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  • il y a 7 mois
L’objectif premier des entreprises du 21ᵉ siècle ne sera peut-être pas de faire gagner de l’argent à ses dirigeants. Elles doivent se mettre au service d’un intérêt général. Nos invités nous expliquent comment les mentalités peuvent évoluer pour réussir cette transformation.

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00:00Et on a maintenant une bonne idée de ce qui rend vos réseaux respectifs uniques de leurs initiatives concrètes.
00:11On entre désormais dans le cœur du débat de cette émission.
00:15Qu'est-ce qui empêche l'économie de l'impact de devenir la norme,
00:20alors qu'elle est portée depuis longtemps et de différentes façons ?
00:24Qu'est-ce qui freine la généralisation de l'économie à l'impact qui se lance là aussi ?
00:32Je vais commencer peut-être par une prise de recul philosophique.
00:37Globalement, on nous a appris qu'une entreprise était là pour faire gagner de l'argent à son dirigeant.
00:41Si on part de ce constat-là, ça fausse tout le système et ça empêche les gens de prendre le recul nécessaire
00:47pour se dire qu'il y a peut-être autre chose à faire avec mon entreprise ou avec l'argent qu'elle va gagner.
00:50Et à partir du moment où les entreprises, les entrepreneurs, les dirigeants vont prendre conscience
00:55qu'elles ne sont pas là juste pour gagner de l'argent elles, mais qu'elles peuvent avoir un impact plus fort,
01:01ça peut changer les choses en fait.
01:02Donc commençons déjà par leur permettre de prendre conscience qu'il y a d'autres façons de faire du business,
01:07qu'il y a un moyen d'impacter l'écosystème local, territorial, etc. et l'environnement positivement.
01:15Donc juste déjà une prise de conscience.
01:17Et on se rend compte dans le mouvement au CGD par exemple, c'est des dirigeants qui arrivent dans le mouvement
01:21et effectivement ils ont été biberonnés toute leur vie à une entreprise, c'est là pour gagner de l'argent.
01:27Oui, mais ceux-ci-là, ça peut avoir aussi un impact positif au-delà de juste générer du résultat financier.
01:33Ça peut avoir un impact social, sociétal, environnemental.
01:36Donc déjà juste commençons par permettre aux gens de prendre conscience.
01:38Oui, c'est là pour le coup, je prends ma casquette Murphy qui est une entreprise de l'ESS agréée ESUS,
01:47donc une entreprise solidaire d'utilité sociale.
01:50Et ce que notre PDG a l'habitude de répéter, c'est que le fait de gagner de l'argent, ce n'est pas un but en soi,
01:55c'est un moyen au service d'un but plus grand.
01:58Et la métaphore, c'est quand vous vous levez le matin, votre but ultime, ce n'est pas de respirer, de manger.
02:05Vous respirez, vous mangez pour réaliser d'autres choses, vous réalisez à travers votre travail, à travers vos engagements associatifs.
02:12Et bien faire cette bascule-là, qui est très intéressante, qui a été très bien dit par Mathieu, c'est ça.
02:21C'est l'entreprise, son but ultime dans les enjeux du XXIe siècle et même les enjeux du XXIIe siècle.
02:29Après, parce qu'on est déjà pratiquement au tiers de ce siècle-là, ça va être de contribuer à construire une société pérenne, une société apaisée.
02:38Et pour ça, il faut qu'elle puisse être pérenne financièrement.
02:43Il faut qu'elle contribue à quelque chose qui la dépasse.
02:45Je souscris. J'ai l'impression que la question permet de faire une autocritique de comment nous, peut-être, on a fonctionné en tant que pionniers, justement,
02:57de cet écosystème engagé à impact vis-à-vis de ce qui n'advient pas tout à fait encore, comme on le disait tout à l'heure, en termes de bascule.
03:05C'est une question de culture d'entreprise.
