- il y a 7 minutes
Ce mercredi 4 mars, Stéphane Levy, stratégiste chez Irivest IM, et Charles de Boissezon, responsable mondial de la Stratégie Actions de Société Générale CIB, ont échangé leur point de vue sur le repli du CAC40 qui a connu une correction brutale en deux séances, s'éloignant des records remarquables des deux mois précédents, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Deux acteurs de marché, comme chaque jour à 7h, avec ce matin en plateau Stéphane Lévy qui est stratégie chez
00:05E-Rivest IM.
00:06Bonjour Stéphane, merci de nous accompagner en compagnie de Charles Deboison qui est responsable de la stratégie action chez Société
00:12Générale CIB.
00:13Bon le CAC 40 ça y est repasse dans le rouge, enfin non c'est un bien grand mot, à
00:170%, on a ouvert en hausse de 0,3%, ça y est le rebond fait déjà pitch au bout de
00:2240 minutes.
00:22Ensuite, hier on a perdu 5,5%, le CAC 40 a plié deux mois de performance en l'espace de
00:28deux séances, retour à la case départ.
00:31Charles, c'est assez intéressant de voir que le marché au final a vendu tout ce qui a bien performé
00:35depuis le début de l'année, ça s'est encore confirmé cette nuit avec la bourse de Séoul qui a
00:39quand même perdu 12% en séance.
00:41Oui, l'année a été tumultueuse pour les actions coréennes, de fait on a vu des prises de profit sur
00:49effectivement beaucoup de stratégies un peu momentum,
00:51sur notamment le secteur de la tech et tout ce qui était lié à l'IA, donc on l'a
00:56vu singulièrement en Corée, évidemment la France, l'indice français n'est pas un indice de semi-conducteur,
01:01c'est le moins qu'on puisse dire. Cela dit, il se place dans un contexte européen et l'Europe
01:05est plus fragile aux événements iraniens que ne le sont les actifs américains.
01:10On reviendra peut-être là-dessus sur votre plateau, mais il ne faut pas y voir quelque chose de spécifique
01:16à la France,
01:16juste avant sur votre plateau, était évoquer les résultats de certaines valeurs qui performaient bien ce matin.
01:22Voilà, simplement l'Europe, elle est moins antifragile, comme dirait Nassim Taleb, elle est un petit peu moins résiliente que
01:28d'autres actifs,
01:29donc voilà, zéro, ce n'est pas si mal.
01:32Non, ce n'est pas si mal pour l'instant, bien sûr, tout dépend de l'issue du conflit, de
01:36sa durée, c'est vrai que pour l'instant,
01:37les investisseurs sont totalement dans le brouillard.
01:40Est-ce qu'il faut voir également certains investisseurs américains qui ont rapatrié les capitaux à la maison ?
01:45Stéphane, avec une très bonne tenue de Wall Street depuis lundi.
01:49Lundi soir, les trois indices américains ont clôturé quasi-stable, hier ils ont perdu 1%,
01:53et puis il y a également eu des mouvements significatifs sur le dollar.
01:57Tout à fait, vous avez raison Etienne.
01:59Alors, bon, il faut être, je crois, assez clair sur la situation.
02:04Nous, on considère que le mouvement récent est certes toujours spectaculaire,
02:10on est dans le cadre d'un choc géopolitique en lien avec une situation très dégradée au Moyen-Orient,
02:17cette attaque, évidemment, contre le régime iranien.
02:21Très clairement, la réaction du marché a été, je crois, relativement limitée en ampleur, en amplitude,
02:32et je crois que, finalement, les investisseurs ont pris comme prétexte,
02:37véritablement, cette situation géopolitique pour vendre une bourse qui avait trop monté.
02:43Il faut avoir à l'esprit que nous sommes engagés dans un rallye boursier extrêmement puissant,
02:48et ce, des deux côtés de l'Atlantique, depuis maintenant trois ans et demi.
02:51On avait atteint des niveaux de valorisation qui, pour la première fois depuis la période prélemane,
02:58avaient montré des signes de surévaluation assez majeurs.
