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Mardi 10 mars 2026, retrouvez Ines Ben Amor (directrice Data Sciences & IA, BOOPER), Matthieu Bourgeois (Avocat et vice-président, Cercle de la donnée), Philippe Coléon (cofondateur et président, Acadomia) et Alexandru Agachi (co-fondateur, Masterdoc) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, nous sommes ensemble pour une demi-heure environ avec deux grands rendez-vous aujourd'hui.
00:13Le premier avec ceux qui font l'actualité dans le domaine de l'intelligence artificielle
00:18et puis le second avec le droit de la donnée.
00:20On va s'intéresser au numérique et à l'information et aux journalistes en particulier.
00:25Allez c'est parti !
00:30On commence par les interviews de l'IA cette édition et oui avec ceux qui font l'actualité dans le
00:35domaine de l'intelligence artificielle
00:36et ils sont autour de la table.
00:38Philippe Colléon, merci beaucoup d'être avec nous d'Acadomia.
00:41On va parler ensemble de l'IA au collège, au lycée, on va voir comment les élèves, les parents, les
00:46enseignants aussi relèvent ce nouveau défi.
00:50Alexandrou Agachi de Masterdoc, merci aussi d'être avec nous.
00:53Vous allez nous présenter un outil de pilotage par intelligence artificielle, bien évidemment,
00:59pour les cabinets de santé et en particulier les cabinets dentaires d'ailleurs.
01:03Mais on commence avec vous Inès, Inès Benamor, bonjour.
01:07Bonjour.
01:07Vous êtes docteure en intelligence artificielle spécialisée dans les modèles prédictifs appliqués aux environnements complexes
01:12et vous êtes la directrice Data Science et IA chez Booper, qui est une plateforme qui permet d'améliorer sa
01:19performance commerciale
01:21et de piloter ses prix, en l'occurrence c'est pour le commerce, pour le secteur du retail.
01:27Comment est-ce que l'IA peut aujourd'hui m'aider à fixer un bon prix ?
01:31Qu'est-ce qu'un bon prix d'ailleurs ?
01:33Effectivement, en fait, la fixation des prix aujourd'hui, c'est un vrai défi pour les retailers.
01:39Donc chaque jour, il y a des milliers de références, des concurrents qui bougent, la promotion qui évolue, d'où
01:48le recours à l'IA.
01:49C'est-à-dire qu'on ne fixe pas un prix une fois pour toutes ?
01:52Ça bouge sans arrêt ?
01:53Ça devient dynamique.
01:54On est obligé d'utiliser l'IA, d'utiliser la donnée, la donnée fiable, pour pouvoir fixer un prix optimal
02:01qui va garantir une meilleure stratégie tarifaire pour les retailers
02:07et donc une meilleure maîtrise de la marche.
02:10Et il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu.
02:13Un tableau Excel ne suffit pas aujourd'hui.
02:15Non mais je...
02:16Après, avec l'IA, en fait, l'IA est capable d'intégrer une liste des facteurs clés.
02:23On a découvert qu'il n'y a pas que le prix qui peut impacter la quantité de vente.
02:27Il y a des facteurs clés comme la météo, le prix concurrent, les jours spéciaux, les vacances.
02:33Et donc, il fallait intégrer tout ça dans l'intelligence artificielle pour pouvoir prédire un prix optimal selon la stratégie
02:42de l'enseigne.
02:42Alors vous dites prédire, c'est-à-dire qu'on anticipe un changement de prix ?
02:46On anticipe un prix, un nouveau prix ?
02:48Effectivement, savoir le prix ne suffit pas.
02:52Il faut aussi anticiper la quantité de vente et donc la demande.
02:56Et donc, quand on anticipe la quantité de vente, on évite les ruptures de stock, les invendus,
03:01qui sont aussi du chiffre d'affaires perdu pour l'enseigne.
03:06Et donc, nos modèles prédient avec précision cette demande.
03:11Et donc, c'est fini, les mauvaises surprises.
03:13D'accord. Et alors, c'est un modèle qui décide du prix tout seul ?
03:17L'intervention de l'humain a quelque chose à faire encore là-dedans ?
03:22Alors, nos modèles IA chez Boupor, ce sont des modèles qui font le travail.
03:27Donc, ils font des recommandations.
03:29Mais c'est toujours l'expermitier qui valide ou pas.
03:33Est-ce qu'il peut prendre le risque de ne pas valider ?
03:35C'est une vraie question que je vous pose.
03:37Est-ce qu'on peut prendre aujourd'hui le risque de ne pas valider
03:39quelque chose qui a été le résultat de calculs qu'on est incapables de comprendre même ?
03:46D'où l'importance de rendre l'IA accessible et compréhensible à tous.
03:54C'est-à-dire, un manager qui ne comprend pas pourquoi le prix doit évoluer,
03:58il n'appliquera pas.
03:59Donc, chez Boupor, on essaye d'expliquer ça,
04:03de rendre ça justifiable pour l'équipe métier.
04:06Et donc, la compréhension crée la confiance et la confiance déclenche l'action.
04:11D'accord.
04:11Donc, vous donnez accès à tous les critères qui sont utilisés par l'IA,
04:18à une explicabilité, c'est ça, de l'algorithme ?
04:20Oui.
04:21Donc, on a un outil dans lequel l'expermitier, d'une façon simplifiée,
04:26même si les modèles sont complexes.
04:28Donc, on essaye de simplifier les résultats, les recommandations.
04:32Et ça devient de plus en plus simple pour l'utilisation côté métier.
04:39Et vos clients, ils sont en France ?
04:40C'est des retailers français qui utilisent ces solutions ?
