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  • il y a 2 mois
Ce vendredi 19 décembre, François Monnier, directeur de la rédaction d'Investir, et Olivier Levy, président de Levy Capital Partners, ont fait le bilan des marchés boursiers en 2025, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Vous connaissez le rendez-vous, deux acteurs de marché, avec François Monnier qui va nous rejoindre,
00:05directeur de la rédaction d'Investir, et Olivier Lévy, président de Lévy Capital Partners,
00:10pour donc cette fin d'année qui, mine de rien, aura été plutôt bonne sur les marchés actions,
00:16avec un CAC 40 qui gagne 10% depuis le début de l'année, on est de l'ordre de 15% pour le S&P 500
00:22ou encore pour l'Eurostox 50, quand du côté du DAX à Francfort on gagne plus de 20%,
00:27plus 40% même pour l'indice de la bourse de Madrid.
00:32François Monnier, comment vous regardez un petit peu cette année 2025,
00:37qui mine de rien aura été très volatile, un marché qui s'est fait un petit peu peur,
00:41on se souvient au mois d'avril avec le fameux panneau des droits de douane de Donald Trump,
00:45et puis depuis une replay-rise en V qui a été spectaculaire,
00:49et là on voit depuis la rentrée un marché qui hésite un peu plus.
00:52– Oui, c'est important de faire peur, il faut toujours douter quand on est en bourse,
00:57et c'est comme ça qu'on a des marchés vraiment haussiers.
00:59Ce qui est inquiétant, c'est là où il faut plutôt avoir peur,
01:02c'est quand il y a des grandes phases d'euphorie,
01:03et quand on a la conviction qu'il ne peut rien nous arriver.
01:05Là, finalement, tout au long de l'année, on a eu des petits doutes.
01:09On a eu des doutes en avril, on a eu des doutes en octobre, novembre sur l'IA,
01:12bref, on est entouré de doutes, et ça c'est ça qui est extrêmement solide,
01:16et qui est rassurant pour l'avenir.
01:17C'est qu'on avance en doutant, en se posant beaucoup de questions,
01:22et finalement on voit que tout se passe bien.
01:24On a des marchés qui ont fortement monté, on a un CAC 40 qui gagne 10%,
01:26on a un Eurostox qui gagne 17%, on a le S&P 500 qui n'est pas très loin.
01:30Bref, la vie est belle sur les marchés, ça démontre que la bourse c'est le meilleur déplacement,
01:36et puis que finalement, quand on regarde, on a une année où il y a eu beaucoup d'investissements.
01:41investissements militaires en Europe, avec encore une annonce hier d'un méga plan d'armement allemand,
01:51investissements massifs aux Etats-Unis dans le domaine de l'IA,
01:55donc ce qui fait qu'on investit partout, ça soutient la croissance,
02:00et puis le fait qu'il y ait de l'investissement et des baisses de taux,
02:03on a une pontification de la courbe des taux qui est fort sympathique,
02:06qui fait qu'on a des taux à court terme qui sont plutôt bas, des taux à long terme qui sont plutôt élevés,
02:11et mécaniquement, c'est magnifique pour les banques qui gagnent beaucoup d'argent,
02:15l'environnement est extrêmement propice.
02:17Donc on a de l'investissement, on a des entreprises qui sont plutôt bien gérées,
02:23après il y a toujours des doutes, et c'est important de le signaler,
02:26peut-être des investissements malheureux dans le domaine de l'IA, des valorisations un peu excessives,
02:31on a des budgets qui sont hors de contrôle, les hommes politiques qui n'ont pas de vision,
02:35on a une dette en France qui frôle maintenant les 3500 milliards d'euros,
02:42donc c'est vraiment inquiétant, on aura probablement un ratio endettement sur PIB supérieur à l'Italie dans quelques années,
02:49parce que l'Italie fait des efforts, et nous on est incapable de faire des efforts,
02:53on continue de dépenser massivement, et ce n'est pas les quelques hausses d'impôts qui vont résoudre quoi que ce soit,
02:58donc voilà, politiquement il faut rester inquiet, l'État est très fragile,
03:04mais heureusement les entreprises sont bien gérées,
03:07et ce qu'il faudrait c'est que les hommes politiques écoutent davantage les chefs d'entreprise.