03:01Et ce que l'on observe aujourd'hui, c'est tout simplement un mouvement relativement mesuré, logique,
03:08dans lequel, je crois, il faut véritablement nuancer le constat.
03:11Si on regarde, par exemple, depuis le début de l'année, certes, sur les deux derniers jours,
03:15les États-Unis se sont montrés beaucoup plus résilients, oui,
03:19mais l'Europe reste encore légèrement positive depuis le début de l'année.
03:22Alors, ce n'est peut-être pas le cas du CAC, c'est une situation un peu particulière,
03:25mais on est encore en hausse d'environ 1 à 1,5% en Europe, selon les indices stocks.
03:32Aux États-Unis, on est en devise locale légèrement baissier,
03:36on est neutre en euros, puisque, vous l'avez mentionné, le dollar est monté.
03:40Et ça, c'est probablement un élément très, très intéressant,
03:44qui met en lumière, structurellement, une grande modification de la situation aux États-Unis,
03:51notamment au travers de sa dépendance à l'énergie.
03:57Très clairement, la hausse de l'énergie, ça a un impact immédiat positif sur la balance des paiements américaines,
04:03puisqu'aujourd'hui, les États-Unis sont exportateurs nets d'énergie,
04:09ce qui n'était pas le cas, ne serait-ce qu'en 2022.
04:10– Notamment de gaz, avec aujourd'hui Donald Trump,
04:13qui pourrait voir les exportations américaines progresser au vu de la situation.
04:19En tout cas, c'est intéressant de voir que, pour l'instant,
04:21l'once d'or ne profite pas de la situation, loin de là,
04:24puisqu'on a une once ce matin qui est à 5 178 dollars,
04:27l'once qui a perdu quasi 100 dollars depuis vendredi.
04:31Comment vous expliquez, aujourd'hui, Stéphane,
04:34que l'or ne profite pas de cette situation ?
04:36Habituellement, c'est la valeur refuge par excellence.
04:38Et là, au final, non.
04:40– Oui, alors, là encore, je crois qu'on peut difficilement analyser
04:43le contexte, je dirais, actuel, le contexte de court terme,
04:49sans avoir un regard, je dirais, un petit peu plus,
04:51prendre un petit peu de hauteur.
04:53Et l'or a tellement grimpé qu'il n'est pas totalement étonnant
04:58de voir des retrassements s'opérer.
05:00C'est encore plus violent sur l'argent,
05:03parce que l'argent a une dimension industrielle et cyclique
05:06qui, évidemment, leverage un peu ce mouvement.
05:09Non, mais nous sommes uniquement dans un cadre de retrassement.
05:12Et par ailleurs, la corrélation naturelle entre le dollar et l'or,
05:16aujourd'hui, est parfaitement respectée.
05:18On a un dollar qui monte et l'or qui baisse.
05:22C'est une corrélation.
05:22– Mais où sont les refuges, alors ?
05:24– Ah ben, les refuges, vous pouvez les trouver
05:26sur certains segments de marché.
05:28Alors, on l'avait mis en lumière au début de l'année.
05:31Ce qui est assez fascinant dans les avis, aujourd'hui,
05:33des différents intervenants, des stratégies,
05:35c'est qu'on militait, ou beaucoup militaient,
05:38pour une très forte diversification au début de l'année.
05:41Quand on parle de diversification, c'est qu'on n'est pas spécialement bullish.
05:45Et je crois que le contexte actuel le démontre.
05:48Alors, des poches de, évidemment, là où se protéger,
05:51il n'y en a pas beaucoup, en fait.
05:53– C'est le cash.
05:54– C'est le cash.
05:54– C'est le cash.
05:56C'est le bitcoin qui montre une certaine résilience.
05:59Si vous regardez par exemple…
06:00– Vous allez vous faire des amis, là.
06:02– Oui, oui.
06:02Je suis totalement à l'aise parce que je n'en vends pas.