04:42Oui, on a plusieurs clients.
04:44On a des clients en France, en Europe, à l'international, en Asie.
04:49Et l'adoption, elle se fait facilement en France ?
04:53Oui, parce qu'en fait, c'est une solution SaaS.
04:56Donc, c'est facile à intégrer.
04:59Non, mais je veux juste savoir s'il y a des résistances par rapport à d'autres régions.
05:03Sans rentrer trop dans les détails techniques,
05:06mais c'est vraiment, on a créé un environnement qui facilite l'intégration des données,
05:11même si les données ne sont pas structurées.
05:13Donc, on arrive à les intégrer.
05:15L'équipe Data Science IA de Booper travaille sur le nettoyage et l'analyse de ces données.
05:20Parce qu'une IA performante, elle dépend aussi de la donnée.
05:24Et l'expertise de Booper, le savoir-faire de Booper,
05:27c'est pouvoir rendre la donnée plus structurée, plus fiable.
05:32Et plus la donnée, elle est fiable, plus les prévisions sont pertinentes.
05:36Ok. Vous avez des questions sur cette solution ?
05:38Parce que vous êtes tous dans des domaines tellement différents
05:41que, je ne sais pas, vous découvrez comme moi, non ?
05:44Oui, c'est un peu le real management dans l'air d'avant,
05:47de pousser à l'extrême avec beaucoup plus de données et d'intelligence.
05:51Oui.
05:51Effectivement, c'est pouvoir mettre les données dans l'IA,
05:57passer de l'IA dans Excel aux données dans l'IA,
06:02et donc pouvoir transformer cette donnée en une décision rentable.
06:09Alors, Alexandre Ouagachi, vous êtes le cofondateur de MasterDoc,
06:13qui développe une solution d'analyse, je l'ai dit,
06:15à partir d'IA, dédiée aux cabinets de santé,
06:17en particulier les cabinets dentaires.
06:19Il y avait un besoin, il y avait une urgence dans le dentaire à utiliser l'IA ?
06:24Alors, je vais mentionner qu'on a commencé par le dentaire,
06:26mais qu'on va s'étendre au médical dans quelques mois.
06:28Donc, c'est vraiment toute la médecine libérale à laquelle on s'adresse.
06:31Et vous avez tout à fait raison.
06:32Donc, nous, on commence toujours par le pourquoi, en fait,
06:34pourquoi utiliser l'IA ?
06:35Vous y avez fait allusion, en fait, avant aussi.
06:37On doit vraiment l'utiliser là où il y a un vrai besoin, essentiellement.
06:40Et nous, en fait, on est une équipe de 15 personnes,
06:43et on est animés, on est guidés, en fait, par cette croyance, en fait,
06:45que si on continue de pratiquer la médecine d'aujourd'hui,
06:48nos systèmes de santé vont devenir un point insurmontable pour les sociétés modernes.
06:51Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous inquiète ?
06:52Et je cite le docteur Hector Paul ici.
06:54Qu'est-ce qui nous inquiète ?
06:55Il y a deux choses, en fait.
06:56Il y a le besoin envers le système de santé qui grandit non-stop, comme vous le savez.
07:00Donc, on a une population qui vieillit.
07:02On a de plus en plus de besoins envers ce système de santé.
07:04Et de l'autre côté, en fait, on a l'opposé qui se passe,
07:07où, en fait, l'offre est en train de baisser de plus en plus,
07:10parce qu'on a des départs à la retraite très importants qui arrivent,
07:13qui sont en train d'avoir lieu maintenant même.
07:16Donc, on a la création de déserts médicaux.
07:17On en parle beaucoup en France aujourd'hui.
07:19On connaît tous les listes d'attente chez les médecins.
07:20Ça m'arrive à moi personnellement aussi, en fait.
07:22On me dit, désolé, mais les neuf prochains mois, il n'y a aucun créneau.
07:26Donc, en fait, ces deux choses, en fait, font qu'on va dans une direction
07:29où on doit forcément évoluer,
07:31faire changer la manière dont on pratique la médecine et le système de santé.
07:34Donc, c'est ça qui nous guide, nous.
07:35Oui, mais là, j'ai, pour l'instant, encore du mal à voir où l'IA peut intervenir.
07:39Alors, il y a, donc, la chose la plus importante pour nous,
07:43le levier le plus important, en fait, pour libérer,
07:46pour dégager, en fait, la pression sur le système de santé,
07:50c'est de libérer le temps des équipes soignantes actuelles, en fait.
07:52Former des équipes soignantes, c'est très difficile.
07:55Inviter ou amener des équipes soignantes d'autres pays, c'est très difficile
07:57parce qu'il commence à manquer des médecins dans quasiment tous les pays en ce moment.
08:01Donc, nous, en fait, on a décidé que le levier le plus important,
08:04ça nous semble évident, c'est de libérer le temps des équipes actuelles.
08:06Parce qu'il est pris par de l'administratif, c'est ça ?
08:09Alors, on estime, donc, il y a beaucoup d'études qui ont été faites
08:11dans différents pays, dans différentes spécialités,
08:13mais on estime qu'en fait, entre 30 et 50% du temps des équipes cliniques
08:16est passé à faire de l'administratif, essentiellement.
08:19Donc, c'est très paradoxal.
08:20Il nous manque des équipes soignantes,
08:22et en même temps, on leur demande de passer jusqu'à la moitié de leur temps
08:24à faire de l'administratif, en fait.
08:25Ah oui, c'est terrible, ça.
08:26Voilà, c'est comme ça qu'on arrive dans la situation où on est, en fait.
