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  • il y a 8 heures
Samedi 28 février 2026, retrouvez Carole Gratzmuller (Présidente du groupe ETNA industrie et de l’association FCE France) et Isabelle Ryl (Directrice de la Paris School of AI et du Cluster IA, PSL (Université Paris Sciences et Lettres)) dans SMART WOMEN, une émission présentée par Marie-Claire Capobianco.

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Transcription
00:04Bonjour, bienvenue dans Smart Women, l'émission qui donne le pouvoir aux femmes.
00:08Alors vous le savez, chaque mois je reçois deux à trois invités,
00:12des responsables de collectifs, associations, réseaux, des témoins de tous horizons,
00:18des dirigeantes d'entreprises, essentiellement des patronnes de PME, ETI,
00:21autant dire donc des profils très différents,
00:24mais qui partagent la conviction que les femmes doivent prendre leur juste place,
00:28c'est-à-dire la moitié des positions, dans toutes les sphères de pouvoir économique, politique, médiatique,
00:34sans oublier le domaine scientifique et notamment la tech et l'enjeu de l'intelligence artificielle
00:39dont on va parler à nouveau aujourd'hui.
00:42Et à la question du pourquoi s'il se pose, tout simplement pour plus de performances économiques
00:47et pour plus de rationalité et d'équilibre dans les prises de décisions.
00:52Alors aujourd'hui pour en parler, je vais avoir le plaisir de recevoir tout d'abord Isabelle Rille,
00:56qui est la directrice du cluster IA et de l'école d'IA au sein de l'université PSL,
01:05donc grande spécialiste de l'intelligence artificielle.
01:08Elle nous partagera sa vision de la position des femmes dans ce domaine.
01:13Et je recevrai ensuite Carole Grasse-Muller,
01:16qui est la PDG de Ethna Industries,
01:19donc une PME industrielle qui conçoit et fabrique des composants hydrauliques et pneumatiques.
01:28Et elle est également présidente du CETIM,
01:31qui est le Centre Technique des Études Mécaniques,
01:34et présidente aussi de Femmes Chefs d'Entreprise de France.
01:37Voilà le programme, donc à tout de suite avec Isabelle Rille.
01:46Bonjour Isabelle Rille.
01:47Bonjour.
01:48Merci d'avoir accepté mon invitation pour venir nous parler de la place des femmes
01:52dans tous les domaines de l'intelligence artificielle.
01:55Vous êtes très qualifiée pour le faire,
01:57puisque vous dirigez le cluster IA et l'école d'intelligence artificielle
02:03au sein de l'université PSL, Paris Sciences Lettres.
02:08Donc on va pouvoir parler de ce sujet-là.
02:10Mais une première question personnelle.
02:11Finalement, vous, vous avez commencé avec un doctorat en sciences informatiques.
02:15Qu'est-ce qui vous a amené vers cette voie ?
02:19Le hasard.
02:21En fait, depuis toute petite, j'ai toujours beaucoup aimé les mathématiques,
02:25la science physique, la chimie, enfin tout ce qui était scientifique.
02:28Je ne connaissais strictement rien à l'informatique en arrivant à l'université.
02:32Mais en fait, dans toutes ces matières-là, vous avez une notion un peu de jeu.
02:35C'est résoudre des problèmes, des casse-têtes, des choses amusantes.
02:38Et en découvrant l'informatique, j'ai trouvé que c'était encore plus amusant que le reste.
02:42Donc ça, c'est un déclic assez naturel.
02:45On va donc chercher comment faire pour qu'il y ait davantage de filles
02:48qui aient envie de s'orienter vers ce type de matière.
02:52Parce que si on en vient à la place des femmes dans l'intelligence artificielle,
02:57je sais que vous partagez le constat que véritablement,
03:00il y en a insuffisamment deux filles d'abord, puis après deux femmes dans cette filière.
03:06Je sais même que la question vous énerve un peu,
03:08puisque quand je vous l'avais posée, vous m'avez dit, écoutez, ça commence à...
03:10Bon. Alors, qu'en est-il vraiment, en fait ?
03:13Alors, nous souffrons cruellement d'un manque de filles, de jeunes femmes,
03:18dans toutes les filières scientifiques, et dans celles-là en particulier.
03:22Et en fait, on peut regarder quand on fait un peu une espèce de petit test à la main,
03:28plus vous allez vers quelque chose qui a une image de technique, moins vous avez de femmes.
03:32Si vous prenez l'informatique dans son ensemble,
03:34l'informatique très théorique, qui ressemble à des mathématiques sur un papier,
03:39il y a plus de femmes, quand vous allez vers des choses qui sont plus vers l'architecture des ordinateurs,
03:44les systèmes, c'est-à-dire vraiment les couches-bases, il y a beaucoup moins de femmes.
