- il y a 8 heures
Ce mardi 27 janvier, Raphaël Legendre a reçu Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, Olivier Babeau, président de l'Institut Sapiens, et Philippe Manière, président de Vae Solis Communications, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Legendre.
00:10Bonjour à tous, bienvenue, c'est les Experts sur BFM Business.
00:13Comment sortir de la domination américaine en matière numérique ?
00:18A Bercy, hier, se tenaient des rencontres de la souveraineté numérique
00:21durant laquelle la ministre déléguée Anne Le Hénanf
00:26a dégainé un observatoire de la souveraineté numérique
00:29et un indice de résilience numérique.
00:33Il ne manque plus qu'un haut commissariat à la souveraineté
00:37et on aura la totale.
00:38Le ministre de la fonction publique, lui, David Amiel,
00:41a préparé avec la direction interministérielle pour le numérique
00:46un logiciel public de visioconférence
00:49pour remplacer les outils américains Teams ou Zoom.
00:54Mais comment croire qu'une solution développée par quelques agents publics
00:58peut concurrencer Google ou Microsoft ?
01:01La voie publique est-elle une solution crédible face aux GAFAM ?
01:06Et quand même, l'Europe se réveille-t-elle enfin face aux Etats-Unis ?
01:09Ce sera le premier débat ce matin.
01:11Deuxième dossier, on va parler commerce international.
01:14Après le Mercosur, l'Europe vient de signer avec l'Inde un accord commercial XXL
01:19qui se veut une réponse au désordre créé par Donald Trump.
01:23Un marché de près de 2 milliards de consommateurs qui s'ouvrent.
01:28Un quart de l'humanité.
01:30Et tout se passe sans heure.
01:31Alors pourquoi le traité de libre-échange avec l'Inde
01:34se passe beaucoup mieux que le Mercosur ?
01:37Qu'est-ce qu'on va vendre aux Indiens ?
01:38Qu'est-ce que les Indiens vont nous vendre ?
01:41Ce sera le deuxième débat du jour avec mes experts.
01:44Et puis cette question qui fâche pour terminer.
01:46Les Français sont-ils en train de s'appauvrir par rapport à la moyenne des Européens ?
01:52C'est Antoine Fouché qui le dit ce matin dans une tribune aux Echos.
01:56On verra ce qu'en pensent mes invités du jour.
02:00Voilà, il est 10h passé de 2 minutes.
02:03Vous êtes sur Les Experts, l'émission qui vous éclaire sur BFM Business
02:07tous les jours de 10h à 11h.
02:09Allez, c'est parti.
02:11Les Experts, débats et controverses sur BFM Business
02:17Et pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Ludovic de Sauté.
02:23Bonjour Ludovic.
02:24Bonjour Raphaël.
02:25Directeur délégué de la rédaction de la tribune.
02:28Olivier Babaud, bonjour Olivier.
02:29Bonjour Raphaël.
02:30Président de l'Institut Sapiens, c'est Philippe Manière.
02:32Bonjour Philippe.
02:33Bonjour.
02:33Toujours président de Valles Solis Communication.
02:36Merci à tous les trois de venir ici.
02:38On va commencer par ces rencontres de la souveraineté numérique.
02:44Hier, à Bercy, qui ont été ouverts par la ministre déléguée au numérique, Anne Le Hénanf,
02:50qui s'est faite un peu houspiller la ministre par la salle,
02:54où beaucoup de représentants de la French Tech étaient présents.
02:58Alors, vrai sujet, la souveraineté numérique, sujet même absolument majeur.
03:05Le problème, c'est que la réponse de l'État, c'est un observatoire de la souveraineté numérique
03:10et un indice de résilience numérique.
03:14Alors, on pourrait facilement, je vous vois rigoler tous les trois autour de la table,
03:19on pourrait se moquer facilement.
03:20La ministre, quand même, il faut écouter son discours,
03:23à commencer par dire que, évidemment, ça n'était pas à l'État de régler le problème de la souveraineté numérique.
03:28Bon, tout en annonçant, juste après, quand même, des outils statistiques,
03:35de collègues d'informations, bon, bref.
03:39Mais on avait aussi David Amiel, le ministre de la fonction publique,
03:42qui annonce un outil public, lui, très directement public,
03:46pour concurrencer Microsoft et Google dans les visios au sein de l'État.
03:54Bon, est-ce que la voie publique est une voie sans issue ?
03:59Je vais commencer comme ça, Ludovic, pour lancer le débat.
04:04On a besoin de l'État, quand même, dans ces questions de souveraineté numérique ?
04:07Plus sérieusement, oui, on a besoin de l'État.
04:09Après, je pense qu'hier, les réactions ont été pour montrer que ça ne peut pas être l'unique levier.
04:14On est dans le symbolisme, on va dire, à ce stade-là.
04:18Il y a plusieurs problèmes.
04:19Il y a un problème d'investissement, il y a un problème de volonté.
04:23Et puis, j'allais dire, c'est malheureusement l'Europe,
04:26puisque maintenant le raisonnement est à l'échelle européenne,
04:29l'Europe se réveille très tard.
04:31Et on a, dans le passé, des exemples, est-ce qu'on se rappelle de Compte,
04:35le moteur de recherche qui était censé concurrencer Google ?
04:39Bon, ben voilà.
04:39Ça n'a pas marché, d'en faire.
04:40Ça n'a pas marché.
04:41C'est-à-dire que ce n'est pas les déclarations qui font avancer les choses,
04:43juste pour bien mesurer, parce que cette dépendance,
04:48évidemment, on la ressent depuis Trump, l'affaire du Groenland et tout ça,
04:52c'est une dépendance de marché qui peut être classique,
04:55mais aujourd'hui, que ce soit dans le cloud, le logiciel,
04:59en gros, les entreprises américaines, et notamment les big tech,
05:02sont de l'ordre de 70 à 80% du marché.
05:05– C'est ça, c'est 80% des investissements européens.
05:07– On est en train de parler de cette dépendance,
05:09qui est une dépendance à la fois technique et commerciale,
05:13mais j'ai une dépendance aussi, faute de mieux,
05:15de la part de l'Europe jusqu'à maintenant,
05:16capacité à proposer des services à la hauteur,
05:20dans un marché qui est un marché de concurrence aussi.
05:22C'est-à-dire que c'est à l'Europe de se réveiller d'abord.
05:24Et je pense que c'est la réaction, notamment de la French Tech,
05:28c'est de se dire, oui, c'est bien, ok, lançons un observatoire,
05:31un indice et tout ça, mais que maintenant, c'est une volonté,
05:35ça nous renvoie encore au fameux rapport Draghi,
05:37c'est-à-dire que si on veut remonter la pente,
05:39et surtout si on veut jouer le coup d'après,
05:41c'est-à-dire l'intelligence artificielle,
05:43parce qu'arrêtons peut-être de regarder sur les batailles
05:45qui sont d'ores et déjà perdues et qui vont être très compliquées à remonter,
05:48livrons le coup d'après.
05:49C'est-à-dire, et c'est le moment,
05:51et ça commence déjà à être un tout petit peu en retard,
05:53de s'attaquer à l'intelligence artificielle.
05:55Est-ce qu'on se réveille au niveau européen ?
05:57Est-ce que Donald Trump n'est pas le meilleur ami de la construction européenne
05:59dans tout ça, sous les coups de boutoir du président américain ?
06:02Est-ce que l'Europe est enfin en train de se réveiller, Olivier Babaud ?
06:05C'est extrêmement tard.
06:06C'est vrai que dans la liste des propositions de l'État,
06:09il manque le numéro vert, la chapelle ardente
06:10et probablement le chèque numérique, mais ça va probablement venir.
06:12Ça va venir, ça peut venir.
06:14La première chose à dire, c'est qu'il faut absolument
06:16qu'on change de politique de concurrence.
06:18Ça ne va pas prendre deux ans pour se développer,
06:20mais il aurait fallu qu'on le fasse bien avant.
06:23David Baverez dans un livre qui s'appelle « Bienvenue en économie de guerre »
06:25qui explique que nous sommes dans une forme d'économie de guerre.
06:27C'est quoi la caractéristique de cette économie ?
06:29C'est que vous n'allez pas favoriser les prix bas et les consommateurs,
06:32c'est-à-dire la demande, vous allez favoriser l'offre.
06:33C'est-à-dire qu'il faut permettre les concentrations, tout simplement.
06:36Et nous, on a été extrêmement naïfs trop longtemps,
06:39et je ne suis même pas sûr encore aujourd'hui
06:40qu'on ait vraiment changé une politique officiellement
06:41de la concurrence au niveau de l'Europe.
06:44C'est-à-dire qu'on aurait dû permettre la création de ces gérants.
06:47On n'a plus une seule entreprise
06:48parmi les 26 premières entreprises du monde.
06:50C'est un grand débat chez les concurrentialistes.
06:53Pardon, mais Alstom et Siemens,
06:55dont on a refusé la fusion,
06:57sont deux gérants européens aujourd'hui.
06:58Et on peut dire la même chose de Legrand et Schneider.
07:01Exactement.
07:01Donc, c'est pas...
07:02Exactement.
07:03Moi, pardon, mais je...
07:04Non, mais tout ça pour dire qu'on n'a pas évité
07:06l'émergence de géants en Europe.
07:07Non, voilà.
07:08Moi, je reviendrai à la question
07:09de est-ce que l'État peut jouer un rôle.
07:11Je voudrais rebondir, si je peux me permettre, Olivier,
07:13sur cette histoire de concurrence.
07:14Oui, on rentre en économie de guerre,
07:16donc maintenant, il faut favoriser l'offre.
07:17Je pense que c'est vrai.
07:18Il est temps qu'on se réveille.
07:20Et ça change en Europe.
07:21On est d'accord, Philippe Meunier.
07:21Je ne suis pas sûr que ça change.
07:22Le logiciel a quand même un peu changé.
07:22Pour le coup, je suis assez d'accord avec Olivier.
07:24C'est assez mou,
07:25mais on voit les Allemands changer un peu d'avis.
07:27On voit l'Union européenne évoluer doucement.
07:29En revanche, moi, je suis absolument en désaccord
07:31avec l'idée selon laquelle
07:32on aurait dû faire ça depuis 25 ans.
07:33En période de paix,
07:34c'était vraiment dans l'intérêt de l'Union européenne
07:36de laisser jouer la concurrence.
07:38Et encore une fois,
07:39aucun des grands champions
07:46Je t'ai donné l'exemple de Legrand et Génédère.
07:49Et puis, il y a même le cas d'Alstom Power.
07:51Moi, j'ai travaillé sur le dossier
07:53et j'étais vraiment désolé
07:54que ce soit attribué aux Américains.
07:56Mais pour être très honnête,
07:57au moment où l'attribution s'est faite,
07:59le marché s'est retourné
08:00et les Américains ont acheté très cher
08:02un machin qui ne valait pas grand-chose.
08:03Donc, est-ce qu'on a eu tort
08:04d'empêcher les Américains d'acheter très cher
08:06un machin qui s'est avéré ne pas valoir grand-chose ?
08:09J'en suis pas sûr.
08:09Alors, dedans, il y a le sous-problème Rabel
08:11avec les turbines nucléaires.
08:12On le sait qu'il y avait une question de souveraineté
08:14qui n'a pas forcément été bien gérée.
08:16On l'a récupéré, mais quand même,
08:17entre-temps, ils l'ont eu.
08:18Donc, on peut discuter.
08:19Mais moi, je suis tout à fait d'accord
08:20avec l'idée qu'aujourd'hui,
08:21les règles de concurrence d'hier
08:22ne peuvent plus s'appliquer
08:23parce qu'on était en économie de guerre.
08:25Je ne crois pas que ça doive nous amener
08:26à contester l'opportunité
08:27de la politique de concurrence assez sévère
08:29qu'on a poursuivie pendant
08:30toutes les années de paix.