08:30Bon, mais une IA, elle ne fait pas tout le job toute seule,
08:33donc ça va leur demander quand même du temps pour apprendre à l'IA
08:38comment fonctionne le cabinet,
08:39quelle est l'administratif dans tel pays,
08:41en particulier en France, comment ça fonctionne.
08:44Et donc, comment elle travaille, votre IA ?
08:46Alors, vous avez tout à fait raison,
08:47donc il y a deux administratifs, déjà.
08:48Il y a l'administratif clinique et l'administratif non clinique.
08:51Donc, nous, en fait, moi, j'ai grandi dans une famille de médecins.
08:53Mon père, il est neurochirurgien.
08:55Ma mère est chirurgien dentiste.
08:56Les deux sont en exercice ici à Paris.
08:58Et j'ai vu, en fait, ce qui se passe après les consultations,
09:01donc le soir, le dimanche à la maison.
09:03Et ça, c'est tout l'administratif dont ils doivent s'occuper,
09:05en fait, qui est non clinique.
09:06Donc, nous, on vient vraiment s'occuper de ça.
09:09Plutôt que d'aller vers le clinique,
09:10où il y a beaucoup de solutions qui sont proposées,
09:11qui sont tout à fait utiles et pertinentes,
09:13nous, on est allé vers l'administratif non clinique, en fait.
09:15D'accord.
09:15Donc, on vient dégager ce temps, en fait,
09:17pour les équipes soignantes.
09:18Et concrètement, on automatise autant de tâches que possible
09:22sur la base de, pour aller dans le concret vraiment,
09:24sur la base de classificateurs fondés sur le concept
09:27d'apprentissage automatique,
09:28donc de machine learning, comme on le dit.
09:30Et bien sûr, on commence, on va dans la direction
09:33de leur permettre, en fait, d'interagir avec leurs données,
09:36en fait, non cliniques au sein du cabinet.
09:38Donc, c'est vraiment de la gestion du cabinet.
09:40Absolument, c'est exactement ça.
09:41Comme un chef d'entreprise, n'importe quel chef d'entreprise.
09:43Comme un chef d'entreprise ou une chef d'entreprise, en fait,
09:45qui vient aider les médecins, hommes et femmes, en fait,
09:48à piloter leur cabinet.
09:49Donc, c'est ça qui leur manque.
09:50On est un de nos...
09:52Mais c'est spécifique pour une profession libérale,
09:54la gestion de cette entreprise ?
09:57Alors, c'est une très bonne question.
09:57Donc, nous, on fait vraiment le médical
09:59parce qu'on traite beaucoup.
10:01Pour, en fait, piloter un cabinet,
10:02on est forcément, on a besoin d'interagir
10:03avec la donnée médicale, en fait,
10:04les actes, les rendez-vous patients.
10:07Donc, en fait, c'est pour ça qu'on a créé
10:08une solution verticalisée au secteur médical.
10:10Mais les mêmes besoins, comme vous le dit très bien,
10:13mais nous, on fait vraiment la médecine, essentiellement.
10:16OK.
10:16Et en plus, j'imagine que le médecin,
10:18il est formé à la médecine,
10:19mais pas à la gestion d'un cabinet,
10:22enfin, d'entreprise.
10:22Vous avez tout à fait raison.
10:23C'est exactement ça, en fait.
10:24Donc, un des piliers du système de santé,
10:26comme vous le savez, c'est la médecine de vie,
10:27la médecine libérale.
10:28Et, en fait, on les pousse dans la médecine libérale
10:30alors qu'on n'aura jamais enseigné
10:31à gérer une entreprise, en fait.
10:33Voire, on a toujours dit
10:33que ce n'est pas une entreprise, attention.
10:35Et pourtant, ils ont les mêmes charges,
10:36les mêmes coûts, les mêmes frais, en fait,
10:38que toute autre entreprise.
10:39Et nous, on vient les assister
10:40à ce niveau de leur vie professionnelle.
10:42En fait, le clinique, généralement,
10:43ils le savent très bien.
10:44Ils se forment très bien à ça.
10:46Ils adorent passer du temps à soigner.
10:47Et nous, on vient, en fait,
10:48libérer leur temps non clinique, en fait,
10:50en nous occupant de toutes ces tâches ingrates,
10:52si je peux me permettre, dans le cabinet.
10:55Qui doivent leur paraître ingrates, oui.
10:56Et vous dites aussi que ça permet
10:58de partager des données aussi entre cabinets.
11:02Mais, enfin, j'imagine qu'ils sont tous
11:03très concurrents, finalement.
11:05Alors, on est tous dans une logique, en fait,
11:07de santé publique, en fait.
11:08Mais ce qui se passe, c'est que
11:09quand on est dans la médecine libérale,
11:11quand on quitte l'hôpital public, en fait,
11:13on n'a plus ses staffs à 6h du matin
11:15ou 7h du matin qu'on avait avant.
11:16On n'a plus ses collègues
11:17qui sont toujours autour de nous.
11:18Donc, en fait, on se retrouve seul, souvent.
11:20On est assez isolé.
11:21On consulte seul.
11:21On gère le cabinet seul.
11:23Et du coup, on n'a jamais, en fait,
11:24de comparaison.
11:25On ne sait jamais comment on se positionne,
11:27si on fait bien, si on fait moins bien.
11:29Donc, nous, en fait, on vient aussi,
11:30un peu comme on vous le disait avant.
11:31Donc, on vient collecter ces données.
11:33On les agrège.
11:33On les anonymise, bien sûr.
11:35Et ensuite, on leur permet, en fait,
11:36de se situer par rapport à des cabinets similaires,
11:38par rapport aux moyens de la profession
11:39qui, généralement, n'ont pas été développés
11:41en France, essentiellement.
