- il y a 9 heures
Ce jeudi 19 février, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Vincent Juvyns, responsable de la stratégie d'investissement de ING, ont notamment échangé leur point de vue sur la baisse du chiffre d'affaires de Pernod Ricard en Chine, ainsi que sur la diversification du marché boursier chinois, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Deux acteurs de marché, vous le savez, à 7h dans Good Morning Market sur BFM Business avec ce matin Alexandre
00:06Baradez.
00:07Bonjour Alexandre.
00:08Bonjour Etienne.
00:08Vous êtes chef analyste d'IG et dans un instant nous serons rejoints par Vincent Juvin, ce qui nous attend
00:13depuis ING.
00:14Le CAC 40 tient relativement bien quand même Alexandre, c'est ce qu'il faut retenir ces derniers jours, moins
00:190,5%.
00:20Allez, on est à la porte des 8400 points.
00:22Quand on regarde la performance depuis le début de l'année, nous sommes à plus 3,5%.
00:26L'Eurostock 50 gagne 5%, quand du côté de Wall Street, le Nasdaq est à moins 2 et le S
00:31&P 500 est à 0.
00:32Oui, c'est le moment où on souligne que le CAC 40, finalement, certaines faiblesses qui ont pu être historiques,
00:37par exemple sur le fait qu'il y a assez peu de valeur technologique au sein du CAC 40,
00:40comme on voit que c'est un des secteurs, notamment outre-Atlantique, qui est un des plus sous-performants depuis
00:44quelques temps maintenant,
00:46la bonne diversification du CAC 40 fait qu'il tient relativement bien.
00:49On voit ce matin que ce qui fait que l'indice ne baisse pas plus que ça pour l'instant,
00:54c'est qu'on a des secteurs comme les télécoms, par exemple, qui sont bien orientés.
00:56Ça fait déjà plusieurs semaines que c'est local, tout ce qui est utilities, un service de collectivité qui est
01:00toujours plutôt bien orienté aussi.
01:02C'est un indice qui est diversifié et même quand effectivement les poids lourds, le secteur du luxe qui pèse
01:07toujours un tiers du CAC 40 depuis des mois maintenant est sous-performant,
01:11on voit que l'indice globalement, dans lequel il y a des bancaires qui ont très bien performé ces derniers
01:15mois, ça tient relativement bien.
01:18Après, c'est vrai que le sujet dont vous venez de parler, par exemple par rapport à Pernod Ricard, ça
01:22reste un sujet de fond, je pense, quand même, à la question de la Chine,
01:24parce que c'est un sujet aussi macro, c'est quelque chose qu'on regarde beaucoup, parce qu'on voit
01:29que la Chine, autant son moteur export reste très très bon,
01:33l'appareil industriel tourne toujours correctement, autant la demande intérieure, et c'est ce qu'on souligne très régulièrement, reste
01:38faible en Chine.
01:39Il suffit de regarder la balance commerciale chinoise, la partie exportation ne cesse de croître depuis des années,
01:43alors que si vous regardez les importations en montant depuis plusieurs années en Chine, elles stagnent, ça veut dire que
01:48la Chine importe,
01:49les importations ne progressent pas beaucoup, signe que la demande intérieure reste contrainte,
01:53et c'est pour ça que l'entend les autorités chinoises de plus en plus orienter leur discours sur des
01:57mesures de soutien nécessaires à la demande intérieure.
01:59Et donc ça, c'est pas valable que pour le luxe, il y a aussi d'autres secteurs européens qui
02:02sont tournés vers la Chine en termes d'exportation,
02:05et je dirais que c'est effectivement un thème à surveiller à ce premier semestre,
02:08il y a tout le thème américain avec les mid-terms, avec la question des valeurs technologiques, les disruptions,
02:13mais je pense que aussi le thème macro-chinois est un thème à ne pas perdre de vue.
02:16C'est vrai que le luxe qui a rendu service au CAC 40 après le Covid, quand on était sur
02:21des plus hauts,
02:21et bien aujourd'hui le CAC 40 paye un petit peu cette dépendance au secteur du luxe.
02:25Comment vous analysez la situation en Chine, Vincent Juvin ?
