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Jeudi 26 février 2026, retrouvez Marie Fournier (Directrice Générale France, Lupus Alpha) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui de la relance allemande.
00:16Nous faisions le point il y a quelques jours à peine avec Marie Fournier,
00:19directrice France de la société de gestion allemande Lupus Alpha.
00:23Le point sur le volet défense, le volet infrastructure
00:27et la manière de s'y exposer à travers le marché des small et mid-cap allemande.
00:34Alors sur le volet défense, on est totalement en ligne avec les attentes.
00:39Le plan consiste à déployer un peu plus de 500 milliards
00:43en addition du budget de défense de 3,5% du PIB allemand jusqu'en 2029.
00:52On est sur un rythme aujourd'hui de 86 milliards en 2025
00:57et l'idée de continuer ce rythme avec une croissance en 200 par an jusqu'en 2029.
01:02Et de ce point de vue-là, les délais sont plutôt bien respectés.
01:08L'argent clairement circule dans l'écosystème, tout à fait.
01:15Je dirais que cet argent a plutôt tendance à apporter beaucoup de visibilité au secteur.
01:22Oui, on parle de 2029 comme la date de fin de ce déploiement,
01:28mais je pense qu'en fait le monde et cette nouvelle ordre mondiale qui se met en place
01:32et la volonté de l'Allemagne de prendre un vrai leadership en Europe
01:38pour naviguer dans ce nouveau monde,
01:40fait que probablement ces investissements continueront même au-delà de 2029.
01:44C'est pour ça qu'aujourd'hui...
01:45On est déjà en train de penser à la fin du programme qui vient à peine de commencer.
01:48Mais effectivement, c'est une question importante.
01:50C'est une question importante, mais c'est surtout pour dire que
01:53quand vous voyez aujourd'hui des boîtes du secteur de la défense,
01:57comme Rheinmetall, on a 45 fois les bénéfices 2026,
02:02comme EnSalt, qui est une société aussi d'armement
02:06qui travaille au secteur de la défense.
02:08Là, on est carrément à 43 fois les bénéfices.
02:10Donc, on est sur des valeurs qui sont extrêmement élevées.
02:12Maintenant, je mets toujours en perspective ces valeurs élevées
02:15avec le fait qu'on a cette visibilité
02:17qui est probablement une visibilité qui ira au-delà de la décennie.
02:21On parle du système industriel.
02:22C'est important d'avoir des tendances de très long terme.
02:25Vous avez cité Rheinmetall.
02:26Je crois que maintenant tout le monde connaît Rheinmetall.
02:28Effectivement, à un moment, je disais,
02:30notre NVIDIA, c'était la comparaison boursière,
02:32parce qu'il y a un parcours boursier tellement spectaculaire.
02:35Moi, je veux comprendre le rôle opérationnel de Rheinmetall
02:38justement dans ce plan de développement
02:41et de réarmement de l'Allemagne, pour dire les choses, Marie.
02:44Ça devient un groupe pivot
02:46dans le déploiement de ce volet défense.
02:49C'est une très bonne remarque.
02:51Rheinmetall, en fait, le gouvernement allemand
02:54souffre un peu des mêmes problèmes que nous en France,
02:58c'est-à-dire trop de bureaucratie, une lenteur administrative
03:01qui bloque tous les projets, toutes les dépenses,
03:04qui bloque tous les grands cycles, en fait,
03:06de mise en place industrielle et innovation.
03:09Et en même temps, on a un gouvernement qui est prêt
03:11à mettre son passif, son bilan sur la table pour investir.
03:15Et donc, ils ont externalisé l'implémentation de ces dépenses.
03:22Et Rheinmetall devient vraiment un peu comme une plateforme d'intégration.
03:27Oui, désolé pour le terme, mais c'est le bras armé
03:30du gouvernement allemand dans cette affaire de réarmement.
03:33Il avait quand même été annoncé 36 milliards d'euros de dépenses
03:36dans le spatial.
03:37Alors, on a appris en décembre que Rheinmetall allait faire du spatial.
03:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit qu'il y a des déploiements massifs
03:43qui se font d'argent, avec des volontés vraiment d'aller gagner
03:47en technologie et en savoir-faire sur beaucoup de segments.
03:50Et on voit que, clairement, Rheinmetall va être l'incubateur,
03:54si on peut le dire comme ça, de ces dépenses militaires
03:57et de ces avancées technologiques militaires.
03:58Ce n'est pas juste un enjeu de produire des munitions et des chars.
04:01Pardonnez-moi là aussi pour le raccourci un peu rapide.
04:05Il y a une vraie composante technologique dans ces efforts de défense.
04:09Rheinmetall se paye, vous le disiez, plus de 40 fois,
04:11mais parce que c'est en train de devenir une entreprise technologique.
04:13Tout à fait.
04:14Rheinmetall sort du scope de l'entreprise traditionnelle.
04:17Ça devient vraiment une plateforme d'intégration.
04:19Et en parallèle, c'est quand même à surveiller
04:21parce que Rheinmetall, alors pas sur tous les segments,
04:24mais a des concurrents.