11:43Super intéressant.
11:44Donc, on voit, là, vraiment des usages
11:45hyper pratiques.
11:47On va parler maintenant avec Philippe Colléon
11:49un peu d'éducation, quand même.
11:51Vous êtes cofondateur et président d'Acadomia,
11:54qui est un acteur de référence,
11:55en particulier dans l'assistance scolaire,
11:58pardon, l'accompagnement scolaire.
12:00Mais vous travaillez aussi sur l'enseignement,
12:02la formation.
12:03Et là, donc, notre sujet, c'est l'IA.
12:05Il y a l'IA qui arrive.
12:06Ça y est, bon, elle est là.
12:08On y est.
12:08OK.
12:10Et donc, vous dites quoi ?
12:11Il faut aider les enfants à s'en servir ?
12:13Alors, ça pose beaucoup de questions,
12:15l'arrivée de l'IA,
12:17sachant qu'encore une fois,
12:17l'école a pour mission
12:18de former les jeunes de demain.
12:20Donc, imaginez aujourd'hui le monde,
12:22comment il sera dans 10 ans, 20 ans, 30 ans,
12:24c'est très compliqué.
12:25Ce qu'on voit aujourd'hui,
12:26c'est que l'IA,
12:27utilisée par les élèves,
12:28plus pour faire leurs devoirs
12:31et quelque part les rendre totalement idiots,
12:32parce qu'il n'y a plus de réflexion,
12:33il n'y a plus d'analyse,
12:35plutôt que comme une aide,
12:36quelque part à la réflexion
12:38et rentrer en une éducation active,
12:41si je puis dire.
12:41Donc, il y a des dangers
12:42par rapport à cette nouvelle proposition.
12:45La question, ce n'est pas de savoir...
12:46C'est-à-dire le danger de ne plus faire d'efforts,
12:48c'est ça ?
12:48De ne plus réfléchir par soi-même ?
12:49De plus de réflexion.
12:50Oui.
12:51Faire faire les devoirs.
12:53Voilà.
12:54Donc, il y a beaucoup d'études.
12:55Faire faire son prix, par exemple,
12:56par une IA
12:57et de ne plus réfléchir soi-même
12:58à son marché.
12:59Non, mais c'est intéressant.
13:00Oui, oui, complètement.
13:01Vous comprenez, mais de continuer quand même
13:03à travailler sur l'expertise.
13:05Tout à fait.
13:06Ce n'est pas que nous,
13:06on préfère parler d'intelligence active
13:09que artificielle.
13:10C'est rendre l'éducation acteur,
13:13l'élève acteur de son apprentissage.
13:15Alors, on peut dire,
13:16il y a plein, plein de dangers,
13:17mais il y a aussi plein d'opportunités.
13:18Oui.
13:18Parce que l'IA va permettre aux élèves aussi,
13:21quand il est bien encadré,
13:23quand il sait utiliser l'outil,
13:24d'aller beaucoup plus vite,
13:25d'aller beaucoup plus loin.
13:27Maintenant, c'est quoi les clés
13:28pour que ça marche ?
13:29Oui.
13:29C'est d'abord maîtriser les fondamentaux.
13:33Le français, les maths,
13:35la culture générale.
13:37Parce que l'IA va crasher quelque chose,
13:39va dire quelque chose,
13:40mais on rentre dans l'ère du questionnement.
13:42Là où on apprenait avant aux élèves
13:44justement à apprendre,
13:46aujourd'hui, il faut apprendre aux élèves
13:47à questionner.
13:48La machine a relancé.
13:49Et pour ça, effectivement,
13:50il y a besoin de connaissances en français,
13:52en mathématiques, en culture générale.
13:54Donc, quelque part,
13:55notre position, nous,
13:56chers académiens,
13:57c'est de dire,
13:58la question, c'est même pas de savoir
13:59si c'est bien ou pas bien.
14:00Je vais vous prendre un exemple,
14:01la voiture.
14:02Bon, c'est bien, c'est pas bien,
14:03mais il faut apprendre à conduire.
14:04La clé d'apprendre à conduire.
14:06Aujourd'hui, notre mission,
14:07à l'éducation nationale,
14:08et des acteurs comme nous,
14:09c'est d'apprendre aux enfants
14:11à utiliser l'IA.
14:12Ou les IA, voilà.
14:14Donc, quelque part,
14:15on a un devoir
14:16vis-à-vis de l'ensemble
14:17de la communauté
14:19encadrante,
14:19ça veut dire
14:20à les professeurs,
14:21les parents,
14:23de former
14:24ces gens-là
14:25à l'usage de l'IA
14:27dans le cadre scolaire.
14:29Voilà, c'est ça,
14:29le grand défi.
14:30Vous, en fait,
14:30pour toucher les parents,
14:31parce que je vois bien
14:32comment est-ce qu'on peut
14:33pousser cette éducation
14:34au numérique, finalement,
14:36auprès des élèves,
14:37auprès des enseignants,
14:38mais pour aider les parents,
14:40qui doivent être
14:40complètement perdus,
14:41parfois, non ?
14:42Alors, certains sont perdus,
14:44mais, à la limite,
14:45avant, il y avait
14:45les devoirs à la maison
14:46qui étaient, très honnêtement,
14:4850% faits par les parents.
14:50D'accord ?
14:50Donc, c'est surtout
14:51de ne pas laisser...
14:53On notait bien souvent
14:54les parents plus que l'élève.
14:56Ça réveille bien sûr
14:57entre nous.
14:58Ce qui permettait
14:59d'avoir une meilleure note
15:00dans sa moyenne.
