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Mardi 31 mars 2026, retrouvez Anne-Elisabeth Courrier, (maitre de conference en droit à la faculté de sciences politique, Université de Nantes), Constantin Berthelier, (COO et fondateur, Aarda AI AB), Jonathan Amar (président, Talents du numérique) et Fily Kanté (CEO et co-fondateur, ID protect) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech. Aujourd'hui, deux grands rendez-vous.
00:11D'abord, les interviews de l'IA avec les acteurs qui font l'actu dans le domaine de l'intelligence
00:15artificielle.
00:16Et puis ensuite, je proposerai de découvrir une jeune pousse, Heidi Protect. Allez, c'est parti.
00:22– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:52– Constantin Bertelier, bonjour Constantin, CEO fondateur de Arda,
00:57qui a lancé une application qui permet de créer des histoires interactives.
01:00– Absolument.
01:00– En quelques minutes, vous vous dites.
01:02– Oui.
01:02– Ok, on verra ça. Et notamment, vous avez fait un jeu pour la municipale à Paris.
01:07– Absolument.
01:08– Bon, très bien, on va parler de ça. Vous venez de l'univers du jeu vidéo.
01:12– Absolument.
01:12– Serious Game, jeu vidéo, vous allez voir tout ça se croise.
01:15– On commence avec Jonathan Amar. Bonjour Jonathan.
01:18– Bonjour.
01:19– Dirigeant dans le secteur des services numériques,
01:21membre du conseil d'administration de Numéum, vice-président de la commission emploi
01:25formation et donc annonce nouveau président des talents du numérique,
01:30association qui fait référence aujourd'hui en matière d'orientation vers le numérique.
01:36C'est aussi un think tank qui réunit des établissements,
01:39mais aussi des entreprises à travers Numéum et le CIGREF qu'on connaît bien.
01:43– Alors, quel est votre constat déjà en matière de cursus lié au numérique ?
01:49Est-ce qu'aujourd'hui, on nous dit qu'on a un manque de compétences, on a un manque de
01:52formation aussi ?
01:53– Oui. On a un manque de tout, en fait.
01:55– On a un manque ? Ah non, c'est pas ça.
01:56– Non, je ne vais pas dire ça comme ça, mais en fait, oui, on a pas un manque de
02:02compétences.
02:04C'est clair, puisqu'on a besoin de 5 à 10 000 ingénieurs chaque année.
02:08– Oui.
02:09– Alors, on a connu dans le monde du numérique un petit passage à vide ces deux dernières années.
02:16Bon, ça reprend, c'est en train de reprendre, on espère de manière assez dynamique.
02:21Donc, on va reprendre un peu ce grand débat sur la pénurie de compétences numériques.
02:29Et c'est un sujet que Talent du numérique traite vraiment à bras-le-corps.
02:33– Pour avoir les compétences, il faut avoir les jeunes conformes à ces sujets.
02:39Est-ce qu'on a suffisamment de formation aujourd'hui ? Est-ce qu'elles sont adaptées ?
02:42– On a, en tout cas, beaucoup de formation et qu'il faut adapter, effectivement.
02:48Vous êtes en train de parler de quelque chose de très important,
02:50c'est-à-dire de la mise en place de programmes de formation qui sont vraiment réfléchis,
02:57travaillés par les acteurs du numérique d'un côté, les utilisateurs, bien sûr, du numérique aussi,
03:02et puis, de l'autre côté, les établissements qui vont enseigner à nos jeunes les formations,
03:07qui sont les bonnes formations par rapport aux besoins du marché.
03:11On parle un peu de ce qu'il gappe, en fait, effectivement, le côté besoin des entreprises, d'un côté,
03:17et ce que peuvent délivrer les écoles d'enseignement supérieur, notamment dans le numérique.
03:22– Est-ce que vous voyez arriver les jeunes qui cherchent des orientations dans le secteur du numérique ?
03:26Vous avez l'impression, aujourd'hui, qu'ils ne sont pas forcément équipés pour répondre aux attentes des entreprises qui
03:32recrutent ?
03:32– D'abord, on a de très, très bonnes écoles en France, dans le numérique.
03:37On a des ingénieurs qui sont extrêmement bien formés.
03:42Je vous rappelle qu'on a quand même 15% de nos ingénieurs qui partent à l'étranger, c'est
03:45pas pour rien.
03:46– Ils sont chassés ?
03:47– Oui, on aimerait bien les garder, notamment pour des raisons d'autonomie, pour des raisons de souveraineté.
03:52Ils sont chassés, effectivement.
03:54– Comme notre docteur, qui est parti aux Etats-Unis.
03:57– Moi, je peux vous en former.
