- il y a 3 heures
Jeudi 12 mars 2026, retrouvez Nosing Doeuk (responsable de l'offre développement data et IA, MC2i), Alexandra Iteanu (avocate, Iteanu avocats) et Martin Pavanello (co-fondateur et PDG, Mister IA) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue sur la chaîne Bismarck, vous nous regardez en direct, il est 10h45, c'est le moment
00:13du grand débrief de l'ActuTech.
00:19Bismarck.
00:20C'est parti pour le débrief de l'ActuTech, vous nous regardez, on est en direct, il est 10h45, nous
00:24sommes sur la chaîne Bismarck et je suis en compagnie aujourd'hui d'Alexandra Itanu.
00:29Bonjour Alexandra, avocate, évidemment spécialiste des questions de numérique mais aussi de cybersécurité, de data, avec nous également Nosyndoc, bonjour,
00:37merci aussi d'être avec nous, directeur du pôle data et à cybersécurité chez MC2I et Alain Staron, bonjour Alain,
00:45fondateur et CIO d'Artifil, notre disrupteur.
00:49Alors on va commencer par, alors non je ne vais pas vous dire par quoi on va commencer mais je
00:53vais vous dire qu'on aura une séquence qui sera vraiment consacrée au carton rouge, carton vert, je vais vous
00:57faire une petite revue de presse et il faudra vous engager assez rapidement sur trois faits d'actualité qui nous
01:02ont fait bondir, pas toujours de joie.
01:05On va parler de la Commission Européenne aussi qui planche sur un texte pour favoriser la préférence européenne dans les
01:11secteurs industriels stratégiques.
01:13On commentera notamment, et bien là, les réactions des ministres Sébastien Martin et Roland Lescure qui ne sont pas du
01:20tout satisfaits.
01:21Mais on commence donc avec l'IA dans la campagne des municipales 2026, on verra la manière dont elle est
01:28utilisée par les candidats, la place de cette IA dans les programmes mais aussi l'influence qu'elle peut avoir
01:34sur les votes.
01:35Alors pour lancer cette discussion, nous sommes connectés avec Martin Pavanello, bonjour Martin.
01:41Bonjour.
01:41Vous êtes cofondateur CIO de MisterIA qui est une start-up de conseil en IA et dans une tribune que
01:47vous avez publiée sur Ouzbek et Rika en février, vous estimiez que pour la première fois, l'intelligence artificielle allait
01:53jouer un rôle structurel dans cette campagne électorale.
01:58Alors là, on est à deux jours du premier tour. Quel est votre constat ?
02:03Alors pour la première fois, en tout cas en France, parce que je rappelle que les élections américaines, notamment en
02:082024, Tchad GPT étant sorti fin 2022, ont déjà vu cet impact de l'IA générative.
02:13En revanche, en France, c'est bien la première fois, c'est bien les premières élections, je dirais, majeures depuis
02:18la sortie, la démocratisation de ces outils-là.
02:20Notre constat, nous, il est triple sur l'utilisation de ces outils-là.
02:24Déjà en amont, il y a un vrai sujet de candidats qui utilisent ces outils-là pour s'aider, je
02:30dirais, dans la création d'un programme.
02:31Ça peut paraître tout bête, mais en fait, on a plein de candidats qui ont du mal à se différencier
02:35d'un autre candidat,
02:35qui ont du mal à se faire un peu une place dans parfois un paysage politique qui est déjà bien
02:40rempli, en fonction des communes évidemment,
02:42et donc qui utilisent ces outils-là avec tous les dangers qu'on peut imaginer,
02:45mais en tout cas pour déjà s'inspirer sur à la fois le contenu des programmes, mais sur la deuxième
02:51étape, et ça on le voit très fortement, c'est sur la communication.
02:53Alors sur la communication, ça effectivement, on peut le constater, c'est évident.
02:58Sur le contenu des programmes, est-ce que vous, vous avez des informations à ce sujet, sur des parties en
03:03particulier ?
03:05Non, personne ne communique officiellement là-dessus.
03:07Ce qu'on voit, c'est que dans les dîners ou dans les entretiens ou tout ce qu'on voit
03:11sur le terrain,
03:12il y a plein de gens qui vous disent, en effet, on avait une hésitation sur telle partie du programme,
03:17et on s'est un peu inspiré, on a un peu demandé à Tchad GPT ou Claude ou votre Mistral
03:20pour voir ce qu'il en pensait,
03:21puis ça nous a guidés, ça nous a aidés.
03:22Mais personne n'ose pas le dire officiellement, ça c'est sûr.
03:25Ah oui, je vois Alexandra souffler avec moi d'ailleurs, au secours.
03:29On se dit, en fait, la créativité, l'idée politique, ça doit nous interroger quand même sur...
03:36Autant d'avoir un Tchad GPT président directement, quoi, en fait.
03:40Oui, ça fait presque penser à une forme de panne de la pensée politique.
03:45Je ne sais pas comment...
03:46Effrayant.
03:46Oui, comment vous regardez ça, vous, Martin ?
03:50Alors oui, ça peut paraître effrayant, en effet, si vraiment on lui demande de choisir pour nous, de décider pour
03:54nous.
03:55Il faut aussi penser qu'il y a plein de gens qui n'ont pas toutes les capacités nécessaires pour
03:58aller creuser certains sujets,
03:59qui n'ont pas les connaissances sur certains sujets.
04:01Puis on a des candidats qui sont très très bons dans 3, 4, 5 domaines,
04:04qui sont utiles pour postuler à une élection comme ça, mais qui n'ont peut-être pas de compétences dans
04:09d'autres,
04:09et donc qui se font aider de certains outils.