02:28Je vous êtes responsable de la stratégie d'investissement de ING.
02:31Intéressant ce que nous dit ce matin, Pernod Ricard,
02:33avec une faiblesse persistante de l'environnement macro-économique,
02:36une confiance des consommateurs qui n'est pas là.
02:38Il y avait Sébastien Bazin, le PDG d'Accord, qui était ce matin également chez leur closier à 7h45,
02:43qui là aussi constate que le marché en Chine est difficile.
02:47Oui, en effet, je souscris tout d'abord intégralement à ce qu'a pu évoquer Alexandre juste précédemment.
02:53Il est vrai qu'on a une Chine qui est en train de changer fondamentalement.
02:56Réellement, le point de bascule a été 2020.
02:58Jusqu'en 2020, la Chine était relativement facile à aborder pour nous occidentaux.
03:05On a vu que jusqu'en 2020, elle importait autant d'automobiles qu'elle n'en exportait.
03:10Et puis le Covid est passé par là.
03:12Et aujourd'hui, on voit qu'il y a une Chine qui a, dans sa structure domestique, changé de diamètre
03:15allemand.
03:16Alors l'économie domestique reste évidemment en difficulté à nombre d'égards,
03:20parce que l'économie continue à faire face à une crise immobilière qui est latente.
03:24Les prix immobiliers ont encore reflué de 3% sur un an au cours des 12 derniers mois, forcément.
03:29Taux de chômage qui, sur la population globale, est à 4,5%, mais qui, si elle est jeune, est à
03:3420%.
03:34Donc ces éléments paient sur la consommation d'automestique.
03:37Et cette consommation d'automestique se dirige essentiellement aujourd'hui vers des biens manufacturés en Chine.
03:43La Chine est montée en gamme depuis 2020.
03:45On le note, les exportations automobiles de la Chine ont été multipliées par 5 depuis 2020,
03:50alors que ces importations ont été diminuées, divisées par 2.
03:53Ça montre toutes les difficultés des entreprises occidentales,
03:56que ce soit les entreprises dans l'automobile, dans le luxe ou dans les produits de grande consommation,
04:00de continuer à défendre leur part de marché en Chine,
04:03où on a évidemment un certain nombre de producteurs qui montent en gamme.
04:07Dans la technologie, c'est très très clair, mais on le voit dans les biens de consommation également.
04:12Et demain, on le verra peut-être davantage dans le luxe aussi.
04:15Est-ce que ça remet en cause aujourd'hui pour vous la thématique d'investissement
04:19sur les marchés émergents, sur la Chine ?
04:21La performance des indices chinois depuis le début de l'année,
04:24voire même depuis la rentrée, est très honorable.
04:27En effet, alors ça ne remet absolument pas en cause l'intérêt d'une exposition à la Chine.
04:32La Chine, c'est quand même déjà 3% du MSCI acquis.
04:36Donc c'est déjà, en termes de référence pour nous,
04:38gérant un poids neutre à essayer d'avoir en portefeuille.
04:43Par contre, alors que jusqu'en 2020, on pouvait s'exposer à la Chine
04:47en s'exposant notamment au luxe, aux exportatrices européennes vers le marché chinois,
04:52aujourd'hui, on sent qu'il faut vraiment une exposition via les marchés domestiques,
04:56Shanghai et Shenzhen, pour vraiment être au plus près de la dynamique économique en Chine.
05:01Donc on ne peut plus faire par l'intermédiaire d'entreprises occidentales,
05:05ou en tout cas beaucoup moins que par le passé.
05:07Et comme vous le signalez, la Chine, depuis début 2025 jusqu'à aujourd'hui,
05:11c'est à peu près 30% de performance pour les MSCI China.
05:15C'est trois fois plus que les actions mondiales.
05:17Donc oui, c'est une très forte performance.
05:19C'est une très forte performance au sein de l'indice émergent.
05:22Et quelque part, je suppose que les 3% du MSCI Yakui que la Chine occupe actuellement,
05:29c'est quelque chose qui est encore appelé à augmenter dans les prochaines années.
05:32Donc voilà, en cette période un peu festive en Chine,
05:36c'est peut-être le moment de repenser notre exposition à la Chine,
05:40à la fois comment le faire, mais surtout quel poids à lui donner.
