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  • il y a 8 heures
Samedi 28 février 2026, retrouvez Isabelle Ryl (Directrice de la Paris School of AI et du Cluster IA, PSL (Université Paris Sciences et Lettres)) dans SMART WOMEN, une émission présentée par Marie-Claire Capobianco.

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Transcription
00:04Bonjour Isabelle Rille. Bonjour. Merci d'avoir accepté mon invitation pour venir nous parler
00:09de la place des femmes dans tous les domaines de l'intelligence artificielle. Vous êtes très
00:14qualifié pour le faire puisque vous vous dirigez le cluster IA et l'école d'ailleurs
00:20d'intelligence artificielle au sein de l'université PSL Paris Sciences Lettres. Donc on va pouvoir
00:26parler de ce sujet là mais une première question personnelle finalement vous vous avez commencé
00:31avec un doctorat en sciences informatiques. Qu'est-ce qui vous a amené vers cette voie ? Le hasard. En
00:39fait depuis toute petite j'ai toujours beaucoup aimé les mathématiques, la science physique, la chimie,
00:44enfin tout ce qui était scientifique. Je ne connaissais strictement rien à l'informatique en arrivant à
00:49l'université mais en fait dans toutes ces matières là vous avez une notion un peu de jeu. C'est
00:53résoudre
00:54des problèmes, des casse-têtes, des choses amusantes et en découvrant l'informatique j'ai trouvé que c'était
00:58encore plus amusant que le reste voilà. Bon donc ça c'est un déclic assez assez naturel. Bon on va
01:04donc chercher comment faire pour qu'il y ait davantage de filles qui aient envie de s'orienter vers ce
01:08type
01:08de matière parce que si on en vient à la place des femmes dans l'intelligence artificielle je sais
01:14que vous partagez le constat que véritablement il y en a insuffisamment deux filles d'abord puis
01:21après deux femmes dans cette filière je sais même que la question vous énerve un peu puisque quand
01:26je vous l'avais posé vous m'avez dit écoutez ça commence à... bon alors qu'en est-il vraiment
01:29en
01:30fait ? Alors nous souffrons cruellement d'un manque de filles de jeunes femmes dans toutes les filières
01:37scientifiques et dans celle-là en particulier et en fait on peut regarder quand on fait un peu
01:42espèce de petit test à la main plus vous allez vers quelque chose qui a une image de technique moins
01:49vous
01:50avez de femmes si vous prenez l'informatique dans son ensemble l'informatique très théorique qui
01:55ressemble à des mathématiques sur un papier il ya plus de femmes quand vous allez vers des choses
01:59qui sont plus vers les l'architecture des ordinateurs les systèmes c'est à dire vraiment les couches
02:04bases il ya moins il ya beaucoup moins il ya beaucoup moins de femmes donc je pense que ça correspond
02:08vraiment à une image qui est celle là alors c'est vrai à tous les niveaux ça s'améliore un
02:15peu mais très
02:15lentement et alors quand vous disiez ça m'énerve ce n'est pas qu'on apporte le sujet qui est
02:22très
02:22très important mais ce qui m'énerve c'est qu'en termes d'intelligence artificielle on l'apporte
02:25souvent sous le l'angle des biais oui est ce qu'il y aurait moins de femmes à moins de
02:31biais dans les
02:31intelligences artificielles s'il y avait plus de femmes ingénieurs peut-être mais c'est pas là la
02:35question il nous nous manque 50% des neurones de la terre 50% des neurones de la terre qui
02:41sont dans les
02:41cerveaux de femmes bien sûr si on veut développer les systèmes l'ingénierie la science il faut les
02:46utiliser oui c'est clair que c'est assez évident mais alors comment ça se passe alors vous par
02:50exemple dans votre école comment ça se passe alors moi j'irai au sein de psl à paris school
02:57réaille donnez nous quelques éléments là dessus parce que finalement tout le monde ne connaît pas
03:00alors ben c'est normal parce qu'on vient de la lancer en septembre donc elle regroupe un certain
03:04nombre de formations on y a avec l'appui du cluster et on est financé par l'état via plan
03:09france 2030
03:10mais l'idée qu'on sait vraiment de réussir à développer un ensemble de cursus qui puisse
03:14permettre à chacun de faire son parcours avec des cursus qui soit du post bac jusqu'au doctorat
03:20soit vraiment pour devenir spécialiste dia soit pour acquérir une double compétence soit pour
03:26avoir une formation à peu au sens des mineurs anglo-saxonnes donc un petit plus une sur sur
03:32une autre discipline et puis on fait aussi de la formation continue pour les entreprises et donc
03:37au sein de ces cursus là on voit également que quand on a une formation très très marquée
03:44scientifique dont par exemple on vient d'ouvrir un bachelor international en ya on a à peu près
