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  • il y a 2 minutes
Retrouvez le club de la Bourse du jeudi 11 juin dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good Morning Market, le club de la bourse.
00:048h43 sur BFM Business et sur AMC Live.
00:06Le club de la bourse ce matin c'est avec Thibaut Prébet, bonjour, économiste indépendant.
00:10A côté de vous, Benoît Béjocq, bonjour.
00:12Vous êtes stratégiste quantitatif chez ABN Ambro Investment Solutions.
00:15On a deux gros sujets, Étienne, quand même aujourd'hui.
00:18L'ABCE, parce que c'est Georgie, et SpaceX.
00:21L'ABCE s'est tacté, la hausse des taux, on y arrive.
00:24Oui, le marché anticipait 2 à 3 hausses de taux sur l'ensemble de l'année.
00:2770 points de base, c'est un peu l'ordre d'idées sur l'ensemble de l'exercice.
00:32Et du côté de SpaceX, on a de plus en plus d'informations qui montrent que ça va vraiment être
00:36l'introduction de tous les records.
00:39Avec notamment hier soir Reuters qui évoquait 250 milliards de demandes.
00:42Sachant que pour rappel, cette introduction en bourse n'est pas totalement terminée.
00:45Bon nombre de plateformes permettent encore de participer jusqu'à ce midi.
00:48Donc on sera bien au-delà.
00:50Pour rappel, vous avez un groupe qui souhaite lever 75 milliards de dollars.
00:53Donc c'est une opération qui sera très largement sursouscrite, avec une capitalisation qui devrait frôler demain les 2000 milliards
01:00de capitalisation boursière.
01:02C'est juste gigantesque.
01:03Dès les premières secondes, vous avez un groupe qui va se retrouver dans le top 10 des capitalisations boursières aux
01:08Etats-Unis.
01:08Vous avez commencé par SpaceX.
01:09Alors je prends le sujet de demain avant le sujet de cet après-midi.
01:12On commence avec SpaceX.
01:14Bon, on en a vu partout.
01:15On peut encore en acheter jusqu'à ce midi.
01:17Oui.
01:17Avec une sursouscription qui va être dingue.
01:20Vous regardez ça comment, Benoît Béjocq ?
01:23L'engouement est très fort, forcément, parce que le business model est en fait à la croisée de plusieurs thématiques
01:29qui sont actuellement très stratégiques,
01:31dans lesquelles on voit une tendance, un momentum, l'espace, l'IA et la connectivité via Starlink.
01:37Donc on peut comprendre un engouement.
01:39Il y a peut-être aussi une sorte de fear of missing out autour de SpaceX.
01:42Oui, il faut en avoir, quoi.
01:44Exactement, pour en avoir.
01:45Et in fine, qu'est-ce qu'on remarque ?
01:47Bon, ben c'est sursouscrit.
01:48Une fois qu'on a dit ça, miser sur SpaceX, c'est miser en fait sur un titre d'hypercroissance.
01:54Concrètement, c'est miser sur le fait qu'Elon Musk a raison sur ses trois paris.
01:57C'est-à-dire qu'il va réduire le coût de mise en orbite,
02:00qu'il va continuer la croissance de Starlink et qu'il va réussir à mettre des data centers dans l
02:04'espace.
02:04C'est vraiment de l'hypercroissance parce qu'on ne peut pas se baser sur des fondamentaux,
02:07étant donné que les valorisations sont absolument délirantes.
02:10Il faut croire et il faut croire dans l'idée que ça va marcher.
02:15Après, en termes de réaction de marché, ce à quoi on peut s'attendre une fois l'IPO lancé,
02:20on sait qu'il y a une part assez importante de retail, qui est destinée au retail,
02:23donc potentiellement une volatilité assez importante après l'IPO,
02:27selon les clauses aussi de détention minimum.
02:31Donc ça, c'est ce à quoi on peut s'attendre.
02:3330% destiné au retail contre 5 à 10% d'habitude.
02:36Est-ce que c'est une arnaque pour particuliers, SpaceX ?
02:40Non, ce n'est pas vraiment une arnaque parce que les particuliers, ils ont envie.
02:42C'est une religion.
02:43Ah non, mais ils sont d'accord.
02:44C'est une religion, parce qu'ils racontent n'importe quoi tout le temps, tout le monde achète.
02:47Je rappelle qu'en 2021, ils disaient qu'en 2030, Tesla vendrait 20 millions de bagnoles par an.
02:51On n'est même pas au 12e et c'est en décroissance.
02:53Et ils nous refait un pari qui est tout aussi délirant et tout le monde y va.
02:56Moi, je trouve ça fascinant.
