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  • il y a 23 heures
Ce lundi 27 avril, Olivier Malteste, directeur des investissements chez Yomoni, et Pierre Sabatier, économiste et fondateur de PrimeView, ont essentiellement évoqué la résilience des marchés face à la guerre en Iran dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Pierre Sabatier qui vient de nous rejoindre, économiste et fondateur de PrimeView.
00:03Bonjour Pierre Sabatier.
00:04Bonjour messieurs.
00:05Et Olivier Malteste donc en plateau, le directeur des investissements de YouMoney.
00:10Avec donc un baril de pétrole qui est toujours au-delà des 100 dollars,
00:13encore et toujours Pierre Sabatier.
00:15Il faut dire qu'on a une prime de risque qui est toujours présente.
00:18Pas très grosse quand même, prime de risque, en tout cas sur les marchés actions relativement.
00:22Voilà, c'est ce que j'allais dire.
00:23J'allais dire la prime de risque est présente sur les matières premières,
00:26mais par contre elle ne l'est pas ou d'une façon assez modeste sur les indices actions.
00:29On en parlait précédemment.
00:31Avec donc Wall Street qui est sur des records historiques.
00:34Avec un rallye qui est juste impressionnant.
00:37Le Nasdaq gagne 15% depuis le début de l'année.
00:39C'est plus un sujet aujourd'hui pour le marché actions, cette guerre en Iran ?
00:42En tout cas c'est le pari que les investisseurs font.
00:45C'est que globalement l'impact sur l'économie réelle sera suffisamment ténu.
00:49En tout cas pour la partie des entreprises les plus sensibles à cela.
00:52Je rappelle que là vous parlez des indices américains.
00:55Les indices européens et l'Europe étant un petit peu à côté.
00:58Mais sur l'économie américaine, c'est presque l'économie la moins touchée par ce conflit en termes de conséquences
01:03réelles.
01:04Sur l'économie réelle, je rappelle quand même que les Etats-Unis sont des exportateurs nets de matières premières énergétaires,
01:09enfin de pétrole concrètement.
01:10Ça veut dire concrètement que lorsque les prix du pétrole sont élevés,
01:12alors certains me diront oui mais ils importent quand même à certaines tipologies,
01:15mais globalement ça veut dire qu'il y a une forme de compensation à l'augmentation de ces prix du
01:19pétrole.
01:20Ça va certes prendre un petit peu de marge sur les entreprises américaines,
01:24mais ça sera compensé par plus de profits générés par d'autres.
01:26Donc globalement, on est un peu sur un jeu à somme nulle aux Etats-Unis
01:28et puis surtout, je rappelle que le plus 15% fait suite quand même à une période
01:34qui était plus difficile pour le Nasdaq au cours des derniers mois.
01:36Et donc j'ai presque envie de vous dire, attention, on est effectivement en valeur absolue sur les plus hauts,
01:41mais la dynamique des marchés, y compris des marchés américains, n'est plus la même depuis déjà quelques mois.
01:44On est plutôt, alors qu'on était sur un marché clairement directionnel haussier,
01:48c'est-à-dire qu'il y avait une asymétrie, toutes les phases de hausse supplantées, les phases de baisse.
01:51Aujourd'hui, l'augmentation récente du S&P 500 ne fait que compenser la baisse qui a précédé.
01:56Donc pour le moment, il est encore un peu tôt pour savoir si on re-rentre dans un marché directionnel
02:00haussier,
02:01notamment aux Etats-Unis, ce qu'on appelle littéralement un bull market,
02:04ce qui a été la caractéristique des marchés américains pendant de longues années,
02:07suivi aussi par les marchés européens.
02:08Ou si on s'installe dans un marché que nous, on appelle un marché de wave market,
02:12c'est-à-dire un marché dans lequel, in fine, on ne sait pas trop où on va atterrir à
02:17la fin,
02:17un peu plus en haut, un peu plus en bas.
02:19Donc un peu plus en haut, c'est un bull market, un peu plus en bas, c'est un bear
02:21market.
02:22Aujourd'hui, clairement, les investisseurs hésitent et se servent finalement des nouvelles de prétexte
02:25pour, in fine, se repositionner lorsqu'on a baissé d'une dizaine de pourcents,
02:29mais aussi vendre lorsqu'on a remonté de 10%.
