- il y a 10 minutes
Ce mardi 11 août, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, Sébastien Korchia, directeur général adjoint et directeur des investissements chez Cogefi Gestion, et Jacques Lemoisson, fondateur de GATE Capital Management, étaient les invités dans l'émission Good Morning Market, présentée par Étienne Bracq, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01BFM Business présente Good Morning Market, Etienne Braque.
00:3088$, plus 10$ en l'espace de 5 séances, 82$ pour le WTI, le baril américain, l
00:35'once d'or qui continue de grimper, on en reparlera dans un instant.
00:38Et puis du côté des marchés actions, des indices qui tiennent, c'est vrai que c'est quand même assez
00:42impressionnant de voir qu'hier soir le Dow Jones a clôturé stable,
00:45idem pour le S&P 500 malgré la baisse de Intel ou encore de Nvidia.
00:50Et puis du côté de Paris, on le verra sûrement encore une fois ce matin à 9h, c'est Total
00:54Energy qui permet de compenser la faiblesse de certaines valeurs.
00:58Alors du côté des devises, l'euro-dollar tient la barre des 1,15 encore, 1,15,40.
01:02Et puis donc sur le marché obligataire, le 10 ans français qui est de retour sur la barre des 4%.
01:08C'est parti pour le Club de la Bourse.
01:11Good Morning Market sur BFM Business.
01:14Avec donc ce matin en plateau Sébastien Corchia. Bonjour Sébastien.
01:17Bonjour Althien.
01:18Vous êtes le directeur général adjoint, directeur des investissements de Cogéphie Gestion et Alexandre Baradez.
01:22Bonjour Alexandre.
01:23Bonjour Althien.
01:23Vous êtes chef analyste d'IG. Beaucoup de sujets ensemble à décrypter.
01:29Dans un instant, on parlera de l'OAT, de l'once d'or et puis également des données américaines puisque
01:35demain on aura l'inflation.
01:36Et puis vendredi, on va revenir également sur les données de l'emploi.
01:40C'était la publication bien sûr marquante de la fin de semaine dernière.
01:44J'enregistre quand même pour revenir sur l'actualité de ces dernières heures.
01:47Alexandre Baradez, Nvidia donc, qui va s'associer à six établissements bancaires.
01:53On parle quand même de grands établissements, les KKR, les BlackRock, les Blackstone, pour ensemble lever 500 milliards de dollars
02:00et puis aider des startups, des grands groupes à acheter des puces Nvidia.
02:06Oui, alors effectivement, ça change un petit peu de la musique qu'on avait jusqu'à présent où il y
02:09avait un peu ces accusations de financement circulaire dans l'IA.
02:13C'est-à-dire que ce sont les acteurs de l'IA, ceux qui fabriquaient, ceux qui consommaient, qui se
02:16finançaient entre eux, qui prenaient des participations entre eux.
02:19Et là, la nouveauté, c'est qu'on a des gros acteurs de Wall Street qui vont financer cette fois
02:24-ci les clients de Nvidia.
02:25Donc cette fois-ci, le financement est un peu externalisé, mais la conclusion reste, malgré tout, je ne dis pas
02:32la même, mais on reste dans des sommes qui sont absolument stratosphériques.
02:35500 milliards de dollars, je vais regarder par exemple au niveau européen, ce que la BPI finançait au niveau des
02:42projets, ça se comptait en dizaines de milliards pour l'ensemble de l'année.
02:45Là, on ne parle que d'une entreprise avec des établissements financiers.
02:48Quand on entend des alphabètes qui ont des CAPEX de 200 milliards par an, on reste dans ce domaine-là
02:53de niveaux d'investissement qui sont absolument gigantesques
02:56et qui, effectivement, continuent toujours d'attirer les investisseurs sur ce secteur-là.
03:01Donc la question, comme toujours, c'est de voir comment cette situation va évoluer en termes de rentabilité pour tous
03:09les groupes, ceux qui achètent, ceux qui vendent.
03:12Mais c'est sûr que c'est une étape de plus, en tout cas, dans la construction de l'IA.
03:16Et pour l'instant, on ne voit toujours pas d'horizon, on ne voit pas de limite.
03:19C'est-à-dire que pour l'instant, c'est tous les jours de plus en plus gros.
03:22Et aucun acteur est en train de dire que ça devait être trop gros pour lui.
03:24Même si on voit quand même ce qui est un petit peu nouveau depuis quelques mois, c'est que beaucoup
03:27de grands groupes de la tech aux Etats-Unis
03:29ont désormais recours à des financements qui ne sont plus seulement en cash, mais au recours à des dettes obligataires.
03:37Et on a encore vu Intel par Intel hier.
03:39Désormais, quelques grands groupes font aussi des émissions d'actions de nouvelles.
03:42Donc on dilue un petit peu l'actionnaire existant pour chercher des finances.
03:45Donc ça, c'est un petit peu nouveau.
03:46Et la question, je pense, en tant qu'observateur analyse, c'est de voir aussi jusqu'où ces financements auront
03:53lieu,
03:53à quel niveau et à quel moment les groupes s'arrêteront en estimant que l'équilibre entre le cash et
03:58ce qui est investi
04:00devient une limite peut-être à ne pas franchir.
04:03Pour l'instant, on n'a pas encore atteint cette limite.
04:04On voit encore Intel, on le rappelle, entre 15 et 20 milliards annoncés d'actions nouvelles pour financer l'IA.
04:10Et Alphabet, la maison mère de Google, qui fait à nouveau une levée obligataire à hauteur de 20 milliards de
04:16dollars.
04:16Et là aussi, le marché obligataire répond présent Sébastien Corchia.
04:20Tant qu'il y a de la musique, on danse.
04:21Là, tout le monde veut du papier, donc ils en profitent.
04:23Et tant qu'il y a de l'argent aussi, on danse.
04:25C'est un peu ça.
04:26Et je reprends notre exemple de Google qui est bon, parce que finalement, on dit tiens 20 milliards,
04:31mais on a oublié que c'est déjà la troisième levée.