04:00– Écoutez, on est tous, on serait ravis.
04:03Donc oui, effectivement, ils sont bien formés.
04:06Le tout, c'est qu'il faut les préparer.
04:08En fait, il faut une employabilité forte de la part de nos jeunes diplômés.
04:14Une bonne école qui se différencie, c'est une école qui va présenter des étudiants employables très rapidement.
04:22– Est-ce qu'on a toujours un problème aussi sur la manière dont le numérique est enseigné à l
04:27'école ?
04:28Je ne parle pas de l'enseignement supérieur, là, je parle collège, lycée.
04:32– Là, vous touchez le cœur du sujet, en fait.
04:33Vous êtes dans le cœur du sujet.
04:36À Talents du numérique, on a une conviction, c'est qu'il nous faut parler quasiment tous les jours
04:41avec le ministère de l'Éducation nationale.
04:43C'est notre interlocuteur privilégié.
04:45C'est là que tout se passe, d'accord, pour justement influencer ces politiques au niveau du numérique.
04:51On a bien compris que le numérique était un sujet économiquement extrêmement valable, on va dire, ok.
04:58Mais de l'autre côté, ça reste un sujet un peu compliqué à appréhender
05:03par rapport aux parents, par rapport aux enseignants, par rapport au gouvernement.
05:07– Qu'est-ce qui est compliqué ?
05:08– Ben, c'est des schémas de pensée, c'est des biais, en fait.
05:13Je peux vous parler des femmes, par exemple, dans le numérique.
05:16On a, je vous rappelle ce que c'est que Talents du numérique, quand même, c'est une association qui
05:20regroupe, en fait,
05:21d'un côté, ce qu'on appelle les numérisants, les entreprises, en fait, numériques qui vont travailler pour, qui sont
05:30les acteurs du numérique.
05:31Vous avez, d'un autre côté, les entreprises numérisées, donc les clients, en fait, du numérique, les utilisateurs du numérique.
05:38Et là, on est représenté par Numéum et le CIGREF.
05:41Et puis, de l'autre côté, vous avez les établissements d'enseignement supérieur,
05:45qui sont des établissements qui sont censés faire du numérique dans les écoles, d'accord ?
05:50Voilà.
05:51Donc, et promouvoir ces programmes et réaliser ces programmes.
05:54C'est, je dirais, la conjonction de ces deux mondes qui va produire des programmes de formation qui sont adaptés.
06:04Mais qu'est-ce qui ne va pas aujourd'hui, parce qu'on n'a pas beaucoup de temps, je
06:07vous presse un peu, je suis désolé,
06:08mais qu'est-ce qui ne va pas aujourd'hui, au collège, au lycée, sur la formation, au métier de
06:14demain, du numérique ?
06:15Déjà, on va aller très vite.
06:18Aujourd'hui, on a ce qu'on appelle l'ASPE NSI, que vous devez sûrement connaître, pour les sciences de
06:24l'informatique.
06:24Donc là, l'ASPE NSI, elle est présentée, dans le programme général, dans à peu près 60% des lycées
06:32français,
06:32avec, en plus, un déséquilibre régional territorial assez fort.
06:37Donc déjà, 100% des lycées n'ont pas et ne présentent pas l'ASPE NSI.
06:42D'accord.
06:42Donc déjà.
06:43Intéressant.
06:44D'autre part, vous avez des élèves, l'ASPE NSI, on la prend en première, ok ?
06:48Et ensuite, quand vous arrivez en terminale, vous devez...
06:52En fait, vous prenez en première trois SPE, et en terminale, vous devez en choisir deux, pour faire court et
06:57rapide.
06:57Donc, en général, l'ASPE NSI, elle est abandonnée par 50% des élèves qui ont pris cette spécialité.
07:08Pourquoi ? Parce que maths, physique, on va aller d'abord sur quelque chose de plus rassurant, de plus connu,
07:14de plus démocratisé.
07:16Donc, on va aller sur d'autres métiers.
07:19Donc, l'ASPE informatique ou l'ASPE numérique est laissé un peu de côté.
07:24On a un problème d'orientation.
07:25Les professeurs ne sont pas très entraînés, très au fait et très informés pour aller indiquer aux élèves qu'il
07:31y a quelque chose à faire dans le monde du numérique.
07:35Est-ce que...
07:35Parce que là, vous venez d'être nommé à la présidence des talents du numérique.
07:39Est-ce que, dans votre feuille de route, c'est ça le sujet numéro 1 ?
07:42Quel est votre sujet numéro 1 ?
07:43C'est parler avec le ministère de l'Éducation nationale.
07:46Donc, c'est l'école ?
07:47C'est l'école, bien sûr.
07:48C'est travailler sur l'école.