02:56C'est une religion.
02:57Je sais que quand on dit ça sur les plateaux, tout le monde vous insulte.
02:59Alors que je vous assure que si je dis que la BCE fait n'importe quoi, ça ne va déranger
03:02personne.
03:02Tout le monde va très bien dormir.
03:042.1, quand on est habitué des marchés obligataires, on sait qu'il y a des notions d'indices.
03:07Il y a des gens qui doivent en avoir.
03:088 fois sur souscrite sur l'obligataire, c'est ultra classique.
03:11Donc quand on a des grosses introductions, des vrais sujets d'indices, ce n'est pas un facteur incroyable.
03:15Et ça peut très bien très vite monter au début parce qu'il y a des gens qui doivent en
03:17avoir et se casser la gueule ensuite.
03:18Ce qui est généralement ce qui se passe sur les introductions en bourse.
03:21Maintenant, voilà, il y a des gens qui veulent en avoir.
03:23C'est sympathique.
03:23Il y a un côté très intellectuel, élitiste, on se projette.
03:26La réalité, c'est qu'il y a des boîtes qui ont beaucoup plus de croissance, comme Nvidia,
03:30qui sont infiniment moins chères tout en étant beaucoup moins risquées.
03:32Donc on n'est pas dans un truc rationnel.
03:34Encore une fois, c'est de la religion.
03:35Si on était critique, on dirait de la secte.
03:37C'est comme ça.
03:38Mais pourquoi pas ?
03:39Qu'est-ce qui fait que vous en avez ou que vous n'en avez pas ?
03:41Parce qu'on voit les promos partout, même les banques vous proposent d'en acheter.
03:45Qu'est-ce qui fait que vous en aurez ou que vous n'en aurez pas ?
03:46Etienne, vous avez la réponse à ça ou pas ?
03:48Il y a une hype.
03:49C'est vrai que tout le monde a envie de participer à cette aventure, un petit peu à un effet
03:53FOMO.
03:54Moi, ça me fait un petit peu penser aux différents épisodes qu'on a pu avoir ces derniers temps,
03:57notamment sur les cryptos, où au final, il y a un tel engouement que vous dites qu'il faut y
04:01aller.
04:01De toute façon, l'opération sera tellement sursouscrite que ça va forcément exploser à la hausse demain.
04:05Il y a de fortes chances.
04:07Mais tout le monde n'en aura pas.
04:08Et donc forcément, il faudra en acheter sur le marché secondaire demain, pendant la séance.
04:12Et donc, il y aura forcément un effet boule de neige à court terme.
04:15Parce qu'il ne faut pas oublier que pour l'instant, c'est 5% du capital de la société
04:18qui est mis en bourse.
04:19D'ici quelques mois, il y aura à nouveau des émissions d'action.
04:21Du coup, il vaut mieux attendre le marché secondaire.
04:23Non, ça peut monter très vite.
04:24Justement qu'au début, quand les gens qui devaient en avoir pour les indices, les ETF, vont en acheter.
04:27Et puis après, ça peut plutôt se péter la gueule.
04:29Mais il faut rappeler qu'en fait, c'est un peu la gueule du client.
04:31C'est-à-dire qu'en fait, quand il y a une allocation comme ça,
04:32un, les banques ont la main, font ce qu'elles veulent.
04:34C'est pareil sur l'obligataire.
04:35Que deux, elles jugent la crédibilité.
04:37C'est-à-dire que quelqu'un qui en demande 10 fois plus que la taille de son fonds pour
04:39en avoir beaucoup,
04:39les gens vont considérer que la demande réelle n'est pas celle-là.
04:42Donc, il y a tout un boulot de retravail des boucs.
04:45Et puis après, il y a des allocations par poche.
04:46Il y a les gens qui ont été là dès le début, qui ont permis d'assurer l'introduction en
04:50disant
04:50« moi, j'en prends beaucoup », qui seront mieux valorisés que ceux qui arrivent à la fin.
04:52Donc, c'est un mécanisme assez complexe, l'allocation par rapport aux demandes.
04:56Il y a une partie gueule du client et une partie assez rationnelle.
04:59Sachant que, quand même, ce qu'il faut avoir en tête aussi, c'est qu'il y a les actionnaires
05:02de longue date,
05:02c'est-à-dire que les fonds de Venture Capital, aussi les salariés de SpaceX,
05:07qui là vont avoir un créneau de liquidité.
05:09Alors, pas tout de suite, parce qu'il y a souvent des options de lock-up.
05:11Donc, ils doivent détenir les actions un minimum de temps.
05:14Mais on peut s'attendre à dans un an ou deux ans.