04:33On a oublié qu'au mois de février, ils avaient fait une émission à 100 ans.
04:38D'ailleurs, je me suis amusé à regarder combien de valait aujourd'hui, elle vaut 90% de sa valeur.
04:42Au départ, c'était 100.
04:44Donc, forcément, hausse des taux, etc.
04:46Mais on a l'impression, moi, ce qui me gêne dans ces histoires-là,
04:49c'est qu'il y a tellement de chiffres tous les jours, tellement d'argent qui est ponctionné,
04:53que finalement, on ne sait plus où on en est.
04:56Entre la circularité, entre les niveaux de montant, j'ai lu avant d'arriver,
05:00que Nvidia elle-même estimait des projets totaux qui pourraient aller jusqu'à 8 triards de dollars.
05:07Et finalement, l'autofinancement, ça suffit peu.
05:11On va chercher les marchés obligataires.
05:14Les marchés obligataires, ils commencent à s'assécher, donc ça ne suffit pas.
05:18On va chercher le monde, en fait, bancaire, bancaire et financier.
05:23Et même, on va chercher, comme disait Alexandre, Intel qui va chercher le marché.
05:28Et ça, ça me pose deux problèmes.
05:30D'abord, il y a tellement besoin d'argent qu'on sait qu'un des moteurs du Nasdaq et de
05:34Wall Street,
05:34ça avait été les rachats d'actions.
05:35Vous ne pouvez plus faire de rachats d'actions quand vous avez un tel besoin de cash flow.
05:40Et puis, surtout, aller chercher de l'argent sur le monde bancaire, sur le private equity,
05:45qui lui-même, avec des taux de défauts qui est en train d'exploser, sur les écoutiers, etc.
05:51J'ai l'impression qu'on commence à mettre une couche de risque systémique.
05:54C'est-à-dire que le jour où ça se passe mal, c'est toute la planète qui est gorgée
05:59de ce papier-là.
06:00Ça rappelle de mauvais souvenirs de 2008.
06:02On n'y est pas du tout. Je dis juste que ça prend une ampleur qui commence à être un
06:06peu extrême et donc systémique.
06:08En tout cas, il y a des salariés de OpenAI qui décident un petit peu de prendre leurs gains.
06:12C'est CNBC qui rapporte que vous avez eu un bloc de 7 milliards de dollars qui a été vendu.
06:19OpenAI, bien sûr, qui n'est pas coté.
06:20Mais certains salariés et anciens salariés qui ont décidé de vendre une partie de leur participation
06:25sur la base d'une valorisation de 852 milliards de dollars quand même pour la maison mère de Chagipiti.
06:31Au milieu de tout ça, la macro qui prend le dessus également.
06:34Après la micro, on a eu beaucoup de résultats d'entreprise fin juillet, début août.
06:39Là, désormais, ce sont les indicateurs économiques avec l'emploi américain vendredi dernier,
06:44demain des données d'inflation et puis vendredi, enfin, des données de consommation avec les ventes au détail.
06:51Sébastien Corchia, quand vous regardez la situation aux États-Unis macroéconomiques,
06:55on est toujours sur une économie en cas.
06:57C'est vrai que c'est compliqué de voir clair avec tous ces investissements dans l'intelligence artificielle.
07:02Néanmoins, ça tient. Elle est plutôt résiliente encore et toujours, cette économie américaine, non ?
07:06C'est parce qu'elle est en cas, en fait, qu'elle est résiliente.
07:09C'est-à-dire que plus les marchés montent, plus ça donne du pouvoir d'achat, en fait, aux consommateurs.
07:13On l'a dit beaucoup ici, il y a un chiffre 10% des Américains qui font 50% de
07:19la consommation.
07:20Il y a un chiffre que j'ai vu hier qui m'a troublé, c'est qu'au jour d
07:23'aujourd'hui,
07:2446% du patrimoine des Américains sont des actions.
07:28Alors, ça ne peut paraître pas beaucoup, parce qu'on se dit que des Américains ont tout leur patrimoine en
07:32actions.
07:33La réalité, en fait, de ce chiffre, c'est qu'il était, dans les anciennes bulles, beaucoup plus faible que
07:38ça,
07:38parce que l'immobilier marchait bien, etc.
07:40Donc, on a aujourd'hui des Américains qui sont très actions.
07:44Ça veut dire qu'il ne faut surtout pas que les marchés actions se retournent pour enlever de la résilience,
07:49de l'économie.
07:49Donc, OK, l'économie va bien, l'emploi va bien.
07:53Ce n'est pas trop le sujet, même si je mets quand même un petit doute sur le chiffre qu
08:00'on a eu vendredi de l'emploi,
08:02où on s'est dit, tiens, ce chiffre n'est pas très bon.
08:04Je lui mets un correctif, parce que dedans, j'étais étonné que personne ne le relève,
08:09parce que c'est écrit un peu partout aux États-Unis.
08:10Il y avait, comment dire, beaucoup d'emplois sur la fin de la Coupe du monde de football,
08:16qui était détruit, mais on ne savait qu'elle allait être détruite.
08:18Et puis, il y avait un bruit statistique énorme sur, en fait, des emplois de l'éducation dans les États.
08:24Et j'ai regardé l'année dernière, à la même époque, on avait le même bruit.
08:28Donc, vous voyez, le marché a surréagi sur une statistique qui n'avait pas lieu d'être.
08:31Mais pour la FED, par exemple, et pour tout le monde, l'emploi à ce stade, ce n'est pas
08:36le problème.
08:37Le problème, c'est l'inflation, et c'est le deuxième mandat de la FED,
08:41parce qu'une inflation qui, on va le voir demain, un chiffre qui va être quand même important,
08:47parce que n'oublions pas que ça fait cinq ans que les niveaux d'inflation ne sont jamais redescendus à
08:532%.
08:53Ils sont quand même l'objectif de la Banque centrale.
08:56Donc, une économie en cas qui, pour moi, reprendre votre question de départ, cache tout.