03:10Un panorama qui est donc moins catastrophique que prévu,
03:14une Europe qui est peut-être même plus résiliente,
03:16bon néanmoins on est toujours proche des 1% de croissance,
03:19alors hier Olivier Lévy, Christine Lagarde nous dit,
03:22on attend 1,4% de croissance en 2025, 1,2% en 2026, 1,4% en 2027 et 2028,
03:28bon il n'y a pas de quoi sauter au plafond,
03:29mais mine de rien le panneau est moins sombre qu'on aurait pu l'espérer.
03:34Oui, évidemment on reste sur une croissance molle,
03:37mais comme vous l'avez mentionné, rien ne dit tirambique en Europe,
03:41donc est tiré par d'autres pays que la France,
03:44donc le sujet est clair, et François l'a rappelé,
03:48il y a plusieurs musiques qui ont été porteuses cette année,
03:52notamment l'IA, et ce storytelling commence à s'amenuiser
03:56à mesure où on avance sur le retour sur investissement de ces sujets-là,
04:01et pareil, les risques politiques et commerciaux,
04:06avec les tarifs, la guerre militaire, etc., ne sont pas oubliés,
04:11donc ils vont revenir au premier plan au début de l'année prochaine,
04:13parce que l'année a été correcte, et oui je rejoins François,
04:16c'est les marchés liquides, les marchés boursiers, les actions,
04:19mais aussi surtout les obligations, c'est les marchés où il faut être,
04:22c'est liquide à tout moment, ce qui est moins vrai sur les autres sujets
04:25que sont les structurés, le private equity, la dette privée, l'immobilier.
04:29Les taux de la BCE qui devraient rester à 2% pour un certain temps,
04:33aujourd'hui Christine Lagarde s'estime bien positionnée,
04:36les taux sont à 2%, l'inflation est à 2%, et sa boussole, c'est l'inflation.
04:40Quid, bien sûr, des déficits publics, de tous ces milliards à refinancer,
04:45hier l'Allemagne a parlé de 512 milliards à financer l'année prochaine,
04:49la France est plus de 300 milliards, le Japon l'a vu cette nuit,
04:51qui remonte ses taux, par conséquence, il y a l'ensemble du marché obligataire
04:55qui remonte, ça, ça sera quand même à suivre pour l'année prochaine.
04:59Oui, ce sera à suivre très clairement, je ne me fais pas de soucis pour l'Allemagne,
05:03puisque 512 milliards, ça représente une goutte d'eau pour eux,
05:05puisqu'ils ne sont pas endettés en rapport de leur PIB,
05:07versus ce que la France va devoir chercher.
05:10Nous, on a ce sujet-là, c'est-à-dire se mettre d'accord
05:13quant au poids de la dette et quant à son remboursement éventuel,
05:18puisque une des façons de rembourser la dette, c'est l'inflation.
05:22Et vous me dites, il n'y a plus d'inflation,
05:25donc la Banque Centrale fait le job en baissant les taux momentanément.
05:30Donc moi, je crois que ce que fait Donald Trump aux Etats-Unis
05:34est lourdement inflationniste,
05:35et donc on va avoir un retour de bâton,
05:38là où le pétrole est peu cher aujourd'hui, anormalement peu cher,
05:42et il n'est pas impossible qu'on ait un retour des taux longs,
05:47qui ne baisse pas.
05:50Voir même une hausse des taux.
05:51On était en début d'émission avec les équipes de Société Générale CIB,
05:54François Meunier, il table sur une hausse des taux fin 2026.
05:58Où ça ?
05:59En Europe.
06:00En Europe.
06:03Ils s'attendent à une remontée des taux dans un contexte
06:06où il y aura probablement plus d'inflation.
06:08Oui, mais en fait, on est dans un monde où il faut voir que tout est relatif.
06:13D'abord, Christine Lagarde n'est pas du tout à l'aise sur le pilotage des taux,
06:18parce qu'aux Etats-Unis, l'inflation recule.
06:22Aux Etats-Unis, l'inflation semble sous contrôle.
06:25Et aux Etats-Unis, on a de plus en plus un scénario qui laisse en paraître
06:29que finalement, il n'y aura pas une baisse des taux,
06:30il y aura peut-être trois baisses des taux l'année prochaine.
06:33Donc si jamais on a une banque centrale américaine qui baisse trois fois ses taux,
06:38Christine Lagarde ne sera pas à l'aise pour augmenter ses taux,
06:41parce qu'avoir un euro fort, voire trop fort,
06:43quand vous l'avez à juste titre signalé, on n'a que 1% de croissance.
06:48Si c'est pour tuer la croissance, on sera content d'avoir une inflation sous les 2%.