06:05Mais tout ça pour dire qu'évidemment, il existe.
06:09– Il a fait moins de 50% quand même, le bitcoin, en termes de valeur refuge.
06:13– Oui, mais il est en hausse depuis 10 jours.
06:16Et puisqu'on parle du court terme, parlons du court terme.
06:19– 70 minutes ce matin.
06:21– Donc, c'est vrai que c'est une situation compliquée,
06:25mais c'est aussi une situation dans laquelle, je crois,
06:28il faut garder la tête froide.
06:30Et il ne faut pas perdre de vue que des scénarios extrêmement positifs
06:34peuvent se dessiner.
06:35Par exemple, sur le pétrole, moi, je suis assez fasciné de voir les commentaires
06:39qui nous amènent à 100 dollars.
06:41Alors, pourquoi pas 100 dollars ponctuellement ?
06:42C'est toujours une possibilité,
06:44mais le pétrole livrable à court terme, évidemment, monte beaucoup.
06:47Mais projetons-nous.
06:51Pourquoi exclure aujourd'hui un scénario ultra-positif ?
06:54On a eu le Venezuela qui, quelque part, a basculé vers le monde occidental.
07:01On pourrait avoir l'Iran, gros producteur de pétrole,
07:05qui bascule de l'autre côté.
07:08Et le scénario d'un pétrole à 40 dollars n'est pas excluant.
07:12– Quand vous échangez avec vos clients, Charles de Boison,
07:14qu'est-ce que vous leur dites, là, depuis lundi ?
07:16Parce que j'imagine que, ne serait-ce que depuis le début de l'année,
07:19il y a pas mal de questions sur la location,
07:21quels sont les secteurs à jouer.
07:22C'est vrai qu'on parlait en début d'année des secteurs qui avaient bien performé,
07:25qui étaient déjà les secteurs de l'an passé.
07:28Là, aujourd'hui, qu'on a perdu 5 %,
07:30que certaines valeurs ont perdu 10 %,
07:32est-ce que ça remet un petit peu à plat le contexte ?
07:34– Alors, en fait, ça dépend de la région que l'on regarde.
07:37Si je prends les États-Unis,
07:39et puis ensuite je prendrai l'Europe assez brièvement.
07:41Sur les États-Unis, d'abord, il faut voir que c'est un choc
07:43qui n'intervient pas à un moment de fragilité économique particulière.
07:46On a plutôt des politiques accommodantes de manière générale.
07:49Et ce que l'on observe, par exemple, c'est une résilience du Russell 2000
07:52ou du S&P écu-pondéré.
07:55Autrement dit, quand on parle de rotation ou de diversification,
07:58au sein de la poche américaine,
08:00nous avons été partisans de se repondérer vers des valeurs plus industrielles,
08:05plus classiques que simplement la tech aux US.
08:08Et c'est un mouvement de fonds qui, je crois, va continuer.
08:10On évoquait le S&P, mais en fait, d'autres indices américains se tiennent très bien.
08:14En Europe, on peut regarder les pays de façon assez simple.
08:17Par exemple, les indices britanniques se comportent bien,
08:19ou le food 600, parce qu'on a les matières premières,
08:22des biens de consommation durables,
08:23toutes choses qui sont plutôt aidées par le contexte actuel,
08:26même si l'économie anglaise n'est pas particulièrement florissante.
08:30Ou en termes de secteur, je prends le secteur pharmaceutique.
08:33On l'avait évoqué sur votre plateau il y a quelques semaines,
08:35qui était très mal aimé, très chahuté à cause des politiques américaines.
08:38Je trouve que les points d'entrée sont tout à fait intéressants.
08:41C'est très résilient, là aussi.
08:43Et puis, dernièrement, il y a des thématiques un petit peu plus transversales.
08:46Je pense que ce choc et la réaction de marché montrent aussi
08:49que l'Europe a eu, à travers la crise du Covid,
08:52à travers la crise ukrainienne, à travers l'attaque sur l'Iran,
08:56des réveils quant à sa fragilité.