08:31Je pense qu'elle était appropriée
08:32et qu'elle a contribué,
08:33mais ça, personne ne le mesure
08:34parce que le pouvoir d'achat,
08:35vous savez, vendre la vallée
08:36n'a plus de goût.
08:37Le pouvoir d'achat, personne n'en est conscient.
08:39Ça a contribué à la prospérité européenne
08:40en temps de paix.
08:41Olivier.
08:42On était évidemment contents
08:43d'avoir la diversité de l'offre
08:44et les prix très bas.
08:46On en a joué.
08:46Des forfaits téléphoniques.
08:47On en a joué.
08:48Il faut le dire, on en a joué.
08:49Et puis, on a été un peu conscients.
08:51On a cru à la paix universelle.
08:52On a pensé qu'effectivement,
08:53la guerre était finie.
08:54Et maintenant, on est bien réveillés.
08:55La deuxième chose qui est très importante à dire,
08:57mais effectivement,
08:57tu l'as un petit peu dit,
08:58il faut faire attention
08:59au syndrome de la ligne Maginot.
09:01La ligne Maginot,
09:01on avait très bien préparé
09:02la guerre de 14 en 39,
09:04ce qui était un problème
09:04puisqu'on était en 39.
09:06Et la guerre n'était plus la même.
09:07Il faut choisir nos batailles.
09:09Je crois que l'IA
09:09est en réalité déjà
09:10la bataille d'hier.
09:11La bataille d'aujourd'hui,
09:12c'est les robots humanoïdes.
09:14On n'a pas...
09:14Qui développe aujourd'hui en Europe
09:16de façon crédible
09:17des robots humanoïdes ?
09:18Et en fait,
09:18ce qu'il faudrait vraiment développer,
09:19c'est le truc de demain.
09:21Bon.
09:21Il y a quand même plein d'exemples
09:22qui sont un peu gênants
09:23sur tous les trucs publics.
09:25Non mais Olivier Babou,
09:25je vous coupe juste une seule seconde.
09:27On a tous les outils équivalents
09:29aux outils américains en Europe.
09:30Anthony Morel a fait une chronique
09:31ce matin sur les mails,
09:33sur le digital,
09:34sur les moteurs de recherche,
09:35à des niveaux de qualité
09:36quasiment équivalents.
09:37Simplement,
09:37personne ne les connaît.
09:38Il y a quand même l'exemple
09:38de Palantir
09:39dont on a peut-être été cité.
09:40La DGSE a dit pendant 10 ans
09:41que ce n'est pas possible,
09:42on dépend de Palantir.
09:43Et en fait,
09:43au bout de 10 ans,
09:44ils ont dit qu'on est incapable.
09:45Ils ont re-signé.
09:45Le problème,
09:46c'est que c'est un big business
09:47où ça se compte
09:48les investissements en dizaines
09:49si ce n'était pas
09:50en centaines de milliards.
09:51Est-ce qu'on a la capacité,
09:53c'est peut-être là
09:53la limite du marché européen
09:55qui reste en fait très fragmentée.
09:56On est entre deux eaux en Europe.
09:58On n'est probablement
09:58pas assez unifié
10:00et trop unifié
10:01à plein d'égards.
10:02C'est ce qui,
10:02ce espèce de syndrome
10:03collé au milieu,
10:05on dit en stratégie
10:06qui est in the middle.
10:07On est entre deux.
10:07On n'a pas choisi,
10:08qu'elle se parle de low cost,
10:09on n'a pas choisi
10:09la souveraineté nationale.
10:11On a perdu une forme de souveraineté
10:12et on n'a pas suffisamment
10:13d'unité
10:15pour arriver à être puissant
10:17et pesé.
10:18Et aujourd'hui,
10:18on s'en aperçoit.
10:19Alors, c'est peut-être pas
10:20ce choix qu'on est capable
10:21de faire aujourd'hui.
10:21L'Europe avance quand même,
10:22Olivier Babot.
10:23On avance,
10:24mais c'est tard,
10:24c'est très très tard.
10:25Sur cette qualité,
10:27malheureusement,
10:28pour le coup,
10:29je ne suis pas d'accord
10:29parce que je pense
10:30que des Américains
10:31boxent dans une catégorie
10:33supérieure
10:33dans ce qui est proposé.
10:35On va prendre un exemple,
10:36par exemple,
10:36le cloud.
10:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
10:38ok, il y a quelques acteurs
10:42qui ont commencé
10:42à mettre en place
10:43du cloud souverain.
10:45Ça veut dire qu'on a
10:45des acteurs américains
10:47comme Amazon
10:47qui s'engagent
10:48à mettre en place
10:49des structures
10:50au sein de l'Europe
10:50un peu isolées des États-Unis.
10:51Le fameux Secnum Cloud
10:52qui permet de sécuriser
10:54nos datas.
10:55On a un gap réel.
10:57C'est-à-dire que
10:57ce n'est pas juste
10:58une volonté.
10:59C'est-à-dire qu'il y a
10:59tout un écosystème
11:00à commencer par aussi
11:02tout ce qui est
11:03microprocesseurs et autres
11:04parce que c'est toute
11:04une économie.
11:05C'est-à-dire qu'on peut
11:06décréter que les data centers
11:07deviennent français
11:08si toute la technologie
11:12clés là-dessus.
11:12Donc c'est-à-dire que
11:13il y a quand même
11:14et je suis entièrement
11:15d'accord avec ce que
11:17disent Olivier et Philippe
11:18on est dans une logique
11:19on va dire
11:20de guerre commerciale
11:23ou de commerce guerrier
11:25quoi en fait
11:25pour l'instant
11:26sans tomber
11:27dans une logique de guerre
11:28il y a des choix à faire
11:29avec le numérique
11:30il y a une grande spécificité
11:31contrairement à
11:32Alstom, Schneider ou autres
11:33c'est que le numérique
11:34c'est quelque chose
11:35qui ruisselle
11:35dans l'ensemble de l'économie.
11:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui
11:38dans des géants européens
11:40si on retient le tapis
11:43en termes de data
11:44en termes de logiciels
11:46et autres
11:46c'est le cœur
11:47des entreprises
11:48qui est aujourd'hui
11:49menacée.
11:49C'est-à-dire qu'il ne faut pas
11:50juste rentrer par le haut
11:51en disant
11:52oui on achète américain
11:53on est dépendant d'Apple
11:54et ainsi de suite
11:55c'est-à-dire que c'est
11:56la structure même
11:57il y a un acteur en Europe
11:58qui fait une magnifique résistance
12:00il y en a un quand même
12:01lequel ?
12:02On oublie un peu
12:02c'est SAP par exemple
12:04SAP
12:04qui a un groupe allemand
12:06géant allemand
12:06qui est en tête
12:10dans tous les logiciels
12:11intégrés au sein des entreprises
12:13qui est très très discret
12:14qu'il faut oublier
12:15presque sa coloration européenne
12:16mais pour un SAP
12:17et un Mistral
12:18qui reste encore dans la course
12:19Non mais Mistral
12:20c'est tout petit
12:20c'est plutôt Dassault Systèmes
12:21Exactement
12:22Dassault Systèmes
12:23c'est un géant du logiciel aussi
12:24Aujourd'hui
12:26il y a tout un écosystème européen
12:28qui n'existe pas
12:29dans ce domaine
12:30et on a beau
12:31les déclarations de NLEN
12:32elles sont ce qu'elles sont
12:33c'est qu'à la fin
12:34on va dire un truc comme ça
12:36on clique Américain
12:36À la fin on a la direction
12:37interministérielle du numérique
12:38pour nous produire des...
12:39À la fin aujourd'hui
12:41on clique Américain
12:42en fait
12:42c'est ça le problème
12:43Est-ce qu'il est si absent
12:45que ça cet écosystème ?
12:46On a quand même
12:46beaucoup d'entreprises
12:47de la tech
12:48Non non
12:49Moi j'achète pas
12:50de la tech
12:50on a du logiciel
12:51Oui il y a une poignée
12:52d'entreprises merveilleuses
12:53parce qu'on a en France
12:54un talent particulier
12:55et pour l'innovation
12:56et pour la technologie
12:57parce qu'on a une école
12:58de mathématiques
12:59et qu'on a une pensée
13:00qui est une pensée
13:00créative, conceptuelle
13:01Donc les français
13:02ont des avantages
13:04comparatifs majeurs
13:05sur le papier au départ
13:06À l'arrivée
13:07après 15 ans
13:08de French Tech
13:09etc.
13:10il n'y a quand même
13:10pas grand chose
13:11Je ne veux pas nier
13:12l'existence d'un certain
13:12nombre de boîtes
13:13formidables
13:13mais enfin
13:14en nombre
13:15c'est quand même
13:15pas du tout spectaculaire
13:16et en capacité
13:18à peser face aux américains
13:19ça l'est encore moins
13:20Alors il y a quand même
13:20des boîtes qui marchent
13:21Je vous disais tout à l'heure
13:22il n'y a pas de concurrent
13:22à Palantir
13:23Son nom m'échappe à l'instant
13:23mais il y a un concurrent
13:24français de Palantir
13:25qui est en train de tailler
13:26des coupures à Palantir
13:26sur certains contrats
13:27internationaux
13:27Donc ce n'est pas vrai
13:28que ce n'est pas possible
13:29Moi je voudrais revenir
13:30un peu à la question
13:30qui était posée tout à l'heure
13:32par vous Raphaël
13:33qui était
13:33est-ce que c'est à l'état
13:35de s'occuper de tout ça ?
13:37Honnêtement
13:37quand on a fait
13:38des choix de souveraineté
13:40qui reposaient sur la technologie
13:41ça s'est trouvé
13:41dans le passé de la France
13:42exemple le nucléaire
13:44Est-ce qu'il y avait
13:44un haut commissariat ?
13:46Est-ce qu'on réunissait
13:47à Bercy l'écosystème
13:48pour décider du machin
13:49Non évidemment
13:51c'était une poignée
13:52de grands serviteurs
13:53de l'état
13:53qui faisaient la bonne analyse
13:54qui avaient la capacité
13:56de convaincre
13:56le décideur public
13:57d'appuyer sur le bouton
13:58et de mobiliser des fonds
13:59que d'ailleurs
14:00vous allez rire
14:00on avait à l'époque
14:01et qu'on n'a plus aujourd'hui
14:02et ça déroulait
14:03Donc oui l'état
14:04peut faire des choses
14:05sur le plan actif
14:06à ce titre
14:06mais pas avec
14:07les hauts commissaires
14:08Vous disiez tout à l'heure
14:09il manque que les hauts commissaires
14:14Il y a autre chose
14:16que l'état peut faire
14:17et on n'y pense pas
14:19Quelle est la bonne place
14:20de l'état ?