09:00C'est l'arbre qui cache la forêt.
09:01L'arbre qui cache la forêt, avec un baril de pétrole en plus, qui reprend les 88 dollars ce matin,
09:06Alexandre Baradet.
09:07Ça, forcément, c'est une mauvaise nouvelle pour cette macro-américaine.
09:11C'est vrai que le carburant du marché ces derniers jours de la semaine,
09:17ça a été le fait aussi que le pétrole soit détendu.
09:20Il y a eu deux salves qui ont permis au pétrole de les attendre assez massivement.
09:23C'était il y a 15 jours quand Donald Trump a annoncé qu'effectivement,
09:26il se retenait de frapper à nouveau l'Iran pour laisser, en gros, la place aux négociations.
09:29Et puis, un qui a beaucoup influencé le marché, et je mets influencé, entre parenthèses, manipulé,
09:35c'est Scott Besson, son secrétaire au Trésor, qui s'est exprimé sur une des très grosses chaînes américaines, CNBC,
09:40donc il savait que, évidemment, tout le monde l'écoutait.
09:43Scott Besson sait qu'il a plus de crédibilité qu'à Donald Trump, parce qu'il parle moins souvent,
09:48et jusqu'à présent, quand il parlait, effectivement, il dit des choses plutôt sensées.
09:52Et là, il dit, il avait dit la semaine dernière, le Détroit sera rouvert aujourd'hui ou demain.
09:56Ou il y aura un accord, en tout cas, sur la réouverture aujourd'hui ou demain.
09:59Sauf que nous sommes 4-5 jours plus tard, le Détroit n'est toujours pas ouvert.
10:02Il y a encore des échanges de mobilité entre les États-Unis et l'Iran, en tout cas, uniquement en
10:06termes de communication.
10:07Et donc, le marché du pétrole, qui avait vraiment acheté le scénario,
10:10c'est-à-dire que tout le monde avait vendu le pétrole, considérant qu'effectivement, on se rapprochait de quelque
10:13chose,
10:14se rend compte que presque une semaine plus tard, ce n'est toujours pas le cas.
10:17Donc, on voit que le pétrole est en train de se redresser à nouveau.
10:18Grosso modo, toute la baisse liée à l'intention de Scott Besson a été effacée sur le marché.
10:23Et forcément, quand l'énergie se redresse, dans un contexte où depuis maintenant quelques mois,
10:27c'est surtout l'énergie qui a contribué à l'inflation, on voit que les taux américains se redressent.
10:31Et puis, effectivement, on approche de la publication d'inflation demain.
10:34Et comme la nouvelle façon de travailler de la Fed, c'est communiquer le moins possible,
10:40donner le moins possible d'éléments au marché pour le laisser faire son travail de découverte des datas et autres,
10:46eh bien, on a le risque d'avoir un marché plus nerveux, plus volatile demain, quand les chiffres seront publiés.
10:53Si les chiffres sont en ligne avec le consensus, pas de problème, tout le monde sera OK, le marché ne
10:56bougera pas.
10:56Si par contre, vous avez des écarts par rapport au consensus,
10:59quand vous n'avez pas eu la guidance de la Fed qui vous a un peu orienté sur ce qu
11:02'elle voulait faire en septembre ou d'ici la fin de l'année,
11:04eh bien, c'est le marché qui va devoir très vite ajuster les niveaux selon que les chiffres d'inflation
11:08seront bons ou mauvais.
11:10Donc, il y a pas mal d'incertitude par rapport à ça.
11:13Mais c'est vrai que le marché à action, pour rebondir ce que disait Sébastien, il y a très peu
11:17de nervosité.
11:17Regardez le prix de la couverture aujourd'hui.
11:19On le mesure, c'est l'indice VIX, c'est l'indice de volatilité du SP500.
11:23Mais pourquoi je dis le prix de la couverture ?
11:24Parce que le VIX, il est aussi dérivé en produits financiers, des options, des contrats à terme.
11:28Donc, comme n'importe quel produit financier, si la demande n'est pas tellement là, les prix baissent et le
11:32contrat ne vaut pas très cher.
11:33Aujourd'hui, l'indice VIX, il est à 15, 14, 15.
11:37Je rappelle quand le marché est inquiet, la volatilité, elle est à 30 ou 40.
11:40Mais ça traduit quoi ? Ça veut dire qu'il n'y a pas de vendeurs ?
11:42C'est ça aujourd'hui un petit peu ce marché estival ?
11:45Ce que disait Sébastien, les ménages américains sont très exposés au marché, les gérants américains sont très exposés, ils ont
11:50des réserves de cash qui sont très faibles.
11:51Vous regardez des ratios comme le ratio Boulbert, par exemple, sur les options.
11:55Aujourd'hui, il n'y a quasiment que des calls, presque pas de poudre.
11:58Donc, il y a des niveaux de ratios qui sont extrêmement attirés en exposition dans le marché.
12:02Et les outils de couverture, le prix de la couverture est extrêmement faible.
12:05Ce qui signifie que, je veux dire, passons l'expression, mais tout le monde age un peu à poil.
12:08C'est-à-dire qu'on n'est pas couvert.
12:10S'il y a un événement, un chiffre d'inflation qui est au-dessus des attentes ou quelque chose d
12:13'inattendu du point de vue géopolitique,
12:15il y a assez peu de couverture, voire très peu de couverture, prise aujourd'hui par les acteurs de marché.
12:19En même temps, il y a eu tellement de contre-pieds aussi ces derniers temps, Sébastien Corchia.
12:23Juste pour revenir sur un petit peu la macro, sur le pétrole, sur les taux, etc.
12:27On voit bien qu'en ce moment, tout est imbriqué.
12:30Quand vous voyez le Yen, qui à nouveau a tendance à se déprécier face au dollar, on est ce matin
12:36à 159 Yen.
12:38Quand vous regardez le pétrole à 88 dollars, l'OAT à 4%, le 10 ans américain à 4,70.