03:48toujours dans ce genre de formation autour d'une trentaine de pour cent de femmes le chiffre dont on
03:53n'arrive pas à sortir ça quand on a une double compétence donc par exemple l'université paris dauphine
03:59qui fait partie de psl a ouvert il ya trois ans maintenant une double licence il ya et sciences
04:05donc c'est vraiment un double cursus donc a priori deux fois plus difficile bien sûr eh bien il ya
04:0950
04:10pour cent de femmes et alors vous m'étonnez pas du tout parce que j'avais reçu estelle ya coma
04:14qui
04:14à l'époque qui dirigeait paris saclay et elle disait effectivement la même chose que vous c'est
04:20dire que les doubles cursus la permettez à des filles de venir dans des cursus scientifiques parce
04:24que c'était des doubles et que elle travaillait plus c'est quand même c'est quand même curieuse alors
04:29je n'ai pas on n'a pas assez de recul je pense pour faire l'analyse on peut peut
04:33-être imaginer
04:33aussi qu'il ya là alors d'abord peut-être que les filles aussi une habitation pour les choses
04:37transverses oui donc d'abord quelque chose en plus que le scientifique pur est probablement qu'une
04:44partie des étudiants alors les filles et peut-être d'autres aussi ont aussi même si c'est plus difficile
04:49une notion de sécurité s'il ya finalement ne nous plaît pas bien sûr on joue au port d'eau
04:56là une double
04:57compétence sur quelque chose qu'on connaissait qu'on a déjà un peu étudié au lycée etc mais
05:02alors bon finalement donc le constat on le partage mais bon comment qu'est ce qu'est ce qu'il
05:07ya
05:07vraiment comme levier pour pour bouger les préfères bouger les lignes alors c'est très difficile pour
05:13être tout à fait honnête pendant très longtemps la discrimination positive m'a un peu retiquée et en
05:18fait c'est indispensable comment momentanément oui puisqu'à partir du moment où dans une classe d'âge
05:25vous n'avez pas assez de femmes qui ont atteint soit des positions de chef d'entreprise soit
05:30scientifique ou autre ne peut pas avoir de génération spontanée donc il faut bien sur représenter celles
05:35qui sont là par contre l'idée c'est que ça serait qu'on puisse sortir de ça en créant
05:40un engouement
05:40dans les jeunes générations et ça c'est beaucoup plus dur parce que on voit on fait des actions dans
05:46les lycées dans les collèges pour essayer de démontrer que des femmes peuvent devenir chercheurs
05:52que c'est pas très compliqué de te faire cette voie là plutôt qu'une autre par contre on pense
05:58qu'elle est déjà trop tard en particulier on a une chercheuse justine cassel qui a beaucoup
06:01travaillé là dessus qui nous dit c'est bien avant c'est à la limite au début du collège voire
06:06avant
06:07par et c'est aussi la responsabilité des familles de ne pas construire une représentation mentale aux
06:15jeunes filles qui les exclut des sciences et je pense que moi ça a été ma grande chance
06:21mes parents n'ont pas eu la chance de faire des études mais étaient très avaient beaucoup de
06:26curiosité et m'ont toujours poussé à faire des études dans ce que je voulais mais en particulier en
06:33maths et donc je n'ai jamais j'ai découvert qu'il y avait un problème de sous représentation des
06:38femmes
06:39dans les sciences à l'université parce que ça a toujours été évident qu'on me disait bah oui fait
06:43des
06:43maths j'aimais beaucoup à l'époque l'astrophysique donc on m'a acheté ma revue d'astrophysique quand j
06:48'étais
06:48collégienne sans jamais se poser question et donc ça c'est vraiment un problème de représentation du
06:55monde qu'on se fait donc c'est dire que pour vous c'est bon il n'y a pas
06:59de recettes miracle mais c'est
07:00à la fois en parler davantage au niveau des enfants enfin des écoles etc et à la fois que l
07:05'environnement
07:06global familial éducatif je me libère complètement les énergies là dessus je pense qu'on est tellement
07:14dans une situation alors catastrophique ce serait peut-être exagérément de sous représentation des
07:20filles dans ces filières là et ça fait quand même un certain nombre d'années que beaucoup d'acteurs se
07:24penchent sur le sujet qu'on ne peut se priver d'aucune solution vers ce tout tout activité toutes conférences
07:31toute bonne volonté bon apprendre bien mais écoutez bon merci pour ce témoignage on voit que nous ne sommes
07:38pas au bout du chemin mais enfin c'est vrai que l'accélération maintenant ce c'est plus c'est
07:42plus
07:42une option enfin il faut vraiment qu'on parvienne à accélérer donc tous les efforts en ce sens sont
07:47les bienvenus merci Isabelle merci beaucoup
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