02:31Pour l'instant, on est un peu dans cet entre-deux.
02:33Et donc c'est ce qu'on appelle un wave market, c'est-à-dire un marché d'incertitude
02:36où les phases de hausse sont relativement équivalentes aux phases de baisse qui ont précédé.
02:40Et donc on arrive avec des points d'atterrissage qui sont les mêmes que précédemment.
02:44Pour l'instant, c'est trop tôt pour dire, est-ce qu'on est reparti pour un tour ?
02:47Alors je crois que cette semaine pourrait nous permettre d'avoir un petit plus
02:50à travers notamment les publications de résultats de quelques gros leaders,
02:53notamment aux Etats-Unis, les GAFAM.
02:55Mais pour l'instant, c'est encore un peu tôt.
02:56Donc attention, on n'a pas à surestimer.
02:58Et où est-ce que vous placez-vous aujourd'hui chez PrimeView ?
02:59On est en fait neutre sur les marchés actions, clairement, aujourd'hui,
03:02parce que la prime de régio politique fait qu'on n'est pas très noirs.
03:05Globalement, vu quand même les perspectives en termes de conjoncture internationale,
03:09on pourrait être plus prudent que cela.
03:11Mais on estime que les forces positives équilibrent les forces négatives à ce stade.
03:14Les risques équilibrent les opportunités.
03:17Donc sur les marchés actions, y compris américains,
03:19on est plutôt sur ce qu'on appelle un « wave market ».
03:21Et là, historiquement parlant, il faut savoir que sur un siècle et demi,
03:23quand vous faites de l'analyse comportementale des marchés sur très très longue période,
03:26que ce soit aux Etats-Unis, au Japon ou en Europe,
03:28le « wave market », c'est 43% du temps depuis un siècle et demi.
03:32C'est-à-dire que les gens pensent qu'il n'y a que deux statuts sur les marchés, sur
03:35les indices.
03:35Soit ça monte, soit ça baisse.
03:37La réalité, c'est que dans 43% du temps, ça oscille.
03:40Parce qu'in fine, on n'est pas vraiment convaincu sur l'atterrissage final.
03:43On est probablement, alors qu'on vient de sortir d'un directionnel haussier
03:45qui a duré un petit moment,
03:47on est encore, selon nous, à ce stade, dans un « wave market ».
03:50Donc grosso modo, ça veut dire que lorsqu'on baisse de 7-8%,
03:53on considère les conditions de marché comme relativement intéressantes
03:57pour revenir sur ceci.
03:58Mais lorsqu'on connaît une phase de hausse sur des indices généraux,
04:02de 8 à 10%, on va avoir tendance à revenir à la neutralité.
04:04Comment vous placez dans ce contexte, Olivier Meltès,
04:07sachant que le mois de mars a été riche en enseignements ?
04:09L'un des enseignements, c'était qu'il ne fallait pas être sous-investi
04:12parce que sinon, là, on a loupé une grande partie du rebond.
04:15Oui, sur le rebond sur le mois d'avril.
04:18Alors nous, on est sur les profils qui sont les plus risqués.
04:21On est toujours, de toute façon, à 100% en action.
04:23Ça, c'est sûr.
04:24On a renforcé le côté action américaine,
04:26parce que je rejoins tout à fait ce qui vient d'être dit.
04:28Sur le côté, les États-Unis sont les pays le mieux exposés,
04:33le mieux orientés structurellement pour ce type de situation,
04:36avec la crainte sur l'indicateur de confiance
04:38et sur la confiance des consommateurs qui pourraient venir peser.
04:40Mais pour l'instant, tout se passe bien,
04:43globalement, sur ce niveau-là,
04:44même si on est au plus bas sur les indicateurs de confiance,
04:46notamment du Michigan, plus bas historique.
04:48Donc, c'est des niveaux vraiment très, très bas.
04:50Et pour l'instant, ça tient.
04:52Sur les profils diversifiés,
04:54nous, on est passé sous-pondéré globalement
04:56au moment du conflit et sur la deuxième semaine du conflit,
04:59avec une réaction où on pensait que le conflit allait durer
05:02un peu plus que ce que le marché avait initialement estimé,
05:05globalement.