12:44On voit bien qu'au milieu de tout ça, on a des marchés quand même qui tournent autour du même
12:50sujet.
12:50Oui, qui tournent un peu au même sujet.
12:52Pour reprendre ce que disait Alexandre en disant qu'on nage un peu un poil, ça me fait penser à
12:56ces images au bord de la plage.
12:58Vous savez, du drapeau qui nous dit si c'est drapeau vert, orange ou rouge.
13:03Alors, tout le monde a l'impression que c'est drapeau vert, en fait.
13:06Drapeau vert, ça veut dire qu'il n'y a aucun risque.
13:07Ça n'a jamais voulu dire ça, le drapeau vert.
13:09Ça veut dire qu'il n'y a aucun risque visible.
13:12Et en fait, tout le monde prend peur quand le drapeau est rouge.
13:14C'est ce qu'on a vu en Corée.
13:16Sauf que quand il devient rouge, c'est beaucoup trop tard.
13:17Le sujet, ce n'est pas que le drapeau devienne rouge,
13:19c'est que tout le monde pense qu'il ne sera jamais rouge et qu'il restera toujours vert.
13:23Et c'est ça le vix, en fait.
13:25On n'a pas peur en se disant la mer est calme.
13:27On ne risque rien et en fait, on fait abstraction de tous les risques.
13:30Il y en a plein.
13:31Et en reprenant encore ce que disait Alexandre tout à l'heure,
13:33il y a un truc qui m'a choqué.
13:36Et il l'a dit, il dit, Scott Besant est venu dire
13:38la guerre sera finie dans deux, trois jours.
13:41Il ne faut pas oublier que Scott Besant, c'est le ministre de l'économie, pour faire simple.
13:45Un ministre de l'économie qui prend la place du ministre des Affaires étrangères
13:49pour dire que la guerre est finie, c'est qu'il y a,
13:53et là je reprends votre observation, c'est que tout est imbriqué.
13:57C'est-à-dire qu'en fait, il y a un message derrière de dire,
14:01vendez le pétrole, par contre en même temps,
14:03ne vendez pas nos trésoristes, nos billets du trésor,
14:07en tout cas nos obligations, parce que ça, ça nous fait monter nos taux longs.
14:11Et on voit bien qu'il y a un sujet très complexe,
14:14c'est-à-dire qu'il y a de l'inflation.
14:15Cette inflation, elle est liée aussi à la guerre du Golfe et au pétrole,
14:18mais en même temps, il faudrait baisser les taux,
14:22mais on ne peut pas les baisser.
14:23C'est les mid-terms dans moins de 100 jours,
14:26donc il faut faire quelque chose.
14:28Donc tout le monde est coincé.
14:30C'est pour ça que je pense que Scott Besson,
14:32qui est, on l'a toujours dit, effectivement, l'adulte dans la pièce,
14:35il essaye de racoler un morceau,
14:37et il dit à son copain Warsh de la Fed,
14:41il fait quelque chose qu'il ne peut malheureusement pas faire,
14:44surtout quand les chiffres, on va le voir avec le CPI,
14:46et sont plus ou moins bons.
14:48Alors, moi, je crois que la Fed, en fait, son job en ce moment,
14:52je l'entends peu,
14:53mais c'est surtout de laisser un peu les taux longs monter.
14:57Pourquoi ?
14:57Parce qu'en fait, en ne bougeant pas les taux courts,
15:00on aimerait qu'il les baisse, mais il ne pourra pas,
15:02et lui, il va essayer de ne pas les monter,
15:03et en laissant l'inflation,
15:06les nouvelles arrivées des taux longs se montent,
15:08ça fait une pontification de la courbe des taux,
15:12et la pontification des courbes des taux,
15:13si je dois prendre une image,
15:14c'est le frein moteur de votre voiture.
15:16C'est-à-dire, tout doucement, vous ralentissez l'économie,
15:19et la hausse des taux, c'est la pédale de frein.
15:22Mais il ne faut surtout pas appuyer actuellement sur la pédale de frein.
15:24Donc, il y a une stratégie derrière ça,
15:26qui est hyper dangereuse,
15:28parce que si à un moment,
15:29vous avez la gare du Golfe qui part en vrille,
15:32le pétrole monte,
15:33les taux longs explosent.
15:34Si les Japonais, pour reprendre votre interconnexion de tout ça,
15:39ont un Yen qui baisse très fort,
15:42ils vont être obligés de vendre éventuellement des obligations, etc.
15:48Et donc, les taux longs vont monter en contraire.
15:50Donc, vous voyez, tout est lié,
15:51jusqu'à l'Arabie Saoudite,
15:52qui aurait menacé de vendre ces 140 milliards d'obligations
15:58à long terme américaines,
16:00et qui serait aussi un danger.
16:01C'est d'ailleurs pour ça que je pense que Scott Besant,
16:03c'est lui qui a dit, ne vous inquiétez pas,
16:04on va régler le problème.
16:05En attendant, ils ont vendu de l'euro, quand même.
16:07Ce n'est pas neutre.
16:08Mais ils n'ont pas vendu de dollars,
16:09parce qu'en plus, n'oubliez pas que le patron,
16:11Donald Trump, il vend un dollar fort.
16:12Donc, c'est très, très compliqué, en plus.
16:14En tout cas, Donald Trump, pour l'instant,
16:16il laisse Kevin Warch tranquille.
16:17Hier, il a dit, je ne lui ai parlé qu'une seule fois,
16:19brièvement, ces derniers jours,
16:21juste une conversation.
16:22Bon, malheureusement, il ne dirige pas seul la Fed,
16:24il doit faire avec son conseil.
16:25C'est vrai que, contrairement à Jérôme Paul,
16:27Alexandre Baradez, pour l'instant,
16:29Kevin Warch, il est plutôt tranquille.
16:30Il n'a pas trop de pression.
16:31Ce n'est pas encore monsieur Too Late.
16:33Oui, mais ça, c'est un point que vous dites
16:35sur le ton de la présenterie.