05:43C'est vrai, Alexandre Baradez, que depuis le début de l'année,
05:45les grandes maisons de gestion, les acteurs qui sont sur ce plateau également,
05:48la clé c'est la diversification.
05:50Moins de dollars américains, moins de tech américaines, moins de dettes d'État.
05:54On est quand même sur des tendances qui sont très fortes.
05:57Oui, il y a quand même une vraie vague de rotation.
05:59Il y a à la fois de la rotation au sein des marchés américains.
06:02C'est-à-dire qu'on voit que les large cap tech,
06:04donc évidemment les sets magnifiques,
06:05et globalement les grosses valeurs technologiques américaines sont un peu plus vendues.
06:08On a même des bear markets, des marchés baissiers,
06:11sur certaines des sets magnifiques, des boîtes comme Microsoft,
06:14même Amazon qui a flirté il y a quelques jours encore,
06:16qui est moins de 20% depuis le sommet.
06:18Donc c'est quand même des mouvements qui sont très significatifs.
06:20On voit que ça perturbe assez peu pour l'instant la structure globale des indices.
06:23Et on voit une rotation qui se fait sur des valeurs un peu plus défensives
06:26au sein des marchés américains.
06:29Il y a aussi une forme de rotation large cap tech vers la partie plus small cap aussi.
06:35On voit ça, ça se reventile un peu sur les small cap
06:37dans l'attente de baisse de taux de la Fed d'ici quelques mois.
06:40Et puis en fait une espèce de troisième rotation un peu géographique aussi,
06:42que Vincent a bien expliqué à l'instant,
06:45à savoir qu'on a des investisseurs qui allègent un petit peu sur la partie américaine
06:49et qui vont chercher l'Europe.
06:50Alors un peu refuge dans ces temps de politique américaine assez mouvementée,
06:54et également sur l'Asie.
06:55Prenez par exemple le cas du MSCI World,
06:57donc un gros indice des actions mondiales.
06:59Quand vous soustrayez de cet indice les actions américaines,
07:02l'an dernier on a quasiment pris 30% sur le MSCI World.
07:05Donc c'est presque deux fois plus qu'un SP500.
07:06Et encore en dollars, vous avez une perf du SP500 qui est plus faible que ça.
07:10Donc ce qui montre bien qu'à la fois la pression baissière sur le dollar
07:15s'est accompagnée aussi, c'est moins quand même assez structurel,
07:17d'une appétit pour les investisseurs,
07:19d'une reventilation de la part des investisseurs,
07:20d'une grosse exposition aux marchés américains.
07:23On rappelle que les investisseurs, les marchés mondiaux les plus importants
07:25sont les marchés américains,
07:26et on constate depuis 12 mois, 15 mois maintenant,
07:29que cette part est en train de diminuer un petit peu
07:30pour être reventilée sur la partie européenne,
07:32et sur la partie monde notamment.
07:33Donc oui, il y a des vraies stratégies de réallocation,
07:36et de réorientation,
07:37mais qui sont plutôt saines,
07:38qui rendent le côté marché US un peu moins unique,
07:42et qui offrent aussi du coup,
07:44c'est pour ça qu'on a des indices européens,
07:45on a effectivement le cas qu'ils peinent à battre ses records,
07:48mais regardez, le DAX est très proche de ses records,
07:50le MIB italien est très proche de ses records historiques aussi,
07:53l'IBEX les a battus depuis longtemps,
07:54le FTSE aussi,
07:56l'Europe se porte quand même globalement bien,
07:58et ça on voit que l'IS est un peu cette réorientation sur l'Europe,
08:01qui fait aussi, on le voit par rapport à la force de l'euro,
08:03ça s'appelle un peu moins la BCE,
08:05mais l'euro qui a passé le 1-20 avant de retomber un petit peu,
08:07c'est aussi un signe que les investisseurs,
08:10c'est à la fois un signe qu'on vend un peu la partie américaine,
08:12mais qu'on a aussi un peu plus confiance sur la partie européenne.