03:49Donc, je pense que ça correspond vraiment à une image qui est celle-là.
03:54Alors, c'est vrai à tous les niveaux, ça s'améliore un peu, mais très lentement.
04:00Et alors, quand vous disiez, ça m'énerve, ce qui m'énerve, ce n'est pas qu'on aborde le
04:04sujet qui est très, très important,
04:05mais ce qui m'énerve, c'est qu'en termes d'intelligence artificielle, on l'apporte souvent sous l'angle
04:10des biais.
04:11Est-ce qu'il y aurait moins de biais dans les intelligences artificielles s'il y avait plus de femmes
04:15ingénieures ?
04:16Peut-être, mais ce n'est pas là la question.
04:19Il nous manque 50% des neurones de la Terre.
04:22Il y a 50% des neurones de la Terre qui sont dans les cerveaux de femmes.
04:25Si on veut développer les systèmes, l'ingénierie, la science, il faut les utiliser.
04:29Oui, c'est clair que c'est assez évident.
04:31Mais alors, comment ça se passe ?
04:32Alors, vous, par exemple, dans votre école, comment ça se passe ?
04:35Alors, moi, j'irris au sein de PSL, à Paris School of the Eye.
04:39Donnez-nous quelques éléments là-dessus, parce que finalement, tout le monde ne connaît pas.
04:43Alors, c'est normal, puisqu'on vient de la lancer en septembre.
04:45Donc, elle regroupe un certain nombre de formations en IA, avec l'appui du cluster.
04:50Et on est financé par l'État, via le Plan France 2030.
04:52Mais l'idée, c'est vraiment de réussir à développer un ensemble de cursus qui puisse permettre à chacun de
04:58faire son parcours avec des cursus qui soient du post-bac jusqu'au doctorat, soit vraiment pour devenir spécialiste d
05:05'IA, soit pour acquérir une double compétence, soit pour avoir une formation à peu au sens des mineurs anglo-saxonnes.
05:12Donc, un petit plus sur une autre discipline.
05:15Et puis, on fait aussi de la formation continue pour les entreprises.
05:18Et donc, au sein de ces cursus-là, on voit également que quand on a une formation très marquée scientifique,
05:26par exemple, on vient d'ouvrir un bachelor international en IA, on a à peu près toujours dans ce genre
05:31de formation autour d'une trentaine de pourcents de femmes.
05:34C'est le chiffre dont on n'arrive pas à sortir, ça.
05:36Quand on a une double compétence, par exemple, l'Université Paris-Dauphine, qui fait partie de PSL, a ouvert il
05:43y a trois ans maintenant une double licence IA et sciences des organisations.
05:47Donc, c'est vraiment un double cursus, donc a priori, deux fois plus difficile.
05:50Oui, bien sûr.
05:51Eh bien, il y a 50% de femmes.
05:53Mais alors, vous ne m'étonnez pas du tout, parce que j'avais reçu Estelle Iacoma, qui était à l
05:58'époque qui dirigeait Paris-Saclay, et elle disait effectivement la même chose que vous,
06:02c'est-à-dire que les doubles cursus, là, permettaient à des filles de venir dans des cursus scientifiques, parce
06:07que c'était des doubles et qu'elles travaillaient plus.
06:09C'est quand même curieux, ça.
06:11Alors, je n'ai pas, on n'a pas assez de recul, je pense, pour faire l'analyse.
06:14On peut peut-être imaginer aussi qu'il y a la, alors d'abord, peut-être que les filles aussi
06:19ont une habitance pour les choses transverses.
06:20Oui.
06:21Donc, d'abord, quelque chose en plus que le scientifique pur.
06:25Et probablement qu'une partie des étudiants, alors les filles et peut-être d'autres aussi, ont aussi, même si
06:31c'est plus difficile, une notion de sécurité.
06:35Si l'IA, finalement, ne nous plaît pas, on a une double compétence sur quelque chose qu'on connaissait, qu
06:41'on a déjà un peu étudié au lycée, etc.
06:44Mais alors, bon, finalement, le constat, on le partage, mais bon, qu'est-ce qu'il y a vraiment comme
06:50levier pour faire bouger les lignes ?
06:54Alors, c'est très difficile. Pour être tout à fait honnête, pendant très longtemps, la discrimination positive m'a un
06:58peu vertiqué.
06:59Et en fait, c'est indispensable, comment ? Momentanément.
07:05Oui.
