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  • il y a 3 heures
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00C'est La Tribune, présente
00:03Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:09Vous êtes bien dans le 18-19 mon invité, c'est un revenant, c'est un Charles Becbédé,
00:13le président fondateur d'Audacia, bonsoir Charles Becbédé.
00:16Bonsoir Edwige, merci de m'inviter.
00:17Voilà, ravi de vous retrouver, vous publiez un livre,
00:20New Space, l'économie de la conquête du cosmos.
00:22En fait c'est pas parce que vous publiez un livre que je vous ai invité,
00:25c'est plus parce qu'effectivement le New Space, on voit bien que c'est un peu le nouveau terrain
00:30de jeu,
00:30si vous me permettez cette expression d'investisseur que vous êtes.
00:35Et pour vous, vous expliquez dans ce livre pourquoi c'est si important.
00:39Vous avez une phrase très intéressante, je vous ai dit ça dans un instant,
00:43je rappelle juste que vous êtes présent fondateur d'Audacia, fonds de private equity,
00:47vous avez investi dans combien, 400 entreprises à peu près ?
00:50Oui, 400 entreprises, avant je créais des entreprises,
00:53maintenant je crée des fonds, des fonds spécialisés,
00:55donc on est dans le quantique, dans le spatial, dans le nouveau nucléaire,
00:59et c'est ça Audacia, je l'ai créé il y a 19 ans,
01:01et j'accompagne près de 150 entreprises, dont 75 vraiment deep tech.
01:06Et puis vous êtes président de France, secrétaire générale de France deep tech,
01:11vous avez un fonds quantique qui s'appelle Cantonation,
01:14enfin c'est pas vous mais vous avez participé en tous les cas.
01:16On est partenaire de Cantonation, j'ai cofondé Cantonation,
01:20et donc Expansion aussi, qui est ce fonds que j'ai cofondé et que je gère,
01:26et qui est concentré sur cette révolution du new space,
01:30et du new defense aussi, parce qu'on va en parler,
01:33mais cette nouvelle donne de l'industrie spatiale,
01:36elle intéresse aussi énormément les militaires.
01:38Quelque part l'espace se privatise, mais se militarise aussi.
01:43Vous aviez, vous connaissez depuis longtemps,
01:46vous aviez investi dans Self Trade,
01:48et puis après il y a eu Poeo,
01:50puis là maintenant vous vous lancez dans le new space,
01:53ce qui est intéressant c'est à chaque fois,
01:54avec plus ou moins de succès si vous me permettez,
01:57vous avez, c'est des ruptures en tous les cas,
02:01des économies de rupture,
02:03et là c'est aussi un peu le cas,
02:04parce que l'espace, ce que vous rappelez,
02:06il faut quand même le penser autrement.
02:08Vous dites que c'est, je vous cite cette fois-ci,
02:10à bien des égards le développement de l'économie spatiale,
02:14rappelle celui d'Internet,
02:16parce qu'il a eu un impact tel qu'au départ on pensait
02:21que c'était une petite révolution,
02:23et finalement ça a tout changé.
02:24Alors en quoi le new space est en train de tout révolutionner ?
02:29En fait on est rentré, l'industrie spatiale,
02:31elle existe depuis 70 ans, depuis 80 ans même.
02:34Il y a eu le premier âge un peu glorieux de prestige,
02:38avec Spoutnik, Apollo,
02:40et c'était quelque part un combat des grandes puissances.
02:43Fier sur la Lune pour des gens aussi vieux que nous, on va dire.
02:45Il était magnifique.
02:46Puis il y a eu un deuxième âge spatial,
02:48c'était plus, je dirais,
02:49des très grandes entreprises du complexe militaro-industriel,
02:53aérospatial,
02:54dont certaines françaises,
02:56qui sont devenues leaders mondiaux.
02:58Mais c'était une époque où on construisait
02:59des satellites énormes, très coûteux,
03:02ça coûtait plusieurs milliards d'euros parfois,
03:05et on les envoyait en position géostationnaire.
03:07Donc très haut dans l'espace, à 36 000 kilomètres,
03:10et ils diffusaient les programmes télé.
03:12Mais on consomme les programmes télé différemment maintenant.
03:17Et puis,
03:19les technologies ont énormément évolué,
03:21les processeurs sont beaucoup plus puissants,
03:23et le coût de l'accès à l'orbite s'est effondré,
03:26grâce à des nouvelles sociétés de lanceurs,
03:28dont SpaceX par exemple.