14:20La bonne place de l'état
14:21à bien des égards
14:22c'est de démonter
14:23les gaudrioles
14:24qu'il a faites
14:24parce qu'une grande partie
14:25du retard français
14:26tient à la sur-réglementation
14:28Alors là-dessus
14:29je ne sais pas si vous avez eu
14:30à Davos
14:30il s'est passé pour une fois
14:31pas mal de choses
14:32et en particulier
14:33il y a eu un discours
14:34du chancelier Merz
14:35qui a dit que l'Europe
14:37le plus grand ennemi de l'Europe
14:38c'était la sur-réglementation
14:39C'est très important
14:40que le chancelier le dise
14:41que ce ne soit pas
14:42seulement les ultra-libéraux
14:44qu'on qualifie comme tels
14:45en tout cas habituels
14:46c'est le chancelier Merz
14:47le berceau
14:49de la social-démocratie européenne
14:50c'est l'Allemagne
14:51et c'est Merz
14:52qui vient dire ça
14:53et Merz
14:54il ouvre les yeux
14:55il le sait
14:56von der Leyen
14:57elle court derrière
14:57mais l'important
14:59c'est que l'Allemagne
14:59qui aujourd'hui
15:00il faut dire les choses
15:00fait la politique en Europe
15:01nous dise ça
15:02parce que c'est devenu
15:03la conviction des Allemands
15:04et c'est extrêmement important
15:05Et de la Commission
15:06on a quand même une dizaine
15:07de textes omnibus
15:08de simplification
15:08qui arrive cette année
15:10que s'est-il passé
15:11dans les jours qui suivaient en France
15:12Hier soir dans un semi-sommeil
15:13je me suis aperçu
15:14que le gouvernement
15:14dans sa grande sagesse
15:15avait décidé de différer
15:17le texte
15:19sur la simplification
15:20Donc quand on me demande
15:22ce que peut faire l'État
15:23par exemple
15:24il peut simplifier
15:25et surtout
15:25il peut ne pas renoncer
15:26à simplifier
15:27et quand enfin
15:28il y a un texte qui vient
15:28après 857 ans
15:30de manœuvres dilatoires
15:31de retard
15:32d'analyse imbécile
15:34sur lequel il y a
15:35plus important que ça
15:36quand enfin le texte arrive
15:38et que l'exécutif
15:39décide de le différer
15:41et quand on connaît
15:42la situation politique
15:42ça veut dire
15:43qu'il est différé
15:44jusqu'à la présidentielle
15:45Bien sûr
15:47Pour l'instant
15:47on parle du mois d'avril
15:48Oui d'accord
15:49mais est-ce qu'il y aura
15:50une autre
15:50Le sujet c'est les ZFE
15:51les zones
15:51On s'en fout
15:53On s'en fout de tout ça
15:55On peut être pour ou contre
15:56ce n'est pas mon sujet
15:57je ne dis même pas
15:57que je suis contre
15:58je dis simplement
15:59que ne pas dérouler
16:01un programme de simplification
16:02dans un pays
16:03qui sait
16:03qui maintenant a compris
16:04qu'il souffrait
16:05de surréglementation
16:06pour une vague question
16:07de corne-cul politique
16:08et des ZFE
16:09avec les élus
16:10ce n'est pas responsable
16:11donc quand on me demande
16:12que peut faire l'État
16:13par exemple
16:14ne pas faire de bêtises
16:15et différer
16:16une mesure de simplification
16:17c'est probablement
16:18la plus grosse bêtise
16:19qu'on a vu depuis le début de l'année
16:20pourtant
16:21Dieu sait qu'on en a vu
16:22On a voté le gel
16:23de la réforme des retraites
16:24Non non mais ça c'était
16:25c'était avant
16:26C'était les bêtises de 2025
16:28C'est vrai
16:29C'est lunaire
16:30On souffre de surréglementation
16:33Plus grosse
16:33première bêtise de 2026
16:35Et on diffère
16:35la simplification
16:36Il n'y a plus qu'à aller se coucher
16:37puis attendre 2027
16:38C'est terrifiant
16:39Pendant ce temps-là
16:40les Américains déroulent
16:40Olivier Babaud
16:41Moi je pense que
16:42la plus grande bêtise de 2026
16:43pour l'instant
16:43c'est le budget 2026
16:44Il n'est pas encore
16:45complètement adopté
16:47C'est pour ça que je ne le mentionnais pas
16:49Il n'est pas voté
16:49Oui t'as raison
16:50C'est aussi une question
16:52Le BFSS c'était 25
16:53et le budget il n'est pas voté
16:54Je suis tout à fait d'accord
16:55avec le diagnostic de Philippe
16:56et c'est ça qui me rend
16:57en fait extrêmement pessimiste
16:58parce qu'en fait
16:58la réalité est qu'on ne sait pas
16:59on n'a jamais prouvé
17:00notre capacité à simplifier
17:02c'est-à-dire que la machinerie
17:03ne sait pas simplifier
17:03Probablement
17:04on a trop d'horizontalité
17:06et pas assez de verticalité
17:07c'est-à-dire qu'on consulte trop
17:09il faut arrêter
17:09de donner la parole à tout le monde
17:11il y a un moment donné
17:12il faut un chef qui chef
17:13voilà
17:13comme le disait Jacques Chirac
17:15et on n'a plus cette capacité
17:16et on a aussi
17:17ce que tu as bien dit Philippe
17:19malheureusement
17:19on n'a aussi plus d'argent
17:20ce qui à un moment donné
17:21commence
17:21l'impécuniosité de l'État
17:22pose quand même un problème
17:23parce que quand on veut
17:24être un peu planificateur
17:25à un moment donné
17:25il faut être capable
17:26de mettre un peu d'argent
17:27sur la table
17:28La déréglementation justement
17:29elle a un gros intérêt
17:30c'est que c'est gratuit
17:30Ça coûte rien
17:31C'est gratuit
17:31et ça peut apporter gros
17:33On pourrait même économiser un peu
17:34d'ailleurs
17:34théoriquement
17:35mais il y a un truc
17:36effectivement contre lequel
17:37il faut qu'on se préserve
17:38absolument
17:38c'est l'idée qu'on va développer
17:39les trucs maison
17:40Je me souviens
17:40quand est arrivé le Covid
17:41on avait à l'université
17:43un formidable truc
17:44qui permettait grosso modo
17:45théoriquement
17:45de faire cours en ligne
17:46et en fait
17:47le truc plantait complètement
17:48on a tous basculé
17:49sur Zoom ou Teams
17:51assez rapidement
17:52et je ne sais pas
17:53combien on avait dû dépenser
17:54l'enseignement supérieur
17:55pour développer ce truc
17:56mais alors
17:57imaginez que vous allez faire
17:58demain
17:58je frémis déjà
18:00je frémis de l'idée
18:01qu'on va dire
18:02Donc le nouvel outil
18:03de l'administration
18:04mais alors
18:05il faudrait
18:05une agénérative
18:06éducative nationale
18:08estampillée éducation nationale
18:09j'ai dit
18:09ah l'horreur
18:10imaginez ce truc
18:11va tout de suite
18:12être nul
18:12ça serait tout de suite
18:13moins bien
18:14il y a une alternative
18:15il y a une alternative
18:16c'est la DARPA
18:17à la française
18:17c'est-à-dire que
18:18je ne sais pas
18:19on en a déjà parlé
18:20pas mal autour de cette table
18:20Philippe Aguillon
18:21en parle depuis 15 ans
18:22oui Aguillon
18:22André Lezecrog
18:23etc
18:23la DARPA à la française
18:25c'est quelque chose
18:27qui permettrait
18:28de susciter l'innovation
18:29par des gens du privé
18:30qui ne feraient pas
18:31des machins qui plantent
18:32mais avec un objectif
18:33on dit en gros
18:34il faut rappeler
18:35c'est l'agence américaine
18:37de recherche
18:37en fait quand on regarde
18:38avec vue de Sirius
18:39il y a énormément
18:40de fonds publics
18:41destinés à la recherche
18:42et à l'innovation en Europe
18:43simplement ils sont dispensés
18:44n'importe comment
18:45parce qu'il y a le geo-return
18:46chacun veut en récupérer un bout
18:47parce qu'il faut remplir
18:48les formulaires
18:49parce que c'est le bazar
18:50parce que c'est que
18:51des gros tickets
18:51et qu'on ne sait pas
18:51où on va
18:52alors il y a de la recherche
18:53fondamentale qui justifie
18:54ce type de procédure
18:55mais la vérité
18:56c'est que si on veut faire
18:57en tant que puissance publique
18:58le meilleur usage possible
18:59des capacités d'innovation
19:00d'un pays
19:01il faut faire ce que font
19:01les américains
19:02depuis 50 ans
19:0260 ans
19:03c'est-à-dire l'équivalent
19:04de la DARPA
19:05une agence qui dit
19:06bonjour les gars
19:07vous êtes entreprise
19:07vous êtes centre de recherche
19:08vous pouvez postuler
19:10nous on a tel problème
19:10à résoudre
19:11on vous donne 6 mois
19:12pour venir avec un projet
19:13et vous aurez 500 000 euros
19:16ou 1 million
19:16rien
19:16donc les gars viennent
19:17on choisit le meilleur
19:18on dit vous êtes le meilleur
19:19ou les deux meilleurs
19:20on leur dit
19:20on vous donne 6 mois
19:21pour avoir vraiment un truc
19:22qui marche
19:23et vous aurez 10 millions
19:24donc ça coûte 3 fois rien
19:25et à l'arrivée
19:26c'est quoi le résultat ?
19:27c'est que vous avez
19:27toutes les forces vives
19:28qui sont capables
19:29d'apporter une solution
19:30qui se mobilise
19:31pour pouvoir non seulement
19:32toucher les 500 000
19:33puis les millions
19:33mais aussi et surtout
19:35pour ensuite être référencés
19:36donc vous stimulez l'innovation
19:38c'est pas vous
19:39qui prétendez la faire
19:40vous stimulez l'innovation
19:41là où elle est
19:42vous empêchez pas
19:43les gens de chercher
19:43comme on le fait nous en France
19:44on leur demande de le faire
19:46avec un objectif particulier
19:47et puis à l'arrivée
19:48devinez quoi
19:49vous avez des trucs qui marchent
19:50une très grande partie
19:51des trucs sur lesquels
19:52on clique
19:52comme vous disiez tout à l'heure
19:53aujourd'hui
19:54ont été inventés
19:55pour partie
19:56grâce à des innovations
19:57venues de la DARPA
19:58les Etats-Unis
19:59c'est un pays d'innovation
20:00grâce à l'énorme réserve
20:02de capital
20:02que constituent les fonds de pension
20:04donc le capital risque etc
20:05mais c'est aussi grâce à la DARPA
20:07c'est-à-dire à des politiques publiques
20:08qui choisissent
20:09d'inciter l'innovation
20:11et d'aller la chercher
20:11là où elle est
20:12c'est-à-dire curieusement
20:13pas dans le bureau B24 de Bercy
20:14mais dans une start-up
20:16dans Garage
20:17voilà
20:17et c'est ça qu'il faut qu'on fasse
20:19et tout le monde le sait maintenant
20:20ce que je dis
20:20parmi les gens
20:21qui s'occupent du sujet
20:22c'est devenu
20:23la pensée dominante
20:25depuis allez
20:25deux ans, trois ans, quatre ans
20:27rien
20:28donc nous on fait des réunions
20:30avec l'écosystème
20:31et on va nommer
20:32un haut-commissaire
20:33ou un observatoire
20:34pardonnez-moi
20:35je ne suis pas certain
20:36qu'on soit tiré d'affaires
20:38Guy de Beauregard
20:40réagit sur Twitter
20:41nous dit que vous avez tort
20:42Philippe le nucléaire
20:43est né grâce au CEA
20:45commissariat à l'énergie
20:46il a absolument raison ce monsieur
20:47mais le CEA n'est pas tombé du ciel
20:49quelqu'un l'a créé
20:50c'était ça que je voulais dire
20:51en complément de ce que dit Philippe
20:52vous pouvez réagir
20:53vous pouvez réagir sur Twitter
20:54n'hésitez pas
20:55à rebase le genre
20:55entièrement d'accord
20:57sur la simplification
20:57pour reprendre un peu le message
20:58le raté
21:00sur la simplification
21:01qui est un des plus beaux ratés
21:02de ce mois de janvier
21:04en revanche
21:05il y a
21:06curieusement
21:07et c'est peut-être ça aussi
21:08dans la réaction
21:09qu'on a eu hier
21:09c'est qu'il y a autre chose
21:11et l'histoire européenne
21:12nous le montre
21:12ou française
21:13c'est le déficit
21:14de planification
21:15dans lequel on est
21:16à l'inverse
21:16qui a existé
21:17il y a quelques décennies
21:19sur le nucléaire
21:19ou sur Airbus
21:20c'est parce qu'il y a eu
21:21une vision
21:21il y a eu une construction
21:23et il y a eu la volonté
21:24de faire quelque chose
21:25aujourd'hui honnêtement
21:26en termes de planification noble
21:28pas une planification
21:29juste étatique
21:30c'est une planification
21:31sur laquelle on se dit
21:32on a quelque chose
21:32à résoudre
21:33on s'aligne
21:34c'est pas juste
21:35une vision de l'Etat
21:36c'est-à-dire
21:37c'est de dire
21:37comment on crée
21:38un écosystème
21:38là-dessus en Europe
21:40une vision un peu
21:40de long terme
21:41de moyen long terme
21:42aujourd'hui
21:43elle est sur les normes
21:44la planification
21:45elle est sur
21:46c'est aussi le débat
21:47qui est naissant
21:48autour de novembre
21:49même sur l'IAC
21:49c'est-à-dire de se dire
21:51on a une vision
21:51très centrée
21:52sur le consommateur
21:53et la protection
21:54du consommateur
21:54soit
21:55mais on construit pas
21:56une planification
21:57juste en verrouillant
21:58un marché
21:58sur les données personnelles
21:59les risques juridiques
22:00et autres
22:01après je reviens
22:02juste sur la question
22:03au contraire
22:03on empêche l'IA
22:04de se développer
22:04après je reviens
22:06sur le côté souverain
22:07parce qu'il y a
22:07une vision technique
22:08il y a une autre vision
22:09qui est la bombinette
22:11à un retardement
22:11et sur laquelle
22:12l'Europe va devoir
22:13se poser des questions
22:14sévères
22:15c'est aussi
22:15la notion
22:16d'extrateriorité
22:18pour les Etats-Unis
22:19c'est-à-dire que
22:20c'est le deuxième enjeu
22:21il y a un enjeu technique
22:22mais il y a un enjeu
22:23juridique aussi
22:24et là-dessus
22:25ça a l'Europe
22:26de sortir l'écrou
22:26c'est à l'Europe
22:27d'exister
22:28c'est-à-dire
22:28ça a l'Europe aussi
22:29de s'aligner
22:30et de poser
22:31ses propres conditions
22:32de marché
22:33en se disant
22:34comment on existe là
22:35il n'y a pas besoin
22:36d'avoir
22:36Vous faites référence
22:37au cloud act américain ?