03:07Exactement, parce qu'on pourrait y incomber beaucoup de facteurs externes, de se dire qu'il y a des personnes qui ont des intérêts privés, qui défendent, qui sont organisées,
03:14il y a des milliardaires qui possèdent tel ou tel canot médiatique qui permettent de prendre.
03:18On pourrait aller chercher ces facteurs-là.
03:20Moi, je trouve intéressant de faire une autocritique aussi en se demandant qu'est-ce qui peut-être ne favorise pas justement l'émergence d'une parole, d'un récit qui peut être mobilisateur.
03:28Vous en parliez, Mathieu, et de revenir un peu sur le rôle de l'entreprise plus largement que sa capacité à générer de l'argent et à financer le dirigeant.
03:37Moi, je crois qu'aujourd'hui, on a encore du mal à faire alliance sur nos complémentarités.
03:43C'est-à-dire que des secteurs sont là pour créer la prise de conscience.
03:49Je pense au centre des jeunes dirigeants, le CGT, vous parliez de formation, Mathieu.
03:52Moi, je trouve ça génial. Nous, on serait incapables de faire ça au Mouvement Impact France, d'aller former des dirigeants sur des sujets de transition écologique.
03:58Et c'est génial. Je pense à Bicorp qui va certifier, qui va pouvoir objectiver l'engagement d'une entreprise, en créer une certification.
04:05Et nous, par exemple, plutôt sur la dimension politique, justement, pour être en capacité de représenter une parole collective, globale, en plaidoyant.
04:13On dirait que c'est un peu ça, notre expertise.
04:15Et je crois qu'aujourd'hui, on n'est pas encore complètement mûrs sur la capacité d'identifier les expertises.
04:22Et du coup, les endroits où on peut être complémentaires, les endroits où on peut se soutenir pour permettre aux uns et aux autres d'être meilleurs,
04:27en fait, d'être les meilleurs sur ce sujet-là.
04:29Comment on fait pour que le CGD soit le meilleur espace de formation de tous les dirigeants de France sur ces sujets-là ?
04:35Comment on fait pour qu'Impact France rentre dans le dialogue social ?
04:37Parce que c'est ça, nous, être une organisation patronale.
04:40Ce n'est pas le rêve de tous les réseaux d'entreprise, parce que c'est quand même se pifrent un certain nombre de contraintes.
04:45Et donc, comment on fait pour, nous, peut-être continuer de monter sur ce projet-là ?
04:48Comment on fait pour que, sur le secteur de l'économie circulaire, EC2027 devienne le leader, aujourd'hui, de la pensée sur...
04:53Ou le leader, ou en tout cas, un des leaders sur ces sujets-là ?
04:56Moi, je crois que c'est vraiment comment on travaille à cette complémentarité,
04:58comment on crée une tactique, justement, qui réponde avec tout ce qu'on peut faire de mieux,
05:05et, justement, de ne pas forcément rester sur des incantations trop larges pour réussir à être efficace.
05:11Peut-être pour essayer de résumer deux freins et une opportunité.
05:14Ça fera peut-être la transition avec la question suivante, on verra ça, Alix,
05:17mais à l'échelle des individus, Mathieu parlait de prise de hauteur philosophique.
05:23Moi, j'évoquerais, en fait, un aspect culturel qui veut que le désir d'entreprendre,
05:28il est davantage motivé par la création de richesses et la prise de pouvoir
05:32que par la résolution d'enjeux sociaux et environnementaux, même si c'est en train de changer.
05:36Oui, ça dépend de la libération des dirigeants, des entrepreneurs.
05:38C'est en train de changer avec des motivations qui sont en train d'évoluer,
05:42mais l'économie dont on parle nécessite d'avoir des personnalités
05:45qui ont moins envie de pouvoir et de richesse.
05:51Ça, c'est un premier point à l'échelle des individus.
05:52À l'échelle du système, on a en ce moment une conjoncture
05:55qui est en train de dévoiler au grand jour le fait que la RSO et l'Impact
05:59ne sont jamais vraiment rentrés dans les modèles d'affaires.