07:50Sur l'enseignement supérieur, ça va ? Ça se passe bien ?
07:54On avance à petit part, doucement mais sûrement.
07:57J'ai l'impression, je me demande s'il n'y a pas aussi une question sur la manière d
08:01'enseigner.
08:02Parce qu'on a besoin, avec l'IA, d'avoir une expérience.
08:06Et donc, cette manière d'enseigner où on considère que l'enseignement est basé sur le transfert de connaissances,
08:12comme l'IA, en fait, nous alimente constamment,
08:14je ne suis pas sûre que ce soit encore la manière la plus pertinente de voir le monde aujourd'hui
08:20et d'apprendre à nos jeunes, ou de, comment dire en anglais, de « make them learn ».
08:24Comment on les fait apprendre, vraiment ?
08:27Oui, parce qu'aujourd'hui, j'en parlais récemment avec une jeune étudiante,
08:30c'est vrai que l'école, on est en classe, on écoute le cours,
08:33et puis après, on rentre chez soi, on doit travailler.
08:35Aujourd'hui, on a plein d'outils numériques qui nous permettent de travailler beaucoup plus rapidement.
08:38C'est ça.
08:39Mais ça pourrait être intéressant de voir qu'est-ce qu'on fait d'autre en classe, finalement,
08:43et comment on appréhende ces outils.
08:45Mais pour ça, il faudrait que tout le monde soit formé aussi à l'utilisation de ces outils.
08:50Oui. À mon avis, la formation des professeurs est primordiale.
08:54Oui.
08:55Mais le renouvellement aussi du mindset, de la manière dont on conçoit l'enseignement,
09:00de manière à ce qu'on envisage davantage de place à l'expérience, au projet,
09:06et qu'on travaille sur ces questions-là, sur l'amélioration, la réexpérience, le réapprentissage,
09:13de telle manière qu'en réalité, on ait cette expérience,
09:18et qu'on soit fort de l'expérience pour ne pas se sentir un peu dépourvu ou démuni
09:23face à un outil informatique dont on ne maîtrise pas le coding.
09:28Et puis, vous parliez de NSI, c'est vrai que le numérique, ce n'est pas que de l'informatique.
09:33Il y a tellement d'autres métiers dans le numérique, tellement d'autres manières d'envisager le sujet.
09:40Oui. Mais j'ai quelque chose à peut-être à dire là-dessus.
09:42Par exemple, dans le domaine du jeu vidéo,
09:45beaucoup de jeunes veulent venir faire du jeu vidéo,
09:47et le jeu vidéo, c'est du logiciel, c'est de l'informatique.
09:50En fait, il n'y a pas besoin, il y a une telle appétence des jeunes pour pouvoir, un, consommer.
09:57Et là, on parlait des parents, les parents veulent toujours freiner la consommation de jeux vidéo,
10:00qui, je pense, est bien.
10:02Mais il y a une telle soif de...
10:03Et bien de freiner ou est bien de jouer ?
10:05Ah non, oui, je pense qu'il faut...
10:06C'est une phase à double sens, là.
10:07Oui, pardon, je suppose que les parents contrôlent un peu le temps du jeu vidéo, absolument.
10:13Et l'accès aux écrans.
10:15Mais, en fait, dans mon domaine, dans le jeu vidéo, c'est quasiment le problème est contraire.
10:19Il y a une telle appétence pour apprendre
10:22que, en fait, les jeunes ne voient pas le besoin, dans l'école,
10:28de recevoir des pensées.
10:30C'est peut-être la prochaine génération qui va être plus à même d'enseigner.
10:36Ah, c'est vrai.
10:37Encore une fois, c'est tout le sujet, Constantin.
10:39C'est-à-dire qu'on passe...
10:40Nous, ce qu'on veut faire, en fait, c'est de les faire passer de consommateurs à acteurs du numérique.
10:45Là, je vous suis.
10:46Ce sont des consommateurs du numérique, aujourd'hui, les jeunes, OK, pour la majorité.
10:50Ils consomment à fond, vous le savez bien.
10:52Mais là, on voudrait les faire passer en acteurs.
10:53C'est différent.
10:54J'enchaîne avec...
10:55Je dirais même plus loin, je dirais qu'il faut qu'ils soient proactifs.
10:58C'est-à-dire qu'on les fasse venir et qu'eux-mêmes, en plus, prennent l'initiative.
11:03Et pour revenir à ce que vous disiez tout à l'heure...
11:05Non, je voulais enchaîner parce qu'on n'a plus que 10 minutes, excusez-moi.
11:08Je voulais enchaîner, justement, sur la partie passée de utilisateurs à acteurs.
11:13Il y a la question de la créativité.