08:141-18-04 pour cette parité euro-dollar,
08:17Vincent Juvin,
08:17est-ce que vous continuez à orienter les flux et les allocations vers l'Europe,
08:22ou est-ce que non là, aujourd'hui,
08:24après la performance,
08:26vous estimez que les niveaux,
08:28les indices européens sont bien valorisés ?
08:31Oui, je veux dire peut-être que sur ce point,
08:33mon avis diverge quelque peu de celui que vient de brillamment exposer Alexandre,
08:37alors l'euro marginal,
08:39lorsqu'il rentre dans nos fonds,
08:41ont été évidemment plutôt investis en Europe,
08:43ou en tout cas dans les émergences qui nous concernent ces dernières semaines.
08:48Néanmoins, d'un point de vue économique,
08:50d'un point de vue structure de marché,
08:52s'il y a une pause dans l'exceptionnalisme américain,
08:54il ne faut quand même pas se tromper,
08:56la réelle dynamique économique et de marché demeure outre-Atlantique en ce qui me concerne.
09:01On a vu un re-rating de l'Europe,
09:03on l'a vu,
09:03les indices retrouvent des plus hauts,
09:06c'est une bonne chose,
09:07je pense qu'il y a une amélioration,
09:09en tout cas palpable en Europe,
09:10on l'a notamment vu sur les chiffres de croissance du quatrième trimestre.
09:14Néanmoins,
09:14j'estime qu'il y a encore trop peu d'éléments positifs dans le pipeline,
09:18que pour emmener l'Europe durablement sur la voie de la surperformance,
09:21par rapport aux marchés internationaux,
09:23alors peut-être temporairement par rapport aux marchés américains,
09:26puisque ceux-ci sont délaissés pour différentes raisons,
09:29mais en tout cas,
09:30lorsque je dois arbitrer entre émergents et Europe,
09:32mon choix est assez rapidement fait pour les émergents.
09:35Alors,
09:35on s'est beaucoup enthousiasmé il y a un an,
09:37avec évidemment le plan de relance budgétaire allemand,
09:40qui va rentrer dans sa phase de concrétisation cette année,
09:43c'est une bonne chose,
09:45mais j'estime qu'elle n'est pas suffisante pour porter l'Europe durablement.
09:49Je suis toujours très attentif à tous les signaux d'avancer,
09:53en termes d'intégration de nos marchés de capitaux,
09:56ça c'est réellement,
09:57pour moi,
09:57le vrai sujet des prochaines années,
09:59qui fera ou non le fait que l'Europe est durablement
10:03sur la voie de la surperformance.
10:04On n'y est pas aujourd'hui,
10:05donc pour moi,
10:06il y a aujourd'hui plus d'intérêt dans les émergents qu'en Europe,
10:10quand on cherche une alternative au marché américain.
10:13Mais quitte à être présent sur le marché européen,
10:14quels sont les secteurs qui vous attirent ?
10:16Alexandre parlait des utilities,
10:18c'est vrai que ça a été un secteur très fort en 2025,
10:20ça l'est encore depuis le début de l'année,
10:21les banques ont fait un carton en 2025,
10:23elles sont encore sur des plus hauts aujourd'hui.
10:25Pas évident quand même,
10:26ce marché,
10:26il faut faire un choix,
10:28soit accompagner des secteurs qui sont au plus haut,
10:30ou soit tenter des paris,
10:31mais c'est vrai que le niveau de risque n'est pas le même.
10:34Donc pour moi,
10:35les choses sont assez claires,
10:36les banques ont excessivement bien performé l'an dernier,
10:39mais elles ont encore le vent en poupe en ce début d'année.
10:42Je pense que le fait qu'on ait toujours une économie
10:44qui soit en croissance,
10:45on table sur 1,2, 1,3% de croissance
10:48pour la zone euro cette année,
10:50pas de récession,
10:51donc on a une situation qui est relativement robuste,
10:53avec une demande de crédit qui reste bien orientée,
10:55et une pente de la courbe des taux qui reste pentue,
10:58et donc qui permet aux entreprises financières
11:01de se rémunérer sur les crédits qu'elles octroient.
11:04Par ailleurs, il y a tout un travail de conversion de l'épargne des Européens
11:07vers des solutions d'investissement,
11:09qui ajoute également à la rentabilité du secteur bancaire.