07:05Puisqu'à partir du moment où, dans une classe d'âge, vous n'avez pas assez de femmes qui ont
07:10atteint soit des positions de chef d'entreprise, soit scientifique ou autre,
07:14vous ne pouvez pas avoir de génération spontanée. Donc, il faut bien surreprésenter celles qui sont là.
07:18Par contre, l'idée, c'est que ça serait qu'on puisse sortir de ça en créant un engouement dans
07:23les jeunes générations.
07:24Et ça, c'est beaucoup plus dur parce qu'on fait des actions dans les lycées, dans les collèges, pour
07:31essayer de démontrer que des femmes peuvent devenir chercheurs,
07:34que ce n'est pas très compliqué de faire cette voie-là plutôt qu'une autre. Par contre, on pense
07:40qu'elle est déjà trop tard.
07:42En particulier, on a une chercheuse, Justine Cassel, qui a beaucoup travaillé là-dessus, qui nous dit que c'est
07:46bien avant, c'est à la limite au début du collège, voire avant.
07:49Et c'est aussi la responsabilité des familles de ne pas construire une représentation mentale aux jeunes filles qui les
07:58exclut des sciences.
07:59Et je pense que moi, ça a été ma grande chance. Mes parents n'ont pas eu la chance de
08:06faire des études, mais avaient beaucoup de curiosité.
08:09Et m'ont toujours poussée à faire des études dans ce que je voulais, mais en particulier en maths.
08:16Et donc, je n'ai jamais... J'ai découvert qu'il y avait un problème de sous-représentation des femmes
08:21dans les sciences à l'université.
08:23Parce que ça a toujours été évident qu'on me disait, oui, fais des maths. J'aimais beaucoup à l
08:26'époque l'astrophysique.
08:28Donc, on m'a acheté ma revue d'astrophysique quand j'étais collégienne, sans jamais se poser de questions.
08:34Et donc, c'est vraiment un problème de représentation du monde qu'on se fait.
08:38Donc, c'est-à-dire que pour vous, c'est... Bon, il n'y a pas de recette miracle, mais
08:42c'est à la fois en parler davantage au niveau des enfants, des écoles, etc.
08:47Et à la fois que l'environnement global, familial, éducatif, libère complètement les énergies là-dessus.
08:54Je pense qu'on est tellement dans une situation catastrophique, ce serait peut-être exagérément, de sous-représentation des filles
09:02dans ces filières-là.
09:03Et ça fait quand même un certain nombre d'années que beaucoup d'acteurs se penchent sur le sujet, qu
09:08'on ne peut se priver d'aucune solution.
09:10C'est-à-dire que toute activité, toute conférence, toute bonne volonté est bonne à prendre.
09:16Bien, écoutez, bon, merci pour ce témoignage.
09:19On voit que nous ne sommes pas au bout du chemin, mais enfin, c'est vrai que l'accélération, maintenant,
09:23ce n'est plus une option.
09:25Enfin, il faut vraiment qu'on parvienne à accélérer.
09:27Donc, tous les efforts en ce sens sont les bienvenus.
09:30Merci Isabelle Rive.
09:31Merci beaucoup.
09:36Bonjour, Karl-Heure Grasse-Muller.
09:38Ravi de vous recevoir sur ce plateau.
09:41Alors, ravi parce que Smart Human est une Smart Human, vous en êtes une, assurément.
09:47Vous dirigez une PMI qui travaille pour de grands donneurs d'ordre, EDF, Enedis, RTE, etc.
09:55Vous êtes passionnée de radio automobile.
09:58Vous présidez le CETIM, qui est le Centre d'études techniques pour les industries mécaniques.
10:03Vous êtes également depuis peu présidente de l'association FCE France.
10:08Bref, beaucoup d'engagement, beaucoup de sujets abordés, donc, toutes les deux aujourd'hui.
10:12Et on va essayer de parler un petit peu de tout ça sur le temps qui nous est imparti.
10:15Oui, merci. Merci beaucoup pour votre invitation.
10:18Merci. Alors, on va commencer par vous au départ, puisque c'est dans ce sens-là que ça se passe.
10:24Donc, parlez-nous du début de votre activité professionnelle.
10:28Alors, le début de mon activité professionnelle, en fait, c'est à l'étranger.
10:32Parce que j'ai fait mes études en France.
10:33Et puis après, par nature, j'avais le goût de l'international.
10:37Une famille aussi où il y a pas mal de nationalités.
10:39Et donc, je suis partie faire des études à l'étranger.
10:42Et de là, j'ai trouvé du travail.
10:43À quel endroit vous étiez ?
10:44Je suis partie d'abord à New York.
10:46Et puis ensuite, j'ai fait un petit tour par l'Autriche avant de revenir en France.
