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  • il y a 7 mois
Ce lundi 23 mars, le retour du 10 ans français à 3,8% et l'entrée en bear market de l'once d'or, ont été abordés par Florian Ielpo, responsable en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Florian Yelpo nous attend depuis Genève en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IEM.
00:05Bonjour Florian, merci de nous accompagner ce matin.
00:08Dans un instant, nous parlerons de l'once d'or qui n'en finit plus de baisser,
00:12puisque ça y est, l'once est rentrée en bear market, c'est-à-dire une baisse de 20%
00:16depuis ses plus hauts.
00:18Nous sommes ce matin à 4200 dollars pour ses 31 grammes d'or.
00:22Juste avant quand même, un petit mot sur le marché obligataire qui continue de pousser,
00:25que ce soit en Europe mais aussi aux Etats-Unis, avec un disant américain qui est à 4,42.
00:31On revient proche des niveaux du Liberation Day il y a un an ou presque au mois d'avril.
00:35Comment vous regardez quand même ce disant français qui revient à 3,8% ?
00:39Ce n'est pas anodin, on frôle désormais les plus hauts de 2009.
00:44Absolument, bonjour Etienne, bonjour à tous.
00:47L'élément important c'est de comprendre que la bataille des taux, la bataille de l'or,
00:52globalement c'est le même combat, c'est-à-dire qu'on voit les taux réagir globalement à travers la
00:58planète,
00:59à la progression d'un choc inflationniste attendu et à la réaction des banques centrales
01:05qui vont avec chacune des zones monétaires.
01:08Alors on va s'inquiéter évidemment en France des taux français,
01:12en Europe des taux européens et aux Etats-Unis des taux américains.
01:15Il y a une asymétrie dans la réponse de ces taux au choc inflationniste que l'on commence à traverser,
01:21que l'on commence juste à traverser, qui tient en fait à la fonction de réaction des banques centrales.
01:26Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:27Ça veut dire que toutes les banques centrales n'ont pas le même objectif
01:30et l'une d'entre elles, celle des Etats-Unis, a tendance à regarder croissance et inflation,
01:35vous le savez, alors que la BCE, elle, est extrêmement focalisée uniquement sur ça,
01:39sur son objectif d'inflation.
01:40Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:42Ça veut dire qu'aujourd'hui, les marchés financiers ont dû commencer à anticiper
01:46des hausses de taux de la part de la BCE,
01:49alors qu'aux Etats-Unis, on a détricoté des baisses de taux attendues.
01:54Alors globalement, ça veut dire quoi ?
01:56Ça veut dire que les taux longs qui réagissent à ces anticipations de banques centrales,
01:59les taux longs ont progressé davantage en Europe qu'aux Etats-Unis, très clairement.
02:03Pourquoi ? Parce qu'il y a une double peine.
02:05On anticipe un peu plus d'inflation, à peu près 0,3% sur 10 ans.
02:09Alors est-ce que c'est rationnel ? La question se pose.
02:11Et on anticipe également des taux BCE plus élevés pour à peu près le même montant.
02:17C'est comme ça qu'on arrive à 0,6% d'augmentation des taux en France
02:21et à un peu moins aux Etats-Unis parce qu'on a un peu moins d'inflation
02:25qui est en train d'être réévaluée par les marchés financiers.
02:28Les taux, l'or, globalement, au même combat,
02:31on parle simplement d'une prime énergie, une prime inflation.
02:34Pour rappel, ce week-end, Donald Trump a menacé l'Iran.
02:38Il l'est jusqu'à ce soir pour ouvrir le détroit d'Hormuz.
02:41Sinon, il dit qu'il s'attaquera à des installations énergétiques du côté de l'Iran.
02:47Alors le baril de pétrole est au-delà des 113 dollars maintenant pour le baril de Brent.
02:52Est-ce qu'aujourd'hui, on n'est quand même pas sur une réaction un peu épidermique ?
02:56Comme vous l'avez souligné, Florian, on est sur une hausse de 60 points de base
02:59en l'espace de trois semaines.
03:01Ce n'est pas anodin quand même.
03:03Ce n'est pas anodin et d'autant plus qu'on traverse une période qui est difficile d'anticiper.
03:09C'est-à-dire qu'on est vulnérable à ce qu'on appelle un choc exogène.
03:12Si demain, on arrive à régler ce problème du détroit d'Hormuz,
03:17les prix du baril retombent et on va éliminer,
03:19purger une grande partie de cette prime inflation.
03:24Dans ces circonstances, il est important de garder en tête une chose qui me semble capitale à ce stade.
03:32Sauf à, pour le moment, ce qu'on a vu comme réaction sur les marchés,
03:36c'est essentiellement des investisseurs qui courent vers un achat de protection.
03:40Vous savez, le VIX, cet indicateur de volatilité,
03:43qui est une mesure, un baromètre justement de la couverture des agents.
03:46C'est lui qui s'est élevé davantage que les marchés actions n'ont baissé,
03:51davantage que les spreads de crédit ne se sont écartés.
03:55On pourrait rentrer dans une deuxième phase cette semaine,
03:59qui serait une phase justement où ce qu'on appelle les marchés cash.
04:02Vous savez, ces marchés qui ne sont pas des produits dérivés,
04:04mais des véritables actions qui sont vendues,
04:06des véritables obligations d'entreprises qui sont vendues.
04:09Et cette deuxième phase, elle serait vraiment davantage coûteuse
04:12que ce qu'on a connu jusqu'à présent.
04:14L'angoisse pour le moment, c'est justement que l'on bascule cette phase de couverture
04:18vers une phase d'allègement des positions dans les portefeuilles.