06:53Donc ça n'a pas de sens.
06:55Donc la vérité, c'est qu'on va d'abord voir ce que va faire la banque centrale américaine,
06:59qui est la banque directrice.
07:02Et nous, il faut reconnaître que la banque centrale européenne
07:04va suivre ce que va faire la Fed, ou le nouveau patron de la Fed,
07:09parce qu'il n'a pas dit que tout au long de l'année 2026, on garde Jerome Powell.
07:14Mais s'il y a trois baisses de taux, ce sera très difficile pour la banque centrale européenne
07:21d'augmenter ses taux, parce que là, on aura vraiment un problème de devise.
07:25Et la devise, ça va caler toutes les exportations, ça va nous coûter très très cher.
07:30Et s'il n'y en a plus de croissance, il n'y aura pas vraiment d'avenir.
07:33En tout cas, ce contexte est favorable pour les banques.
07:36Société Générale, ça y est, gagne 150% depuis le début de l'année.
07:39On est au-delà des 68 euros ce matin.
07:41Bon, alors, si on dézoome sur longue période, on ne revient pas tout à fait sur les niveaux de 2007-2008.
07:47Olivier Lévy, si on prend en compte les dividendes, c'est un peu mieux.
07:50Bon, néanmoins, c'est spectaculaire, là, ce qui se passe sur Société Générale.
07:53Le titre a triplé en même pas deux ans.
07:55Oui, oui, non, mais c'est sûr qu'on vient d'un monde où il y avait un manque de visibilité sur le titre.
08:00La nouvelle gouvernance, là, n'a cessé de rationaliser, restructurer, améliorer la profitabilité,
08:07de rassurer les actionnaires en faisant des rachats d'actions.
08:11Donc, c'est vrai que c'est le top de l'année, plus 135 ou 140% de performance.
08:19Bravo, mais on vient d'une situation, là aussi, où elle était au ras des pâquerettes.
08:22Donc, on revient à un niveau de valorisation plus proche de ce que BNP a en Europe.
08:30Après, ça reste une petite banque au niveau mondial.
08:33Société Générale, c'est 50 milliards de capitalisation boursière, BNP 90 milliards.
08:37Les Américaines, on est en centaines de milliards, donc on ne compte pas.
08:41Et je trouve que dans le paysage français, ça c'est un avis très personnel,
08:44il y a trop d'opérateurs télécoms, il y a trop de banques.
08:47Donc là aussi, il y a une rationalisation à marche forcée.
08:50Et je n'oublie jamais que derrière Société Générale, il y a Boursorama,
08:54qui est le premier vecteur de la banque digitale en France,
08:57qu'il y a aussi Evans dans le leasing, etc.
09:00Donc, de la diversification intelligente,
09:03à l'heure où les fintechs continuent à avoir des valorisations fofolles,
09:06comme en témoigne l'investissement récent de la famille Arnaud dans Trade Republic, par exemple.
09:10Qui est devenu la deuxième start-up d'Europe.
09:12Oui, mais qui est complètement fofolle, qu'on se le dise.
09:14La première, c'est révolutre.
09:15Mais j'entends, mais ce que je veux dire, ça veut dire qu'Amundi, derrière,
09:19traite dix fois moins et qu'il faut se jeter possiblement, je ne sais pas,
09:24mais sur des sociétés qui ont un track de 40 ans,
09:26et pour lequel la valorisation, le rendement seront là encore demain et après-demain.
09:30Donc, je trouve que ces nouveaux entrants qui prennent des parts de marché,
09:33c'est vrai aux banques traditionnelles, sont largement survalorisées.
09:37J'attends les retours sur investissement de pied ferme.
09:41Les banques ne sont pas chères, François Monnier.
09:43Malgré les 150% depuis le début de l'année, Société Générale se paye dix fois.
09:46Mais si je reprends investir, il y a dix ans, les banques n'étaient pas chères.
09:49Si je reprends il y a vingt ans, c'était pas cher et ça restera toujours pas cher.
09:51C'est ça qu'il faut avoir en tête ?
09:53Oui, c'est pas un actif où on a beaucoup de visibilité,
09:55parce que vous pouvez avoir, le trimestre suivant, une perte.
10:00La visibilité sur les bénéfices, elle est extrêmement faible.
