- il y a 5 mois
Une poignée d’entreprises, comme Norsys, commencent à avoir des représentants de la nature au sein de leurs conseils d’administration. Savoir comment intégrer l’ensemble des parties prenantes qui font la pérennité des entreprises dans les prises de décisions fait partie des enjeux majeurs de leur transformation.
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00:12Et c'est parti pour notre séquence retour de terrain.
00:15France, pour aller plus loin, chez Norcisse, comment est-ce que la voie de la nature est intégrée dans la
00:20gouvernance quotidienne ?
00:22On a parlé du droit de veto, ça passe par quel autre droit exactement ?
00:29Un droit d'information, un droit de discussion, c'est un sujet tellement pionnier que c'est aussi un droit
00:36de questionnement en quelque sorte.
00:39Il faut explorer de nouveaux terrains, se poser la question de ce qu'on peut faire, de ce qu'on
00:43ne peut pas faire, et donc on apprend collectivement.
00:46Ce qui est important dans cette dynamique, ce sont vraiment tous les échanges qu'il peut y avoir au niveau
00:50du conseil d'administration,
00:52qui réunit les actionnaires ou les représentants des actionnaires, mais aussi comme le soulignait tout à l'heure Thomas, les
00:57échanges avec le terrain.
00:59On ne peut pas imaginer une transition écologique sans prendre en compte les salariés, sans prendre en compte les représentants
01:07des salariés.
01:08Aujourd'hui, n'ont pas été invités les éco-syndicats.
01:12Vous savez qu'il existe en France le printemps écologique ou les sentinelles vertes de la CFDT, qui sont des
01:17éco-syndicats,
01:18et qui se battent pour que la voie des salariés soit aussi une voie de la transition écologique,
01:22parce que transformer l'entreprise au bénéfice d'un meilleur respect de la planète,
01:28c'est aussi transformer le travail quotidien et transformer les métiers et le quotidien des salariés.
01:33Il faut peut-être donner un point de contexte, c'est que dans le cadre de Norcise, qui développe des
01:38services numériques,
01:40rien de ce que l'on fait n'est en réalité soutenable ou ne dégrade pas du vivant.
01:44Ça, c'est une grosse contrainte que nous avons aujourd'hui, un devoir d'humilité aussi qu'on se doit
01:49d'avoir.
01:50Et c'est pour cette raison précisément qu'on a pris une décision qui paraît très pionnière.
01:55Mais moi, ce mot m'énerve parce que je pense qu'on devrait être les derniers à le faire.
01:58La Banque Centrale Européenne rappelait l'année dernière que 72% des entreprises dépendent directement du vivant.
02:03Ce n'est pas le cas de Norcise. Nous, on ne devrait pas être les premiers à faire ça.
02:06On le fait par conviction, on le fait parce qu'on pense qu'on anticipera mieux,
02:08mais c'est délirant en fait qu'on soit les premiers à le faire.
02:11Et donc ce qu'on met en place avec France, c'est peut-être pionnier, mais c'est vraiment plus
02:15le temps d'attendre.
02:16Là, on a ouvert la brèche, on voit que ça fonctionne, même en ayant des modalités qui peuvent paraître très
02:21radicales.
02:22Ce n'est pas le cas dans la mise en œuvre opérationnelle, on fonctionne très bien ainsi.
02:26On a pu faire quelque chose qu'on n'avait jamais fait avant, c'est de regarder notre chaîne de
02:30valeur
02:30et de conscientiser là où sont réellement nos impacts, même indirects, et là où sont potentiellement nos leviers d'action.
02:35Du fait de la présence de France, de ses attentes en tant qu'actionnaire, de dire
02:39mais où se situent les impacts et dépendances sur la nature de Norcise ?
02:42On n'en avait aucune idée, la réalité est celle-ci.
02:44En plus, on est entre eux des constructeurs d'équipements numériques et des distributeurs de logiciels
02:48qui sont des multinationales étrangères sur lesquelles on n'a absolument aucune prise.
02:52Donc en fait, ce qu'on est en train de créer ensemble avec France,
02:54c'est les conditions de pérennité de Norcise parce qu'on sera beaucoup plus en capacité d'anticipation
02:58que n'importe quel autre acteur qui continuera à fonctionner de façon silotée.
