- il y a 13 heures
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:09Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité Philippe Salle, le président directeur général d'Atos Group.
00:15Bonsoir Philippe Salle.
00:16Bonsoir.
00:17Merci d'être là. Il a fallu beaucoup de persuasion pour vous faire venir ici.
00:21Ça fait tout juste un an que vous avez pris les rênes d'Atos.
00:25C'était Atos qui a connu une descente aux enfers.
00:29Vous avez publié vos résultats pour 2025.
00:32C'était vendredi. Vous avez fait des annonces.
00:35Vous allez encore en refaire, je crois, mercredi.
00:38Vous allez nous expliquer un peu où est-ce que vous en êtes,
00:41sachant que votre plan que vous avez mis en place,
00:44il est un peu plus long à se mettre en place.
00:47Mais surtout, c'est que la guerre, ce qui se passe au Moyen-Orient,
00:50évidemment, ça va bousculer un peu tous les plans stratégiques qui ont été concoctés.
00:56Philippe Salle, vous diriez que ça y est, vous êtes vers la sortie de l'enfer pour Atos ?
01:00Oui, c'est fait. Je pense qu'on a sorti Atos de l'ornière.
01:04Comme vous l'avez dit, 23-24, ça a été une situation très compliquée,
01:09sur laquelle Atos était en quasiment défaut de paiement de sa dette.
01:13Et puis, il y a eu une restructuration financière qui a été faite fin 24,
01:18ce qui nous a permis ensuite de lancer notre plan d'exécution,
01:20que j'ai appelé Genesis, en mai 2025.
01:22Genesis, retour aux sources.
01:23Voilà.
01:24Et sur lequel, 90% du plan a été exécuté en 25,
01:27ce qui nous a permis de redevenir et profitables,
01:30et surtout d'avoir la base de coûts, en fait, la bonne pour le futur.
01:34Oui.
01:35Alors, en même temps, vous dites ça, j'ai lu attentivement vos commentaires,
01:38ce que vous avez dit, effectivement.
01:39Effectivement, vous avez une marge de 4,4%, vous avez un objectif de la doubler.
01:44Puis, en même temps, vous avez quand même une perte de lourde perte d'un milliard 6.
01:49Vous avez un chiffre d'affaires qui s'est contracté de plus de 11%.
01:53Donc, il y a un petit peu...
01:55Ça dépend que les côtés, on voit le vert, quoi.
01:56Oui, en fait, le chiffre d'affaires a baissé de 14% en 2025.
02:0014%, vous voyez.
02:01C'est énorme.
02:02Mais on a doublé notre EBIT.
02:03Donc, en fait, notre résultat opérationnel.
02:05On est passé d'environ 170 à 350 millions.
02:08Mais il y a eu tous les efforts de restructuration qu'on a fait.
02:10Le plan de Genesis coûte 700 millions.
02:13On a sorti quand même quasiment 20 000 personnes en un an.
02:15Donc, ce qui est énorme dans différentes géographies,
02:18entre des ventes, des cessions d'actifs et des fermetures de pays.
02:21Et puis aussi, ce qu'on appelle un reset, en fait, de la base de coûts
02:25dans nos différentes géographies.
02:27Donc, oui, en fait, on a la conséquence de ce qui s'est passé en 2024.
02:32C'est-à-dire que beaucoup de clients, en fait, ont arrêté certains contrats
02:34de peur qu'à Tauze disparaisse.
02:36Et nous, ce qu'on a fait, simplement, c'est qu'on a remis la base de coûts
02:39en face de ce qu'on estime être un chiffre d'affaires qui sera stable.
02:42Oui, ça veut dire que vous avez fait...
02:43Enfin, comme on dit pudiquement, c'est pas très élégant,
02:45mais vous avez nettoyé votre portefeuille.
02:46C'est-à-dire que vous avez fait sortir certains clients.
02:50Pour vous, les contrats n'étaient pas suffisamment rentables.
02:52Exactement.
02:53Et puis, il y en a certains qui sont partis d'eux-mêmes,
02:55notamment anglo-saxons.
02:57Exactement.
02:57Donc, en fait, UK et US, vous avez complètement raison.
02:59Ce sont des pays sur lesquels les départements des risques sont plus forts.
03:03Donc, on posait, en fait, des contraintes.
03:05Ils nous ont interdit, en fait, tout simplement de soumissionner à des appels d'offres.
03:10Ça a été moins le cas en Europe.
03:11Heureusement, certains de nos clients étaient assez fidèles.
