00:01BFM Bourse, on refait la séance.
00:03Avec Emmerick Blond, qui vient de nous rejoindre. Bonsoir Emmerick.
00:06Bonsoir.
00:06On termine en limitant un peu les dégâts, moins 0,9 sur le cas,
00:09grâce à une petite détente des cours du pétrole en fin de journée,
00:12sous les 100 dollars le Brent, sous les 96 dollars pour le brut léger américain.
00:16Ça fait du bien, avec des explications qu'on vient de livrer.
00:18Donald Trump aussi, qui s'est exprimé tout à l'heure, il y a une bonne heure,
00:21en disant que les Etats-Unis étaient loin, très très loin, d'envoyer des troupes au sol en Iran.
00:25Voilà ce qu'il a dit, ça a pu participer aussi à détendre un peu les cours,
00:27mais on sent qu'on est dans un conflit sans doute de long terme,
00:30et on reste collé aux 100 dollars.
00:31Comment est-ce qu'il faut agir dans les portefeuilles, dans ce genre d'ambiance ?
00:35Il faut ne pas agir.
00:36En tout cas, c'est moi ce que je préconise, tous les avis sont valables.
00:42En tout cas, ma position, c'est que dans ce genre d'événements,
00:45où beaucoup des échanges aujourd'hui sur les marchés sont déjà des flux passifs,
00:52on a cette nécessité de rester un petit peu stoïque dans ces événements,
00:55parce que le marché est très efficient.
00:57Quand le marché capte un signal macro-géopolitique, il va baisser tout de suite,
01:02et il va pricer quasiment, vraiment à la perfection, ce qui peut se passer.
01:06Et quand les événements cessent d'être, il y aura ce mécanisme de détente,
01:14où tout le monde est un petit peu rassuré,
01:16et quelque part, le marché, toujours aussi efficient, va à ce moment-là remonter très fort.
01:23Aujourd'hui, faire tourner les portefeuilles pour changer un peu le profil des valeurs qu'on aura en portefeuille,
01:27en se disant, ah, je vais injecter un petit peu plus de...
01:29J'ai pris la baisse, mais là, c'est parti pour un moment,
01:32et je vais injecter un peu plus de valeurs défensives,
01:35moins cycliques, moins de croissance, etc.
01:38À mon avis, c'est après se priver du rebond plus tard,
01:41et donc c'est un peu l'effet porte de Saloun,
01:42et je pense que la meilleure stratégie, c'est aujourd'hui d'essayer de capter des grandes tendances,
01:46un peu moyen-long terme, qui vont donner un peu de sérénité, un peu d'assurance.
01:49Il y a des acteurs qui progressent un peu, c'est des acteurs des engrais, figurez-vous,
01:52parce que 30% quand même des engrais mondiaux passent par ce détroit d'Hormuz,
01:55qui reste bloqué, il va falloir des engrais,
01:57là, on arrive au printemps, bientôt, c'est vraiment la pire saison,
01:59en matière de besoin d'engrais, c'est la plus importante,
02:01et donc une partie des engrais mondiaux bloqués par ce conflit au Moyen-Orient,
02:06du coup, les prix des engrais vont progresser,
02:07et à Paris, on a dans l'univers justement des semences agricoles,
02:11Agri-Power France, c'est un tout petit titre, c'est très spéculatif,
02:14qui termine en hausse, contre la tendance, à plus 1%,
02:16puis à Stockholm, Yara International, qui est la plus grosse valeur d'engrais en Europe,
02:19Yara gagne 2% ce soir à Stockholm.
02:22Bon, vous dites, il est urgent de ne rien faire et d'attendre,
02:26parce qu'on est dans un univers de porte de saloon sur les marchés.
02:29Est-ce qu'on peut néanmoins miser sur des tendances de long terme,
02:31à mener à se raffermir encore, s'amplifier encore du fait de ce conflit ?
02:35Par exemple, les énergies renouvelables, ce qui est en train d'arriver au pétrole,
02:38la flambée des courses, c'est la meilleure pub qui soit, sans doute,
02:40pour les énergies renouvelables.
02:41Est-ce que ces acteurs-là en profitent en ce moment en bourse ?
02:44Oui, vous l'avez parfaitement exprimé,
02:46c'est encore un peu plus, si on peut appuyer sur la cause,
02:53qui est la notion de souveraineté nationale et énergétique
02:59des blocs qu'on a actuellement.
03:02L'Europe a besoin, effectivement, d'une autonomie en termes de génération d'énergie,
03:06en termes, on ne peut pas parler d'approvisionnement en matière première thermique,
03:09enfin, des énergies fossiles, puisqu'on n'a rien.
03:12Donc, l'idée, c'est, effectivement, se couper de ce genre d'approvisionnement-là
03:16et ne se reposer maintenant plus que sur des alternatives,
03:20hydroélectricité, nucléaire, éolien, solaire,
03:23pour, effectivement, arrêter de subir, comme ça,
03:26les aléas géopolitiques liées à des zones plus ou moins instables.
