- il y a 11 heures
Jeudi 22 janvier 2026, retrouvez Xavier de Prévoisin (CEO, MBO+) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourg chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, comme souvent dans ce dernier quart d'heure, c'est celui de l'univers des actifs privés, des actifs non cotés.
00:20Et nous allons nous focaliser sur un segment du private equity, le lower mid-cap en France, en Europe,
00:25avec les spécialistes de MBO+, et son directeur général, Xavier de Prévoisin, qui est à mes côtés en plateau.
00:30Bonsoir Xavier.
00:31Merci beaucoup, MBO+, va approcher et marquer l'an prochain, je crois, son quart de siècle d'existence.
00:38C'est ça, Xavier, vu que le temps passe vite, mais 25 ans dans cette industrie, c'est déjà un beau track record.
00:43Qu'est-ce qui vous caractérise chez MBO+, dans cette industrie du private equity ?
00:47Effectivement, MBO a été créée en 2002, avec l'idée d'offrir à des investisseurs institutionnels une capacité de déploiement,
00:54un accès à l'univers, qui est notre spécialité, c'est-à-dire l'investissement en capital, dans les PME, ETI, ETI françaises.
01:00Alors, dans notre jargon du private equity, c'est le lower mid-cap, c'est ça.
01:04Voilà, le lower mid-cap, globalement des entreprises qui font entre 15 et 150 millions d'euros de chiffre d'affaires.
01:12Et dans cet univers, on a déployé trois stratégies, et donc on offre à nos investisseurs une capacité d'investir sur trois thématiques différentes.
01:20Une première thématique, notre thématique historique, MBO buyout, ce sont des opérations majoritaires,
01:25dans lesquelles on trouve des opportunités d'accompagner des managers, à un moment où il y a un point d'inflexion dans la vie de l'entreprise.
01:32Donc là, on est majoritaire, impactant, on a construit une équipe d'efficacité opérationnelle...
01:38Alignée avec le management, MBO, c'est le management buyout.
01:41Exactement.
01:41C'est l'association du management à...
01:43Toujours le management au centre, c'est très important, même dans la culture, nous, MBO d'investisseurs.
01:48Et là, on va chercher de l'upside maximum, on va chercher de la création de valeur stratégique.
01:51On a un deuxième fonds qui, dans ce même univers, PME-ETI, accompagne les entrepreneurs sur des thématiques un peu différentes.
01:58C'est un entrepreneur qui a le contrôle, mais qui a besoin de capital, mais qui veut se reluer, qui est très acheteur de son projet, de son entreprise.
02:04Et donc, on va intervenir là en minoritaire, avec des instruments plutôt obligataires.
02:08Et donc, ce qu'on offre à l'entrepreneur, c'est une relution.
02:11Ce qu'on offre à nos investisseurs, c'est finalement un très haut rendement, une volatilité faible, une très forte protection du capital.
02:16Enfin, on a un troisième fonds, MBO Buy & Build, qui est un fonds...
02:22Alors, avec un portefeuille très concentré sur deux plateformes de consolidation de marché augmentée au niveau européen.
02:28Donc, 300 millions, 200 millions, 240 millions d'euros.
02:32Voilà, MBO dans cet univers du lower meet-up.
02:34Bon, parlons de cet univers du lower meet-up.
02:36En France, qu'est-ce qu'il représente ?
02:39Qu'est-ce qui le caractérise ?
02:41Et dans un monde du private equity, on le raconte régulièrement ici, et vous le savez mieux que personne, évidemment, Xavier,
02:48qui souffre, qui a souffert, choc des taux, on l'a beaucoup raconté, avec un cible de rotation du capital qui est quand même grippé ici et là.
02:56Qu'est-ce qui caractérise ce segment du lower meet-up ?
02:59Et pourquoi est-ce qu'il est protégé un peu de ce marasme général de l'industrie qui est la vôtre ?
03:04Le marasme, vous êtes un peu dur, mais disons que ça...
03:07Non, mais on va dire, je pense que 22-23, forte hausse des taux, c'est la fin d'un cycle.
03:12Voilà, on a un cycle de 10 ans de baisse des taux, ce qui a eu un marché extrêmement fort.
03:16On repart avec d'autres paramètres.
03:17Et voilà, on repart avec d'autres paramètres.
03:17Non, mais bien sûr, je n'ai pas dit que c'était le premier coût.
03:19Pour toute l'industrie du premier coût.
03:20Mais à l'intérieur de cette industrie, effectivement, le lower meet-up a beaucoup moins souffert, pour trois raisons principales.
03:27La première raison, c'est un marché extrêmement profond.
