réclament
25:43les gens ?
25:43Davantage d'État-providence.
25:46Et puis,
25:47on a cet État-providence
25:48qui gonfle,
25:49qui gonfle,
25:49qui gonfle,
25:50qui, d'une certaine façon,
25:52asphyxie l'économie
25:53et la productivité.
25:54Et donc,
25:55on rentre dans ce cercle vicieux
25:56et qui est sans cesse.
25:58C'est ça qui est très,
25:59très grave.
25:59C'est que cette image
26:00de colère,
26:01entre guillemets,
26:02et de volonté
26:05de distribution
26:06sans fin,
26:07d'aide sociale
26:08à des gens
26:09qui en ont besoin.
26:10C'est-à-dire qu'il n'y a pas de doute
26:10que les gens ont besoin
26:11d'aide sociale,
26:12mais qu'en même temps,
26:13on est en train
26:13d'asphyxier complètement
26:15l'appareil de production française,
26:16sa compétition,
26:17et donc on va être
26:18encore plus pauvres au classement
26:19et donc il faudra
26:19encore davantage
26:21accorder d'aide sociale.
26:22Et c'est le message global.
26:24Et c'est le message
26:25qui est donné
26:26à tous les industriels,
26:27on parle par le secteur
26:29de la défense,
26:29mais aussi on parle globalement,
26:31c'est qu'on se dit
26:31mais ça va être
26:32de moins en moins
26:33un site de production,
26:34la France.
26:35On va parler,
26:36et justement,
26:37Mathieu,
26:37plein d'un dernier mot
26:38et puis on fait une peu plus.
26:39Non, non, non,
26:39c'est important
26:40de rappeler
26:40cette fragmentation politique
26:42qu'on retrouve
26:43avec des impacts...
26:43On retrouve au niveau local,
26:45on voit maintenant
26:46avec les élections qui partitent.
26:47Et on sait bien que
26:48dans un an,
26:49on a une élection
26:50extrêmement importante
26:51où les programmes,
26:52enfin en tout cas,
26:53on n'est pas à l'abri
26:54d'un second tour
26:54avec des programmes radicaux.
26:56Et donc,
26:56c'est quoi la stratégie économique,
26:58c'est quoi la stratégie industrielle,
26:59c'est quoi la stratégie budgétaire ?
27:01Voilà,
27:01tout ce qui construit
27:02en fait une nation
27:03et sa puissance économique.
27:06Aujourd'hui, c'est vrai,
27:06quand vous êtes investisseur,
27:08il y a de quoi un peu s'inquiéter
27:09parce que vous n'avez
27:10aucune visibilité
27:11et on a vraiment
27:12une radicalité
27:12qui s'est développée
27:13dans le pays.
27:15Et voilà,
27:16ce problème de visibilité
27:17me semble assez crucial
27:20et on n'est pas prêt
27:20de le résoudre
27:21d'ici un an.
27:22Et on pourrait montrer,
27:23là,
27:23je pensais à autre chose
27:24en préparant l'émission,
27:26c'est qu'au fond,
27:27on pourrait montrer
27:28les chiffres.
27:29En France,
27:30il y a un problème,
27:30c'est qu'on a très fort
27:31sur le débat d'idées
27:32et on ne regarde
27:33jamais les chiffres.
27:34Ce qu'on essaye de faire
27:35dans les experts
27:36chaque jour,
27:37merci de le rappeler.
27:38Je trouve que comme électeur,
27:40ce serait intéressant
27:40qu'on nous remette
27:41le budget
27:42de la commune
27:43dans laquelle
27:45on élit
27:46et les propositions
27:47budgétaires
27:47des autres candidats.
27:49Peut-être tous
27:50ne peuvent pas le faire,
27:51ni dans toutes les villes,
27:52encore que ça doit être
27:53plus simple.
27:53On pourrait le faire
27:54quand même assez simplement
27:55aujourd'hui.
27:56Je trouve qu'avec le bulletin
27:57de vote,
27:57si un maire se représente,
27:59il devrait montrer son bilan.
28:00Il ne faut pas confondre tout,
28:01ce n'est pas une assemblée générale
28:02des actionnaires,
28:03mais quand même,
28:04donnons les chiffres.
28:05Personne ne donne les chiffres.
28:07Je ne suis incapable
28:07de dire quel est exactement
28:09le budget de la ville de Paris,
28:10quelle est la dépense
28:11des fonctionnaires,
28:12quelle est la dépense
28:13des investissements,
28:14quel est le montant des...
28:15Pour le coup,
28:16tout est disponible
28:17publiquement.
28:18puisqu'on est sur le chiffre...
28:20Au début de l'émission,
28:21on avait l'impression
28:21que tout allait bien
28:22sur le budget de la défense.
28:23Je rappelle quand même
28:24que oui,
28:25la LPM,
28:26selon les fameux mots,
28:27est tenue à l'euro près,
28:29mais il y a eu,
28:31en estimation,
28:328 milliards d'euros
28:33de report de charge.
28:34C'est-à-dire qu'on a commandé
28:35des choses en 2025,
28:36mais on ne va les payer
28:37qu'en 2026.
28:38Donc,
28:39ce n'est pas ça
28:39qui va donner également
28:40beaucoup de confiance
28:42aux industriels de la défense
28:43qui attendent des commandes.
28:45n'arrivent pas.
28:45Oui,
28:46on avait promis,
28:47pourtant,
28:47la délégation
28:48à l'armement
28:49avait promis
28:49d'allonger
28:50les carnets de commandes
28:51et c'est vrai
28:51que les industriels
28:52n'attendent pas toujours.
28:54On a nationalisé
28:55l'aéronautique française
28:56en 1936,
28:58la production s'est effondrée,
28:59on a été obligé
29:00de commander
29:00à la dernière minute
29:01des avions américains
29:02qui sont arrivés
29:04en mi-40
29:05et d'ailleurs
29:05qu'on a stockés au Canada.
29:07Parfois,
29:08l'histoire se répète.
29:09On se retrouve
29:09après une très courte
29:11pause publicitaire
29:12pour parler
29:12pouvoir d'achat
29:13des ménages.
29:15Le pouvoir d'achat
29:16des Français
29:17est-il menacé ?
29:18Avec la flambée du pétrole,
29:20avec la guerre en Iran,
29:21ne quittez pas,
29:22on revient tout de suite.
29:30BFM Business
29:31et La Tribune
29:33présentent
29:33Les Experts
29:35Raphaël Legendre.
29:37Allez,
29:38on est de retour
29:38pour la seconde partie
29:39de l'émission.
29:40Il est 10 heures
29:40passées de 31 minutes.
29:42Vous êtes en direct
29:42sur BFM Business
29:44avec toujours
29:45autour du plateau
29:45Guillaume Dard,
29:46Mathieu Plannes
29:47et André Lescrouges-Pietry.