03:13Nous continuons à travailler avec nous, même s'ils savaient qu'il y avait un risque.
03:16Mais c'est vrai qu'on subit, en fait, tous les dégagements
03:19qui ont été décidés en 2024.
03:222025, c'est vraiment, voilà, gérer la conclusion de ça.
03:25Et je pense qu'en 2026, on est maintenant sur la bonne base.
03:28Je pense qu'il n'y a plus aucun client, maintenant, qui a peur.
03:30Je pense que la plupart de nos clients sont rassurés.
03:32Et maintenant, c'est à nous, maintenant, de gérer le rebond
03:35qui se fera certainement au deuxième semestre.
03:37Oui, mais en même temps, vu la baisse de votre chiffre d'affaires,
03:39alors, il y a eu des sessions, vous l'avez dit,
03:41mais il y a eu un effet confiance qui a mis un petit peu de temps, quand même,
03:45à revenir, si on peut dire qu'il est revenu.
03:47Non, mais en fait, la cicatrice est forte.
03:49Et c'est peut-être là-dessus où j'ai péché par optimisme.
03:52Mais c'est que je pensais qu'en un ou deux ans,
03:53on arriverait à redresser la barre du point de vue des clients.
03:56La vérité, c'est qu'en fait, on est plutôt sur un temps entre deux et trois ans.
03:59Donc, ça va se faire entre courant 26 et 2027.
04:03Et donc, c'est pour ça qu'on estime qu'en fait,
04:04le rebond va se faire au deuxième semestre de cette année
04:07et une accélération de la croissance en 2027.
04:11Vous diriez quoi ?
04:12Vous avez vécu un véritable cauchemar, là, depuis que vous êtes arrivé,
04:15depuis un an.
04:15Est-ce que vous attendiez ?
04:16Alors, vous êtes un spécialiste du retournement,
04:19surtout dans ces secteurs, on va rester pudique, là encore.
04:22Mais est-ce que vous attendiez quand même à ce que vous avez découvert ?
04:27Alors, d'abord, je pense que toute situation est redressable.
04:31Ça fait 27 ans que je suis PDG, donc j'ai vu beaucoup de choses dans ma vie.
04:35Et Atos ne déroge pas à cette règle.
04:39Je pense que simplement, le traumatisme est très sérieux.
04:44C'est la première fois que je gère une entreprise
04:46qui a subi un choc massif en 2024.
04:49Comme je vous l'ai dit, certains pensaient que même on allait disparaître,
04:51en fait, on allait déposer le bilan.
04:53En plus, il y avait un projet de scission de casser la société en deux.
04:56Un projet de scission, un projet de reprise avec Daniel Tretinsky,
05:00avec aussi la Yanni, Butler, il y a eu tout, quoi.
05:04Oui, il y a eu un grand épisode avant que j'arrive.
05:07Donc non, j'ai presque envie de dire que je n'ai pas été surpris
05:09parce que je sais que l'entreprise a été meurtrie et c'est tout à fait normal.
05:13Je pense qu'on a des forces vives qui sont très attachées à Atos,
05:16ce qui est une très bonne chose.
05:17C'est-à-dire que quand on regarde le turnover de nos équipes,
05:19il est très faible, aux alentours de 13-14 %,
05:22même l'année 2024, qui était une année sur laquelle,
05:24finalement, beaucoup de gens auraient pu partir.
05:26Et donc ça, c'est une des forces, je pense, d'Atos.
05:28C'est qu'on a des équipes qui sont au travail,
05:31qui aiment Atos, qui continuent à délivrer les services
05:34qui sont demandés par nos clients à des niveaux d'excellence
05:36qui sont très forts.
05:37Il y a une question, j'imagine que la réponse n'est pas facile,
05:40mais je vous la pose quand même.
05:41Est-ce que Thierry Breton est responsable de cette situation
05:44dans laquelle vous avez trouvé Atos ?
05:47Je ne peux pas répondre à cette question-là.
05:48Je pense que c'est un enchaînement de beaucoup de décisions.
05:51Non, je ne sais pas, franchement, je ne regarde pas.
05:53Non, mais parce qu'est-ce qu'il a eu les yeux plus gros que le vent ?
05:54C'est-à-dire que c'est un entrepreneur, c'est quelqu'un qui va de l'avant,
05:56c'est quelqu'un, il a fait un accord avec Siemens,
05:59il a racheté une partie, il a racheté Sintel aux Etats-Unis,
06:02il avait racheté Bulle, qui dirigeait avant.