22:38Oui exactement
22:39mais il n'y a pas besoin
22:39d'avoir des mistrales
22:41et autres
22:41pour que l'Europe
22:42commence aussi à dire
22:43voilà les règles du jeu
22:45et aujourd'hui
22:45l'Europe n'impose pas
22:46suffisamment les règles du jeu
22:47DSA, DMA
22:48on a une grande guerre
22:49entre Washington et Bruxelles
22:50autour de toute
22:51la réglementation européenne
22:53qui nous protègent
22:53qui à la fois
22:54malheureusement
22:55casse en partie l'innovation
22:56et dans une vision
22:58de protection du consommateur
22:59c'est respectable
23:00mais il y a aussi
23:01la défense
23:02au sens de la souveraineté
23:04et de se dire
23:04aujourd'hui
23:05quand les choses
23:07se sont tendues
23:08avec Donald Trump
23:09sur le Groenland
23:09quand on dit
23:10oui alors on peut agir
23:12on peut faire
23:12de l'anticoercition
23:13mais c'est quoi
23:14cette anticoercition ?
23:15C'est de couper
23:16le cloud américain
23:16et de se dire
23:17qu'il y a des grands groupes
23:18qui du jour au lendemain
23:19ça serait la nuit numérique
23:20en Europe
23:20si on disait ça
23:21c'est là où
23:22on a une balle dans le pied
23:23je fais un petit pas de côté
23:25tout n'est pas impossible
23:26c'est vrai que c'est très très difficile
23:32et qu'on est maintenant
23:32en état d'hyperdépendance
23:33il y a beaucoup de choses
23:34qui auraient semblé impossibles
23:35et qui sont advenues
23:36par exemple
23:37interdire TikTok aux Etats-Unis
23:38avant qu'on le fasse
23:39ça paraissait impossible
23:40ça a été fait
23:41voilà
23:41donc moi je pense
23:42manque d'audace
23:43c'est ce que vous dites
23:44oui en tout cas
23:45comment dire
23:46on se met dans des situations
23:47d'enfermement
23:47puis après on les acte
23:48comme étant des fatalités
23:49dans bien des cas
23:50c'est vrai
23:51pas toujours
23:52moi je ne suis pas spécialiste
23:53du tout du sujet
23:54mais je me dis que
23:55si on disait
23:55les gars vous avez
23:56on lance par exemple
23:57à la botte d'ARPA
23:58une espèce de tentative
24:00de solution de téléconférence
24:02il y en a d'ailleurs
24:02qui existent
24:02des européennes
24:03des solutions de téléconférence
24:04c'est ce que vous disiez tout à l'heure
24:05on dit
24:06vous avez 6 mois
24:07pour vous mettre en situation
24:07de répondre à l'offre énorme
24:09qui va vous être adressée
24:10puis on dit aux entreprises françaises
24:11qui ont leur siège en France
24:12vous avez 6 mois
24:13pour envisager
24:14de quitter Teams ou Zoom
24:15on ne leur dit même pas
24:16qu'elles vont être obligées
24:17de le faire
24:17on leur dit
24:18vous risquez
24:19d'être en situation
24:20de devoir le faire
24:20préparez-vous-y
24:21moi je ne sais pas
24:22s'il faut le faire
24:23et je ne sais pas
24:24si on aurait 100% de réussite
24:25je pense que
24:26dire que ce n'est pas possible
24:28avant d'avoir réfléchi
24:29avant d'avoir essayé
24:30c'est peut-être un peu rapide
24:32un peu expéditif
24:32Olivier Babaut
24:33comme dit Simon de Beauvoir
24:35la fatalité ne triomphe
24:36que si on croit en elle
24:37exactement
24:37alors il ne faut peut-être
24:38pas trop de naïveté
24:38parce que si on réfléchit vraiment
24:40à tous les cas
24:40il faut être lucide aussi
24:41voilà
24:42ça commence
24:42si demain
24:43vous avez d'ailleurs
24:44on l'a vu avec Thierry Breton
24:45qui est privé
24:46de ses
24:48surnisseurs américains
24:49même envoyer un mail
24:50ça commence à devenir compliqué
24:51c'est-à-dire qu'il va falloir
24:52essayer de faire
24:53d'ailleurs probablement
24:54l'État a fait une liste
24:55de nos dépendances
24:55elles sont vertigineuses
24:57en fait aujourd'hui
24:58peut-être qu'on aurait dû
24:59réfléchir plus tôt
24:59peut-être qu'il y a moyen
25:01de travailler contre ça
25:01mais il faut être aussi lucide
25:02il va falloir plusieurs années
25:04peut-être même
25:05peut-être qu'elle se compte
25:06même en décennies
25:06il faut être prêt à payer
25:07une capacité
25:08peut-être que ça veut dire aussi
25:10comme toujours d'ailleurs
25:11comme c'est clair dans les échanges
25:12on peut tout à fait moins dépendre
25:13de l'étranger
25:14c'est une question d'argent
25:14comme toujours
25:15les t-shirts
25:16vous pouvez les avoir chez vous
25:17mais ils sont juste plus chers
25:18ils sont nettement plus chers
25:20et parfois un peu moins bien
25:21sur la tech
25:23sur la tech
25:24voilà
25:24malheureusement
25:25il y a aussi une question
25:26de qualité
25:26et d'effet d'échelle
25:28et d'effet d'échelle
25:29voilà exactement
25:29mais ça n'est pas impossible
25:30c'est juste beaucoup d'investissement
25:31c'est du temps
25:32et ça ne peut pas se décréter
25:33comme ça en quelques mois
25:34tout d'un coup
25:34on parle des solutions
25:35effectivement
25:36moi il y a un autre exemple
25:38qui est
25:38alors je fais un pas de côté
25:39mais Daniel Kretinsky
25:41qui lance son OPA
25:43sur Fnag Darty
25:44et qui repousse les Chinois
25:45de Ujedi quand même
25:46aussi
25:47donc est-ce que
25:48notre souveraineté
25:49elle n'est pas aussi
25:50sur notre capitalisme
25:51oui alors moi
25:52je n'ai que des préjugés
25:55favorables sur Daniel Kretinsky
25:56que je ne connais pas
25:57enfin écoutez
25:58il est tchèque
25:58et il a fait ses études
25:59à Dijon
25:59je suis Dijonais
26:00et j'ai posé une tchèque
26:01donc je pense que
26:02si on se rend compte
26:03vous avez beaucoup de choses
26:03voilà c'est un appel
26:04ça ne doit pas nous empêcher
26:06de nous poser
26:06pas du tout
26:07ça ne doit pas nous empêcher
26:08de nous poser la question
26:09de savoir si honnêtement
26:10et je dis ça très tranquillement
26:11c'est mieux
26:12en quoi c'est mieux
26:13pour la Fnag ou pour la France
26:14que ce soit un tchèque
26:15qui possède Fnag d'Arctique
26:16un chinois
26:16je ne suis pas sûr moi
26:17je n'ai pas d'opinion
26:18honnêtement je n'ai pas d'opinion
26:19pour vendre des carottes
26:21des machines à laver
26:22des carottes
26:23ça serait plutôt
26:23s'agissant d'un groupe
26:25de grande distribution
26:26mais pour vendre des carottes
26:27des navets
26:27des voitures
26:28des machines à laver
26:29moi je n'ai pas vraiment
26:29d'opinion sur l'opportunité
26:31que le propriétaire
26:32soit ceci ou cela
26:33oui sauf qu'il est dans l'énergie
26:34le parcours de Kretinsky
26:36force le respect
26:37c'est tout à fait remarquable
26:39moi ça m'amuse beaucoup
26:40parce que comme vous savez
26:41un des ingrédients majeurs
26:42de son succès
26:43c'est qu'il a racheté à vil prix
26:44des actifs polluants
26:47que les vertueux européens
26:49en particulier les institutionnels
26:51ou les grandes entreprises cotées
26:52vendaient sans trop regarder le prix
26:55parce qu'elles voulaient mettre
26:56dans leur rapport RSE
26:57qu'elles avaient arrêté
26:58de faire ci ou ça
26:59naturellement le truc
27:00si vous voulez
27:00quand on vend un actif qui pue
27:02il pue pas moins
27:03c'est simplement quelqu'un d'autre
27:04qui possède l'actif qui pue
27:05et donc ça fait 25 ans
27:07que les européens
27:08foutent en l'air
27:09une grande partie de leur base industrielle
27:11est extractive etc
27:12en ayant la naïveté de penser
27:15que quand ils vont vendre
27:17ce qui est désagréable
27:19ça disparaîtra
27:19non ça disparaît pas
27:20il y a juste un autre actionnaire
27:21on réélu la production
27:22d'énergie carbonée
27:23et devinez quoi
27:23l'autre actionnaire
27:24qui est un garçon
27:26probablement très responsable
27:27mais souvent on vend ça
27:28à un magna de Macao
27:29ou à une espèce de tirano du Golfe
27:32qui évidemment
27:33n'a pas comme obsession
27:34de sauver la planète
27:35donc non seulement
27:36vous avez les mêmes émissions
27:37mais vous avez en tendance
27:38beaucoup moins de probabilités
27:39que ça s'améliore
27:40c'est ce qu'on a fait
27:41depuis 25 ans
27:42avec des trucs dingues
27:43des usines de chimie
27:45qui évidemment
27:46consomment beaucoup d'énergie
27:47qu'on a soigneusement
27:48chassées d'Europe
27:49et qui sont allées
27:50s'installer
27:51mutatis mutandis
27:52parce qu'on n'a pas pris
27:53l'usine pour la prendre
27:54ici pour la mettre là
27:55en Australie par exemple
27:56ou en Pologne
27:57où évidemment
27:58on crame du charbon
27:59donc moi j'aime beaucoup
28:01dans la figure de Kretinsky
28:02cette combinaison d'audace
28:04d'européanité
28:06incontestable
28:07mais aussi
28:09d'origine culottée
28:11c'est-à-dire qu'il est parti
28:12en faisant un truc
28:12contre-intuitif
28:13et qui reposait
28:14sur notre vertu imbécile
28:15mais bon
28:17je ferme la parenthèse
28:18est-ce que pour autant
28:19c'est mieux
28:19que ce soit lui
28:20je rappelle encore une fois
28:21qu'on a diminué
28:22les émissions carbone
28:23quand même
28:23de l'Europe
28:24et qu'on est le meilleur
28:25on les a pas diminués
28:27si on intègre
28:29le coût carbone
28:29des produits
28:30qu'on réimporte
28:30après les avoir fait
28:31fabriquer ailleurs
28:32plutôt que de les avoir fabriqués
28:34nous-mêmes
28:34donc ça mérite en tout cas
28:36d'être nuancé
28:36moi je suis évidemment
28:37comme tout le monde
28:38je suis pour la fin
28:39de la fin dans le monde
28:40pour sauver l'humanité
28:41pour le beau temps
28:42contre la pluie
28:42pour l'amour entre les peuples
28:43donc à ce titre
28:44je pense qu'il faut diminuer
28:46les émissions de carbone
28:47mais pas à n'importe quel prix
28:48et pas en faisant semblant
28:49de les diminuer
28:50alors qu'en fait
28:50on les transfère ailleurs
28:51c'est juste ça
28:52voilà
28:53mais est-ce que Fnac Darty
28:54c'est
28:55moi j'aime beaucoup Fnac Darty
28:56je commande que sur Fnac Darty
28:57vous voyez