08:58Et des thématiques comme la souveraineté européenne, par exemple,
09:02qui va au-delà de la défense,
09:03qui va sur la résilience en termes de chaînes d'approvisionnement,
09:06de métaux rares, etc.,
09:07sont des thématiques qui, à mon avis, sont structurelles,
09:10pour permettre au portefeuille de passer le cap,
09:12pas seulement des semaines qui viennent,
09:14mais des années qui viennent.
09:15Et l'annonce du président de la République récemment
09:17sur les investissements plus marqués en termes de défense,
09:21même s'il ne met pas forcément un chiffre derrière,
09:23retrace finalement ce souhait de l'Europe
09:24d'être plus résistante au choc.
09:27Et ça, je pense que c'est un pivot sur les portefeuilles
09:30qu'il faut amorcer.
09:31On l'a amorcé il y a déjà plusieurs trimestres,
09:33mais je le maintiens fermement.
09:35Et les actions américaines, qui étaient chères
09:37et qui le sont toujours, aujourd'hui,
09:39tiennent la barque.
09:40Je pense que ça, c'est quand même un enseignement.
09:41Alors bon, deux séances ne font pas une tendance.
09:44C'est encore trop tôt pour tirer des conclusions.
09:46Mais en tout cas, force est de constater
09:47que pour l'instant, ça tient.
09:49Même encore hier, il y avait des actions
09:50comme Microsoft ou lundi, Nvidia,
09:53qui étaient recherchées.
09:54C'est-à-dire qu'à court terme,
09:55ce sont des refus.
09:56Oui, on a toujours ces réflexes un peu ataviques
09:58lorsqu'il y a une crainte géopolitique.
10:01Les US tiennent bien,
10:02le dollar tient bien.
10:03Ce sont des grands classiques.
10:04Vous prenez tous les chocs précédents,
10:06c'est toujours comme celui-ci que ça se passe.
10:07Indépendamment des valorisations.
10:10Par ailleurs, la cherté des actions américaines
10:12a appelé, de notre point de vue,
10:14à une rotation intra-US.
10:15Mais si je regarde l'Europe,
10:16il y a beaucoup de dollars cycliques
10:17qui se payent très chers.
10:1821 fois les profits,
10:20ça me paraît considérable.
10:22Donc, sur des espérances de gains
10:24de profits par action,
10:26de BPA,
10:27qui sont massives.
10:28Donc, quand on parle de cherté,
10:30il n'y a pas que les US.
10:30Il y a l'Europe aussi.
10:32Il y a des secteurs qui sont très value,
10:34qui, à mon avis, sont intéressants
10:35à capturer,
10:36le secteur financier notamment,
10:38mais ce n'est pas le seul.
10:40Donc, je dirais,
10:41la thématique de valorisation,
10:43c'est quand on a l'esprit
10:44qui s'est un petit peu calmé,
10:45mais quand on est en stress,
10:47c'est toujours pareil.
10:48C'est le SMI,
10:48c'est le franc-suisse,
10:49c'est les US,
10:50c'est le dollar.
10:51Et on comptera ces points après.
10:54Dans un instant,
10:55on parlera du crédit privé.
10:56Un dernier mot peut-être là-dessus
10:57sur l'allocation,
10:57les réactions de marché,
10:58Stéphane Lévy.
10:59Oui, je partage ce qui vient d'être dit,
11:01c'est-à-dire qu'on est dans
11:01un environnement heurté
11:02dans lequel les valorisations,
11:03évidemment,
11:04prennent en beaucoup moins de portée.
11:07Et quand on a un manque de certitude
11:08sur les projections de bénéfices futurs,
11:10évidemment,
11:11les valorisations ne veulent rien dire.
11:13Je crois qu'on a assisté
11:15depuis 12 mois,
11:17essentiellement,
11:18mais même si on devait remonter
11:19un peu plus loin,
11:20finalement,
11:20depuis l'automne 2022,
11:22à un phénomène
11:23qui a été quasiment ininterrompu
11:25et qui peut se qualifier
11:25de normalisation fondamentale.