15:02Peut-être, pas toujours.
15:02Pas toujours, tout à fait.
15:05Mais, si vous voulez,
15:07c'est justement
15:07d'obliger l'enfant
15:09à vérifier ce que dit
15:11la machine,
15:12quand je parlais
15:12de l'ère du questionnement,
15:13à dire, OK,
15:14est-ce que tu as bien
15:15posé la question ?
15:16Est-ce que tu peux relancer,
15:18approfondir ta question ?
15:19Donc, je pense
15:20qu'il ne faut surtout pas...
15:21Il y a la Khan Academy
15:22qui a 2 millions d'élèves
15:24dans le monde,
15:25qui a vu que seulement,
15:27si vous laissez seul
15:27l'enfant avec l'IA,
15:29seulement 10% s'en sortent.
15:3290%,
15:32bon, pas questionné.
15:33Donc, ce qui est clé,
15:35c'est l'accompagnement autour.
15:36Donc, nous,
15:37nous formons,
15:38par exemple,
15:38chez l'Académie,
15:38mais à nos enseignants,
15:39sur comment, justement,
15:41aider les enfants
15:42par rapport
15:42à l'intelligence artificielle.
15:44Donc, il y a...
15:45C'est un défi énorme.
15:46C'est-à-dire que
15:47tous les systèmes éducatifs
15:48sont remis à plat
15:49dans le monde.
15:50On est sur une nouvelle
15:51ligne de départ.
15:51C'est comment chaque pays
15:53va pouvoir se doter,
15:54quelque part,
15:55de la meilleure
15:55intelligence artificielle
15:57qui sera la meilleure
15:58intelligence active.
15:59Donc, ça veut dire
16:00que vous mettez en place
16:01des outils de formation
16:02pour les élèves ?
16:04Oui.
16:04Mais aussi pour les enseignants ?
16:05Tout à fait.
16:06D'accord.
16:06On a fait beaucoup
16:07de formations,
16:09aussi destinées aux parents,
16:11justement,
16:12pour pouvoir
16:12comment accompagner
16:13leurs enfants,
16:14les dangers,
16:15quand je disais,
16:15développer l'esprit critique,
16:17vérifier les sources,
16:18enfin, etc.
16:18Il y a comme une méthodologie
16:20pour accompagner
16:22l'enfant
16:23qui on retrouve,
16:24je suppose,
16:25en d'autres métiers,
16:27même,
16:27gérer les journalistes,
16:28etc.,
16:29comment on vérifie
16:30les sources,
16:31comment on vérifie
16:31les données.
16:32Voilà, donc,
16:32c'est notre mission aussi,
16:34chaque Academia,
16:35qui est d'accompagner
16:35quelque part
16:36dans ce nouveau monde.
16:37Vous avez regardé
16:38à l'étranger
16:38comment on aborde
16:39cette question ?
16:41Oui.
16:41Dans un des pays
16:42les plus développés,
16:43qui est la Corée du Sud,
16:44comment ils utilisent l'IA ?
16:46Justement,
16:47c'est sur la possibilité
16:48d'individualiser
16:49les parcours.
16:50C'est-à-dire que là,
16:50aujourd'hui,
16:51un enseignant,
16:51il a 35 élèves,
16:5235 élèves par définition
16:53qui sont différents chacun.
16:55Eh bien,
16:55l'IA permet de dire
16:57voilà ce que chacun
16:58a compris,
16:59pas compris,
17:00assimilé,
17:00pas assimilé,
17:01et de dresser
17:01les parcours individuels.
17:03Donc là,
17:04c'est de l'IA intelligente
17:05parce que ça va permettre
17:06justement l'individualisation.
17:09Individuation
17:09que nous faisons
17:10depuis 30 ans
17:10chez Academia.
17:12Mais donc,
17:12quelque part,
17:13l'IA,
17:13je vous rappelle
17:14que dans Academia,
17:15il y a IA,
17:15donc on l'avait quand même
17:16bien anticipé.
17:17On s'est fait exprès, ça ?
17:18Pardon ?
17:19On s'est fait exprès ?
17:21Bon, passons.
17:22On dirait que non.
17:24Non, non,
17:25mais voilà,
17:26donc quelque part,
17:27c'est l'individualisation
17:28de chaque enfant.
17:30Après,
17:30la question,
17:31c'est est-ce que l'IA
17:32va recréer quelque part
17:33des discriminations
17:34entre les bons
17:35et les mauvais élèves,
17:37donc les bons vont être
17:37encore meilleurs
17:38et les mauvais,
17:39ou au contraire,
17:40de dire c'est un moyen
17:41d'aider tous les élèves
17:43et surtout ceux
17:43qui sont le plus en difficulté
17:44par des parcours individualisés.
17:46Donc je pense
17:47que c'est toute cette réflexion
17:48qu'il faut que la communauté
17:49quelque part réfléchisse
17:51et surtout,
17:52si j'ai une chose à dire,
17:53c'est laissons l'ensemble
17:55des acteurs
17:56que vous êtes,
17:57un des gens,
17:57réfléchir à ce sujet-là
17:59et il ne faut pas
18:00que l'école,
18:00comme bien souvent,
18:01a tendance à se refermer,
18:03se replier sur elle-même.
18:04Donc laissons le maximum,
18:06il y a beaucoup d'intelligence,
18:08de petites boîtes,
18:09des grosses boîtes
18:09pour proposer des solutions
18:11pour aider les enfants
18:13parce que c'est notre mission
18:14d'accompagner les enfants
18:15pour les 20-30 prochaines années.
18:17C'est ça,
18:18c'est former la génération
18:19de demain.