28:58je pense qu'il ne faut pas
28:59commander sur Amazon
28:59si on veut la jouer souveraineté
29:01mais
29:01non mais voilà
29:02on est quand même
29:03mais
29:04je ne vois pas
29:06en quoi le service
29:07qui est rendu par Fnac Darty
29:08serait très différent
29:10s'il était chinois
29:12tchèque
29:12français
29:13je ne vois pas bien
29:13c'est pas très souverain
29:15me semble-t-il
29:15bon
29:16un commentaire
29:17non
29:17on est moins dans le critique
29:19en fait c'est ce que dit Philippe
29:20c'est-à-dire que c'est honnêtement
29:21le commerce
29:21la plateforme
29:22puisque juste l'alternative
29:24pour préciser
29:24c'était JD.com
29:25voilà
29:26le chinois
29:26qui a des ambitions
29:28notamment en Allemagne
29:29et voilà
29:30qui a des ambitions
29:30mais qui est un acteur du e-commerce
29:32et je suis entièrement d'accord
29:33avec Philippe pour le coup
29:34c'est-à-dire que
29:35honnêtement
29:36aujourd'hui
29:37qu'on soit sur un marché ouvert
29:38sur la distribution
29:39c'est pas tant la question
29:41c'est-à-dire que
29:41là on parlait du numérique
29:43qui sont des données critiques
29:44comme l'énergie
29:45comme tout à l'heure
29:47tout ce qui est
29:47donc on n'est pas sur le même plan
29:48la robotique
29:49l'humanité
29:49et tout ça
29:50qui vont être vraiment
29:51des données structurantes de l'économie
29:52et qui sont extrêmement importantes
29:53bon merci
29:54merci à tous les trois
29:55on se quitte
29:57pour une très courte pause
29:59une très courte page de publicité
30:01on va parler libre-échange
30:02après avoir parlé souveraineté
30:03voilà
30:04c'est la balance
30:05alors que l'Europe
30:07vient de signer
30:08un traité très important
30:10avec les indiens
30:11on va y revenir
30:11et puis les français
30:12sont-ils plus pauvres
30:13que la moyenne
30:14des européens
30:15est-ce que c'est ça
30:16la triste réalité des choses
30:17ne quittez pas
30:18on revient dans une minute
30:19allez on est de retour
30:29pour la seconde partie
30:30de l'émission
30:31avec toujours
30:31autour de la table
30:32Ludovic de Sauté
30:34Olivier Babaut
30:34et Philippe Manière
30:35pour discuter
30:36de ce méga traité
30:38de libre-échange
30:39que Ursula von der Leyen
30:40de la commission européenne
30:42que l'Europe
30:42vient de signer
30:44avec l'Inde
30:44l'Inde a marché
30:45de 1,4 milliard
30:49alors de consommateurs
30:50non d'habitants
30:50il y a peut-être
30:51un peu moins de consommateurs
30:51évidemment
30:52mais un marché
30:54absolument colossal
30:55qui étonnamment
30:56étonnamment
30:57après la très longue
30:59et douloureuse séquence
31:01Mercosur
31:01dans laquelle la France
31:03s'est faite remarquer
31:05et pas forcément bien
31:06au sein de l'Union Européenne
31:07et bien là ça se passe
31:08comme s'il n'y avait
31:10finalement aucun problème
31:11alors que c'est quand même
31:12beaucoup plus important
31:14en termes économiques
31:16pourquoi ?
31:17je ne sais pas
31:17qui veut commencer
31:18Ludovic ?
31:19déjà on va dire
31:20que les produits agricoles
31:21sont un petit peu
31:22moins au cœur
31:22du dossier
31:25c'est ça qui fait
31:26toute la différence ?
31:26enfin vu de France
31:27parce qu'on a bien vu
31:28Mercosur
31:29ce qui a fait
31:29la position française
31:30avec une vision
31:31assez électorale
31:32pour ceux qui nous regardent
31:33en direct
31:35vous avez la une
31:36de la tribune
31:36aujourd'hui
31:37la nouvelle carte
31:39du commerce mondial
31:40une manchette passionnante
31:42que je vous invite
31:43à aller voir
31:43sur latribune.fr
31:44puis après
31:45je pense que
31:46les derniers jours
31:47qu'on a vécu
31:47c'est-à-dire Groenland
31:49Davos
31:49plus quelques sketchs
31:51issus de la Maison Blanche
31:52change le contexte
31:54c'est-à-dire que
31:54on voit bien
31:56que le multihinalisme
31:58il a capacité
31:59pour l'Europe
32:00à tisser des accords
32:02et à mettre en oeuvre
32:03parce qu'il y a d'autres choses
32:04dans le suyau
32:04qui devra arriver
32:05dans les mondiales
32:05le multilatéralisme
32:07c'est très dur à dire
32:08le multilatéralisme
32:12décidément
32:12je n'y arriverai pas
32:13n'est pas mort
32:14contrairement
32:15à ce qu'on pourrait croire
32:16moi je pense qu'il est mort
32:17en revanche
32:18le multibilatéralisme
32:19n'est pas mort
32:19c'est-à-dire qu'en fait
32:21en fait
32:21la Patrick Martin
32:22du Mendef
32:23le dit très bien
32:23les américains
32:24nous enquiquinent
32:25c'est super de signer
32:26le Mercosur
32:26ça nous ouvre des marchés
32:27il faut le faire avec l'Inde
32:28avec l'Indonésie
32:28et il a raison
32:29ça c'est le béabat de l'économie
32:31l'échange enrichi
32:32on a un échange
32:34avec les Etats-Unis
32:35on a un échange
32:36avec les Etats-Unis
32:37qui est très dense
32:38parce que
32:39ce sont deux zones
32:40très riches
32:40et parce que
32:41de toute éternité
32:42on se faisait confiance
32:42depuis quelques mois
32:43il y a des raisons
32:44de voir cette confiance
32:45un peu ébranlée
32:46on a évidemment
32:48tous les problèmes
32:49qu'on connaît
32:49avec la Russie
32:50et des difficultés
32:52avec la Chine
32:52évidemment
32:53n'importe qui
32:54un enfant de maternelle
32:55à qui on présente
32:56une planisphère
32:56on dit
32:56j'échange beaucoup
32:58avec lui
32:58mais j'ai des problèmes
32:59avec lui
32:59qu'est-ce que je peux faire
33:00voir ailleurs
33:01et donc il faut aller voir ailleurs
33:03il faut aller voir ailleurs
33:04et donc signer
33:05avec le Mercosur
33:06c'est bien
33:06même s'il faut évidemment
33:07trouver des amendements
33:08pour que
33:09la partie agricole
33:11du traité
33:13ne soit pas
33:14trop défavorable
33:15à nos entrepreneurs
33:17agricoles
33:17parce que c'est ça
33:18qu'il s'agit
33:18il faut le faire
33:19avec l'Inde
33:20donc c'est très bien
33:21qu'on le fasse
33:21et là effectivement
33:22comme on le disait
33:23à l'instant
33:24il n'y a pas de
33:25il y a beaucoup moins
33:26de concurrence
33:26sur les produits agricoles
33:27enfin on voit bien
33:28qu'ils ne vont pas
33:29nous envoyer
33:29leur charolais
33:30et ils ne vont pas
33:31nous envoyer
33:32leur culture de blé
33:33dans une terre arabe
33:35formidable
33:35type beau
33:35c'est juste
33:36qu'ils n'en ont pas
33:36donc on a peut-être
33:38justement plus d'intérêt
33:39à l'échange
33:39parce que j'allais dire
33:40comme auraient dit
33:41Ricardo, Adam Smith
33:42etc
33:42entre le drap anglais
33:43et le porto portugais
33:45il n'y a pas de concurrence
33:46en fait c'est ça
33:47au départ
33:48le libre-échange
33:50est bon
33:50parce que les gens
33:51ne font pas la même chose
33:52il devient
33:53toujours bon économiquement
33:54mais douloureux socialement
33:55quand il concerne
33:57deux nations
33:57qui ont des productions
33:58plus concurrentes
33:59encore une fois
34:00drap anglais
34:00porto portugais
34:02on ne voit pas très bien
34:02comment les anglais
34:03vont faire du porto
34:04ni les portugais
34:06de l'époque
34:06du drap
34:07là maintenant
34:08c'est plus compliqué
34:09mais il se trouve
34:09qu'à mon avis
34:10avec l'Inde
34:10on a un exemple
34:11qui est un peu plus près
34:11de l'exemple des textbooks
34:12que par exemple
34:14le Mercosur
34:15donc allons-y
34:16pour revenir sur votre question
34:18par rapport au Mercosur
34:19c'est aussi
34:19comment se constitue
34:21ce rapport
34:22il y a une deuxième phase
34:23aujourd'hui
34:23qui est importante
34:24dans ce rapport
34:24qui concerne aussi
34:25tout le travail
34:26la recherche
34:26on n'est pas de la même nature
34:29que le Mercosur
34:29on va dire
34:30le deal
34:31qui est mis en place
34:32aujourd'hui en 2026
34:33il va évoluer dans le temps
34:34évidemment
34:34c'est l'Europe
34:36s'ouvre à un accès
34:37notamment sur l'automobile
34:38puisqu'il y a des baisses
34:40assez drastiques
34:41en droit de douane
34:41ce que l'Inde
34:43attend elle
34:43en retour
34:44c'est l'investissement
34:45de la technologie
34:47c'est-à-dire que c'est un pays
34:48qui est en train de se construire
34:49c'est-à-dire que c'est
34:49dans ce rapport-là
34:51donc vu d'Europe
34:52de certains métiers
34:53c'est une ouverture
34:55assez formidable
34:55donc on va leur vendre des biens
34:56et on va leur apporter
34:58la formation
34:59on n'est pas dans le même rapport
34:59de force qu'avec la Chine
35:00l'Inde
35:01l'Inde a encore
35:03un grand chemin
35:04pour se constituer
35:05en tant que géant
35:06de l'économie
35:06ce qui va tenir
35:07mais il y a un marché intérieur
35:09il y a des écarts
35:10très forts
35:11en termes notamment
35:12de PIB
35:13et autres par habitant
35:14selon les zones
35:15c'est un marché en devenir
35:17il y a une capacité
35:18après
35:19ça sera juste la question
35:20c'est comment
35:21dans 20 ans
35:21si on reprend ce débat
35:22avec un peu plus
35:23de cheveux blancs
35:24est-ce qu'on aura fait
35:25la même bêtise
35:26qu'avec la Chine
35:26avec l'Inde
35:27ça l'avenir le dira
35:28ça c'est l'avenir
35:29dans le transfert de techno
35:30et autres
35:30on verra
35:31l'accord c'est les baisses
35:32de douane sur 96,6%
35:35des marchandises européennes
35:37exportées sur le territoire indien
35:39vous évoquiez tout à l'heure
35:41les voitures
35:42les voitures
35:42les droits de douane
35:43vont passer à terme
35:44de 110 à 10%
35:46c'est une ouverture
35:47d'un marché absolument
35:48phénoménale
35:49alors avec des quotas
35:50pas plus de 250 000 unités
35:52mais tout de même
35:53Olivier Babaud
35:53bonne nouvelle cet accord
35:55oui c'est une bonne nouvelle
35:56moi j'ai pas compris
35:57le psychodrame
35:57autour du Mercosur
35:58je suis un des rares