03:29Et le coût de fabrication des satellites
03:31coûte mille fois moins cher.
03:33Donc on fait des satellites à 2 millions d'euros.
03:35Et donc, on a redécouvert l'orbite basse.
03:38C'est-à-dire que c'est à la distance entre Paris et Rouen.
03:41Donc c'est à 200 kilomètres, 500 kilomètres.
03:43Et là, le problème, c'est que les satellites qui sont là,
03:45ils gravitent et font le tour de la Terre en une heure et demie.
03:48Donc ils ne sont pas fixes par rapport à nous.
03:50Et donc, il faut en mettre beaucoup.
03:52Mais c'est pas grave, parce qu'ils ne sont pas chers.
03:53On a pollué l'espace, on a pollué la Terre,
03:56on est en train de polluer la mer,
03:57et maintenant on pollue l'espace, c'est ça ?
04:00Dans l'espace, il y a beaucoup d'espace.
04:02Alors c'est vrai qu'il y a 5 ans, il y avait 4000 satellites.
04:04Maintenant, il y en a déjà 15 000,
04:05et il y en aura peut-être 60 000, 100 000 d'ici la fin de la décennie.
04:09Mais un petit calcul sur un coin de table de lycéens
04:14montrerait que ça ne fait jamais qu'un satellite
04:15tous les cubes de 100 kilomètres de côté.
04:18Donc il y a quand même la place.
04:19Il ne faut juste pas qu'ils se percutent les uns les autres.
04:21Comment fait-on, tiens, je fais une petite annexe ?
04:24Il y a un Space Traffic Control qui s'est développé,
04:27et donc il y a des entreprises, dans lesquelles on a investi d'ailleurs,
04:30qui cartographient en permanence tous ces objets en orbite,
04:34les satellites et les débris, parce qu'il y a quelques débris,
04:36pour éviter la collision fatale.
04:39Et donc tous ces satellites qui sont en orbite basse,
04:42et c'est ça la révolution spatiale,
04:44permettent de voir beaucoup mieux,
04:46puisqu'on n'est qu'à quelques centaines de kilomètres.
04:48Quand on était à 36 000 kilomètres, on ne voyait pas grand-chose.
04:50En plus, les optiques ont énormément progressé.
04:52Donc on voit très très bien la dégradation de la planète,
04:55donc on peut mieux lutter contre le changement climatique.
04:58On voit très bien aussi ce que font les armées du voisin.
05:02Donc ça intéresse évidemment énormément les militaires,
05:04ça ce n'est pas nouveau.
05:06Et puis on peut aussi se connecter beaucoup mieux.
05:09Et même si la vitesse de la lumière est très rapide,
05:12quand on est à 36 000 kilomètres,
05:14ça fait quand même deux dixièmes de seconde pour faire l'aller-retour.
05:17Quand on est à 500 kilomètres, c'est instantané.
05:19Il n'y a pas de latence.
05:20Et c'est Starlink et les autres,
05:22et ces constellations de connectivité,
05:25et on en accompagne une française,
05:28qui vont nous permettre d'être connectés en permanence,
05:32d'entrer au débit partout sur le globe.
05:35Et puis bien sûr, il y a tout ce qui est géolocalisation,
05:37très très important.
05:38Et il y a même quelque chose qui arrive,
05:40c'est l'industrie en microgravité.
05:42C'est-à-dire pouvoir fabriquer des molécules,
05:46des alliages métalliques,
05:47des matériaux en microgravité,
05:51qu'on ne sait pas faire sur Terre,
05:52parce qu'il y a cette gravité
05:53qu'on subit depuis 4 milliards et demi d'années.
05:57Donc c'est un nouveau champ énorme
06:01qui est en train de s'ouvrir,
06:02enfin qui est déjà un peu ouvert,
06:03mais qui est vraiment en train de s'ouvrir
06:06presque au grand public.
06:08C'est ça.
06:08En fait, l'espace devient accessible à tous,
06:10et notamment aux entrepreneurs.
06:11Et ce troisième âge spatial
06:13dans lequel on est rentré,
06:14c'est l'âge entrepreneurial.
06:16C'est-à-dire que l'espace devient
06:17un lieu de business comme les autres.