05:16Parce qu'ils vendent.
05:16Ils vendent, en fait, tout simplement.
05:17Et pas parce qu'ils ne croient pas nécessairement dans le business model.
05:19Ça, ça regarde chacun.
05:21Néanmoins, ils peuvent voir par là une idée un petit peu de liquidité et une prise de bénéfice,
05:24parce que la valorisation a nettement augmenté.
05:26Et comment vous analysez, là, la baisse sur le Nasdaq des derniers jours du bitcoin ?
05:30C'est des gens qui cherchent du cash pour réinvestir dans SpaceX ?
05:32C'est quoi ?
05:33Ça peut être potentiellement ça.
05:35Alors, pas que ça, je pense.
05:36Il y a cet effet-là.
05:38Parce que, forcément, SpaceX vient sur des thématiques très importantes,
05:42sur lesquelles, jusqu'à présent dans le marché, on avait une sorte de prime de rareté.
05:45C'est-à-dire, notamment sur l'intelligence artificielle,
05:47quand on voulait jouer les gagnants de l'intelligence artificielle,
05:49bon, on allait vers les titres que l'on connaît, les acteurs qui sont déjà présents.
05:52Là, forcément, de nouveaux acteurs arrivent.
05:54Je parle de SpaceX, mais avec les nouvelles APO.
05:56Donc, il faut dégager du cash pour ensuite investir sur ces acteurs-là.
06:00Mais il y a aussi, tout de même, un effet qui est assez important
06:02dans ce dégagement de flux vers SpaceX.
06:09Et le fait que les marchés baissent,
06:10c'est les derniers résultats des grosses boîtes d'intelligence artificielle.
06:14On a vu Oracle.
06:16Exactement.
06:16Et en fait, Broadcom et Oracle, c'est un peu la même chose.
06:18C'est-à-dire que c'est des très bons résultats,
06:20des earnings percheurs qui surprennent à la hausse,
06:21un chiffre d'affaires qui surprenne à la hausse.
06:22Par contre, les investisseurs voient toujours plus de dépenses
06:25et toujours pas de monétisation à long terme.
06:28En 2027, c'est ça qui pénalise Oracle.
06:31Ils n'ont pas revu à la hausse leurs revenus liés à l'intelligence artificielle.
06:34Et ça, ça peut expliquer aussi cette petite volatilité sur le Nasdaq
06:37et la baisse des cours récentes.
06:38Il nous reste 4 minutes pour dire du mal de la BCE, comme vous dites.
06:41Thibaut Prébet, avec cette hausse de taux qui est prévue,
06:44intégrée dans les cours cet après-midi, est-ce que c'est une erreur ?
06:46Oui, c'est une erreur.
06:47Ce n'est pas une erreur très très grave,
06:48parce qu'on n'est pas à des niveaux énormes et qu'on parle de 0,25,
06:51mais vous aurez du mal à trouver un économiste qui pense que...
06:53Ah, on en a trouvé !
06:54Bravo !
06:54Je suis très forte, Laure, depuis longtemps, je suis impressionné.
06:57Mais on a cherché volontairement !
06:58Voilà, mais c'est vrai que si vous voulez considérer
06:59qu'une banque centrale peut rouvrir les trois dormus,
07:01ça n'a aucun sens,
07:02donc ça veut dire qu'elle ne peut rien faire contre l'inflation.
07:04Et si elle ne peut rien faire contre l'inflation,
07:06son seul autre boulot éventuel,
07:07c'est de casser une boucle prix-salaire qui n'existe pas.
07:11Donc aujourd'hui, ça n'a aucun sens.
07:12On va se refaire une connerie comme en 2008 et en 2011.
07:15On a survécu, ce n'est pas très grave,
07:16mais il n'y a pas de narratif pour justifier ça.
07:18Ça n'a aucun sens.
07:19Et c'est encore comprendre que c'est un sujet d'État
07:22que les banques centrales devraient mieux financer.
07:24Ce n'est pas un sujet de banque centrale
07:26que de gérer un choc géopolitique.
07:27Peut-être qu'un jour, elles vont le comprendre.
07:28On n'y est pas encore.
07:29Bonneau Béjoac ?
07:30Je rejoins totalement ce qui vient d'être dit.
07:32On considère aussi que c'est une erreur potentiellement de politique monétaire.
07:35Alors, 25 bips à court terme, ça ne change pas grand-chose, effectivement.
07:37Le gros risque viendrait plutôt si la BCE venait à s'engager
07:41dans un cycle de resserrement monétaire assez important.