16:36On pourrait, si j'étais dans l'opposition démocrate
16:38aux Etats-Unis, vous avez tellement de sujets
16:40desquels vous pouvez vous emparer
16:41pour montrer les contradictions flagrantes de Donald Trump.
16:44Souvenez-vous, il y a quelques mois encore,
16:46la pression que subissait Jérôme Paul
16:48et publiquement, c'est tous les jours,
16:51quasiment, Trump, sur ses réseaux sociaux,
16:53dans les médias, qui exigeait que la Fed baisse les taux,
16:56qui insultait Jérôme Paul pour ne pas le faire,
16:58l'indiquant qu'il était politisé ou autre.
17:01Il nomine quelqu'un qui, effectivement,
17:02était plutôt du corps républicain à la base.
17:04On sait qu'il a nominé, effectivement,
17:07pensant qu'il allait pouvoir baisser les taux,
17:08mais Kevin Warch, déjà, ne décide pas seul.
17:10C'est ça qu'il faut rappeler aux Etats-Unis.
17:11Vous avez un comité de politique monétaire
17:12au sein de la Fed.
17:13C'est plusieurs membres qui votent,
17:14et c'est le résultat de ça qui fait
17:16qu'on monte ou pas les taux ou qu'on les baisse.
17:18Et dans ce comité, vous avez trois dissidents,
17:20par exemple, qui s'expriment.
17:22La dernière, c'est un membre de la Fed de Cleveland
17:25qui dit clairement qu'il va falloir relever les taux.
17:27Une de ses collègues dit pareil,
17:29c'est Kashkari, qui dit qu'il faut relever les taux aussi.
17:31Et donc, Kevin Warch, on ne sait pas trop actuellement
17:33s'il essaie de faire passer une pilule auprès de Trump.
17:37Par exemple, peut-être qu'il va falloir remonter les taux brièvement
17:38avant de les rebaisser derrière.
17:39Je ne sais pas comment ça va s'articuler,
17:41mais c'est vrai que l'inflation, comme l'a dit Sébastien,
17:43ça fait cinq ans.
17:44Cinq ans, c'est quand même assez énorme
17:46que l'inflation aux Etats-Unis,
17:47et toutes les mesures, l'inflation sous-jacente,
17:50l'inflation globale, que l'inflation n'est pas revenue à 2%.
17:53Donc, la Fed n'est pas dans son mandat.
17:54C'est une question de crédibilité.
17:56Et donc, la question d'une hausse de taux,
17:57c'est vrai que c'est vraiment 50-50.
17:59On voit les probabilités.
18:00Après le rapport sur l'emploi, c'est un peu tombé sous les 50%.
18:02Là, quand le pétrole se redresse, on remonte vers les 50%.
18:05Donc, pour septembre, on ne sait pas s'il y aura une hausse de taux ou pas.
18:08Et le marché arrive là-dedans.
18:09Et juste pour terminer, c'est peut-être Jackson Hole
18:11qui donnera une indication, le symposium des banquiers.
18:14Une dernière solution, casser le thermomètre,
18:16d'en prendre un nouveau qui, lui, mettra un référentiel d'inflation un peu plus faible.
18:21Je rappelle que le 29 juillet dernier, et même encore avant,
18:24Kevin Walsh avait dit, moi, je vais remettre tout ça à plat,
18:27tous ces indicateurs qui guident la politique monétaire.
18:30Sous-entendu, je veux trouver une autre mesure qui ira mieux pour faire l'inflation.
18:34Et puis, 2, c'est pas que 2,0.
18:38C'est 2,1, mais c'est aussi 2,9.
18:40Donc, il avait dit exactement, le chiffre qui est après la virgule n'a pas une grande importance.
18:47On est au bout.
18:48Merci à tous les deux de nous avoir accompagnés ce matin en plateau.
18:51Sébastien Corchia, donc directeur général adjoint,
18:53directeur des investissements de Cogefi, Gestion et Alexandre Baradez,
18:56chef analyste d'IG.
18:58On se retrouve dans un instant, il sera à 9h,
18:59l'ouverture du CAC 40.
19:01L'OAT 10 en français, donc 4%.
19:03Le 2 ans retourne les 3%, plus 2 points de base pour le 2 ans français.
19:08On parlera de tout ça dans un instant avec Jacques Lemoisson,
19:10le fondateur de Gay Capital Management,
19:11et également revenir sur cette annonce de NVIDIA
19:15qui s'associe à 6 institutions pour financer l'intelligence artificielle
19:18à hauteur de 500 milliards de dollars.
19:20A tout de suite.
19:219h01, dernière partie Good Morning Market.
19:23Le marché parisien vient d'ouvrir à l'instant et il est parfaitement stable.
19:27Le CAC 40 est inchangé ce matin à l'ouverture à 8722 points.
19:31Du côté de l'Eurostock 50, 0% de variation également.
19:35Le CAC 40 peut dire merci à Total Energy,
19:38plus 1,2%, 76,45 euros,
19:40avec donc des cours du pétrole qui continuent de grimper ce matin.
19:44Plus 1,3% pour le Brent, au-delà des 89 dollars,
19:48quand le WTI, le baril américain, est à 83 dollars.
19:51Donald Trump donc hier qui a dit que ça y est,
19:53les Etats-Unis avaient pris contrôle du détroit d'Hormuz
19:55et puis surtout Donald Trump qui demande des réparations à l'Iran,
19:59alors que l'Iran demandait la même chose.
20:00Il y a encore quelques heures de cela, bref, encore beaucoup d'incertitudes
20:04en ce qui concerne un éventuel accord entre l'Iran et les Etats-Unis
20:08et tout cela se répercute donc sur le prix des matières premières
20:11mais également sur le marché obligataire
20:13avec donc un 10 ans français qui retrouve la barre des 4% pour la première fois
20:16depuis fin juillet, 3% pour le 2 ans français.
20:20Le spread, l'écart entre le 10 ans français et le 10 ans allemand
20:24continuent également de grimper au-delà de la barre symbolique des 80 points.