11:15Constantin Bertelier, justement, avec Arda, vous fournissez un logiciel
11:19qui va permettre de s'emparer de cette technologie, d'en faire quelque chose.
11:22Qui permet déjà.
11:23Qui permet, pardon.
11:24D'en faire quelque chose.
11:26D'en faire quoi, alors, précisément ?
11:27Qu'est-ce qu'on fait avec Arda ?
11:28Avec Arda, c'est une plateforme accessible à tous
11:31qui permet à quiconque, déjà, de jouer à des expériences interactives,
11:35en fait, des histoires.
11:36Mais de fabriquer soi-même son histoire, en fait.
11:39Absolument, c'est ça.
11:39C'est ça, son univers.
11:39Il y a toujours deux modes.
11:40Jouer et construire.
11:42Ok.
11:43Fabriquer un univers jouable via une série de questions simples.
11:47Qui est le personnage principal ?
11:49Quel est le second personnage principal ?
11:50Où est-ce qu'on est ?
11:51C'est vraiment des questions de construction de récits extrêmement simples.
11:55Après, si on a...
11:56On peut commencer à faire ça à quel âge ?
11:59Déconseiller.
11:59C'est vrai ?
12:00Super.
12:00Oui, a priori.
12:01Ok, génial.
12:02Oui.
12:03Et on fait ce qu'on veut.
12:04Donc, on fait de la fiction.
12:05Moi, je suis auteur aussi.
12:06Donc, j'adore construire de la fiction.
12:07J'ai une capacité sans fin de proposer des récits.
12:11Mais aussi des choses très pratiques, de la non-fiction, de l'apprentissage.
12:15On peut très bien proposer.
12:17Pour mon épouse...
12:17C'est-à-dire faire du serious game, c'est ça ?
12:18Absolument.
12:19Pour mon épouse, je suis en train de faire un programme avec Arda pour apprendre le français
12:22au niveau Delph B2.
12:24Voilà.
12:24C'est très spécifique.
12:25D'accord.
12:25Donc, je vais lui faire, mais ça sera fait en 10 minutes.
12:27Il faut juste que je le fasse.
12:28Et donc...
12:29Oui, c'est important.
12:30Oui.
12:31Et ça, c'est en utilisant des grands modèles de langage ?
12:35Absolument.
12:36Oui, oui, c'est très IA natif.
12:39Parce que j'ai embrassé l'IA générative quand elle a explosé il y a 3 ans, quand tout
12:43le monde a connu ChatGPT, via mon travail de narrative designer dans le domaine du jeu
12:48vidéo.
12:49Et petit à petit, le cheminement s'est fait, au fait, de vouloir donner l'accès à la
12:54construction de récits à tous.
12:57Et donc, oui, n'importe...
12:58Donc, en fait, est-ce que vous êtes là en train de disrupter l'industrie du jeu
13:01vidéo ? On va tous créer nos jeux vidéo ?
13:03Ça demande aujourd'hui quand même beaucoup de moyens.
13:05Alors, oui.
13:06Mais la question, la réponse, c'est oui.
13:09Oui, vous pensez ? Ah oui.
13:10Ah, je ne sais pas, je pense.
13:11En fait, si on suit la trajectoire de l'industrie, et Arda vous permettra de faire des expériences
13:16très sympathiques avec des visuels assez statiques.
13:19Ça reste du texte.
13:20Oui.
13:20On est au début.
13:21Oui.
13:22Et on a les moyens qu'on a.
13:24Mais évidemment, vous Delphine, vous pourrez aller dans deux ans faire un jeu vidéo sur
13:29le thème que vous voulez, par exemple, vos vacances.
13:31OK.
13:32Et ça ressemblera...
13:33Je vais réfléchir.
13:35Ça ressemblera à un jeu vidéo commercial qui est disponible à la FNAC pour 50 euros.
13:39Dans deux ans, vous dites ça.
13:40Oui, à peu près.
13:40Et vous l'enverrez à vos amis.
13:42Voilà.
13:43Alors, Anne-Elisabeth Courrier, fondatrice de Simuvaction.
13:47On en parle parce que là, c'est l'actu.
13:49Donc, on a le 25 mars, une quarantaine d'étudiants de 18 universités à travers le monde qui
13:56ont participé à un programme international où vous les mettez tous ensemble pour réfléchir
14:01à comment demain, on va enseigner à l'ère de l'IA.
14:03Comment est-ce que vous procédez pour faire émerger des nouvelles idées ?
14:06Voilà.
14:06Alors, en fait, c'est un programme que j'ai créé pendant le Covid, au moment où j'ai
14:10réalisé que les scientifiques ne parvenaient plus à se faire entendre les politiques
14:14et les politiques n'arrivaient pas à écouter les scientifiques.