06:01Parce que si c'était le cas, alors quand l'économie se tend,
06:04ces sujets-là ne passeraient pas à la fin de l'agenda.
06:07Et en ce moment, malheureusement, la situation étant très tendue,
06:11les chaînes de valeur, les structures de coût des entreprises
06:13sont en train d'exploser, donc elles cherchent des solutions court-termistes
06:17pour maintenir des niveaux de rentabilité qui, de toute façon,
06:19ne tiendront pas 5 à 10 ans encore.
06:21Ça, c'est certain.
06:22L'opportunité, en fait, finalement, elle est peut-être double.
06:24C'est que, un, il est grand temps de changer le modèle
06:27pour résister dans le temps.
06:28Et je pense que l'économie circulaire a de belles heures devant elle
06:30parce que ce sera la seule solution pour limiter les coûts,
06:33par exemple, d'achat de matières premières dès lors qu'elles se raréfient.
06:36Et l'autre, l'opportunité peut être plus générationnelle
06:39de toutes ces personnes qui arrivent désormais sur le marché du travail,
06:42des ambitions entrepreneuriales qui, de plus en plus,
06:44ont envie de les mettre au service d'une cause
06:45qui est autre que la captation de la richesse.
06:48Il y a aussi un frein aussi très concret.
06:52C'est le chiffre qui est sorti du rapport qui est sorti au mois de juin
06:56du cabinet Green Lobby qui a initié une alliance du lobbying d'intérêt général.
07:03Les entreprises dites de l'impact investissent 35 fois moins
07:07dans le lobbying et dans les affaires publiques
07:10que les entreprises dites classiques.
07:11Donc, quand vous avez aussi un rapport de force qui est de 1 à 35,
07:15les résultats ne peuvent pas être autres.
07:18Alors, Sarah ne le sait peut-être pas,
07:19mais la dernière émission de la semaine dernière
07:21était en présence de Green Lobby et d'autres acteurs
07:23sur le lobbying d'intérêt général.
07:25Merci de faire ce lien, d'autant que, peut-être pour terminer,
07:29pardon, je reprends la main là-dessus,
07:30mais quand on regarde les réseaux que nous représentons,
07:34Flora, tout à l'heure, c'était le MEDEF,
07:36on parle d'une organisation qui a plus de 200 salariés
07:38aujourd'hui sur le territoire.
07:38Le Mouvement Impact France, BILAB, EC2027, le CJD,
07:42je pense qu'on ne peut pas revendiquer à nous quatre
07:44cumuler autant de salariés pour porter un mouvement,
07:48aller voir les entreprises, développer ce récit collectif
07:52qui donne envie et qui permet de clarifier la proposition de valeur,
07:56notamment auprès de la puissance publique
07:58qui, derrière, va défier la législation.
07:59Voilà aussi un frein majeur.
08:00C'est les moyens dont nous disposons aujourd'hui
08:02pour faire valoir, je ne parle même pas des financements de lobby,
08:05enfin, d'actions de plaidoyer.
08:07Et justement, toujours sur les freins, les freins législatifs,
08:10quels sont-ils ceux qui empêchent la coopération inter-réseau ?
08:15Je ne pense pas qu'il y en ait.
08:16Sur les freins législatifs qui empêchent la coopération,
08:20moi, je n'en vois pas.
08:22Non, non, c'est toujours un problème de temps et de moyens
08:24pour pouvoir tous se mettre ensemble sur un projet.
08:26Oui, comme enjeu.
08:29C'est un enjeu à la fois, je pense, interpersonnel.
08:31Je pense qu'il y a comme toute coalition, toute coopération,
08:35il y a un moment donné, il y a quand même des gens à la manœuvre,
08:37il y a des personnes.
08:38Ce n'est pas juste des grandes idées,
08:40c'est des personnes qui doivent sentir la même intuition,
08:42doivent se connaître, etc.