04:26Et en fait, ça crée une distorsion de concurrence qui est très forte.
04:28J'ai vu que les voix se faisaient entendre en Allemagne
04:33pour certains dénoncer l'idée que Rheinmetall captait tout
04:38et que le reste de l'écosystème, des start-up notamment,
04:41en profitait peut-être beaucoup moins que ce qu'elles pouvaient espérer.
04:43Tout à fait.
04:44Et je pense que cette situation, elle peut tenir,
04:47elle peut s'installer dans le temps à partir du moment, je pense,
04:50où tout le monde est capable de gagner avec cette intégration,
04:54c'est-à-dire de continuer à bénéficier,
04:56d'avoir des perspectives.
04:57Je crois que c'est à Rheinmetall, je pense, de ne pas être trop...
05:00Oui, oui, donc ils ont une vraie responsabilité aujourd'hui, Rheinmetall,
05:03que l'ensemble de l'écosystème puisse en profiter.
05:07Qu'est-ce qui vous intéresse ?
05:08On va parler du volet infrastructure.
05:10On a compris cette histoire de visibilité,
05:12et même visibilité au-delà du sujet du conflit russo-ukrainien,
05:19j'imagine, quand vous parlez de visibilité sur le réarmement
05:22et les dépenses de défense de l'Allemagne,
05:26que le conflit se gèle demain ou s'arrête, souhaitons-le,
05:30ça ne remettrait pas en cause ces efforts et cette feuille de route.
05:34Pas du tout, et ce serait même une très bonne nouvelle
05:36pour les Européens et pour les Allemands.
05:40Un conflit aux portes de l'Europe,
05:41c'est toujours beaucoup de stress pour les consommateurs.
05:43On voit que le sentiment du consommateur aujourd'hui est très négatif,
05:46en Allemagne, avec des niveaux d'épargne extrêmement élevés, historiquement.
05:51En France, c'est pareil, on peut lier ça à des problèmes plus politiques,
05:55mais on est dans la même situation.
05:57Donc clairement, la fin d'un cessez-le-feu qui semble solide
06:02pourrait être un vrai signal positif pour la consommation.
06:05Et si ça vient en même temps d'un redémarrage de la croissance,
06:09donc des premiers effets de ce plan,
06:10qui sont là pour relancer la croissance allemande,
06:13on peut avoir des signes très positifs sur des secteurs comme la consommation, par exemple.
06:17Qui a toujours été structurellement un peu faible en Allemagne,
06:21si je puis le dire.
06:22Ainsi, une histoire, au-delà de Radmetall,
06:25une histoire qui vous intéresse chez Lupus Alpha dans la Défense,
06:28rapidement, et puis on parle des infrastructures après.
06:30Tout à fait.
06:30Moi, une histoire que j'adore, c'est la boîte Alschem.
06:33C'est une boîte de chimie.
06:36Habituellement, on n'aime pas trop le secteur de la chimie.
06:38Vous le savez, en ce moment, il y a des surcapacités chinoises
06:41qui sont déversées sans aucune honte, on va dire, sur le marché européen.
06:47Et d'ailleurs, l'Union européenne, j'espère, travaille à quelque chose
06:50pour protéger un peu nos industries de la chimie.
06:52On l'a vu sur la chimie, on l'aura sur la chimie.
06:53Exactement.
06:55Alschem, c'est une boîte de chimie,
06:57mais par contre, qui ne travaille pas à partir de dérivés chimiques du pétrole,
06:59mais à partir du nitrate, de dérivés chimiques du nitrate.
07:03D'accord ?
07:03Ils ont une grosse activité, Alschem,
07:05qui produit du nitrate pour l'industrie agroalimentaire.
07:09Donc ça, c'est la base de leur activité.
07:11Mais ils ont une plus petite activité qui est en très forte croissance,
07:14qui produit de la nitroguanidine,
07:16qui est un composant chimique nécessaire
07:18dans la fabrication des poudres,
07:21pour tout ce qui est obus,
07:22enfin, tout ce qui est munitions à propulsion.
07:26Oui, ok.
07:27C'est une petite small cap,
07:29c'est 1,5 milliard de capi.
07:3024 fois les bénéfices.
07:32Maintenant, des perspectives de croissance hallucinantes.
07:34Pourquoi ?
07:35Parce que les États-Unis, aujourd'hui,
07:37deux producteurs de nitroguanidine dans le monde,
07:39la Chine,
07:39et les Allemands avec Alschem.
07:42Et les États-Unis, aujourd'hui,
07:43cherchent à sécuriser leurs approvisionnements de nitroguanidine,
07:46hors Asie,
07:47en Occident.
07:48Et donc, il y a des partenariats qui ont été créés avec les Américains.
07:51Alschem double ses capacités sur le sol européen en 2026,
07:55et double ses capacités sur le sol américain en 2028.
07:59Donc, des perspectives de croissance excellentes.
08:02Alors, c'est les histoires qu'on ne peut pas acheter si facilement.
08:05Il y a peu de flottants disponibles.
08:07C'est un titre qui est, je pense, assez recherché aujourd'hui.