06:04Donc c'est quelqu'un qui a eu beaucoup d'ambition pour Atos,
06:06mais justement, trop.
06:09La croissance doit être assimilable, disons.
06:12Et effectivement, je pense qu'il y a eu une croissance trop forte et non assimilée.
06:16Il faut savoir intégrer des équipes, ce qui n'a pas été le cas.
06:19La vision, en tout cas, est la bonne.
06:21C'est-à-dire que pour jouer dans la cour des grands,
06:22il faut faire à peu près 10 milliards.
06:23Et donc c'est vraiment l'objectif qu'on s'est fixé.
06:26Donc là, vous êtes à 8 ?
06:27Là, on est à 8.
06:28On sera même plutôt aux alentours de 7 plus à partir de 2026.
06:31Oui, parce que c'est bizarre, vous êtes content.
06:32Et en même temps, ce que je disais en introduction,
06:34votre chiffre d'affaires se contracte.
06:37Oui, le chiffre d'affaires se contracte,
06:38mais la rentabilité va encore quasiment monter de 60% cette année.
06:41C'est-à-dire qu'on essaie simplement de mettre la base qu'il faut
06:44pour pouvoir rebondir.
06:45C'est ça qui est très important pour moi.
06:47Quelle est, je dirais, la géographie dans laquelle on veut jouer ?
06:50Quels sont les services dans lesquels on veut jouer ?
06:52Et donc c'est ça qu'on est en train de remettre en place.
06:55Ça, c'est ce que vous êtes en train de remettre en place.
06:57Alors, est-ce que vous n'êtes pas trop optimiste ?
06:59C'est vous-même qui l'avez dit, Philippe Salle,
07:01que sans doute vous l'avez déjà été un peu trop pour vos ambitions 2025 et 2026.
07:06Là, vous avez un plan encore très ambitieux.
07:08Vous voulez doubler votre marge à 7%, puis encore la doubler.
07:12Vous voulez même lancer un nouveau plan stratégique.
07:15Et puis, il y a ce qui se passe aujourd'hui,
07:18guerre au Moyen-Orient, avec quand même un doute
07:23qui pèse comme une épée de Damoclès, un peu sur l'économie mondiale.
07:27On ne sait pas très bien combien de temps ça va durer.
07:28Tout à l'heure, Emmanuel Macron a dit plusieurs semaines.
07:31J'imagine que notamment l'impact que ça peut avoir sur les taux d'intérêt,
07:34sur la restructuration de votre dette,
07:36qui est quand même la clé de la survie d'Atos.
07:40Alors, notre dette, là, vous avez raison,
07:43c'est qu'aujourd'hui, les fenêtres de tir pour renégocier de la dette sont fermées.
07:47Là, aujourd'hui, si je voulais aller sur le marché,
07:49lever de la dette pour rembourser, la réponse, c'est non.
07:53Mais les marchés, ça bouge très très vite.
07:55C'est-à-dire qu'une fois que la guerre va se terminer,
07:57en semaine, en mois, je pense que personne ne sait aujourd'hui.
07:59Nous sommes prêts, en fait, c'est ça la vérité.
08:01La première échéance d'Atos, c'est décembre 2029.
08:05Donc, on a largement le temps de pouvoir renégocier notre dette.
08:07Si ce n'est pas en 26, ce sera en 27, on verra.
08:10Mais pour nous, le mieux sera mieux.
08:12Le plus tôt sera le mieux, tout simplement.
08:14Maintenant, on s'est préparé.
08:16On est prêts exactement à lever une partie,
08:18à rembourser une autre partie.
08:19Et on verra quelle est la meilleure fenêtre de tir courant 26.
08:22Parce que, en mettant l'ensemble du secteur informatique souffre.
08:26On a vu Dassault Systèmes, on a vu SAP.
08:28Vous aussi, j'imagine que votre business lui-même est quand même impacté.
08:33Alors, il y a eu une grande frayeur, en fait, début février,
08:37sur tous les marchés d'informatique et software.
08:39Oui.
08:40Comme quoi, entre guillemets, l'intelligence artificielle a nous remplacé.
08:45Ce qui est une ânerie sans nom, mais ce n'est pas très grave.
08:47Les marchés, toujours, de toute façon, réagissent de tout trop, en fait.
08:50Ou à la hausse ou à la baisse.
08:51Là, on est trop, en fait, en réaction à la baisse.
08:54Il va y avoir des impacts, c'est sûr.