29:49On va parler
29:50pouvoir d'achat
29:51des ménages français
29:53aujourd'hui.
29:53C'est la une
29:54de nos confrères
29:55de La Tribune.
29:56Le pouvoir d'achat
29:57des Français
29:57est-il menacé
29:59par la hausse
30:01des hydrocarbures,
30:02la hausse
30:03du prix du pétrole ?
30:04Évidemment.
30:05Mathieu Plannes,
30:06je commence
30:07avec vous.
30:08On a vu
30:09très clairement
30:10les conséquences,
30:11la première conséquence
30:12de cette crise
30:14en Iran,
30:14c'est le pétrole,
30:15c'est le gaz,
30:15c'est les prix
30:16à la pompe,
30:17bien sûr,
30:17mais pas que.
30:19Mais pas que,
30:19ça a des conséquences
30:20en cascade en réalité.
30:21Oui,
30:21alors pour le moment,
30:22c'est quand même
30:23essentiellement
30:23sur le pétrole.
30:25Même s'il y a
30:26des effets sur le gaz,
30:27le gaz,
30:27en fait,
30:28les répercussions
30:29sur les prix
30:30et notamment aux consommateurs
30:31prend du temps
30:31parce que vous êtes
30:32sur des contrats
30:32beaucoup plus longues
30:33que durelles,
30:33qui sont des contrats fixes,
30:34alors qu'on voit
30:36d'ailleurs,
30:38les ajustements
30:38des prix à la pompe
30:39étaient quasiment immédiats.
30:40Ça a été très rapide.
30:41Très rapide,
30:42voire même,
30:42il y avait presque
30:43des anticipations
30:44par rapport
30:44au coût d'approvisionnement.
30:45Et donc,
30:46ça se répercute très vite,
30:47très vite.
30:48Et bien sûr
30:49que les ménages
30:49y sont sensibles
30:50parce que,
30:52voilà,
30:53vous avez,
30:54enfin,
30:55si vous sortez
30:56des grosses agglomérations,
30:5780% des gens
30:57vont au travail
30:58en voiture
31:00et n'ont pas forcément
31:01d'autres possibilités
31:02ou d'autres arbitrages.
31:03Donc,
31:04en fait,
31:05l'impact,
31:05il est assez rapide
31:06et immédiat
31:07sur le portefeuille.
31:08Et c'est vrai
31:08que ça va toucher aussi
31:09beaucoup des classes moyennes,
31:11plutôt sur des territoires
31:12périurbains
31:13ou zones rurales.
31:14On se souvient bien sûr
31:15du mouvement
31:15des Gilets jaunes.
31:17Là,
31:17la question qui se pose,
31:18c'est en fait,
31:19quel peut être l'impact
31:21de façon un peu durable
31:22ou pas ?
31:23Et là,
31:24on est dans le flou,
31:24pour tout vous dire.
31:25Ça dépend vraiment,
31:26bien sûr,
31:26de l'intensité
31:28qu'on connaît
31:29pour le moment,
31:29mais de la durée possible
31:31ou pas
31:31de ce conflit.
31:33Tout le monde est,
31:34enfin,
31:34je veux dire,
31:34toute personne aujourd'hui
31:35qui fait des projections
31:36sur l'énergie
31:37est quand même
31:37très embêtée
31:38pour savoir
31:38quel va être
31:38le scénario pétrole
31:39pour les prochains mois.
31:41On est capable
31:41de voir l'impact
31:42sur les quelques semaines
31:43mais qui reste quand même
31:44assez limité.
31:44Alors,
31:44je vous donne juste
31:45un ordre de grandeur,
31:46peut-être.
31:47On parlait de chiffres
31:48tout à l'heure.
31:4910 dollars
31:50de plus
31:51sur un baril,
31:52c'est sur une année.
31:54Donc,
31:54si vous êtes plutôt
31:54à 75 au lieu de 65,
31:56disons,
31:58l'impact sur l'inflation,
31:59c'est 0,3 point de plus.
32:00On dit que c'est 0,1
32:01sur la croissance.
32:02C'est 0,1 point
32:02sur le PIB.
32:06Imaginons que vous êtes
32:07à 100 dollars.
32:08J'ai des chiffres horribles.
32:09Vous êtes à 100 dollars
32:10au lieu de 70.
32:11On peut le digérer quand même.
32:13on peut le digérer quand même.
32:15Oui,
32:15mais alors là,
32:16vous commencez à avoir
32:16des impacts
32:17qui sont quand même
32:17beaucoup plus significatifs
32:18et après,
32:18vous avez les effets
32:19en chaîne,
32:20y compris sur vos partenaires
32:21commerciaux.
32:24Si on est dans le scénario
32:25actuel où on est
32:26à 90 dollars
32:27et que ça ne dure pas longtemps,
32:28ça coûte pour à peu près
32:30un couple avec des enfants,
32:32c'est beaucoup,
32:34mais enfin,
32:34c'est 50 euros.
32:35Si ça dure quelques mois
32:37avec un cours du pétrole
32:38à 110-120 dollars,
32:40l'effet sur le prix
32:41de l'énergie globale
32:42et puis que ça s'accompagne
32:43d'un effet sur le gaz
32:45et sur les produits alimentaires
32:46parce qu'il y a
32:47beaucoup d'engrais,
32:48ça peut aller
32:49à 150 euros par mois.
32:51Si on a le scénario
32:52catastrophe...
32:53On parle du coût de l'essence,
32:53on est d'accord.
32:54Le prix à la pompe
32:55ou de tout ?
32:56Sur votre budget,
32:57l'aménage,
32:59l'effet mensuel,
33:0150 euros dans un scénario actuel,
33:04150 euros...
33:05150 euros,
33:05ça commence à piquer
33:06pour beaucoup.
33:07Et si on est dans le scénario
33:09où le détroit d'Ormuse
33:11est fermé
33:11et que le prix du pétrole
33:14va à 130-150 dollars,
33:17c'est 400 euros par mois.
33:19Donc, il faut se rendre compte,
33:21ce que je veux dire,
33:21de ce que pourrait être
33:23une crise très grave.
33:24– Je rappelle que le salaire moyen
33:25médian en français
33:26est autour de 2200 euros par mois.
33:29400 euros par mois ?
33:30– Par l'effet...
33:31– Enfin, on change
33:32son mode de consommation
33:33à 400 euros par mois.
33:34– Non, mais c'est vous dire
33:36l'ampleur de la crise potentielle.
33:39L'économie,
33:40c'est de l'énergie transformée.