05:06Et on a évidemment, sur les profils diversifiés,
05:08raté une petite partie du rebond,
05:11néanmoins compensé par notre surexposition
05:12aux actions américaines qui tiennent bien.
05:14Et pour l'instant, on attend.
05:14On est plutôt en phase d'attente.
05:16La semaine va être très intéressante,
05:17parce qu'il y a toute la réunion des banques centrales
05:19sur lesquelles on n'attend pas d'évolution sur les taux,
05:22mais plus sur le discours.
05:23C'est la dernière de Jérôme Povalos.
05:25Ça va être relativement intéressant de voir
05:28la manière dont il va donner un petit peu des perspectives.
05:30Et il va beaucoup être interrogé sur la suite
05:33de son mandat à la Fed.
05:34Est-ce qu'il va rester à la Fed ?
05:35Où est-ce qu'il va partir ?
05:37Et puis, il y a la publication, évidemment,
05:39des GAFAM cette semaine,
05:41où là, ce qui va être intéressant,
05:43c'est qu'il y a effectivement un retour
05:44par rapport à une baisse
05:46qu'on a observée depuis le mois d'octobre dernier,
05:48globalement, sur les valeurs technologiques
05:49et se doute sur le montant des investissements.
05:52Et là, on l'a vu,
05:53le marché a été aussi très tiré
05:54par tout ce qui était semi-conducteur.
05:57Le marché des semi-conducteurs, lui,
05:58attend une augmentation,
05:59une confirmation des dépenses très importantes.
06:01Et c'est ce qui va être regardé.
06:02Il va y avoir la partie résultat, évidemment,
06:04mais il va y avoir la partie vraiment investissement.
06:06Est-ce que les entreprises vont continuer
06:07à investir deux fois plus
06:08que ce qui était précédemment anticipé
06:10et ce qu'on avait en termes de volume ?
06:12C'est vraiment ça qui va aussi conduire le marché.
06:14Et donc, la semaine,
06:15il y a plein de niveaux
06:16entre les résultats d'entreprise
06:18et entre les banques centrales.
06:19On va avoir une semaine
06:20particulièrement riche en enseignement
06:21et qui va permettre peut-être
06:23d'y voir un petit peu plus clair.
06:24Et évidemment, toujours le conflit en Iran.
06:25Parce que même si là,
06:26le marché ne regarde pas,
06:27si on avait des mauvaises nouvelles,
06:28et on peut toujours avoir des mauvaises nouvelles,
06:30la situation est toujours très tendue.
06:31Les Américains ne sont pas revenus
06:33à la table le week-end dernier
06:34parce que les billets d'avion
06:35sont trop chers d'après Donald Trump.
06:37Mais en tout cas,
06:38on peut avoir des mauvaises surprises,
06:39on peut avoir des mauvaises nouvelles
06:40qui peuvent aussi venir perturber
06:42les subiconducteurs
06:43puisque globalement,
06:44c'est quand même le commerce mondial
06:45qui est aussi très impacté.
06:47Que peuvent faire les banques centrales
06:49face à la remontée des prix de l'énergie ?
06:52Cette semaine, on aura la BCE,
06:53la FED, la Banque d'Angleterre,
06:54la Banque du Japon,
06:55statu quo attendu partout.
06:57Et le marché s'est un petit peu calmé
06:59sur les anticipations de hausse de taux
07:01de la BCE aujourd'hui.
07:03À raison, selon nous,
07:04parce qu'il ne faut pas considérer...
07:06Et c'est souvent, vous savez,
07:06le modèle de prévision le plus partagé,
07:08c'est la prolongation
07:08de ce qu'on a connu de manière récente.
07:10Et les gens considèrent
07:11qu'aujourd'hui, ce conflit en Iran
07:12est une forme de reproduction
07:13de celui qu'on a connu
07:14entre la Russie et l'Ukraine en 2022.
07:16Pour nous, c'est une erreur majeure
07:17parce que nous ne sommes plus en 2022.