08:55C'est-à-dire qu'il ne faut pas rêver non plus.
08:57Le fait que l'intelligence artificielle va changer nos métiers,
09:00oui, ça va arriver dans les prochaines années.
09:02Ça va prendre du temps.
09:03Beaucoup plus en Europe, d'ailleurs, qu'aux États-Unis.
09:05Mais il est évident qu'effectivement,
09:07la façon dont on travaille aujourd'hui
09:08et celle qu'on travaillera demain
09:09va être quand même beaucoup changée dans les prochaines années.
09:12Alors, maintenant, on va regarder un peu
09:13qu'est-ce que vous ambitionnez, justement,
09:15pour Atos, parce que
09:18nettoyage du portefeuille,
09:20notamment anglo-saxon,
09:21c'est-à-dire, là aussi,
09:23certains des entreprises ne voulaient plus de vous,
09:25mais maintenant, vous, vous ne vouliez plus de certains de vos clients.
09:27Mais c'est en train, ça y est, là, vous considérez
09:29que votre base de clientèle est la bonne,
09:31en tous les cas, en termes de marge,
09:33d'objectifs de marge.
09:35Mais maintenant,
09:37vous êtes en train un peu de
09:40repositionner Atos
09:41sur certains pays,
09:43déjà, puisque vous sortez de l'Amérique latine,
09:45vous sortez de pays qui ne sont pas rentables,
09:47non plus,
09:49et puis, en même temps,
09:50pour vous,
09:51vos marchés, c'est
09:53l'Amérique,
09:54la Grande-Bretagne,
09:55l'Allemagne
09:56et la France, c'est ça ?
09:57Ça, c'est nos quatre grands pays,
09:58exactement,
09:59qui font quasiment 70%
10:00du chiffre d'affaires d'Atos.
10:02En fait,
10:03nos zones,
10:03je dirais, de prédilection,
10:04c'est États-Unis,
10:05Europe,
10:06Moyen-Orient,
10:07Asie,
10:07mais on est faible aujourd'hui au Moyen-Orient,
10:09faible en Asie.
10:10Ça tombe bien, en ce moment,
10:11enfin, Moyen-Orient,
10:12c'est pas très très grave,
10:13mais c'est vrai qu'il faut regarder ça
10:14sur le long terme,
10:15il y a des besoins colossaux aujourd'hui
10:16sur des centres de données,
10:17etc.,
10:18et donc, je pense qu'on est
10:18très très bien positionnés.
10:19Donc, oui,
10:20je pense qu'on a le bon périmètre aujourd'hui,
10:22on a effectivement fait le travail
10:23sur le portefeuille,
10:24et maintenant,
10:25notre objectif,
10:26c'est d'aller transformer
10:27maintenant la société
10:27avec l'intelligence artificielle,
10:29qui est vraiment
10:29notre grand pari de 2026.
10:31Oui, alors voilà,
10:32l'Atos,
10:33vous allez vous appuyer
10:34sur trois grands piliers.
10:36Oui, exactement.
10:37Trois grands,
10:37ce qu'on appelle BETS,
10:38enfin, c'est Paris,
10:41sur lesquels, en fait,
10:41on va investir
10:42toute notre R&D.
10:43Donc, le premier,
10:44c'est l'intelligence artificielle
10:45avec ce qu'on appelle
10:46les Agentic Studios,
10:47c'est-à-dire des studios d'agents
10:48qu'on va proposer à nos clients.
10:49Oui, alors c'est quoi ?
10:50Pardonnez-moi,
10:50mais chaque fois que je reçois
10:51quelqu'un ici,
10:52il me dit
10:52« Ah, l'intelligence artificielle !
10:54Ah, l'intelligence artificielle ! »
10:55C'est un peu bateau, vous voyez ?
10:57Oui, c'est un peu bateau.
10:58Donc, non, mais je veux dire,
10:59qu'est-ce que vous allez faire
11:00de plus, surtout que vous,
11:02c'est votre métier ?
11:03Enfin, en tous les cas,
11:03c'est ce que vous voulez.
11:04En fait, l'intelligence artificielle
11:06a deux impacts sur des sociétés,
11:07enfin, grosso modo, deux impacts.
11:08Le premier, d'abord,
11:09c'est que ça permet
11:09de simplifier la façon
11:10dont on développe du software,
11:13parce qu'en fait,
11:13il n'y a plus besoin de développeurs
11:15et que des agents,
11:16enfin, des moteurs
11:17d'intelligence artificielle
11:18développent pour vous-même.