11:27C'est-à-dire qu'on avait
11:28une situation dans laquelle
11:32je parle là essentiellement de l'Europe,
11:34dans laquelle on avait un marché
11:35qui était très décoté.
11:36Beaucoup de segments de ce marché-là
11:38et essentiellement les segments value
11:39qui présentaient une décote massive
11:41par rapport à leurs standards historiques.
11:43Et cette situation,
11:44évidemment,
11:44aujourd'hui,
11:45a été pleinement normalisée.
11:46C'est-à-dire que l'Europe,
11:48dans son ensemble,
11:49est légèrement au-dessus
11:50des standards de valorisation traditionnels.
11:52Enfin, aucun excès majeur.
11:5410% de surévaluation,
11:55ce n'est pas dingue.
11:56dans un environnement
11:57qui est encore jugé pro-cyclique
11:59au sens de nos indicateurs de cycle,
12:01dans un environnement
12:02dans lequel on peut avoir
12:03un espoir d'accommodation monétaire.
12:06Et aux États-Unis,
12:07ce qu'on constate,
12:08et c'est particulièrement vrai
12:09depuis l'automne dernier,
12:10c'est que là aussi,
12:11on a une normalisation fondamentale
12:13qui consiste à refaire converger
12:14les valorisations
12:15au sein de la cote américaine.
12:17En fait, aux États-Unis,
12:18il n'y a pas plus tard
12:20qu'il y a six mois,
12:20on pouvait faire le constat
12:22absolument aberrant suivant,
12:24c'est que l'indice était ultra cher,
12:26mais la majorité des valeurs
12:28qui composaient l'indice
12:28étaient décotées
12:29par rapport à leurs standards historiques.
12:31C'est désormais quelque chose
12:32qui est beaucoup moins vrai.
12:33Donc, quelque part,
12:36la valorisation aujourd'hui
12:37est assez standard,
12:39et quelque part,
12:40si on veut,
12:41dans un tel contexte,
12:42avoir un relais de performance
12:43sur les indices,
12:44il faut qu'il y ait
12:45de la croissance bénéficiaire,
12:46et là,
12:46ça va dépendre énormément
12:48du scénario géopolitique
12:49qui est en train de se dessiner.
12:51Depuis lundi,
12:52certains investisseurs
12:53ont voulu reprendre leurs billes,
12:54c'est vrai qu'il y a eu
12:54une certaine forme de stress
12:56sur certaines classes d'actifs,
12:57autant sur la bourse
12:58comme sur les obligations,
13:00ça peut plutôt bien se passer,
13:01autant sur le non-coté,
13:03c'est plus compliqué,
13:04avec notamment des fonds
13:05qui sont semi-liquides,
13:07il y a à nouveau des inquiétudes
13:08sur la dette privée,
13:10avec un problème,
13:11c'est forcément
13:12le niveau des taux actuels,
13:13d'autant plus que depuis lundi,
13:14ça remonte, Charles de Boison.
13:16– Alors c'est vrai que Stéphane
13:17évoquait une normalisation
13:18de ces dernières années,
13:19je crois que le phénomène
13:20de liquidité,
13:21de normalisation de liquidité,
13:22que j'avais déjà évoqué
13:24sur votre plateau
13:25il y a quelques séances,
13:26est un vrai sujet.
13:28Pour simplifier,
13:30les banques centrales,
13:30les gouvernements
13:31ont injecté
13:32de façon massive
13:33des liquidités
13:33dans le système,
13:35quoi qu'il en coûte,
13:36célèbre,
13:37afin de maintenir
13:38à flot l'économie,
13:39voire les actifs risqués,
13:41certainement en tout cas
13:42les emplois,
13:43voire la santé des personnes.
13:45Simplement,
13:47lorsqu'on a une marée
13:48comme ça très forte,
13:49ça soulève tous les bateaux.