18:19Et voilà,
18:20et qui seront demain,
18:21qui des dentistes,
18:23qui des directeurs de produits
18:26et c'est vrai que vous,
18:28vous devez aussi,
18:29j'imagine,
18:30travailler sur cette pédagogie,
18:31non ?
18:31Auprès des utilisateurs
18:33de vos solutions.
18:35Effectivement.
18:36Ils n'arrivent pas
18:36en sachant exactement
18:37que fait l'IA
18:38et comment ça fonctionne.
18:39L'IA,
18:39elle ne remplacera jamais
18:40les enseignants
18:42et donc,
18:42elle ne remplacera jamais aussi
18:44les experts métiers
18:45chez nous.
18:45Donc,
18:46juste l'IA,
18:48elle va les rendre
18:48plus puissants,
18:51prendre des décisions
18:52plus rapides,
18:53plus éclairées.
18:56Il y a ce travail
18:57quand même de pédagogie,
18:59j'imagine que vous êtes
19:00obligés de faire,
19:01vous en particulier,
19:02non ?
19:02Alors absolument aussi,
19:03mais il faut être aussi
19:04de prenaître
19:04que ça s'est tellement
19:05démocratisé ces 24 derniers mois
19:06en fait,
19:06ça avance tellement vite
19:07que finalement,
19:08ça vient de la vie personnelle
19:09vers la vie professionnelle aussi.
19:11Donc,
19:11ça nous aide beaucoup en fait.
19:12Mais au-delà de ça,
19:13bien sûr...
19:15Il faut bien expliquer les erreurs
19:18des modèles en fait,
19:19les hallucinations,
19:20comme on le dit aussi en fait,
19:21la paramétrisation des modèles,
19:23donc surtout dans un milieu
19:23professionnel comme le nôtre,
19:25on essaie de sensibiliser
19:26à ces niveaux-là,
19:26mais de nouveau,
19:27il faut...
19:28Enfin,
19:29je veux être honnête
19:30envers nos utilisateurs,
19:31ils sont quand même
19:31assez aguerris en fait
19:32de nos jours,
19:33donc ils ont beaucoup
19:34déjà de contexte
19:35quand ils viennent
19:36travailler avec nous.
19:37Et puis,
19:37il y a la question
19:38de à qui je confie mes données,
19:40on doit quand même
19:40les éveiller assez tôt à ça.
19:42On n'utilise pas
19:43un grand modèle de langage
19:44ou un chatbot IA
19:47pour raconter des choses
19:48très personnelles.
19:49Complètement.
19:50On a vu ça
19:50avec les réseaux sociaux,
19:51mais combien d'années
19:52on a mis pour dire
19:53attention,
19:54il y a danger.
19:55Donc on a...
19:55J'ai un temps de réaction
19:57très lent
19:58par rapport à l'évolution.
19:59Là, on dit
20:00même chat GPT,
20:01c'est fini,
20:02maintenant c'est Claude.
20:03Ça va à une vitesse
20:05absolument hallucinante.
20:06Donc comment la communauté,
20:07je parle de collégiens
20:10et de lycéens,
20:11peut suivre cette évolution
20:12et aider effectivement,
20:14enfin prévenir des dangers,
20:16mais aussi des opportunités.
20:17C'est ça qu'il faut voir toujours.
20:19C'est pour ça que quelque part
20:19on crée le passeport IA
20:21qui est formé les élèves
20:22sur justement
20:24comment utiliser ces outils,
20:26comment...
20:26Quelles sont les compétences
20:28nécessaires.
20:29Voilà.
20:29Donc je pense qu'à un moment,
20:30il faut qu'on forme
20:31cette génération
20:32à l'usage de l'IA
20:33et pas dire
20:33il ne faut pas d'IA du tout
20:35à l'école
20:35ou dans sa vie personnelle
20:37ou au contraire,
20:38il faut tout IA.
20:39La place de l'humain
20:40est essentielle
20:41et c'est notre capacité
20:43à accompagner l'enfant
20:44avec l'IA
20:45qui fera les bons résultats.
20:47Merci beaucoup
20:48Philippe Colléo,
20:49cofondateur et président
20:51d'Acadomia
20:51était avec nous.
20:52Alexandre Ouagachi,
20:54cofondateur de Masterdoc
20:55et Inès Benamor,
20:57directrice
20:57Science IA
20:58chez Bouper également.
21:00Merci beaucoup.
21:01À suivre,
21:02je vous l'ai dit,
21:03on va parler
21:03du dérèglement
21:05informationnel
21:06et comment est-ce
21:06qu'on peut répondre
21:07à cette question.
21:14On termine cette édition
21:15avec Mathieu Bourgeois,
21:17avocat,
21:17vice-président,
21:19cofondateur du
21:19Think Tank,
21:20le Cercle de la Donnée.
21:21Bonjour Mathieu.
21:22Bonjour Delphine.
21:22Au sein du Cercle,
21:23vous travaillez à une nouvelle étude
21:25qui vise à proposer
21:26la création de professions
21:27réglementées
21:28pour asseoir
21:29les métiers du numérique
21:31et vous réfléchissez
21:32notamment sur
21:32le métier du journalisme.
21:35Est-ce que vous pouvez
21:35nous rappeler déjà
21:36ce que ça veut dire
21:37une profession réglementée
21:38et pourquoi le journalisme ?
21:39Très bien.
21:40Alors, une profession réglementée,
21:42c'est une profession
21:43qui a quatre caractéristiques.
21:44Premièrement,
21:45il y a un titre,
21:47deuxièmement,
21:47dont l'obtention est conditionnée
21:49par l'obtention d'un diplôme,
21:51troisièmement,
21:52qui est encadrée
21:53par le respect
21:54d'une déontologie
21:54et quatrièmement,
21:55qui est sanctionnée
21:56par un ordre professionnel
21:57qui a des pouvoirs de sanction.