11:19Donc, c'est fini.
11:20On fait des spécifications,
11:21mais après,
11:21c'est développé en automatique.
11:23Ça permet grosso modo
11:24de développer deux fois plus vite.
11:26Donc, ce qu'on va pouvoir
11:26simplement mettre en place,
11:28c'est une façon différente
11:29de développer
11:30et de permettre
11:31de mettre deux fois plus,
11:32en fait, d'output
11:34à nos clients.
11:35Vous pouvez nous donner un exemple ?
11:36Au lieu de prendre un software
11:38qu'on développe en 18 mois,
11:39on le développera en 9 mois,
11:40en fait, tout simplement.
11:41Ça régle le temps par deux.
11:42Donc, ça, c'est la première chose
11:43que ça va faire.
11:44Et la deuxième chose,
11:45c'est que ça met en place
11:46des agents,
11:47c'est-à-dire qu'en fait,
11:47on va mixer sur un processus
11:50qui travaille de côté humain
11:53et qui travaille du côté agent.
11:54Agence et Intelligence Artificielle.
11:57Et ça, c'est quelque chose
11:58qui va arriver
11:58dans tout ce qu'on appelle
11:59tous les processus de back office,
12:01certains processus de front office,
12:03dans les 1 à 3, 4 prochaines années.
12:06Donc, en fait,
12:07sur un processus donné,
12:08aujourd'hui,
12:08où il y a 100 % d'humains,
12:10demain, ça sera, à mon avis,
12:1130-40 humains
12:12et à peu près 50-60 %
12:14par des agents.
12:14– D'accord.
12:16Et donc là,
12:16vous avez,
12:18je crois que vous avez passé
12:19beaucoup de temps là-bas
12:19dans la Silicon Valley,
12:21vous êtes en train de créer
12:22un studio,
12:24des studios argentiques,
12:25avec,
12:27alors, c'est un peu bizarre
12:28comme sur structure,
12:29c'est-à-dire que vous ne rachetez pas
12:30des sociétés,
12:31mais vous avez cinq sociétés
12:32qui, selon le processus,
12:35vont travailler pour vous,
12:36non ?
12:36Si j'ai bien compris.
12:37– En fait, on a géré
12:38un écosystème de partenariats,
12:40très important,
12:40parce que certains,
12:41en fait,
12:41on n'a pas besoin de le faire,
12:42parce que c'est très bien fait
12:43par d'autres.
12:45Notre objectif,
12:46en fait,
12:46c'est simplement,
12:46c'est de proposer à des clients
12:49d'agentifier,
12:49en fait,
12:49leur process.
12:51Donc, on regarde le process,
12:52on regarde quelle partie
12:53du process va être faite
12:54par des robots
12:55et quelle partie du process
12:55va être faite par des hommes.
12:57Et la partie qui sera,
12:58donc,
12:59faite par des robots
13:00ou par des agents,
13:01en fait,
13:01soit on les code nous-mêmes,
13:02soit on aide le client
13:03à les coder,
13:04soit on les maintient,
13:05soit c'est le client
13:05qui le maintient,
13:06tout est possible dans les studios.
13:07Mais l'objectif pour eux,
13:09enfin,
13:09pour nous,
13:09bien sûr,
13:10c'est de leur proposer
13:11de décomposer leur process
13:13et de pouvoir ensuite
13:14mettre une partie du process
13:16en automatisation.
13:17Alors là,
13:17vous avez recruté une star,
13:21Florian Rotta,
13:22donc vous avez débauché
13:25qui va vous aider là-dessus.
13:27Vous avez cinq sociétés,
13:30mais vous les avez,
13:30évidemment,
13:31déjà identifiées.
13:32Vous allez en prendre le contrôle
13:34ou comment ça va se passer ?
13:35Donc,
13:36Florian,
13:36effectivement,
13:37a rejoint le 1er septembre.
13:38Donc,
13:38c'est vraiment quelqu'un
13:39qui est très connu
13:40dans le monde
13:40de l'intelligence artificielle.
13:41Il est basé sur la côte ouest
13:43des États-Unis.
13:44Parce qu'il faut quand même
13:44savoir que tout se passe là-bas,
13:45quand même,
13:46la plupart,
13:46il ne faut pas rêver.
13:47Je veux dire,
13:47beaucoup de choses se passent
13:48quand même aux États-Unis.