03:01Oui, mais moi je m'interroge, parce que Norcise, vous êtes quand même très engagé depuis très longtemps,
03:06pourquoi est-ce qu'il a fallu l'arrivée de France pour aller aussi loin ?
03:10Parce que c'est un angle mort, en réalité, et je suis honnête là-dessus,
03:13d'une entreprise de services numériques qui aujourd'hui n'a jamais connu de contraintes physiques environnementales
03:19à la conduite de son activité.
03:20C'est pour ça que d'ailleurs, des entreprises qui font du textile ou de l'alimentaire,
03:23à mon avis, feraient bien de se bouger plus vite que nous nous le faisons.
03:27Les seuls cas que nous avons eus ces dernières années, c'était au moment du Covid,
03:30il y a eu des pénuries sur les ordinateurs parce qu'il y a eu des problèmes de chaînes d
03:32'approvisionnement.
03:33Pour le reste, aujourd'hui, notre activité n'est que très peu contrainte.
03:36Donc en réalité, on était très investis sur des causes sociales,
03:38très investis sur la réduction de notre bilan carbone depuis 2007,
03:41mais notre chaîne de valeur, nous ne l'avions pas assez considérée.
03:43C'est ça qu'on est en train de mettre en place, c'est la vraie marche supplémentaire qu'on
03:46a faite.
03:46C'est la grande difficulté, par-delà l'unique cas de Norcie, c'est la grande difficulté.
03:50Je représente la nature dans d'autres contextes, notamment une association qu'on peut citer ici,
03:54qui s'appelle TILT, et une association qui a pour vocation à soutenir la transition écologique dans le secteur associatif.
04:01On se dit, bah, ils y sont déjà, les associations, non, pas du tout en fait.
04:07Et le peu de transition écologique qu'il y a dans le secteur associatif, c'est le bilan carbone, comme
04:11tu le disais.
04:12Or, la nature, c'est bien plus complexe que ça, la nature, c'est neuf limites planétaires,
04:17c'est la forêt amazonienne, c'est les étoiles filantes, c'est les verres de terre, enfin, c'est tout
04:21ça, la nature.
04:21Donc, c'est très complexe, il faut prendre tout ça en compte.
04:24Et, long story short, si on veut respecter la nature, si on veut créer une entreprise qui respecte la nature,
04:30ça n'existe pas aujourd'hui.
04:32Même Patagonia, dont on a parlé tout à l'heure, même certaines entreprises dites régénératives, non.
04:37Toutes les entreprises abîment la planète.
04:40Et donc, c'est difficile, c'est difficile chez Norcise, c'est difficile chez Tilt, l'association,
04:46parce qu'en fait, il faut imaginer des modèles radicalement nouveaux,
04:50et que ça, je le disais tout à l'heure, c'est pas du jour au lendemain.
04:53Et ça tombe bien, le rôle d'un administrateur, pour mieux répondre à la question qui a été posée tout
04:58à l'heure,
04:59ce n'est pas de s'intéresser aux gestes et aux détails du quotidien,
05:02c'est de travailler sur la stratégie long terme.
05:04Donc, c'est ça le rôle d'un administrateur nature, le long terme.
05:08Vous voulez y répondre ?
05:09Non, sur le sujet du modèle associatif, puisque au sein de l'opération Millard,
05:13on est des personnes individuelles, et on vient avec nos bagages de dirigeants d'entreprise,
05:18ou salariés, ou bénévoles, et puis nous, on est une association.
05:21Et en effet, on travaille vraiment nos périmètres de ce qu'on appelle la transition juste,
05:26c'est-à-dire la réponse aux besoins essentiels dans le cadre des limites planétaires,
05:30en partageant la valeur et le pouvoir, on se met bien toutes ces contraintes-là.
05:33Et en effet, les modèles entrepreneuriaux classiques, comme les modèles associatifs,
05:37aujourd'hui, ne se posent pas toujours la question de leurs enjeux environnementaux.