14:16Et donc, non seulement il est international, c'est-à-dire qu'on gère la dimension culturelle,
14:20mais on s'occupe aussi de la dimension interdisciplinaire.
14:24Et donc, on a 44 jeunes actuellement qui viennent de 18 universités, donc de l'Inde,
14:33Inde, Brésil, Kenya, France, Pays-Bas, Italie.
14:39Mais comment vous les mettez en situation, justement, de réfléchir ensemble à ce sujet ?
14:43On travaille sur la même chose, on travaille sur un scénario.
14:46Donc, je crée un scénario, je crée un scénario.
14:49En fait, si vous voulez, je travaille sur l'éthique de l'IA, mais je m'aperçois que
14:52si je parle dans une lecture, comme on le faisait auparavant, comme le font encore nos
14:57professeurs, j'enseigne...
15:00De manière descendante, finalement.
15:02Exactement.
15:02En fait, d'abord, j'intéresse ceux qui sont déjà un peu intrigués par cela,
15:07parfois ceux qui ont peur, mais je n'ai pas du tout envie qu'ils aient encore plus peur.
15:12J'ai envie qu'ils pratiquent l'IA, mais qu'ils le pratiquent de manière responsable.
15:15Donc, il faut que je les accompagne.
15:17Donc, c'est pour ça que la dimension du jeu, du jeu vidéo, du jeu interactif, du jeu
15:22en personne...
15:24Quel est le scénario sur lequel vous les engagez ?
15:26Tous les ans, on change de scénario.
15:28L'année dernière, on a travaillé sur le droit au travail et le travailleur augmenté,
15:33parce que c'est un sujet qui va exploser dans les 4 ou 5 prochaines années.
15:37Cette année, on travaille sur un sujet qui intéresse particulièrement nos jeunes.
15:41On les fait travailler sur le futur de l'éducation.
15:43Et en ce moment, la Licep, qui est une incroyable ingénieure,
15:48nous travaillons sur la customization de la personnalisation par l'IA de l'éducation.
15:55C'est-à-dire qu'avec l'IA, on a personnalisé la finance, on personnalise la médecine.
15:59Qu'est-ce qu'il advient si on personnalise l'éducation ?
16:01C'est-à-dire qu'est-ce qu'on va faire des curriculums qui vont jusqu'à être individualisés ?
16:07Que devient à ce moment-là le rôle de l'école ?
16:09Que devient le rôle du prof ?
16:10Et qui, finalement...
16:11Le projet collectif.
16:12Exactement.
16:12Et donc, la question qu'on a posée à nos étudiants, c'est
16:15qui a le pouvoir, dans le futur, de définir ce que c'est que l'école ?
16:21Est-ce que ce sont les États ?
16:22Est-ce que ce sont les associations ?
16:24Est-ce que ce sont les big tech ?
16:26Parce qu'elles, elles savent très bien ce qu'elles veulent nous vendre.
16:28N'est-ce pas ?
16:29Donc, qui décide, en réalité, qui a les data centers ?
16:34Où est la souveraineté ?
16:35J'ai peur de connaître les réponses à toutes ces questions.
16:37Ah non, non, non.
16:38Nos étudiants, hier, ont montré vraiment qu'ils étaient extrêmement actifs.
16:42Ils ont eu des nouvelles idées.
16:43Nous sommes suivis aussi par...
16:47soutenus par des organisations internationales.
16:49C'est-à-dire que là, nos étudiants, dans le Serious Game, ils doivent jouer un meeting international de ce
16:55qu'on appelle le Global Partnership on AI, du partenariat mondial sur l'IA, qui est un travail aujourd'hui
17:01avec l'OCDE.
17:02Et donc, mardi après-midi, on a eu quelqu'un de l'OCDE qui est venu nous parler de cela.
17:06Et dans notre programme, on a un mentorat.
17:09Et le mentorat est organisé avec les experts internationales.
17:13C'est compliqué, mais ça n'en fait que 43 ou 44 dans le monde pour l'instant, donc c
17:17'est pour ça.
17:18Mais est-ce que...
17:19J'espère que ce sera démocratisé qu'on arrivera à développer.
17:22C'est ça qu'on cherche à faire.
17:24Est-ce que vous constatez que la personnalisation de l'éducation avec l'intelligence artificielle, ça peut mener vers quelque
17:30chose de positif, comme vous dites, de personnaliser,
17:32mais du coup, ça peut emmener chaque élève, en fonction de qui il est, vers la direction qu'on souhaite,
17:38ou ça peut créer justement des inégalités, casser ce grand projet social commun ?
17:45Alors, pour vous répondre, je vais vous parler de la voiture.