03:29Après, l'éolien, c'est les aléas météorologiques.
03:31Oui, oui, bien sûr, mais il vaut mieux produire 40% du temps
03:35que 0% du temps.
03:37Enfin, je parle du taux de disponibilité de l'énergie éolienne
03:40et, effectivement, l'énergie solaire,
03:42qui, elle, aussi est disponible autour de 35-40.
03:44Voilà, on a ce besoin, cette problématique d'autonomie énergétique
03:49qu'on avait commencé à ressentir pendant la crise russo-ukrainienne.
03:52On avait coupé brutalement les robinets du gaz et du charbon côté russe.
03:57Et là, maintenant, c'est la parfaite illustration
03:59qu'on n'a pas fini le job et qu'il faut continuer à investir
04:02dans ce genre de thématiques, sur l'efficience énergétique.
04:06Vous avez un chouchou, Emric, dans cet univers-là ?
04:08J'en ai plein.
04:10J'en ai plein.
04:11Dans la génération d'énergie, on peut parler de Solaria,
04:13on peut parler sur la partie émissions,
04:19génération d'énergie solaire,
04:20sur la partie équipement, notamment éolien,
04:23on peut parler de Nordex ou Vestas.
04:27Non, il y a vraiment plein d'acteurs à jouer,
04:29et aussi sur l'efficience énergétique.
04:31Consolver de l'énergie ou en produire,
04:33c'est aussi, peut-être, moins en dépenser,
04:35parce qu'effectivement, on les ferait évoluer
04:37les usages et les manières de prendre.
04:40Sauf que là, la hausse des cours du pétrole,
04:41elle pousse TotalEnergie aussi, quand même.
04:43Alors, la semaine dernière, moyen, TotalEnergie,
04:44mais là, aujourd'hui, plus 1,3 %,
04:46une des rares hausses du cas que ce soit.
04:47Est-ce qu'il faut accompagner en se disant
04:48« cette hausse des cours, elle va durer »
04:50ou au contraire, se dire « on n'est pas sûr qu'elle dure ? »
04:53On découvre aussi à quel point les infrastructures
04:55des pétroliers et parapétroliers sont fragiles avec ce conflit.
04:58Qu'est-ce qu'on fait, là-t-il, comme TotalEnergie ?
05:00C'est un peu ça le problème, c'est que si on s'inscrit dans la durée
05:03en termes de conflit et que quand on regarde le mix de production de Total
05:08et où ils produisent, est-ce qu'ils dépendent beaucoup de zones
05:12comme le Qatar, l'Arabie Saoudite, le Moyen-Orient ?
05:17Si ce n'est pas le cas et qu'ils produisent ailleurs,
05:19oui, il y a un effet d'aubaine, momentum même,
05:22lié au fait qu'ils produisent l'énergie du pétrole,
05:25notamment ailleurs qu'au Moyen-Orient.
05:26Et ça, effectivement, ça va les aider beaucoup.
05:29Mais après, comme je disais, les marchés sont très efficients,
05:33les matières premières sont très financiarisées,
05:35donc il y a beaucoup plus de produits financiers liés aux matières premières
05:37que de matières premières disponibles.
05:39Il est possible aussi qu'aujourd'hui, TotalEnergie soit déjà,
05:42quelque part, pricé et qu'on soit peut-être déjà valorisé à la perfection.
05:48Et on n'est pas à l'avouer, comme je disais, de l'apport de Salon
05:50où Trump, qui est volatile comme on le connaît,
05:52puisse dire « Bon, c'est bon, on a fait notre boulot,
05:56on va s'en aller, manifestement. »
05:59Le CAC ce soir termine donc à moins 1%,
06:02après avoir perdu déjà 7% quasiment la semaine dernière.
06:05Mais ce moins 1, ce soir, c'est un moindre mal
06:06parce que les cours du pétrole se sont légèrement détendus
06:08depuis à peu près 16h30.
06:10On est repassés sous les 100 dollars sur le Brent,
06:12même si là, on les reconquiert les 100.
06:13On est à 100,05 dollars sur le baril de Brent.
06:16D'autres thématiques s'en sont sorties aujourd'hui.
06:18Bien sûr, la défense.
06:18Je dis bien sûr, la semaine dernière, c'était pas si évident que ça.
06:20Et puis cette séance-là, aujourd'hui, la défense s'est réveillée.
06:23Mais Thalès termine plus forte hausse du CAC, plus 2,6%.
06:26On a aussi appris qu'Airbus collaborait avec Rheinmetall
06:30et l'allemand OHB pour des satellites militaires.
06:33Une info de Bloomberg.
06:35Vous continuez de renforcer la défense ?
06:37Si oui, à travers quelles valeurs ?
06:38Non, on ne renforce plus la défense.
06:40On est plutôt en position neutre sur la défense.
06:42Les perspectives sont excellentes.
06:44Je pense qu'on est sur un cycle d'investissement décennal très important.
06:48Donc les dix prochaines années, on est tranquille sur ce thème.