05:42Et d'autant plus, quand on est une association très ancrée sur le social,
05:46on se pose peut-être encore moins cette question-là,
05:48et à l'inverse, quand on est une association très ancrée sur l'environnement,
05:51peut-être qu'on se pose moins la question des enjeux sociaux.
05:53Et donc, comment on réunit tout ça ?
05:55C'est une autre façon de penser les choses.
05:57Et ce n'est pas évident, quel que soit le modèle qui soit associatif,
06:01donc qu'on pense engager, on est souvent engagé sur une cause,
06:04et sans forcément voir celles qui sont autour.
06:07C'est la quadrature du cercle, soyons honnêtes, c'est très compliqué de réconcilier tout ça.
06:12De tout réconcilier, tout à fait.
06:13Et dans une entreprise du CAC comme Veolia,
06:15j'imagine que vous avez moins de marge de manœuvre.
06:18Quels sont vos droits ici ?
06:20Je n'ai pas sollicité la direction de la communication pour parler d'aujourd'hui.
06:25Mon collègue Nils Defraguier,
06:27qui est le secrétaire général du Conseil des Générations Futures,
06:31pourrait mieux en parler que moi.
06:32Mais ce que je peux dire, c'est que Estelle Brachianov,
06:35qui est donc la CEO du groupe,
06:36a souhaité disposer d'un outil de délibération et d'expertise.
06:41On disait tout à l'heure, il est important d'avoir une intelligence collective.
06:44Et ce sont les générations futures,
06:46c'est-à-dire des jeunes de l'entreprise et des experts venant de l'extérieur,
06:50qui vont parler, alors ça veut dire quoi génération future ?
06:53Ça nous oblige à nous projeter dans un siècle, dans deux siècles,
06:57et ça nous ramène finalement sur les neuf limites planétaires.
07:01Donc le sujet de discussion est au fond le même,
07:04et c'est ce qui est mis en place pour essayer d'aider Veolia dans sa mission,
07:07puisque je rappelle que Veolia est quand même un acteur
07:10de la transition écologique du fait de son métier.
07:13Caroline, vous avez des exemples d'autres dispositifs
07:16où la gouvernance élargie fonctionne ?
07:18Il faut moins rêver, mais si on prend l'exemple de Michelin par exemple,
07:24donc là c'est assez connu,
07:26Michelin qui somme toute est quand même assez engagé sur ces sujets,
07:29en conseil d'administration, quand ils prennent une décision financière,
07:34ils incluent le prix du carbone.
07:36Donc c'est un prix qu'ils ont calculé eux,
07:38ce n'est pas le prix classique,
07:39et c'est ça qui va influer un investissement ou pas.
07:44Donc là, effectivement, on n'est pas encore,
07:47tout le reporting extra-fille aussi important que le reporting financier,
07:51mais c'est quand même des choses qui sont mises en place,
07:54et puis ça rentre dans la culture.
07:58Après, chez Interparfum,
08:00l'engagement est tout à fait correct,
08:04sans être ultra-militant.
08:06il y a un comité RSE,
08:09moi je préside ce comité RSE,
08:11et dans le comité, il y a le CEO,
08:14il y a la directrice RSE,
08:16et il y a la présidente du comité d'audit également.
08:19Ça, ça fait partie des bonnes pratiques
08:20qui peuvent se mettre aussi en place facilement, entre guillemets.
08:24Et est-ce qu'il existe des indicateurs
08:27qui permettent de savoir l'impact de cette participation externe ?
08:32Non, malheureusement, non, non, c'est bien dommage.
08:36Il existe des certifications qui vont évaluer
08:42la gouvernance, le degré d'ouverture de la gouvernance.
08:45Il existe des mesures scientifiques
08:47qui vont permettre de voir dans quelle mesure
08:50on fait du bien ou du mal à la planète,
08:53mais on arrive très vite à un certain nombre de limites.
08:56Je vais donner un exemple.
08:57Chez Norcis, on avait voulu réaliser,
08:59on peut en parler je crois, un diagnostic.
09:01Je vais dire après.
09:02Neuf limites planétaires.
09:04Neuf limites planétaires,
09:06qui est le référentiel scientifique international.