04:11Encore une fois, non pas pour leur donner la réponse, pour leur donner la réponse finale,
04:15mais peut-être pour se dire, ok, j'ai 3, 4, 5 propositions,
04:18tiens, on veut mettre un peu de dynamisme dans la commune sur l'attraction des jeunes dans la commune,
04:24parce qu'on sent qu'on est dans une commune qui a du mal aujourd'hui à attirer cette jeunesse
04:27-là.
04:28Donne-moi 5, 6, 10 pistes de réflexion, sachant qu'on est plutôt une commune proche de Paris,
04:32qu'on est plutôt une commune dans laquelle il y a une activité sportive qui est importante.
04:36Donne-moi 5, 10, 20 pistes de réflexion sur lesquelles je vais pouvoir m'appuyer.
04:39Utiliser l'IA comme ça aujourd'hui, ça n'a rien de mal.
04:40Et en fait, ces idées que vous donnez, il y a quelqu'un d'autre qui vous aura donné.
04:44Mais oui, mais tout le monde le fait dans tous les domaines.
04:46Je suis sûr que tu le fais aussi en tant qu'avocate.
04:48En fait, l'idée, c'est quoi ?
04:49Ce n'est pas de dire, fais-moi un programme politique.
04:52L'idée, c'est de dire, j'ai un sujet précis.
04:55Parce que le chercheur de l'IA, il va chercher partout.
04:56Donc, qu'est-ce que font les gens qui font des choses dans ce domaine-là ?
04:59Puis moi, après, en tant que candidat, je choisis en fonction de mon éthique personnelle,
05:04de mon programme personnel.
05:05C'est intéressant, tu rajoutes quand même, je choisis, j'ai un sens critique, j'ai un recul.
05:10Je ne sais pas à quel point tous les candidats ont ce sens critique,
05:15ont la conscience que ce qui sort d'un chat-GPT, ce n'est pas quelque chose qu'il faut
05:18prendre dans l'État.
05:19Est-ce qu'ils maîtrisent véritablement ?
05:23Oui, je n'en sais rien, je ne les connais pas, je n'ai jamais fréquenté.
05:26Et puis, ça interroge aussi sur les équipes de campagne.
05:28Parce que, est-ce que ça veut dire qu'ils sont moins entourés,
05:30du coup, ils peuvent moins s'entourer, ou décident de moins s'entourer par...
05:34A priori, il y avait jusqu'ici, en tout cas, des experts dans chaque domaine.
05:39Martin, on pourrait se passer maintenant de conseillers qui seraient remplacés par des IA.
05:47Alors, ce n'est pas tant le remplacement de conseillers par des IA, il faut plutôt le voir dans l
05:50'autre sens.
05:51Il faut bien imaginer qu'il y a tout un tas de candidats aujourd'hui qui ne sont pas dans
05:54des grands partis,
05:55qui sont parfois jeunes et qui n'ont pas d'équipe autour d'eux parce qu'ils commencent en politique.
05:58Et ces personnes-là, dans un monde sans IA, elles n'ont aucune chance.
06:01Comment je passe dans le journal du coin ? Comment je me fais entendre ?
06:04Comment je communique beaucoup ?
06:05Si je suis tout seul, j'ai beau avoir les meilleures idées, j'ai peut-être des idées superbes pour
06:07ma commune, pour ma ville,
06:09comment je me fais entendre sans IA, c'est impossible.
06:11Ça redonne aussi un peu de pouvoir à toutes ces personnes-là, qui se disent, désormais, en attendant,
06:14et on le voit même à Paris, on a vu aujourd'hui, dans la campagne parisienne,
06:18on voit qu'il y a des partis qui sont beaucoup plus jeunes, qui communiquent énormément,
06:21pourtant qui ont des équipes beaucoup plus petites, parce qu'elles s'appuient sur ces outils-là.
06:23Donc, c'est plutôt une opportunité pour beaucoup de candidats,
06:27plus que de candidats qui se disent, je vais réduire mes équipes en mettant des IA.
06:30On ne l'a pas, objectivement, pas vraiment vu.
06:32Oui, c'est plutôt pour réduire la fracture, finalement, c'est ça ?
06:35Oui, c'est un égalisateur de moyens, en fait.
06:37Oui, exactement.
06:38Il y a moins de prime.
06:40Il y a moins de prime au gros.
06:42C'est quand même plutôt une bonne nouvelle.
06:43Si on considère qu'il n'y a pas de fracture numérique, aussi, au sein de cette campagne,
06:48c'est-à-dire, est-ce que tous les candidats sont, aujourd'hui, au fait de ces technologies,
06:53qui peuvent, effectivement, les aider à rattraper un retard par rapport à d'autres candidats ?
06:58Il y en a forcément une, mais il y a aussi des fractures en termes de moyens.
07:01Ça permet à des candidats plus petits de mettre en avant leurs idées qui peuvent être très bonnes.
07:05Ça permet à des villes plus petites et donc à leur équipe municipale d'avoir aussi plus de moyens
07:10pour communiquer, pour faire participer à la vie démocratique, aussi.
07:13Donc, il y a les deux côtés de la pièce.
07:15Il y a des choses positives et des choses négatives.
07:17Est-ce que vous avez l'impression que ça a été aussi un sujet de campagne ?
07:21Moi, je n'ai pas tellement entendu ce sujet du numérique et de l'IA,
07:25mais peut-être que je n'étais pas suffisamment à l'écoute, Martin.
07:29Ça n'a pas été assez, selon moi.
07:31Ça l'a été un petit peu.
07:32Il y a des grandes communes autour de Paris, je pense à Paris,
07:35parce que nous, on est présents là-bas, qui nous ont sollicités en disant
07:37« Je veux mettre de l'IA dans mon programme.