07:19Vous l'évoquiez juste avant,
07:20en fait, les indices de confiance
07:21aux États-Unis sont très mal orientés.
07:23Alors certes, vous me direz
07:24que l'économie américaine
07:25continue d'avancer,
07:26mais il ne faut pas être dupe.
07:27C'est-à-dire que si elle continue d'avancer,
07:28c'est uniquement parce qu'elle est
07:29entraînée par quelques locomotives
07:31qui investissent comme des bêtes.
07:33650 millions de dollars en 2026
07:34pour les cinq plus grosses valeurs américaines,
07:35c'est plus que le PIB suisse.
07:37La Suisse, ce n'est pas un petit pays confidentiel
07:39pour avoir une idée des montants.
07:41Et donc, quand vous êtes en phase d'investissement,
07:43naturellement, vous créez de la richesse.
07:44C'est vraiment comptable.
07:45C'est de la comptabilité nationale.
07:46Donc, tout ça masque quand même
07:48une économie qui est plus fragile,
07:49des agents privés qui sont plus fragiles
07:50qu'en 2022,
07:51qui ont été moins épargnés.
07:53Parce qu'il faut avoir quand même
07:54qu'à l'époque,
07:54on arrivait avec des ménages
07:56qui avaient une surépargne
07:57associée à la gestion
07:58de la crise sanitaire passée.
07:59Et donc, vous avez des agents privés européens
08:01qui sont plus fragiles,
08:02des agents privés américains
08:03qui sont plus fragiles.
08:03Ce qui fait que, concrètement,
08:05l'augmentation des prix d'amateurs premières,
08:07s'il y a eu un contenu inflationniste en 2022,
08:09pour nous, elle a essentiellement
08:10un contenu récessionniste aujourd'hui.
08:12C'est-à-dire que, pour bien comprendre,
08:13c'est que ceux qui ont supporté
08:15l'augmentation des prix en 2022,
08:16c'était les ménages
08:17parce qu'ils avaient les moyens de le faire.
08:18Et donc, les entreprises avaient répercuté
08:20l'augmentation des coûts de production
08:22dans les prix de vente finaux.
08:23C'est pour ça qu'on a eu en fait
08:24ce cycle de quelques mois,
08:26quelques trimestres,
08:26mais qui n'a pas duré finalement très longtemps.
08:28Aujourd'hui, clairement,
08:29chaque hausse des prix du carburant
08:31entraîne quoi ?
08:32Eh bien, l'altération
08:32de la consommation des ménages
08:33et de tout le reste.
08:34Pour vous donner une image
08:35relativement simple,
08:36d'une certaine manière,
08:37si les carpeurs ont continué d'augmenter,
08:39les agents privés, les ménages,
08:41partiront, au lieu de partir
08:42dix jours en vacances,
08:42ils partiront plus que neuf.
08:43Et dans ces cas-là,
08:44ils consommeront un jour de moins.
08:46En fait, en tout cas,
08:47ils dépenseront un jour de moins
08:48pour aller au restaurant
08:49et déjeuner et dîner,
08:50en fait, le midi et le soir.
08:56L'inflation d'une partie,
08:57en fait, des produits consommés
08:59entraînera la déflation des autres.
09:01Et donc, naturellement,
09:02et donc parce qu'aujourd'hui,
09:03il n'y a plus de pricing power
09:04pour les entreprises
09:04au niveau général
09:05pour répercuter
09:06dans les prix de vente finaux
09:07l'augmentation des coûts de production.
09:09Ce sont donc les entreprises
09:10qui payent
09:10à travers, en fait,
09:11une ponction sur les marges.
09:12Donc, les banques centrales,
09:14évidemment, commettraient selon nous
09:15une erreur de politique monétaire.
09:17Attention, c'est déjà arrivé.
09:182008, en Europe,
09:19notamment,
09:20par un ancien président
09:21de la Banque Centrale Européenne
09:22que vous connaissez,
09:23il était français d'ailleurs,
09:24à continuer d'augmenter ses taux
09:25alors que le monde s'effondrait,
09:26concrètement.
09:27Ça peut arriver,
09:27les erreurs de politique monétaire.