09:09Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
09:10On appelle Stockholm, parce que c'est à Stockholm.
09:13Ça vient de Suède.
09:14C'est au Stockholm Resilient Center.
09:16Les spectateurs ne le savent pas forcément.
09:18C'est au Stockholm Resilient Center
09:19qu'ont été formulés et validés les neuf limites planétaires.
09:22Donc, on appelle Stockholm, et c'est véridique.
09:25Et là, on découvre qu'au fond, il n'existe pas d'outil
09:27pour faire un diagnostic d'une entreprise
09:30sur son impact sur les neuf limites planétaires.
09:32Dans les services, dans les activités de service.
09:34Ils ont d'abord adressé des industries lourdes,
09:35et c'est logique, là où il y a le plus d'impact,
09:37mais c'est vrai que dans les activités servicielles.
09:39C'est souvent le cas.
09:40On a souvent plus de difficultés à mettre des impacts,
09:44et à comprendre, et à anticiper ces impacts sur le service.
09:47Donc, faire le lien entre gouvernance,
09:49et puis ensuite un impact qu'on a parfois du mal à mesurer,
09:52ben non, c'est très compliqué, malheureusement, aujourd'hui.
09:54D'autant plus qu'entre l'un et l'autre,
09:56il y a des corrélations, mais pas forcément des causalités.
10:00Voyez-vous, ce n'est pas parce qu'on change un point que l'autre.
10:04Après, ce qui peut être intéressant dans les chiffres,
10:06si on revient à l'économie sociale et solidaire dans son ensemble,
10:10puisqu'on a parlé des coopératives,
10:11j'ai parlé un peu des associations,
10:13l'ESS dans son ensemble est plus large,
10:14il y a aussi les entreprises commerciales de l'ESS.
10:17On a quand même des chiffres qui nous disent
10:18que leur pérennité à 5 ans est supérieure à des entreprises classiques.
10:22Donc, il y a quand même un sujet sur,
10:23dès qu'on se pose la question de son utilité sociale
10:26et du partage du pouvoir,
10:28puisque c'est le principe de l'économie sociale et solidaire,
10:31on a quand même une pérennité de durée de vie des entreprises
10:34qui est supérieure à 5 ans.
10:36Donc, ça ne lit pas tout,
10:39mais ça donne des indices sur le fait
10:42que ça permet de durer plus longtemps.
10:45Et au sein de l'entreprise,
10:48pour faire vivre cette gouvernance plus ouverte,
10:51est-ce qu'il y a des nouveaux rôles qui apparaissent,
10:52de nouveaux métiers, des facilitateurs ?
10:56Alors, ce n'est pas tant qu'il y a des nouveaux rôles qui apparaissent.
11:00Déjà, il y a les directions RSE,
11:02que moi je trouve formidables, essentielles,
11:04qui existent depuis bientôt 30 ans,
11:07qui ont joué un rôle quand même assez puissant sur le sujet
11:11et qui continuent.
11:13Mais après, c'est plus l'intégration de ces sujets dans les process RH.
11:19C'est-à-dire, à la fois, il y a la formation, la sensibilisation.
11:23Enfin, la fresque pour le climat,
11:27c'est quand même un outil,
11:28alors qu'on connaît tous, on se dit c'est ringard et tout,
11:30mais ça a eu un effet quand même assez incroyable.
11:32Vous pouvez peut-être vous rappeler pour nos téléspectateurs
11:35brièvement de quoi il s'agit ?
11:36Qui veut expliquer la fresque ?
11:37La fresque, en fait, c'est comment on rend
11:41plus facilement accessibles les enjeux climatiques.
11:43Et quand je dis plus facilement accessibles,
11:45c'est que le principe de la fresque,
11:46c'est qu'on va avoir un atelier
11:49où on va chercher nous-mêmes les définitions,
11:51mettre en corrélation les impacts les uns avec les autres.
11:53Et donc, c'est par la pratique,
11:54c'est un peu du Montessori pour adultes,
11:56c'est par la pratique...
11:57C'est par la pratique qu'on va comprendre
12:01quels sont les enjeux.