33:41Le prix de l'énergie,
33:42s'il monte,
33:43au fond,
33:43s'il a grosso modo triplé,
33:45enfin, pas triplé,
33:46s'il a multiplié par deux fois et demi,
33:48si on est à 150 dollars,
33:49par rapport à 60 dollars avant,
33:52le prix de l'énergie
33:53aura été multiplié par deux et demi.
33:56Et donc, l'effet,
33:58sans parler de l'effet récessif,
33:59extrêmement important,
34:00qui fait en plus
34:01qu'on aura un problème budgétaire
34:03et qu'on a un budget
34:03absolument pas capable
34:04de résister à ça.
34:06Donc, c'est pour ça que,
34:07d'ailleurs,
34:08personne n'ose imaginer
34:10un scénario
34:10où le détroit d'Ormuz
34:12est bloqué,
34:12parce que, bien sûr,
34:13que c'est la queue
34:13de la distribution,
34:14c'est la crise.
34:15Mais l'ampleur de la crise
34:17qui serait provoquée
34:18par ce blocage long
34:20est absolument inconcevable
34:22et dantesque.
34:23Bon,
34:24je rajouterai deux choses.
34:26Alors,
34:26comme toujours,
34:27quand on se regarde,
34:28on se désole,
34:29mais quand on regarde les autres,
34:30on se console.
34:31Les Allemands,
34:32à nouveau,
34:33totalement à contre-courant,
34:34qui,
34:35il y a un mois,
34:37ont fait quasiment,
34:38ils ont doublé la mise
34:39sur le gaz naturel,
34:41en coupant
34:42leur effort massif
34:43sur le renouvelable,
34:44mais enfin,
34:44là,
34:45dans la rubrique
34:45anticipation catastrophique,
34:47l'autre chose,
34:48c'est,
34:48et je rappelle quand même
34:49ceux qui arrivent aujourd'hui
34:50à passer apparemment
34:51avec une tacite complicité
34:53des gardiens de la Révolution,
34:55c'est les tankers chinois
34:56qui, eux,
34:57continuent,
34:58gardiens de la Révolution,
34:59qui continuent
35:00à être approvisionnés.
35:02Moi,
35:03je rajouterai une chose
35:04au sujet purement
35:05énergie et électricité,
35:06c'est le sujet industriel,
35:08c'est-à-dire que,
35:09très rapidement,
35:10on va voir,
35:12par exemple,
35:12l'hélium,
35:13dont on a besoin
35:13pour faire des semi-conducteurs
35:15ou pour plein de choses,
35:16aujourd'hui,
35:17vient essentiellement
35:18de cette région du monde
35:19et il n'y a pas
35:20les fameux gazoduc
35:21ou oléoduc
35:22qui permettent
35:23de contourner
35:23pour ce produit-là.
35:25On ne peut pas stocker
35:25parce que c'est
35:26un des gaz les plus légers,
35:27donc par définition,
35:28il s'évapore assez vite,
35:30sans ça,
35:31pas de semi-conducteurs.
35:32Le doliprane,
35:33dont on a souvent parlé
35:35en France,
35:36est quasiment entièrement
35:37à base de composants
35:39pétroliers,
35:40enfin,
35:40tous les...
35:41L'urée,
35:42qui est aujourd'hui
35:43utilisé par
35:43le Vaccine Institute
35:45of India,
35:46qui est l'endroit
35:46où, en fait,
35:47beaucoup de précurseurs
35:48médicamenteux sont faits,
35:50est également...
35:50commence à être
35:51en rupture de stock.
35:52Donc, déjà,
35:52un message probable...
35:55Comme, de toute façon,
35:55sur les...
35:56Sur les...
35:56Sur les...
35:57D'abord,
35:58ouais,
35:59alors,
35:59l'effet prix
36:00quand on utilise
36:02nos stocks stratégiques,
36:04il est quand même
36:04assez réduit
36:05parce qu'on en a très peu.
36:07Gardons-les précieusement
36:08pour ces sujets-là
36:10qui sont à beaucoup
36:11plus valeur ajoutée
36:12que les quelques centimes
36:14qu'on pourra peut-être
36:14réduire purement
36:16politiquement.
36:16Donc, là aussi,
36:17il faut absolument
36:18qu'on soit stratégique
36:18sur ça.
36:19De l'anticipation,
36:20ce qu'on manque terriblement.
36:21C'est un aspect industriel
36:22majeur à un ou deux mois.
36:23Il y a deux choses aussi
36:24sur les aspects économiques.
36:26Il y a l'effet prix
36:27et il y a l'effet volume,
36:29en fait.
36:29Pour le moment,
36:30ce qu'on mesure,
36:30c'est surtout des effets prix.
36:31Oui.
36:32C'est-à-dire que...
36:32C'est les marchés
36:33qui s'enflamment
36:34mais on n'a pas de pénurie.
36:36Mais voilà,
36:40qu'on a connus
36:41au moment du déclenchement
36:43de l'attaque de la Russie
36:44sur la guerre en Ukraine
36:46avec l'approvisionnement en gaz.
36:47Ce n'est pas juste
36:48un effet prix.
36:48C'est-à-dire que
36:48s'il vous manque
36:49certains composants industriels
36:50ou des matières énergétiques,
36:52la production s'arrête.
36:54C'est-à-dire que c'est
36:54plutôt binaire.
36:55Pour le moment,
36:56ce qu'on valorise,
36:57c'est plutôt l'effet
36:57sur l'inflation,
36:58le pouvoir d'achat,
36:59sur le PIB.
37:00Pour vous donner
37:00des ordres de grandeur
37:01parce qu'on parlait de chiffres,
37:02au moment du déclenchement
37:04de la guerre en Ukraine,
37:05le choc énergie,
37:11plus il y a eu
37:12les ordres de grandeur.
37:14Je crois qu'autour du gaz,
37:15on est à 50 euros le mégawatt.
37:16On est monté à 350 euros
37:18le mégawatt
37:20pendant la crise en Ukraine.
37:21Et c'est vrai que
37:21sur les livraisons
37:22du détroit d'Hormuz,
37:23elles vont beaucoup plus
37:24sur l'Asie que sur l'Europe.
37:25Ça ne veut pas dire
37:25qu'on a des...
37:26Mais juste pour donner
37:27des ordres de grandeur
37:28et on n'est pas dans
37:28cet ordre de grandeur
37:29pour le moment,
37:30et j'espère qu'on ne le sera pas,
37:31mais au moment du déclenchement
37:32de la guerre en Ukraine,
37:33les visions,
37:33c'était qu'on avait un choc
37:34de l'ordre,
37:35si ça durait,
37:40équivalent au choc pétrolier de 73.
37:41C'est majeur.
37:42Et 3 points de PIB sur une année,
37:43effectivement,
37:43c'est 90 milliards.