04:22Et l'allègement des positions dans ce portefeuille
04:24entretiendrait ce momentum baissier sur les marchés,
04:27baissier sur les marchés actions et baissier sur les marchés obligataires,
04:30qui fait qu'aujourd'hui, il est difficile de se cacher du choc pétrolier
04:33auquel on est en train de faire face.
04:35Du côté de l'once d'or, on est sur une baisse de plus de 5% ce matin.
04:404 235 dollars pour ces 31 grammes d'or.
04:44Moins 20% depuis les plus hauts.
04:47Retour à la case départ, avec désormais une once qui revient sur ses niveaux de début d'année.
04:52Bon, c'est vrai qu'il ne faut pas oublier que l'once a gagné plus de 60% l
04:55'an passé.
04:56Mais cette réaction quand même de l'once est très surprenante.
04:58Florian Lelpo, habituellement, lors de troubles géopolitiques, d'incertitudes,
05:02on achète de l'or.
05:03Bon, ben là, l'investisseur qui a acheté de l'or au début du conflit,
05:06il a perdu 10-15% tout de même.
05:09Absolument.
05:10Gardez en tête que l'un des premiers facteurs du marché de l'or,
05:14c'est ce qu'on appelle les taux réels,
05:15c'est-à-dire l'écart entre les taux d'intérêt,
05:18les obligations d'État et l'inflation.
05:21Lorsque ces taux réels se mettent à monter,
05:23ce qui était le cas en ce moment,
05:24c'est le cas en Europe notamment,
05:25c'est le cas aux États-Unis,
05:26la progression de ces taux réels va peser sur la trajectoire de l'or.
05:30Le fait que l'on soit rentré dans cette crise
05:34avec un or qui était probablement surévalué
05:37du fait de phénomènes moutonniers,
05:39de phénomènes d'une progression, si vous voulez,
05:41du sentiment de marché sur ce marché de l'or
05:43n'a probablement pas aidé.
05:44C'est-à-dire que quelque part,
05:46ce qu'on appelle le momentum,
05:47donc la force, disons, de sentiment du marché,
05:52a entraîné les prix de l'or à des niveaux très élevés.
05:54Quand ce momentum a tourné,
05:56la sanction s'est avérée relativement élevée,
05:59proportionnée à la valorisation atteinte par l'once d'or.
06:02Gardez bien en tête,
06:04globalement, oui, l'inflation,
06:05c'est un facteur qui soutient l'or,
06:07mais pour l'instant, cette inflation,
06:08elle reste à venir à court terme.
06:10C'est surtout une montée de l'aversion au risque
06:12et une recherche de liquidités.
06:13C'est pour ça que le dollar surperforme
06:15le reste des monnaies notamment.
06:16Et on est face à un choc de taux
06:19et un choc de taux ne profite jamais à l'once d'or.
06:22Donc la progression des taux réels,
06:23elle pèse comme elle a pesé historiquement
06:26à chaque moment où on a observé
06:28ces remontées de taux réels
06:29sur la trajectoire de l'or.
06:31Simplement, la différence,
06:31c'est qu'aujourd'hui,
06:32on part d'un point très élevé,
06:34d'un écartement très fort
06:35par rapport aux fondamentaux classiques de l'or
06:37qui est notamment l'inflation américaine.
06:39Un dernier mot,
06:39l'allocation,
06:40vous faites quoi aujourd'hui
06:41dans les portefeuilles Florian Lelpo
06:42chez Lombard-Rodzie IEM ?
06:44Alors, aujourd'hui,
06:45l'allocation,
06:46les gens doivent être partagés
06:47entre le fait de revisiter un scénario à la 2022,
06:50c'est-à-dire les taux montent,
06:51les taux progressent
06:52et coûtent à tous les marchés financiers globalement.
06:55Il faut donc aller vers le cash
06:56et puis chercher une forme de diversification améliorée.
06:59Donc, l'avantage qu'on a de notre côté,
07:01c'est qu'on a toujours eu
07:02des matières premières en portefeuille.
07:04Donc, ces matières premières,
07:05aujourd'hui,
07:05et notamment le pétrole,
07:06ça protège,
07:07ça amorte le choc.
07:08Ça, c'est assez clair.
07:09On a du cash en portefeuille.
07:10Ça aussi,
07:11ça aide le portefeuille à délivrer,
07:13à tenir, disons,
07:14dans ces environnements-là.
07:15Et il faut reconnaître
07:16que depuis le début du choc,
07:17on a dû réduire en partie la voilure
07:20dans l'exposition de nos marchés.
07:21On a réduit à peu près 10 à 15 %
07:23de notre exposition de marché.
07:26Pour le moment,
07:27on ne pense pas,
07:27nous ne pensons pas à ajouter
07:29à cette défense créée.
07:32Simplement, comme je vous le disais,
07:33on est vulnérable à des nouvelles
07:35qui nous échappent,
07:36à un choc exogène
07:38auquel il faut savoir réagir.
07:39Parce que si le prix du baril
07:41continue à progresser,
07:42on va accélérer ce choc.
07:43On va commencer à détricoter
07:45des positions cash
07:45des portefeuilles
07:46des grands investisseurs
07:47et on va accélérer
07:48le momentum baissier.
07:49Il faut rester vigilant.
07:50Très clair.
07:51Merci beaucoup,
07:51Florian Elpo,
07:52nous a accompagnés ce matin
07:53depuis Genève.
07:53Je rappelle que vous êtes en charge
07:54de la macroéconomie
07:55chez Lombard-Rodier IM.

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