10:49D'accord. Donc, au total, vous avez passé combien de temps sur les deux géographies ?
10:53Sur les deux ? Probablement neuf ans.
10:55Ah oui, neuf ans.
10:56Neuf ans à l'étranger, oui, oui.
10:57D'accord. Et vous étiez dans quelle partie ?
11:08Alors, je travaillais, en fait, pour un cabinet d'actuaire.
11:11D'accord.
11:11Donc, c'était essentiellement financier qui est ma formation.
11:14D'accord. D'accord.
11:15Tout à fait.
11:16Donc, bon, alors, neuf ans.
11:17Et puis après, au bout de neuf ans, vous revenez en France.
11:19Il y avait eu une restructuration, c'est ça ?
11:21Alors, en fait, oui, une restructuration.
11:23Je travaillais à l'époque pour une usine autrichienne qui avait été rachetée par un groupe anglo-saxon.
11:28Donc, effectivement, restructuration.
11:30Ils étaient prêts à me reprendre.
11:31Mais moi, j'ai décidé de rentrer.
11:33Et donc, là, il s'est trouvé une opportunité.
11:37Et puis, en fait, mon père qui dirigeait l'entreprise familiale a eu un besoin.
11:41Et donc, il m'a dit, viens donc en renfort.
11:43Et c'est comme ça que je suis arrivée chez Etta.
11:46Oui, alors ça, c'était assez habile parce que finalement, vous n'aviez pas de perspective précise en arrivant en
11:50France.
11:51Et cette entreprise, alors votre père était la deuxième génération, puisque c'est votre grand-père.
11:56Tout à fait.
11:57Il a fondé en 1942, si je me souviens bien.
11:58Oui, pendant la guerre.
11:59Voilà, exactement, dans le Val-d'Oise.
12:01Et donc, votre père vous dit, viens m'aider.
12:04Mais au départ, vous deviez aller.
12:06Et voilà, ponctuellement.
12:07Ponctuellement.
12:07Ça, c'était 1994, je crois.
12:101994-95, tout à fait.
12:11Et en fait, je lui ai dit, d'accord, mais pas pour la vie.
12:14Et puis, en fin de compte, voilà, j'y suis restée.
12:18Après, c'est une entreprise qui travaille à l'international, une entreprise très technique.
12:21Mais j'y ai trouvé de l'enrichissement personnel.
12:24Donc, j'y suis restée.
12:25Après, on va parler de l'entreprise en tant que telle.
12:27Vous allez nous parler des chiffres, etc.
12:28Mais déjà, donc, bon, 94, donc vous rentrez dans l'entreprise.
12:31Vous rentrez au début dans l'angle finance également.
12:34C'est vrai.
12:35Comment ça s'est passé ?
12:36Parce qu'après, vous êtes restée.
12:38Et donc, en 2006, vous avez pris la direction générale.
12:40Mais parlez-nous un petit peu du parcours.
12:41En fait, je suis donc effectivement rentrée au service financier.
12:45Après ça, j'ai accompagné l'entreprise dans sa certification ISO 9001.
12:50Ça a pris un petit peu de temps.
12:51Et après, j'ai travaillé un peu dans tous les services.
12:53J'ai pris la direction générale et la présidence en 2006.
12:56Donc, vraiment un parcours complet au sein de l'entreprise.
12:59Tout à fait.
12:59Mais proche du terrain, donc en fait, proche des équipes.
13:02C'est comme ça que j'ai vraiment appris à connaître l'entreprise dans sa globalité.
13:05Parce qu'au départ, vous n'êtes pas spécialiste de tout ce qui est industrie,
13:09puisque vous étiez dans le monde de la finance.
13:11Vous me disiez que la pratique du rallye, vous avez donné une image compatible.
13:14En fait, oui.
13:15C'est-à-dire que j'étais assez proche des équipes.
13:18Et puis, moi, j'aime le rallye automobile.
13:20Donc, j'en fais.
13:21C'est ce qui a joué, en fait, pour le rapprochement, le point commun de la mécanique avec les équipes
13:29terrain.
13:30Mais après, la technique, si on est bien entouré, on arrive à comprendre.
13:34Je ne suis pas technique, mais j'ai compris les enjeux des produits que nous fabriquons.
13:40Alors, justement, parlez-nous maintenant vraiment de Ethna Industrie.
13:44Donc, qu'est-ce que vous faites ?
13:46Quels sont les grands chiffres ?
13:48Donnez-vous vraiment la carte d'identité de l'entreprise.
13:50Ethna Industrie, c'est, j'ai envie de dire, c'est une PME industrielle.
13:53On est une cinquantaine de collaborateurs.