06:18On ne va pas tous aller dans l'espace instantanément.
06:20Ça viendra peut-être plus tard.
06:22Mais en tout cas, on peut exercer
06:24des activités économiques spatiales.
06:26Et nous, on accompagne 25 entrepreneurs
06:29spatiaux européens.
06:30On en suit 500.
06:31Il y en a des milliers en Europe.
06:33Et c'est ça que j'ai voulu raconter
06:34dans ce livre sur le New Space.
06:36Oui, parce que c'est un business,
06:37si je disais que ça s'ouvre à tout le monde,
06:39c'est parce qu'on vient d'apprendre à l'instant
06:41que SpaceX a déposé son document d'introduction
06:44en bourse, là.
06:45Donc, c'est une étape supplémentaire.
06:48Ça va être un grand événement,
06:50donc probablement en mai-juin,
06:52cette énorme opération
06:53de l'introduction en bourse de SpaceX.
06:55Ça va aussi être un bon moment
06:57pour faire comprendre au grand public
06:59et aux acteurs économiques
07:01qu'il faut s'approprier
07:02ce nouveau domaine spatial
07:05parce que ça permet, encore une fois,
07:08de développer de nouveaux services,
07:10de nouvelles solutions
07:10pour les acteurs civils,
07:12pour les institutionnels
07:13et pour les militaires, bien sûr.
07:15Alors, qu'est-ce que vous faites dedans ?
07:16Enfin, j'ai envie de dire,
07:18pourquoi tout d'un coup vous vous intéressez à ça ?
07:20Parce que, justement,
07:21vous avez toujours été dans
07:23les économies de rupture.
07:25Est-ce qu'on peut faire un parallèle
07:27avec ce que vous avez fait avant ou pas ?
07:29Moi, j'ai eu mon temps
07:30en tant que créateur d'entreprise,
07:32entrepreneur,
07:33donc vous l'avez rappelé.
07:33Maintenant, je veux être utile
07:36aux entrepreneurs
07:37qui sont comme moi il y a 20 ans
07:39et je les accompagne
07:40et ça me permet d'en suivre
07:43plusieurs dizaines
07:44et je partage les erreurs
07:47que j'ai commises
07:47quand j'étais moi-même jeune entrepreneur
07:49et je leur apporte des capitaux,
07:51des bons conseils.
07:53Je les fais rencontrer des clients
07:55et ensemble, nous grandissons.
07:58Et c'est ça, le fonds de capital risque.
08:00Le fonds de capital risque,
08:01il est très important dans l'économie
08:02parce qu'il permet...
08:04Finalement, en Europe
08:05et notamment en France,
08:06on a une excellence académique
08:07très forte.
08:08On a les prix Nobel,
08:09on est encore très bons
08:10et ça, c'est dans le quantique,
08:12dans le spatial,
08:13dans le nouveau nucléaire notamment.
08:15Mais on a aussi
08:16des grands champions mondiaux,
08:17le CAC 40
08:18et ses homologues ailleurs en Europe.
08:20Oui, bon, ça c'est autre chose.
08:23Mais on n'était peut-être pas
08:25aussi bons que les Américains,
08:26il faut le reconnaître,
08:27pour valoriser
08:29cette excellence académique,
08:30les découvertes scientifiques
08:31qui sont faites dans les labos
08:32et les transformer
08:33en jeunes entreprises,
08:35en start-up
08:35et faire grandir
08:36ces start-up.
08:38Alors, on a fait des progrès
08:38maintenant nos start-up.
08:39On arrive à...
08:40Il y a Hélène Hubie aussi,
08:41qu'on connaît bien,
08:42qui vient très souvent ici.
08:43Oui, il y a Hélène Hubie
08:44qui a fondé
08:44The Exploration Company.
08:46Et donc,
08:47il y a toutes ces jeunes entreprises
08:48qui naissent.
08:49Maintenant,
08:50il faut les passer à l'échelle
08:52et en faire,
08:53faire en sorte
08:53qu'elles deviennent
08:53des leaders économiques mondiaux
08:56d'origine européenne.
08:57Alors, moi,
08:58j'ai beaucoup de questions
08:58à vous poser, évidemment.
09:00Juste,
09:00je voudrais revenir à un instant,
09:02comme on est un peu
09:02en pleine guerre,
09:04vous faisiez le parallèle
09:05entre le New Space
09:06et le New Defense.