13:50Ensuite,
13:50nous,
13:50on a réfléchi avec Florian
13:51de l'écosystème
13:52dont on a besoin
13:53pour proposer une solution
13:54à nos clients.
13:55Il y a des choses
13:55qu'on sait faire en interne,
13:56il y a des choses
13:57qu'on préfère sous-traiter.
13:58Et donc,
13:58c'est cet écosystème
13:59plus nos forces internes
14:01qui permettra
14:02de donner la solution.
14:03Oui,
14:04mais l'autre point,
14:06lorsque je vous écoute,
14:07parce que ça fait
14:08beaucoup de gens
14:08qui vont connaître
14:09les secrets des entreprises.
14:11Or vous,
14:11un de vos piliers,
14:12justement,
14:12c'est la cybersécurité
14:14et la souveraineté.
14:16Comment est-ce que
14:17vous pouvez assurer
14:18des entreprises
14:18qu'avec autant
14:19d'intervenants,
14:21la souveraineté,
14:22la protection
14:23de leurs données
14:23sera sauvegardée ?
14:25Alors,
14:25il faut savoir
14:25qu'on est maître d'œuvre,
14:26donc c'est nous
14:26qui prenons les projets.
14:28Ensuite,
14:29on sous-traite une partie,
14:30mais la sous-traitance,
14:31toutes les données,
14:32toutes les interactions
14:34sont complètement protectes.
14:35Et voilà,
14:35donc il n'y a rien
14:36qui va passer à l'extérieur.
14:37C'est pour ça d'ailleurs
14:38qu'on a aussi
14:38des partenariats
14:39avec des data centers
14:40qui restent privés,
14:41c'est-à-dire que les moteurs
14:43de LLM,
14:43d'entraînement,
14:44ne donnent pas leurs données
14:46au cloud.
14:47Donc on reste vraiment
14:48dans un environnement
14:50complètement fermé
14:50pour les entreprises.
14:52Ça,
14:52c'est un point important
14:53pour ça que vous mettez
14:54l'accent dessus
14:56parce que c'est tout l'enjeu.
14:57Ce que ne se rende pas compte
14:59de certaines entreprises,
15:00parce que parfois,
15:00certains de leurs employés
15:02utilisent des moteurs
15:03de LLM
15:03pour faire des tâches,
15:04c'est qu'ils utilisent
15:05des moteurs de LLM
15:06qui sont dans le cloud
15:07et donc toutes les données
15:08qui sont utilisées
15:09deviennent publiques.
15:10C'est ça le grand danger.
15:11Donc nous,
15:12ce qu'on essaye,
15:12c'est qu'on propose
15:13une solution
15:13où les données
15:14qu'on utilise après
15:15restent dans le monde du privé.
15:19La cyber,
15:20ça c'est à travers
15:20votre filiale ?
15:21Alors,
15:22en fait dans la cyber,
15:23on a deux offres.
15:24En fait,
15:24on a une offre avec Eviden,
15:25effectivement,
15:25on fait du produit
15:26et on a aussi l'offre Atos
15:28qui fait plus du service,
15:29donc par exemple
15:29des service centers,
15:31enfin ce qu'on appelle
15:32des SOC.
15:33Il faut comprendre
15:34qu'en fait la cyber
15:34va beaucoup évoluer aussi
15:36à la fois par deux grandes vagues.
15:38Le premier,
15:38c'est les agents,
15:39c'est-à-dire qu'on va pouvoir
15:40attaquer de façon
15:41beaucoup plus automatique
15:42et le deuxième,
15:43c'est le quantum,
15:44c'est-à-dire l'informatique
15:45quantum qui va arriver,
15:46quantique qui va arriver
15:46entre 2030 et 2040
15:48où là,
15:49ça va augmenter
15:50la rapidité des attaques.
15:52Et donc nous,
15:52en fait,
15:52on met des pare-feux
15:53pour ça sur les deux sujets.
15:55Oui,
15:55le quantique,
15:56c'est très important,
15:56on le voit avec
15:57l'introduction de Pascal.
15:58Mais en mettant,
15:58vous,
15:59vous faisiez justement
16:00des grands calculateurs
16:01du quantique
16:01à travers la filiale BDS
16:03que vous êtes
16:05l'ex-Bulle
16:06que vous êtes en train
16:07de vendre à l'État.
16:09Est-ce que vous ne regrettez pas
16:10finalement ?