08:43Donc, je pense qu'il y a vraiment un effort qui est en train d'être dépassé,
08:46mais quand même un effort d'interconnaissance, de confiance, etc.
08:49pour avoir envie de travailler ensemble et avoir envie d'être forts ensemble.
08:52Puis, il y a un sujet, comme tu le disais, Thomas, d'enjeux court-termistes,
08:56mais on n'est pas les seuls à faire face à ça.
08:59Mais un enjeu de court terme, non terme,
09:00c'était le thème des universités d'été de cette année organisée par Impact France.
09:06Mais de se dire comment mon réseau, qui a des enjeux financiers,
09:10partenariats stratégiques et autres très court terme,
09:12peut également prendre le temps de s'inscrire dans des dynamiques
09:15dont on ne voit pas le résultat dans l'immédiat,
09:18mais dont on croit qu'à moyen-long terme, ça peut avoir un effet.
09:21Et ça, c'est aussi des logiques et des raisonnements qu'on demande
09:24et qu'on appelle de nos voeux pour les entreprises de nos réseaux,
09:26mais qu'on doit peut-être aussi s'appliquer à nous-mêmes.
09:28Moi, je crois qu'il y a vraiment un travail aussi à faire
09:31pour se demander comment nous-mêmes, on n'agit pas aussi
09:34dans des logiques d'un système économique qu'on le connaît,
09:39qui est contraint, qui est pressurisant sur ses dimensions financières et autres,
09:43pour prendre du recul et montrer l'exemple aussi sur nos coopérations.
09:46Est-ce que vous avez des expériences, des exemples à partager d'alliances
09:50qui ont montré leurs limites ?
09:53Qui ont montré leurs limites ?
09:55On n'a pas envie de dénoncer les échecs, les échecs !
10:01Non, mais toute expérience peut avoir ses limites.
10:06Je pense que les plus gros freins à une expérience, une coalition, une coopération,
10:10c'est potentiellement la notion d'égo dont Thomas parlait tout à l'heure.
10:13Vous ne l'avez pas dit avec ces mots-là, mais en gros,
10:15c'est pourquoi on veut monter une boîte dans le système classique ?
10:19On va gagner de l'argent pour s'enrichir personnellement.
10:22Et dans les alliances, ça peut être pareil.
10:23Pourquoi est-ce qu'on veut s'allier ?
10:25Peut-être que l'un veut tirer la panne du jeu, etc.
10:27Donc, si on est déconnecté de ces enjeux personnels, ça facilite les choses.
10:34Et je pense que c'est un des risques ou un des freins potentiels aux alliances, c'est ça.
10:38C'est que l'un membre ait un enjeu qui n'est pas nommé potentiellement.
10:44Peut-être que dans notre cas, il faut aussi évoquer le fait que chaque organisation a ses spécificités,
10:51a un positionnement qu'il revendique auprès de ses adhérentes et de ses adhérents,
10:56qui justifient justement d'en faire partie.
10:59Et que si on décide de tous avoir le même tronc commun,
11:01on risque peut-être à un moment donné d'avoir un petit sujet pour rester attractif.
11:04Parce que pourquoi j'irais ici plutôt que là ?
11:07Et il faut bien se mettre à la place de celles et ceux qui pilotent les entreprises.
11:10Ils ont quand même une activité à faire tourner avant d'aller passer du temps eux-mêmes
11:14dans des réseaux dans lesquels ils s'impliquent.
11:16Et seulement dans certains cas, on peut se libérer un peu du temps
11:19ou alors parce qu'on s'engage vraiment beaucoup.
11:22Mais il y a pour moi une limite, c'est celle-ci.
11:24C'est trouver le tronc commun qui soit suffisamment puissant
11:27pour que son mobilisateur est plus lisible
11:29sans dénaturer ce que chacun peut avoir revendiqué derrière
11:33pour rester attractif vis-à-vis des entreprises qui le font vivre.