37:44Si vous avez 30 millions de ménages,
37:47ça fait en gros
37:473 000 euros par ménage
37:48dans ce cas-là.
37:49Mais ça veut dire
37:49que c'est un choc
37:50qui serait équivalent
37:51pour le moment.
37:52Heureusement,
37:52ce n'est pas ce qu'on simule
37:53comme modèle.
37:54Sinon, d'ailleurs,
37:55on n'aurait pas ça.
37:56Donc c'est vrai que
37:56pour le moment,
37:57dans les ajustements
37:58Goldman Sachs,
37:59ça fait aussi.
38:00Effectivement,
38:00on a des pertes
38:02entre 0,1 et 0,2 points de PIB.
38:04Parce que le scénario
38:10pour l'instant...
38:11On tape toujours
38:11sur une guerre courte.
38:13Heureusement,
38:13et moi, je le souhaite
38:14et j'espère bien
38:15et c'est ce que je ressens,
38:16mais on n'a pas du tout
38:18envie de voir
38:19l'ampleur de la catastrophe
38:21possible.
38:21C'est-à-dire que vraiment,
38:23d'ailleurs,
38:24dans tout scénario
38:25de catastrophe,
38:26on imaginait blocage
38:27des Trois-Dormuzes.
38:29C'est-à-dire qu'on vous laisse
38:30faire des frissons
38:30quand on faisait ses prévisions
38:32pour l'année suivante.
38:32C'était le pire des scénarios.
38:33C'était le pire des scénarios.
38:35Et on y est.
38:36Et on y est.
38:38Et c'est incroyable,
38:39d'ailleurs, parce qu'on y est.
38:40Et on n'est pas
38:41complètement inquiets.
38:42Mais les marchés
38:42n'ont pas flanché, Guillaume.
38:44Mais justement,
38:44parce que le marché,
38:46comme l'a dit très bien Mathieu,
38:47pour l'instant,
38:48les sites de prédictifs
38:50où on vote,
38:51effectivement,
38:52la majorité,
38:53on est à peu près
38:54à 50%
38:56qui pensent
38:56que ça sera fini
38:57fin avril,
38:59voire fin mai.
39:0050%,
39:00c'est pire que la roulette russe.
39:02Mais c'est la roulette russe.
39:03S'il y a l'osissé
39:04fin d'année
39:05et aggravation,
39:07c'est terrifiant.
39:08Et on parlait
39:09de l'imbalance
39:10entre le coût.
39:12Aujourd'hui,
39:13on estime
39:13qu'il faut 300 mines
39:14qui coûtent chacune
39:15entre 1 000 et 5 000 euros
39:18pour fermer entièrement
39:20le détroit.
39:21Et les Iraniens,
39:22apparemment...
39:23Il suffit de lancer la menace
39:24pour que ça bloque tout.
39:26A priori,
39:26c'est ça.
39:27Mais on imagine...
39:28Bon, après,
39:28c'est de la géopolitique
39:29et j'en suis pas expert,
39:30mais on imagine mal
39:31quand même les États-Unis
39:32rester durablement
39:33dans ce conflit
39:34avec ces prix de l'énergie
39:35et l'impact que ça a,
39:36y compris sur les...
39:37Avec les mid-terms
39:38ce qui arrive.
39:39Donc, il y aurait...
39:40C'est nous qui souffrirons le plus.
39:42D'ailleurs,
39:42quand vous parlez des marchés,
39:43ce qui souffre,
39:44c'est le marché européen.
39:44C'est le marché européen.
39:45Mais c'est vrai que,
39:46du coup,
39:46c'est pareil,
39:47on parlait de visibilité,
39:48c'est qu'on comprend pas bien
39:48la stratégie américaine,
39:50en fait.
39:50On comprend pas bien
39:50la stratégie israélienne,
39:52mais américaine,
39:53c'est beaucoup plus conflit.
39:54On n'a pas les objectifs
39:55très clairs,
39:55et on voit que c'est un peu compliqué.
39:56Je peux arrêter
39:56quand je veux cette guerre.
39:58Bon,
39:58on comprend pas rien.
39:59Mais,
39:59donc,
40:00à un moment donné,
40:01ça dépend aussi
40:01de la stratégie américaine
40:04et des choix
40:04qui peuvent être faits
40:05sur les deux ans.
40:06Il faut rappeler aussi
40:07que les pertes
40:08pour les pays du Golfe,
40:08elles sont gigantesques.
40:10Gigantesques,
40:11y compris pour l'Iran.
40:12Parce que l'Iran,
40:13je veux dire,
40:14repose quand même sa...
40:15Le grand gagnant,
40:16c'est la Russie,
40:16paradoxalement.
40:17C'est quand même la Russie,
40:18voilà.
40:19Mais sur le pays en guerre,
40:21sur la Russie,
40:22on disait il y a quatre ans,
40:24la Russie ne tiendra pas
40:25sur Caliver.
40:27Et oui,
40:27ça n'a pas été le cas.
40:28Et ça tient.
40:28Ça n'a pas été le cas.
40:29Donc,
40:30effectivement,
40:31le Golfe,
40:31qui était un des moteurs
40:32d'accélération du monde,
40:33plus l'effet sur l'Inde,
40:35toute cette zone
40:36dont on pensait
40:36qu'elle allait être
40:37un des grands facteurs
40:38de croissance mondiale
40:39est à l'arrêt.
40:40Oui.
40:40Ce que je trouve spectaculaire,
40:42moi,
40:42c'est qu'une armée
40:43avec un budget
40:43de 1 000 milliards de dollars,
40:45les États-Unis
40:45n'arrivent pas
40:46à sortir d'un conflit.
40:48Alors,
40:48vous me direz,
40:48on n'en est qu'au 19ème jour.
40:50Le budget de la défense aérienne,
40:52c'est 10 milliards.
40:53Voilà,
40:5310 milliards,
40:541 000 milliards.
40:54Et finalement,
40:55on voit que dans ces guerres
40:56asymétriques,
40:57on ne parle pas forcément
40:58la masse qui compte.
40:59Je veux qu'on revienne
41:00au pouvoir d'achat
41:01des Français.
41:02Avec vous,
41:03Mathieu Plannes,
41:03vous avez été auditionné
41:04il y a quelques semaines,
41:05il me semble,
41:05à l'Assemblée nationale
41:06sur le sujet.
41:07Où est-ce qu'on était
41:08en 2025 sur le pouvoir d'achat ?
41:10Quelle a été la progression
41:10en 2025 ?
41:12Et quelles étaient
41:12avant la crise
41:13les perspectives
41:15sur le pouvoir d'achat
41:16des ménages français
41:17pour 2026 ?
41:20Enfin,
41:212025 est une année
41:22un peu de transition.