35:59je comprends pas
36:00pourquoi tu me dis contre
36:01ce truc là
36:02est une construction
36:02et j'en veux beaucoup
36:04aux hommes politiques
36:04qu'on peut avoir eu le courage
36:05d'expliquer que
36:06si on regardait ça
36:07de façon générale
36:09c'était extrêmement favorable
36:11à notre économie
36:12et qu'on en avait besoin
36:13parce qu'en effet
36:14nous sommes dans une phase
36:15de reconfiguration extrême
36:16on a eu deux grandes désillusions
36:18liées à Montesquieu
36:19récemment
36:20la première
36:20c'est la séparation des pouvoirs
36:22dont on voit aux Etats-Unis
36:23finalement
36:23elle a beaucoup de mal
36:24à se défendre
36:26et on pensait pourtant
36:27que s'il y avait bien un endroit
36:28ils vont fêter
36:29le quart de millénaire
36:30de l'indépendance
36:31le 4 juillet quand même
36:32les Etats-Unis
36:33s'il y avait bien un endroit
36:34qui savait ce que c'était
36:35que la séparation des pouvoirs
36:36et qui avait quand même
36:36prouvé que Montesquieu
36:37c'était du solide
36:38c'était là-bas
36:39et pour l'instant
36:39c'est quand même un peu fait par la deuxième chose
36:41c'est le fameux doux commerce
36:42qui apporte la paix entre les nations
36:43or on a compris
36:44depuis l'Ukraine au moins
36:44qu'on pouvait parfaitement
36:45se faire du commerce
36:46et en fait
36:46être dans une forme de guerre
36:48et puis vouloir
36:49Thomas Hobbes a gagné
36:50sur Emmanuel Kant
36:51il a toujours gagné
36:52face à Emmanuel Kant
36:53Thomas Hobbes
36:53c'est vrai
36:54malheureusement
36:55juste là on se réveille un peu
36:55peut-être
36:56comme disait Nietzsche sur Kant
36:57creuse vieille taupe
36:59mais donc
37:01on est dans une reconfiguration
37:02et là encore
37:03tu disais que Davos
37:04Philippe avait été intéressant
37:05c'est vrai
37:05il y a eu une prise de parole
37:06très intéressante
37:07du secrétaire au commerce
37:09Howard Lutnik
37:10qui a en fait
37:11enterriné la fin
37:13de ce qu'on pourrait appeler
37:13le mondialisme
37:14pas la mondialisation
37:15mais
37:16elle va toujours être là
37:17mais le mondialisme
37:17c'est-à-dire l'idée
37:18qu'on va devenir
37:18un immense grand marché
37:20et qu'il va falloir s'ouvrir
37:21non il va falloir être très lucide
37:22maintenant
37:22c'est effectivement
37:23du multilatéralisme
37:25entre les zones
37:26et il faut à chaque fois
37:27qu'on redéfinisse
37:28et qu'on renégocie
37:29en faisant très attention
37:30on a besoin d'être ouvert
37:33on a besoin de ces marchés
37:34et ces marchés
37:35ont aussi un peu besoin de nous
37:36c'est 1,4 milliard d'habitants
37:38quand même
37:39l'Inde
37:39avec une très grande promesse
37:40de développement
37:41c'est extraordinaire
37:42de s'ouvrir
37:43évidemment il y a des quotas
37:44mais il y a des quotas
37:44dans les deux sens
37:45il faut dire aussi
37:45vous parlez de Howard Lutnik
37:47Howard Lutnik
37:48le secrétaire américain
37:50au commerce
37:51on va écouter
37:52le secrétaire américain
37:54au Trésor
37:54Scott Besant
37:55voilà ce qu'il dit
37:57aux Européens
37:58sur la signature
37:59de ce traité
38:00avec les Indiens
38:01le président Trump
38:05a travaillé dur
38:06pour établir
38:06un traité de paix
38:07avec la Russie
38:08et l'Ukraine
38:09les Etats-Unis
38:09ont fait beaucoup plus
38:10de sacrifices
38:11que les Européens
38:12les Etats-Unis
38:13ont imposé 25%
38:14de droits de douane
38:15sur l'Inde
38:15pour avoir acheté
38:16du pétrole russe
38:17et devinez ce que font
38:18les Européens
38:19ils signent un accord
38:20avec l'Inde
38:21et pour être clair
38:22le pétrole russe
38:23arrive en Inde
38:24puis les Européens
38:25achètent ce pétrole
38:26raffiné par l'Inde
38:27les Européens
38:28financent une guerre
38:29contre l'Europe
38:30contre eux-mêmes
38:31la présidence de Donald Trump
38:32finira par venir à bout
38:34de la guerre en Ukraine
38:35voilà ce que disent
38:38les Américains
38:39on est là pour vous
38:41en Europe
38:42pour traiter la guerre
38:43en Ukraine
38:43et vous allez signer
38:44un accord
38:45de libre-échange
38:46avec un pays
38:47par lequel passe du gaz russe
38:48et il n'a pas totalement tort
38:49comme toujours
38:51avec l'administration
38:52américaine
38:53c'est n'importe quoi
38:54mais ça s'autorise
38:55d'un bout de vérité
38:56donc c'est vrai
38:57que les Indiens
38:58et d'ailleurs
38:58ils s'en cachent à peine
38:59trichent
39:00et importent du pétrole russe
39:02qu'ils raffinent
39:03et qu'ils nous renvoient
39:04raffinés
39:04ou que parfois même
39:05ils nous renvoient tel quel
39:06mais ils n'ont jamais
39:08en même temps vraiment dit
39:09qu'ils étaient de notre côté
39:11et contre les Russes
39:11parce qu'ils sont extrêmement prudents
39:12l'Inde
39:12historiquement
39:13c'est le seul vrai
39:15non-aligné l'Inde
39:15parce qu'il en a les moyens
39:17c'est un pays énorme
39:18évidemment démographiquement
39:20mais avec le temps
39:21de plus en plus économiquement
39:22il peut se permettre
39:23d'être non-aligné
39:23moi les quelques Indiens
39:24que je connais
39:24me disent tout le temps
39:25mais c'est pas parce qu'on fait
39:26du commerce avec les Russes
39:27qu'on n'en fait pas avec vous
39:27il y avait eu un rapprochement
39:29d'ailleurs sous Joe Biden
39:30majeur entre l'Inde
39:31et les Etats-Unis
39:32ils disent toujours aux Américains
39:33on peut parler avec vous
39:34d'ailleurs ils achètent de tout
39:36même du matériel de guerre
39:37bien sûr aux Russes
39:37ils sont entre l'Orient
39:38et l'Occident
39:39donc l'Inde c'est
39:41un univers
39:42vous le disiez tout à l'heure
39:42c'est le pays
39:43le plus peuplé de la planète
39:44et en plus maintenant
39:44il commence à être
39:45un vrai acteur économique
39:46qui compte
39:47ce sera de plus en plus le cas
39:48donc il peut se permettre ça
39:49l'histoire du pétrole
39:51c'est quand même une plaisanterie
39:52de garçon de bain
39:52parce qu'évidemment
39:52on le sait depuis longtemps
39:53c'est pas parce qu'il y a un accord
39:54de libre-échange
39:55qu'on l'autoriserait
39:55plus qu'avant
39:56on peut très bien l'interdire
39:57aujourd'hui
39:58c'est une question de volonté politique
39:59c'est sans aucun rapport
40:00avec un traité de libre-échange
40:01qui porte sur le reste
40:02donc on laisse ça de côté
40:03les questions d'escomastique
40:04et de guerre en Europe
40:05c'est d'entendre ça
40:05de la part de Scott Besant
40:06qui appartient à une administration
40:08dont une partie substantielle
40:10a tiré ou tire des revenus
40:12du pétrole
40:12directement ou indirectement
40:13ils jouent leur carte évidemment
40:14sachant que
40:15comme vous le savez
40:16la conséquence la plus importante
40:18pour l'économie américaine
40:19de la guerre
40:20entre la Russie et l'Ukraine
40:21c'est qu'on leur achète
40:22énormément de gaz de schiste
40:24ce qu'on ne faisait pas avant
40:25parce qu'il faut bien trouver du gaz
40:26qu'on ne peut plus trouver en Russie
40:27et donc vous avez à l'arrivée
40:30des gens qui nous font grief
40:31de faire du mieux possible
40:33pour continuer à développer
40:34notre économie
40:35qu'ils essayent d'étouffer
40:36en même temps
40:37qu'ils nous empêchent
40:38de faire une paix digne
40:39pour l'Ukraine
40:40et alors même
40:41que la guerre avec l'Ukraine
40:41leur a profité bien plus qu'à nous
40:42donc il faut arrêter
40:44de prendre les enfants du bon Dieu
40:45pour des canards sauvages
40:46je trouve que c'est
40:47et merci de la diffuser
40:49et de la partager
40:50de l'administration américaine
40:51peu importe la personnalité
40:53et peu importe le raisonnement
40:54j'allais dire
40:55prouve qu'on tape juste
40:56en fait cette réaction
40:57est en train de démontrer
40:58qu'on tape juste
40:59il y a eu la même réaction
41:00évidemment sur le Canada
41:01avec l'accord passé sur la Chine
41:02il y a les menaces
41:03de droit de douane
41:04de 100%
41:05des Etats-Unis sur le Canada
41:06est-ce que c'est le meilleur
41:07accord du monde
41:08est-ce que ça sauvera l'Europe
41:09je ne sais pas
41:09mais il est temps
41:11de réagir comme ça
41:12c'est-à-dire que
41:12en fait cette séquence-là
41:13entre ce qu'on a vécu
41:14c'est 20 ans de négociation
41:15est-ce qu'on a vécu à Davos
41:17la semaine dernière
41:18est-ce qu'on vit là
41:19depuis quelques jours
41:20par hasard du calendrier
41:22entre l'accord Canada-Chine
41:24et l'accord Europe-Inde
41:25et d'autres accords
41:26qui vont arriver
41:27je pense à l'Australie et autres
41:28parce qu'il y a d'autres accords
41:28dans les tuyaux aussi
41:29côté européen
41:30oui c'est comme ça
41:32aujourd'hui l'Europe
41:33doit réagir
41:34et oui ça énerve
41:35la Maison-Blanche
41:36oui ça énerve
41:36parce qu'on fait acte
41:38progressivement
41:39à la fois d'une forme
41:40on est sur les premiers pas
41:42mais progressivement
41:43la capacité
41:44à s'émanciper
41:45un tout petit peu
41:46et aller dans un autre écosystème
41:48qui nous protégera davantage
41:49c'est-à-dire que si demain
41:50on a plusieurs accords
41:51de libre-échange
41:51on sécurisera davantage
41:53y compris son numérique
41:55bah oui
41:55c'est la une de la tribune aujourd'hui
41:57la nouvelle carte
41:58du commerce mondial
41:59évidemment il va falloir
42:00qu'on choisisse
42:01nos dépendances
42:01il y a une étude très intéressante
42:03Ludovic
42:03dans cette édition de la tribune
42:06qui vient de Rex & Code
42:07qui nous indique
42:08sur les droits de douane
42:08effectivement
42:09que les droits de douane
42:10en dépit de toute la guerre commerciale
42:12qu'on subit depuis un an
42:13c'est 8%
42:14sur les produits français
42:16bon rien n'est surmontable
42:17non ?