03:30La structure de l'économie française fait que vous avez, nous MBO, on voit entre 250 et 300 opérations par an dans cet univers.
03:38Donc vous avez toujours une bonne capacité à sélectionner des bonnes opérations
03:42et à construire un portefeuille équilibré et performant.
03:49Et ces opérations, elles sont très souvent déclenchées dans un point qu'on appelle dite primaire,
03:53c'est-à-dire des carve-out, des transmissions, une équipe de management qui rachète à des fondateurs.
03:58Et ces facteurs de déclenchement d'une opération sont finalement assez décorrélés de l'afflux de liquidité, du cycle.
04:06Voilà, il y a un moment, un mouvement stratégique d'un groupe, il doit vendre une filiale,
04:09le fondateur qui arrête, il doit céder son entreprise.
04:12Et donc il y a une très grande stabilité de ce marché.
04:15Nous c'est 250-300 opérations que l'on voit tous les ans.
04:17Chaque année quoi.
04:18Tous les ans.
04:19Voilà, c'est le premier élément important.
04:21Le deuxième, c'est qu'on est sur des opérations, donc souvent primaires,
04:25où il y a un vrai gisement, on va dire, de chemin de création de valeur.
04:28Parce que finalement notre métier, c'est, évidemment, d'investir dans l'entreprise, d'accompagner des entrepreneurs.
04:32Et ça c'est vraiment ce qui nous caractérise, nous, c'est l'entrepreneur qui est au centre, toujours,
04:35dans tous nos fonds d'ailleurs et toutes nos opérations.
04:38Mais finalement, on cherche à accompagner les meilleurs projets, les meilleurs dirigeants dans un chemin de création de valeur.
04:44Et c'est ça qu'on cherche.
04:45Et dans cet univers qui est très profond, il y a des pépites.
04:49Des pépites dans l'économie française.
04:51Et ce qui est important, c'est de pouvoir y avoir accès.
04:54Et ces pépites, donc, elles permettent à le segment du lower mid-cap d'avoir toujours surperformé les segments du mid ou du large.
05:00Voilà, bon, je parle marché, c'est un simple, mais on a toujours deux, trois points de performance, de théorie de plus,
05:05parce qu'on a cette capacité à trouver des pépites.
05:08Et enfin, et je crois que c'est aujourd'hui le facteur le plus important dans la résilience du lower mid-cap,
05:13c'est un segment où il y a toujours de la liquidité.
05:16Dans notre univers du premier equity, c'est très bien d'investir, c'est très bien de créer de la valeur.
05:21Mais ce qui est très important, c'est qu'à un moment, il faut le matérialiser pour renvoyer la valeur créée à nos investisseurs.
05:27Et c'est là où le lower mid-cap, depuis deux, trois ans, se démarque.
05:30C'est que le marché est en profond, on crée de la valeur stratégique.
05:34Vous pouvez rendre plus facilement de la liquidité, si j'illustre avec MBO, on s'est créé en 2002, à partir de 2005, trois ans après.
05:43Tous les ans, on l'a toujours rendu.
05:45Toujours encore.
05:47Ce qui n'est pas du tout le cas en mid-deux.
05:51Oui, je parlais de marasme, effectivement, mais j'intégrais cette idée-là, cette incapacité ou cette difficulté à rendre depuis quelques années maintenant de la liquidité aux investisseurs.
06:02Absolument, et pour les raisons, c'est aussi parce que nous, on a une multitude d'acheteurs possibles.
06:08Si je prends encore l'exemple de MBO, 50% de nos sorties, c'est à peu près d'acheteurs industriels.
06:12Des gens qui voient une valeur stratégique qui a été créée, on a transformé une entreprise, elle n'avait pas de valeur, on est rentré presque par définition, puisque c'est un fonds qui fait l'acquisition, on la crée.
06:21Vous créez un univers d'acheteurs.
06:23Et on a aussi un univers possible dans l'univers du mid-cap ou du large cap, parce qu'il y a quand même des fonds qui ont du capital à déployer.
06:29Et donc, on a toujours des options.
06:31Financières ou industrielles.
06:32Financières ou industrielles, mais il y a toujours une option.
06:33Toujours d'options.
06:34Et évidemment, après c'est un peu banal, mais comme vous êtes sur des entreprises de taille plutôt petite, c'est beaucoup plus facilement absorbable par un univers d'acheteurs large.
06:41Très très gros, vous avez peu d'acheteurs.
06:43Voilà, donc ces trois caractéristiques, et surtout la liquidité, aujourd'hui c'est ce qui est le plus valorisant par les LP.