12:02Et donc, la fresque est un outil de sensibilisation
12:04aux enjeux climatiques qui est maintenant
12:06très largement développé.
12:08Il y a des tas de fresques sur des tas de sujets.
12:09Mais c'est comment on apprend autrement
12:11sur des enjeux qui peuvent être complexes.
12:12Il y a plus d'un million de personnes qui ont suivi.
12:14Oui, c'est ça.
12:14Après, une fois qu'il y a la sensibilisation,
12:17c'est déjà déterminer les métiers
12:18qui sont le plus impactés par ces sujets.
12:21Parce qu'on ne peut pas transformer
12:23tous les métiers d'un coup.
12:24Donc, c'est déterminer cela.
12:28Et adapter la formation,
12:30mais aussi l'évaluation et la rémunération.
12:32Parce que si on est évalué seulement
12:35sur ce qu'on vend,
12:38le cash qu'on ramène
12:38ou le cash qu'on dépense, etc.
12:41Et qu'on dit en même temps,
12:43occupe-toi de la nature, etc.
12:46Ça a des limites.
12:49C'est que dans l'évaluation des salariés,
12:51le sujet RSE a besoin d'être davantage présent.
12:55Et opérationnalisé.
12:56Vraiment, concrètement,
12:57ce que ça veut dire dans mon métier,
12:59les enjeux climatiques, etc.
13:00C'est pour ça que,
13:01commencer par tous les métiers en même temps,
13:03je trouve ça difficile.
13:05Parce qu'à nouveau,
13:06il y a cette notion de conduite du changement.
13:07Mais déterminer les plus impactés
13:09dans un premier temps
13:10et aller petit à petit.
13:11On parle de la transformation du terrain,
13:13c'est important.
13:14Mais par rapport aux nouveaux métiers,
13:15j'aimerais en citer un
13:16qu'on n'a pas trop évoqué,
13:17mais qui, je pense, va vous plaire.
13:19C'est l'actionnaire.
13:21On en parle de très loin depuis tout à l'heure.
13:24Comme un méchant actionnaire
13:25qui viendrait d'outre-Atlantique
13:27et qui viendrait dévorer
13:29les pauvres économiques.
13:30On a dit que ça pouvait être des salariés
13:31de l'entreprise aussi.
13:32C'est pas vrai.
13:33Je sais.
13:33Mais en fait,
13:34il y a de plus en plus d'actionnaires activistes.
13:39Et j'aimerais quand même souligner leur rôle
13:41parce que dans les assemblées générales
13:44du CAC 40 ou ailleurs,
13:46nous voyons de plus en plus de structures
13:48qui sont investisseurs,
13:50qui détiennent des actions
13:51et qui vont tenter de changer
13:53l'agenda stratégique des entreprises.
13:55Alors, ce n'est jamais un actionnaire majoritaire.
13:57Le droit ne va pas dans leur sens,
13:59mais toutefois,
14:00ce sont quand même des acteurs qui existent.
14:02Et ces actionnaires activistes
14:04sont peut-être minoritaires au CAC 40,
14:06mais derrière,
14:06ils ont quand même des fonds
14:08pour ensuite,
14:08dans l'économie réelle,
14:09comme on dit,
14:10donc dans les TPE et PME,
14:12investir et là,
14:13changer la donne.
14:14Et ça, c'est quand même un mouvement
14:15qu'il faut souligner.
14:16Les actionnaires sont aussi nos alliés.
14:18Et c'est une des cibles majeures
14:20de l'opération Millier.
14:21En fait, l'opération,
14:22elle se crée
14:23parce qu'il y a aujourd'hui,
14:24je le disais déjà,
14:25des organisations de la transition
14:27qui œuvrent déjà
14:28sur les impacts sociaux,
14:29environnementaux
14:29et de la gouvernance.
14:31Elles existent.
14:32Et en fait,
14:32dès qu'il faut se financer,
14:33il y a une limite.
14:34Pourquoi ?
14:34Parce qu'on ne comprend pas trop
14:35ce qu'elles font.
14:36Ou ça fait un peu peur,
14:38ces histoires.
14:39Ou elles ne crachent pas du cash
14:41à 12% par an
14:42et donc ça ne nous intéresse pas.