41:23En fait,
41:23ce qu'il faut savoir,
41:24c'est que 2024
41:24avait été plutôt
41:25une bonne année
41:26et que 2025,
41:28on a...
41:28Alors,
41:28c'est toujours la difficulté
41:29quand on parle de pouvoir d'achat,
41:30c'est qu'on parle
41:30de chiffres macro
41:31qui ne résonnent pas forcément
41:33l'ensemble de la population.
41:35Sachant que le pouvoir d'achat,
41:36il est composé
41:36des revenus du travail,
41:37des revenus du capital financier,
41:39des prestations sociales.
41:40Et en face,
41:41vous avez les impôts.
41:42Le pouvoir d'achat
41:43en 2025
41:44a légèrement augmenté.
41:45La question,
41:45c'est que 2026,
41:46par contre,
41:47on serait sur un scénario
41:48plutôt de légère contraction
41:50de ce pouvoir d'achat
41:51avec à la fois
41:52le retour de l'inflation,
41:53des salaires
41:54qui sont peu dynamiques.
41:55Ce qu'il faut noter,
41:56c'est que d'ailleurs,
41:58alors qu'il est aujourd'hui
41:58vu comme presque
41:59un argument de compétitivité,
42:01c'est-à-dire
42:01qu'on a un niveau
42:02des prix d'inflation
42:03qui est plus faible
42:04que nos voisins européens,
42:05ce qui est quand même
42:05un peu nouveau,
42:07ça n'a pas été toujours le cas,
42:08et d'ailleurs,
42:08par rapport notamment
42:09aux Allemands,
42:10mais par contre,
42:10ça se traduit par des dénamiques
42:11de pouvoir d'achat
42:12qui sont faibles.
42:13On a eu des revenus financiers
42:15qui étaient très forts
42:16pendant les années précédentes,
42:17c'est beaucoup moins le cas aussi,
42:19et puis on rentre
42:20dans une période
42:20d'ajustement budgétaire,
42:22y compris sur laquelle
42:23on augmente la CAG,
42:24la fiscalité.
42:24Donc, 2026
42:26va être une année délicate
42:27sur le pouvoir d'achat,
42:28d'un point de vue macroéconomique,
42:29mais aussi micro,
42:30parce que quand on dit
42:31il y a des effets aussi
42:32d'hétérogénéité
42:33qui peuvent être très forts,
42:34liés que ce soit
42:35sur la fiscalité,
42:36mais aussi au retour d'inflation,
42:37et notamment,
42:37tout le monde n'est pas impacté
42:38de la même façon
42:39par la hausse des prix
42:40du baril ou de l'énergie.
42:41Donc, ça va être
42:42un sujet sensible,
42:43surtout une année préélectorale,
42:45il n'y a pas de doute.
42:46La question,
42:47c'est qu'aujourd'hui,
42:48l'État a déjà fait beaucoup
42:49sur les années passées,
42:50cols vides,
42:51boucliers tarifaires,
42:52etc.,
42:53et qu'aujourd'hui,
42:53les caisses,
42:54entre guillemets,
42:55et qu'elles sont vides.
42:56Et que du coup,
42:57il y a très peu
42:57de leviers d'action.
42:59Effectivement,
43:00les Français attendent
43:00beaucoup de l'État,
43:02mais aujourd'hui,
43:02l'État ne peut pas faire
43:03grand-chose
43:04pour vraiment dynamiser
43:05ce point d'achat.
43:06Donc, c'est une vraie problématique.
43:07Juste un point tout bête,
43:08il va falloir revoir le budget
43:10ou pas ?
43:10C'est Bertil Bayard,
43:11dans Figaro aujourd'hui,
43:12qui a cette chronique
43:12avec un titre génial,
43:13vous allez rire,
43:14on va devoir revoir le budget,
43:16mais avec des perspectives
43:17d'inflation qui changent
43:18complètement,
43:19des croissances revues
43:19à la baisse.
43:20Je vais vous dire
43:24en 2025,
43:25soit plus bas
43:26que ce qui était prévu.
43:28Les recettes ont été bonnes.
43:29Voilà.
43:30Les sur-profits
43:31sont surtout du côté de Bercy
43:33plus que des entreprises.
43:34On serait peut-être
43:34en dessous des 5,4
43:35qui étaient prévus.
43:36Donc, ça, c'est pour une fois
43:37peut-être une bonne nouvelle.
43:40Est-ce que vous pouvez
43:40nous en dire un peu plus ?
43:42Non.
43:42Est-ce qu'on serait plutôt
43:43vers 5 ou plutôt
43:44vers 5, 2, 5, 3 ?
43:46Ce qui ne changerait pas grand-chose.
43:47Moi, je ne suis pas
43:47dans les tablettes de Bercy,
43:49mais voilà,
43:49on récolte de temps.
43:50On aura les chiffres
43:51dans quelques jours.
43:51Et on serait...
43:52Voilà.
43:52Si vous faites des petits calculs
43:53de coin de table,
43:54vous pourriez être 5, 2.
43:56Mais ces 0,2 points de PIB
43:57aujourd'hui ont de l'importance.
43:59Surtout si vous voulez
43:59passer en dessous des 5.
44:00Alors, c'est l'objectif
44:01à 5 pour 2026.
44:03La question de la révision
44:04du budget va se poser.
44:05Si, effectivement,
44:06on a un nouveau scénario
44:06d'inflation.
44:07L'inflation en soi
44:08n'est pas vraiment problématique
44:10pour un budget.
44:10Ce qui est problématique,
44:11c'est que c'est une inflation
44:12importée qui est liée à l'énergie
44:13et qui va taper sur la croissance.
44:15L'inflation, c'est un sujet
44:16de banque centrale
44:17et les banques centrales
44:18vont beaucoup parler
44:19cette semaine, Guillaume.
44:20Un second, juste une petite insise.
44:22C'est que...
44:24Combien de régions françaises
44:26vivent davantage
44:27de transferts sociaux
44:28que de revenus primaires
44:29d'activité, Mathieu ?
44:30Je n'ai pas le...
44:31Oui.
44:31Enfin, je l'avais lu,
44:33mais grosso modo,
44:34j'avais cru comprendre
44:35que seule la région parisienne
44:37et une partie
44:40de la région Rhône-Alpes
44:41avaient davantage de revenus,
44:43c'est-à-dire de salaires.
44:44Contributeurs nets.
44:45Non, non, non.
44:47Les gens vivaient...
44:48Vous preniez la population...
44:51Plus de leur salaire
44:52que des redistributions sociales.
44:5450% des gens
44:55ont davantage
44:56de redistribution sociale
44:57que d'autres...
44:58Dans la redistribution sociale,
44:59on met les retraites.
45:00Oui.
45:00Oui, mais enfin bon.
45:02C'est 17 millions de personnes déjà.