09:08Le parallèle,
09:09c'est en fait,
09:10le point commun,
09:11plutôt,
09:11c'est la technologie.
09:13En fait,
09:13c'est le développement
09:14de la technologie
09:15qui fait qu'aujourd'hui,
09:17on a accès
09:18à ces nouveaux territoires.
09:20C'est-à-dire que l'espace,
09:21évidemment,
09:22est un domaine
09:23qui intéresse hautement
09:24les militaires
09:25parce qu'avec sa capacité
09:26d'observation,
09:27on peut voir
09:29ce que fait l'adversaire,
09:30je le disais,
09:32en optique,
09:33en radar,
09:34en infrarouge
09:34et un satellite militaire,
09:38c'est un actif
09:38hautement stratégique.
09:40Et c'est d'ailleurs
09:41un problème
09:41parce que c'est un actif
09:42qui peut être neutralisé
09:43par l'ennemi,
09:45non pas par un missile
09:47qui le détruirait
09:47en mille morceaux,
09:48ça serait une catastrophe
09:49parce qu'à ce moment-là,
09:49on ne pourrait plus
09:50utiliser l'orbite,
09:50y compris l'adversaire,
09:53mais parce que
09:54on peut le neutraliser
09:56avec une arme à énergie
09:57dirigée
09:58et neutraliser un capteur
09:59et à ce moment-là,
09:59il devient défaillant.
10:01Et donc,
10:01à ce moment-là,
10:02il faut pouvoir en relancer
10:03très vite.
10:04Donc,
10:04il faut des satellites militaires
10:06qui sont stockés au sol,
10:09prêts à être lancés
10:10et il faut être capable
10:10de les lancer
10:11très rapidement
10:11avec des lanceurs appropriés.
10:13Alors,
10:13que faut-il
10:13pour être un entrepreneur
10:14dans le New Space ?
10:15Il faut quoi ?
10:16Il faut avoir
10:17une formation,
10:18il faut avoir une idée.
10:20Qu'est-ce qu'il faut ?
10:21Il faut un beau projet.
10:22Il faut,
10:23comme dans toutes
10:25les créations d'entreprises,
10:26c'est d'avoir une équipe.
10:28Donc,
10:28l'équipe,
10:29évidemment,
10:29nous,
10:30on va s'attacher
10:30à son harmonie,
10:33à ses compétences
10:35et puis ensuite,
10:37il faut un peu de technologie
10:38et il faut un grand marché
10:40parce qu'on est dans la deep tech,
10:41c'est risqué.
10:42Donc,
10:42il faut que nous,
10:44on va vouloir faire
10:45un multiple assez élevé
10:47sur l'investissement
10:47qu'on va effectuer
10:48dans chacune de nos entreprises.
10:51Assez élevé,
10:51ça veut dire quoi ?
10:52C'est au moins 10 fois
10:54parce qu'il va y avoir
10:55des défaillances
10:55et si je veux
10:56que sur mon fonds,
10:57je fasse au moins
10:58trois fois net
10:59pour les investisseurs,
11:00je dois avoir cet objectif.
11:02Et donc,
11:03on va regarder
11:04si le marché
11:04que vise
11:05cette nouvelle entreprise
11:07est suffisamment vaste,
11:08si c'est une sous-niche,
11:10on va leur dire
11:10non,
11:10ce n'est pas possible.
11:11Ensuite,
11:11on va regarder aussi
11:12le deal qui est proposé,
11:13mais ça,
11:13c'est presque un détail
11:14et ensuite,
11:15on investit
11:15et là,
11:16c'est un long chemin
11:17qui va durer des années
11:18pendant lesquelles
11:19on les accompagne.
11:20Les tickets que vous mettez,
11:21c'est quoi ?
11:22Ça va de 500 000 euros
11:23à 10 millions d'euros,
11:25en fait,
11:25mais en réalité,
11:26on investit
11:26trois,
11:27quatre fois.
11:28On investit
11:28en préamorçage,
11:30en amorçage,
11:31puis ce qu'on appelle
11:32dans notre jargon
11:32en série A,
11:33puis en série B
11:34et puis ensuite,
11:35là,
11:36d'autres investisseurs
11:37prennent le relais
11:38des fonds plus
11:39late stage,
11:40dans notre jargon,
11:41des fonds de private equity,
11:43des industriels
11:44qui peuvent racheter
11:45l'entreprise.