11:36Qui font vivre le réseau, qui font vivre les équipes
11:38qui développent des programmes, des formations.
11:41Et ça, c'est peut-être le gros défi qu'il va falloir qu'on arrive nous à soulever ensemble.
11:46Et la bonne nouvelle, c'est qu'on a plutôt tendance à avoir envie de le faire, je crois.
11:49Donc, il n'y a plus qu'à.
11:50Trouver du temps ou trouver de l'argent parce qu'il y a aussi des petites entreprises
11:54qui décident de créer un ETP complet d'un poste de directeur d'affaires publiques
12:00ou de chargé des relations institutionnelles.
12:03Et quand on a des entreprises comme ça qui voient l'opportunité,
12:08l'intérêt de dédier quelqu'un à 100% à faire du long terme,
12:13c'est ça en fait les affaires publiques,
12:15à labourer son champ, à tisser sa toile de manière à ce que,
12:17lorsqu'il y a une fenêtre d'opportunité, on est tout le réseau qui est mis en place,
12:23on a fait ses bons muscles pour pouvoir tirer le but
12:26et que le ballon arrive dans la cage du but.
12:28C'est ça en fait l'objectif ultime d'un directeur d'affaires publiques.
12:32Quand on a un dirigeant assez visionnaire pour pouvoir consacrer un ETP complet là-dessus,
12:38il faudrait qu'on ait plus d'entreprises de l'impact qui passent ce choix-là.
12:42Et on pourra créer le réseau des chargés d'affaires publiques,
12:44des entreprises de l'impact et là, ça sera très très intéressant.
12:47Et Madieu, du côté des jeunes dirigeants,
12:50quels sont les leviers efficaces pour convaincre, mobiliser...
12:54Peut-être jusqu'à quel âge je veux faire un jeune dirigeant ?
12:56C'est une question, c'est comme un lien avec mon...
13:00Alors, le jeune dirigeant, c'est une histoire d'état d'esprit et pas d'état civil.
13:07On a des critères d'âge dans les fonctions électives,
13:09mais pas dans l'adhésion au mouvement.
13:11Non mais c'est important de le rappeler,
13:12c'est très important, c'est très important.
13:13Ce n'est pas que les gens se limitent à...
13:14Non, non, tout à fait.
13:15On a des gens qui ont 60 ans dans le mouvement,
13:17parce qu'ils sont en capacité d'expérimenter les choses.
13:20Quand on parle de semaines de 4 jours, ça ne convient pas à tout le monde.
13:24Alors, entre nous, globalement, a priori, il est vraisemblable
13:27qu'on soit relativement d'accord sur les sujets.
13:29Et c'est un des sujets d'ailleurs à aborder,
13:30c'est qu'on échange souvent entre personnes qui sont d'accord.
13:35Et je pense qu'il faut qu'on fasse attention,
13:36parce que quand on parle de semaines de 4 jours entre nous,
13:39a priori, on va trouver un terrain d'entente.
13:40Par contre, quand on en parle à l'extérieur,
13:42ça peut faire grincer très violemment.
13:43Donc, déjà, il faut convaincre en interne de l'intérêt du sujet.
13:47Déjà, qu'est-ce qu'on entend par semaine de 4 jours, par exemple ?
13:49Eh bien, d'accord.
13:50Semaine de 4 jours, semaine en 4 jours,
13:51il y a plein de sous-sujets dans le sujet.
13:53Il faut réussir à se mettre d'accord sur les terminologies d'abord,
13:58et après, il faut réussir à convaincre les gens, à embarquer.
13:59Donc, on a la chance d'être structuré, d'être très structuré au CJD,
14:04mais du coup, effectivement, on a 128 associations à fédérer,
14:07d'une certaine façon.
14:08128 associations qui sont fédérées, entre guillemets,
14:10par 15 associations régionales,
14:12qui sont fédérées par une tête de réseau.