11:12Le secteur bancaire est pour moi un no-brainer.
11:14À cela s'ajoute, et je rejoins Alexandre sur ce point,
11:16évidemment les services aux collectivités,
11:18les utilities, ne fût-ce que par cette demande d'électricité
11:21qui est aujourd'hui croissante,
11:23notamment pour accompagner le développement
11:26de l'intelligence artificielle,
11:27on le sait, qui demande beaucoup de data centers,
11:30et qui est évidemment très gourmande en énergie,
11:32donc ça fait partie des thématiques évidemment
11:34qui sont importantes aujourd'hui.
11:36Et puis n'oublions pas que l'Europe reste évidemment
11:39très à la pointe en matière de pharma,
11:41et que la pharma est l'un des secteurs
11:43qui bénéficient le plus du déploiement
11:46de l'intelligence artificielle ces derniers mois
11:49et ces dernières années,
11:50puisque cette intelligence artificielle
11:51est déjà depuis plusieurs années
11:54intégrée dans les processus de production
11:56des entreprises pharmaceutiques.
11:57Donc c'est certainement un secteur
11:59où je vois beaucoup d'innovation.
12:00Donc ces trois secteurs continuent, moi,
12:02à retenir mon intérêt au sein des marchés européens,
12:05et on continue évidemment à les privilégier.
12:07– Un mot, Alexandre Baradès, sur la situation aux États-Unis.
12:10Hier soir, la Fed a publié ses minutes,
12:12c'est le compte-rendu de la dernière réunion,
12:14une réunion qui s'est déroulée fin janvier,
12:17c'est-à-dire juste avant les données d'inflation
12:18de la semaine dernière.
12:19Demain, on aura des données de croissance,
12:22au PIB du quatrième trimestre,
12:23également des données d'inflation.
12:25Bon, ce qu'il faut retenir un petit peu de ces minutes,
12:26c'est que les membres de la Fed ne sont pas pressés
12:29pour baisser les taux loin de là.
12:30– Oui, voilà, ce qui ressort,
12:31c'est que le consensus au sein de la Fed,
12:33c'est que personne ne voulait bouger les taux,
12:34qui était sur un niveau acceptable,
12:37sauf deux membres, qui sont Miran, évidemment,
12:39avec une position très baissière sur les taux,
12:41et Waller également, qui souhaitait des baisses de taux,
12:43mais le consensus global n'était pas favorable.
12:45On note quand même que beaucoup de participants
12:47ont expliqué que si l'inflation continuait de ralentir
12:50vers l'objectif de la Fed,
12:51bon, c'est un peu une évidence,
12:52ce qu'ils sont en train de dire là,
12:53mais ils le disent quand même,
12:54eh bien, les baisses de taux reprendront.
12:55Donc, il n'y a pas non plus de volonté marquée
12:57de faire des pauses pendant encore plusieurs trimestres,
12:59si l'inflation, et d'abord, c'est toujours le si,
13:00si l'inflation, et c'est pour ça que vous le disiez,
13:02demain, les chiffres d'inflation, on appelle PCE,
13:04c'est la mesure la plus surveillée par la Fed,
13:06notamment l'inflation sous-jacente,
13:07c'est-à-dire hors alimentation, hors énergie,
13:09ça, c'est la mesure phare pour la Fed,
13:11donc on l'aura demain après-midi.
13:12Mais ce qui est intéressant, comme noté,
13:14alors les taux n'ont pas beaucoup réagi là-dessus hier soir,
13:16mais un petit paragraphe concerné
13:18le fait que plusieurs participants
13:20estimaient qu'ils auraient mis un communiqué,
13:23un compte rendu, un peu plus équilibré
13:25sur la possibilité, si l'inflation persistait,
13:28de pouvoir relever les taux.
13:29Et ça, je dirais, s'il y a un petit truc
13:31à retenir d'hier, c'est ça,
13:32c'est que certains membres auraient mis un communiqué
13:34un peu plus symétrique,
13:35on ne parle pas seulement des possibilités
13:37de baisse de taux,
13:37mais éventuellement de parler de hausse de taux
13:39si l'inflation était plus résiliente.