17:48La voiture, c'est un outil qui pourrait servir le pire comme le meilleur.
17:53Aujourd'hui, nous avons appris dans nos usages à faire de la voiture un outil de mobilité.
17:58Mais ça pourrait être aussi quelque chose qui va vers le terrorisme.
18:00C'est la même chose avec l'IA.
18:01Ce qu'il faut, c'est qu'on arrive à apprendre aux gens à utiliser l'IA de manière responsable,
18:06de manière éthique.
18:07Et donc, la question de l'éthique va apporter énormément de nouveaux jobs.
18:10Nous avons besoin de talents, non seulement en ingénierie, mais aussi en éthique de l'IA, en philosophie, en responsabilité,
18:16pour avoir une innovation responsable.
18:20C'est là où il faut repenser la manière dont on enseigne le numérique à l'école.
18:25Exactement.
18:26Je pense qu'aujourd'hui, on a les bonnes personnes, notamment.
18:29Nous avons ce matin comme keynote speaker Colin Delahiguera, qui dirige une chaire de l'UNESCO sur l'utilisation de
18:37l'IA à l'école,
18:39qui a pensé ces questions-là depuis des années, qui est professeur à Nantes.
18:42Oui, il y a de plus en plus de personnes qui s'appliquent.
18:45Et puis, on a aussi le soutien des organisations internationales.
18:48L'UNESCO a fait quand même des choses particulièrement intéressantes cette année, des publications, le GPAI aussi.
18:54Donc, il y a des choses qui arrivent, qui sont sur le terrain.
18:58On est en transition, mais on avance.
19:00Oui, une réaction, bien sûr.
19:01Par rapport à l'IA, pour moi, si vous voulez, moi, je le vois avec le prisme métier, ça débouche
19:08sur quoi, en fait ?
19:09Il y a plusieurs familles, en fait.
19:11Il y a une grande famille de métiers, ce sont ceux qui vont devoir concevoir l'IA.
19:15Donc, ça, c'est plutôt techie, d'accord ?
19:17Les ingénieurs IA, les ML Ops, les data analystes, etc., enfin les big data, etc.
19:24Vous avez une autre famille qui va plutôt gérer la partie gouvernance de la data, la partie cybersécurité de la
19:31data, etc.
19:32Donc, tous ces gens-là, parce qu'il faut quand même bien gérer tout ça.
19:36Vous avez une autre partie, en fait, où ça va être les métiers classiques qu'on a aujourd'hui, mais
19:41qui vont être augmentés par l'IA.
19:43Et là, il va falloir effectivement bien comprendre l'IA et utiliser l'IA de manière plutôt frugale et aussi
19:50de manière responsable et éthique.
19:53Et puis, il ne faut pas oublier quand même qu'il y a d'autres métiers, toutes les méga-tendances
19:57à côté, même si l'IA est une super méga-tendance.
20:01Les méga-tendances, c'est la transition écologique, c'est le care, c'est l'énergie, etc.
20:06Où là, tous ces métiers vont devoir transversalement utiliser l'IA.
20:09Voilà, pour moi, si vous voulez...
20:11Oui, mais pour l'instant, on est d'accord avec vous, mais ça doit faire partie, j'imagine, de vos
20:15combats et de votre feuille de route.
20:16Mais pour l'instant, ces sujets, ils ne sont pas traités comme ça à l'école.
20:18Non, mais on les traite avec l'enseignement supérieur, on les traite dans les entreprises, on les traite en formation
20:23continue.
20:24Mais il me semble qu'il va falloir aussi penser des nouveaux métiers, vraiment de l'humain.
20:29Moi, je viens du jeu vidéo aussi, mais j'ai aussi fait beaucoup de jeux de romans.
20:33Je fais très vite les jeux de romans, c'est des simulations.
20:36On est dans des relations amoureuses et ça marche très bien.
20:38Vous mettez de l'IA là-dedans, c'est explosif, ça marche très bien aussi.
20:41On est sur des marchés à 50 milliards de dollars.
20:44Ça a des effets positifs, les gens aiment ça.
20:47Ça pose des questions éthiques monumentales.
20:50Mais venant du genre du jeu vidéo, je répète un peu ce que j'ai dit, le jeu vidéo, c
20:53'est très bien.
20:54Mais il faut passer du temps avec ses enfants.
20:56Et je pense qu'il y a aussi des nouveaux métiers très humains à penser.
21:00Oui, et effectivement, c'est la partie éthique et les émotions.
21:04Oui, la gestion des émotions et donc l'IA émotionnel.
21:09Et c'est quelque chose qui s'en vient, la neurosciences va être appliquée aussi.