11:46Il y a aussi
11:46l'introduction en bourse
11:47qui est peut-être
11:48une exit possible.
11:49Quels sont les...
11:51Est-ce que les Français,
11:52ils sont bons là-dedans ?
11:53Les ingénieurs sont bons,
11:55la formation est là,
11:56on est même très très bons
11:57dans ces secteurs-là,
11:58on est d'accord.
11:58Maintenant,
12:00en termes d'entrepreneuriat
12:02dans ce secteur-là,
12:03il n'y en a pas 40.
12:05Donc,
12:05est-ce qu'il y a
12:06une nouvelle génération ?
12:08Est-ce que ça a suscité
12:09justement...
12:10Mais le spatial français,
12:12c'est la moitié
12:12du spatial européen.
12:13Donc,
12:14on a
12:15cet historique
12:16très fort
12:17dans l'industrie spatiale.
12:19Et ça fait que
12:21la donne
12:22change totalement
12:23et donc,
12:23des ingénieurs
12:24qui travaillent
12:25chez Airbus
12:26ou chez Thalès
12:27se mettent ensemble
12:28et créent leur entreprise.
12:30Et puis,
12:31il y a aussi
12:31des jeunes
12:32issus des meilleurs
12:32parcours académiques
12:33qui les rejoignent.
12:34Et c'est pas un problème
12:36pour ces grands groupes,
12:37les grands maîtres d'oeuvre
12:38industrielles,
12:39parce que finalement,
12:41quelque part,
12:41il y a une pyramide
12:42chez eux
12:42et puis tout le monde
12:43ne peut pas être PDG.
12:44Donc,
12:45c'est pas plus mal
12:45et ça permet,
12:47quelque part,
12:48c'est vertueux
12:48sur l'ensemble
12:49de l'écosystème.
12:49Mais est-ce qu'on a,
12:51je ne sais pas,
12:52est-ce qu'on est un peu
12:52en retard
12:53en termes de technologie ?
12:54On a lancé Starlink
12:55un peu tard ?
12:56Alors,
12:56ce n'est pas nous,
12:57Starlink,
12:57malheureusement.
12:58Excusez-moi,
12:59justement,
12:59j'ai parlé trop vite.
13:01Justement,
13:02je voulais prendre
13:02Starlink comme exemple.
13:03On ne va pas se mentir.
13:04On est en retard,
13:05bien sûr,
13:06et c'est un problème
13:07parce que
13:08l'Union Européenne,
13:09l'Europe,
13:09c'est 25%
13:10de l'économie mondiale.
13:11Bon,
13:12après,
13:12on peut dire 20%
13:13ou 25%,
13:14selon la parité
13:14de pouvoir d'achat.
13:15on demandera aux économistes.
13:17Mais c'est que 10%,
13:18malheureusement,
13:19des investissements
13:20et des dépenses
13:20en spatial.
13:21Et ça,
13:22donc,
13:22on ne tient pas notre rang
13:24sur cette économie spatiale,
13:25sur cette révolution
13:26technologique spatiale.
13:27Et donc,
13:28nous appelons
13:29de nos voeux
13:30à ce que
13:30les pouvoirs publics
13:32européens,
13:33et je me réjouis
13:34parce que dans le cadre
13:35financier pluriannuel
13:35qui est en cours
13:36de nos négociations
13:37à Bruxelles,
13:37il va y avoir
13:38une augmentation
13:38très nette
13:39du budget spatial.
13:41Il y a eu
13:42l'ESA
13:43qui a,
13:44lors de sa
13:47réunion ministérielle,
13:47vu son budget
13:48augmenter de 30%.
13:49Donc,
13:49ça va dans le bon sens.
13:50L'agence spatiale européenne.
13:51Les forces armées
13:53comprennent aussi
13:54que c'est un enjeu crucial
13:55et donc,
13:56il y a
13:56un mouvement
13:57favorable,
13:58du vent favorable
13:59pour le New Space.
14:01Mais un,
14:01c'est pour ça
14:02que je parlais de Starlink,
14:02j'ai fait un raccourci,
14:05je vous prie
14:05de m'en excuser,
14:06mais
14:07est-ce qu'on a
14:08la technologie,
14:10parce qu'ils sont
14:11devant nous,
14:11donc,
14:12est-ce qu'on a
14:12la technologie
14:13pour les rattraper ?