09:29Mais considérer aujourd'hui,
09:30parce qu'en 2022,
09:31on a eu une pression inflationniste,
09:32une inflation de second tour,
09:33certes, qui n'a pas duré longtemps,
09:34mais qui était là
09:35et qui a poussé à l'augmentation des taux,
09:36reproduire le même schéma aujourd'hui
09:38serait dangereux.
09:38Et là, pour le coup,
09:39il faudrait beaucoup plus prudents,
09:40surtout les actifs obligataires,
09:42mais surtout,
09:42action en premier chef
09:43parce que les entreprises
09:44auraient bien du mal
09:45à le supporter.
09:46Donc, à aujourd'hui,
09:47les banques centrales,
09:48la seule chose qu'elles peuvent faire,
09:49c'est pour l'instant,
09:49attendre le calme des vieilles troupes.
09:51Il faut qu'elles diffusent
09:52une forme de sagesse
09:53associée justement
09:54à pas de précipitation.
09:55Mais le chemin derrière,
09:56pour nous,
09:57il est quasi évident.
09:58Ça sera la baisse des taux,
09:59même à Ruzan,
10:00en fait, fin d'année,
10:00dans des proportions
10:01que les gens probablement
10:02sous-estiment,
10:03puisque les agents privés,
10:04je rappelle qu'une économie,
10:05ce n'est pas fait de martiens
10:06ou pas de commerce international.
10:08Une économie,
10:08c'est deux tiers de ménages,
10:11une vingtaine de pourcents
10:12d'investissements
10:13et 15 à 25 % d'État.
10:14Donc, le plus important,
10:15c'est les ménages.
10:16Quand les ménages sont aujourd'hui
10:18en situation de vulnérabilité,
10:19il faut les aider
10:20et la Banque centrale le sait.
10:21Et je pense qu'en gros,
10:22elle suivra.
10:23Alors, d'autant plus
10:23qu'avec le changement de présidence
10:25de la Fed,
10:27il paraît évident.
10:28Alors, vous avez vu peut-être
10:28ce week-end
10:29qu'on fait vraiment du deal
10:31partout aux États-Unis.
10:32Je ne sais pas si vous vous souvenez,
10:33il y avait un républicain
10:34qui ne voulait pas voter
10:35pour le poulain de Donald Trump
10:36tant que l'enquête
10:39sur Jérôme Powell
10:41sur des frais associés
10:43à la rénovation
10:44de la Fed
10:45ne soit pas bloquée,
10:47ne soit pas éteinte.
10:48Eh bien, bizarrement,
10:49hier, en fait,
10:49elle l'a été.
10:50Donc, ce qui fait qu'aujourd'hui,
10:51il n'y a plus de frein
10:52à ce que le poulain
10:53de Donald Trump arrive.
10:54Et clairement,
10:55dans son discours,
10:55lui, il est plutôt baissier taux.
10:57Et globalement,
10:58au-delà, en fait,
10:58de la relation politique budgétaire,
11:01politique monétaire,
11:01en réalité,
11:02c'est véritablement
11:03ce dont ont besoin
11:03les États-Unis aujourd'hui.
11:04En tout cas,
11:05le fait que les marchés
11:07anticipent
11:08une remontée des taux,
11:10notamment en Europe,
11:11crée des opportunités,
11:12peut-être pour vous,
11:13sur le marché obligataire
11:14Olivier Malteste,
11:15dans le sens où,
11:16depuis le mois de février,
11:17que ce soit sur la partie longue
11:18et sur la partie courte,
11:19on a des rendements
11:20qui ont progressé.
11:22Oui, et puis,
11:23ce qui est intéressant aussi
11:24de noter,
11:24c'est que la semaine dernière,
11:25le discours de Christine Lagarde
11:26s'est un petit peu infléchi,
11:27quand même,
11:28lorsqu'elle a parlé à Berlin.
11:30Globalement,
11:31sur le côté,
11:31ils prendront leur temps.
11:33Alors,
11:33elle avait eu un discours
11:34très différent de la Fed,
11:36alors qu'au terme d'inflation,
11:38le niveau n'était quand même
11:39pas du tout le même.