45:04Ça veut dire que notre système,
45:05la moitié des gens
45:07vivent davantage
45:08de ce qu'il aurait redistribué
45:09par l'État,
45:10qu'ils ont payé
45:11préalablement, etc.,
45:13mais davantage
45:14que de revenus primaires.
45:15C'est la définition
45:15d'un pays socialiste, ça, non ?
45:17Non, mais il y a 17 millions
45:18de retraités.
45:19Alors, les banques centrales,
45:21c'est la grande semaine
45:22des banques centrales.
45:23Donc, on a ce soir la Fed.
45:24Alors, la Fed,
45:25il ne peut pas dire
45:26que Trump n'avait pas essayé
45:27de leur faire baisser
45:27les taux d'intérêt.
45:28Il lui a fait un procès
45:29au Paul Jay Powell.
45:31On lui a annoncé
45:32son successeur.
45:33On a commencé
45:34à introduire,
45:36donc, dans la composition
45:37du board of governance
45:39des gens qui étaient
45:40pour la baisse des taux.
45:41Et il y a la montée
45:42de l'inflation.
45:43Donc, personne ne pense
45:44que ce soir,
45:45on va baisser les taux.
45:46Pour l'instant,
45:46il n'y a pas encore
45:47les marchés prévois.
45:49Ce n'est pas les économistes.
45:50C'est les marchés,
45:51par la construction
45:52des prix à terme,
45:55estiment la hausse
45:56des taux potentiels
45:57sur une année.
45:58Aux États-Unis,
45:59pour l'instant,
46:00c'est flat.
46:00C'est-à-dire qu'avant,
46:02on pensait qu'il y aurait
46:02deux à trois baisses
46:03des taux d'intérêt.
46:04Après, à hier,
46:06on pensait qu'il n'y aurait
46:07plus de variation
46:07des taux d'intérêt.
46:09Ce qui est beaucoup plus grave,
46:10c'est l'Europe,
46:11où, alors qu'on pensait
46:12qu'il n'y aurait pas
46:13de hausse des taux
46:15ni de baisse des taux,
46:16maintenant, on imagine
46:17qu'il y ait une,
46:18voire deux hausses
46:20des taux d'intérêt
46:20cette année.
46:21Donc, si ça se rajoute
46:22à tous les soucis
46:23qu'on vient d'évoquer,
46:24c'est très, très mauvais,
46:27parce que ça ressemble.
46:29La crise de 2008,
46:30il y avait les scandales américains
46:32sur les sommes primes.
46:33Mais enfin, il y a eu surtout
46:34le pétrole qui est passé
46:35à 150 dollars
46:36et la hausse des taux
46:37simultanée par la Banque Centrale
46:38européenne,
46:39qui avait raison
46:40d'essayer de lutter
46:40contre l'inflation,
46:41mais on a eu
46:42un double choc terrible.
46:43Donc, on est dans un moment...
46:44On a peut-être tiré
46:45les leçons de ce double choc,
46:46non ?
46:46BCE doit parler demain,
46:48on verra ce qu'elle nous dit.
46:48En plus, c'est un peu
46:49une folie d'augmenter les taux
46:50quand vous avez
46:50un choc pétrolier.
46:51Mais bon, ça, c'est un autre...
46:52Enfin, ce que je veux dire,
46:53c'est la double peine.
46:54C'est un peu compréhensible,
46:55mais en même temps...
46:56C'est des anticipations,
46:57la mission, c'est l'inflation.
46:58L'inflation est là
46:58pour recasser,
46:59normalement,
46:59résumant la demande
47:00face à l'offre.
47:01Quand vous avez
47:01un choc d'offre négatif,
47:02c'est quand même
47:02assez particulier
47:03de monter les taux.
47:04Je sais que la Banque Centrale
47:05ne résonne pas forcément
47:06comme ça.
47:06Et il n'y a pas
47:06que les Français
47:07à la Banque Centrale.
47:09Les Allemands sont assez prudents.
47:10Elle n'a pas fait
47:11pour l'instant
47:11une déclaration terrible
47:12parce que généralement,
47:13elle dit
47:13qu'on va monter les taux
47:15assez vite.
47:15Elle, c'est Isabelle Schnabel.
47:17Peut-être pour compléter
47:19ce que dit Guillaume,
47:20c'est que aussi,
47:21la France n'est pas
47:21dans la moyenne
47:22de la zone euro
47:22sur l'inflation.
47:23On est plutôt autour de 1
47:23quand la moyenne
47:24est à 2.
47:26Donc c'est vrai
47:27que si vous mettez
47:27le choc énergie en plus,
47:29vous pouvez avoir
47:29une inflation
47:30qui va vers 3.
47:32Ce qui n'est pas dingue
47:33non plus.
47:34Oui, mais la boucle
47:35prit s'allait.
47:36C'est la spirale inflationniste.
47:37La dernière fois,
47:38la BCE a été en retard.
47:40Du coup,
47:41elle y est allée fort
47:41et tout le monde
47:44serrait,
47:45priait
47:45pour qu'il n'y ait pas
47:46la boucle prix-salaire
47:47qui s'est un peu enclenchée
47:48et qui s'est assez vite arrêtée.
47:50Mais la BCE doit se dire
47:52que c'est parce qu'on a monté
47:53les taux.
47:53Donc elle est obsédée
47:55par l'idée
47:55que la boucle prix-salaire
47:57ne se mette pas en marche.
47:57Et d'envoyer des anticipations
47:59comme quoi elle va être crédible
48:00sur son mandat
48:00et qu'elle fera tout
48:01pour lutter contre cette inflation
48:02pour casser cette possible
48:04boucle prix-salaire.
48:05Mais au moment...
48:06Où est la priorité aujourd'hui ?
48:07Le discours de Christine Lagarde
48:09va être quand même regardé.
48:10Très scruté,
48:10ce sera demain
48:11et on le suivra évidemment
48:12en direct sur BFM Business.
48:14Vous aurez tous les décryptages
48:16possibles et imaginables
48:17sur la BCE.
48:19Et puis surveillez
48:20la Banque du Japon aussi
48:21en fin de semaine.
48:21Ce sera important.
48:23Allez, il est 10 heures passées
48:24de 50 minutes.
48:25Vous êtes toujours en direct
48:26sur BFM Business.
48:26C'est les experts.
48:28La dernière question
48:29pour clôturer cette émission.
48:31Est-ce qu'on a trop subventionné
48:33les énergies renouvelables ?
48:35C'est en tout cas
48:36l'avis de la Cour des comptes
48:38qui a rendu un rapport
48:40au vitriol comme à chaque fois
48:42sur le sujet.
48:45Allez, André Lescoup-Pietry,
48:47je commence avec vous.