21:13Parce qu'avec l'IA, on arrive aussi à mieux comprendre comment fonctionne le cerveau humain.
21:18Mais je voudrais aussi insister sur quelque chose.
21:21Non, on n'a plus le temps.
21:23Une phrase, mais...
21:24Ok, pensons aussi à tous ceux qui sont, et nous-mêmes, sur le marché du travail.
21:28Parce qu'il faut aussi qu'on repense l'enseignement en se disant
21:31qu'il faut qu'on soit upskillé, resskillé, qu'on se...
21:34Tous les 5 ans, il faut qu'on se reforme.
21:36C'est ce que vous disiez aussi, c'est sur l'information continue.
21:38N'ayons pas peur.
21:39N'ayons pas peur.
21:40Merci beaucoup, docteur Anne-Elisabeth Courrier était avec nous, fondatrice de SimuVaction.
21:45Et Constantin Bertelier également, CEO fondateur de Arda.
21:49Et Jonathan Amar, le nouveau président de Talent du Numérique.
21:54On continue ensemble, on va découvrir une jeune pousse dans le domaine de la cybersécurité.
22:04On termine cette édition avec une jeune pousse à découvrir.
22:08Avec moi, Philly Canté, bonjour.
22:10Bonjour.
22:10Vous êtes le CEO, le cofondateur de ID Protect,
22:14donc solution de cybersécurité, comme on l'entend déjà dans le nom.
22:18C'est français, je le dis.
22:19Et l'idée, c'est de prévenir l'usurpation d'identité.
22:23Comment est-ce que vous faites ça ?
22:25Alors, prévenir l'usurpation d'identité, c'est un challenge.
22:27En fait, tout le monde pense que c'est une fatalité.
22:29En revanche, nous, ce qu'on va faire, c'est qu'on va permettre à chaque citoyen
22:32de pouvoir être alerté lorsque son identité est utilisée chez nos partenaires bancaires,
22:36organismes de crédit,
22:37ce qui va leur permettre de recevoir une notification sur leur téléphone
22:40et d'accepter ou de refuser que leur identité soit utilisée.
22:44Donc, à chaque fois que l'un des partenaires avec qui vous travaillez a une demande d'authentification,
22:55c'est ça ?
22:55Tout à fait.
22:56Vous alertez la personne ?
22:57Tout à fait, c'est ça.
22:58En fait, nos partenaires sont contraints de vérifier l'identité de leur client.
23:02Pour ça, ils vont utiliser des outils de vérification d'identité.
23:05Mais ils n'ont pas de certitude que la personne qui présente le document est bien celle qui veut en
23:10faire usage.
23:10Parce qu'il y a la double authentification aujourd'hui ?
23:13Exactement, mais pas sur le document d'identité.
23:15C'est pour ça qu'on a mis en place un 3D Secure sur le document d'identité.
23:19Ça fonctionne de la même manière que lorsque vous payez sur Internet.
23:22Vous allez recevoir une notification sur votre application bancaire
23:24et vous allez devoir accepter ou refuser.
23:26Mais quel document d'identité, précisément ?
23:28Le passeport, la carte d'identité, permis de conduire, titre de séjour.
23:33Tous ces documents-là sont demandés dans le cadre d'une entrée en relation en banque
23:37ou en organisme de crédit.
23:39Et donc, ce sont sur ces documents qu'on va pouvoir protéger.
23:42Mais c'est la version numérique que vous protégez ?
23:44Tout à fait.
23:45Alors, pour le coup, c'est...
23:46Pas la version papier.
23:47Alors, la version papier, en effet, on se rend compte aujourd'hui
23:50qu'on rencontre de moins en moins notre banquier.
23:53En fait, tout se fait de manière digitale.
23:55Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, le besoin est sur la protection du document numérique.
24:01Est-ce que vous allez aussi surveiller, scroller ce qui se passe dans le dark web
24:06pour vérifier s'il y a des identités qui se baladent ?
24:08Parce qu'on a ça aujourd'hui, on a ces systèmes sur les coffres forts de mots de passe,
24:12des alertes quand notre mot de passe se retrouve sur le dark web.
24:15Tout à fait.
24:16On a mis en place ça, c'est la surveillance dark web.
24:18On le fait à la fois sur un nom, un prénom, un numéro de téléphone, une adresse e-mail,
24:23mais on le fait également sur les documents d'identité.
24:25Donc, on va aller surveiller sur des sites qui sont utilisés par les fraudeurs
24:29pour pouvoir échanger ou même qui sont parfois mis en vente.
24:32On va surveiller que votre identité n'y est pas
24:34pour que vous puissiez recevoir une alerte et donc pouvoir vous protéger.
24:39Ça demande d'énormes moyens, ça, aujourd'hui ?