07:39Je veux attirer des entreprises IA.
07:40Je veux peut-être former les habitants de ma commune.
07:43Je veux un grand plan IA pour les écoles de mon département, etc. »
07:46Donc, il y a quand même quelques communes qui ont fait de cette technologie
07:50un peu un argument de campagne, mais trop peu, beaucoup trop peu.
07:52Et c'est dommage, parce que, pour le coup, il y a plein de pays
07:55dans lesquels on voit aujourd'hui des communes qui se placent en tant que…
07:57Je dirais de faire de lance de la révolution, de cette révolution IA.
08:00Il n'y a pas que l'État qui doit agir, et ça on le verra dans les élections présidentielles,
08:03mais aussi à une échelle plus locale, il y a plein de choses à faire.
08:05Et donc, il y a eu des micro-discussions et des tests un petit peu,
08:09mais à mon avis, pas à assez grande échelle.
08:11Et ça, c'est un problème.
08:12Alors, il y a la question aussi de l'IA dans le choix des votes,
08:15parce qu'on avait entendu déjà le président de la République
08:18qui s'était inquiété de l'influence que les chatbots d'IA pouvaient avoir sur les votants.
08:24Il y a eu deux études publiées dans les revues Science et Nature
08:27qui nous sortent des chiffres qui sont absolument effrayants.
08:30Je trouve que les chatbots auraient réussi à faire changer d'avis une personne sur 25.
08:34Donc, c'est quand même énorme comme chiffre.
08:37Donc, c'est une capacité à influencer les influenceurs
08:40qui sera même supérieure en fait aux campagnes électorales.
08:43Donc, je voulais vous faire voter autour de la table.
08:46Et puis, Martin, vous nous direz aussi quelle est votre opinion.
08:48Si vous donnez un carton rouge parce que vous êtes inquiet de la place que prend l'IA dans les
08:53campagnes électorales
08:54ou carton vert parce que, pas du tout inquiet, vous vous dites c'est très bien.
08:58Au contraire, ça va dans le bon sens.
09:04Ah, c'est marrant parce qu'on n'a pas voté comme on pensait.
09:09Non, mais non.
09:10Parce qu'il y avait deux versants.
09:12Le versant, l'IA aide à construire des programmes électoraux, oui.
09:16Le versant, la manipulation et les fake news, surtout pas.
09:19Et là, on va dans le mur.
09:21C'est rouge, c'est rouge.
09:22Si tu avais plus rouge, je mettrais.
09:24Il y a un rapport qui a été publié en décembre 2025 de l'Assemblée nationale sur l'irruption de
09:29l'IA dans l'ingérence étrangère
09:31qui est très intéressant et qui dit justement que l'IA aujourd'hui est utilisé en masse,
09:41notamment par des pays comme la Chine, la Russie, etc., pour influencer
09:44et que la France est en deuxième position après l'Ukraine comme pays les plus attaqués par ses ingérences étrangères.
09:49C'est énorme, c'est vraiment énorme.
09:51Et il propose une liste de résolutions qui est intéressante,
09:54dont une, ça serait une réserve algorithmique d'arrêter les algorithmes avant la période électorale
10:00pour arrêter d'influencer les gens dans un sens...
10:03Oui, comme il y a une période de réserve aujourd'hui politique pendant les campagnes.
10:08Et donc c'est très intéressant sur ça.
10:10Il propose aussi de se réapproprier les contenus et l'espace numérique
10:15avec des contenus qui seraient développés par l'État ou en tout cas par des organismes français.
10:21On fait quoi contre les femmes de troll ?
10:23On fait quoi ?
10:24Qui sont ici ou ailleurs ?
10:26Il y a quand même des réponses juridiques.
10:28Il y a quand même des choses juridiques.
10:29Oui, parce que les choses apparaissent.
10:31On est confronté tous les jours à des messages.
10:33On se demande si c'est du vrai ou du faux.
10:34Et encore, nous, on s'est posé la question.
10:37Alors le rapport préconise justement de mettre un label comme un peu un score Nutri-Score
10:41sur les informations pour dire si on pense que les informations seraient générées par l'IA ou pas.
10:47Il faut rappeler que l'IACT aussi a une obligation de transparence dedans.
10:50Et ce qui est généré par l'IA, normalement, on a une obligation de l'écrire sur le contenu.
10:54Alors ce n'est pas encore appliqué, c'est en août 2026 que l'obligation entre en vigueur.
10:58C'est un peu tard, mais elle existe aussi.
11:01C'est bien pour la présidentielle.
11:04Vous savez que vous avez voté rouge ?
11:05Non, j'ai voté vert.
11:06Ah, vert, comment ?
11:06J'ai voté vert, comme toi Delphine.
11:09Parce qu'en fait, effectivement, je n'ai pas le fait qu'il y a un versant très négatif,
11:13mais c'est des outils aujourd'hui qui permettent d'aller plus vite,
11:16c'est des outils qui permettent d'accéder à l'information beaucoup plus rapidement.
11:20Je dis oui pour ça, tout en éduquant les personnes, les populations,
11:25à bien faire attention aux effets de bord.
11:28Martin, vous êtes inquiet ou pas inquiet sur la place de l'IA dans les campagnes électorales ?
11:34Plutôt carton vert également.
11:35Plutôt carton vert.
11:36Parce qu'en effet, aujourd'hui, la grosse utilisation,
11:39la grosse utilisation, elle reste dans la démultiplication de la communication.
11:44Donc pour l'instant, ce n'est pas une chose très grave.