13:50Lorsqu'elle se retire doucement,
13:51on s'aperçoit que certains,
13:53comme disait Warren Buffett,
13:55ont nageé sans maillot de bain.
13:57Et là,
13:58on s'aperçoit
13:58que sur certains actifs,
14:00la réalité,
14:00c'est qu'ils avaient été
14:01pourchassés par les individus,
14:02enfin les actionnaires
14:04ou les chercheurs de rendement,
14:06parce que
14:07c'est bien d'écraser le risque,
14:08mais ça écrasait aussi
14:09le rendement,
14:10et donc les gens
14:10allaient dans les courbes
14:11de distribution,
14:11c'est-à-dire aller chercher
14:12du rendement des actifs
14:13de moins en moins liquide.
14:14Et je pense que c'est un vrai sujet
14:16parce que souvent,
14:17les analystes ne parlent pas
14:18trop de liquidité.
14:19Les analystes,
14:19en général,
14:20ne traitent pas les actions.
14:21Ils les commentent,
14:22je fais partie des commentateurs,
14:23mais ceux qui les traitent
14:24voient bien que la liquidité,
14:25c'est une chose qui est variante.
14:27Et de fait,
14:28pour moi,
14:28c'est un des vrais
14:31sujets de préoccupation,
14:32de manière générale,
14:33gérer ceci.
14:33Et j'ajouterais que
14:35dans la construction
14:36de portefeuille,
14:36il est important de voir
14:37que lorsqu'il y a un stress,
14:39c'est un petit peu
14:39quand vous avez une fuite d'eau
14:40dans un appartement,
14:41ce n'est pas parce qu'il y a
14:41une fuite au-dessus de chez vous
14:42que la fuite va arriver du plafond.
14:43Elle peut arriver des murs
14:44parce que l'eau coule différemment.
14:46Autrement dit,
14:46les corrélations peuvent changer.
14:48Et si vous ne pouvez pas
14:49vendre un actif,
14:50par exemple,
14:50parce qu'on l'a fermé
14:51à la cotation,
14:52on l'a fermé à la revente,
14:54eh bien,
14:54que fait un gestionnaire risque ?
14:55Il va vendre quelque chose
14:56qui est corrélé
14:57et qui est plus liquide.
14:59Donc,
14:59j'aurais tendance à dire
15:00faites attention
15:00dans vos poches d'allocations
15:02aux actifs
15:03qui pourraient être
15:04relativement colérés
15:04à ces actifs non cotés,
15:06mais qui sont, eux,
15:07plus liquides.
15:08On l'a vu sur les swaps
15:08de dividendes,
15:09par exemple,
15:09il y a quelques années,
15:10sur certains hedge funds
15:11lorsqu'il n'y avait pas
15:11de gating,
15:12comme on dit.
15:13Donc,
15:14je dirais,
15:14voilà,
15:15c'est un petit rappel,
15:17un petit clin d'œil
15:17que la liquidité existe,
15:19il ne faut pas l'oublier
15:20et que la liquidité
15:21dans le système
15:22a fait que lorsqu'elle se retire,
15:24eh bien,
15:24il faut faire attention.
15:25Donc,
15:26c'est un signal
15:27qui va au-delà
15:27des actifs non cotés.
15:28Et si ce sujet vous intéresse,
15:30n'hésitez pas à retrouver
15:30en podcast,
15:31en replay,
15:31l'intervention tout à l'heure
15:32de Jacques Lemoisson.
15:33Nous revenons notamment
15:33sur la baisse hier
15:34de 8% de Blackstone,
15:36moins 4% à la clôture
15:37après que le groupe
15:38ait annoncé
15:39une sortie de quasiment
15:404 milliards de dollars
15:42de décollectes
15:42sur l'un de ces fonds privés.
15:44Merci à tous les deux
15:44de nous avoir accompagnés
15:45ce matin.
15:45Stéphane Lévy,
15:46donc stratégie chez IrivestiM
15:47et Charles Leboison,
15:49responsable de la stratégie action
15:50chez Société Générale CIB.
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