11:40elle avait vraiment eu un discours
11:41en disant,
11:41s'il faut même temporairement,
11:43on montera les taux,
11:43on sera ultra réactifs,
11:44on ne revivra pas un scénario
11:46à la 2022,
11:47quitte à les baisser
11:49relativement ensuite.
11:50Et là,
11:50elle a quand même commencé
11:51à infléchir.
11:51Et d'ailleurs,
11:52les minutes,
11:53le compte-rendu
11:54de la politique monétaire
11:55montraient quand même
11:56qu'au sein de la BCE,
11:56ça avait été quand même
11:57beaucoup plus discuté
11:58que le discours
11:59de Christine Lagarde.
12:00Donc potentiellement,
12:01là,
12:01personne ne s'attend
12:02à une montée des taux
12:03sur cette prochaine réunion.
12:04La réunion,
12:04ensuite du mois de juin,
12:05potentiellement,
12:06oui,
12:06une montée des taux
12:07de 25 points de base.
12:08Moi,
12:08ce que je trouve assez intéressant
12:09par rapport à ce qui a été dit,
12:10c'est que c'est vrai
12:11qu'on compare beaucoup
12:12et le premier réflexe,
12:12c'était de comparer
12:13par rapport à 2022
12:14parce que début d'une guerre,
12:16choc énergétique,
12:16alors les situations
12:17n'étaient pas les mêmes
12:18en termes de banque centrale,
12:19en termes de taux,
12:19et ainsi de suite,
12:20mais c'était le premier réflexe.
12:21Et moi,
12:21plus les mois,
12:22plus les semaines passent globalement
12:24et plus je vois que le marché
12:25est particulièrement résilient,
12:26je pense de plus en plus
12:27à 2025
12:28sur lequel on a tous été économistes
12:31de se dire de toute façon
12:36les secteurs institutionnels
12:37se sont un petit peu
12:39réfrénés au moment
12:39où il y a eu le rebond
12:40en disant
12:40mais on ne prend pas du tout
12:41en compte l'impact économique
12:42parce que même s'il y a négociation,
12:44même si ça baisse
12:44par rapport au premier taux,
12:46globalement,
12:46c'est quand même bien supérieur
12:47par rapport à ce qu'on avait avant.
12:49Et là,
12:49c'est pareil,
12:49un pétrole et des chocs énergétiques
12:51qui restent
12:52et qui surtout perdurent
12:53parce qu'à côté du niveau,
12:54c'est vraiment le temps
12:54pendant lequel ça perdure,
12:56c'est quelque chose
12:56qui n'est pas bon
12:57pour l'économie globalement.
12:58Mais néanmoins,
12:58les marchés progressivement
12:59ont l'air de ne plus s'en soucier
13:01et donc potentiellement
13:02on pourrait être surpris
13:03si on s'attache vraiment
13:04de manière trop importante
13:05à l'impact économique
13:06et à la réalité économique.
13:07Et après,
13:08je vous rejoins tout à fait
13:08sur le fait que
13:09la vraie situation,
13:10c'est qu'en 2022,
13:11les entreprises ont pu faire profiter
13:13et ont pu impacter
13:14leur prix globalement
13:15de tous les impacts énergétiques.
13:17Là,
13:17avec une consommation
13:18qui est un peu plus basse,
13:20avec une niveau croissance
13:21qui est un peu plus bas globalement
13:22et puis une confiance des consommateurs
13:24qui est plus basse aussi,
13:25il va certainement falloir
13:26prendre un petit peu sur les marges
13:27pour arriver à continuer
13:29à vendre ces produits.
13:31Donc la situation
13:31est tout à fait différente.
13:32Et d'où d'ailleurs,
13:33peut-être,
13:34j'ai écouté tout à l'heure
13:35une firme de reflux
13:36sur les actions européennes
13:37plutôt récente
13:38parce que la réalité tout de même,
13:39c'est que les entreprises européennes
13:40sont un plus sensibles
13:41au monde extérieur
13:42que les autres.
13:43C'est-à-dire que nous sommes
13:43un des continents
13:44les plus ouverts
13:45au reste du monde
13:45en termes de sensibilité
13:46de nos entreprises
13:47au marché extérieur.
13:49On n'est effectivement
13:50pas producteur de matières premières,
13:52on consomme ce qui vient d'ailleurs.