14:13Donc, ça a une force, c'est que chacun est très, très agile,
14:16et en même temps, effectivement,
14:17il faut réussir à embarquer tout le monde dans le même système.
14:19Alors, on a un mode de gouvernance au CJD
14:21qui est relativement partagé,
14:23puisqu'on a un principe pour caricaturer un peu de grands électeurs.
14:27On a un conseil d'administration représenté par des présidents de régions, etc.
14:32Donc, on a une gouvernance qui, normalement,
14:34permet de porter des projets qui vont parler à un maximum de membres.
14:38Mais c'est vrai que c'est un équilibre subtil à trouver.
14:41Ça, c'est très important.
14:42Je crois qu'une des conditions des alliances périclites,
14:48c'est l'absence d'ancrage local.
14:50Ancrage local ne veut pas nécessairement dire
14:52des représentations locales, physiques, partout,
14:54mais c'est d'être vraiment connecté aux réalités terrain,
14:56aux réalités des membres,
14:57parce que ça va vite qu'un réseau soit déconnecté du terrain,
15:01pense par lui-même,
15:02et ne traite pas des sujets du quotidien de ses membres.
15:06C'est un premier frein, en fait, aux alliances,
15:08l'absence de connexion aux réalités terrain,
15:12donc rage local.
15:13Et peut-être le deuxième frein,
15:16c'est l'absence de clarté de l'objectif poursuivi.
15:18Ici, on parle d'impact,
15:21on parle de faire la transition vers une économie plus pérenne,
15:25plus juste, c'est beaucoup trop vague.
15:27Il faut que l'objectif défini au sein d'une coalition
15:32soit extrêmement précis, bien écrit,
15:35et qu'on se soit assuré qu'il soit partagé auprès de tous les membres.
15:39Vous êtes d'accord sur cette notion d'objectif ?
15:42Je suis complètement d'accord.
15:43Je pense qu'il y a trois niveaux.
15:44Il faut avoir une vision commune,
15:46être d'accord sur le grand récit fédérateur, porteur, etc.
15:50Là, ça peut être effectivement transition économique,
15:53transition sociale, écologique, l'économie,
15:55ou voilà, des choses qu'on a l'habitude de se dire entre nous.
15:58Je pense qu'il y a un deuxième niveau
15:59qui est plutôt d'avoir des objectifs stratégiques très définis.
16:02C'est-à-dire qu'il n'y a rien de plus démobilisateur
16:03dans une coopération quelle qu'elle soit
16:05que de se dire, en fait, je ne sais pas bien où on va.
16:07C'est très sympa, je serre des pinces
16:10et les gens ont l'air mûs par les mêmes convictions que moi.
16:13Mais en fait, pourquoi faire ?
16:14Je pense qu'il y a vraiment besoin
16:15de poser des objectifs assez précis.
16:17Je pense justement au sujet CSRD, par exemple,
16:20il y a quelques mois.
16:21Il y a eu une coalition, je dirais, de fait
16:22autour du sujet CSRD
16:24parce qu'on partageait cette grande vision
16:26autour du Green Deal européen.
16:28On partageait des mécanismes précis
16:30sur le paquet Omnibus,
16:34en tout cas de désaccord
16:35avec la proposition de la Commission à ce moment-là.
16:38Et donc, ça a permis vraiment
16:39de fédérer une alliance de fait
16:41avec des prises de parole coordonnées,
16:43avec une capacité d'être lisible,
16:46je me répète là-dessus, mais en externe.
16:49Et donc, ces objectifs-là,
16:50ils sont vraiment importants, je souscris.
16:53Et après, je pense qu'il y a aussi
16:54la dimension rite et rituel.
16:57C'est qu'est-ce qui va faire en sorte
16:59que dans notre mode de gouvernance
17:01ou en tout cas de process,
17:03parce qu'on n'est pas obligé d'avoir une gouvernance,
17:05je pense qu'on va avoir des process bien fiscués,
17:07comment on a des rites et des rituels
17:08qui nous permettent de continuer
17:09à créer un sentiment d'appartenance,
17:11justement retoucher en permanence la vision,
17:13retoucher les objectifs stratégiques.
