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  • il y a 12 minutes
Jean-Simon Chaudier, PDG et cofondateur de FireTracking, était l'invité d'Erwan Morice dans French Tech, ce mardi 11 août. Il nous présente FireTracking, une technologie destinée à venir en aide aux pompiers dans la lutte contre les incendies, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et ce matin, une innovation qui pourrait bien être de plus en plus utile face à la multiplication des épisodes
00:05de canicule et face aux incendies.
00:07Bonjour Jean-Simon Chaudier.
00:09Bonjour.
00:09Vous êtes PDG cofondateur de Fire Tracking, un outil de détection automatique des feux de forêt qui s'appuie sur
00:17l'intelligence artificielle,
00:19avec la particularité, donc grâce à la technologie, de détecter ces incendies bien plus tôt que ce qu'on est
00:26capable de faire aujourd'hui, c'est ça ?
00:27Oui, tout à fait. En fait, nous, on va aider les pompiers, les collectivités, les acteurs industriels à détecter et
00:33localiser les feux en quelques secondes seulement,
00:35et jusqu'à 20 kilomètres de distance, pour leur permettre d'intervenir finalement avant qu'un incident se transforme en
00:41catastrophe.
00:42Et ça, on va le faire avec notre intelligence artificielle, qui sera connectée à des parcs de caméras installés en
00:47hauteur,
00:48comme par exemple sur des châteaux d'eau ou des pylônes télécom.
00:51Et aujourd'hui, vous surveillez déjà un million d'hectares en France, avec plusieurs départements qui utilisent votre solution ?
00:58Exactement. On travaille avec cinq départements aujourd'hui en France, que ce soit dans le pourtour méditerranéen, comme par exemple
01:04les Bouches-du-Rhône.
01:05Mais on travaille également avec des départements qui sont beaucoup plus au nord de la Loire, comme l'Indre-et
01:08-Loire, la Côte d'Or également.
01:10Oui, parce qu'ils sont touchés aussi de plus en plus par ces phénomènes.
01:13Exactement. En fait, avec le réchauffement climatique et en particulier la sécheresse de la végétation qui est drainée derrière,
01:19chaque départ de feu peut vraiment se transformer en catastrophe.
01:22Et donc aujourd'hui, en France, c'est la plupart des départements qui sont concernés par ce risque.
01:26Et donc la promesse de fire tracking, c'est que c'est plus efficace que les outils de détection actuels,
01:31c'est-à-dire l'homme, les vigies, mais aussi ce qu'on va faire avec des satellites, détection de
01:38feu par satellite.
01:39Vous, votre promesse, c'est que c'est plus efficace. C'est ça ?
01:42En fait, ce sont des outils qui sont complémentaires.
01:44C'est-à-dire qu'un satellite, on va détecter un feu peut-être trois quarts d'heure, une heure
01:48après qu'il ait démarré.
01:50Pourquoi ? Parce que la taille du pixel du satellite contraint ce délai de détection.
01:54Et donc c'est déjà trop tard parfois, quand il y a beaucoup de vent notamment, où on ne peut
01:58plus faire grand-chose.
01:59Trois quarts d'heure après, c'est après la bataille.
02:01Nous, on va détecter un feu peut-être deux, trois minutes après qu'il ait démarré.
02:05Ce qui est le délai finalement suffisant pour que les pompiers puissent intervenir et réussir à le contenir sur quelques
02:10hectares.
02:11Et donc là, par exemple, pour illustrer des cas très concrets, sur la dernière semaine, on a détecté une dizaine
02:16de départs de feu jusqu'à 15 minutes avant le premier appel.
02:20En particulier dans le département d'André-Loire et dans le département de Côte d'Or.
02:23Et donc on a évité à chaque fois la catastrophe ?
02:25On a aidé, en tout cas, et soutenu les pompiers pour pouvoir leur permettre d'intervenir plus tôt.
02:30Après, il faut bien comprendre que la détection, ce n'est qu'un maillon de la chaîne.
02:34Après, il y a l'intervention, il faut aussi avoir les moyens humains pour intervenir ?
02:37Il y a l'intervention avec les moyens humains, mais aussi en amont, avoir des aménagements urbains, par exemple avec
02:42des cuves d'eau,
02:42avec des voies d'accès, avec une diversification des cultures qui va permettre aussi de contenir le feu.
02:47Quelle est la marge d'erreur de cette solution ?
02:49Aujourd'hui, on va détecter avec moins de 10% de fausses alarmes.
02:54Ce qui est extrêmement marginal, en fait, on a un outil qui va s'intégrer automatiquement dans les processus de
02:59nos opérateurs.
03:00Ce que nous disent souvent les pompiers, c'est qu'ils ont l'impression d'avoir un copilote avec eux.
03:04On ne va pas leur demander de saisir quoi que ce soit dans un logiciel compliqué.