13:53Donc là, en l'occurrence,
13:54on est plutôt sur ce jeu
13:56qui est de dire
13:57on se rapatrie plutôt
13:58sur les actions américaines
13:59et les entreprises américaines
14:00et d'ailleurs surtout
14:00toujours sur les mêmes.
14:01C'est les gros dossiers
14:03qui sont très désensibilisés
14:05par rapport à cette question
14:06du prix des matières premières.
14:07Leur matière première
14:08à eux, c'est les datas.
14:09Pour l'instant,
14:10il n'y a pas d'inflation
14:10sur le prix des datas.
14:11Donc là, globalement,
14:12elles sont prémunisées.
14:13Et donc, on a plutôt
14:15cet arbitrage favorable
14:16finalement aux entreprises
14:17qui sont les plus protégées
14:18au niveau mondial
14:19de ce choc-là.
14:20Et c'est une des raisons
14:21pour lesquelles l'arbitrage
14:22paraît assez évident
14:23entre les actions américaines
14:24versus les actions européennes.
14:26reviendra dans la danse
14:27un jour l'effet change
14:28parce qu'effectivement,
14:29il ne faut pas oublier 2025
14:30et les gens l'ont un peu pris.
14:32Malheureusement,
14:32leur bonne exposition
14:34à certaines classes d'actifs
14:35a pu être mangée
14:36par l'effet change
14:36qui peut évoluer dans le temps.
14:38Et pour nous,
14:38ce n'est pas le sujet du moment.
14:39Donc pour l'instant,
14:40l'arbitrage favori plutôt
14:41aux actions américaines
14:42versus au reste du monde
14:44paraît plutôt judicieux.
14:46Vous l'accompagnez.
14:47Vous êtes dans le concept
14:48de ce point.
14:49Alors, en sachant qu'attention,
14:51il faut avoir deux dimensions
14:52dans l'allocation.
14:53C'est quelle exposition globale
14:54au marché actions
14:55dans un premier temps
14:56et ensuite sur quelle typologie
14:57d'actions ?
14:58Vous l'avez compris,
14:58dans l'environnement actuel,
15:00on est plutôt neutre.
15:01C'est-à-dire qu'on va plutôt
15:02être benchmarké
15:02en termes d'expo.
15:03C'est-à-dire ni plus ni moins.
15:04On accompagne en fait le mouvement.
15:06Par contre,
15:06à l'intérieur de ce Sli,
15:08on est plutôt exposé
15:09sur les équitiés américains.
15:09Il nous reste une minute,
15:10Pierre Sabatier.
15:11Je suis trop long,
15:12j'ai bien compris.
15:12Non, pas du tout.
15:14C'est juste pour vous dire
15:15qu'il vous reste une minute
15:15pour répondre à une question
15:17pas simple.
15:17Est-ce que l'Allemagne
15:18a raison de sabrer
15:19ses prévisions de croissance
15:22de 1 à 0,5 ?
15:24Vous avez 4 heures.
15:25Est-ce qu'on va se retrouver
15:25sur ce plateau
15:26à nouveau parler de récession
15:28comme c'était le cas
15:29l'an dernier ?
15:29L'économie allemande
15:30est en très grande difficulté
15:31pour deux raisons.
15:32Un, ce qui l'a sauvé aujourd'hui
15:33l'a mis en difficulté,
15:34sa spécialisation productive,
15:36le fait qu'elle est finalement...
15:37C'est un pays qui a vieilli
15:38bien avant les autres pays européens,
15:39un peu comme le Japon
15:40dans les années 90.
15:41Elle a commencé à vieillir
15:42dans les années 2000.
15:43Elle a très bien su gérer le virage
15:44en prenant vraiment,
15:45en mettant le paquet
15:46en termes de spécialisation productive
15:48sur je vais exporter
15:49au reste du monde
15:50ce que je suis en capacité
15:51de produire.
15:52Pour vous donner une idée,
15:53en 2000,
15:54les exportations allemandes
15:55ça pèse 30% de la richesse créée.
15:56C'est monté il y a quelques années
15:57à 48%.
15:5848 points de PIB.
16:00C'est absolument colossal.