13:55On fait 9 millions de chiffres d'affaires aujourd'hui, même si on a des perspectives.
14:00Et en fait, on vend absolument partout dans le monde.
14:05Et ça, depuis l'origine.
14:06On ne fabrique pas...
14:09On sous-traite les pièces mécaniques.
14:11On fait de l'assemblage, du montage et des essais.
14:12Mais tous les produits que nous fabriquons sont des équipements de sécurité.
14:16On travaille beaucoup pour le secteur de l'énergie au sens large.
14:19Les réseaux électriques, le nucléaire, civil, militaire.
14:22On est sur le porte-avions, dans les centrales, sur les sous-marins.
14:26On est sur les lignes de transport d'énergie.
14:29On est dans les grands laboratoires électriques.
14:31Donc, en fait, c'est un marché qui est en pleine expansion gérée aujourd'hui,
14:35avec l'électrification.
14:37Mais vous faites la conception.
14:39On est concepteur.
14:40Vous achetez des pièces.
14:42Oui, tout à fait.
14:42D'ailleurs, vous achetez à des faiseurs européens ?
14:45On achète, oui, tout en France.
14:47On est essentiellement des usiniers.
14:49On leur fournit les plans et ils nous fabriquent les pièces.
14:52Oui, oui, tout à fait.
14:54D'accord.
14:55Et ce qui vous permet...
14:56Vous avez une réputation de grande qualité.
14:59C'est votre...
15:00Oui, d'autant plus que nos produits durent une cinquantaine d'années.
15:03En fait, ils sont pérennes.
15:06On peut les maintenir en état de service.
15:09Donc, oui, effectivement, c'est important.
15:11La fonction sécurité est très importante.
15:14Et en termes de part de marché, vous pouvez vous situer sur ce marché-là ?
15:19Alors, c'est difficile parce qu'on n'a pas beaucoup de concurrents.
15:22Nos concurrents sont aussi nos clients.
15:24Donc, on a beaucoup de marché de niche.
15:26On n'est pas sur une seule activité, en fait.
15:28Et HETNA, c'est un acronyme, en fait.
15:30Ça veut dire études techniques nouvelles et leurs applications.
15:33Donc, au départ, il y a un problème technique.
15:35On le résout.
15:36Il y a un brevet.
15:37Et ensuite, derrière, on développe une gamme de produits.
15:40Mais l'innovation...
15:41Parce que vous dites qu'à la fois, les produits durent 50 ans.
15:43Donc, c'est...
15:45Une durée de vie est longue.
15:47Mais l'innovation, néanmoins, est très importante pour vous ?
15:49Comment ça fonctionne ?
15:50L'innovation, elle est...
15:51Oui.
15:52Alors, il y a beaucoup d'innovations.
15:54Il y a des innovations technologiques.
15:55Il y a de l'innovation de process, de l'innovation de services.
16:00Il y a tout un tas de choses qu'on peut faire.
16:01Oui, effectivement.
16:02C'est un levier de croissance pour nous.
16:05Et vous avez dit que vous faisiez presque la moitié à l'export, c'est ça ?
16:08À peu près la moitié du chiffre d'effet.
16:09Alors, il y a de l'export direct ou indirect.
16:11Oui.
16:12Quelquefois, nos grands donneurs d'ordre, en fait, on les livre en France.
16:15Mais on sait très bien que les marchés sont...
16:16Et d'ailleurs, les normes applicables sont européennes ou internationales.
16:20Donc, oui, à peu près une bonne moitié, je dirais, oui.
16:24Et alors, finalement, on voit bien qu'encore une fois, très bonne réputation.
16:29Une belle affaire.
16:31Une cinquantaine de salariés, presque 10 millions de chiffres.
16:34On ne dit pas encore, mais presque, etc.
16:36Bon, ça roule, entre guillemets.
16:38Pour autant, ce n'est pas une longue fleuve tranquille, comme on dit.
16:42Donc, voilà.
16:42Alors, aujourd'hui, les principaux enjeux, défis, c'est quoi pour vous ?
16:48L'innovation reste un enjeu parce que ça se développe extrêmement rapidement.
16:52On parle d'IA, mais c'est vrai qu'il y a dans l'industrie, il faut qu'on l
16:56'intègre et d'autant plus rapidement.
16:59Après, il y a aussi des enjeux de pérennité des savoir-faire, de transmission des savoirs.
17:05Aujourd'hui, en fait, on est sur des schémas où les gens ne restent pas nécessairement tout faire carrière dans
17:10une entreprise.
17:11Donc, ça bouge.
17:12Donc, en fait, nous, il faut qu'on s'assure que les savoirs se transmettent.