48:48On est juste après la PPE 3,
48:50la présentation
48:51de la programmation pluriannuelle
48:53de l'énergie
48:54qui justement pose
48:55le niveau de subvention
48:57de part des énergies renouvelables
48:59dans notre mix énergétique.
49:01Qu'est-ce que vous pensez
49:03de ce rapport
49:03de la Cour des comptes ?
49:04A-t-elle raison ou pas
49:04de tirer la sonnette d'alarme ?
49:06Alors, je n'ai pas lu le rapport
49:07mais sur les énergies renouvelables
49:09en général,
49:10on se focalise beaucoup
49:11aujourd'hui
49:12sur leurs coûts unitaires.
49:14Et effectivement,
49:15aujourd'hui,
49:15quelqu'un qui voit
49:16les coûts unitaires
49:17de production énergétique,
49:19du solaire,
49:20de l'éolien,
49:20pourrait dire
49:21mais attendez,
49:21aujourd'hui,
49:21on est même en dessous
49:22des autres énergies,
49:24donc ça ne sert à rien
49:25de subventionner.
49:26sauf que,
49:27comme ce n'est pas du pilotable
49:28et comme ce sont des énergies
49:31qui sont intermittentes,
49:33donc en fait,
49:34on n'a pas la capacité
49:35de les avoir au moment
49:36où on en a besoin
49:37et souvent,
49:38c'est même relativement inversé,
49:41le coût de les piloter
49:42est plus élevé encore
49:44que la plupart des énergies
49:45pilotables,
49:46nucléaires ou fossiles.
49:49Et en fait,
49:49donc un,
49:50je ne pense pas
49:51que ce soit le moment
49:52où il faut réduire massivement
49:54le budget parce qu'il faut,
49:55je veux dire aujourd'hui,
49:56la crise énergétique
49:57est une opportunité
49:58de dire là,
49:59il faut véritablement
50:02aller sur l'indépendance énergétique,
50:05ça c'est un point,
50:06mais la deuxième chose,
50:07c'est un peu comme dans l'industrie,
50:08on ne met pas assez l'accent
50:10sur tout ce qui permet,
50:12quelque part,
50:13de rendre ces énergies intermittentes
50:14beaucoup moins chères,
50:16le stockage
50:16et surtout
50:17les interconnexions européennes.
50:19Et c'est assez révélateur
50:20ce qui se passe en ce moment
50:21en Suède,
50:21qui est quand même
50:22le bon élève
50:23qui a beaucoup investi
50:25dans sa production,
50:26dans le renouvelable,
50:27etc.
50:28Et qui aujourd'hui,
50:29à cause d'une politique européenne
50:30qui est quand même
50:31très focalisée
50:31sur la production primaire
50:33et non pas sur
50:34ce qu'on appelle
50:34les réseaux intelligents,
50:36le stockage,
50:37etc.
50:37Aujourd'hui,
50:37vous installez
50:38une installation chez vous,
50:39vous êtes subventionné
50:41sur les panneaux,
50:42mais pas du tout
50:42sur le stockage.
50:43Alors que c'est ça,
50:44la subtilité
50:45qu'il faudrait rentrer.
50:46À nouveau,
50:47un état stratège,
50:48je le cherche toujours,
50:49j'ai encore l'espoir.
50:50Ce qui manque traditionnellement,
50:51mais c'est bien,
50:51l'optimisme de la volonté.
50:53Moi, je crois qu'André
50:54a bien résumé
50:56le problème précis.
50:58Mais chez Montpensier-Arbevel,
51:00nous, on est très attachés
51:01aux énergies renouvelables.
51:02Et donc,
51:03au-delà,
51:03je ne connais pas assez
51:04le détail,
51:04des problèmes franco-français,
51:06mais qui m'ont l'air
51:06comme toujours
51:07très administratifs,
51:08production,
51:09etc.
51:10L'énergie solaire,
51:12c'est la seule solution
51:13pour le monde.
51:14Le nucléaire,
51:15c'est une solution
51:17temporaire.
51:18Vous savez quelle partie
51:19de l'énergie solaire
51:20on utilise ?
51:21Sûrement très peu.
51:23Un demi-milliardier.
51:24Un demi-milliardier.
51:26Et vous regardez
51:26ce que c'est que
51:27l'échelle de Gagachef,
51:28une civilisation développée,
51:30c'est une civilisation
51:30qui arrive à utiliser
51:32l'énergie de son étoile.
51:34C'est ceux, d'ailleurs,
51:35qui guident
51:35la pensée de Musk.
51:37C'est pour ça qu'il dit
51:37qu'on va monter.
51:38Oui, qui veut envoyer
51:38les data centers
51:39dans l'espace.
51:40Parce que là,
51:40on parle moins
51:40d'intelligence artificielle,
51:41mais enfin,
51:42on sait que les besoins électriques
51:43vont être absolument colossaux.
51:44D'ailleurs,
51:45ce serait un avantage
51:46compétitif pour la France
51:47si on dit
51:47qu'on ne sait pas
51:48quoi faire
51:48de notre énergie
51:51et de notre électricité,
51:52eh bien,
51:53faisons plus de data centers.
51:54La demande stagne.
51:55Et lui,
51:55il faut les monter
51:55dans l'espace
51:56parce que là-haut,
51:57vous n'avez pas
51:57de problème de refroidissement,
51:58pas de problème de pollution,
52:00en tout cas différente
52:01que celle de la pollution terrestre,
52:02et que l'énergie solaire
52:05se transforme
52:06de façon
52:06cinq fois plus efficiente.
52:08Donc, le solaire,
52:09c'est quand même
52:10l'énergie du 21e
52:11et du 22e siècle.
52:12Donc, il ne faut
52:13en tout cas pas
52:15repartir en arrière
52:16comme à chaque fois.
52:16Et je reviens
52:17sur mon aspect
52:19interdisciplinarité
52:19que dit Guillaume,
52:20c'est-à-dire aujourd'hui,
52:21on se lamente
52:22du fait
52:22qu'on a du mal
52:24à monter nos gigas
52:25de factories
52:25dans le stockage
52:26pour notre industrie automobile
52:27et on ne fait pas
52:29le lien
52:29entre le fait
52:30qu'on a besoin
52:31de ce solaire,
52:31mais pour ça,
52:32il faut recréer
52:34absolument
52:34une industrie
52:35massive
52:36du stockage.
52:37Aujourd'hui,
52:37essayez
52:38d'installer
52:40chez vous,
52:41enfin, moi,
52:42je vois chez moi
52:42en Corse,
52:43impossible
52:43de trouver autre chose
52:44qu'un producteur
52:46de batteries chinoises.
52:47C'est quand même
52:48inconcevable.