16:10Parce que maintenant
16:11qu'Atos est remis sur pied,
16:12que vous êtes en train
16:14de retrouver une forme
16:14de légitimité,
16:15en tous les cas,
16:16il y a un avenir,
16:18est-ce que vous ne dites pas
16:19qu'on n'aurait jamais
16:19dû céder BDS ?
16:20Non,
16:20parce qu'en fait,
16:21je pense qu'on ne peut pas
16:21mener tous les combats.
16:23Le combat du quantique
16:24est un combat très compliqué.
16:25Oui,
16:26mais vraiment vital.
16:27Je pense que Bulle
16:28sera avec l'État
16:29certainement mieux paré
16:30dans le futur
16:31qu'il serait avec Atos.
16:32D'accord.
16:34Donc nous,
16:34en fait,
16:34on pense...
16:36La stratégie,
16:37c'est toujours un choix,
16:37la vérité.
16:38Donc ce qu'on cherche,
16:39c'est simplement
16:40être bon dans les secteurs
16:41sur lesquels on estime
16:42qu'on a une vraie différenciation.
16:43Aujourd'hui,
16:44en tout cas,
16:45on a suffisamment
16:45d'investissements à faire
16:46dans nos grands paris,
16:47comme vous dites,
16:48qui sont l'Agentic,
16:50qui sont la cyber
16:50et qui sont la souveraineté aussi.
16:52Il faut comprendre aussi
16:53qu'en fait,
16:53plusieurs pays
16:54cherchent de la souveraineté.
16:55Le Canada cherche
16:56de la souveraineté aussi.
16:57C'est aussi étonnant
16:58que ça paraisse.
16:59Bien sûr,
16:59le Moyen-Orient,
17:00l'Asie,
17:00etc.
17:01Et donc nous,
17:01on essaie d'apporter
17:03cette offre aussi
17:03de souveraineté
17:04aux différentes zones
17:06géographiques dans le monde.
17:07Mais pardon,
17:07ça veut dire quoi
17:08apporter la souveraineté ?
17:09Ça veut dire que...
17:10La souveraineté de la France,
17:11je la connais,
17:12la souveraineté industrielle,
17:13OK.
17:14Nous,
17:14on parle de souveraineté informatique,
17:15c'est simplement
17:16d'être sûr
17:17que les données
17:18que vous hébergez,
17:19la façon dont vous les
17:21stockez
17:21et vous les retrouvez,
17:22en fait,
17:26qui est très important.
17:27Or,
17:28aujourd'hui,
17:28quand vous allez dans
17:29l'Union de la Ronde...
17:29Mais vous avez les forces
17:30parce que ce que vous dites,
17:31il y a plein d'entreprises
17:32qui font ça notamment
17:33des géants américains.
17:34Est-ce que vous avez
17:35les moyens humains
17:37de ça,
17:37Philippe Salle ?
17:38Exactement,
17:38oui,
17:39on a les moyens.
17:39Donc en fait,
17:40la vérité,
17:40c'est que justement,
17:41sur ces géants américains,
17:42il va falloir peut-être
17:43un jour pouvoir
17:45s'en séparer d'une partie.
17:46Je pense qu'il y a
17:47certains sujets
17:47sur lesquels ils sont très forts,
17:49ça n'a pas de sens.
17:50Par contre,
17:50il y a une certaine partie
17:51sur laquelle,
17:51à mon avis,
17:51les données peuvent être
17:52hébergées différemment.
17:53Par exemple ?
17:54Illustration ?
17:55Dans le monde bancaire,
17:57typiquement,
17:57par exemple,
17:58les données clients
17:58n'ont rien à faire
17:59dans un cloud
18:00qui sera non-souverain.
18:01Donc il faut avoir
18:02soit des data centers privés,
18:05soit remettre in-house,
18:07ce qu'on appelle
18:07dans la propre maison,
18:08c'est-à-dire
18:09dans les propres centres
18:10de données bancaires
18:11pour être sûr
18:12simplement que les données
18:12ne sortent pas.
18:13Oui,
18:13parce qu'il y a
18:14les services financiers,
18:15il y a la santé,
18:16puis il y a le service public,
18:17évidemment.
18:17Exactement.
18:17Mais on assiste
18:18tous les jours
18:19à des fuites de données,
18:20comme on dit pudiquement.
18:22À votre avis,
18:23c'est dû au fait
18:24que ça se balade
18:25trop dans le cloud ?
18:26Non,
18:26hélas,
18:27ce n'est pas dû à ça,
18:28c'est juste le fait
18:28qu'on n'est pas assez protégé,
18:29donc on peut attaquer
18:30un serveur privé aussi.