06:51Malheureusement, aujourd'hui, je pense qu'en termes de croissance des bénéfices,
06:54beaucoup de choses sont déjà anticipées par les marchés.
06:57Là encore, aussi, on est pricé un petit peu pour la perfection.
07:01Le conflit iranien ne profite pas trop aux valeurs européennes.
07:05Et en plus, on a cette problématique que si demain, Trump dit qu'on arrête,
07:11ces valeurs-là vont effectivement perdre beaucoup en bourse.
07:18On l'a vu, la semaine dernière, il y avait des rumeurs de négociations avec le gouvernement iranien.
07:21Tout le thème a perdu une quinzaine de pourcents.
07:24Donc, prudence.
07:26On va aller très vite.
07:26À ces niveaux-là, prudence.
07:27Tiens, cette info du Wall Street Journal.
07:30D'après Wall Street Journal,
07:32OREUS, qui est coté à Wall Street, qui gagne 9% aujourd'hui.
07:34OREUS va fusionner avec Powerus, un fabricant de drones
07:37qui compte acquérir les technologies ukrainiennes sur les drones.
07:40Et Poérus est soutenu financièrement par Eric Trump,
07:42le propre fils de Donald Trump.
07:43Ce groupe compte obtenir les technologies ukrainiennes
07:46pour fabriquer 10 000 drones par mois.
07:48Et donc, va s'introduire en bourse en fusionnant avec OREUS,
07:51OREUS qui a une 8% aujourd'hui.
07:53Voilà.
07:53Il y a quand même le fils de Donald Trump dans cette histoire
07:55pour participer à tirer les marrons du feu
07:58et surtout tirer de l'argent des technologies ukrainiennes
08:00en se les appropriant.
08:01C'est absolument incroyable.
08:02On continue sur ces collusions d'intérêts,
08:06ces problématiques de partialité politique.
08:10On se rappelle quand même que Trump avait mené une guerre
08:13sans précédent à Biden et sur son fils
08:15quand il y avait eu ces implications sur des contrats ukrainiens
08:17un peu mal signés,
08:20sur des affaires de corruption un peu bizarres.
08:23Là, apparemment, ça ne gêne plus personne.
08:25Oui, on s'y habitue.
08:26OREUS gagne 7% sur cette info.
08:29Des drones, grâce aux technologies ukrainiennes,
08:31qui viendraient prendre auprès des Ukrainiens
08:33leurs technologies,
08:33comme les Chinois ont fait sur nos technologies occidentales.
08:36Et tout cela soutenu financièrement par le fils de Donald Trump
08:38pour cette introduction en bourse à venir bientôt.
08:41Une small cap, je ne sais pas,
08:42une valeur chouchoute comme ça pour la suite, Emmerick ?
08:45Vous aimez qui sur le marché, là ?
08:46Alors, c'est un peu contrariant en ce moment,
08:47parce qu'effectivement,
08:49les sanctions boursières étaient très fortes.
08:51Mais c'est une sanction boursière liée à rien.
08:56Non, mais il y a eu une dégradation à un moment d'un analyste,
08:59un analyste dont je ne serai pas la banque,
09:01qui a entraîné effectivement un mouvement baissier sur le titre.
09:03Le titre, c'est Vision Group,
09:05maintenant qu'il s'appelle Vision,
09:06et dont les perspectives de croissance sont extrêmement importantes.
09:11Ils viennent de signer un très gros deal avec Carrefour
09:14pour le déploiement en France de leurs solutions physiques et softwares.
09:18Ils sont en cours de déploiement chez Walmart aux Etats-Unis.
09:21Le contrat s'est tellement bien passé
09:23qu'ils ont été obligés de faire ce qu'on appelle...
09:25Ils ont constaté par avance du chiffre d'affaires en 2025,
09:27ce qui a poussé la croissance très très fort,
09:30mais quelque part a réduit un petit peu le chiffre d'affaires de 26 et de 27.
09:36Du coup, c'est ce que le marché a un petit peu mal compris
09:38et n'est pas trop apprécié en se disant
09:40qu'il y aura peut-être un lentement de croissance,
09:42pas assez de contrats pour compenser ce contrat Walmart
09:44qui a été déployé en avance.
09:47On pense qu'effectivement, ce n'est pas vraiment un sujet,
09:49et d'autant plus que maintenant,
09:51on a des problématiques d'effet de base,
09:52la société n'est plus aussi petite qu'avant,
09:54donc maintenant, la croissance, normalement,
09:56doit ralentir et ne pas faire du 100% tous les ans comme précédemment.
09:59Donc vous y croyez à nouveau ?
10:00On y croit beaucoup.
10:01Emmerick Blond qui se mouille, Taylor AM.
10:03Merci beaucoup Emmerick d'être passé nous voir sur le plateau de BFM Business.
10:06Le CAC ce soir termine en limitant les dégâts,
10:08même si c'est une nouvelle baisse de quasiment 1%.
10:107 915 points à Wall Street.
10:12Une nouvelle fois, on surperforme les marchés européens.
10:14Plus 0,2 sur Nasdaq.
10:17Le S&P vipers 0,19.
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