16:01Je rappelle quand même
16:01que les exports aux États-Unis
16:02ça pèse 12 points de PIB.
16:03Donc on n'est pas du tout
16:04sur le même degré de sensibilité.
16:05Et donc il est évident
16:06que dans le jeu
16:07du commerce international
16:08qui se referme,
16:09on est face à une recontinentalisation
16:11des échanges
16:12qui a déjà débuté depuis 10 ans,
16:13c'est un des premiers leviers
16:14de mise en difficulté des Allemands.
16:16Alors vous me direz,
16:17il suffit de revenir
16:17sur sa demande interne.
16:18Sauf que l'Allemagne
16:19continue de vieillir
16:19et ils sont dans une deuxième phase
16:21de vieillissement
16:22ce qui fait que la croissance
16:23potentielle allemande
16:23juste intrinsèque
16:24au regard de leur ADN démographique
16:25elle est aussi ténue.
16:27Ça veut dire que pour le coup
16:28vous avez vraiment deux verrous
16:29qui sont la demande interne
16:30d'une part,
16:30la demande externe d'autre part
16:31et là vous êtes vraiment à risque.
16:33Et c'est la raison pour laquelle
16:34il est probable que Christine Lagarde
16:35adoucisse son discours.
16:36Parce que du coup
16:37le seul levier
16:38dont dispose l'Allemagne
16:40à court terme
16:40c'est pour le coup
16:41le déficit public
16:42ce qu'il a annoncé l'année dernière
16:43avec un plan de relance budgétaire
16:44qui permettrait justement
16:45de dans ce moment difficile
16:47essayer d'amoindrir le mal.
16:48Pour le coup
16:49il est plus facile
16:49de faire du déficit public
16:50quand les taux sont faibles
16:51que quand les taux sont hauts
16:52et c'est aussi une des raisons
16:53pour lesquelles
16:53de manière assez surprenante
16:54pour une fois
16:55l'Allemagne va plutôt être
16:57dans le cas de celui
16:58qui va prôner une baisse des taux
16:59parce que pour finalement
17:00sauver l'Allemagne
17:02de la récession
17:02et elle aura bien du mal
17:04en fait à s'en sauver
17:04il faudra pour le coup
17:05que faire du keynesianisme
17:07et accepter pour une fois
17:08de faire du déficit public
17:10c'est le chemin
17:10qui a été acté l'année dernière
17:12encore faut-il le réaliser maintenant
17:13et donc pour le coup
17:14on n'est pas à l'abri
17:15effectivement d'une Allemagne
17:16qui en tout cas
17:16il est peu probable
17:17que l'Allemagne redevienne
17:18la locomotive de l'économie européenne
17:20pas dans les trimestres à venir
17:21mais dans les années à venir.
17:22Mais dans tous les cas
17:23cette excuse de l'Iran
17:25ce n'est pas la seule raison
17:26non bien sûr que non
17:27c'est sur des raisons
17:27qui sont bien plus nombreuses
17:29et j'ai là aussi
17:30pas le temps de vous l'expliquer
17:31mais globalement
17:32l'Iran n'est pas
17:33qu'un conflit géopolitique
17:34c'est qu'un conflit économique
17:35c'est la troisième pierre
17:36du combat entre les Etats-Unis
17:38et la Chine
17:38sachez aussi
17:39que si Donald Trump
17:39fait durer la mécanique
17:41c'est parce que la Chine
17:42est mise en difficulté
17:42bien plus que les Etats-Unis
17:44à travers ce conflit
17:45c'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier
17:47que le prix est une chose
17:48mais l'approvisionnement
17:48en est une autre
17:49et aujourd'hui
17:50ceux qui sont les plus approvisionnés
17:51par le pétrole
17:52qui est issu de cette région-là
17:53ce ne sont pas les Etats-Unis
17:55ce sont les pays asiatiques
17:56et naturellement
17:56quand on veut gagner la course
17:57soit vous allez plus vite
18:00soit vous faites trébucher
18:01vos concurrents
18:02et globalement
18:03c'est probablement
18:03ce qu'on constate aujourd'hui
18:04donc non
18:05ce n'est pas la seule raison
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