10:03En revanche, ce qui est certain, c'est que l'environnement, il est sain,
10:06puisqu'on a des taux à court terme qui ont plutôt tendance à baisser,
10:09et des taux à long terme qui ont tendance à rester élevés,
10:11parce qu'on l'a dit, il y a quand même des urgences d'inflation,
10:14on émette de plus en plus de dettes,
10:16et le Japon, on le voit, a des taux qui se redressent.
10:19Bref, on est dans un environnement avec une quantification qui est extrêmement sain.
10:23Maintenant, pour aller plus loin,
10:24on avait des banques qui étaient vraiment extrêmement sous-valorisées,
10:29avec des PE de 5, de 6.
10:30Là, on revient tout doucement vers les 10.
10:33Les plus belles sont à 11, voire 12.
10:35Je pense à ING, je pense à Banco, sur Thunder.
10:37Donc, on voit que l'environnement est devenu normal.
10:42Il n'y a plus de désamour vis-à-vis des banques.
10:44Maintenant, on guette une consolidation,
10:47parce que je suis tout à fait d'accord avec Olivier,
10:48il y a trop de banques.
10:49Mais on voit que les consolidations, elles sont compliquées.
10:51On a vu qu'il y avait des Italiens qui voulaient racheter des Allemands,
10:54on voit que voilà, etc.
10:55Mais il faut voir que c'est aussi des actifs stratégiques.
11:00C'est tout un écosystème où les États sont extrêmement fragiles.
11:04On a vu que Generali, dans le domaine de l'assurance,
11:07avait du mal à rapprocher ses activités d'asset management avec Natixis.
11:13Donc, on voit qu'il y a des tentatives,
11:15mais le prisme politique s'en mêle.
11:19Donc, est-ce qu'il y aura consolidation ?
11:20Ça, je ne sais pas, même si ce serait souhaitable.
11:23Ce qui est certain, c'est qu'il y a du rendement
11:25et l'environnement, il est extrêmement propice.
11:28Et on n'avait pas vu un environnement aussi propice.
11:30Maintenant, il ne faut pas que les banquiers,
11:32parce que ça va beaucoup mieux, fassent des bêtises.
11:34On a vu qu'il y avait énormément d'erreurs qui ont été faites en 2007-2008.
11:38On a eu, voilà, l'environnement financier fait que,
11:42quand ça va bien ou trop bien, c'est là qu'il y arrive la catastrophe.
11:46Le secteur bancaire, donc, qui est le secteur phare de cette année 2025,
11:49avec un Eurostox Bank qui gagne plus de 60% depuis le début de l'année.
11:53Bon, c'était vraiment l'année des values,
11:55des valeurs décotées cette année 2025, Olivier Lévy.
11:59Pas que des values, quand on voit dans la défense des valeurs qui sont plutôt chères,
12:04on fait des parcours formidables.
12:06Mais ce n'était pas l'année des valeurs de croissance, ni des valeurs de qualité.
12:09Maintenant, dans la défense, vous avez de la croissance.
12:11Thalès, c'est quand même 7-10% de croissance.
12:13Rheinmetall, c'est des croissances à deux chiffres.
12:16Ce sont des valeurs chères, etc.
12:17Donc, on a eu les deux.
12:18On a eu des valeurs de croissance dans le domaine de la défense
12:20qui ont explosé en bourse,
12:21et on a eu la grande revanche de la value des banques
12:24qui sont mal aimées, j'ai envie de dire, quasiment depuis la faillite de l'Eman.
12:27Le KNDS qui va rentrer en bourse l'année prochaine,
12:29nouvel acteur de la défense, ça se passera à Francfort, mais aussi à Paris.
12:32Ils produisent notamment les chères Léopards.
12:34C'est détenu à 50% par une famille allemande,
12:3650% par l'État français.
12:39Valorisation, une quinzaine de milliards d'après Bloomberg, voire même 20 milliards.
12:43Ce n'est pas trop tard pour entrer dans le secteur de la défense, Olivier Lévy ?
12:46Non, vous parlez pour un investisseur Langueda ou pour se faire coter en bourse ?
12:50Un auditeur aujourd'hui qui écoute des FEM,
12:51qui n'a pas de secteur de la défense en portefeuille.
12:53Est-ce qu'après le parcours spectaculaire depuis le début de l'année,
12:55il n'est pas trop tard ?
12:56Oui, pour certains dossiers, il faut raison garder,
12:58mais d'autres continueront à prospérer largement
13:01avec les lois de programmation militaire.