14:43et donc ce sujet
14:44de le financeur,
14:46l'investisseur,
14:47l'actionnaire,
14:48au-delà de poser les questions
14:50en matière de RSE,
14:51comment dans ses propres pratiques
14:53va changer des choses
14:54pour financer,
14:55alors nous on dit,
14:56pour financer ce qui compte vraiment,
14:57c'est-à-dire ces organisations
14:58qui vraiment font la transition juste.
15:01Et la difficulté là-dedans,
15:03et c'est pour ça que nous,
15:04on crée un fonds d'investissement
15:05qui s'appelle
15:06le Fonds de développement
15:07de la transition juste
15:09avec l'opération Millier.
15:10c'est pour montrer
15:10que ça peut fonctionner,
15:12qu'il peut y avoir
15:12des investisseurs
15:13qui sont intéressés,
15:15qu'on peut financer
15:15Et justement, vous avez un exemple
15:17de projet à nous donner
15:17que vous financez ?
15:19En fait, on va,
15:19on lève des fonds pour l'instant,
15:21mais une fois qu'on aura
15:22les projets à identifier,
15:24voilà, on lève des fonds,
15:26on lève,
15:27on a un objectif d'abord
15:28de 50 puis de 100 millions
15:29pour cette année,
15:30et vraiment,
15:31on va investir dans
15:34des coopératives de type
15:35la coopérative Belleville,
15:37je ne sais pas si vous connaissez
15:37la coopérative Belleville,
15:38mais qui aujourd'hui
15:39a des projets
15:40d'immobiliers sociaux
15:41tout en prenant en compte
15:43son impact environnemental
15:44et c'est une coopérative
15:45donc en travaillant
15:46sur le partage du pouvoir.
15:48On a des financements
15:49pareil sur le sujet énergétique,
15:51on peut avoir
15:52comment on va financer
15:53et ça c'est un outil aussi
15:54de financement
15:55qu'on connaît peu,
15:56mais le titre associatif
15:57qui est comment
15:58par des formes d'investissement
15:59on peut renforcer
16:00les fonds propres
16:02en fait des associations
16:03et donc leur permettre
16:04d'investir elles aussi.
16:06Et donc il y a des associations
16:06qui nous intéressent,
16:08il y a des tas de lieux
16:09partout en France aussi
16:10qui font des choses,
16:10on pense au moulin du Pont-Rue
16:12par exemple
16:13qui est un moulin
16:13qui a été repris
16:14pour accueillir des personnes,
16:16soit des femmes
16:16en situation de violence conjugale,
16:18soit des personnes
16:19exclues de la société
16:20pour les réinsérer.
16:21Donc ça va être
16:22des tas de projets
16:23et qui sont souvent d'ailleurs
16:24à une maille très territoriale
16:25donc on ne les connaît pas
16:26très bien
16:26niveau grand public
16:27parce qu'en fait
16:28c'est des organisations,
16:30associations, entreprises
16:31qui oeuvrent
16:31sur leur territoire
16:32à faire vivre leur territoire,
16:34à créer de l'emploi,
16:35à créer de la richesse,
16:36à partager la valeur,
16:37à limiter leurs impacts environnementaux.
16:39Donc c'est ça
16:39qu'on veut financer.
16:40Ça si je puis me permettre
16:41c'est vraiment intéressant
16:42parce qu'il y a énormément
16:43d'initiatives de fonds
16:45qui investissent
16:45sur des entreprises
16:46de la transition écologique
16:48parce que quelque part
16:49il y a toujours peut-être
16:50un moyen
16:51de gagner beaucoup d'argent
16:52derrière
16:52alors que là
16:54on est vraiment
16:54sur des coopératives
16:56où il y a une ambition
16:57de long terme
16:58beaucoup plus intéressante.
16:59Aujourd'hui c'est facile
17:00de se faire financer
17:00sur une entreprise
17:01de la tech environnementale.
17:03il y a des fonds pour ça
17:04on va faire de l'argent
17:05avec ça
17:05c'est pas un problème.