11:46Et au contraire, c'est à mon avis très utile pour tout un tas de gens.
11:48L'aspect qui est évidemment plus dangereux et sur lequel il faut faire attention
11:51de ne pas virer au carton rouge, c'est le vote.
11:54C'est les personnes qui demandent pour qui voter.
11:56Je précise quand même que 4% des votants qui utiliseraient TchadGPT,
11:59il ne faut pas juste se demander quelle réponse donne TchadGPT,
12:02il faut aussi se demander comment on aurait voté ces 4% de personnes-là
12:04s'ils n'avaient pas eu TchadGPT.
12:06Si c'était 30%, on dirait que c'est assez grave.
12:084%, je pense que c'est des profils qui, quoi qu'il arrive,
12:11soit mettent un vote au hasard, soit se disent,
12:12le hasard, autant le faire choisir par TchadGPT.
12:14Je ne sais pas que c'est bien, je pense que c'est mal,
12:16mais en tout cas, est-ce qu'on peut éviter ça ?
12:17C'est un peu dur.
12:18Et d'ailleurs, la question que vous posiez sur
12:20est-ce qu'on pourrait l'éviter en mettant une sorte de pause algorithmique,
12:24etc., en laissant l'État avoir la main sur toutes ces choses-là,
12:27je ne sais pas d'ailleurs si laisser l'État avoir la main là-dessus
12:30c'est une bien meilleure idée que TchadGPT.
12:33Ce n'était pas ça qu'on a misé le rapport.
12:34Non, non, ce n'était pas exactement ça.
12:36C'était plutôt ne plus être soumis à de la publicité,
12:39entre guillemets, ciblée, avoir un contenu aléatoire, quoi.
12:41Plutôt dans ce sens-là, sans que quelqu'un maîtrise,
12:45que ce soit l'État ou autre.
12:46Mais de même qu'on a...
12:47Et c'est le cas.
12:49Oui, alors, bon...
12:51Il ne faut pas se limiter aux 4% qui demandent à TchadGPT pour qu'ils votaient.
12:56100% des électeurs reçoivent des messages biaisés.
13:00Bien sûr.
13:00Donc on a tous des cerveaux humains.
13:01Donc on se fait biaiser.
13:02Donc c'est gravissime.
13:04Re-carton rouge.
13:05Moi, j'ai mis un carton vert, quand même.
13:07Oui, je reprenne pas.
13:08Je m'étonne moi-même.
13:11Parce que je me dis, tant mieux, en fait,
13:14si les candidats commencent à utiliser ces outils
13:16et s'y intéressent,
13:18et regardent comment ça fonctionne,
13:19et peuvent constater justement quelles en sont les limites,
13:23et ça n'empêche pas de faire travailler son cerveau,
13:25d'utiliser des chatbots d'Audi.
13:28Ah voilà, effectivement, ça peut permettre d'être un petit peu plus créatif.
13:31Voilà.
13:32Donc moi, je me suis dit, c'est bien.
13:33Au moins, ils vont vraiment s'intéresser au sujet
13:36en agissant, en le découvrant par eux-mêmes.
13:39Merci beaucoup, Martin Pavanello,
13:41cofondateur, je rappelle, et CEO de Mysteria,
13:43d'avoir été avec nous pour ouvrir ce grand débrief.
13:46Merci à vous.
13:47On continue, nous.
13:48Alors là, attention, les cartons vont sortir,
13:50parce qu'on part sur une revue de presse.
13:53Alors, on commence.
13:54Alors, tout ça, c'est paru dans Le Monde,
13:55mais dans plein d'autres médias.
13:56Donc je ne vais pas à chaque fois citer tout le monde, justement.
14:00On commence avec Tinder, WeWard, Le Bon Coin, Matignon,
14:04qui testent de nouveaux outils contre l'abstention.
14:07L'idée, c'est d'utiliser ce que les jeunes générations ont dans leur poche
14:11pour les motiver, les inciter à aller au bureau de vote
14:15et s'engager vraiment dans leurs opinions politiques.
14:19Est-ce que vous mettez un carton rouge en vous disant
14:21c'est une très mauvaise idée parce que la politique, c'est sérieux,
14:24on n'est pas là pour rigoler,
14:25ou un carton vert parce que, au contraire,
14:28c'est une très très bonne idée que vous voyez là.
14:30Allez, deux signes.
14:32Oui, on est tous d'accord.
14:33Ce n'est pas drôle.
14:35Alors, ce n'est pas drôle la politique.
14:37Non, mais il faut réinvestir l'espace public partout, en fait.
14:42Voilà, d'accord.
14:44Et avec de l'humour.
14:45Et avec de l'humour.
14:46Et pour vous, ça ne pose pas de problème d'utiliser des applications
14:50qui ne sont pas faites pour ça ?
14:52Non, pas du tout, parce qu'en fait,
14:54je rappelle quand même qu'en 2020, aux élections municipales,
14:57c'était quand même 55% d'abstention.
14:59Donc, déjà, il y avait une fuite à ce moment-là.
15:02Et trois quarts chez les jeunes.
15:03Et trois quarts chez les jeunes.
15:04Donc, réinvestir les espaces pour lesquels, aujourd'hui,
15:06les gens consomment, c'est la bonne façon de faire.
15:09Donc, non, ça n'impose pas de problème.
15:11Et vous pensez que ce sera efficace ?
15:12Mais surtout, si on ne le réinvestit pas.
15:13Est-ce que ça peut être efficace ?
15:14Oui, mais si l'État ne le réinvestit pas,
15:16ça sera quelqu'un d'autre, en fait, ou quelque chose d'autre.