17:16Et puis, on a aussi un autre enjeu.
17:17Alors, là, je parle en tant que je prends ma casquette un peu FCE.
17:20Il faut essayer d'attirer des femmes dans l'industrie aussi.
17:22Vous avez raison.
17:22Parce qu'on le sait très bien qu'en fait, avoir des femmes et des hommes à mixité, c'est
17:27très enrichissant et c'est aussi un levier de performance pour les entreprises.
17:32Et pour vous, donc, en matière de ressources humaines, vous avez justement une cinquantaine de personnes.
17:38Comment ça se répartit ? Est-ce que vous recrutez ? Est-ce que vous y arrivez ? Est-ce
17:42que vous formez ?
17:43C'est difficile de recruter.
17:44En fait, l'industrie n'est pas très attirante.
17:46Alors, c'est vrai qu'on aime bien participer à tous les événements où on peut effectivement prôner l'industrie.
17:53Mais sinon, on a à peu près la moitié qui est dans l'atelier.
17:56Et puis, une autre moitié qui sont dans les services administratifs.
17:59Mais on n'en a que sur cette moitié-là.
18:01Il y en a une bonne moitié qui est dans le bureau d'études, R&D, chef de projet, etc.
18:06Ce qui veut dire que vous… difficulté à recruter, donc vous formez beaucoup.
18:11Alors, on forme beaucoup en interne.
18:12D'abord, parce qu'il n'y a pas vraiment d'école pour nos produits.
18:15Donc, ça nécessite effectivement d'être un peu formé à l'utilisation et à la conception de nos produits.
18:20Et puis aussi formé au montage.
18:23Parce qu'en fait, là, on aime bien travailler aussi avec les écoles pour aussi leur dire,
18:27ben voilà, ce dont nous, on aura besoin demain.
18:30Bien sûr.
18:30En fait, on a du mal à trouver aujourd'hui des choses.
18:33D'ailleurs, beaucoup de grandes entreprises ont leurs propres écoles ou centres de formation.
18:37Ce qu'on ne trouve pas ce dont on a besoin.
18:40Alors, bon, l'entreprise, on voit et on voit à quel point vous y êtes bien inscrite.
18:45Tout à fait, oui.
18:46Mais je sais que vous avez d'ailleurs des ambitions fortes de développement aussi.
18:49Oui, ben oui, parce qu'en 2025, on a travaillé sur une feuille de route à 2030,
18:53où effectivement, on vise 12 millions de chiffres d'affaires.
18:56Donc, en s'appuyant sur des axes financiers, clients, excellence opérationnelle.
19:02Et puis aussi, transmission des savoirs, transmission des compétences.
19:05Oui, vous insistez beaucoup sur ce côté transmission qui est très important.
19:08Alors, je suppose que c'est ce côté-là qui vous a aussi amené par appétence naturelle, en quelque sorte,
19:14à vous engager au-delà même de votre entreprise.
19:19Et donc, je le disais en introduction, vous avez été élue présidente, vous êtes la première femme d'ailleurs, bravo,
19:24à l'être.
19:25Merci.
19:25Présidente donc du CETIM.
19:27Oui.
19:27Alors, parlez-nous, c'est quoi le CETIM exactement ?
19:29Alors, effectivement, je suis engagée de longue date au sein de ce qu'on appelle la Maison Mécanicienne, l'Alliance,
19:34parce qu'on l'utilisait en fait en tant qu'entreprise.
19:37D'être une PME, on n'est pas très visible.
19:39Oui.
19:39Donc, en fait, on cherche à se rapprocher de gens qui peuvent nous aider et nous accompagner à nous développer.
19:44Et le CETIM, c'est le Centre Technique des Industries Mécaniques.
19:48C'est donc le bras armé de la Fédération des Industries Mécaniques.
19:51Et en fait, c'est un organisme qui fait de la recherche pour lever des verrous technologiques
19:57et accompagner ensuite les entreprises dans leur transformation industrielle.
20:01Et aujourd'hui, il y a tout un tas de sujets, la digitalisation, la décarbonation, etc., l'e-mobility.
20:07Et tout ça, ce sont des sujets sur lesquels le CETIM peut accompagner les entreprises.
20:10Et le CETIM, donc, si j'ai bien compris, c'est à la fois elle-même une entreprise ?
20:14C'est une entreprise, c'est plus de 1000 collaborateurs qui accompagnent plus de 7000 entreprises par an
20:21et qui a des établissements un petit peu partout en France et à l'international
20:27et qui doit toujours rester à la pointe de la recherche, du savoir
20:31et qui a finalement les mêmes enjeux, les mêmes défis, à savoir la transmission des savoirs et des compétences
20:36qui a son centre de formation, son académie pour former ses gens, son personnel aussi.
