00:01Car oui, la saison des résultats trimestriels n'est pas totalement finie en Europe.
00:05Preuve en est, vous avez Inditex ou encore Rheinmetall qui ont publié ce matin.
00:10Pour revenir sur ces grandes publications, c'est Alain Dubrul qui est avec nous par téléphone,
00:13directeur général délégué de Claresco Finance.
00:16Bonjour Alain Dubrul.
00:17Encore une fois, beaucoup de volatilité à l'occasion de ces résultats,
00:20avec d'un côté Inditex qui prend plus de 4% et à l'inverse Rheinmetall qui perd 4%.
00:25Commençons peut-être par Rheinmetall, c'était la publication la plus attendue.
00:29C'est bien sûr un groupe de défense allemand qui pèse plus de 75 milliards à la bourse de Francfort
00:34qui a annoncé ce matin des ventes en hausse de 30% sur l'exercice 2025
00:38et qui prévoit une croissance de ces ventes de 40-45% pour cette année.
00:43Mais visiblement, ça ne suffit pas au marché.
00:46Oui, bonjour Etienne.
00:47Sur Rheinmetall, les résultats sont un peu en dessous des attentes.
00:50Notamment le résultat d'exploitation à 1,84 milliard, on attendait 1,92,
00:55soit 18,5% de marge d'exploitation.
00:58C'est un peu en bas de fourchette.
00:59Alors il y a deux grandes activités dans Rheinmetall, celle de munitions notamment,
01:04qui ont beaucoup beaucoup cru, où la marge est à 29%.
01:07Donc là, ça profite à plein, malheureusement, de la guerre en cours.
01:11Mais il y a des effets d'échelle sur la production qui se traduit dans une amélioration de la rentabilité.
01:17Mais en revanche, la division véhicule est à 11,7 alors qu'on en est 12,3.
01:22Il faut rappeler que dans cette partie-là, on est sur des programmes où la montée en puissance,
01:27même si les commandes sont là, prend plus de temps.
01:29Enfin, on n'est pas chez Airbus ou dans le rafale, mais néanmoins, ce sont des cycles qui sont plus
01:34longs.
01:34Et donc, quelque part, ça prend plus de temps aussi.
01:37Donc voilà, on fait chier tavers un peu en dessous, enfin plutôt, surtout des marges légèrement en dessous,
01:40notamment à cause de la division véhicule.
01:43Maintenant, ça crée un peu de déception sur le cours, ce n'est pas illogique.
01:46Maintenant, rappelons que le carnet de commandes aujourd'hui est déjà à 64 milliards,
01:52contre 47 milliards l'année d'avant.
01:54Donc le plus beau est devant nous, malgré tout.
01:57La société, pour l'année 2026, vise un chiffre d'affaires entre 14 et 14,5.
02:01Le consensus est plutôt vers 14 quelque chose.
02:03Donc il y a encore des bonnes surprises à attendre, probablement du côté du chiffre d'affaires.
02:07Du côté des marges, on a plus de prudence, puisqu'il guide vers 19%,
02:11ce qui est à peu près ce que le consensus s'attend, mais plutôt en partie basse.
02:14Le point le plus important, en fait, dans Rheinmetall, ça reste quand même l'évolution du carnet de commandes.
02:19Rappelons que c'est une société qui vise 14 milliards de chiffre d'affaires en 2026,
02:23mais sur la fin de la décennie, on pourrait être à 30, voire à 40 milliards,
02:26alors qu'on vient de moins de 10 milliards d'il y a 2-3 ans.
02:30Et les ambitions du carnet de commandes à moyen terme, ça pourrait être plus de 135 milliards.
02:35Donc le point le plus important à regarder, quand même, c'est l'évolution du carnet de commandes,
02:39qui, malheureusement, on pourrait dire qu'on a eu la conjoncture, est amené à beaucoup évoluer à la hausse.
02:44Est-ce qu'à 1 580 euros, toutes les bonnes nouvelles sont dans les cours ?
02:47Parce que c'est vrai que c'est quand même un titre qui se paye plus de 40 fois les
02:49profits attendus en 2026,
02:51on est sur un exercice décalé.
02:53C'est un titre qui a beaucoup progressé.
02:55Alors certes, depuis le début de l'année, il ne fait rien, mais on est sur une hausse de 30
02:57% depuis un an,
02:57ça fait x10 en 4 ans.
03:00Oui, mais en même temps, l'environnement a complètement changé.
03:03Si on regarde la valorisation de l'ensemble du secteur défense,
03:07aujourd'hui, Rheinmetall est juste en ligne avec le secteur.
03:10Il se trouve d'ailleurs qu'il a plutôt sous-performé depuis le début de l'année.
03:14Si on compare par exemple à des valeurs comme Excel Technologies,
03:17qui est spécialisée dans les drones maritimes,
03:19à une époque où on pourrait peut-être miner le détoit d'Ormuz,
03:21vous voyez les perspectives que ça laisse,
03:23et beaucoup d'autres sociétés aussi dans les drones, etc.
03:27Donc globalement, le secteur de la défense reste très dynamique.
03:30Rheinmetall était un peu la valeur unique qu'on pouvait détenir dans le secteur.
03:34Maintenant, ça s'élargit un petit peu.
03:35Je pense qu'elle est aussi un peu pénalisée par ça,
03:38par le fait que le secteur s'élargit
03:40et que comme la guerre et les conflits durent,
03:43malheureusement, il y a plus d'autres sociétés.