17:06Mais dès qu'on se repose
17:07la question du partage
17:08de la valeur
17:09de la création
17:09de la valeur sociale
17:10on trouve quand même
17:11moins d'investisseurs
17:12alors qu'en fait
17:13c'est des entreprises
17:14qui existent
17:15qui fonctionnent.
17:16Nous notre pipe
17:17il a 3-4 ans d'existence
17:18donc c'est des entreprises
17:19qui déjà ont des salariés
17:20du chiffre d'affaires
17:21de la rentabilité.
17:22Alix sur ces nouveaux métiers
17:24il y en a peut-être un
17:25qui a un pari d'avenir
17:26d'ailleurs ça m'est venu
17:27en écoutant tout le monde
17:28mais en fait
17:29pour oeuvrer sur les territoires
17:32peut-être que va émerger
17:33un métier de
17:34Chief Cooperation Officer
17:36qui viendrait
17:36mettre en oeuvre
17:37mettre en musique
17:38réunir les parties prenantes
17:39autour de la table
17:40parce qu'on a parlé
17:40depuis le début
17:41de décloisonner l'entreprise
17:42de dé-siloter les parties prenantes
17:44de les intégrer
17:44dans les décisions
17:45et ça c'est un sacré métier
17:47que de réussir
17:49à créer de la confiance
17:50à créer de l'engagement
17:51à être transparent
17:52à être humble aussi
17:53dans cette intention là
17:54et je pense que s'il y a des choses
17:56ça veut dire quoi
17:56créer du lien
17:57ça veut dire de faire en sorte
17:58que l'entreprise
17:58ne soit plus silotée
17:59entre ses murs
18:00et extrait de la matière
18:01pour la transformer en richesse
18:02mais de réunir autour de la table
18:04les parties prenantes
18:05pour travailler ensemble
18:06et ça ça va devenir un métier
18:07c'est déjà un métier
18:08alors ça existe peut-être déjà
18:09mais il n'est peut-être pas
18:10il y a quand même des gens
18:11très bien
18:11très compétents
18:12qui font du dialogue
18:13parties prenantes
18:14un métier dont l'intitulé
18:16est le même
18:16alors il n'y a pas de
18:18direction des relations de public
18:20non
18:20non
18:21non mais quel est
18:22des comités de parties prenantes
18:23responsables du dialogue
18:24parties prenantes
18:25et souvent
18:25je n'en connais pas beaucoup
18:26dans les coopératives
18:27ça s'appelle
18:28des responsables de la vie coopérative
18:29souvent c'est des profils passionnants
18:30parce qu'ils sont vraiment
18:31à la croisée des mondes
18:32c'est des gens qui ont travaillé
18:33en association
18:33qui comprennent le monde
18:35qui comprennent le monde
18:36du business aussi
18:38exactement
18:38qui ont pu travailler aussi
18:40au niveau de l'état
18:41donc ça existe
18:42et il y a des profils comme ça
18:43qui ont ces envies aussi
18:44et des standards
18:44qui vont dans le sens
18:45de ces nouvelles façons
18:46d'entreprendre et de coopérer
18:48les nouveaux standards de Bicor
18:50par exemple
18:50intègrent une très forte dimension
18:51sur la prise en compte
18:53de la vie des parties prenantes
18:54sur des mécaniques
18:54de remontée
18:55de concertation
18:56voire de réclamation
18:58et sur le fait
18:58qu'au sein des directions générales
19:00il y ait des mécanismes
19:01de consultation direct
19:02avec les parties prenantes
19:03ça, ça va être
19:04un des nouveaux fondements
19:05des standards Bicor
19:05qui prouve une fois de plus
19:06que ce qu'on est en train
19:07de dire là
19:07c'est l'avenir
19:08et ça tombe bien
19:09parce que les Nations Unies
19:11elles-mêmes recommandent
19:12depuis plusieurs décennies
19:13d'ouvrir la gouvernance
19:15des entreprises
19:16c'est le Global Compact
19:17que vous connaissez
19:18donc il est temps
19:19d'y passer
19:20merci à tous les quatre
19:21on passe à notre dernière séquence
19:22Générique
19:24Générique
19:27Sous-titrage FR ?
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