18:32Il suffit simplement
18:32de pouvoir hacker
18:35un profil d'un des employés
18:36et pouvoir rentrer
18:36dans le système,
18:37tout simplement.
18:38Donc de toute façon,
18:39il faut une protection,
18:40que ce soit sur un cloud privé
18:41ou sur un cloud non privé,
18:43il faut des protections,
18:44quelles que soient,
18:45et j'ai presque envie de dire,
18:46hélas,
18:46ce n'est pas parce que
18:47que vous êtes dans un cloud privé
18:48que vous êtes mieux protégé.
18:49Philippe Salle,
18:50vous avez 4% du capital,
18:51je crois maintenant,
18:52d'Atos à peu près,
18:52c'est ça ?
18:53Entre mes actions gratuites,
18:54effectivement,
18:54et ce que j'ai acheté,
18:55oui, tout à fait.
18:55Oui,
18:56vous avez l'ambition
18:56de monter au capital ?
18:58J'aimerais bien,
18:59donc ça,
18:59c'est les prochaines étapes
19:00dans les prochains mois
19:01ou années,
19:02effectivement,
19:03oui,
19:03vous passez entre 5 et 10%
19:04à terme,
19:04ça serait normal.
19:05Ok,
19:05les autres actionnaires,
19:06il y a un flottant,
19:07les pauvres actionnaires
19:08qui ont pris
19:09plusieurs bouillons successifs,
19:11vous leur promettez quoi ?
19:12Même si je dis,
19:13attention,
19:14il est optimiste,
19:15mais vous me direz,
19:15sinon vous ne serez pas
19:16chez l'entreprise.
19:17Je ne connais pas de PDG
19:17qui vous dirait
19:18que l'action est sous-côtée,
19:19sinon ça serait très dommage.
19:20Mais bon,
19:21quand vous regardez aujourd'hui
19:22notre plan d'exécution
19:23jusqu'en 2028
19:24et les agrégats financiers,
19:25il n'y a aucune raison
19:26que l'action ne soit pas
19:27multipliée aujourd'hui
19:28par 4, 5,
19:28voire un peu plus.
19:29Donc je pense qu'il y a
19:31énormément de valeur
19:32qui va arriver
19:33dans les prochaines années.
19:34Je pense qu'il nous faut
19:34encore 2026
19:35pour prouver
19:36le rétablissement d'Atos
19:38et je suis à peu près sûr
19:39que l'action va fortement progresser
19:41dans les années 27-28.
19:43Des fonds spéculatifs,
19:45des hedge funds
19:46sont vos actionnaires.
19:48Est-ce que vous espérez
19:49peut-être,
19:50peut-être pas tout de suite,
19:51mais vous adosser
19:52à quelqu'un,
19:53à un groupe,
19:54à quelque chose ?
19:55Écoutez,
19:55la meilleure façon
19:56d'être indépendant,
19:57c'est de sortir du cash flow.
19:58Donc je presque en veux dire
19:59que ce n'est pas une obligation.
20:00Certains hedge funds
20:01quand même nous ont aidés
20:01à passer 2024
20:02et je ne peux que les remercier.
20:04Ils ont un timing de sortie
20:06qu'il est de l'heure,
20:06on verra bien,
20:07c'est dans les prochaines années
20:08mais j'ai presque envie de dire
20:09pour nous,
20:09ça ne change pas grand-chose.
20:10D'accord,
20:11vous n'avez pas un objectif
20:11de vous adosser ?
20:12Non, absolument pas.
20:13Non, d'accord.
20:14Vous adossez à vous-même,
20:15à Philippe Salle.
20:16Merci beaucoup
20:17d'être venu ici,
20:18Philippe Salle,
20:19donc le patron d'Atos.
20:20Encore beaucoup d'ambition
20:21en 2026,
20:22mais on a compris que 2026
20:23ne sera pas tout de suite
20:25la meilleure année
20:26mais à partir de 2027,
20:27ça devrait vraiment repartir
20:28dans le bon sens.
20:29Merci beaucoup
20:30d'avoir été avec nous.
20:31Dans un instant,
20:32là aussi c'est un secteur
20:33un peu difficile
20:33mais ils ne se sentent pas trop mal.
20:35L'immobilier à l'occasion
20:36de l'ouverture du MIPIM,
20:38c'est Laurent Dumas,
20:39le patron de Emery,
20:41promoteur immobilier
20:41qui sera avec nous.
20:42A tout de suite.
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