14:14Parce que c'est un peu
14:14la question,
14:15parce que quand vous regardez
14:16ce qui se passe en spatial
14:17en Allemagne,
14:18où ils veulent eux aussi
14:19avoir un leadership
14:21et si possible
14:22nous griller la politesse,
14:23du coup,
14:23comme ils n'ont pas
14:24les technologies,
14:25ils prennent
14:25les technologies américaines.
14:27Ils ne veulent pas
14:27prendre les technologies
14:28françaises,
14:29mais ils prennent
14:29les américaines
14:30parce que l'objectif,
14:31c'est ensuite
14:31d'acquérir une techno
14:32pour ensuite
14:34devenir les leaders
14:35dans le spatial européen.
14:36C'est un jeu dangereux
14:37d'utiliser
14:38les technologies américaines.
14:40Vendre aux Etats-Unis,
14:40c'est bien,
14:41mais il vaut mieux
14:42avoir nos propres technologies.
14:44Sinon,
14:44si on utilise
14:45des technologies américaines,
14:46on ne va pas être
14:46« itard free »
14:47comme on dit
14:47dans le jargon
14:48et à ce moment-là,
14:49on ne pourra pas exporter
14:50ou en tout cas,
14:50il faudra demander
14:51aux Américains
14:51le feu vert
14:52pour exporter.
14:53Donc,
14:54on a la compétence
14:57scientifique,
14:58technique,
14:59mais c'est vrai
15:00que c'est un peu
15:01ennuyeux
15:01de courir derrière
15:02l'Américain
15:03qui est loin devant
15:04et notamment
15:04le fameux SpaceX
15:06qui devrait devenir
15:07une entreprise gigantesque.
15:08Donc moi,
15:09dans le bouquin,
15:10à un moment,
15:11il y a quelques pages
15:11où je dis
15:12qu'il faut mettre fin
15:13au monopole chimique.
15:14C'est quoi ça ?
15:16Oui,
15:16vous vous lâchez dans le livre
15:17parce qu'il y a
15:18quelques très jolies expressions.
15:19Et c'est qu'en fait,
15:21pour accéder à l'orbite,
15:23on ne connaît pas
15:24d'autre façon
15:25que d'avoir
15:26des fusées
15:27à propulsion chimique.
15:28Et je fais le souhait,
15:29mais c'est peut-être
15:30un peu un rêve
15:31impossible,
15:33que bientôt,
15:34des scientifiques,
15:35des ingénieurs
15:36et des entrepreneurs
15:37se lancent
15:37dans un autre type
15:38de propulsion.
15:39Il n'y a pas de raison
15:40que pendant des siècles,
15:42les siècles à venir,
15:43on reste seulement
15:44à cette propulsion.
15:44Et à ce moment-là,
15:45au lieu d'essayer
15:47de rattraper
15:48les Américains,
15:49on va prendre
15:50un autre chemin
15:50et on va arriver
15:51devant eux.
15:52C'est ça que j'espère
15:54et qui ne me paraît
15:56pas impossible.
15:56Et ça va passer,
15:57bien sûr,
15:58par le nucléaire,
15:59par la fusion nucléaire
16:00qui est évidemment
16:01cette énergie
16:02qui pourrait tout changer.
16:03et qui pourrait tout changer.
16:04Et en plus,
16:07dans ce domaine
16:08de la fusion nucléaire,
16:09il se passe beaucoup de choses.
16:10Il y a beaucoup de start-up
16:11qui se créent en ce moment,
16:12qu'on accompagne d'ailleurs
16:13avec un autre fonds
16:14qui s'appelle Exergon.
16:15Et moi,
16:16je rêve,
16:17un jour,
16:18c'est qu'il y a
16:18des entrepreneurs
16:19qui viennent dans mon bureau
16:20et qui me disent
16:20on va faire une fusée
16:22à propulsion nucléaire
16:24pour accéder à l'orbite.
16:25Alors bon,
16:25c'est peut-être
16:27certains experts
16:29du métier
16:30sont peut-être
16:31en train de rire
16:31en m'entendant,
16:32mais je pense
16:33qu'il faut avoir
16:34des idées disruptives
16:35dans ce domaine.
16:36Alors là,
16:36c'était l'équivalent
16:39de Starlink.