20:2981 points ce matin pour le spread OAT Allemagne.
20:32Du côté des valeurs à suivre ce matin, Total Energy,
20:36donc puis également le segment de la défense.
20:38Thales est la deuxième plus forte hausse, plus 0,9%.
20:41Cet après-midi, aux Etats-Unis, Nvidia à suivre.
20:44On en parlera dans un instant avec Jacques Lemoisson,
20:47le groupe qui s'associe à six établissements bancaires
20:49pour financer à hauteur de 500 milliards de dollars l'intelligence artificielle.
20:53Et puis dans le même temps, tiens, vous avez Trump Media Technology Group
20:55qui a publié ses résultats hier, Société Côté de Donald Trump
20:59qui a annoncé hier que, eh bien ça y est, plus de 10 contrats ont été signés
21:03en ce qui concerne les fameux abonnements pour avoir les tweets avant tout le monde.
21:07Vous savez, c'est les fameux abonnements entre 60 000 et 100 000 dollars par mois.
21:11Eh bien visiblement, il y a des sociétés notamment de trading
21:14qui ont souscrit à cet abonnement.
21:16Bon, ça n'empêche pas le groupe d'avoir quand même essuyé une perte
21:18de plus de 230 millions de dollars au deuxième trimestre
21:21à cause notamment de la nette baisse du marché des cryptos.
21:24Très courte pause, on se retrouve dans un instant avec Jacques Lemoisson
21:27pour revenir sur l'intelligence artificielle et puis également sur la Chine.
21:30Certains indices chinois qui ne font pas grand-chose depuis le début de l'année,
21:33mais ces indices pourraient se réveiller.
21:34C'est ce que nous dira Jacques dans un instant.
21:36A tout de suite.
21:38BFM Business présente
21:41Good Morning Market
21:43Etienne Bras
21:439h05 en portefeuille ce matin avec Jacques Lemoisson
21:46qui nous attend depuis Genève, depuis Gay Capital Management.
21:50Bonjour Jacques Lemoisson, vous êtes fondateur de Gay Capital Management.
21:54Vous gérez notamment pour le compte de certaines institutions
21:57des portefeuilles actions avec un positionnement notamment sur l'Asie.
22:02On en parlera dans un instant.
22:03Juste avant, un mot sur ce qui se passe aux Etats-Unis.
22:07Nvidia, hier, Jensen Young a annoncé un grand partenariat
22:10avec plusieurs établissements bancaires de grands noms.
22:13Apollo, Blackstone, BlackRock, Brokfield, Goldman Sachs ou encore KKR
22:17pour financer l'intelligence artificielle.
22:19Ensemble, ces acteurs espèrent mobiliser 500 milliards de dollars.
22:24Le titre Nvidia a baissé.
22:25On en parlera dans un instant.
22:26Comment vous regardez cette annonce ?
22:28On a des acteurs qui se diversifient, qui lèvent des capitaux sur le marché actions
22:31via des augmentations de capital, sur le marché obligataire
22:33et puis donc là, via de la titrisation en quelque sorte.
22:38Alors, on va dire que c'est une accélération du financement circulaire.
22:43En fait, Nvidia était toujours qualifiée comme le vendeur de pelles
22:47si on prend le parallèle avec la rue vers l'or aux Etats-Unis.
22:51Et là maintenant, en fait, elle aide désormais ses clients
22:55à réunir les fonds pour l'achat de pelles.
22:57Voilà.
22:59Donc, en fait, c'est plutôt une accélération et une industrialisation
23:03de tout ce qui est hors bilan.
23:05Beaucoup de personnes, de spécialistes, ne disent que les hyperscalers,
23:11tous les players de l'écosystème IA aux Etats-Unis
23:15ont des bilans qui sont pléthoriques.
23:18Le problème, c'est qu'il y a énormément maintenant de structures
23:20qui sont hors bilan et qui n'apparaissent pas justement dans les comptes.
23:25Ça, c'est du financement pour tiers.
23:28Donc, très clairement, Nvidia a réuni quelques amis, on va dire,
23:33pour apporter 500 milliards de financement à des personnes
23:36qui voudraient acheter ses propres puces
23:38ou construire des data centers avec ses propres puces.
23:43Sachant que dans le deal, apparemment, il y aurait un backstop,
23:47c'est-à-dire qu'il y a une garantie, en gros, de Nvidia
23:49pour 25% des transactions, soit 125 milliards de dollars.
23:55Maintenant, c'est une accélération du financement circulaire américain.
24:00Et c'est ce qui inquiète le marché aujourd'hui,
24:03le fait que Nvidia se porte en quelque sorte garant
24:05pour le compte de ses clients, sachant qu'on est sur des actifs
24:09sur lesquels on a assez peu de recul.
24:11C'est-à-dire comment on déprécie aujourd'hui des cartes GPU
24:13sur 5 ans, sur 10 ans, sur 15 ans ?
24:16Non, mais si justement, votre point est très juste,
24:20c'est en fait, l'idée de Nvidia, apparemment,
24:23ça consiste en fait que le compute, ce qui sert à calculer,
24:28devient une nouvelle classe d'actifs, en fait,
24:30et sort du côté physique de dépréciation.
24:33C'est comme si on vous disait, vous achetez un ordinateur,
24:36mais t'inquiète pas, on te le paye,
24:38et puis ça ne se dévalorise pas, c'est un actif.
24:41Ok, super.
24:42Et d'un autre côté, moi, j'ai des coûts de tokens,
24:45des coûts justement de ce qui sort, des data centers,
24:49qui s'effondrent, notamment avec la politique chinoise
24:52sur la structure de l'IA en Chine,
24:55qui est différente de ces États-Unis.
24:57Et donc, moi, j'ai des monstres hors bilan
25:00qui sont en train de se créer,
25:01avec des garanties qui sont données
25:03par les propres fournisseurs du collatéral.
25:06Superbe.