03:45Donc peut-être les investisseurs gardent Rheinmetall en portefeuille,
03:48mais ils commencent à aller un petit peu au-delà
03:49parce que le secteur de la défense devient un grand secteur.
03:51En termes de valorisation, on est sur des niveaux
03:54tout à fait dans la moyenne du secteur maintenant
03:57et les perspectives de croissance de la société
04:00restent quand même très élevées.
04:01Exaï Technologie qui est la plus forte hausse ce matin du SBF 120,
04:04suivie de ELIS.
04:05Alors là, si on sort de ce contexte de groupe de défense,
04:09ELIS a publié ses résultats ce matin.
04:114,8% de progression au-delà des 26 euros,
04:15avec notamment un programme de rachat d'action
04:17de 500 millions d'euros qui a été annoncé.
04:20Voilà, alors ELIS, c'est une histoire de cash.
04:22C'est une société qui s'occupe de vêtements professionnels,
04:26traitement du linge dans les hôtels.
04:28Alors c'est parfois perçu comme cyclique
04:30parce qu'il y a le tourisme, etc.
04:31Mais en réalité, le gros du métier, c'est du B2B.
04:34Et en réalité, cette société, depuis 30 ans,
04:36sa marge EBITDA, qu'il vente ou qu'il neige,
04:38a été entre 33 et 35%.
04:40Donc c'est vous dire à quel point ce n'est pas si volatile que ça.
04:43Et donc c'est une machine à cash.
04:45Et cette société, qui a longtemps été détenue par du private equity,
04:48a fini par ce côté.
04:49Et dans un premier temps, la bourse,
04:51elle trouvait qu'il y avait beaucoup de dettes, etc.,
04:53que le métier n'était pas très sexy.
04:55Ils ont fait une ou deux acquisitions qui ont été assez performantes,
04:58mais qui ont du coup augmenté l'endettement.
05:00Et puis ce qu'on voit depuis quelques années,
05:02c'est que finalement, cette société, comme depuis 20 ans,
05:05elle délivre avec des croissances organiques,
05:07organiques entre moins low single digit,
05:09mais des marges très élevées.
05:11Et les niveaux d'endettement sont revenus à moins de 2,5 fois.
05:16Les obligations sont de l'investment grade.
05:18Et le marché apprécie de plus en plus le côté cash flow, en fait.
05:22Ce qui se traduit par un dividende qui n'est pas nul.
05:25Et puis surtout, typiquement, là,
05:27ils ont annoncé un rachat d'actions qui pourrait aller jusqu'à 500 millions d'euros,
05:30ce qui est quand même très important.
05:32Et cette société, finalement, elle est métronomique.
05:34Et dans un environnement comme celui qu'on a en ce moment,
05:38c'est finalement assez défensif.
05:40Alors, pour mémoire, ils ont une partie quand même,
05:44les laveries, ça consomme pas mal d'énergie.
05:47Dans le passé, il y a eu des petits débats.
05:49Quand les prix du gaz augmentaient,
05:50comme c'était le cas depuis une semaine,
05:52mais maintenant, ils ont des contrats long terme.
05:55Ils achètent à 3 ans par tiers renouvelés.
05:57Donc, je dirais, quand on voit les prix du gaz à 1 an ou 2 ans,
06:00ils n'ont pas vraiment enflé pour l'instant.
06:02Donc, c'est un petit point quand même à garder en tête,
06:04mais c'est marginal par rapport au business qui se déroule bien.
06:07Donc, résultat tout à fait en ligne.
06:10Bonne visibilité sur le cash.
06:12Et pour le 2026, un chiffre d'affaires peut-être un peu prudent,
06:15mais très confiant sur la marge.
06:17Et puis, surtout, ce qui est important, c'est ce cash flow
06:20qui continue de se délivrer et qui va se recycler,
06:22notamment via des rachats d'actions.
06:23Donc, c'est tout à fait bon pour un titre,
06:24dont la valorisation reste toujours, franchement, très basse, à mon avis.
06:27– 26,14 euros à l'instant pour Élise, qui se dit par ailleurs
06:32pas affectée par ce qui se passe au Moyen-Orient,
06:35dans le sens où ils ne sont pas présents là-bas géographiquement.
06:37Un dernier mot de Inditex, c'est la maison mère de Zara,
06:40c'est la plus grosse capitalisation à Madrid,
06:43avec là aussi un groupe qui se montre confiant pour cette année.
06:46– Oui, des résultats qui étaient globalement tout à fait en ligne,
06:49un petit peu meilleurs en marge.
06:52Et surtout, ils ont délivré au T4 une croissance organique de 9%,
06:56ce qui, dans le contexte actuel, est quand même pas mal.
06:59Et les indications sur les ventes depuis le 1er février,
07:02parce qu'il y a aussi un exercice décalé,
07:04d'entre le 1er février et le 8 mars,
07:06les ventes étaient en hausse organique de 9%,
07:08ce qui est plutôt impressionnant dans le contexte actuel.
07:12de titre qui avait été un peu pénalisé au 2e et 3e trimestre de l'année dernière
07:18par des ventes un petit peu moins dynamiques.
07:20Là, toutes les chances de retrouver son statut
07:23et progressent déjà pas mal ce matin, c'est tout à fait légitime.
07:27– Avec Inditex qui est à 54 euros plus 3% à Madrid.
07:30Merci beaucoup Alain Dubrul nous a accompagné ce matin
07:33pour revenir à chaud sur ces trois publications.
07:35– Thanks
07:35–
07:35–
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