15:19Donc, il vaut mieux que ce soit quelque chose
15:20qui soit, entre guillemets, fiable,
15:22plutôt que des discours complotistes
15:24ou qui sont contre les médias traditionnels.
15:26Il ne faut pas qu'il y ait d'influence.
15:28Il faut que ce soit vraiment de la communication neutre.
15:30Il ne faut pas que la plateforme sur laquelle on communique
15:33ait une influence quelconque, évidemment,
15:35sur le contenu du message politique.
15:38Parce que là, c'est juste les inciter à aller voter,
15:40regarder les programmes, mais pas pour qui.
15:43Oui, c'est donc un message publicitaire
15:44sur des plateformes qui font de l'audience.
15:46Mais Alain, tu penses que ça peut être efficace ?
15:48Oui.
15:49Mais oui, parce qu'en fait, les codes sont utilisés.
15:51Les codes utilisés, c'est les codes des gens
15:53qui utilisent ces plateformes.
15:53Moi, j'ai regardé deux, trois trucs.
15:54Je trouve ça très marrant.
15:55Oui, c'est bien fait.
15:56Je trouve ça très marrant.
15:57Non, mais c'est un peu comme on dit.
15:58Ah, ben, c'est bien les applications pour enfants
15:59qui incitent à la lecture.
16:01Et puis finalement, les enfants,
16:01ils font complètement autre chose.
16:02Ils peuvent, mais comme il dit Alessandra,
16:04on ne le fait pas, il ne vaut mieux le faire.
16:05Dans le doute.
16:06Allez.
16:07Ça ne peut pas faire de mal si c'est fait.
16:09On est tous convaincus, en vrai.
16:10Allez, on continue.
16:11Au Japon, un parti politique
16:13qui a tout misé sur l'IA,
16:15sur le programme,
16:17sur le fond vraiment de son programme.
16:19Ça s'appelle Team Mirai,
16:21fondé en 2025 et donc qui a décidé
16:25pour les dernières législatives,
16:27avec 11 élus,
16:29de composer son équipe d'ailleurs
16:31d'ingénieurs, de programmeurs.
16:33Et cette formation prône la généralisation
16:36de l'intelligence artificielle
16:38pour résoudre les problèmes du pays.
16:40Donc vraiment, on s'appuie sur les IA
16:42pour apporter des réponses
16:44aux problèmes majeurs de la société.
16:46Est-ce que carton rouge,
16:47c'est la pire idée politique
16:49qu'on puisse avoir ?
16:50Ou carton vert, là encore,
16:52vous vous dites génial ?
16:56Ah !
16:56Enfin !
16:58Deux contre deux.
17:00Qui va l'emporter ?
17:02Alors, qui commence ?
17:04Oui, nos signes.
17:06Oui, avec plaisir.
17:07Pour moi, c'est évidemment...
17:09Je considère que c'est une bonne idée
17:09parce que le Japon est un pays
17:11quand même très technologique
17:12et de manière assez contre-intuitive.
17:14Ce n'est pas un pays
17:14qui utilise beaucoup l'IA aujourd'hui.
17:16Et c'est un pays
17:16qui recherche beaucoup l'efficacité.
17:18C'est un pays qui a l'habitude
17:20d'utiliser la technologie
17:21pour rechercher l'efficacité.
17:22Je pense que c'est quelque chose
17:22qui marche très, très bien.
17:23Et ça a un impact politique
17:25parce que justement,
17:27les Japonais,
17:28la population japonaise,
17:29notamment les jeunes,
17:29se demandent
17:30pourquoi est-ce que
17:31la bureaucratie japonaise
17:32est si lente
17:33alors qu'on est dans un pays
17:34si technologique.
17:35Donc je comprends tout à fait
17:36le fait que ça ait eu un impact
17:37et je comprends
17:38que ça puisse avoir,
17:41recueillir en fait,
17:42le vote de la population japonaise
17:44parce que pour une population
17:45comme le Japon,
17:46c'est assez évident
17:46d'utiliser la technologie
17:48pour résoudre des problèmes
17:50sociaux, sociétaux, etc.
17:51Alain, pareil ?
17:52Pareil.
17:53J'ajouterais que la population japonaise
17:55est en fort déclin.
17:57Il y a de moins en moins
17:58de gens actifs.
17:59Si on ne met pas de technologie,
18:00ils ne vont juste pas y arriver.
18:02D'ailleurs, la planète
18:02ne va juste pas y arriver,
18:03mais c'est une histoire
18:03à traiter un peu plus longtemps.
18:04Mais au Japon, c'est maintenant.
18:06C'est maintenant.
18:06Il y a quelques années,
18:07j'étais là-bas,
18:08ils me disaient
18:08qu'il faut faire des robots
18:09pour remplacer le manque de bras.
18:11Il n'y a pas d'immigration au Japon.
18:12J'ajoute un petit point,
18:13c'est qu'il y a une vision
18:14un peu différente avec la France.
18:15J'aurais peut-être mis
18:16un carton rouge pour la France,
18:17mais pour le Japon,
18:18je trouve que c'est parfaitement adapté.
18:20Ok.
18:21Ah oui, alors bon.
18:22Non, non, non.
18:23Je ne suis pas allée si loin
18:24dans ma réflexion.
18:27Parce que vous estimez
18:28qu'il y a vraiment
18:29un gros retard, c'est ça ?
18:30Je pense qu'il y a un retard,
18:32ça c'est factuel.
18:33Et on a surtout une population,
18:34une nation qui est tout à fait
18:36capable d'endosser ça
18:37avec les risques qu'il y a avec.
18:39Le Japon a toujours été
18:40un pays qui a su
18:42prendre le parti positif
18:43des technologies
18:44et a su mitiger
18:45la partie négative, en fait.