42:18non rien n'est surmontable
42:19et de toute façon
42:20les études se multiplient
42:22ça c'est l'intéressante
42:23parce qu'elle montre aussi
42:23quels sont les secteurs
42:24qui sont un peu exploités
42:25il y a une réalité
42:26il y a 3-4 études
42:28qui sont sorties
42:28depuis décembre
42:29et qui ne sont pas
42:29que des études françaises
42:31des études notamment
42:32britanniques et américaines
42:33qui montrent que
42:34le jeu sur les droits de douane
42:35alors on n'est pas du tout
42:37sur le résultat
42:38j'étais le premier à le dire
42:39en avril
42:39donc je ravale mon chapeau
42:41en disant
42:41oui ça va alimenter
42:42l'inflation et tout ça
42:43mais pour le coup
42:44ce qui apparaît surtout
42:45c'est que cette facture
42:46des droits de douane
42:47est essentiellement américaine
42:49aujourd'hui
42:49et c'est une réalité
42:50là-bas ça fait monter les prix
42:51c'est le consommateur américain
42:53qui paye
42:53c'est le consommateur
42:54c'est aussi
42:56les intermédiaires
42:57c'est l'importateur
42:58c'est plein d'éléments
43:00alors oui
43:00les entreprises européennes
43:01ont pris une partie
43:03du coup
43:03ont un peu serré la vis
43:05et tout ça
43:05mais c'est une
43:06la conclusion
43:08on va dire
43:0810 mois après
43:09c'est que
43:09c'est une arme
43:10sur laquelle
43:11Donald Trump
43:11ne peut pas tellement
43:12aller plus loin
43:13oui mais
43:14ce que vous dites
43:15est parfaitement juste
43:16en moyenne
43:16si vous êtes exportateur
43:18de vin
43:19non mais voyez
43:20c'est différent
43:21parce qu'il y a une élasticité
43:22qui vont bénéficier
43:23de l'accord avec l'Inde
43:24deux ou trois coups
43:26comme ça
43:26au fil des décennies
43:28et vous avez des habitudes
43:29qui se prennent
43:29tout simplement
43:30c'est-à-dire qu'un américain
43:31il trouvait que le vin français
43:31c'était ce qui se faisait de mieux
43:32puis maintenant il se dit
43:33au Chili
43:33en Australie
43:34vous en trouvez
43:36et donc
43:36vous avez des hausses
43:38de prix sévères
43:39c'est là-dessus d'ailleurs
43:39toujours que jouent
43:40les américains
43:40mais de la même manière
43:41que nous on le fait
43:41à chaque fois on fait
43:42des droits de douane
43:43sur les jeans Lewis
43:44et les Harley Davidson
43:45on va être complètement
43:45mais pour ceux
43:48qui sont directement concernés
43:49c'est d'une très grande violence
43:50donc ça ne veut pas dire
43:52qu'il faut faire autrement
43:53que ce qu'on fait
43:53mais il faut être bien conscient
43:55qu'il s'agisse
43:56de commerce
43:58d'ouverture des frontières
43:59comme avec le Mercosur
44:00ou qu'il s'agisse
44:01de résister
44:03à des fermetures de frontières
44:04comme ce qu'on est
44:05en train d'évoquer
44:06ce qu'on dit est vrai
44:07en général
44:08incontestablement
44:09il y a des secteurs
44:10pour qui c'est douloureux
44:12l'ouverture
44:13et la fermeture
44:14J'ai une précision
44:15sur l'accord Inde
44:16il y a un autre
44:17évidemment
44:17on a une lecture
44:18très américaine
44:19en ce moment
44:19de ce qui nous arrive
44:20vu d'Europe
44:21cet accord Inde
44:22il a un autre enjeu aussi
44:23c'est-à-dire
44:23c'est le petit écartement
44:25entre l'Inde et la Chine
44:26c'est-à-dire que c'est aussi
44:27l'Europe
44:28met le pied dans la porte
44:30à un moment important
44:31parce que l'Inde et la Chine
44:32c'est un écosystème
44:33extrêmement important
44:35sur lequel on a senti
44:36un peu de désalignement
44:37on va dire
44:37depuis cet automne
44:39c'est aussi un message
44:41envoyé aux Chinois
44:42de la part de l'Europe
44:42évidemment
44:43et puis avec une population
44:45chinoise qui est appelée
44:46à être divisée par deux
44:47d'ici 2100
44:47quand l'Inde
44:48elle
44:48va continuer à croître
44:50un petit mot
44:52sur les exportations
44:53de vin
44:53puisqu'on en a parlé
44:54elles sont aujourd'hui
44:55taxées à 150%
44:57en Inde
44:58nos bouteilles européennes
45:00ça devrait descendre
45:01à 20%
45:01pour les bouteilles
45:02haut de gamme
45:02et 30%
45:03pour les autres
45:04donc quand même
45:04un nouveau débouché
45:05aussi extrêmement
45:06après le pouvoir d'achat
45:08de l'Indien moyen
45:09n'est pas celui
45:10de l'Américain moyen
45:10évidemment
45:11mais c'est sûr
45:12que ça peut
45:13avoir fait quelque chose
45:14mais le volume
45:14est très important
45:16je voulais qu'on termine
45:17avec la tribune
45:19d'Antoine Fouché
45:20publiée aujourd'hui
45:22dans les échos
45:23les français
45:24sont-ils plus pauvres
45:26que les européens
45:27c'est ce que dit
45:28Antoine
45:28qu'on connaît bien
45:29sur l'antenne
45:29de BFM Business
45:31en reprenant
45:33un chiffre
45:35assez simple
45:35qui est celui
45:36du PIB par tête
45:37alors le PIB par tête
45:38Olivier Babaut
45:39l'économiste
45:40du plateau
45:41on peut rappeler
45:42ce qu'il est
45:44ce qu'il représente
45:45et effectivement
45:46son évolution
45:47depuis quelques années
45:48au sein de l'Europe
45:48le PIB
45:49c'est la création
45:50de richesse
45:50c'est la somme
45:50des valeurs ajoutées
45:51d'une année
45:52c'est donc
45:52c'est la création
45:53de richesse
45:54d'une nation
45:55il n'est pas absurde
45:57de le rapporter
45:58à la tête
45:59et pas au nombre
46:00de travailleurs
46:00et pas évidemment
46:02de le comparer
46:02par des pays
46:03qui ont des importances
46:04extrêmement différentes
46:05puisque ça vous permet
46:06de voir ce qu'une nation
46:07fait par habitant
46:09produit en richesse
46:11et là-dessus
46:12c'est très inquiétant
46:13de voir que
46:13le problème de la France
46:14en réalité
46:15on en parlait
46:15avant d'entrer sur ce plateau
46:17mais c'est que
46:18nous sommes tellement puissants
46:19que notre chute est lente
46:20et comme elle est lente
46:21c'est un peu rassurante
46:23c'est un peu le
46:23jusqu'ici tout va bien
46:24du gars qui tombe de l'immeuble
46:25parce que finalement
46:26on ne voit pas grand chose
46:27ou l'autre comparaison
46:29c'est évidemment
46:29la fameuse grenouille
46:30dans la casserole
46:31on évoque régulièrement
46:32sur ce plateau
46:32et donc nous sommes
46:34exactement cette grenouille
46:35c'est-à-dire
46:36cet appauvrissement
46:37que nous avons mis
46:38nous l'avons caché comment
46:39nous l'avons caché
46:40par l'endettement
46:41nous le cachons aussi
46:42d'une façon complètement dingue
46:43par l'augmentation
46:44de la pression fiscale
46:45qui participe
46:47dans un cercle vicieux
46:49terrible
46:49à augmenter
46:50la pauvreté
46:51l'appauvrissement
46:51et qui fait que
46:52moins on produit de valeur
46:53plus notre système
46:54de production
46:54a de la charge
46:56sur le dos
46:57plus on lui demande
46:57de courir vite
46:58pour compenser
46:59le fait qu'on commence
47:01à ralentir
47:02et c'est absolument
47:04disons que c'est un symptôme
47:07c'est un symptôme
47:08symptôme de quoi ?