21:59Voilà,
21:59c'est le cas par exemple
21:59des avocats,
22:00des commissaires aux comptes,
22:01des médecins,
22:01des architectes.
22:02Très bien.
22:03Voilà.
22:03Chez les journalistes,
22:04il y a la déontologie.
22:05Alors, c'est vrai,
22:06chez les journalistes,
22:06il y a la déontologie,
22:07vous avez raison,
22:08et il y a le titre, bien sûr.
22:09Il n'y a pas l'obligation
22:10du diplôme,
22:11de la diplomation,
22:12comme c'est le cas
22:12pour les avocats,
22:13il n'y a pas non plus
22:14l'existence d'un ordre professionnel
22:15en tant que tel,
22:16avec des véritables pouvoirs
22:17de sanction.
22:17Alors, deux mots,
22:19cette étude,
22:20cette réflexion
22:21ne sort pas de nulle part,
22:21elle sort d'une précédente étude
22:22sur la souveraineté numérique
22:24et dans cette étude
22:25sur la souveraineté numérique,
22:26nous avions une des propositions
22:27qui visait à créer
22:28des professions réglementées
22:29pour mettre un peu d'ordre
22:31dans le chaos numérique
22:33et dans l'impunité numérique actuelle.
22:35Et quel est le rapport
22:36avec le journalisme ?
22:37En fait,
22:37les journalistes traitent
22:38de la donnée.
22:39La donnée et l'information
22:40ont un lien de parenté
22:40puisque l'information,
22:41c'est le degré supérieur
22:42de la donnée.
22:42La donnée,
22:43c'est la représentation
22:43élémentaire d'une réalité
22:45et l'information,
22:46c'est son interprétation.
22:47On peut aller vers des opinions
22:48ou on peut aller vers
22:49des connaissances.
22:51En tout cas,
22:51c'est une donnée enrichie.
22:53Et en fait,
22:53aujourd'hui,
22:54il y a un chaos
22:54dans l'espace informationnel,
22:55dans l'espace numérique
22:56actuel.
22:57Et notre intuition,
23:00c'est que c'est dû
23:01à l'anarchie
23:02des professions
23:03dans ce domaine,
23:03dans le domaine numérique.
23:04Et en fait,
23:05ce n'est pas tellement
23:05un problème technique,
23:06ce n'est pas tellement
23:07un problème normatif,
23:08c'est plutôt un problème humain.
23:10C'est plutôt un problème
23:10de ce qu'en fait,
23:11dans ce domaine-là,
23:12il manque un petit peu.
23:13Et je ne parle pas
23:13des journalistes
23:14de manière générale
23:15et je me mets dedans d'ailleurs.
23:16Je parle de tout le monde
23:17quand je parle de ça,
23:18je n'accuse personne.
23:19Il y a probablement
23:20un problème de conscience
23:21et de compétence
23:22dans ce gigantesque magma
23:25informationnel.
23:26Et donc,
23:27et en plus de ça,
23:28depuis une vingtaine d'années,
23:29on assiste à une production
23:30normative effrénée.
23:32Les journalistes
23:32n'ont pas échappé à cela.
23:33En 2018,
23:34la loi sur les fake news
23:36visant à lutter
23:36contre les fake news.
23:37En 2023,
23:37sur les influenceurs.
23:39Et en fait,
23:39la réflexion
23:40de créer un ordre
23:42et de faire du journalisme
23:43une profession réglementée
23:44se pose parce qu'on est
23:46au cœur avec le journalisme.
23:47C'est-à-dire que vous dépassez
23:48la question des médias officiels
23:50ou vous vous intéressez
23:51directement à la profession,
23:53aux professionnels.
23:54Oui, c'est vrai.
23:54Et dans l'histoire,
23:55la question s'est déjà posée,
23:57en fait.
23:57D'accord,
23:58rafraîchissez-nous la mémoire.
23:59Alors,
24:00dans l'histoire,
24:00pour faire très bref,
24:02le journalisme est né
24:02sous Louis XIII
24:03avec Théophras Renaudot
24:04et il a émergé
24:06au XIXe siècle
24:06avec l'apparition
24:07notamment d'une véritable
24:09industrie,
24:09avec les rotatives,
24:10avec la révolution industrielle.
24:11Et au tournant des deux guerres,
24:14en fait,
24:14le journalisme a subi des crises.
24:16Il a subi des crises
24:17parce qu'à l'époque,
24:18il y a eu des scandales.
24:20Le scandale du Panama,
24:21par exemple,
24:21avec des journalistes
24:21qui avaient été achetés
24:22par des pots de vin
24:22qui écrivaient des papiers
24:24favorables à la compagnie.
24:26Ça a été un scandale
24:27puisque c'était
24:27une escroquerie gigantesque.
24:28Il y a eu le scandale
24:29aussi des emprunts russes.
24:30Et puis,
24:31il y a eu le suicide,
24:32vous savez,
24:32du ministre Roger Salingro
24:33en 1936
24:34parce qu'il a été calomnié
24:35littéralement
24:36par une presse
24:37très, très de droite,
24:38d'ailleurs à l'époque
24:38et très agressive
24:40et très calomnieuse.
24:41Et donc,
24:41en 1936-1937,
24:43il y a un député
24:43à l'époque,
24:45Louis de Chizeau,
24:46je crois,
24:46qui a proposé
24:47la création
24:48d'un ordre des journalistes.