18:47D'accord.
18:48Et sans technologie,
18:49on ne serait pas là
18:49où on est aujourd'hui.
18:50De toute façon,
18:51on a besoin de la technologie.
18:52Au moins, assumons-le.
18:53Ne faisons pas ça en douce.
18:55Nous, on n'est pas
18:55qu'on est contre la technologie.
18:57Moi, je dis que la technologie
18:58est neutre en finale.
18:58Donc, juste mettre en avant
18:59la technologie,
19:00ça ne veut rien dire.
19:01On a l'impression
19:01que les algorithmes
19:02pensent par eux-mêmes.
19:03Il y a quand même
19:03des développeurs derrière,
19:05il y a des sociétés derrière
19:06et donc, il y a des idéologies
19:07qui se propagent derrière.
19:08Donc, mettre un parti
19:10que sur la technologie,
19:11pour moi, ça ne veut rien dire.
19:12C'est comme mettre un parti
19:13sur les ordinateurs
19:14il y a quelques années.
19:15C'est un peu tromper son monde.
19:16Oui, voilà.
19:17C'est sexy de mettre en avant
19:19l'IA, etc.
19:19Mais l'IA, en soi,
19:20ça ne veut rien dire.
19:21C'est un moyen
19:21plus qu'une fin
19:22ou une manière de penser.
19:24Après, il y a des personnes
19:24qui viennent en avant.
19:26Leur programme,
19:26ça revient à dire
19:27mettons tous l'accent
19:28sur les moyens
19:29parce qu'on a besoin
19:31de faire,
19:31pas de réfléchir.
19:32Là, ce qu'ils veulent,
19:33c'est mettre des ministres
19:35que des ministres ingénieurs,
19:36développeurs et tout.
19:37On a besoin de faire
19:37et pas de réfléchir.
19:38Moi, justement,
19:39j'ai mis un carton rouge
19:40pour ça
19:41parce que, pour moi,
19:42c'est la démission,
19:43encore une fois,
19:44de la pensée politique.
19:45C'est-à-dire qu'on considère
19:46que le politique
19:46n'est plus capable
19:47de réfléchir
19:48pour trouver des solutions
19:49à nos problèmes
19:50donc on confie ça
19:51à des IA.
19:52Alors, ce n'est pas
19:52tout à fait ce qu'ils disent.
19:53Eux, ils ont un parti
19:54qui sont pro-technologiques.
19:54Non, mais quand j'entends
19:55on a besoin de faire
19:56et pas de réfléchir.
19:57Évidemment,
20:03on devrait être
20:04dans l'action
20:04des sujets
20:05qui sont transversaux,
20:06qui intéressent tout le monde.
20:07On devrait tous les traiter
20:08de la même manière.
20:08On ne le fait pas.
20:10Donc, on souffre
20:10d'engorgements,
20:12d'inefficacités
20:13et comme tu dis,
20:14le Japon aussi.
20:15Il faut améliorer
20:15l'efficacité
20:16et l'efficacité,
20:17on sait ce qu'il faut faire.
20:18Il faut juste
20:18le mettre en œuvre.
20:19Mais tu ne penses pas
20:20que ça devrait être
20:21intégré dans tous les partis
20:23en fait ?
20:23Ce côté technologique,
20:24ce n'est pas une question
20:26de...
20:26Mais eux,
20:26ils veulent mettre
20:27un ingénieur
20:28à la tête de tout ça.
20:28C'est ça, moi,
20:29qui me pose le problème.
20:30C'est pas son métier.
20:31Il n'y a plus de pensée politique.
20:33Il y a vraiment
20:33la technologie.
20:35C'est du technosolutionnisme
20:36à 2000%.
20:38Sur l'extrême,
20:39je dirais non, bien sûr.
20:40Et donc, au final,
20:41c'est les OpenAI,
20:43les Google, etc.
20:44C'est eux,
20:44derrière ces technologies-là.
20:46Donc, d'une certaine manière,
20:47si on met un Google président
20:48ou un...
20:49Mais c'est ça.
20:50Mais oui.
20:51Mais c'est ça.
20:51Il n'y a pas de...
20:52Mais non.
20:53Ce n'est pas d'autres.
20:54Ce n'est pas d'autres.
20:55Ce n'est pas d'autres du tout.
20:57Après, il y a des garde-fous,
21:00bien sûr.
21:01Mais on va supposer
21:02que pour le Japon,
21:03c'est aussi une volonté
21:06industrielle, derrière.
21:07Ça veut dire aussi
21:08mettre des solutions
21:10à fabrication,
21:10j'imagine, japonaise
21:11ou un minima asiatique.
21:13Donc, il faut qu'il y ait
21:14toute une feuille de route
21:17industrielle, bien sûr.
21:18Le but, ce n'est pas
21:19de confier sa politique
21:20et sa démocratie
21:21aux Etats-Unis.
21:22Allez, troisième sujet.
21:24Face à l'IA générative
21:25des enseignants optent
21:26pour l'objection de conscience
21:28et d'ailleurs,
21:29je vais recevoir
21:29un des signateurs
21:31dans Smartech.
21:33Donc, qu'est-ce que
21:34vous en pensez, ça,
21:35aujourd'hui,
21:35des enseignants,
21:36des chercheurs
21:37qui pourraient dire
21:38moi, non,
21:38je fais objection de conscience,
21:40je ne suis pas d'accord
21:41avec l'utilisation des IA
21:43pour de multiples raisons,
21:44des raisons éthiques,
21:45des raisons écologiques,
21:45notamment.
21:48Carton, c'est ça ?
21:49Oui.
