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  • il y a 33 minutes
Caroline Adam, déléguée générale du Syndicat Professionnel des Centres de Contact (SP2C), était l'invitée d'Erwan Morice dans Good Morning Business, ce mardi 11 août. Elle parle du démarchage téléphonique auprès des particuliers, qui ne peut plus se faire qu'après consentement préalable, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le démarchage téléphonique auprès des particuliers ne peut donc en théorie plus se faire qu'après consentement préalable.
00:06C'est le résultat d'un durcissement de la législation.
00:09Bonjour Caroline Adam, merci d'être avec nous en ligne ce matin, déléguée générale du syndicat professionnel des centres de
00:16contact,
00:16pour parler de ce sujet, parce que ce durcissement de la loi est en réalité le résultat d'un certain
00:22nombre d'abus.
00:23Selon une enquête de l'UFC Que Choisir, trois quarts des Français sont victimes de démarchages sur leur téléphone portable
00:29chaque semaine.
00:30Quatre Français sur dix le subissent quotidiennement.
00:3397% même des sondés qualifient ces démarchages de très agaçants et intempestifs.
00:39Cette loi, peut-être d'un mot pour commencer, c'est le résultat d'une forme de harcèlement finalement ?
00:45Alors, du harcèlement de Margoulin, il faut quand même être conscient que 70% des Français, malgré tout, sollicitent un
00:53lien avec les entreprises par téléphone.
00:55Ils privilégient quand même une relation client par téléphone par rapport aux réseaux sociaux, aux mails, etc.
01:03Ça correspond en réalité à 23 000 plaintes en France, alors que vous en avez plus de 70 000 sur
01:12la relation client par les réseaux sociaux et sur Internet.
01:15En réalité, c'est un sujet transpartisan qui fait plaisir, mais on a une avalanche d'encadrement, une avalanche de
01:23réglementation.
01:24La dernière date d'il y a à peine trois ans, et on considère qu'il n'y a pas
01:27de diminution du sentiment d'harcèlement des Français.
01:30En réalité, on ne s'attaque pas aux bonnes cibles, on s'attaque aux acteurs vertueux qui vont tout faire
01:36pour respecter la règle,
01:37à savoir effectivement, soit vous contacter parce qu'ils ont déjà un lien contractuel avec vous,
01:42soit parce qu'ils ont votre consentement, parce que vous avez besoin d'informations sur un produit ou un service.
01:46Mais donc, Caroline Adam, vous considérez que votre industrie est victime de ces dérives ?
01:54Absolument. Moi, je ne me suis inscrite sur aucune liste d'opposition,
01:58et neuf appels sur dix que je reçois sont liés à des agents IA qui me proposent de la rénovation
02:05énergétique
02:06alors que je n'ai rien demandé, alors même que c'est interdit depuis trois ans.
02:10Donc la réalité, c'est que... Oui ?
02:12Oui, pardon. Qu'est-ce qu'il faut faire si vous considérez que le législateur n'est pas capable de
02:17mettre en place
02:18des outils qui visent en réalité le vrai problème ?
02:23Alors, si, si, il y a des solutions. Les opérateurs télécoms s'en sont saisis depuis octobre 2025.
02:32Ils mettent en place de gros investissements technologiques et financiers pour stopper, pour couper la ligne des margoulins.
02:40Mais il faut leur laisser le temps, effectivement, de mettre ça en œuvre octobre 2025.
02:44Entre-temps, eh bien, en fait, depuis 2023, ce qu'on constate, c'est que dans les entreprises vertueuses,
02:50c'est près de dix mille emplois, effectivement, en France, qui ont été supprimés.
02:56Donc la réalité, c'est qu'il faut se poser la question, est-ce qu'on s'adresse aux bons
02:59interlocuteurs ?
03:01Est-ce qu'on sanctionne les bonnes entreprises ?