25:07Et derrière, j'ai un coût de l'output,
25:11donc des tokens qui servent pour les calculs
25:13et pour les réponses, on va dire,
25:15des utilisateurs, qui s'effondrent.
25:19Bon, donc oui, ça peut inquiéter à un moment
25:20quand tout le monde commence à être...
25:23En fait, c'est un peu le jeu de...
25:25Je te tiens par la barbichette, quoi.
25:26Surtout quand vous entendez Larry Fink,
25:28le patron de BlackRock, hier,
25:30qui a donné une interview à l'occasion de cette nouvelle.
25:33Pour lui, ce projet, c'est le début du nouvel ère
25:35pour l'ingénierie financière,
25:36comparable à la création des titres adossés
25:39à des créances hypothécaires dans les années 70.
25:42Bon, est-ce que c'était une bonne chose de rappeler ça ?
25:44Je ne sais pas.
25:44Mais en tout cas, c'est vrai que ça remue un petit peu le flou
25:47par rapport au financement de l'intelligence artificielle.
25:50Quand il prend le parallèle...
25:52Alors lui, je comprends.
25:53Quand on gère 11 000 milliards ou plus de gestion,
25:56plus il y a d'innovation, plus on fait de fonds,
25:58plus on finance, et plus on gagne de l'argent.
26:00Lui, les clients, je ne sais pas,
26:01mais lui, oui, il gagne de l'argent.
26:03Maintenant, enfin, son groupe gagne de l'argent.
26:05Maintenant, après, le gros problème,
26:07c'est qu'en effet, on a un découplage entre les réalités
26:09et derrière, quand il parle des produits
26:13avec des adossements à des préhypothécaires,
26:15oui, dans les années 70, c'est bien,
26:17mais enfin, 2008 reste un souvenir
26:19de ce genre de montage relativement douloureux.
26:22En tout cas, l'intelligence artificielle,
26:24c'est un risque sur les marchés,
26:25il faut en avoir conscience,
26:26mais pour vous, ce n'est pas le seul risque,
26:28loin de là, parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de liens,
26:30mais en même temps, comment ne pas en parler ?
26:31Jacques Lemoisson, il y a une annonce tous les jours,
26:34avec notamment cette annonce de Nvidia
26:37hier soir, juste avant la clôture.
26:39Parlons un petit peu quand même de tout ce qui se passe,
26:41et on en parlait précédemment,
26:42le club de la bourse avec Alexandre Baradez
26:43et Sébastien Corchia,
26:45sur tous les tectoniques, sur le marché des devises,
26:47que ce soit sur le yen, le dollar,
26:49et puis bien sûr, le financement du déficit américain.
26:54Le gros problème, c'est que l'IA est réel,
26:56il n'y a pas de problème.
26:57Le problème, c'est qu'elles consomment des chips,
26:59elles consomment de l'électricité,
27:01elles consomment des bâtiments,
27:04et elles consomment du financement, la preuve.
27:06Or, on a un, les matières premières qui montent,
27:09et deux, le coût du financement qui monte,
27:11parce que je ne crois pas que le 10 ans américain baisse,
27:13en termes de taux.
27:14Donc, très clairement, oui,
27:15on a de plus en plus une asymétrie, en fait,
27:19où, oui, bien sûr,
27:20on nous vend des CAPEX futurs, d'ailleurs,
27:22parce que je ferais remarquer à tout le monde
27:24que, généralement,
27:25quand on parle d'IA, de valorisation d'IA,
27:27on parle souvent des CAPEX
27:29et des engagements qui ont été pris.
27:31On ne parle pas des revenus.
27:33Ça me rappelle moins la bulle Internet
27:35que la bulle Télécom.
27:36Ça me rappelle plus cette bulle Télécom, en fait,
27:38où tout le monde disait,
27:39oui, les consommateurs vont payer 10 000 euros
27:42leur forfait mobile.
27:46Bon, on a vu qu'ils ne payaient pas 10 000 euros,
27:48et derrière, les coûts d'infrastructure
27:49ont été gigantesques.
27:50Donc, je pense que s'il y a un parallèle à faire,
27:53c'est surtout sur, on va dire,
27:55les petits problèmes qu'a rencontrés
27:58le secteur Télécom,
27:59si on doit prendre un parallèle à faire
28:01avec l'IA aux États-Unis.
28:03Et très clairement,
28:04vous avez tous les coûts qui augmentent.
28:05Et comment on se positionne aujourd'hui
28:07en tant qu'investisseur dans ce contexte,
28:09Jacques Lemoisson,
28:10notamment chez vous,
28:11chez Gay Capital Management ?
28:13Nous, justement,
28:15on n'est pas contre l'IA, au contraire.
28:17On est pour le réel de l'IA,
28:19c'est-à-dire l'infrastructure de l'IA.
28:21Maintenant, très clairement,
28:22le financement circulaire américain
28:23prend une dimension carrément industrielle
28:25et commence à devenir, on va dire, problématique.
28:30Et d'un côté, on estime que
28:32quand on a des exagérations comme ça
28:34de processus,
28:36il est bon de prendre un peu de bénéfices
28:37de temps en temps
28:38et de diversifier.
28:40Diversification, donc, quoi ?
28:41Matière première.
28:42Je pense que
28:44la gabegie
28:46complète en termes de géopolitique
28:48qu'en train de faire l'administration américaine
28:50sur l'Iran
28:52va faire que renchérir
28:53le coût des matières premières,
28:55en tout cas pétrolières.
28:56L'or sort des diversifications,
28:58très clairement.
28:58son réveil n'est pas anodin
29:00et ce n'est qu'un début pour nous.
29:02Et puis la Chine,
29:03parce que la Chine,
29:04on nous a prédit sa mort.
29:06Le Covid va la faire mourir,
29:08la déflation va la faire mourir,
29:10le krach immobilier va la faire mourir,
29:12Xi Jinping, qui prend plus de pouvoir,
29:14va la faire mourir.
29:15Enfin, bon, bref,
29:16la Chine n'est pas morte.