17:16Je pense qu'il y a pas mal de choses
17:17qui garantissent la pérennité d'une coalition.
17:21Il y a un truc un peu étonnant.
17:24En fait, je pense qu'on n'arrive
17:24à pas suffisamment faire ça.
17:27En fait, la faire monter, je trouve,
17:29c'est le fait de s'ancrer
17:30dans le quotidien des individus.
17:31Quand on parle transition environnementale,
17:35sociale, comporte des choses
17:37qui nous semblent justes,
17:40on a encore, je trouve,
17:40beaucoup de mal à le faire
17:42de façon très accessible.
17:44Parce que par essence, déjà,
17:45le sujet est complexe.
17:46La CSRD, Mathieu,
17:47exemple extraordinaire,
17:49une coalition,
17:50comme rarement on en avait vu,
17:51se développer et de façon très rapide,
17:53avec un résultat malheureusement
17:55très décevant,
17:56puisqu'au final,
17:56la loi a été globalement
17:57assez démontée
17:59par rapport à ce qui était prévu
18:02au départ.
18:03On a peut-être quelque chose
18:05qui est une nouvelle opportunité.
18:07C'est justement l'émergence
18:08de ces difficultés
18:09que nous rencontrons
18:10toutes et tous,
18:12par exemple en matière de santé,
18:14parce qu'il commence à être connu
18:15que certains types
18:16de produits chimiques
18:17qui sont utilisés
18:18dans les champs
18:19ou dans des produits
18:20qui sont vendus dans le commerce
18:21posent des gros problèmes
18:23de santé derrière.
18:24Le coût que ça représente.
18:25Et ça, c'est un sujet
18:26qui touche tout le monde.
18:26Je pense que la loi Duplomb
18:27est un bon exemple
18:28que lorsque l'on sort
18:29d'une posture
18:30qui est exclusivement liée
18:31à la transition écologique
18:32qui est un truc imperceptible
18:33à 2050,
18:34en tout cas c'est le récit
18:35qui a été trop souvent raconté,
18:36ça ne marche pas.
18:37Et quand on le ramène
18:39à la santé,
18:39ça marche beaucoup mieux.
18:40Donc il faut aussi,
18:41je pense que nous,
18:42dans le développement
18:43de nos actions,
18:44etc.,
18:45on garde le même objectif en vue,
18:47mais peut-être qu'on le traite
18:48et on l'aborde
18:49de façon différente,
18:50c'est-à-dire en étant
18:51directement connecté
18:52à ce qui peut intéresser
18:53celles et ceux
18:54à qui on s'adresse.
18:54Aujourd'hui,
18:56on est parfait très loin
19:02de la réalité quotidienne
19:03de nos membres.
19:05Je représente 6 000 dirigeants,
19:07je ne les connais pas tous
19:07individuellement,
19:08évidemment,
19:09je ne sais pas
19:10ce qui est en train
19:10de se passer
19:11dans la tête des uns
19:12et des autres.
19:13Alors on imagine
19:13leurs besoins,
19:14on imagine déjà
19:15un besoin de stabilité politique
19:16actuellement
19:16qui ferait du bien
19:18pour l'économie,
19:19mais au-delà de ça,
19:20effectivement,
19:20il faut qu'on se mette
19:21au contact.
19:21Alors on a par chance,
19:22on a des outils au CJD
19:24pour être au contact
19:25des problématiques
19:26des dirigeants,
19:27on a des groupes
19:27d'accompagnement
19:28à la décision
19:28qui fonctionnent
19:29de façon très locale
19:30où un dirigeant
19:31qui a une problématique
19:32peut regrouper
19:336, 7, 8 dirigeants
19:35sur la thématique
19:36de ces problématiques,
19:37donc on arrive
19:37à remonter
19:38des besoins,
19:39mais c'est traité
19:40de façon ponctuelle
19:42et individuelle
19:43là où il faudrait
19:44un besoin collectif.