16:40En tous les cas,
16:41c'est là où vous dites
16:42il y a le New Space
16:43mais il y a encore
16:44quelque chose
16:45d'encore plus large,
16:46encore plus grand,
16:47encore plus vaste
16:47dans le cosmos.
16:48C'est ce qui est en train
16:49de se passer.
16:50Tout à l'heure,
16:51il y aura le lancement
16:51d'Artemis.
16:52Ah oui.
16:52Donc, c'est le jour J
16:54avec des astronautes
17:00qui vont aller vers la Lune.
17:04C'est un très beau vol.
17:06C'est la première fois
17:06depuis les années 70
17:08qu'on va aller autour de la Lune
17:10et revenir avec une très grosse fusée
17:12à propulsion chimique.
17:15Mais c'est un grand jour.
17:17Oui, parce qu'on voit bien
17:18que le cosmos aussi
17:20est un appel
17:21pour les entrepreneurs.
17:23Oui, alors évidemment,
17:25le problème,
17:26je veux bien parler
17:27de la Lune et de Mars
17:28mais rappelons d'abord
17:30que le spatial,
17:33c'est vraiment
17:33à deux pattes chez nous
17:34et c'est...
17:36Oui, vous c'est l'orbite basse.
17:37C'est un nouveau domaine
17:38de business.
17:39Mais c'est vrai que
17:39la Lune, c'est important
17:40et donc Elon Musk,
17:41ce qu'il dit,
17:42son rêve,
17:43c'est d'aller sur Mars
17:44parce qu'il ne veut pas
17:44que nous soyons
17:45que l'espèce humaine
17:47meurt sur son unique planète.
17:49Il voudrait qu'on soit
17:50une espèce à plusieurs planètes.
17:52Bon, mais pour l'instant,
17:53il a un petit peu révisé
17:54ses ambitions.
17:55Il a dit,
17:55on va d'abord aller sur la Lune
17:57et les Américains
17:58sont à fond là-dessus
17:59et une des raisons,
18:00c'est que d'abord,
18:01il y a des matériaux
18:02sur la Lune
18:02qui peuvent être intéressants
18:03pour la fusion nucléaire,
18:04l'hélium 3
18:05et l'autre raison,
18:07c'est des raisons
18:07de souveraineté stratégique aussi,
18:10c'est qu'on n'a pas le droit
18:11de s'approprier un territoire
18:13sur un astre céleste.
18:14C'est le traité international
18:16de 1967.
18:18Mais on peut,
18:19si on installe
18:20une petite pile nucléaire
18:22sur la Lune,
18:24eh bien à ce moment-là,
18:24on peut délimiter
18:25un périmètre de sécurité
18:27et ainsi s'approprier
18:29des kilomètres carrés
18:30de surface lunaire
18:32et y planter son drapeau.
18:33Et donc,
18:34les Chinois,
18:34les Américains
18:35sont en train
18:36de se lancer
18:37dans ce défi.
18:38Vous dites même,
18:39parce que si je vous lance
18:40sur ce débat,
18:41c'est que vous en parlez
18:42encore une fois
18:42dans votre livre,
18:43Charles Beck-Bédé,
18:43mais vous dites,
18:44il y a même un côté chez eux,
18:45il y a un côté libertarien.
18:47Donc alors là,
18:47on a la frontière
18:48entre la philosophie,
18:52l'entrepreneuriat.
18:53Certains grands écrivains
18:54de science-fiction
18:55qui ont écrit là-dessus.
18:56C'est le rêve
18:57du Far West,
18:58en fait,
18:59américain.
19:00Donc l'espace,
19:01c'est la nouvelle frontière
19:01et bien sûr,
19:02la Lune,
19:03Mars,
19:03le système solaire
19:04et il y a plein
19:05de très belles séries
19:06américaines
19:07qui décrivent cela.
19:11Deux dernières questions,
19:12au moins une,
19:13histoire de retomber sur Terre
19:15un peu brutalement,
19:16puisque vous êtes maintenant
19:17dans les fonds,
19:17dans le private equity.
19:18On dit beaucoup
19:19qu'il y a une grosse menace
19:20sur le private equity,
19:22il y a trop de valorisation,
19:23surtout,
19:23il n'y a plus tellement
19:24de sorties.
19:25Est-ce que vous,
19:26vous le ressentez ?
19:27Est-ce que vous pensez
19:27qu'effectivement,
19:28vous êtes dans une période
19:30un peu tendue ?