06:49Ah oui, oui, oui, c'est ce que tout le monde recherche, on leur dit.
06:51Comment vous exploitez ce segment ?
06:54Du sourcing des dossiers, vous dites 200 à 300 deals, donc c'est des équipes sur le terrain, ça veut dire que vous passez quand même une bonne partie de votre temps à naviguer un peu en France.
07:05Il faut rencontrer les gens, à regarder les dossiers, etc.
07:07Donc l'accès au sourcing, au meilleur sourcing, ça ça m'intéresse.
07:10Et puis, sur la durée de vie d'un investissement, que vous portez pendant plusieurs années, évidemment, comment se déroule le processus de création de valeur ?
07:17J'ai toujours entendu le TRI se fait à l'achat.
07:19J'imagine quand même qu'une partie de la création de valeur se fait aussi tout au long de la durée de vie de l'investissement, Xavier.
07:25Je pense effectivement que la barrière à l'entrée de ce marché, c'est accéder aux opportunités.
07:30C'est-à-dire d'avoir une capacité à rencontrer les entrepreneurs, à engager une relation avec un entrepreneur.
07:35En entrepreneur de PME, vous avez une manière de travailler avec lui, d'engager la relation avec lui, de construire un pacte stratégique avec lui qui est spécifique, qui est particulière.
07:42On n'est pas dans le monde des grands groupes cotés.
07:46Ce n'est pas naturel pour lui de voir un fonds, MBO ou autre, venir frapper à sa part.
07:50On est souvent le premier fonds, donc il y a toujours une appréhension de la vie avec un fonds.
07:57Et je pense que, comme vous le mentionnez, la première qualité, c'est de reconstruire une organisation.
08:02Alors nous, en plus, on le fait depuis 25 ans, on est vraiment très imprégnés dans ce marché.
08:07On a une grosse empreinte pour rencontrer ces entrepreneurs.
08:12On va beaucoup voir les entrepreneurs là où ils sont.
08:17Et surtout, au-delà de les rencontrer, c'est de gagner leur confiance et de leur expliquer pourquoi.
08:25Ce ne sera pas le cas dans toutes les thèses et toutes les situations, mais souvent, on est le bon actionnaire.
08:29Pourquoi nous, dans cette situation, on est le bon actionnaire pour vous, pour votre entreprise, pour votre projet, pour le cycle qui s'ouvre ?
08:36Donc ça, c'est une organisation que vous mettez en place.
08:38Donc c'est effectivement une approche à la fois réactive, proactive.
08:44Nous, on est très à l'aise dans ces univers où on rentre par la fenêtre, par la porte, par la cheminée, par secteur, par géographie, par capillarité.
08:55On a fait 150 deals, c'est-à-dire qu'on en a vu 1500 où on a vraiment été même très loin dans les analyses et on a eu accès à 5000 dossiers.
09:07Donc c'est vraiment un réseau qu'on a cultivé.
09:10C'est ce qui fait aujourd'hui la barrière à l'entrée.
09:12Nous, on en bénéficie parce qu'on est un acteur historique.
09:13Je pense que le deuxième, comme je dis, le deuxième acte, c'est savoir sélectionner.
09:20Et là aussi, alors ça, c'est peut-être l'évolution qu'il y a eu dans notre univers du lower mid-cap.
09:26C'est qu'on est, nous, dans notre histoire, passé d'une stratégie qui, il y a 20 ans, était assez généraliste,
09:31à aujourd'hui une stratégie qui est beaucoup plus précise, par thèse d'investissement, d'où les trois fonds.
09:34J'ai rentré dans un projet typiquement de spin-off ou de carvahout où vous avez un repositionnement stratégique à opérer
09:42et où vous devez, avec une équipe de management très alignée avec elle, vous avez piloté un projet de transformation stratégique.
09:48C'est assez différent d'engager une relation avec un dirigeant qui a le contrôle et qui a besoin de capital, mais de relution.
09:54Donc en fait, on s'est spécialisé par thèse.
09:56Il y a un niveau d'expertise, il a fallu monter en charge sur l'expertise.
10:00Absolument, absolument, sur l'expertise.
10:02Et on a spécialisé nos fonds par thèse d'investissement.
10:03Et là encore, la consolidation au niveau pan-européen, c'est-à-dire l'organisation qu'on va mettre en place,
10:08le niveau de suivi, le niveau de pilotage, n'est pas le même que dans une opération minoritaire obligataire
10:12ou dans une opération primaire buy-out classique.
10:15Donc voilà, on a nos trois fonds par thèse, nos convictions, investisseurs,
10:19qui nous semblent parfaitement répondre à la fois.