21:49Je pense qu'ils n'ont pas
21:50le choix, en fait.
21:50Donc, carton rouge,
21:51ça veut dire
21:52que vous n'êtes pas d'accord
21:52avec l'objection de conscience ?
21:54Non.
21:55Ok.
21:55Alors, Alain ne se prononce pas,
21:57on va dire.
21:58Alexandra ?
21:59Moi, je pense qu'ils ne vont pas
22:00avoir le choix,
22:01en fait, carton rouge,
22:01parce que leurs élèves
22:02vont les utiliser,
22:03parce que les parents
22:04de ces élèves vont les utiliser.
22:05Donc, il va falloir accompagner,
22:06en fait, ces jeunes-là.
22:07Donc, pour les accompagner,
22:08on ne peut pas juste
22:09refuser et rejeter
22:10cette technologie-là.
22:11Il faut l'appréhender,
22:11l'adopter et apprendre,
22:13justement, sensibiliser
22:14les jeunes après.
22:14Donc, je comprends
22:15l'idée qu'il y a derrière,
22:16mais je pense que
22:17quand on est enseignant,
22:18on a aussi cette responsabilité
22:20d'accompagner les jeunes
22:21dans les nouvelles innovations,
22:22et notamment avec l'IA.
22:23Donc, je pense que,
22:25malheureusement,
22:25ce n'est pas trop faisable.
22:26Alors, Alain,
22:27vous n'êtes pas tout à fait d'accord,
22:31mais pas tout à fait en désaccord.
22:32Ils ont trois éléments.
22:34Les deux premiers
22:35sont juste du bullshit.
22:37C'est pour ça que je mets
22:37un carton rouge.
22:38Quand ils disent
22:39que ce n'est pas écologique,
22:40j'espère que tous ces gens-là
22:41ne prennent pas le train
22:41et ne regardent pas
22:42une série Netflix.
22:44Sinon, c'est vraiment du bullshit.
22:46La deuxième chose,
22:47ils disent qu'il y a plein de gens
22:49qui vont plus avoir le métier.
22:50La course à la puissance de calcul,
22:53on voit bien
22:54que ça va quand même
22:54droit dans le mur
22:55si on continue comme ça.
22:56Alors, il y aura
22:56sans doute d'autres solutions
22:57qui vont s'imposer.
22:58Il y a forcément
22:58des solutions qui s'imposent.
22:59Ça fait des 3 millions d'années
23:01qu'on a inventé
23:02les premiers outils
23:03et on en est toujours sortis.
23:04Et malgré tous les problèmes.
23:07Deuxième sujet
23:07qui me fait froid dans le dos,
23:08c'est que il y a des métiers
23:09qui vont disparaître.
23:10Mon vieux m'était enseignant.
23:12Donc, ton job,
23:12c'est justement de faire en sorte
23:13qu'ils aient des nouveaux métiers.
23:15Et le troisième sujet
23:15avec lequel je suis d'accord,
23:16ça revient sur ce qu'on s'était dit
23:19au début,
23:19sur les fake news
23:20et la manipulation de la pensée.
23:22Et quand on est enseignant,
23:23on a besoin d'éclairer
23:25la pensée de ces étudiants.
23:28Et si on a en face de nous
23:29un parterre de gens
23:30qui sont inondés
23:30par des fake news,
23:32il faut le dire comme ça,
23:33leur job va devenir très compliqué.
23:34De quoi je le vois plutôt
23:35comme un message d'alerte ?
23:36Eh bien, vert,
23:37parce que je trouve intéressant
23:38qu'ils donnent un message d'alerte
23:40en tant qu'enseignant
23:40en disant
23:41qu'on ne va jamais pouvoir lutter
23:42contre les biais des réseaux.
23:44D'accord.
23:45Donc, ils ont raison de faire ça.
23:46C'est pour poser quand même
23:47un désaccord avec cette technologie.
23:49Exactement.
23:50Mais c'est le seul argument.
23:51Les deux autres,
23:52c'est juste...
23:52Pardon.
23:54Moi, j'aurais envie
23:55de faire vert et rouge
23:56comme Alain,
23:57mais je mets rouge
23:57parce que l'intention est bonne,
23:59c'est-à-dire
24:00une intention d'alerte
24:01en disant
24:02attention,
24:03les outils ont des conséquences
24:04et je vais vous expliquer
24:05en quoi les conséquences
24:06sont posées
24:07avec des ramifications
24:08dans tous les sens.
24:09Ça, je trouve ça que c'est bien.
24:11Notamment pour les élèves
24:13qui sont en primaire
24:14ou lycée, etc.
24:16Après,
24:17je dis rouge
24:18parce que j'ai lu
24:19le résumé du rapport.
24:21Il est...
24:22Du manifeste.
24:23Du manifeste.
24:23Voilà.
24:24Du manifeste.
24:24Il est quand même
24:25assez extrême
24:25quand il est écrit.
24:27Il est, pardonnez-moi,
24:28assez politisé quand même.
24:30Là, c'est vraiment
24:31quelque chose
24:32de très anxiogène,
24:33de très en rejet
24:34avec l'IA,
24:37mais pas que.
24:39Et là, je me dis,
24:40on n'éduque pas les gens
24:42en disant
24:43on ferme,
24:43on bloque
24:45et ensuite on discute.
24:46Je pense que ça ne marche pas comme ça.
24:47Aujourd'hui,
24:48de toute façon,
24:48l'appropriation des IA génératives,
24:50notamment chez les jeunes,
24:51elle est faite.
24:52Donc, il faut faire avec, en fait.
24:54Et donc, il faut plutôt accompagner
24:55plutôt que de bloquer
24:56et de dire on discute après.