47:09de tout un système
47:10dont on comprend bien
47:11qu'il est à bout de souffle
47:13et que c'est ce deal
47:14de la fin
47:15de la seconde guerre mondiale
47:16qu'il va falloir
47:16complètement revoir
47:17nous étions un pays
47:18puissant
47:19jeune
47:20conquérant
47:21riche
47:24ces quatre éléments
47:25ont disparu
47:26on est vieux
47:27on est plus puissant
47:28on est plus conquérant
47:30et on est
47:31en réalité
47:32de moins en moins riche
47:33on est essentiellement
47:33endetté
47:34on l'a caché
47:35de plein de façons possibles
47:36avec un talent
47:37absolument indéniable
47:38et puis on continue
47:39à vivre
47:39vous savez c'est un petit peu
47:40comme ces très vieilles familles
47:41qui vivent dans un château
47:42tout tombe
47:43un petit peu en ruine
47:44ils ne savent plus
47:45ils ne savent plus
47:47à l'intérieur
47:47ils n'ont plus les moyens
47:48d'entretenir le toit
47:50mais il y a toujours cette idée
47:51de la grandeur
47:51c'est un peu
47:52au bonheur de Dieu
47:53au plaisir de Dieu
47:54cet excellent roman
47:56de Dormesson
47:58dont on a une bonne série
48:00d'ailleurs à l'époque
48:01quand on faisait
48:02des bonnes séries
48:02sur l'audiovisuel public
48:05on est encore
48:07dans l'illusion
48:08de notre grandeur
48:08on est dans l'illusion
48:10de notre grandeur
48:11le bon vieux temps
48:11heureusement
48:12l'illusion de notre grandeur
48:13et on ne veut pas voir
48:14la réalité du fait
48:15que ça ne fonctionne
48:17plus aujourd'hui
48:17et nous sommes dépassés
48:18y compris par les gens
48:19qui autrefois étaient
48:20vous savez
48:20dans le fameux Club Med
48:21les pays du Club Med
48:22c'est ce que dit aussi
48:23Antoine Pouchet
48:24c'est-à-dire qu'en Espagne
48:24l'Italie nous a rejoint
48:26même la Grèce
48:28qui revient d'extrêmement loin
48:31c'est très décourageant
48:32parce qu'on n'a pas l'impression
48:33qu'il y ait vraiment
48:34de réaction
48:35de prise de conscience
48:36la réaction politique
48:38elle est pavlovienne
48:39elle consiste à pointer
48:40les inégalités
48:41qui sont contestables
48:43d'ailleurs
48:43la croissance des inégalités
48:44c'est probablement en France
48:45qu'elle est le moins visible
48:47qu'elle est le moins nette
48:49mais enfin peu importe
48:50en tout cas c'est comme ça
48:51qu'on traite en France
48:52idéologiquement
48:53politiquement
48:53la question
48:54de l'appauvrissement
48:55de la nation
48:55la vérité c'est que
48:56toute la nation s'appauvrit
48:57toute la nation s'appauvrit
48:58et pour être très honnête
49:00ce papier il est très bien
49:01le papier d'Antoine Foucher
49:01mais c'est stating the obvious
49:03il a grand mérite
49:04de le faire
49:05parce que c'est bon
49:06il expose clairement
49:07et de manière lucide
49:09dans l'état de fait
49:09il explique quelque chose
49:10c'est documenté
49:10mais en gros
49:11c'est des stats
49:13qu'on voyait
49:13au fur et à mesure
49:14qu'elles tombaient
49:15mais il y a les stats
49:16et puis il y a l'observation
49:18comme dit l'autre
49:19il ne faut pas oublier
49:19de regarder ce qu'on voit
49:20avec les yeux
49:21et puis il y a la colère
49:21de traverser aujourd'hui
49:23n'importe quelle frontière
49:24il faut dire ce que l'on voit
49:25est plus difficile
49:26voir ce que l'on voit
49:27en Suisse
49:28on voit bien
49:29qu'ils sont plus riches
49:30ça dépend des cantons
49:32c'est presque impossible
49:33de ne pas avoir
49:34une impression de richesse
49:34immédiate
49:35quand on passe
49:35la frontière suisse
49:36mais ça ça fait 25-30 ans
49:38pas beaucoup plus que ça
49:39moi je me rappelle
49:40quand j'étais vraiment
49:41très petit
49:42on allait en Suisse
49:42pour acheter un certain
49:43nombre de trucs
49:43qui étaient moins chers
49:44ça fait un peu rêver
49:44aujourd'hui
49:46est-ce que vous avez
49:46cette impression-là
49:47pas seulement en Suisse
49:48vous êtes au Luxembourg
49:50évidemment
49:51mais en Allemagne aussi
49:52aux Pays-Bas aussi
49:52en Belgique aussi
49:54sauf si vous allez
49:54dans les quartiers
49:55ou les régions
49:57vraiment des héritées
49:57du pays
49:58la Belgique
49:58est manifestement
49:59plus opulente
50:00aller à Knoc-le-Zout
50:02alors vous allez me dire
50:02c'est pas la Belgique
50:03oui mais enfin bon
50:04c'est quand même
50:04très grand
50:05c'est beaucoup de gens
50:06le prix du mètre carré
50:07à Knoc-le-Zout
50:08avec vue plein nord
50:09sur une mer grise
50:10qui est l'équivalent
50:11du Saint-Tropez belge
50:12non mais justement
50:13c'est pas Saint-Tropez
50:14et c'est plus cher
50:14donc ça donne à penser
50:16quand même
50:16tout est comme ça
50:17aller en Italie du Nord
50:18et regarder
50:20l'impression de richesse
50:21que vous avez immédiatement
50:22donc
50:23l'appauvrissement français
50:25il est spectaculaire
50:26parce qu'il est le fruit
50:27de 20 ou 25 ans
50:29d'érosion de notre capacité
50:30quelle capacité
50:32bah écoutez là
50:33c'est pas moi l'économiste
50:33vous le lisez
50:34mais enfin quand même
50:34il y a 2-3 types
50:35qui ont documenté
50:36que la richesse
50:37elle venait de la mobilisation
50:38des facteurs de production
50:39il y en a un qui s'appelle
50:40le capital
50:41on fait tout ce qu'on peut
50:41pour le chasser
50:42il y en a l'autre
50:43qui s'appelle le travail
50:44la France
50:45je disais tout à l'heure
50:46Olivier
50:46à bien juste titre
50:47que c'est par habitant
50:49pas par habitant
50:50mais par travailleur
50:50qu'il faut
50:51pas par habitant
50:52qu'il faut juger
50:52la France est le pays
50:54de l'OCDE
50:55où il y a le moins
50:56de travail par habitant
50:58on ne peut pas
50:59être plus riche
51:00que les autres
51:00quand on travaille
51:01moins que tous les autres
51:02donc ce que nous voyons
51:04c'est les stats confirment
51:06ce qu'on voit
51:06avec nos yeux
51:07et c'est la suite logique
51:09de 25 ou 30 ans
51:10de décisions
51:11presque uniment mauvaises
51:13qui consistent
51:13à saper
51:14les fondements
51:14d'une économie
51:15qui marche
51:16et qui permet
51:16aux gens de s'enrichir
51:17c'est à dire
51:17la mobilisation du capital
51:19et la mobilisation du travail
51:20dans un sens
51:22no news
51:22oui mais 2 millions d'emplois
51:23c'est très bien
51:25mais regardez
51:26la croissance
51:26de la population
51:27pendant ce temps-là
51:28regardez le nombre
51:29d'heures ouvrées
51:30par un français
51:31sur toute sa vie
51:33il y a ça
51:34il y a l'OES de départ
51:34à la retraite
51:35il y a l'entrée
51:35dans la vie active
51:36il y a le nombre
51:36d'heures par semaine
51:37et il y a le nombre
51:38de semaines dans l'année
51:38il n'y a pas un de ces critères
51:40sur lesquels on est bon
51:41et quand on les combine
51:41c'est nous les plus mauvais
51:42on peut continuer
51:43à nier l'évidence
51:44la vérité c'est qu'à part
51:4510 ou 15% des français
51:47nous travaillons tous
51:48beaucoup moins
51:50que nos homologues
51:50et devinez quoi
51:51on est maintenant
51:52visiblement
51:52beaucoup plus pauvres
51:54que nos homologues
51:55parce que le travail
51:56le problème c'est aussi
51:57que le travail ne paie plus
51:58oui forcément
51:59c'est comme l'URSS
52:01tu fais semblant de travailler
52:02et je fais semblant de te payer
52:03on en est là
52:05c'est pas Clavavelle
52:06cité par Mac Carinet à Davos
52:08ce qu'on brasse
52:08à la fois Philippe
52:09et Antoine Fouché
52:10parce que la question
52:11on va lâcher le mot
52:12c'est la question de la productivité
52:13et qui est pointée
52:13par Antoine Fouché
52:14il y a une réalité
52:16sur laquelle il faut
52:17bien se placer
52:18dans une lecture lente
52:19c'est que la France
52:20est mal rentrée dans ce siècle
52:21économiquement
52:21elle est mal rentrée
52:22dans ce siècle
52:23pour plein de raisons
52:23Antoine en pose deux
52:26qui sont assez évidentes
52:27c'est la question
52:28on va dire des compétences
52:29et de la formation
52:30sur lesquelles la France
52:31décroche
52:31alors que c'était une valeur
52:33la notion on va dire
52:35de productivité
52:35au sens horaire
52:36avec notamment le fait
52:37que la réforme des retraites
52:39enfin l'abandon
52:39de la réforme des retraites
52:40qui a montré
52:42que ce pays a du mal
52:43après moi
52:43j'en injecte deux autres
52:44qu'Antoine Fouché
52:46n'aimait pas
52:46mais qui sont aussi
52:47des poisons lents
52:48il y a la question
52:49Olivier en parle à l'instant
52:50de la natalité
52:51c'est-à-dire que c'est une vraie question
52:52c'est-à-dire que c'est un
52:53c'était une des forces
52:54de ce pays
52:55et honnêtement
52:56et aujourd'hui
52:57c'est une des composantes
52:58de la croissance potentielle
52:59la démographie
53:00votre population augmente
53:02ça la soutient
53:02elle réduit
53:03c'est compliqué
53:04d'améliorer la productivité
53:05dans un pays qui vieillit
53:06et sur lequel
53:07la balance va pencher
53:08et la bascule
53:09ces demi-tos d'activité
53:10des seniors
53:11est très faible
53:11par ailleurs
53:12et en termes de coûts sociaux
53:14évidemment la facture
53:15va en s'alourdissant
53:16et il y a une autre aussi
53:17c'est l'échec du politique
53:18qui n'est pas mentionné
53:19par Antoine Fouché
53:20c'est-à-dire que c'est 25 ans
53:22de gaudis
53:22d'électoralisme
53:23de choses sur lesquelles
53:25on peut avoir une impulsion
53:26ça va bien 2-3 ans
53:27mais ce qui a été fait
53:28peut être démonté
53:292-3 ans après
53:30on est en plein dedans
53:31depuis la dissolution
53:32mais j'allais dire
53:33il n'y a pas de cap
53:34dans ce pays
53:34il n'y a pas d'horizon
53:35il n'y a pas de visibilité
53:37et on le voit
53:38c'est la facture
53:39que pointait Olivier
53:39c'est-à-dire des pays
53:40qu'on regardait un peu de haut
53:41je pense aux pays méditerranéens
53:43l'Italie
53:43l'Espagne
53:44le Portugal
53:45sur lequel on était
53:46un peu condescendant
53:47sans aller jusqu'à la Grèce
53:48à ce point-là
53:48aujourd'hui
53:48et qui se moquent bien
53:49de nous aujourd'hui
53:50d'ailleurs
53:50quand on a les retours
53:51qui ont fait des efforts
53:52qui peuvent être douloureux
53:54et qui ont compris
53:55que les efforts paient
53:56c'est ce que dit Roland Gillet
53:57invité régulier
53:57des experts
53:58qui travaillent beaucoup
53:59en Espagne
53:59et qui constatent
54:00que les madrilènes
54:01ont des salaires
54:02qui augmentent très sensiblement
54:03et qui peuvent aller
54:04dans les boutiques de luxe
54:05maintenant
54:05parce qu'ils ont vu
54:06que les efforts payaient
54:07mais même les Grecs
54:08aujourd'hui
54:08ils savent que l'effort paient
54:09ils savent qu'ils avaient
54:10tort avant
54:10et qu'ils ont eu raison
54:11de faire des efforts
54:12non mais si vous voulez
54:12toute personne
54:14qui fait des efforts
54:15suffisamment longtemps
54:15pour en avoir le résultat
54:16et en réalité en économie
54:17c'est pas si long que ça
54:18c'est un an et demi
54:19deux ans, trois ans
54:20c'est pas une vie quoi
54:21toute personne qui le fait
54:24comprend qu'il aurait dû
54:25le faire bien avant
54:25nous ça fait longtemps
54:26qu'on sait qu'on doit le faire
54:27et on diffère, on diffère, on diffère
54:28bah devinez quoi
54:29on s'appauvrit, on s'appauvrit
54:29on s'appauvrit
54:30c'est aussi simple que ça
54:31c'est limpide
54:33merci Davidia
54:35de réagir sur le compte
54:36Le Genra
54:37excellent résumé
54:38d'Olivier Babaut
54:39sur la situation française
54:40et bravo pour ce que dit
54:41Philippe Manière
54:42on n'a pas voulu
54:43explorer de gaz de schiste
54:44là c'était sur Kretensky
54:46résultat
54:47on l'importe
54:48n'hésitez pas à réagir
54:49on est très content
54:50de relayer vos commentaires
54:51merci à toutes et à tous
54:52Philippe Manière
54:53Olivier Babaut
54:54et Ludovic de Sauté
54:55pour cette émission
54:56passionnante
54:57disponible en podcast
54:58et replay
54:59sur l'application
55:00BFM Business
55:01tout de suite
55:01c'est Antoine Larigauderie
55:03pour Tout Pour Investir
55:04quant à nous
55:04on se retrouve demain
55:05même heure
55:06même endroit
55:0610h-11h en direct
55:08sur BFM Business
55:09très belle journée à tous
55:10les experts
55:14débat et controverse
55:16sur BFM Business
55:17nous
55:23on se retrouve demain
55:2510h-11h en direct
55:27sur BFM Business
55:28sur BFM Business
55:29я c'est l'application
55:30ouc'est l'application
55:30en direct
55:31sur BFM Business
55:31en direct
55:32sur BFM Business
55:32sur BFM Business
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