10:22Et nous, on a toujours deux facettes.
10:23C'est, j'offre à mes investisseurs un couple risque-rendement différent,
10:28parce qu'on n'a pas la même taille de portefeuille, la même valeur.
10:30Et j'offre à l'entrepreneur une réponse à un besoin spécifique.
10:33Un objectif qu'il vise.
10:34Exactement.
10:36Sur la création de valeur.
10:37Création de valeur.
10:38Création de valeur.
10:40Là aussi, je veux dire, le marché a beaucoup changé.
10:42Il est évidemment beaucoup plus mature qu'à ses glorieux débuts à la fin des années 90.
10:49C'est le moment pionnier.
10:50Les mots pionniers, etc.
10:51Où on avait des leviers.
10:52Effectivement, je pense qu'à cette époque où le principal levier de création de valeur était ce que vous mentionnez.
10:56Le levier.
10:56Non, c'était le levier, mais c'est surtout l'achat.
10:59C'est-à-dire qu'on est sur un marché peu arbitré, où vous aviez accès à des opérations peu concurrentielles, des prix d'entrée qui étaient assez faibles.
11:06Et la baisse des taux a aidé tout le monde, puisque le coût du capital a baissé.
11:10Mais c'est des paramètres financiers purs qui faisaient la crèche.
11:13C'est des paramètres beaucoup plus financiers.
11:15Aujourd'hui, je pense qu'on revient aux fondamentaux du métier d'investisseur, puisque le marché est mature.
11:24Les gens sont bien conseillés.
11:26On a, nous, des accès très privilégiés.
11:28Mais même avec un accès privilégié, vous achetez des entreprises à leur prix, très souvent.
11:33Je pense qu'il ne faut pas se raconter d'histoire.
11:36Et en fait, on est dans un univers, le work-up, où la création de valeur revient très peu du levier.
11:39Et pourquoi ? Parce qu'on est dans des univers PME-ETI.
11:42Les niveaux de levier dans notre segment sont assez mesurés, ce qu'aiment nos investisseurs, parce que du coup, le niveau de risque est plus faible.
11:48Et donc, ça contribue assez peu.
11:49Contrairement au large-cap, nous, le levier contribue.
11:51Ce qui contribue beaucoup, c'est l'amélioration de la performance de l'entreprise et son repositionnement stratégique,
11:56qui se traduit par le multiple de sorties, le multiple de valorisation.
12:00Donc, c'est vraiment les deux sujets sur lesquels on va concentrer beaucoup notre analyse au début du deal pour les sélectionner,
12:06et surtout l'accompagnement derrière.
12:07C'est-à-dire, comment est-ce que j'améliore la performance de l'entreprise ?
12:11Et améliorer sa performance, c'est améliorer sa croissance.
12:15Donc, ce n'est pas souvent par de l'internationalisation.
12:17C'est améliorer sa rentabilité.
12:19Donc, ça, c'est de l'efficacité opérationnelle.
12:21C'est aussi améliorer son empreinte ESG.
12:22C'est assez fondamental.
12:23C'est-à-dire améliorer sa gestion RH, sa capacité à recruter des talents, à baisser son churn.
12:29Voilà.
12:31On en parle moins, mais ça reste une source de création de valeur.
12:35Absolument.
12:36Je pense qu'on a eu, parfois, on a défaillé un peu de...
12:38Ça a été parfois un peu trop mis en avant.
12:40Mais attention.
12:41On en dit un, en tant que...
12:42Je pense qu'en tant que citoyen, on pense que c'est des sujets importants quand même.
12:45L'environnement, l'empreinte environnementale et sociale.
12:47Mais surtout, moi, en tant qu'investisseur, je suis absolument convaincu que l'amélioration de la performance de l'entreprise sur ces thèmes-là, en fait, améliore in fine sa performance financière.
12:57L'extra-financier a un impact sur le financier.
12:59Et améliore surtout sa liquidité.
13:01C'est-à-dire qu'une entreprise qui ignore ses sujets prend un risque d'être illiquide.
13:06J'entends.
13:07En fait, vous n'avez plus d'acheteurs.
13:08Les actifs échoués.
13:09Exactement.
13:10Donc, c'est un vrai risque.
13:11On s'arrêtera là pour cette fois, Xavier.
13:13Mais vous reviendrez nous parler de ce processus de création de valeur dans ce marché des PME et des ETI françaises.
13:19Je vais le dire comme ça.
13:20Xavier Deprévoisin, directeur général de MBO+, qui était avec nous l'invité de ce dernier quart d'heure de Smart Bourse.
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