03:07Ils ont la bonne information au bon moment, au bon endroit.
03:09Et donc, ça peut sonner quand quelqu'un allume son barbecue, votre solution ?
03:13Oui, parce que le barbecue, c'est ce qui peut se transformer aussi en catastrophe.
03:16Donc, c'est typiquement quelque chose que les pompiers vont devoir regarder.
03:19Et dans ce cas-là, ils vont recevoir une notification sur téléphone, ordinateur, tablette,
03:22pour leur permettre d'ailleurs de suivre cet événement et de vérifier qu'ils ne se transforment pas en catastrophe.
03:27Donc, tout ça, c'est un système de caméras à très haute résolution qui sont pilotées à distance.
03:33C'est-à-dire qu'une fois que c'est installé, il faut quand même des moyens techniques ou c
03:37'est vous qui vous en occupez ?
03:39L'intelligence artificielle va fonctionner toute seule.
03:41C'est-à-dire qu'elle va activer elle-même les caméras pour pouvoir réussir à détecter et localiser les
03:46feux sur de longues distances.
03:47Ensuite, une fois que les pompiers sont alertés, eux, sur tablette, ordinateur ou au téléphone,
03:51ils vont pouvoir piloter directement les caméras à distance, mais aussi projeter l'alarme sur une carte,
03:58simuler sa propagation possible, regarder quelles infrastructures peuvent être impactées dans les prochaines minutes
04:02pour leur permettre de préparer l'intervention.
04:05Donc, nous, on va leur permettre de gagner du temps à la fois sur la détection,
04:07mais aussi sur toute la prise de décision qui est en aval pour pouvoir déclencher une intervention.
04:12Donc, on l'a bien compris, vos clients, ce sont les collectivités.
04:15Vous commercialisez déjà avec cinq départements dans un contexte où on cherche quand même de l'argent.
04:22Dans le public, on se sert la ceinture.
04:24Comment est-ce que vous arrivez à convaincre, à faire comprendre que c'est une solution
04:27qui peut aussi faire gagner de l'argent, sauver des vies, mais aussi avoir un gain économique ?
04:34Exactement. Les gains environnementaux sont immédiats en déployant ce type de solution.
04:39On parle de 100 à 300 tonnes de carbone qui sont émises à chaque hectare brûlé,
04:41des milliers d'espèces animales qui sont dévastées.
04:44Mais d'un point de vue économique, c'est extrêmement rentable aussi de pouvoir détecter plus tôt.
04:48Parce que si on intervient plus tôt, d'ailleurs, les moyens, on va les engager moins longtemps.
04:52Et donc souvent, par exemple, ce que je dis, c'est pour l'équivalent d'un département en France,
04:56en termes de coûts, c'est l'équivalent d'utilisation d'une heure de la flotte de Canada.
05:01Donc, en fait, c'est rentabilisé quasiment immédiatement, ce type de projet à l'échelle d'un département.
05:08Et combien ça coûte ? Combien une collectivité met sur la table pour avoir votre solution ?
05:13Aujourd'hui, pour déployer un site de détection des feux, les prix en France,
05:17ils vont se situer entre 100 et 160 000 euros.
05:19Aux États-Unis, ça va jusqu'à 250 000 euros.
05:21Ça, c'est le total, on va dire, sur cinq ans.
05:24Pour un département en France, il va déployer entre 10 et 15 sites.
05:28Donc, il faut compter entre 1 million et 1,5 million.
05:31pour équiper l'entièreté de son département sur cinq ans.
05:33Pour conclure, vous parlez en effet des États-Unis, où les phénomènes sont aussi de plus en plus sévères.
05:38Et vous avez un concurrent américain, d'ailleurs, qui est installé et déjà bien avancé.
05:42Est-ce que vous voulez vous concentrer, vous, sur le marché français ?
05:46Ou dans l'idée, c'est de s'étendre aussi en Europe, au-delà ?
05:48On a commencé par l'international.
05:50Ah oui ?
05:51Par où ?
05:52C'est-à-dire, nous, nos premiers clients, c'était en France, mais en Nouvelle-Calédonie.
05:56Donc, à proximité immédiate de l'Australie.
05:58Parce qu'en Nouvelle-Calédonie, en fait, il faut savoir que ça brûle autant que sur l'entierté du territoire
06:01hexagonal,
06:02avec des enjeux de biodiversité qui sont exceptionnels.
06:05Donc, nous, on a commencé là-bas.
06:06D'ailleurs, on s'est déployé en France.
06:07Mais aujourd'hui, voilà, on est présent aussi en Australie, à Madagascar.
06:11Donc, voilà, on a une histoire qui s'est construite à l'international dès le début.
06:14Merci beaucoup pour cette belle prouesse et technologie française aussi que vous êtes venu nous présenter ce matin.
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