20:43Au niveau compétition, parce qu'on parlait juste avant de la compétition mondiale sur différents sujets,
20:48comment vous ressentez justement la compétition américaine, chinoise ?
20:52Alors, on est sur des secteurs qui sont un peu protégés parce qu'on n'est pas du tout sur
20:56de la grande série.
20:57On est vraiment sur des marchés de niche, des petites séries.
20:59Mais n'empêche que la concurrence est très agressive, notamment la concurrence chinoise.
21:04C'est vrai que par exemple, les territoires étoignées ont amené les Chinois à chercher l'Europe comme terre d
21:09'accueil, si j'ose dire.
21:10Donc c'est vrai que c'est difficile, mais on a appris à être résilients depuis.
21:15L'industrie est résiliente, les PME sont résilientes, la mécanique est résiliente.
21:20Il faut de toute façon, il n'y a que la seule solution.
21:23En fait, il faut s'en occuper aussi parce que la mécanique, elle est partout.
21:27Elle est dans l'aéro, elle est dans l'auto, elle est absolument partout.
21:30On est invisible, mais indispensable.
21:32Oui, parce que c'est difficile pour le public de se représenter exactement ce dont il s'agit.
21:36Tout à fait.
21:37Toutes les pièces qui composent un avion, un train, etc., à la base, c'est probablement une PME mécanicienne qui
21:43les fabrique.
21:44Une prothèse de hanche, c'est de la mécanique, une montre, c'est de la mécanique, le luxe, une casserole.
21:51Ça rentre en ligne de compte dans tous les sujets.
21:53Dans les trains, les avions, et puis ce que nous nous fabriquons, des soupapes, des commandes de disjoncteurs, des choses
22:00comme ça.
22:00Je ne sais pas si vous avez le chiffre, mais combien d'entreprises, justement, de PME qui travaillent dans cette
22:06filière-là, de la mécanique ?
22:08Il y a plus de 10 000 entreprises.
22:1010 000 entreprises.
22:1010 000 entreprises avec un très gros chiffre d'affaires et 90% sont des PME, comme la mienne.
22:16Alors, venons-en à votre engagement également au niveau de la FCE.
22:21Donc, FCE, c'est Femmes Chefs d'Entreprise.
22:23Alors, vous en étiez adhérente depuis déjà quelques temps et vous en avez pris, là aussi, la présidence.
22:28Vous avez été élue juste il y a quelques mois maintenant.
22:31Enfin, c'est octobre, je crois.
22:33Alors, j'avais reçu ici, j'avais reçu Marie-Christine Augli, qui est donc la présidente FCE Monde,
22:37qui était venue parler de FCE, mais ça fait déjà deux ans.
22:40Donc, c'est bon d'en reparler.
22:42Comme c'est un des plus anciens réseaux féminins, en quelque sorte, alors parlez-nous déjà de ce que c
22:47'est.
22:48Effectivement, FCE, c'est Femmes Chefs d'Entreprise.
22:50Comme vous l'avez très bien dit, Marie-Christine est une ancienne présidente de France également.
22:54Et en fait, c'est un réseau de femmes.
22:55Alors, aujourd'hui, ça représente un peu plus de 2 500 femmes sur 60 délégations territoriales, y compris les Outre
23:01-mer.
23:02Et comme vous l'avez dit, c'est aussi un réseau mondial présent dans plus de 70 pays.
23:06Et en fait, l'idée, c'est de briser l'isolement du dirigeant, l'accompagner dans son développement, ou de
23:12la dirigeante, je devrais dire.
23:14Oui, c'est ça, parce que là, c'est une des femmes.
23:14Parce que là, typiquement, voilà, de l'accompagner dans son développement, à la fois personnel, mais aussi le développement de
23:19son entreprise.
23:20Et puis aussi, asseoir notre pouvoir économique en étant influente, en prenant des mandats, notamment là où les décisions se
23:28prennent.
23:28Donc, essayer de montrer notre influence.
23:32Alors, c'est une association qui a eu 80 ans l'année dernière.
23:36On s'est un peu penchés sur une entité de FCE.
23:38On s'aperçoit que l'ADN n'a pas changé.
23:40On a toujours les mêmes valeurs qui sont l'audace, l'engagement, la solidarité et l'influence.
23:47Et donc, ça, c'est ce qui va nous animer pendant, alors, personnellement, mon mandat, les 4 prochaines années, pour
23:53tracer une feuille de route et nous faire grandir en influence.