52:49Alors que c'est l'essentiel
52:50aujourd'hui, du coup,
52:51que les panneaux
52:51aujourd'hui sont relativement
52:52peu marchés.
52:53Mais sur le chinois aussi.
52:54Mathieu Plannes.
52:55C'est intéressant parce que ça boucle
52:56un peu avec le sujet défense.
52:58On voit que sur les sujets,
53:00y compris les transitions écologiques,
53:02c'est des enjeux aussi industriels.
53:03Totalement industriels.
53:04Donc, on retrouve à chaque fois
53:05le besoin de créer
53:06des filières industrielles,
53:07d'être compétitifs.
53:08Mais ce qui est vrai,
53:09et moi, je trouve que c'est
53:10important de le dire,
53:11c'est que cette question
53:12de la transition écologique,
53:13elle a un coût.
53:14Elle a forcément un coût.
53:15Sinon, on aurait...
53:16Voilà.
53:16D'ailleurs, le rapport
53:17Le VR, ça coûte cher.
53:18Le rapport Pizani-Férim-Mafouz,
53:19le DL à 66 milliards par an
53:21d'investissements
53:22sur le moitié public.
53:24Moitié privée, là, on parle de...
53:26C'est la SPE, je crois,
53:27qui fait...
53:28C'est la compensation, en fait,
53:29qui coûte assez cher
53:31parce que vous garantissez
53:32un prix de l'énergie,
53:33certains prix par rapport
53:34à son coût.
53:34Un prix fixe, voilà.
53:35D'ailleurs, ça a rapporté...
53:36Quand il est au-dessus,
53:37on subventionne.
53:38Quand il est au-dessous,
53:38ça rapporte de l'argent à l'État.
53:39Ça nous avait rapporté de l'argent
53:40en 2022 quand on avait des problèmes.
53:42Mais ce qu'il veut dire,
53:44c'est que, premièrement,
53:45il y a un coût.
53:45Deuxième chose,
53:46et on est en plein dedans,
53:47c'est que les énergies carbonées,
53:49pour nous, nous coûtent cher.
53:49Rappelons que les États-Unis
53:50n'ont pas du tout
53:51les mêmes enjeux.
53:52Les États-Unis sont le premier,
53:53de loin, de loin,
53:54le premier producteur
53:55des carburants de pétrole
53:57et de gaz,
53:57deux fois plus que la Russie.
53:59C'est du gaz de schiste.
54:01C'est du gaz de schiste,
54:01mais c'est du gaz quand même.
54:03Oui, et que nous importons
54:05massivement alors qu'on l'interdit
54:06chez nous.
54:06Enfin, après,
54:07dans la contradiction totale.
54:08Et je voudrais rappeler ça,
54:08c'est qu'au moment,
54:09parce qu'on parle
54:09des chocs énergie,
54:10au moment du choc énergie
54:11de 2022,
54:12la facture énergétique
54:13de la France,
54:13vous savez combien c'est ?
54:14En 2022, on paye à l'extérieur
54:15115 milliards.
54:17On est, oui.
54:17115 milliards.
54:19Donc, ce que je veux dire,
54:19c'est que décarboner
54:21notre économie,
54:22notre industrie,
54:23notre production
54:24et avoir une autonomie
54:25aussi stratégique,
54:26ça devient,
54:27mais primordial aujourd'hui.
54:28C'est une évidence.
54:29Décarbonation,
54:30plus autonomie,
54:32plus ne pas dépend
54:33de la catastrophe potentielle,
54:35on a encore pour 30-40 ans
54:36pour le pétrole.
54:37Mais enfin,
54:38il faut se dépêcher.
54:39Oui, c'est peut-être
54:40pas très bien fait le bouclage,
54:41André l'a bien expliqué,
54:42mais dire qu'on ne veut
54:44plus de renouvelables,
54:45c'est le danger.
54:45C'est le danger de ce rapport.
54:47C'est une myopie bien française.
54:50Ce rapport pourrait être lu
54:51comme il faut arrêter.
54:52Non, au contraire,
54:53c'est là où il faut renforcer,
54:55mais il faut être
54:55beaucoup plus stratégique.
54:56Et je dirais que par rapport
54:57aux 115 milliards,
54:58il faudrait presque
54:58un retour sur investissement.
54:59Plus efficace.
55:00Qu'est-ce qu'on met
55:00qui permet de réduire
55:01cette facture ?
55:02Il faut regarder les deux.
55:03C'est-à-dire qu'on ne peut pas
55:04juste faire le rapport
55:04en disant que ça coûte
55:05sans voir ce que ça peut rapporter
55:06par rapport à l'indépendance.
55:08Le renouvelable sur la production
55:09de l'électricité
55:10est quand même passé
55:10de 18% à 27%,
55:12ce qui n'est quand même
55:13pas négligeable
55:13entre 2016 et 2024.
55:15Donc, il se passe quand même
55:15des choses.
55:16Peut-être qu'il faut mieux
55:17recalibrer les dispositifs,
55:18etc.
55:19Mais surtout, effectivement,
55:20il ne faut pas aller
55:20à contre l'air du terrain.
55:22À long terme,
55:23c'est la seule solution.
55:24Et la Chine,
55:25grand pays industriel,
55:27aujourd'hui,
55:27a installé plus de renouvelables
55:29que tout le reste du monde.
55:31Absolument.
55:32C'est bien de le rappeler.
55:32Merci à Laurence,
55:34David Diaz,
55:34ou Alternance,
55:35de réagir sur Internet.
55:37Ça fait 20 ans
55:38que j'entends
55:39que l'on cherche
55:39des solutions
55:40de stockage énergétique,
55:41nous dit Laurence.
55:42Le problème
55:43des énergies renouvelables,
55:44c'est qu'elles ne sont pas
55:46vraiment renouvelables
55:46puisqu'elles utilisent
55:47des terres rares.
55:48C'est vrai aussi.
55:49C'est un sujet industriel,
55:50nous dit David Diaz.
55:51Beaucoup de réactions
55:54continuées.
55:55En développement,
55:59il faut davantage d'énergie
56:00et qu'elle ne soit pas
56:00le moins carbonée possible.
56:02Ce sera le mot de la fin.
56:03Merci à tous les trois.
56:05Guillaume Dard,
56:06Mathieu Plannes,
56:06André Lescrouges,
56:07Piétri,
56:08d'avoir participé
56:08à cette émission passionnante.
56:10Tout de suite,
56:10c'est Antoine Larrick-Gaudry
56:11pour Tout pour investir.
56:12Quant à nous,
56:12on se retrouve demain,
56:13même en même endroit,
56:14à 10h en direct
56:15sur BFM Business.
56:16Très bonne journée à tous.
56:20Les experts,
56:22débats et controverses
56:23sur BFM Business.
56:24– Sous-titrage Société Radio-Canada
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