19:45on a organisé un tour des régions
19:49au début de notre mandat
19:50avec Kitri Diard,
19:51vice-présidente,
19:52on a organisé un tour des régions
19:54pour aller dans les différentes régions
19:56du CJD,
19:56donc on a fait les 16 régions
19:57pour remonter leurs besoins.
20:00C'est quoi vos problématiques majeures
20:02du moment en tant que dirigeants ?
20:04Donc on a allé se connecter
20:05et pour autant ça reste,
20:07on a fait des ateliers
20:09en intelligence collective
20:10pour remonter
20:10les problématiques majeures
20:11et il est certain
20:12qu'on ne peut pas adresser
20:12toutes les problématiques
20:13de tous les dirigeants.
20:14Par contre,
20:15on a essayé de prendre
20:15celles qui sortaient le plus
20:16pour essayer de les adresser.
20:18Mesdames,
20:19pour clôturer ce débat,
20:20quelle leçon tirée
20:22pour construire
20:23des coalitions
20:23plus efficaces à l'avenir
20:25et une idée
20:27à retenir chacune ?
20:29Je vais appuyer
20:30sur ce que j'avais déjà souligné.
20:34S'assurer qu'on partage
20:35un narratif global ensemble,
20:38mais atterrir
20:39sur des objectifs
20:40clairs et précis.
20:42Ça, ça me semble
20:44être une condition
20:44un peu synéconome.
20:45Et à partir du moment
20:46où on partage
20:47cet objectif clair et précis,
20:49qu'on soit de cultures
20:50d'organisations différentes,
20:52c'est dépassable.
20:55Et donc,
20:55à partir du moment
20:56où on partage
20:56cet objectif clair
20:57et précis,
20:59on veut faire coalition.
21:01À partir du moment
21:01où on veut faire coalition,
21:03on peut.
21:03Moi, je suis assez partisane
21:05de cet adage
21:05qu'on veut, on peut.
21:07Il faut juste trouver
21:08ces leviers de motivation
21:09qui vont permettre
21:10à différents réseaux,
21:12aux différentes organisations
21:13de dégager du temps,
21:14de dégager des moyens,
21:15de dépasser
21:15leurs différences de culture.
21:19Donc,
21:19bien s'assurer
21:19qu'on partage
21:20ce même objectif
21:22clair et précis.
21:23Ensuite,
21:24reconnaître
21:25les spécificités de chacun,
21:26c'est-à-dire
21:27quel plaidoyer spécifique,
21:29quelle expertise spécifique
21:30porte chacun des membres.
21:32Troisième condition
21:33qui me semble
21:33assez essentielle,
21:35s'assurer que
21:35chacun des membres
21:36de cette grande coalition
21:38endosse,
21:43supporte
21:44le plaidoyer spécifique
21:45de chacun.
21:46Parce que s'il y a
21:47même une petite dissonance,
21:49ça va être compliqué
21:50de faire corps.
21:52Et une fois
21:53qu'on a cette base-là
21:54qui prend du temps,
21:56avoir un leadership,
21:58mettre de la cohérence,
21:59mais ça,
21:59ça se déroule.
22:00Et vraiment,
22:00les phases amont,
22:01il faut y passer du temps.
22:03Il faut être bien sûr
22:04que tout le monde
22:04est aligné
22:05sur un plaidoyer commun
22:08et sur chacun
22:09des plaidoyers spécifiques
22:10de chacune des organisations.
22:12Non,
22:14je souscris,
22:15je ne vais pas
22:16révéler,
22:16je suis hyper d'accord
22:17avec cette synthèse.
22:19Très bien.
22:21Eh bien,
22:21c'est l'heure
22:21de passer
22:22à notre dernière séquence.
22:23Merci.
22:24Merci.
22:25Merci.
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