24:49Alors,
24:50bien sûr,
24:50à l'époque,
24:50on a eu peur,
24:51comme on a peur encore
24:52en ce moment
24:52quand on en parle,
24:53d'une censure.
24:54Voilà.
24:54Mais,
24:56en fait,
24:57c'est pour cette raison
24:58que la proposition
24:58n'a pas été adoptée.
25:01Et c'est aussi
25:02parce qu'il y avait
25:02cette croyance
25:03qui est encore
25:04que le lecteur
25:04va sanctionner
25:05le mauvais journaliste
25:06en ne le lisant plus.
25:07Or,
25:08en fait,
25:08à mon sens,
25:09mais c'est une opinion personnelle,
25:10je le dis tout de suite,
25:10je crois que ça n'est pas vrai.
25:12Je crois que le lecteur
25:13ne sanctionne pas
25:14le mauvais journaliste
25:14parce qu'en fait,
25:15le mauvais journaliste,
25:16entre guillemets,
25:16enfin,
25:17celui qui va publier
25:18des papiers sensationnels
25:19sans vérifier les faits,
25:20le lecteur ne va pas avoir
25:21les outils intellectuels
25:22pour le déceler.
25:23Pas toujours.
25:24Il y a ce problème
25:25de flou,
25:25surtout,
25:26entre un journaliste
25:27et un influenceur
25:28ou une personne
25:29qui n'est pas journaliste
25:30et qui fait le même travail.
25:32Bon.
25:32Mais vous pensez quand même
25:34que cette proposition,
25:34elle reste pertinente,
25:35vous, aujourd'hui ?
25:37Moi,
25:37je précise tout de suite
25:38parce que c'est une proposition
25:39qui est à l'étude
25:41dans le groupe de travail.
25:41Donc,
25:42je n'exprime pas la position
25:43du cercle,
25:43je n'exprime pas la position
25:44de l'agora dont je fais partie,
25:45j'exprime une position personnelle,
25:46une réflexion.
25:47Et ça pourrait ressembler à quoi ?
25:48Je pense que,
25:49effectivement,
25:50ça reste très pertinent
25:51et ça pourrait ressembler à quoi ?
25:52Eh bien,
25:53en fait,
25:53ça pourrait ressembler
25:54à la création
25:55d'un ordre professionnel
25:56pour les journalistes
25:58avec l'obligation
25:59de respecter la déontologie
26:00et des pouvoirs
26:00de sanction éventuels
26:01et ça n'empêcherait pas
26:02les journalistes
26:03d'avoir des opinions
26:04mais on remettrait la donnée
26:05au cœur de l'information.
26:06C'est-à-dire que le journaliste,
26:07on lui apprendrait,
26:08il y aura un diplôme pour cela,
26:10à traiter une information
26:11d'abord en partant
26:12des faits et de la donnée.
26:13Alors,
26:13je dis des choses
26:13qui sont certainement
26:15des lieux communs
26:16pour des journalistes sérieux
26:16comme vous.
26:17Dans les écoles de journalisme.
26:18Oui,
26:18dans des écoles de journalisme
26:19et bien sûr,
26:20après,
26:20ils peuvent donner une opinion
26:22mais peut-être que dans ce cas-là,
26:23ils annoncent clairement les choses
26:24et peut-être aussi
26:25que l'État pourrait avoir
26:26une politique un peu plus volontariste
26:28sur les réseaux
26:30en soutenant
26:31les productions pédagogiques
26:32de productions d'informations
26:34et peut-être en taxant
26:36les productions
26:37qui sont parfois
26:42très lucratives,
26:42enfin comment dire,
26:43qui sont des contenus
26:45qui peuvent être nocifs,
26:46je pense évidemment
26:47aux contenus
26:48sur les réseaux sociaux,
26:49sur certains services numériques
26:50qui peuvent être problématiques
26:52pour la liberté.
26:52Alors,
26:53pour conclure,
26:54ce qui est très important
26:57c'est que dans une démocratie,
27:00quand on est une démocratie,
27:01il faut deux éléments
27:02pour être libre.
27:03Il faut du temps
27:03pour réfléchir
27:04et il faut des informations.
27:06Aujourd'hui,
27:07on n'a plus de temps
27:07pour réfléchir.
27:08Pourquoi ?
27:08Parce qu'il y a l'économie
27:09de l'attention,
27:10le marché de l'attention
27:11qui capte tout notre temps disponible
27:12et on a des informations
27:14qui sont pour certaines
27:15sous influence
27:16commerciale ou idéologique.
27:18Donc,
27:18on a de moins en moins
27:19de données brutes,
27:20on a de plus en plus
27:20d'opinions,
27:22plus ou moins déguisées d'ailleurs
27:23et on a de moins en moins de temps
27:24et ça,
27:25ça peut déstabiliser gravement
27:26la démocratie.
27:27Mathieu Bourgeois,
27:28merci beaucoup.
27:29Je vous propose de m'inviter
27:29dans votre cercle de réflexion
27:30parce que j'aurais tellement
27:31de choses à dire
27:31mais cette émission
27:32est terminée.
27:34Mathieu Bourgeois,
27:34je rappelle que vous êtes avocat
27:35et vice-président
27:36du Cercle de la Donnée.
27:38Merci de partager
27:39en tout cas vos points de vue
27:40très régulièrement
27:40dans Smartech
27:41et merci à tous
27:42de nous suivre.
27:43Je vous donne rendez-vous
27:44jeudi prochain.
27:45On sera en direct
27:45à 10h45
27:46pour le grand débrief
27:47de l'ActuTech.
27:48Sous-titrage Société Radio-Canada
27:53Sous-titrage Société Radio-Canada
27:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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