13:40Je pense que ce n'est pas du tout
13:42un scénario de base au sein de la Fed,
13:43on voit bien les taux hier sur ce communiqué,
13:45si vraiment le marché s'était inquiété de ça,
13:47les taux US, le 10 ans américain,
13:48auraient pris 15 ou 20 points de base
13:50dans la ligne droite,
13:50donc ça n'a pas été le cas,
13:51mais c'est intéressant de noter que voilà,
13:53il y a quand même une volonté
13:53de ne pas aller trop vite non plus,
13:55on rappelle toujours que depuis des mois et des mois,
13:57l'inflation sous-jacente aux Etats-Unis
13:58reste collée entre 2,5 et 3%,
14:01alors qu'en Europe, on l'a bien vu,
14:02depuis deux mois,
14:03on est passé sous les 2%,
14:04donc il y a vraiment des scénarios d'inflation
14:06très différents de partout de l'Atlantique,
14:08et aux Etats-Unis,
14:09l'inflation collante est un sujet toujours pour la Fed,
14:11parce qu'on rappelle que ça ne touche pas
14:13les Américains les plus riches,
14:14mais ça touche les Américains les moins fortunés,
14:16quasiment 3% d'inflation,
14:18et bien c'est un impact sur le pouvoir d'achat,
14:20et c'est ce qui ressort
14:20dans les enquêtes auprès des consommateurs,
14:22donc le mandat de la Fed n'est pas encore rempli,
14:24avec une inflation qui est toujours entre 2,5 et 3%.
14:26Vincent Juvence, depuis ING,
14:28quelles sont vos prévisions en termes de baisse de taux ?
14:30Le marché table pour l'instant sur deux baisses.
14:34Oui, on se colle évidemment sur les prévisions de marché,
14:36et on suit tout à fait ce que vient d'évoquer Alexandre,
14:39je suis peut-être un petit peu plus optimiste
14:42sur la capacité de la Fed à baisser,
14:44ou en tout cas sur les perspectives inflationnistes aux Etats-Unis,
14:47alors bon, évidemment,
14:47le dernier chiffre d'inflation était plus bas qu'attendu,
14:49finalement on voit que cette inflation reflue,
14:52on voit que les impacts de l'augmentation des droits de douane
14:54ont été finalement plus limités qu'initialement escomptés,
14:57et lorsqu'on voit des mesures à haute fréquence de l'inflation,
15:00on a déjà des mesures qui pointent vers une inflation
15:02qui potentiellement toucherait les deux,
15:03voire serait sous la barre des 2% aux Etats-Unis.
15:07Donc, on avait commencé l'année avec une attente de risques haussiers
15:12sur l'inflation US,
15:13compte tenu évidemment de ces augmentations de droits de douane,
15:15aujourd'hui je dois dire qu'on revoit au sein de l'équipe
15:17un petit peu notre scénario,
15:19et on commence à imaginer qu'un retour à 2%,
15:22voire sous les 2%,
15:23tel qu'on l'observe déjà potentiellement en Europe,
15:25est quelque chose qu'on pourrait,
15:26un scénario auquel on pourrait assister aux Etats-Unis.
15:30Donc, bon, évidemment,
15:32on continuera au travers de vos émissions à philosopher
15:35autour de la direction de l'inflation,
15:37mais enfin, je pense que les deux baisses d'autos
15:40sont aujourd'hui quasi acquises au niveau des Etats-Unis,
15:43et à la marge,
15:44je volontiserais peut-être une de plus qu'une de moins
15:48dans les prochains mois,
15:49compte tenu d'une inflation qui, finalement,
15:51se comporte beaucoup mieux que nous ne l'avions craint
15:53jusqu'au début de l'année.
15:55Alexandre Baradès, par rapport à ces prévisions d'inflation ?
15:57Oui, oui, je partage assez l'avis de Vincent dessus,
15:59mais c'est vrai qu'il y a un élément
15:59qui va être hors du scope des marchés pour l'instant,
16:01c'est peut-être la dynamique macro-américaine.
16:03On a eu quelques stats depuis le mois de janvier
16:05sur les ventes au détail, par exemple,
16:06qui étaient vraiment très largement sous des attentes.