29:17L'excédent commercial a pété tous les scores.
29:20Les exportations des circuits intégrés
29:23d'année en année,
29:24là, entre 2025 et 2026,
29:26ça fait plus de 116%.
29:27Donc, la Chine,
29:29ce n'est pas ténu,
29:31contrairement à ce que
29:32pas mal de médias européens
29:33tentent de faire croire.
29:34La Chine,
29:35ça vend des circuits intégrés,
29:36des biens de haute technologie
29:38et d'automobiles,
29:39et ça progresse de 60%
29:41à 116%
29:42d'année en année
29:43en termes d'exportation.
29:44Et pourtant,
29:45en gros,
29:46quand on regarde certaines valeurs,
29:47Jacques Lemoisson,
29:48la performance n'est pas là.
29:50Alibaba,
29:50moins 15%
29:51Hier Today,
29:51Tencent,
29:52moins 25%,
29:53Baidu,
29:53moins 27%.
29:54Si on regarde typiquement
29:55le Hang Seng,
29:56il est à 0%
29:57depuis le 1er janvier.
29:58Alors, certes,
29:58il a repris 6%
30:00en l'espace d'un mois,
30:01mais comment choisir
30:02les bonnes thématiques,
30:03les bonnes valeurs ?
30:03Parce que c'est vrai
30:04que sur le papier,
30:05tout y est,
30:05et malheureusement,
30:06la performance n'est pas là.
30:08Alors,
30:08déjà,
30:09les Américains bénéficient
30:10de ce que j'appelle
30:11du Dequitization Put
30:13depuis des décennies.
30:14C'est-à-dire qu'il y a
30:15moins d'actions cotées,
30:16plus de Sharbuyback
30:17et plus de fusion-acquisition.
30:19Donc,
30:19ça veut dire
30:19qu'il y a une restriction
30:22du nombre d'actions
30:24et beaucoup plus de capitaux.
30:25Il suffit de voir
30:26la masse M2 aux Etats-Unis
30:27qui a explosé
30:28et la Fed
30:28qui a déversé des milliards,
30:30des centaines de milliards,
30:31voire des milliers de milliards.
30:32Conclusion,
30:33vous avez plus de liquidités,
30:34moins d'actions cotées,
30:35les prix montent.
30:36Quelle que soit la valorisation,
30:37on s'en fiche,
30:37si j'ai une question de flux.
30:38En Chine,
30:39ils sont en train de coter
30:40des centaines d'actions,
30:41des pans entiers
30:41de leur économie,
30:42donc ils ne bénéficient pas de ça
30:44et en plus,
30:44les Sharbuyback
30:45ne sont pas aussi répandus
30:46encore pour l'instant.
30:48Maintenant,
30:48pour moi,
30:49la Chine doit être regardée
30:50avec, je dirais,
30:52sa conspection,
30:53peut-être,
30:53mais en termes
30:54des diversifications,
30:55il y a deux axes
30:57que nous privilégions
30:58via nos thématiques
30:59mais qui sont privilégiés
31:00par l'État chinois,
31:01c'est la décarbonisation.
31:02Je pense que tout le monde
31:03est en train de souffrir
31:03de la chaleur.
31:04Le seul pays qui a un plan,
31:06et là,
31:06ils ont annoncé
31:06que d'ici 2030,
31:08ils voulaient que 50%
31:09d'électricité
31:10soit fournie
31:11à partir d'énergies
31:12non fossiles
31:13et ils ont les moyens
31:14de le faire.
31:14Et deuxième point,
31:15le deuxième plan pour nous,
31:17c'est l'IA et la robotique
31:18où en effet,
31:19la Chine est maintenant
31:21le leader dans l'IA
31:22en termes d'inférence,
31:23pas de training
31:24mais d'inférence.
31:25Derrière,
31:26l'industrialisation de l'IA
31:28est très claire.
31:29Il y a des modèles
31:30de LLM chinois
31:31qui prennent maintenant
31:32plus de 60%
31:33de parts de marché.
31:33Même les fonds américains,
31:35les sociétés américaines
31:35utilisent des modèles chinois.
31:37Donc, nous,
31:38ces deux pans-là
31:40sont des axes principaux
31:42en termes de diversification.
31:43Et justement,
31:45quand on a des exagérations,
31:46quand on commence à le voir
31:47sur l'IA américaine
31:48en termes de structure
31:49de financement,
31:50je ne dis pas
31:51que ça va collapser,
31:52simplement,
31:52on prend un peu de bénéfice,
31:54on investit sur la Chine
31:55sur les thématiques
31:56des carbos et aérobotiques
31:57et derrière,
31:58sur les matières premières
31:59comme l'or,
31:59par exemple,
32:00qui est une très belle source
32:01de diversification.
32:02Merci beaucoup.
32:03Jacques Lemoisson nous a raccompagné
32:04ce matin,
32:04fondateur de Gay Capital Management
32:06pour faire ce tour d'horizon
32:08sur le portefeuille aujourd'hui
32:10et également sur les grandes thématiques
32:12d'investissement
32:13en ce qui concerne la tech asiatique.
32:159h15,
32:16le CAC 40 est donc inchangé ce matin,
32:18un zéro pointé.
32:198 724 points,
32:20plus 0,15% pour l'Eurostock 50.
32:22Total Energy et Thalès
32:23sont les plus fortes hausses.
32:24À l'inverse,
32:25Accor perd 1%,
32:26pénalisé notamment par Intercontinental
32:28qui perd plus de 2% ce matin
32:30à Londres après avoir publié ses résultats.
32:32Le débrief de la séance,
32:33ce sera bien sûr ce soir
32:34avec Côte Kersulek
32:35à partir de 17h30.
32:37On se retrouve nous demain
32:38à 8h40 pour Good Morning Market
32:40et bonne journée.
32:42Votre rendez-vous avec N2F.
32:45Simplifiez le pilotage
32:46de vos dépenses professionnelles.
32:48Good Morning Market
32:50sur BFM Business.
Commentaires