08:10Mais très belle performance l'année dernière.
08:12On est à plus de 120% l'année dernière.
08:13Pour une valorisation qui reste encore raisonnable.
08:15Au regard des perspectives, qui est plutôt raisonnable.
08:18Un mot du volet infrastructure, Marie,
08:21pour expliquer déjà la complexité peut-être du déploiement
08:25justement des enveloppes prévues
08:27pour la relance des infrastructures en Allemagne.
08:30On n'est pas sur la même vitesse de déploiement
08:32que ce qu'on observe sur la défense.
08:33Non.
08:34L'Allemagne est un pays qui a sous-investi massivement
08:37dans son appareil public pendant des années.
08:41On sort de 20 années de sous-investissement.
08:43Donc, avec des infrastructures extrêmement vieillissantes.
08:46Il y a un vrai besoin de modernisation à tous les étages.
08:52On a annoncé l'année dernière un plan de 500 milliards
08:57pour justement aller déployer et moderniser
08:59l'infrastructure allemande,
09:01que ce soit sur la partie énergétique,
09:03sur la partie voie ferrée.
09:04Ils ont des gros sujets sur cette partie-là
09:06et sur tout ce qui est bâtiment public,
09:08une modernisation globale.
09:10Alors, c'était un volet qui est très attendu.
09:12Pourquoi ?
09:12Parce que l'infrastructure, c'est un cinquième.
09:15L'infrastructure, c'est une valeur small mid-cap.
09:17D'accord ?
09:17Dans l'univers small mid-cap.
09:18Donc, c'est tout petit.
09:19Par contre, le rayonnement de l'infrastructure
09:20via les sous-traitants et les fournisseurs,
09:23là, ça va rayonner sur un cinquième de la cote
09:25des petites et moyennes valeurs allemandes.
09:26C'est énorme, l'impact.
09:28Et donc, du coup, l'argent est très attendu.
09:31L'impact est très attendu.
09:32Et malheureusement, vous ne déployez pas en infrastructure
09:35comme vous pouvez déployer dans la Défense.
09:37On ne passe pas des commandes comme ça.
09:39Pourquoi ?
09:39Parce que vous devez passer par la case appel d'offres,
09:41la case sélection de projets,
09:43et donc, toute cette bureaucratie...
09:44On revient au red tape.
09:45À la bureaucratie...
09:47La bureaucratie...
09:47On n'est pas seul.
09:48C'est bien, enfin, en France, en tout cas,
09:49par rapport à ça.
09:51La bureaucratie a beaucoup empêché ce déploiement.
09:53Et aujourd'hui, on est dans un scénario
09:55où on voit l'argent arriver.
09:58Donc, on sent que l'argent commence à ruisseler.
10:00On a eu plus de 6 %.
10:01C'est un an, on doit dépenser 126 milliards.
10:03Donc, c'est les 40 milliards qu'on n'a pas dépensés l'année dernière.
10:05Puis, c'est 85 milliards qui étaient prévus.
10:08On a déjà dépensé 6 %.
10:09On estime, nous, que 35 % seront dépensés au premier semestre.
10:14Normal.
10:14Toujours un peu cette lenteur, cette mise en route.
10:16Mais par contre, on devrait voir une forte accélération
10:19de ces dépenses pour le deuxième semestre.
10:21Et donc, beaucoup de conséquences économiques
10:23pour le deuxième semestre.
10:25C'est ça.
10:25Avec un impact macro assez global.
10:28Vous évoquez aussi la possibilité de la fin du conflit
10:32qui pourrait ramener du moral de consommation, etc.
10:35Tout ça, c'est important pour la dynamique de croissance en Allemagne.
10:39Il nous reste 45 secondes.
10:40C'est quoi une manière ou une valeur
10:42qui permet de s'exposer à ce thème des infrastructures
10:45pour vous en Allemagne ?
10:47Alors, nous, on adore Orubis,
10:49qui est une société qui est le plus gros opérateur de cuivre
10:53en Europe.
10:54Et alors, ils ont une activité extraordinaire.
10:57C'est que jusqu'à présent, le cuivre n'était pas recyclé.
11:01Les déchets de cuivre sont envoyés à la Chine.
11:03La Chine les rachète.
11:04Et les États-Unis envoient des tonnes de déchets de cuivre aux États-Unis.
11:10Orubis a une solution de retraitement du cuivre.
11:13Et donc, aujourd'hui, ils sont en train...
11:14Ils ont des capacités massives aux US.
11:16Les US ont interdit toute exportation du cuivre aujourd'hui vers la Chine.
11:19C'est Orubis qui traite ça aux US.
11:21Les capacités de croissance, c'est énorme.
11:23On est sur une société, pour les chiffres, 7 milliards de capis.
11:26En soi, les bénéfices spécialisent sur un segment extrêmement recherché.
11:32Je pense que c'est une belle conviction.
11:37Marie Fournier, directrice France de Lupus Alpha,
11:39qui était avec nous ces derniers jours dans l'émission.
11:42Invitez ce quart d'heure thématique de Smart Bourse.
11:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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