23:57Parce que ce qu'on dit souvent, c'est que les entreprises dirigées par les femmes sont souvent un peu
24:03plus performantes économiquement.
24:05Oui, tout à fait. C'est chiffré.
24:06Mais en même temps, n'ont pas forcément des chiffres d'affaires qu'ont les entreprises dirigées par des hommes.
24:10Et donc, c'est un levier de performance économique incroyable.
24:14Et donc, il faut vraiment accompagner ces femmes et ces entreprises dans leur développement.
24:20C'est un gros levier de croissance pour la France.
24:23Et c'est vrai que ce n'est pas suffisamment pris.
24:25Je trouve qu'il faut vraiment le prendre sous...
24:27D'ailleurs, moi, quand je fais l'introduction de l'émission, je parle de performance économique.
24:31Parce que si on le prend sous cet angle-là, ça fait tomber, finalement, beaucoup de résistance éventuelle à l
24:37'idée que...
24:38Vraiment, pour être plus performant, on a besoin d'avoir les deux en équilibre, d'ailleurs, pas les deux.
24:44Absolument. Il y a 50% d'hommes, 50% de femmes, en gros.
24:47Donc, il n'y a pas de raison qu'on arrive tout à fait.
24:50Donc, c'est des leviers de croissance.
24:51Et c'est pourquoi on encourage, nous, nos adhérentes à prendre des mandats, les CCI, CMA et autres.
24:56Ça, c'est un angle intéressant parce qu'effectivement, les réseaux d'accompagnement de l'entrepreneuriat féminin,
25:01c'est souvent vraiment sur l'accompagnement pour le business, mais votre angle qui est de dire,
25:08il faut aller chercher des mandats pour avoir plus de visibilité, donc plus d'influence, ça, je trouve que c
25:13'est aussi différenciant.
25:15C'est effectivement quelque chose qui est différenciant, le fait aussi qu'on soit un réseau mondial.
25:18Par contre, la partie business, bien évidemment, existe, et notamment au niveau de FCE Monde.
25:22On est au contraire encouragé à ce... On a aussi une FCE Académie pour proposer des sensibilisations, des formations,
25:30pour que les femmes puissent développer leurs compétences et mettre ça au service.
25:36Enfin, 2500 adhérentes, c'est déjà un bon chiffre.
25:39Tout à fait.
25:39Et au global monde, vous connaissez le total ?
25:42Non, ça, je ne pourrais pas vous dire. En fait, les réseaux dans les pays sont différents.
25:46Donc, en fait, la représentation n'est pas du tout la même.
25:50Non, mais c'est tout à fait pertinent, intéressant.
25:53Et c'est vrai qu'il faut pousser, pousser, pousser pour qu'on arrive à développer, qu'on atteigne cet
25:57équilibre qui est indispensable.
25:58Mais en fait, il faut le faire par le biais de... Alors, il faut intervenir, il faut être des rôles
26:02modèles, il faut porter la bonne parole.
26:05Et puis, il faut participer, organiser des trophées, encourager aussi les femmes.
26:10Oui, d'ailleurs, il y a un trophée FCE également.
26:12Absolument, et d'autres trophées en région.
26:14Mais en fait, il faut les encourager à montrer ce qu'elles peuvent faire.
26:17Ce qu'elles peuvent faire.
26:18Absolument, et c'est ça qui va attirer ensuite de jeunes talents, de nouvelles entrepreneurs et des femmes dans l
26:25'industrie.
26:25Notre émission est faite pour ça, pour promouvoir justement les femmes à tous les niveaux.
26:30Écoutez, merci beaucoup pour ce témoignage.
26:32Et alors, je trouve que ce qui est marquant quand on vous écoute, c'est véritablement à la fois votre
26:38suractivité ou du moins multi-activité, ça sera plus juste,
26:41et en même temps, un grand calme, ça doit être sans doute une des clés de votre réussite.
26:46Je ne sais pas, peut-être la force de l'habitude, parce que je vous assure qu'intérieurement, je ne
26:49suis pas forcément très calme.
26:51Mais non, non, mais moi, je pense que l'engagement, c'est important.
26:54Bravo, merci beaucoup.
26:56Merci bien.
26:56Merci beaucoup à vous.
26:57Merci.
26:57Merci pour cet échange.
26:58Bon, notre émission se termine, donc merci de votre écoute.
27:01Et je vous donne rendez-vous le mois prochain.
27:03J'aurai deux invités.
27:04J'aurai une qui est dans le monde de la politique et l'autre qui est à la tête d
27:08'une ETI dans la cosmétique.
27:10Voilà.
27:11Merci.
27:11Merci.
27:11– Sous-titrage FR 2021
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