24:42Comment vous vous êtes constitué ?
24:44Combien de personnes dans votre start-up ?
24:46Avec qui vous travaillez ?
24:47Aujourd'hui, nous sommes cinq chez ID Protect.
24:50C'est une start-up qui est née en 2021.
24:53Partant du constat qu'il y a de plus en plus de fuites de données aujourd'hui,
24:56on va travailler.
24:57On a d'abord travaillé pour parler aux citoyens
24:59et faire en sorte de leur dire qu'aujourd'hui, il existe une solution.
25:02En parallèle, on a dû évidemment créer des partenariats avec des acteurs,
25:06soit des prestataires qui font les vérifications pour le compte
25:10des banques, des organismes de crédit.
25:12Je pourrais citer, par exemple, aujourd'hui, on travaille avec Sofinko
25:15qui souhaite d'une part se protéger contre l'usurpation
25:18mais qui souhaite également proposer cette protection à leurs clients
25:22dans le cadre d'un crédit qui soit protégé.
25:29Pour accorder le crédit à la bonne personne.
25:31Tout à fait, c'est ça.
25:33On travaille également aujourd'hui avec une soixantaine d'acteurs,
25:36donc des financeurs, chez qui la protection est efficace.
25:40Ce qui nous permet de pouvoir proposer une solution de plus en plus efficace
25:44qu'on construit au fur et à mesure pour le citoyen.
25:47Sur quoi repose votre technologie ?
25:49Est-ce que je vous parlais des moyens nécessaires ?
25:52Comment vous travaillez ?
25:53Avec quels outils vous travaillez pour que ce soit efficace
25:55sans avoir une armada de développeurs avec vous ?
25:59Alors nous, ce qu'on fait, c'est que lorsqu'un citoyen va venir,
26:01on va lui proposer une application mobile
26:03sur laquelle il va pouvoir enregistrer certaines informations concernant.
26:07Nous, on va récupérer le numéro du document,
26:09le type de document, le pays émetteur.
26:11Ces informations sont évidemment très sécurisées chez nous.
26:14Elles sont hachées, donc on n'a pas l'information de base,
26:16mais on a un code qui permet de protéger ces trois informations-là.
26:22Et à partir de ces informations, lorsqu'il y a une vérification
26:25qui est faite par les banques, les organismes de crédit,
26:28vous allez vous transmettre votre document d'identité.
26:30Ces informations vont être récoltées par la banque qui va faire la vérification
26:34et elle va nous les renvoyer.
26:36À partir de ce moment-là, nous, on va reconstituer le code
26:38et on se dit, ah ben tiens, ce document vous appartient
26:40et on vous envoie une alerte sur votre application bancaire.
26:42Donc concrètement, c'est une base de données
26:44qui recense des informations qui permettent d'identifier un document
26:48et une application mobile pour rendre matériel cette protection pour le citoyen.
26:53Vous êtes une sorte de tiers de confiance.
26:56Exactement.
26:57Et vous, c'est comme ça que vous vous positionnez.
27:00On se définit, tout à fait.
27:01Vous faites partie, vous êtes lauréat même du leadership programme de DiversiDays
27:05et c'est comme ça d'ailleurs que vous arrivez aujourd'hui sur ce plateau.
27:09C'est grâce à cette association.
27:10Qu'est-ce que ça vous a apporté ?
27:11Alors cette association m'a permis, entre autres, évidemment,
27:14d'avoir un grand réseau d'autres entrepreneurs,
27:17ce qui nous permet, in fine, de pouvoir challenger notre vision de la protection de l'identité.
27:24On a également, en fait, pas mal d'accès à des décideurs dans des grands groupes.
27:29L'année dernière, par exemple, on a fait VivaTech.
27:31C'était un salon sur lequel on a exposé.
27:33On a rencontré pas mal de décideurs
27:35et ce qui nous a permis, in fine, de pouvoir développer et croître au niveau de l'entreprise.
27:40Et signé avec des partenaires.
27:41Et signé avec des partenaires.
27:42D'ailleurs, depuis VivaTech, on a signé avec des nouveaux partenaires.
27:44Ok, super.
27:45Merci beaucoup, Philippe Canté, d'être venu nous présenter votre start-up,
27:49ID Protect.
27:50Et puis, on va remercier Diversity Days de nous avoir présenté.
27:52Merci beaucoup.
27:53Et merci à vous tous de nous suivre sur la chaîne Bsmart et de regarder Smartech.
27:58C'est votre émission sur le numérique et ses enjeux
28:00et tout le monde de l'innovation.
28:02Et on se retrouve, jeudi prochain, en direct à 10h45 pour le Grand Débrief.
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