07:44C'est-à-dire que là, les marchés anticipent que 2 à 3 baisses
07:47avec des pauses à 3 hausses, pardon.
07:502 à 3 hausses, oui.
07:51C'est un souhait, ça.
07:52On aimerait tellement que du coup, voilà.
07:55Mais pour le moment, pas un cycle agressif.
07:57Mais effectivement, quand on regarde les métriques factuellement,
08:01il y a un petit peu de montée d'inflation corps et des services.
08:03Mais c'est des liens indirects à l'énergie
08:05sur lesquels on sait que la BCE n'a pas de pouvoir.
08:06Et elle peut éventuellement se baser
08:08sur les anticipations d'inflation à long terme.
08:10Mais on sait quand même que cette mesure est peu fiable.
08:13Elle est très corrélée aux mesures d'inflation aujourd'hui,
08:15ce qui n'a peu de sens pour les mesures d'anticipation d'inflation à long terme.
08:19Donc à ce stade, peu de raisons pour la BCE de monter les taux.
08:21Etienne, on écoutera dans le détail, du coup,
08:23le discours de Christine Lagarde.
08:25Est-ce que les mots vont être importants ?
08:26Et d'éventuels indices sur les futures hausses de taux
08:28qui sont anticipées par le marché, notamment en septembre.
08:31Le marché pense qu'il y aura à nouveau une hausse de taux
08:33de 25 points de base en septembre.
08:35Et puis également, peut-être des commentaires
08:38sur le bilan de la BCE, parce qu'on parle beaucoup des taux,
08:41mais il n'y a pas que les taux.
08:42Il y a tout un tas d'outils qui permettent d'agir
08:45sur la politique monétaire.
08:46Il nous reste une grosse minute pour parler du corps
08:48avec ce rapport cette semaine publié
08:51sur des nouveaux indicateurs de l'INSEE.
08:53Thibault Prépet, c'est votre cas maintenant, la démographie ?
08:56Ça a toujours été, faites pas semblant.
08:57Non, non, mais parce que c'est la matière mère,
09:00la démographie de l'économie.
09:02Là, on voit clairement que le débat sur le fait
09:04de travailler plus va revenir.
09:05On remet les 67 ans sur la table.
09:07Vous dites qu'il était temps, c'est la seule manière d'avancer ?
09:11Oui, en fait, il y a deux éléphants dans la pièce
09:12qu'on n'évoque pas.
09:13Le premier, c'est qu'effectivement, on avait historiquement
09:16une retraite qui était placée à l'espérance de vie.
09:17Donc quand il y a 20 ans d'écart maintenant,
09:19il faut travailler plus longtemps.
09:19Il n'y a pas le choix.
09:20Mais on a deux éléphants dans la pièce
09:22qui sont complètement absents du débat.
09:24En une minute ?
09:25En 30 secondes.
09:26Le premier, c'est qu'on va prendre deux points
09:28dans les dents de déficit d'ici 2070.
09:29Mais si on n'était pas à six, ce ne serait pas très grave.
09:32Le premier problème, c'est qu'on a déjà trop de déficit.
09:33Donc de toute façon, comme il faut aussi réduire le déficit,
09:36il faudra tous les leviers.
09:37Baisser les pensions, augmenter les cotisations, etc.
09:40Deuxième point, le plus pénible quand vous allez à l'étranger,
09:42c'est que la partie santé est beaucoup plus dure.
09:43On a les mêmes problèmes de ne pas assez de cotisants,
09:45de trop de gens.
09:46La technologie n'aide pas parce que quand vous soignez les malades,
09:48ils peuvent avoir de nouveaux traitements coûteux.
09:50Donc en fait, l'équation qu'on a, c'est la mise en bouche,
09:52c'est le plus facile, on n'y arrive pas,
09:53alors que le truc le plus dur arrive derrière.
09:56Et donc tout ça me rend inquiet en une minute.
09:59Donc vous dites 67 ans, plus baisse des pensions,
10:01plus hausse des cotisations.
10:02Bien sûr.
10:03Ça va faire beaucoup.
10:03Oui, mais c'est sur une durée longue quand même,
10:05mais il faut prévoir.
10:06Oui, politiquement, ça s'appelle du sang et des larmes.
10:08C'est moche.
10:09C'est difficile à vendre.
10:10Et vous comprenez pourquoi personne ne le propose.
10:12Oui, c'est ça.
10:13On préfère avoir un autre discours.
10:14Je ne serai pas candidat à la présidentielle.
10:16Vous ne serez pas élu.
10:17Merci beaucoup Thibault Prévé, Benoît Péjoc,
10:19d'aller nous ce matin dans la matinale de l'économie.
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