13:03Là, on n'est pas parti pour deux ans de reconsidération
13:06de nos effectifs, de nos matériaux, etc.,
13:09dans un contexte européen qui se réarme.
13:10Non, je pense qu'on est parti pour 20 ans.
13:13Malheureusement, je dois dire, malheureusement.
13:15Et ce n'est pas dans les cours, quand vous voyez des thalets
13:17qui ont doublé depuis le début de l'année ?
13:18Oui, mais là aussi, il y a un effet d'annonce qui a joué à plein,
13:21avec des carnets de commandes qui sont là.
13:23La question, c'est est-ce qu'ils vont se renforcer,
13:25ces carnets de commandes ?
13:26Est-ce que les marges vont se stabiliser ?
13:29Qui va remporter la mise ?
13:30Là aussi, vous avez les champions que sont Ryan Metal,
13:33Thalès et Dassault, mais il y en aura-t-il d'autres ?
13:35On voit les small caps arriver, là aussi, en Grèce, en Espagne,
13:40rafler la mise.
13:41Donc, on verra.
13:42Je pense que là aussi, il y aura,
13:44il se doit d'y avoir une consolidation.
13:45Je n'oublie pas qu'il y a des échéances politiques aussi,
13:51pour bientôt, des élections importantes,
13:54chez nous en France, en Europe, aux Etats-Unis.
13:57On va avoir un nouveau banquier central américain.
14:00Donc, tout ça, ça va redonner une nouvelle musique
14:02pour l'année prochaine.
14:04Mais oui, l'année, comme l'a dit François Monnier en préambule,
14:06a été bonne sur les marchés, entre la value et la croissance.
14:09Il y a quand même un gisement qui s'appelle les small et mid-cap,
14:12qui est malheureusement peu,
14:16il y a trop peu d'intérêt, je dois dire,
14:19versus l'intérêt pour les ETF ou pour les grandes caps dans l'IA.
14:23Mais ça, c'est aussi le fait que la fiscalité ne plaide pas
14:26en la faveur des dirigeants de ces sociétés.
14:28Ils n'arrivent pas à se projeter.
14:30Donc, n'arrivant pas à se projeter,
14:32ils ne savent pas combien investir en France,
14:34quel niveau d'usine ils doivent avoir,
14:35est-ce qu'ils doivent rester en bourse ou se racheter,
14:37là où les valorisations sont plutôt très attrayantes,
14:40versus le private equity,
14:42qui, quand bien même c'est un peu tassé,
14:44continue à montrer des primes très significatives
14:47par rapport aux actifs liquides.
14:49Le secteur de la défense, François Monnier,
14:51150% de progression pour Aïnmétal,
14:53plus 100%, voire plus même pour Thalès.
14:56Stop ou encore ?
14:57Je dirais encore.
14:58On est gourmand.
15:00C'est un des rares secteurs où on a de la visibilité jusqu'en 2035.
15:04Pourquoi ?
15:04Parce qu'aujourd'hui, les membres de l'OTAN hors Etats-Unis,
15:07dépensent à peu près 2% de leur PIB dans le domaine de la défense,
15:10et il est prévu 3,5% en 2035.
15:13Si on coupe la poire en deux
15:16et on regarde ce qui peut se passer en 2030,
15:18si on passe en France, par exemple, de 2 à 2,8,
15:20ça donne pour l'ensemble de l'écosystème de la défense
15:23une croissance de 8% par an.
15:25Il n'y a pas beaucoup de secteurs qui vous proposent
15:27du 8% par an quasiment garanti pendant 5 ans.
15:30Si on regarde ce qui se passe en Allemagne,
15:32on n'est pas sur du 8.
15:33Ryan Metal a promis en l'espace de 5 ans
15:36de multiplier par 5 son activité.
15:39Donc la croissance, elle est très très forte,
15:40elle est aussi forte que dans le domaine de l'IA.
15:42Et ça, ça se passe en France, ça se passe en Europe,
15:45et ça reste des prix plus intéressants
15:47que dans le domaine de la tech américaine.
15:49Mais est-ce que le risque, ce n'est pas l'exécution ?
15:51Regardez le carnet de commande de Alstom,
15:53on est dans notre secteur, il y a de la visibilité,
15:55mais derrière, il faut pouvoir gagner de l'argent,
15:56il faut pouvoir livrer en temps et en heure.
15:58Alors, c'est évident aujourd'hui quand même,
15:59c'est bien d'avoir des carnets de commande
16:00de plusieurs centaines de milliards, dizaines,
16:02mais derrière, il faut suivre.