24:57Parce que là, pour le coup,
24:57ils vont discuter avec personne.
24:59Bon, allez.
25:00Dernier sujet que je voulais
25:01qu'on aborde.
25:02Un petit peu plus costaud,
25:03mais on n'a que trois minutes.
25:05Industrial Accelerator Act,
25:07c'est le IAA,
25:08un texte qui est proposé
25:09par la Commission européenne
25:10pour relancer l'industrie
25:11et introduire une préférence européenne
25:15dans les secteurs stratégiques.
25:16Réaction des ministres,
25:18Sébastien Martin et Roland Lescure,
25:20les ministres français,
25:21sur ce sujet,
25:22ils nous disent
25:23le compte n'y est pas.
25:24Voilà.
25:25Ce n'est pas assez protecteur
25:26de nos intérêts.
25:28Et dans le moment géopolitique,
25:30aujourd'hui,
25:31on ne peut pas se permettre
25:31d'avoir des demi-mesures.
25:32Donc, il dénonce un texte,
25:33en fait,
25:34qui ne répond pas
25:36de manière assez ambitieuse
25:37à l'objectif
25:38et que ça risque
25:39de diluer l'impact des mesures.
25:43Et pourquoi ?
25:44Parce que l'objectif,
25:45normalement,
25:45c'est de sécuriser, justement,
25:47notre industrie,
25:47nos capacités stratégiques
25:49et d'avoir
25:50une certaine autonomie.
25:51Est-ce que vous êtes en phase
25:54avec les réactions
25:55des ministres français ?
25:56Donc, c'est-à-dire,
25:57vous vous dites
25:59oui, carton rouge,
26:00on n'a plus le temps
26:01de la politique des petits pas.
26:03Voilà.
26:04Ou vous dites
26:05non, carton vert,
26:06parce que c'est déjà
26:07quand même un premier pas
26:08que fait l'Europe
26:09et qui va dans le bon sens.
26:14Je suis désolé.
26:15Voilà.
26:16Alain,
26:17le disque...
26:17Non, non, non.
26:18Allez, on va dire sur ça.
26:20On dit thèse, synthèse, synthèse.
26:22On a trois minutes.
26:24Moi, j'ai dit,
26:24on n'a pas le temps
26:25de la politique des petits pas.
26:26Comme ça, je vais vite.
26:27Ensuite.
26:28Moi, j'ai dit,
26:29enfin, un tiers vaut mieux
26:30que deux tu l'auras.
26:30Ok.
26:31Voilà, ok.
26:32Voilà, vous allez...
26:33On va avoir plus que le temps.
26:35C'est des invitations.
26:36Il ne faut pas pousser
26:37mémé dans les orties.
26:39Non.
26:40C'est à dire, Alexandre.
26:41Ce que je veux dire, non.
26:42Plus sérieusement,
26:43le droit ne peut pas tout.
26:44C'est sûr que ça ne suffira pas.
26:45Mais c'est effectivement
26:46une première image
26:48qui est intéressante
26:48pour nous, quoi.
26:50Oui, mais ça veut dire
26:51qu'on prend des décisions
26:52mais on ne va pas jusqu'au bout.
26:53Non ?
26:54Alors, oui, mais l'Europe,
26:55c'est un territoire de consensus.
26:58Poser une première base,
26:58c'est bien.
26:59Et ensuite, on va réfléchir
27:00à faire bouger les curseurs.
27:01Oui, mais vous ne pensez pas
27:02qu'il y a une urgence ?
27:03Si, mais est-ce qu'elle passe
27:05par les textes
27:05qui mettent des années
27:06à être adoptés, etc.
27:07Si, il y a une vraie urgence.
27:09Non, parce qu'on sait
27:09ce que c'est les actes européens,
27:11les règlements.
27:12Ça prend tellement de temps.
27:12Mais c'est pour ça.
27:13Donc, si on est vraiment
27:14dans l'urgence,
27:15pourquoi est-ce qu'on n'alloue
27:15pas des budgets plutôt ?
27:16Pourquoi est-ce qu'on ne passe pas
27:17par une vraie politique
27:19mise en place
27:19qui n'a pas besoin
27:20de 50 états d'adoption, etc.
27:22C'est ça, moi,
27:23que je me demande.
27:23Ah, donc, en fait,
27:24vous pensez que ce règlement
27:26s'il y a une urgence,
27:27il ne faut pas passer par un règlement,
27:31pour moi, s'il y a une urgence.
27:31Il faut injecter de l'argent.
27:32C'est ce que font les États-Unis.
27:33Ils injectent plus de 300 milliards
27:35dans leur industrie
27:37pour renforcer ça.
27:37Mais là, il faut que tous les États
27:38soient d'accord.
27:39C'est ça, le problème.
27:40C'est ça, le problème.
27:44emmener ce type de discussion,
27:46de négociation,
27:47pour avoir un cadre,
27:48je trouve que ça sera déjà bien.
27:49Et ensuite,
27:49on discute à l'intérieur du cadre.
27:51Et puis, ça rappelle
27:51la perte de la part de marché
27:53de l'industrie européenne, quoi.
27:54On est passé de 20% à 14%.
27:56On va aller jusqu'où ?
27:57Oui, mais moi,
27:58j'ai l'impression que c'est vraiment,
27:59c'est à l'européenne.
28:00Encore une fois,
28:00on le fait à l'européenne.
28:01Bon, merci beaucoup
28:03à tous les trois.
28:04Merci Alexandra Itanu,
28:06avocate,
28:07Noting Dunk,
28:07directeur de la data
28:09et à la cybersécurité
28:10chez MC2i
28:11et à l'Instaron de Artifil.
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