16:07On a des chiffres sur les ventes de logements existants également,
16:09qui étaient un peu moyens,
16:10et je me dis qu'à un moment donné,
16:12effectivement, si l'inflation va vers les 2%,
16:13la fête baissera,
16:14mais peut-être que c'est aussi la dynamique économique américaine
16:17qui pourrait favoriser,
16:19mais du coup dans un sens un peu moins positif,
16:21c'est-à-dire que si on constate un rythme économique
16:23qui ralentit un petit peu,
16:24on sait que les années de mid-terme
16:25sont des années un peu plus mouvementées
16:26sur les marchés actions américains,
16:28en moyenne, sur plusieurs décennies,
16:29et donc la macro-américaine,
16:31en ce début d'année,
16:32il n'y a pas de signaux particuliers,
16:33mais les ventes au détail,
16:34il faudra quand même bien surveiller le prochain chiffre,
16:35parce que celui de décembre
16:36était quand même particulièrement sous les attentes,
16:38donc comment le consommateur se comporte
16:39en ce début d'année,
16:40ça, c'est aussi un élément important
16:41pour la Fed pour ajuster ses taux.
16:42Le marché est resté calme après les minutes de la Fed,
16:44il est resté calme également
16:45après ces informations du FT,
16:47selon lesquelles Christine Lagarde
16:49pourrait partir avant la fin de son mandat.
16:50La BCE, hier, dans un communiqué,
16:52dit que Christine Lagarde
16:53n'a pris aucune décision,
16:54donc on n'est pas sur un démenti ferme.
16:57Qu'est-ce que ça changerait aujourd'hui
16:58si Christine Lagarde part ?
17:00Je ne sais pas.
17:01Comment vous persuadez ce sujet,
17:03Alessane Baradé ?
17:03C'est le profil de ceux qui suivront après
17:04qui, du coup, va être intéressant.
17:06Derrière, on a plusieurs noms qui circulent,
17:07je vois Kim Nagel pour un côté allemand,
17:10Isabelle Schnabel également côté allemand,
17:11côté espagnol, c'est deux causes.
17:13Il y a classe Knott pour les néerlandais,
17:15donc pour moi, dans ce top 4,
17:16ça se jouera si effectivement
17:17Christine Lagarde part plus tôt.
17:19Là-dedans, il y a quand même
17:19que ce soit Knott, que ce soit Schnabel ou autre,
17:21c'est des profils qui sont un peu plus,
17:23je ne vais pas dire faucons non plus,
17:24ce n'est pas des grands faucons,
17:26mais c'est des profils un peu moins,
17:27on va dire, équilibrés
17:28que Christine Lagarde en termes de politique monétaire.
17:30Donc je dirais que si elle devait être remplacée,
17:31les profils qui suivraient,
17:32à part peut-être côté espagnol,
17:34on aurait quand même des profils
17:34un poil plus hauts que Christine Lagarde.
17:37En tout cas, pour l'instant,
17:38le marché reste calme.
17:40Le mot de la fin là-dessus sur la BCE,
17:41Vincent Juvins ?
17:43Oui, calme, c'est le mot.
17:45On voit que les attentes
17:45en termes de politique monétaire
17:47de la BCE ne changent pas.
17:48Attention toutefois,
17:49n'oublions pas que la BCE n'est pas passive.
17:52Pour l'instant,
17:52elle réduit toujours la taille de son bilan
17:54et de manière quand même significative en 2026.
17:57Donc prudence, évidemment,
17:58on a vu les taux obligataires
17:59refluer ces dernières semaines.
18:01Dans un contexte où les États
18:02émettent toujours beaucoup de dettes
18:04et où la BCE continue à réduire
18:06la taille de son bilan,
18:07attention au retour de manivelle,
18:08il y a des taux longs
18:09qui pourraient continuer
18:10à remonter dans les semaines à venir.
18:13Donc on reste, nous,
18:14en termes d'exposition taux d'intérêt,
18:16plutôt prudents
18:16en termes de sensibilité de taux.
18:17Le disant français qui est toujours
18:19à 3,3% sur des plus bas du mois d'août
18:21quand le Bund allemand est à 2,76.
18:23Merci beaucoup à tous les deux.
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