03:03Pour donner un exemple très précis,
03:05Si, hier, ma vétérinaire pouvait me contacter pour me rappeler que je devais vacciner mes deux chiennes,
03:11à partir d'aujourd'hui, elle ne pourra plus le faire,
03:14puisqu'elle n'a pas prévu de support durable, effectivement numérique, pour se faire.
03:23Mais alors, cette législation, ces nouvelles règles qui entrent en place à compter d'aujourd'hui,
03:30en réalité, on les connaît, on en a connaissance depuis l'année dernière,
03:33quand le Sénat a adopté le texte.
03:36Vous avez eu le temps de vous préparer ?
03:39Quels ont été les aménagements, peut-être, qui ont été faits dans l'industrie ?
03:44Alors, oui et non, pour répondre à votre question.
03:47On avait les grandes lignes, effectivement, l'interdiction totale de la prospection commerciale pure et dure par téléphone.
03:55Et en réalité, les grandes entreprises françaises en faisaient très peu.
04:00C'est plutôt les TPE-PME qui étaient, effectivement, dépendantes à 40-60 % de ce canal pour se diversifier.
04:08Par contre, on a eu le détail, effectivement, de surréglementation par rapport au RGPD, simplement, il y a 15 jours.
04:16Donc, pour vous donner un exemple concret, quand, par exemple, vous cherchez un EHPAD pour votre aîné,
04:22que vous vous inscrivez sur Internet, donc, quelque part, vous donnez votre consentement pour être recontacté par les maisons de
04:27retraite,
04:28les maisons de retraite n'ont eu que 15 jours, alors que je pense qu'elles avaient autre chose à
04:32faire pendant cette canicule,
04:33pour se mettre en règle, pour, effectivement, à partir d'aujourd'hui, répondre correctement,
04:39appeler correctement les Français qui sont eux-mêmes en demande.
04:42Donc, nous, nous demandons une tolérance administrative pendant six mois
04:46pour que les entreprises françaises puissent se mettre au carré par rapport à cette nouvelle réglementation
04:52dont on a les détails seulement depuis 15 jours, d'autant plus qu'il y a encore des décrets et
04:57un arrêté ministériel qui sont en attente.
05:01Donc, oui, on a eu connaissance du cadre, une interdiction totale, pas de problème sur la prospection commerciale pure et
05:06dure,
05:07mais sur le reste, on a eu les détails il y a 15 jours, en pleine période estivale,
05:11avec des conséquences importantes, encore une fois, pour les TPE-PM.
05:14Mais alors, comment est-ce que vous voyez dans ces conditions l'avenir de votre industrie ?
05:18Il faut développer davantage les services, l'expertise, les compétences, d'autant qu'on n'en a pas vraiment parlé,
05:24mais il y a aussi, vous l'avez évoqué, l'intelligence artificielle qui vient bousculer tout votre secteur.
05:29Quel est l'avenir des centres d'appel ? Il nous reste une minute pour conclure là-dessus.
05:34Eh bien, écoutez, un centre d'appel, ce n'est pas simplement un centre d'appel téléphonique.
05:38Comme je le disais, ça gère les réseaux sociaux, ça gère les chatbots, ça gère les mails.
05:42C'est une industrie qui est très agile, qui s'adapte.
05:45Je crois que c'est l'industrie de service qui est la plus créatrice d'emplois, effectivement, de long terme,
05:51qui a le plus investi dans l'intelligence artificielle,
05:54qui a énormément de cas d'usage à partager aux autres industries.
05:58Donc, je fais confiance à mon industrie.
06:00Depuis 10 ans, c'est 6% de croissance en moyenne.
06:03L'année dernière, du fait, effectivement, je dirais, de l'instabilité politique,
06:08on a vu une légère régression du chiffre d'affaires.
06:11Mais c'est un secteur qui a la capacité et l'habitude de faire partie, effectivement,
06:16des entreprises très agiles.
06:18Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour ce décryptage.
06:22Caroline Adam, déléguée générale du syndicat professionnel des centres de contact.
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