16:04Absolument, il faut suivre,
16:05mais j'allais dire, il y a plusieurs types de carnets de commande.
16:08Il y a le carnet de commande que vous avez dit dans Alstom,
16:10mais le problème de l'historique d'Alstom,
16:11c'est que le carnet de commande,
16:12il ne se transforme jamais vraiment en chiffre d'affaires.
16:14Vous avez le carnet de commande aussi dans l'automobile,
16:16chez les équipementiers, qui fait souvent pchit,
16:18on l'a vu chez Valeo,
16:19le carnet de commande a cessé d'augmenter,
16:21le chiffre d'affaires a continué de baisser.
16:22Donc, il y a les carnets de commande qui ont peu de valeur
16:24parce qu'ils sont sans arrêt remis en question par les clients.
16:27Dans le domaine de la défense, c'est très différent.
16:29Dans le domaine de la défense, il y a une urgence au réarmement.
16:32Donc là, il y a quand même une volonté extrêmement forte,
16:35et donc là, ça devrait plutôt...
16:38En tout cas, c'est un gage de crédibilité
16:40qu'on retrouve aussi dans l'aéronautique.
16:42Il faut voir que le carnet de commande d'Airbus,
16:44c'est une vraie valeur.
16:45Donc, il y a carnet de commande et carnet de commande.
16:46Et c'est vrai que dans le ferroviaire,
16:48que dans l'automobile,
16:49le carnet de commande, ça n'a aujourd'hui plus aucune valeur
16:52au lieu des investisseurs.
16:53Olivier Lévy, le mot de la fin.
16:54Je dirais, oui, pour parler de la défense,
16:56à chaque euro qu'on met, qu'on investit dans l'aérospatial,
16:59dans la défense,
17:00il y a une cross-fertilisation dans le civil.
17:02Donc, il va y avoir des bienfaits, là aussi,
17:04dans d'autres domaines que la défense,
17:06dans cette nouvelle séquence
17:08où on va rechercher
17:11tous les leviers de croissance possibles et inimaginaux
17:13pour ne pas être empêchés
17:16de rembourser les intérêts de la dette,
17:18par exemple.
17:19Donc, cette croissance-là va soutenir,
17:21cette croissance-là, par le militaire,
17:23va soutenir, effectivement,
17:25je dirais que c'est un petit plan Marshall.
17:28Et ce petit plan Marshall,
17:29il a eu des effets très positifs
17:31sur la société civile
17:32et sur un écosystème très dense,
17:35beaucoup plus large que celui de la défense.
17:37Donc, oui, on est obligé d'adhérer
17:39puisque, de toute façon,
17:40nos politiques nous y emmènent.
17:41Au secteur préféré,
17:42chez Lévis Capital ?
17:43Nous, on est toujours...
17:44Il n'y a pas de secteur préféré,
17:46il y a des valeurs préférées
17:47qui sont sous-valorisées,
17:48dont les catalystes sont forts,
17:50avec des free cash flow qui sont encore là.
17:52Je vous l'ai souvent dit,
17:53dans la santé, évidemment,
17:55dans le transport,
17:56dans la logistique,
17:57dans les médias,
17:59dans l'IA aussi.
18:00Des sociétés qui seront encore là demain,
18:02qui sont raisonnablement
18:03encore accessibles ces jours-ci,
18:06même si, je dois dire,
18:07qu'on aime bien les obligations,
18:09le portage,
18:10en fin d'année,
18:11parce que l'année a été bonne
18:13et que les valorisations
18:14sont quand même au plafond
18:15sur la tech US.
18:16Merci beaucoup à tous les deux
18:17de nous avoir accompagnés ce matin.
18:18Olivier Lévy,
18:19président de Lévy Capital Partners,
18:21avec François Meunier,
18:22directeur de la réaction d'Investir,
18:23Investir con R3,
18:24bien sûr, ce week-end dans les kiosques.
18:25La une, ce week-end, François ?
18:26Une optimiste.
18:27On a interrogé des gérants
18:28qui nous promettent
18:30une hausse de l'ordre de 10% du marché
18:32pour l'année prochaine.
18:33Ils expliquent pourquoi
18:34et ils pensent qu'on aura à nouveau
18:37une belle année en bourse,
18:38que ce soit en France,
18:39en Europe ou aux Etats-Unis.
18:40Voilà, Investir à retrouver
18:41à partir de demain dans les kiosques.
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