19:32Dans le private equity,
19:34bon d'abord,
19:34le private equity,
19:35globalement,
19:35se porte bien
19:36puisque c'est un secteur
19:37en très forte croissance,
19:38c'est près de 10 000,
19:40que dis-je,
19:4160 000 milliards d'euros
19:42d'actifs,
19:42bref,
19:44et ça augmente
19:45de plus en plus
19:46dans la part investie
19:47par les épargnants,
19:49quels qu'ils soient.
19:51Et c'est vrai que
19:52dans le buyout,
19:53il y a un petit sujet
19:54parce qu'il n'y a pas
19:54assez de sorties.
19:55Donc ça,
19:55c'est les gros deals
19:57basés sur les cash flows
19:59et des entreprises
20:00très profitables.
20:03Sur le Venture,
20:04c'est un peu moins le cas,
20:05au contraire,
20:06on a un secteur
20:07qui est en pleine dynamique
20:07parce qu'il y a
20:08des révolutions technologiques
20:09qu'il faut accompagner,
20:10mais il faut un continuum
20:12de financement.
20:12Donc on l'a dit,
20:13ça va plutôt bien
20:14sur l'amorçage,
20:15le décollage,
20:16mais on a quand même
20:17encore des difficultés
20:18au niveau des grosses
20:19levées de fonds
20:20à plus de 100 millions d'euros.
20:22Et là,
20:22il faut qu'en Europe,
20:23on ait davantage de fonds
20:24de capital risque
20:25late stage,
20:26capables de suivre ses tours
20:28et d'aider ces belles start-up
20:31à devenir des leaders mondiaux
20:32d'origine européenne.
20:34Et puis,
20:34il y a le problème
20:36du marché boursier européen.
20:38Il n'y a pas
20:39de marché boursier européen
20:40et ça,
20:40il faut absolument
20:41travailler là-dessus.
20:42Et puis que le marché européen,
20:44hier,
20:44je recevais
20:46quelqu'un
20:46qui s'introduisait
20:48sur le
20:50l'euro next gross.
20:52On voit que c'est difficile
20:53quand même
20:53parce qu'il y a
20:55peu d'investisseurs,
20:55il y a peu de liquidités.
20:57C'est l'œuf et poules.
20:58Il y a plusieurs
21:00flaques de liquidités
21:01en Europe
21:01et il faudrait réunir
21:02ces flaques
21:03pour faire un beau bassin.
21:04Toute dernière question.
21:06Vous aviez beaucoup investi,
21:07vous étiez venu ici
21:07en Ukraine,
21:08on s'en souvient,
21:11sur des terrains
21:11agricoles gigantesques.
21:13Vous aviez investi
21:14je ne sais plus combien,
21:14mais c'était quand même
21:15des sols.
21:15Plusieurs dizaines
21:16de millions d'euros
21:16avec,
21:17je n'étais pas le seul,
21:18et on a repris
21:19des anciens colchoses
21:20pour les moderniser
21:21et créer une agro-holding
21:24qui gérait des...
21:25Après,
21:26ça n'a pas du tout fonctionné.
21:28Après,
21:28il y a eu la Crimée,
21:29après il y a eu la guerre.
21:30Oui,
21:30la tasse a été
21:31assez lourde,
21:33on va dire.
21:34Est-ce qu'aujourd'hui,
21:35il est temps déjà
21:36de repenser
21:36à investir en Ukraine
21:37ou pas ?
21:38Peut-être.
21:39Oui,
21:40je pense que...
21:41Il y a d'abord
21:42dans le domaine
21:43de la défense
21:44des entreprises
21:44absolument extraordinaires
21:45et beaucoup
21:46d'entreprises européennes
21:47sont en train
21:47d'essayer d'établir
21:48des partenariats
21:49avec ces gens-là.
21:50Et puis,
21:51il faudra reconstruire
21:52la nation.
21:53Donc oui,
21:53je pense qu'il faut regarder.
21:55L'Ukraine va rejoindre
21:56d'une façon ou d'une autre
21:57l'Union européenne.
21:57Il y aura un cadre
22:00juridique stabilisé.
22:01Et donc,
22:01oui,
22:01mais ce n'est peut-être
22:02pas pour tout de suite,
22:02tout de suite,
22:03mais oui.
22:04Merci beaucoup.
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